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Full text of "Annales des sciences naturelles"

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ANNALES 



DES 



SCIENCES NATURELLES. 



TOME VL 



IMPRIMÉ CHEZ PAUL RENOUARD, 

RUE GARANCIÎRE, rr, 5. 



ANNALES 



DES 



SCIENCES NATURELLES 



COMPRENANT 



la zoologie, la. botanique, 
l'anatomie et la physiologie comparées des deux règnes, 

ET l'histoire des CORPS ORGANISÉS FOSSILES J 

n.£DIG£ES 

POUR LA ZOOLOGIE 

PAR MM. ÂUDOUIN ET MILNE EDWARDS , 

ET POUR LA BOTAmqUE 

PAR MM. AD. BRONGNIART ET GUILLEMIN. 



TOME SIXIÈME. — BOTANIQUE. 



WEW YORK 
BOTàMCaL 



PARIS. 

CI^OCIURD, LIBRAIRK-ÉDITEUR, 

PLACE DE l'École -DE- MÉDECINE , N. i3. 

Î836c 



.NSI 2^ 



ANNALES 



©ES 



SCIENCES NATURELLES. 



PARTIE BOTANIQUE. 






Observations sur les Bîforines, organes nouveaux situés entre 
les vésicules du tissu cellulaire des feuilles dans un certain 
nombre d'espèces végétales appartenant à la famille des 
Aroïdées, 

Par M. TuRPm , membre de l'Institut. 

(Lues à l'Académie des Sciences , dans sa séance du 16 mai i836.) 

Si quelquefois dans les sciences on est conduit, par la simple 
force de l'analogie, à la découverte fde faits simplement pré* 
sûmes jusque-là, souvent aussi des découvertes plus ^oumoini 
importantes sont le seul fruit du hasard. Telle est celle dont je 
vais avoir l'honneur d'entretenir, pendant quelques instans, 
l'Académie. 

En continuant mes recherches d'organogénie sur les tissus 
cellulaires des végétaux et sur la Globuline pariétale contenue 
dans chacune des vésicules dont l'agglomération constitue la 
charpente de ces tissus, j'aperçus, il y a quelques mois, sous 
mon microscope, des corps qui me parurent entièrement nou- 
veaux et qui me frappèrent vivement, tant sous le rapport de 
leur singulière structure que sous celui, bien plus surprenant^ 



6 TURPiN. — iSur les Biforinesi 

de leurs divers raouveraens. Au premier instant, je crus que 
j'avais affaire à des animalcules ou au moins à quelque espèce 
de grandes Navicules; mais en les observant avec plus d'atten- 
tion , je vis bientôt que tous ces mouvemens, qui continuaient 
de me récréer, n'étaient dus qu*à des causes purement physiques 
et organiques que je ne pouvais encore m'expliquer, mais aux- 
quelles, bien certainement , la vie animale n'avait aucune part. 

C'est après avoir terminé l'analyse microscopique des tissus 
dont se compose la lige tuberculeuse arrondie et souterraine ou 
rhizome du Chou caraïbe {^Ariun esculentum L., Caladiwn 
esculentum Vent), et plus spécialement celle du tissu cellulaire 
et de la très petite et très abondante Globuline ou fécule nu- 
tritive de ces tubercules alimentaires, que, voulant étudier com- 
parativement la globuline verte des feuilles de la même espèce, 
comestibles aussi, je fis la découverte des Biforines, sujet de ce 
mémoire. 

Mais avant de vous en entretenir, qu'il me soit permis, mes- 
sieurs, pour plus de clarté, de fixer im instant votre attention 
sur les caractères de la tige souterraine de ce Caladium, soit 
ceux que l'œil nu peut saisir, soit ceux qui sont intérieurs et 
vraiment microscopiques. 

Caractères vus a l'œil nu. 

Les tiges tuberculeuses, arrondies et souterraines du Cala- 
dium esculentum sont grosses comme le poing et paraissent 
quelquefois lobées par le développement de quelques bourgeons 
latéraux , ce qu'on voit assez souvent aussi dans les pommes de 
terre et les topinambours. Leur surface, brune et un peu ru- 
gueuse, présente le caractère qui distingue les véritables tiges, 
quel que soit le milieu dans lequel celles-ci végètent, caractère 
que j'ai déjà tracé ailleurs, et qui consiste dans la présence des 
nœuds vitaux symétriquement disposés. Cette disposition est ici, 
comme dans le plus grand nombre des végétaux monocotylé- 
dons (i), alterne et en spirale : l'écorce n'est pas distincte du 
reste du tissu. 

(i) La disposition opposée des nœuds vitaux et des feuilles qui en émanent , comme appen- 



TURpiN. — Sur les Biforlnes. *j 

La coupe ou la cassure d'un tubercule offre une substance 
blanche, grenue, assez aqueuse à l'état frais, et traversée, sans 
ordre, par des fibres ou veinules d'un fauve clair. A la surface 
de cette coupe apparaissent bientôt un grand nombre de gout- 
telettes laiteuses, blanches, semi transparentes, visqueuses et 
filantes lorsqu'on les touche. Ces gouttelettes, formées par le 
suc propre dans lequel réside exclusivement la partie acre et vé- 
néneuse du tubercule, sortent, par l'ouverture des vaisseaux qui 
se sont trouvés divisés au moment de la section du tubercule. 

Caractères microscopiques des composans organisés formant, 
par simple continuité ^ toute la masse d'un tubercule. 

De petites tranches très minces de tubercule, mises dans une 
guttule d'eau entre deux lames de verre, et placées ensuite sous 
le microscope armé du grossissement d'environ trois cents fois, 
montrent que les composans organisés de toute la masse tu- 
berculeuse sont au nombre de cinq, savoir : i" les vésicules 
constituant, par contiguïté, le tissu cellulaire (i); 2'' la globu- 
line ou fécule (2) contenue dans ces vésicules; 3° les vaisseaux 

dices et comme protecteurs des embryons gemmaires, n'existe point chez les végétaux œoDoco- 
tylédons; mais dans quelques espèces, comme les Ravenala , les Strelitzia, etc., lei nœuls vi- 
taux et les feuilles, quoique toujours alternes, sont distiques, c'est-à-dire disposés sur deux 
côtés. 

(i) Tant que l'on a cru que le tissu cellulaire végétal était une masse homogène de matière 
organique simplement cellulée comme l'est, par exemple, un morceau de fromage de Gruyère, 
la dénomination de cellulaire était convenable-, mais dès que l'on s'est aperçu que ce lisiu 
primitif des végétaux était une ag^'lomération de vésicules simplement contiguës les unes aux 
autres, tout aussi distinctes entre elles, tout aussi vitalement indépendantes que le sont entre 
eux les nombreux œufs agglomérés d'une carpe ou bien encore toutes les graines renfermées 
dans une capsule de pavot, alors la dénomination dut être changée en celle bien plus conve- 
nable de vésiculaire ou d'utriculaire. 

(2) La substance blanche, farineuse, brillante, quelquefois légèrement nacrée, excessivement 
douce au toucher, presque insipide , oblenue par extraction et par lavage de qfffelques tissus 
blancs privés de lumière , tels que ceux de la pomme de terre, du manioc, du sagou, du sa- 
lep, etc. , a reçu le nom de féculo. Cette substance long-temps mal observée par les physiolo- 
gistes, plus mal encore par les chimistes, fut considérée comme le produit d'une simple sécré- 
tion ou comme une concrétion de matière, une sorte de cristallisation. 

L'observation microscopique a démontré depuis une trentaine d'années que celte prétendue 
concrétion ou plutôt que chaque grain de fécule est un corps organisé qui naît , par extension, 
des parois intérieures d'une vésicule-mère et que ce corps organisé laisse voir quelquefois d'une 



8 lUBPirf, — Sur les Biforines. 

ou tigellules tiibuleiises (i); [{ les fibres qui avoisinent ces 
vaisseaux; 5° la globuline suspendue dans le liquide ou dans 
l'eau du suc propre. 

Le tissu cellulaire, ici comme partout, est un amas, une 
agglomération de vésicules distinctes, simplement contigués les 
unes aux autres, toujours incolores et transparentes, d'une min- 
ceur extrême, variables de formes et de volume selon qu'elles 
se sont plus ou moins gênées dans leurs développemens indi- 
viduels. Ayant toutes débuté par la forme sphérique, beaucoup 
d'entre elles conservent encore cette forme primitive, tandis 
que d'autres se sont allongées j sont devenues subtriangulaires, 
en cornemuse, etc. , etc. 

Toutes ces vésicules ainsi agglomérées forment la charpente 
du tissu cellulaire; et comme elles ont joui (2) chacune d'un 
centre vital particulier d'organisation , d'rbsorption , d'assi- 



maoière disliucte , coiuiiic dans la fécule de pomme de terre , son bile ou point d'attache et 
ses zones d'accroissement, en sorte qu'il peut être assimilé assez justement à un ovule, et la 
vésicule-mère à une sorte d'ovaire. 

De nombreuses observations microscopiques comparées m'ayant en outre démontré que le 
même corps existe dans les vésicules de tous les tissus cellulaires où il est presque toujours, par 
sa couleur propre, la cause de toutes les nuances dont paraissent teintes les feuilles, les fleurs 
et les fruits, j'ai cru devoir substituer la dénomination générale de Globuline à celle, trop res- 
treinte, de fécule qui reporte toujours notre pensée vers la fécule blanche du commerce. 

(i) J'ai donné le nom de tigellule à toutes ces végétalionsconfervoïdes, filamenteuses, pleines 
ou tubuleuses qui se développent entre les vésicules du tissu cellulaire ou qui forment à elles 
îeuUs toute la masse des champignons (prétendus celluhiires), et que l'on a considérées comme 
des vaisseaux ou conduits destinés au transport de l'eau séveuse de l'un des points de la masse 
tissulaire sur un autre, sans songer que ces prétendus vaisseaux offrent souvent des cloisons ou 
diaphragmes assez rapprochés, que de plus ils sont toujours clos aux extrémités, et qu'enfin ils 
sont loin de parcourir toute l'étendue des tiges dont ils font partie. 

Quand on en sera venu enfin à reconnaître qu'un arbre, qu'une plante quelconque n'est 
point une individualité simple, mais bien une individualité composée, par association seule- 
ment contiguc, d'autant d'individualités ou existences distinctes qu'il se trouve dans la masse 
tissulaire de grains de globuline, de vésicules et de fibres pleines ou tubuleuses, mais bien en- 
tendu d'existences subordonnées à une vie d'ensemble, à une coordination générale, alors on 
renoncera à cette idée de vaisseaux et de tant d'autres semblables empruntées, par l'ignorance, 
au règne animal. 

(2) Je pense que la vésicule d'un tissu cellulaire achevé ne vil plus et qu'elle ne sert, en 
cet état, que d'cnve'oppe protectrice à la globuline qu'elle a pioduil, comme, par exemple, un 
péricarpe sec abi ise et protège les embryons des graines qu'il contient et auxquels il a donné 
naissanct' par cotitiniiitê organique. 



TURPiid. — Sur les Biforines. 9 

milation , d'accroissement et de reproduction, comme elles 
peuvent être comparées à autant d'ovaires distincts, il en résulte 
que, de leurs parois intérieures, il naît par extension une gé- 
nération nouvelle excessivement abondante, globuleuse dans 
son origine, à laquelle, dans certains tissus blancs et privés de 
lumière, on a donné le nom trop spécial de fécule, nom que j'ai 
cru devoir changer en celui de Globuline, qui s'applique géné- 
ralement aux mêmes corps organisés partout où ils se ren- 
contrent dans le règne végétal, sans distinction de couleurs et 
de qualités. 

La globuline des vésicules du tissu cellulaire des tubercules 
du Caladium esculentiun est une des plus abondantes que je 
connaisse; ses vésicules, vues sous le microscope, en paraissent 
si pleines qu'elles en sont entièrement opaques, et quand elles 
se déchirent, elles répandent une quantité prodigieuse de grains 
assez généralement ronds , incolores et variables en grosseur, de- 
puis le point jusqu'à un centième de millimètre. Les plus gros glo- 
bules montrent, dans leur centre, un espace plus lumineux et assez 
bien circonscrit, ce qui annonce qu'ils sont déjà vésiculaires et 
qu'ils contiennent une substance organique. Les plus petits 
offrent un mouvement monadaire de grouillement que j'attribue 
à leur grande affinité pour l'eau dans laquelle ils sont plongés , 
opération qui nécessairement les met en mouvement, et non à 
cette propriété vitale intime qui fait mouvoir les corps organisés 
animaux. 

Parmi les vésicules du tissu cellulaire naissent, vivent et se 
développent deux autres sortes d'individus à forme filamen- 
teuse confervoïde. IjCs uns sont des ti>bes ou vaisseaux simples 
ou quelquefois ranieux, interrompus, finement rayés en travers 
ou comme annelés, clos et assez obtus à leurs extrémités, pou- 
vant en partie se dérouler en filament spiral , contenant enfin 
un liquide acre (t) (suc propre), dans lequel nagent suspendus 

(i) Le principe acre et vénéneux du sue propre des végétaux laiteux se trouve-t-il dans 
l'eau ou dans les globules suspendus dans cette eau ? Comme c'est toujours dans l'eau séveuse 
que sont contenus les poisons végétaux et non dans la matière organisée et féculente, ainsi que 
cela est prouvé par les lavages que l'on tait subir au tissu cellulaire des racines du manioc 
paiticulièrcment, il est très probable qu'ici c'eU seulement dans l'eau du suc propre que se 
trouve le principi; vénéneux. Un reste, l'expérienro est facile à faire. 



10 TURPIN. — Sur les Biforines. 

un grand nombre de globules incolores, transparens et de gros- 
seur variable. Les autres sont des (ibres très ténues et très nom- 
breuses qui accompagnent, dans leur trajet, les vaisseaux dont 
je viens de parler; du reste, on ne découvre aucune trace de 
raphides cristallines, fait très remarquable par rapport au tissu 
cellidaire des feuilles de la même plante, qui en est abondam- 
ment pourvu, comme on le verra plus loin. L'épiderme, comme 
dans toutes les vieilles écorces des tiges, n'existe plus, (i) 

Caractères vus à V œil nu de la feuille du Caladium esculcntum. 

La feuille de cette espèce est tendre et mucilagincuse; sa forme 
est ovale, pointue au sommet, un peu échancrée à sa base, pel- 
tée ou ombiliquée comme celle du Nénuphar ( Nymphœa 



"(i) Je donne ici les résultais de l'analyse chimique de !a racine tuberculeuse du Caladium 
esculcntum , (\\\\ m'ont été communiqués jiar M. Payen. 

La racine tuberculeuse de Chou Caraïbe contient les substances suivantes, dans des propor- 
tions qui sans doute offriraicul quelques variations suivant les terrains elles circonstances at- 
mosphériques. 

Eau 73,00 

Fécule iS,oo 

Tissu ligneux. ^,^0 

Aibiimine 1,10 

Au!re matière azotée. ......*....*. 00,.'» 

Substance grasse et huiîe essentielle «,io 



Acides pectique et malique, sels à bases de potasse et de 

chaux, silice, oxide de fer, traces de soufre. . . . 3,25 



(T 



ïoo,oo 

La fécule est un composé de très petits grains arrondis dont l'extraction serait moins facile 
que celle de la fécule de pomme de terre en raison de sa plus grande ténuité et par suite de sa 
plus grande lenteur à se déposer. 

L'huile essentielle vireuse, acre, ne semble pas devoir présenter d'obstacles à l'emploi de 
celte racine dans l'alimentation des hommes et des divers animaux, car elle se dissipe pour la 
plus grande partie lorsque l'on soumet des Iraiiches de cette racine à une coclion suffisante. 

La composition ci-dessus indique d'ailleurs que la racine tuberculeuse du Chou Caraïbe est 
douée d'une qualité éoiinemment nutritive. 



TURPiN- — • Sur les Biforines. il 

alha L.), de la Capucine ( Tropœolum majus L.), etc.; elle est 
munie en dessons d'une nervure médiane qui, partant de l'in- 
sertion du pétiole, donne naissance à cinq ou six nervures la- 
térales dirigées de bas en haut, et dont les plus rapprochées du 
point ombilical descendent, en se dédoublant, dans les deux 
lobes inférieurs de la feuille, lobes qui, s'ils n'étaient pas soudés 
dans la moitié de leur longueur, feraient de cette feuille peltée 
ou ombiliquée une feuille sagiltée, comme celle du Caladium 
sagittœfoliwn ou de X Arum vulgare. Sa grandeur est d'environ 
7 à 8 pouces de long sur 3 ou 4 pouces de large, et sa couleur 
d'un vert gai en dessus, et d'un glauque remarquable en des- 
sous. Le pétiole qui la porte, et dont elle n'est qu'une expan- 
sion, est cylindrique, engainant à sa base, de la longueur de la 
lame de la feuille. 



Caractères microscopiques des composans organisés formant 
toute la masse de la feuille du Caladium esculentum. 

Ici, les composans organisés, plus nombreux que dans la tige, 
sont: 1° répiderme; 2° les vésicules du tissu cellulaire; 3" la 
globuline; 4" les vaisseaux rayés ou fausses trachées; 5° les fi- 
bres qui avoisinent les^ vaisseaux rayés; 6" la globuline éparse 
et suspentluc dans l'eau du suc propre; et 7° les Biforines, 



De VEpiderme ou Cuticule. 

Une seule couche de vésicjiles , très adhérentes les unes aux 
autres, incolores , transparentes , stériles, c'est-à-dire vides de 
globuline et ne contenant probablement que peu d'eau et beau- 
coup d'air, constitue la partie la plus apparente de l'épiderrae ; 
nous disons la plus apparente, car, quoique nous n'ayons pu 
parvenir à l'isoler, nous ne doutons pas que cette couche de 
vésicules ne soit recouverte et protégée par cette pellicule ou 
enveloppe générale , translucide et très mince que notre con- 
frère M. Adolphe Brongniart a si complètement démontrée dans 



12 iVRPm. -— Sur les Biforùies. 

les feuilles d'un grand nombre de végétaux monocotylédons et 
dicotylédons. (i) 

Lorsque, sans avoir recours à la macération, on se contente 
d'enlever, par déchirement, des lambeaux d'épiderme delà page 
inférieure de la feuille, ces lambeaux offrent sous le microscope 
une membrane ou pellicule incolore , transparente , ponctuée 
ou granuleuse. Sur cette membrane paraît , comme appliqué , 
une sorte de réseau dont les mailles formées d'un double trait 
sont d'inégales grandeurs et généralement hexagones. Dans le 
centre de ces mailles, qui sont autant de vésicules, on voit une 
sorte de nucleus ou de sphérule dont le double trait du con- 
tour indique l'épaisseur d'une vésicule qui est remplie de glo- 
bulinsverdâtres. Entre quelques-unes des mailles du réseau ou 
plutôt entre quelques-unes des vésicules de l'cpiderme il existe, 
à des distances inégales et dirigés dans tous les sens , des sto- 
mates formés de deux vésicules oblongues , lunulées et pleines 
de globuline verte. 

Du Tissu cellulaire. 

Entre les deux épidémies ou, entre les deux faces de la feuille 
on trouve les vésicules fertiles, c'est-à-dire celles qui sont rem- 
plies de globuline verte. Ces vésicules aussi incolores et aussi 
transparentes que celles du tissu cellulaire de la tige souter- 
raine, en diffèrent par leur forme plus allongée, plus triangu- 
laire et même quelquefois bizarre, et par leur disposition qui 
simule assez bien une sorte de réseau. La globuline ou fécule , 
moins abondante, mais plus grosse que dans le tubercule, ayant 
joui de l'influence de la lumière, est verte, au lieu d'être blan- 
che comme celle de tous les tissus cellulaires privés de l'action 
bienfaisante de cet agent qui, généralement joue un si grand 



(i) Nouvelles recherches sur la structure de l'épiderme des végétaux. (Ann. des Scienc. Nat. 
ae série, l i, p. 65, pi. 2 et 3.) 

li'épiderme des végétaux appendiculés étant composé d'une ou plusieurs couches de vésicules 
stériles, dépourvues de globuline, simplement aérifère3-( non respiratoires), et d'une pellicule 
générale et protectrice, il serait bon, je crois, de laisser le nom distinctif de cuticule à cette en- 
veloppe extérieure. 



TURPiN. — Sarles Bi/orines. i3 

rôle sur les tissus organiques. Son diamètre est d'environ —^ de 
millimètre. 

Parmi les vésicules du tissu cellulaire, vésicules simplement 
contiguës et très faciles à isoler les unes des autres, végètent des 
vaisseaux et des fibres semblables à ceux qui se trouvent épars 
dans le tissu cellulaire du tubercule. Ces vaisseaux qui contien- 
nent également le suc propre, acre et vénéneux de la plante 
constituent, joints aux fibres qui les accompagnent, les nervules 
de la feuille, dont ils suivent, par conséquent, la direction. 

Entre les mêmes vésicules on voit une assez grande quantité 
de petites aiguilles ou raphides cristallines, courtes, pointues 
par une extrémité , comme taillées en biseau par l'autre , épar- 
pillées sur le porte-objet du microscope, mais agglomérées pa- 
rallèlement en botte d'asperge dans leur gisement naturel, qui 
est l'intérieur de certaines vésicules vides de globuline. Leur lon- 
gueur est à-peu-près d'r; de millimètre. 

J'ai fait remarquer plus haut que le tissu cellulaire de la tige 
souterraine ne contenait pas une seule raphide. D'où vient cette 
différence ? On ne saurait dire qu'elle est due aux milieux dif- 
férens dans lesquels chaque partie végète, car les rhizomes des 
Iris, de quelques espèces de Rhubarbe et les feuilles écailleuses 
des ognons de Jacinthe quoique vivant sous la terre sont pour- 
vus de cristaux nombreux de diverses formes. Ce qui me pa- 
raît certain , c'est que la cause qui détermine, dans les tissus 
végétaux et animaux, la formation des nombreux cristaux 
qu'on y rencontre , dépend entièrement d'un certain état in- 
time de l'organisme de ces tissus. Ce n'est point un simple 
lieu, un creux, un abri pouvant servir à la formation cristal- 
line, car s'il en était ainsi, tous les tissus organiques placés dans 
les mêmes conditions environnantes pourraient indifféremment 
et accidentellement en contenir ; c'est ce qui n'est point. L'ob- 
servation démontre, au contraire, qu'on ne trouve des cristaux 
que chez certains végétaux, qu'en de certaines parties des indi- 
vidus; qu'ils existent quelquefois dans toutes les espèces d'une 
famille et non hors de là , de manière à pouvoir offrir parfois 
de bons moyens de rapprochement et un caractère bien plus 
prononcé que celui tiré de l'ensemble des organes extérieurs 



l4 TURPiN. — Sur les Bi farines. 

qui, presque toujours, sur les limites et au point de contact des 
familles, se confondent entre eux. (i) 

Des Bi/oriiies. 

Ces organes singuliers, inaperçus jusqu'ici et qui font Tobjet 
principal de ce mémoire, sont situés entre les vésicules du tissu 
cellulaire des feuilles du Caladium esculentum, comme étant le 
lieu propre à leur développement et à leur formation. 

Pour les bien étudier on prend une feuille de ce Caladium , 
on l'étend sur l'index de manière à pouvoir la racler doucement 
avec la lame mouillée d'un canif et du côté de la surface infé- 
rieure qui est la plus tendre. Par ce moyen on obtient , sous 
forme pulpeuse , de petites portions de tissus que l'on étend 
ensuite, dans une guttule d'eau, sur le porte-objet du micros- 
cope. Alors, sous un grossissement d'environ 3oo fois, on voit 
pêle-mêle avec les vésicules du tissu cellulaire un assez grand 
nombre de Biforines. 

Chaque individu, parfaitement indépendant des vésicules glo- 
bulinifères ou féculentes parmi lesquelles il existe, se compose, 
tout à-la-fois, d'une partie organisée végétale, et d'une partie 
inorganisée cristalline. Presque double en grandeur d'une vési- 
cule du tissu cellulaire, il offre la forme d'un hexagone très aU 



(i) Tout, jusqu'à présent, me porte forlement à croire que la formation des innombrables 
et magnifiques cristaux rhoniI)oeJriques de carbonate de chaux qui enduisent et solidifient inté- 
rieurement Tenveloppe extérieure, molle et translucide des œufs des Limaçons , comme la même 
matière solidifie confusément ta coquille des reptiles et des oiseaux , est un phénomène aussi 
rare qu'il est curieux ; qui, peut-être, ne se rencontre-t-il que dans les œufs des espèces du seul 
genre Hélix, ce qui, si l'observation le confirme, comme je l'ai fait déjà sur sept espèces diffé^ 
reutes, fournira un excellent caractère géne'rique'pour ce groupe de mollusques. 

La Cryptelledes Canaries {Cryptelia Canariensis) publiée par MM. Webb et Eerthelot (Mag. 
de Zool, i^'^ part., pi. 63) étant, pour ainsi dire, tout à-la-fois, un Limaçon dont les œufs sont 
pourvus de cristaux, et une Limace dont les œufs n'en présentent jamais, il était curieux d'ana- 
lyser cear. de ce mollusque intermédiaire, afin de s'assurer s'il y avait ou s'il n'y avait pas de 
cristaux. Eh bien, comme on devait s'y attendre , le; œufs de la Cryptelle des Canaries ont une 
enveloppe extérieure tapissée en dedans par de nombreux cristaux, mais de cristaux mal for- 
més, quoique au fond on y reconnaisse la forme rhomboédrique si pure dans les œufs des Lima- 
çons. Là, celte cause inconnue qui crislallise si admirablement le carbonate de chaux dans les 
œufs des véritables Hélices , est prête à s'évanouir en même temps que le caraclcre extérieur de 
'animal l'cloigue de? espèces (!e ce genre. 



TURPTiN^. — Sur les Blforines. 1 5 

longé, quelquefois celle d'une navette de tisserand, ou encore 
d'un grain d'avoine d'après M. Biot qui a vu ces corps sous son 
microscope. La partie organisée consiste dans une vésicule exté- 
rieure de la forme que je viens d'indiquer, assez résistante , 
assez épaisse comme l'indique le double trait de ses deux tables 
ou de sa surface, incolore et transparente comme du cristal, et, 
ce qui est surtout très remarquable, munie, à chaque extrémité, 
d'une bouche à bords un peu épaissis. Dans l'intérieur de cette 
vésicule il s'en trouve une autre, sorte de boyau intestinal, fusi- 
forme, composé d'une membrane transparente, incolore, exces- 
sivement mince, dirigé parallèlement avec la vésicule extérieure^ 
aboutissant à ses deux bouches , et n occupant qu'environ un 
tiers de la capacité intérieure de celle-ci. 

Ce boyau intestinal et longitudinal, qui se distingue dans l'in- 
térieur de la vésicule extérieure par sa couleur jaunâtre, con-- 
tient plusieurs centaines de longues aiguilles cristallines, d'une' 
ténuité extrême, de la longueur du boyau, incolores et transpa^ 
rentes comme des fils de verre blanc quand elles sont isolées , 
mais produisant la couleur jaune d'ambre par leur rapproche- 
ment et leur disposition en faisceau serré. 

Une Biforine est donc formée de l'assemblage de trois parties 
bien distinctes dans lesquelles se trouvent réunis le règne orga- 
nique et le règne inorganique : le premier dans la vésicule bi- 
perforée extérieure et dans le boyau intestinal, le second dans 
ks nombreuses aiguilles cristallines que contient le boyau. Les 
deux enveloppes naissent et vivent sans doute par absorption et 
par assimilation à la manière de tous les tissus organiques, tan- 
dis que les aiguilles cristallines, auxquelles les deux enveloppes 
organisées servent comme d'une sorte de géode, ^se forment^ ^ 
en ce lieu d'abri, en suivant les lois ordinaires de la cristalli- 
sation. 

Tel est l'état dans lequel les Biforines se trouvent entre ou 
parmi les vésicules du tissu cellulaire des feudles du Caladium 
esculentum. Elles m'ont paru être dirigées dans tous les sens, 
comme si, dans leur développement, elles avaient profité de tous 
les espaces que leur abandonnaient les vésicules ^lobulinifères 
du tissu cellulaire. 



i6 TURPiiv. * — Sur les Biforines. 

Leur longueur est d'environ ifio de mill. ou à-peu-près dou- 
ble de celle d'une vésicule. 



Des divers inouçemens que subissent les Biforines. 

Lorsque sur le porte-objet du microscope les Biforines, plon- 
gées dans la guttule d'eau , jouissent d'un certain espace et que 
la température est élevée de 20 à 26° cent, (^i) , elles ne tardent 
pas à lancer, tantôt par l'une de leur bouche, tantôt par l'autre, 
et comme par des sortes de décharges intermittentes , les nom- 
breuses aiguilles cristallines qu'elles contiennent. 

A chaque décharge, qui consiste dans le vomissement de i à 
5-6 des aiguilles, la Biforine, tout entière, comme une petite 
pièce de canon, fait un mouvement de recul, et ce mouvement 
est d'autant plus considérable qu'elle rencontre moins d'obsta- 
cles derrière elle ou que les aiguilles lancées et en partie sorties 
trouvent devant elles, soit une vésicule de tissu cellulaire, soit 
quelques grains de globuline. Il est presque superflu de dire 
que lorsque le vomissement ou l'explosion des aiguilles se fait 
par l'autre bouche, le mouvement a lieu en sens opposé. Par- 
fois on remarque chez certaines Biforines un léger mouvement 
de pirouette qui rappelle celui de l'aiguille aimantée. 

Au bout de quelque temps on voit toutes les Biforines entiè- 
rement vides de leurs aiguilles cristallines, par conséquent dé- 
colorées, et dont le boyau intestinal s'est affaissé sur lui-même 
de manière à ne plus paraître qu'un sorte de cordon tortillé. 

Les vésicules extérieures, quoique plus robustes, plus épaisses, 
finissent aussi par se déformer après l'entière expulsion des ai- 
guilles. Alors on voit le porte-objet du microscope tout couvert 
des innombrables aiguilles cristallines expulsées, et dont souvent 
quelques-unes , restées engagées par l'une de leurs extrémités , 
soit immédiatement dans les bouches des Biforines , soit dans 



( i) Pour que les Biforines fonctionnent le mieux possible, soit dans les décharges intermitlen > 
tes de leurs aiguilles cristallines, soit dans leurs divers mcuvemens, toujours subordonnés à 
raction des décharges, il faut opérer à une température de 20 à aSo cent, au moins; à un degré 
moindre les Biforines restent inertes ou ue vomissent leurs aiguilles que très lentement. 



TU H PIN. — Sur les Bijorines. \n 

une partie du boyau qui sort extérieurement comme dans cer- 
tains Pollens, et qui leur sert d'une espèce de gaine, simulent 
parfaitement, en cet état, ces élégantes aigrettes que l'on com- 
pose avec des fils de verre blanc, droits et lins. 

De la cause qui produit la décharge intermittente des aiguilles 
cristallines et le mouvement de recul des Biforines. 

Au premier instant que l'on observe des Biforines, on est 
étonné de rencontrer im mouvement et des explosions d'ai- 
guilles chez des corps placés au milieu d'organes tissulaires tou- 
jours immobiles. On ne peut tout d'abord se rendre compte 
d'un semblable phénomène, fort simple pourtant en lui-même. 
Pour arriver à sa solution, il faut commencer par bien se rendre 
compte de la structure d'une Biforine, comme étant l'appareil du 
phénomène ; bien voir, comme je l'ai déjà dit, qu'elle se com- 
pose d'une vésicule extérieure, assez résistante, percée d'une 
bouche à chacune de ses extrémités , d'une autre vésicule inté- 
rieure, fusiforme, très mince, et n'occupant, chose qu'il ne faut 
pas perdre de vue , que le tiers en largeur de la capacité de la 
vésicule extérieure , laissant, par conséquent, un grand espace 
et étant remplie d'un nombre considérable d'aiguilles cristalli- 
nes; ne pas oublier surtout que les Biforines se développent dans 
le tissu cellulaire des plantes dont la sève est très mucilagi- 
neuse ; que cette sève mucilagineuse logée dans tous les creux 
des tissus est un liquide d'un densité remarquable ; et qu'enfin 
ce liquide doit occuper aussi ou remphr l'espace qui se trouve 
entre les deux enveloppes organisées des Biforines. 

On sent déjà qu'une Biforine, telle qu'elle a été décrite, est un 
véritable appareil naturel propre à mettre en jeu d'une ma- 
nière aussi simple que remarquable la cause et les effets de ce 
phénomène dont nous devons la connaissance à notre confrère 
M. Dntrochet, effets auxquels il a donné les noms ô^Endosmose 
et ^ Exosmose. 

Les Biforines observées dans l'eau pure, et sous la tempéra-^ 
ture indiquée plus haut, offrent le rapprochemeot de deux li 

yi. Botô^n- — ' Juillet. » 



i8 TURPiN. — Sur les Bijorines. 

qiiides de densité très différentes : celui de la sève mucilagi- 
neiise dont est rempli l'espace qui sépare les deux vésicules 
de la Biforine et celui de l'eau qui la baigne extérieurement. 
L'eau pure du dehors aj)peléc ou aspirée fortement à l'intérieur 
par l'eau mucilngineuse qui en est pour ainsi dire affamée, y 
pénètre par tous les pores de la vésicule extérieure, peut-être 
aussi par la bouche des extrémités, et, à mesure qu'elle y ar- 
rive elle augmente nécessairement le volume ou la masse du 
liquide mucilagineux. Celui-ci pressant sur tous les points le 
boyau intestinal l'oblige à céder et à se décharger de quelques- 
unes des aiguilles cristallines qu'il renferme. C'est à cette dé- 
charge forcée que sont dus les mouvemens de recul que subis- 
sent les Diforines. 

Après s'être en quelcpie sorte soulagées par le dégorgement 
ou le vomissement de quelques aiguilles, les Biforines semblent 
se reposer; mais le même liquide mucilagineux, loin d'être sa- 
tisfait, en continuant toujours d'attirer à lui l'eau pure qui l'en- 
vironne et d'augmenter de volume par ces additions successives, 
presse de nouveau le boyau jusqu'au moment où celui-ci, ar- 
rivé au dernier terme de sa résistance, cède, comme par une 
sorte de délente, et subit une autre décharge semblable à la 
première. C'est ainsi que , par une suite de petites décharges 
intermittentes, les Biforines se vident entièrement des nom- 
breuses aiguilles cristallines qu'elles contenaient, et qu'alors, 
comme je l'ai déjà dit, le boyau intestinal s'affaisse sur lui- 
même, se chiffonne, et ne paraît plus qu'une sorte de cordon 
tortillé. 

Pressé par d'autres travaux au moment où j'observais le sin- 
gulier phénomène des Biforines , je ne pensai point à faire une 
expérience très simple , et que je ferai au mois de juin prochain : 
elle consiste à placer sous le microscope les Biforines , non dans 
de l'eau pure comme je l'ai fait jusqu'à présent, mais bien dans 
une solution d'eau gommée ou sucrée, de manière à équilibrer, 
autant que possible, la densité des deux liquides mis au voisi- 
nage l'un de l'autre. Il est plus qu'à présumer que , dans ce cas, 
les deux liquides n'ayant rien à s'offrir, rien à se demander, au- 
cune transmission , par endosmose , n'aura lieu ; que tout cou- 



TURPiN. — Sur les Blforines. i^ 

rant de liquide sera nul; qu'alors le boyau, restant dans son état 
normal, conservera toutes ses aiguilles cristallines, et qu'enfin 
la Biforine tout entière n'offrira aucune explosion, et, par con- 
séquent, aucun mouvement, (i) 

Pensant bien que la nature ne pouvait s'être mise en frais d'une 
structure aussi remarquable que l'est celle des Biforines pour 
une seule espèce de végétal, et qu'elle devait, comme cela ar- 
rive toujours, répéter ces corps chez un certain nombre de vé- 
gétaux analogues, ou, ce qui revient à-peu-près au même, dans 
une contrée végétale plus ou moins étendue, je me procurai, 
dans les serres du jardin du Muséum d'histoire naturelle, toutes 
les espèces du genre Caladium qu'on y cultive. Chez toutes en 
effet, moins une dont il sera parlé tout-à-l'heure , je trouvai, 
dans le tissu cellulaire des feuilles, des Biforines différant seu- 
lement de celles du Caladium esculentum par de très légères 
modifications de forme et de grandeur, mais toutes se compo- 
sant des trois parties indiquées plus haut, et toutes fonction- 
nant avec un peu plus ou un peu moins de sensibilité, de la 
même manière que je lai expliqué pour celles du Caladium es- 
culentum. 

Les espèces observées, dont je mets une partie des dessins 
sous les yeux de l'Académie, sont : les Caladium esculentum, se- 
^uinum {Dieffenbachia Schott) , colocasioides , bicolor^ lacerum, 
pedatifolium, rugosum, triparlitumy Irifoliatum, pinnatifolium, 
auriium , crassipes et odoratum. Les Biforines du Caladium 
seguinum sont les plus grandes de toutes, et se distinguent, en 
outre, par leurs extrémités ou leurs bouches rétrécies en ma- 
melon. Quelques-unes offrent leur vésicule plus dilatée que de 
coutume. 

Tous ces tissus cellulaires , indépendamment des Biforines , 
sont encore munis de raphides cristallines, rassemblées ou réu- 
nies en faisceau dans des vésicules particulières , closes et sté- 
riles, c'est-à-dire dépourvues de la globuline verte. 

Dans le Caladium pedatifolium ^ j'ai trouvé, outre les Bifo- 
rines , qui y sont assez rares , des vésicules couvertes de gra- 

(0 Voy. la note addiiiounclle à la fin de ce mémoire. 



20 TUiiPiN. — Sur les Biforines. 

nules dont une plus petite placée à Vintérieur et à distance de 
l'extérieure, contient une botte de petites raphides qui n'oc- 
cupe qu'une partie de la capacité de cette vésicule. 

Chez le Caladium ragosum , les Biforines sont très modifiées 
et se rapprochent beaucoup des vésicules stériles dans lesquelles 
se forment les raphides cristallines ordinaires. Une seule vésicule 
ovoïde, assez épaisse, comme les deux traits noirs l'indiquent, 
ou peut-être deux vésicules se touchant immédiatement et ren- 
fermant un faisceau d'aiguilles qui n'occupe qu'une partie de la 
capacité intérieure, constituent ces Biforines, qui, jusqu'à pré- 
sent, m'ont paru ne faire explosion que par une seule de leurs 
extiémités. En même temps que ces Biforines, on trouve de 
plus petites vésicules, closes de toutes parts, et dans lesquelles 
sont renfermées des bottes de très courtes raphides, plus des 
cristaux blancs, transparens, prismatiques, rectangulaires à 
sommets tétraèdres, groupés en agglomérats rayonnans, sphé- 
roïdaux , et parfaitement semblables à ceux que j'ai déjà fait 
connaître, et que l'on rencontre en si grand nombre dans les 
vésicules du tissu cellulaire de presque toutes les espèces de 
Cactées. 

Enfin, dans le Caladium odoralum^ on ne trouve plus, chose 
remarquable, que des raphides et des cristaux en sphéroïdes 
rayonnans , semblables à ceux dont il vient d'être question , 
mais aucune trace de Biforines. J'avais autrefois remarqué que 
chez les végétaux dont le tissu cellulaire contenait des "cristaux 
agglomérés en sphéroïdes, comme celui des Cactées et des rhizo- 
mes ou tiges souterraines de la Rhubarbe, les raphides manquaient 
toujours, comme si ces deux sortes de cristallisations s'excluaient 
l'une l'autre et ne pouvaient s'opérer dans les mêmes conditions. 
Mais, comme on vient de le voir, cette règle n'est pas sans ex- 
ception, puisque le tissu cellulaire des feuilles du Caladium 
doratum contient en même temps des raphides ordinaires et 
des agglomérats rayonnans de cristaux. 

Maintenant on peut se demander quel peut être le but final 
des Biforines, le rôle physiologique qu'elles ont à remplir 
dans l'organisation des plantes où elles se trouvent; pour- 
quoi des vésicules particulières plus grandes du double que 



TURPiN. — Sur les Biforines. ai 

les vésicules fertiles qui contiennent la globuline verte du tissa 
cellulaire?; pourquoi des vésicules renfermant dans leur in- 
térieur une autre vésicule fusiforme, remplie de longues ai- 
guilles cristallines?; pourquoi, surtout, deux bouches, lorsque 
dans la situation normale des Biforines , pressées de toutes parts 
par les vésicules du tissu cellulaire , et baignées dans un liquide 
mucilagineux de même densité que celui qu'elles contiennent, 
ces deux bouches semblent ne pouvoir servir à l'explosion des 
aiguilles cristallines? 

J'avoue n'en rien savoir, et je ne puis que signaler, pour l'in- 
stant, l'existence des Biforines dans le tissu cellulaire des feuilles 
des diverses espèces du genre Caladiuni ; leur structure très re- 
marquable; leur fonction comme servant de lieu et d'abri à la 
formation de nombreux cristaux; la très curieuse manière dont 
elles expulsent ces mêmes cristaux , chaque fois qu'on les isole 
et qu'on les place dans de l'eau pure, c'est-à-dire dans un li- 
quide d'une densité moins grande que celui qui remplit l'inter- 
valle des deux vésicules emboîtées des Biforines. 

Après avoir analysé le tissu cellulaire d'un grand nombre d'es- 
pèces du genre Caladium , et avoir trouvé dans toutes , une 
excepté (le Caladium odoratuin), des Biforines, il était inté- 
ressant de savoir si ces corps existaient ailleurs. Pour m'en 
assurer, j'ai fait l'analyse des mêmes tissus dans diverses espèces 
du genre Arum, savoir : \qs Arum vulgare (A. jnaculatum L.), 
virginicum , italicum, pictum , triphjUum , tenuifoUum. Toutes 
sont pourvues de nombreuses raphides cristallines, de dimen- 
sions variables selon les espèces ; mais aucune ne m'a offert une 
seule Biforine. 

L'absence ou la présence de ces corps ^singuliers, et cela, à 
ce qu'il paraît, d'une manière tout-à-fait tranchée, dans deux 
genres qui autrefois n'en faisaient qu'un, est une chose fort re- 
marquable qui vient à l'appui de ce que j'ai déjà dit dans ce 
Mémoire, que la présence des cristaux dans les tissus cellulaires 
végétaux dépend entièrement de l'organisme particulier de ces 
tissus, et que, par conséquent, ils peuvent offrir de très bons 
caractères distinctifs, soit d'espèces, soit de genres, soit de fa* 
milles , comme l'observation me l'avait déjà démontré. 



fta TURPiN. — Sur les Biforines, 

On ne peut s'empêcher de remarquer, en passant, le rapport 
qui existe entre le caractère extérieur du genre Caladium , 
établi il y a plus de trente ans par Ventenat(i) aux dépens du 
genre Arum, et la présence des Biforines dans le tissu cellulaire 
des feuilles de ce nouveau genre. A cette époque, l'auteur était 
loin de penser sans doute que le caractère de son genre Cala- 
dium , fondé principalement sur le spadice entièrement recou- 
vert d'anthères dans sa partie supérieure, au lieu d'être nu 
comme chez les vrais Arum , se trouverait un jour fortifié par 
un caractère intérieur et microscopique fourni par la présence 
des Biforines. 

Enfin, r.malyse du tissu cellulaire des feuilles du Calla œthio- 
pica ( Hichardia af ricana Kunth. ) , des Orontium japonicum 
et aquaticum, des Poihos fœtida et violacea, m'a démontré 
l'absence absolue des Biforines dans ces Aroïdes, et la présence 
d'un grand nombre de raphidos. Le tissu cellulaire des feuilles 
des Accrus gramineus et calamus est non-seulement dépourvu 
de Biforines, mais il mnnque encore de raphides. 

Des décharges et des mouvemens analogues à ceux qu'offrent 
les Biforines étaient déjà connus dans la science. Les vésicules 
polliniques, formées également de deux enveloppes, mais de 
deux enveloppes immédiatement appliquées l'une contre l'autre, 
sont en grande partie susceptibles, étant mouillées d'eau pure, 
de faire explosion et de lancer au dehors les nombreux gra- 
nules (^fouilla) qu'elles contiennent, soit que l'émission ait lieu à 
nu sous forme de fusée (accompagnée d'un mouvement de recul 
analogue à celui des Biforines (2) , en rompant les deux enve- 
loppes ou en sortant par des ouvertures particulières , quelque- 
fois même operculées (3), soit qu'elle se fasse en s'étendant 



(i) Plantes nouvelles cultivées dans le jardin de Gels, no3o, sous le nom de Caladium. 
iieolor. 

(a) Mouvement de recul observé et décrit par M. Guillemin (Recherches microscopiques 
sur le Pollen, Mém. de la Soc. dHist. nat. de Paris , t. 2, p. 119). 

(3) Cucurbita Pepo, Pepo macrocarpus. /< .'Bronguiart. Rech, sur la génér. Ana. des Sciencï 
nat. t. 12, pi. 34, Ci;, i. If. 



TURPiN. — Sur les Biforines, a 3 

dans l'inlérieur d'un boyau (i) formé par distension de la vési- 
cule interne du Pollen. (2; 

Les glandes vésiculaires aont est composée la Lupuline du 
commerce, et qui se développent sur les feuilles florales et les 
ovaires des fleurs fertiles du Houblon [Humulus Lupulus h.) , 
étant isolées et mises dans l'eau , font également explosion et 
vomissent en tout ou en partie les innombrables globules qu'elles 
renferment. 

Dans ces deux cas, l'eau pure dans laquelle est plongé l'objet 
qu'on observe, pénètre dans l'intérieur de la vésicule ou des vési- 
cules où l'appelle un liquide mucilagineux plus dense et des glo- 
bules ou granules susceptibles d'en être imprégnés et de se gon- 
fler. La masse formée du liquide mucilagineux et des globules se 
trouvant ainsi considérablement augmentée, force les enve- 
loppes à se rompre et à lui permettre de s'élancer au dehors. 

Le phénomène d'explosion, dans les Biforines, se passe tout 
autrement. D'abord, l'appareil est très différent. 11 y a bien, 
comme dans le Pollen , deux vésicules emboîtées, mais ces deux 
vésicules sont à distance et laissent entre elles un grand espace 
occupe sans doute par un liquide mucilagineux. La vésicule in- 
térieure, au lieu des globules organisés et perméables à l'eau 
comme ceux du PoUen et de la Lupuline, est remplie par de 
longues aiguilles cristallines que l'eau ne peut pénétrer ni gon- 



(i) A. Brongniart j P«.ech. sur la génér. et le développ. de l'Embr. Ann. des Scienc. uat. 
pi. 35,fig. 1,1, K, fig. 2,H,I, M. pi. 36, fig. F, G, H. pl.37, fig. i,G,K. fig. 2, B, G. 

Le boyau produit par extension de la vésicule interne du pollen qui s'insinue assez souvent 
entre les vésicules des stigmates et des stjles, et qui, dans des idées de fécondation, paraît des- 
' tiné à conduire le plus convenablenrfent et le plus profondément possible les granules sperma— 
tiques dans la vulve ou organe femelle doit, sans bésiîatiou, prendre le nom de Pe'nis végétal 
que, le premier, je lui ai donné, et qui a été adopté ensuite par un homme sage, d'excellent goût 
et l'une des plus grandes autorités de notre époque. Je n'ai presque plus besoin de nommer Cu- 
•vier. Voyez l'Analyse des travaux de l'Académie des Sciences, pour l'année 1826 , partie phy- 
sique, pag. 28. 

(2) Le boyau intestinal des Biforines poussé par les premières aiguilles cristallines qui ten- 
dent à sortir, s'allonge aussi, par distension, en dehors de la vésicule extérieure, jusqu'à ce qu'en 
fin arrivé au dernier degré de son élasticité il se crève (comme cela arrive aux Pénis végétaux) 
po ir laisser sortir les aiguilles. Cette observation a élé faite la première fois, chez moi, par 
mon ami M. le doct. de Len?: 



24 TURPJN. — Sui' les Biforincs. 

fler et par conséquent augmenter de volume de manière à pro- 
duire leur sortie par explosion. 

Il faut donc, pour que l'expulsion des nombreuses aiguilles 
cristallines ait lieu par les bouches des Biforines, que le boyau 
intestinal soit soumis à une forte pression produile, comme 
nons l'avons déjà dit, par l'augmentation de volume du liquide 
mucibigineux contenu entre les deux enveloppes à mesure qu'il 
appelle l'eau pure du dehors, s'en empare, et se Tapproprie 
en quelque sorte. 

Note ajoutée à ce Mémoire depuis sa rédaction. 

Désirant connaître dans quel état se trouvent les Biforines 
dans des feuilles de Caladlurn séchées et mises en herbier de- 
puis im an, je pris une feuille sèche du Ccdadimn escuîeiilum ;_ 
je la ramollis avec un peu d'eau tiède, et après l'avoir raclée et 
porté ces raclures sous le microscope, je vis que non-seulement 
les Biforines n'avaient rien perdu de leur forme et de leur cou- 
leur, mais qu'encore elles fonctionnaient parfaitement dans la 
décharge de leurs aiguilles avec autant de sensibilité que pen- 
dant le vivant de la feuille. La température de mon cabinet était 
ce jour là à 20" cent. 

L'occasion était favorable pour faire l'expérience dont j'ai 
parlé dans mon Mémoire, j'en profitai et je soumis des Biforines 
à plusieurs reprises, soit dans de l'eau gommée, soit dans de 
l'eau sucrée et , constamment , dans ces deux solutions il ne se 
fit aucunes décharges, les Biforines restèrent immobiles et ne 
vomirent aucune de leurs aiguilles cristallines. 

En essayant ensuite de me servir d'eau pure , mais chaude , 
j'accélérai la décharge des aiguilles à tel point que plusieurs Bi- 
forines vomirent tout le faisceau d'un seul jet. 

M. le professeur Deliie vient de publier une brochure (i) dans 
laquelle il fait connaître que déjà il avait observé les Biforines 
dans l'épaisseur du tissu cellulaire de ces plataux ou glandes 
stériles situés entre les pistils et les étamines des spadices du 
Caladium bicolor. 

(1) Ext. du Bullet. de la Soc. d'Ar;ricult. du dép. de rHérauîf, juin t836, avec une pi. 
lithograpliiée. 



TURPiN. — Sur les Biforines, 2 5 



EXPLICA.TION DES FIGURES Drs PLAIVCHES I, II, III, IV ET V. 

PLANCHE I. 
Caladium esculentum Vent. (Chou caraïbe). 

Analyse des tissus de la tige souterraine et tuherculéc. 

Fig. I. Morceau, vu à l'œil nu, d'une tige luberculée et souterraine; a.' côté extérieur; h. 
côté intérieur. 

Fig. 2. Tissus vus sous le microscope (grossis aSo à 3oo fois); a.a. vésicules du tisssu cellu- 
laire, simplement agglomérées et remplies de leur globuline (fécule); h.b. tigellules tubuleu- 
ses, rameuses, interrrompues, rayées entravers (vaisseaux propres) et contenant le suc propre 
de la plante. Ce suc propre, coulant par l'cxtrémiié coupée d'un vaisseau, se compose d'un 
liquide acre dans lequel sont tenus en su-;pension des globules organisés, comparables jusqu'à un 
certain point, à ceux, également suspendus de l'eau, du sang, de la lymphe, du lait, etc. ; d. d. 
fibres nombreuses qui accompagnent les vaisseaux propres. 

Fig. 3, Quelques vésicules du tissu cellulaire remplies de leur globuline. n. a. Deux vésicules 
crevées ou déchirées et laissant échapper leur globuline abondante ; h. une masse de globuline 
composée d'un nombre prodigieux d'individus globuleux et de grosseur variable, comme cela a 
lieu chez toutes les globuliues; c. deux chiffons provenant de deux vésicules-mères qui ont cessé 
d'exister. 

Fig. 4. Globuline du suc propre, dilatée, après avoir séjourné 24 heures dans l'eau. 

Fig. 5. La distance arbitraire limitée par ces deux lignes indique i/ioo" de mill. En y pla- 
çant des grains de globuline de toules les grosseurs on apprend que les plus gros ont i/ioo 
de mill. j le cercle inlérieur fait connaître le centre lumineux des gros globules. 

PLANCHÉ IL 

Analyse des tissus de la feuille et Biforines qu'on y rencontre. 

Fig. r. Epiderme ou cuticule, a. Mailles du réseau, produites par les vésicules dont est 
formé l'épiderme; l>. sphérioles, sortes de nucleus, composés d'une vésicule remplie de grains 
verdàtrcs et qui occupent, solitairement, le. centre des vésicules de l'épiderme ; c. c. c. stomates ^ 
formés de deux vésicules oblongues, luoulées et contenant de la globuline verte. 

Fig. 2. Une petite portion d' epiderme composée de quelques vésicules avec leur sphériob 
et d'un slomatas 

Fig. 3. Vésicules de toutes sortes de formes, transparentes, incolores et contenant de la glo- 
buline verte; 3 a. une vésicule crevée et laissant échapper sa globuline. 

Obs. Ces vésicules sont, dans leur éta; naturel , disposées de manière à former par conliguité 
des sortes de mailles. 

Fig. 4. Tigellules tubuleuses ou vaisseaux propres, rayés en travers, contenant le suc acre 
on suc propre et pouvant quelquefois] se dérouler en spirale 4 a. -r- 4 ^. gouttelette du suc 
propre avec ses globules; 



26 TURPiN. — Sur les Blforincs. 

Fig. S. Fibres accompagnant les vaisseaux propres; 

Fig. 6. Raphides cristailines d'oxalate de chaux, éparses, mais réunies en faisceau el renfer- 
mées dans des vésicules particulières dans leur siluatiou naturelle. Ces cristaux , tétraèdres et 
aciculés, sout pointus par un bout, et paraissent taillés en biseau par l'autre. 

Fig. 777. Biforiues dont plusieurs sont en action de lancer au dehors leurs aiguilles cris- 
tallines. 

Fig. 7'. Biforine vide de ses aiguilles. 

Fig. 7". Biforine dont l'enveloppe extérieure est altérée dans sa forme normale. 

Fig. 7'". Une extrémité de Biforine, pour bien faire sentir l'ouverture de la bouche el des 
bourrelets qui la bordent. 

Fig. 8. Ces deux lignes expriment une dislance arbitraire, mais qui représentent i/roo de 
mill. et dans laquelle on a p'acé quelques grains de globuline, dont le plus gros a, à-peu-près, 
ï/75 de miil. 

PLANCHE III. 

Fig. r. Figure idéale d'une Biforine vide de ses aiguilles cristallines, a. Vésicule allongée 
hexagonale, extérieure, assez épaisse, percée d'une bonclie à clmciue extrémité, incolore et trau 
sparente; l.b. bouches par lesquelles sortent, par décharges inlermiltenle?, les aiguilles cristal- 
lines; c. vésicule ou boyau intestinal dans lequel sont contenues les aiguilles. 

Fig. 2. Biforiues dont deux sont eu action de lancer au -dehors leurs aiguilles. 

Fig. 2'. Biforine vide de ses aiguilles. 

Fig. 2". Biforine dont l'enveloppe extérieure est altérée dans sa forme normale. 

Fig. 3. Vésirulesdu tissu cellulaire remplies de globuliucs. 

Fig. 4. Raphides cristallines d'oxalate de chaux. 

Fig. 5. Ces douze lignes marquent arbitrairement onze dislances qui représentent autant 
de i/ioo de mill. Sur ces i/ioo on a placé, en relation, une raphidc, une vésicule de tissu cel- 
lulaire et une Biforine afin de faire connaître qu'une raphidc a uu aS'' de mill., une vésicule 
pu 17p à-peu-près, et une Biforine environ un lo^. 

PLANCHE IV, 

Biforines des feuilles du Caladium seguinum. 

Fig. I. Biforine à l'étal de repos. 

Fig. 2. Une autre se déchargeant, par l'une de ses bouches, de ses aiguilles cristallines. 

Fig. 3. Une autre ayant déjà expulsé des aiguilles aa. par ses deux bouches. 

Fig. 4. Une Biforine dont la vésicule extérieure était plus dilatée que de coutume. 

Fig. 5. Raphides réunies en faisceau, a. Quelques raphides isolées. 

Fig. 6. Une Biforine dont le boyau intestmal s'est allongé par distension, comme cela a lieu 
dans la vésicule interne de certains pollens lorsqu'elle s'allonge en un boyau; a. enveloppe ou 
vésicule externe ; b. vésicule interne ou boyau intestinal allongé en tube jusqu'au moment où 
il se crève pour laisser sortir les aiguilles c. 

Obs. Les Biforines du Caladium seguinum sont les plus grandes de toutes celles que j'ai 
observées. 

PLANCHE V; 

A. Biforines des feuilles du Caladium bicolor Vent. 

Fig. I. Biforine à l'état de repos. 

Fig. s. Une autre ayant lancé, par ses deux liouche=, une partie de ses aiguilles. 

Fig. 3, Quelrpies rapuide»? 



TURPiN. — Sur les B if Grilles. 27 

E. Biforines dis feuilki du Caladium coîocasioides» 

Fig. I. Biforlne à l'état de repos. 
Fig. 2. Une autre en pleine activité, 
Fig. 3. Quelques rapliid es. 

^C. Biforines des feuilles du Caladium lacerum Willd. 
Fig. I. Biforine commençant à expulser ses aiguilles. 
Fig. 2. Une autre en action. 
Fig. 3. Quelques raphides; a. une raphide plus grandie. 

D. Biforines des feuilles du Cdi\aià\\iva'^&àa.\Mo\\nxa\\:'P. 

Fig. I. Biforine lançant ses aiguilles, aa. Vésicules globulinifères du tissu cellulaire. Elles 
sont petites et contiennent une grosse globuline, mais peu abondante. 

Fig. 2. Indépendamment des Biforines et des vésicules du tissu cellulaire, ou voit de grandes 
vésicules blanches trenspareutes, comme sablées à leur surface d'un grand nombre de granules 
am)'lacés, stériles sous le rapport de la globuline, contenant dans leur intérieur et à distance 
une autre vésicule dans le centre de laquelle réside une botte de petites raphides cristallines. 
a. Vésicule extérieure; h. vésicule intérieure; c, botte de raphides; d. raphides isolées. 

Obs. Cette double vésicule et cette botte de raphides intérieures présentent quelque analogie 
avec les Biforines, dont les aiguilles, malgré leur grande longueur et leur excessive ténuité, ont 
beaucoup de rapport par leur nature cristalline avec les raphides ordinaires. Mais ces vésicu- 
les emboîtées ont une forme différente et sont entièrement dépourvues de bouches. 

E. RapJiides et cristaux du Caladium rugosum H. P. 
Je n'ai pu découvrir dans !e tissu cellulaire des feuilles de celte espèce aucune trace de Bi- 
forine. J'y ai seulement trouvé de grandes vésicules ovoïJes contenant un f.iisceau d'aiguilles 
tenant le milieu, pour la longueur, entre les raphides ordinaires et les aiguilies des Bilorines. 
Une seule fois j'ai vu une de ces vésicules lançant par une de ses extrémités quelques aiguilles. 
En même temps que ces vésicules eu ou voit'd'autres plus petites renfermant dans leur centre 
une botte de très courtes raphides ; et, pèle-mèle avec les grande; et les petites vésicules cristal- 
lifères et les vésicules globulinifères du tissu cellulaire, un nombre assez considérable décris- 
taux prismatiques, rectangulaires, à sommets tétraèdres et groupés en sphéroïdes rayonnans. 

Fig. 1. Vésicule offrant un peu d'analogie avec les Biforines ^ar la manière dont elle lance 
ses aiguilles. 

Obs. Les aiguilles sont-elles contenues dans une vésicule intérieure ? 
Fig, 2. Une vésicule analogue dont la surface paraissait comme saupoudrée de granules. 
Fig. 3. Une plus petite vésicule renfermant des raphide* ordinaires, a. Quelques raphides 
isolées. 

Fig. 4. Un agglomérat de cristaux semblables à ceux que l'on trouve dans les vésicules du 
tissu cellulaire des tiges de la plupart des Cactées et dans les rhizomes de la Rhubarbe. 

F. Raphides et cristaux du Caladium odoratum Roxb. 

Aucune trace de Biforine. 

Fig. I. Un sphéroïde de cristaux agglomérés. 

Fig. 2. Id. plus grossi. 

Fig. 3. Un sphéroïde imparfait. 

Fig. 4. Quelques raphides. 



a§ c. MONTAG?fE. — Cr/ptogamcs nouvelles de France. 

Notice sur les plantes crypto^cunes récemment découvertes en 
France, contenant aussi l'indication précise des localités d<3 
quelques espèces les plus rares de la Flore française ; 

Par C. MoiVTAGNE, docteur en médecine. 
Suite. (Voy. tom. r, p. 296 et 33/.) 

Uredinées Dul). Bot. Gall. 

BB. -f- Isaria Friesu Montag. : minima fascir.ulata crumpens candida undirpiè 
villosa, pilis apice raonosporis. PI. 12, fig. 3. 
(/. rameaUs Fr. in litt.) 
Exs. Nob. n. 848. 

Noire plante prend naissance sous l'écorce des rameaux morts, 
qu'elle perce pour se montrer au jour. Elle paraît alors sous la 
forme de pointes extrêmement courtes, aiguës, divergentes au 
sommet, rcimies en faisceaux par leur base, en plus ou moins 
grand nombre, rarement solitaires, d'un blanc pur, simples ou 
bifurquées, et comme farineuses ou pulvérulentes quand on 
les regarde à la loupe. Observées à un fort grossissement du 
microscope composé, toute leur surface paraît peluchée; elle 
est, en effet, couverte de librilles courtes qui ne sont que la 
continuation de celles qui composent le réceptacle, et à l'ex- 
trémité libre desquelles on voit un spore unique. Ce spore est 
oblong; l'épiderme du rameau soulevé recouvre souvent la 
base du faisceau qui constitue cette espèce. La plante entière 
n'a pas une ligne de longueur. 

Je l'ai découverte à Sedan, au bois de la Marfée, en 183^.1 

67. * Isaria furcellata Mart. Eil. p. 364. — Fr. Syst. Myc. m. p. 278. 
J'ai trouvé cette espèce dans l'intérieur carié des vieux saules, 

près de Perpignan , mélangée avec ÏAgaricus applicatus Batsch. 
Elle est voisine de la précédente. 

68. -|- Tuhercidaria concentrica. Montag. et Fr. : crumpens, rccepfacnlis cou- 

vexo-planis saepiùs in séries subconccntricas coordinatis deraùm con- 
fluentibus stratoque .spoiidiorum incarnatis. 
Exs. Nob. n. 462. 

Elle forme, sur les feuilles languisf,antes ou mortes de X Agave 
am^^ricana , des lignes courbes concentriques, analogues à celles 



c. MONTAGNE. — Cryptogames nouvelles de France. 29 

du Verrucaria petrœa Hoffm. (i) [Lecidea Ach.), et dont le 
rayon des plus extérieures atteint quelquefois jusqu'à trois pouces; 
rarement, au reste, forment-elles un cercle eiitier, et quand cela 
a lieu, le diamètre de l'aire occupée par cette cryptogame, a 
tout au plus deux pouces. D'autres fois enfin, et c'est le cas le 
plus rare, les tubercules épars n'observent aucun ordre dans 
leur disposition. Ces tubercules naissent du parenchyme sous- 
épidermique, dont la nature et surtout la couleur ont subi une 
profonde altération. Ils sont irréguliers, convexes, hémisphé- 
riques ou planes, très souvent confluens, composés de filamens 
dressés, pellucides, rameux, un peu dilatés au sommet, mais 
tellement pliqués et adhérens entre eux, qu'ils sont inextri- 
cables. Leur couleur, comme celle du parenchyme, d'où ils 
tirent leur origine, est d'un incarnat qui pâlit avec le temps. 
La couche des sporidies, dont la couleur est aussi la même, ne 
noircit point avec l'âge. Les sporidies sont un peu obrondes. 
Les feuilles sur lesquelles on trouve cette tuberculaire ont perdu 
leur belle couleur verte et sont devenues jaunes. C'est en au- 
tomne ou à la fin de l'été que l'on commence à l'observer. Je 
l'ai recueillie à Perpignan en 1829-, les fibres dressées du récep- 
tacle n'en font-elles pas plutôt un Psilonia? 

69. -{- Tuhercularia mycopliila Montag. et Fr. : stipilc curto, disco hemi- 
sphœrico uudo capitato, sporidiis glohosis pellucidis minimis celcrrim è 
difllùentlLus. PI. i3, fig. i. 

Cette tuberculaire n'a pas une ligne de haut; elle ressemble à 
un Agaric pygmée qui ne serait pas encore développé. Son disque 
rouge est hémisphérique, à bord obtus, réfléchi sur le stipe; 
celui-ci est jaune, court et oblong; les sporidies globuleuses, 
transparentes, occupent le disque comme dans toutes les es- 
pèces de ce genre, dont la nôtre est certainement une des plus 
singulières, soit par sa forme, soit surtout par son habitat. 

Je l'ai on effet observée sur le Polyporas adustus Fr. à Char- 
bonnières près de Lyon. Le seul échantillon que j'aie trouvé a 
été envoyé à M. Fries; je n'en ai conservé qu'un dessin que je 
donne ici. 

<i) PI. Ljclien. Tab. L. f, 2, 



3o c. MONTAG^'E. *- Oyptogames nouvelles de France. 

70. Volulella ciliaiu Fr. Syst. Myc. m. p. 467. — l'uhercuîarîa ciliata 
Alb. et Schw. Consp. p. GS. t. 5. f. 6. non Ditlm. — FusariumLk., 
Spcc. 2. p. io5. — Diib, Bot. Gall. p. 880. 

J'ai observé cette csjDèce à Sedan, aux mêmes lieux et à la 
même éjDoque que le Siilbiini erythrocephalum. Elle croît aussi 
au Bois de Boulogne, sur les feuilles tombées et à demi pourries 
des Pins. 

71. * Volutella carnea Fr. l. c. p. 468- 

Je cite cette espèce d'après M. Frics, auquel je l'ai envoyée 
sans le savoir, et probablement sur quelque lameau portant une 
autre cryptogame. 

72. -{- Puccinia ? Brassiccc Montag. : spoiidiis longe clavalis pediccllalis raul- 

tiseptalis, scgmcntis 8-10 inœqualibiis , pcllucidis, ia acervos fusco3 
ampliigenos epidermide seinper scclos congluliualis. PI. 12, fig. 4. 

A moins de réformer le caractère générique des Puccinies, il 
est impossible d'y rapporter cette espèce anormale qui, comme 
me le mandait T>I. Fries, mériterait de former un genre nou- 
veau, analogue au genre Phraginidium; on l'en distinguerait 
à la forme en massue de ses sporidies, et surtout à leur mode 
de végétation bien différent, puisque, dans notre plante, elle 
ne deviennent libres que par la destruction de l'épiderme. Le 
nom de Rliopalidiuni (de [LÔ7ra),ov, massue\ lui conviendrait assez. 
En attendant de nouvt^lies observations, j'adopte la réserve du 
professeur d'Upsal, qui, en remarquant la singularité du dé- 
veloppement de celte cryptogame, n'en parle que dans une note 
au bas de la page 5 l'y du troisième volume de son Systema 
înycologicum. Cependant, pour éveiller l'attention des crypto- 
gamistes français, je crois devoir eu donner une courte descrip- 
tion. 

Cette parasite se présente sous forme de pustules membra- 
neuses, brunes, d'une à deux lignes de diamètre, \isibles sur 
les deux faces de la feuille qu'elle envahit, et constamment re- 
couvertes par l'épiderme. Si l'on délaie dans de l'eau une de ces 
pustules, et qu'on soumette le liquide au microscope, on observe 
des espèces de corps transparens en forme de massue, portant 



c. MONTAGNE. — Crvptoi^amcs noiiçelîes de France. 3r 

de huit à dix cloisons dans leur moitié supérieure, amincis à 
l'autre bout en un pédicelle formant à-peu-près la moitié infé- 
rieure : ce sont les sporidies. Leur longueur totale est d'un cin- 
quième à un quart de millimètre. Dans un même tas, on en 
trouve dont le pédicelle est avorté et qui paraissent cylindriques; 
il en est encore de plus ou moins difformes; le plus grand nombre 
est en massue , en sorte que c'est là l'état normal. 

Cette espèce si curieuse, ou plutôt ce genre , croît sur les 
feuilles mourantes du chou cultivé. Je l'ai découverte en dé- 
cembre 1 828, dans un champ à Cuire, près de Lyon. 

MucEDiNÉEs Ad. Brongn. 

73. * Stilhum ery throcephalum Dittm. in Sturm. Deuts. FI. t. 45. 

L'unique échantillon que j'aie trouvé dejcette charmante Mu- 
cédinée gisait sur des liges d'herbes en décomposition et reje- 
tées des jardins. C'est près de Sedan aue je l'ai observée en août 
1 83i. Bien que sa tête soit purpurine au lieu d'être rose, hémi- 
sphéiique et non globuleuse turbinée, qu'enfin le stipe, loin 
d'être aminci au sommet, soit, au contraire, un peu épaissi, 
comme tous les autres caractères cadrent parfaitement, je 
n'ai pas cru devoir la distinguer de l'espèce de Dittmar. 

74. -J- Cladosporium hacilUgerum Montag. et Fr. : floccis tenuibus ! siaiplici- 

Lus ramosisque flexuosis in maculas minutas intiicatis, sporidiorum 
catenls fusiformi-bacillaribus, spoiidiis globosis. PI. 12, fig. 5. 
Exs. Nob. n. 568. 

Ce Cladospore naît par petites touffes sous i'épiderme de la 
face inférieure des feuilles; il y forme des taches arrondies, 
petites, confluentes, olivâtres fuligineuses, que l'on ne saurait 
distinguer à l'œil nu de ces fumaglnes si communes sur toutes 
les feuilles tombées et même sur les tiges herbacées mortes. Vu 
au microscope, on observe qu'il est composé de fibres dressées, 
réunies en faisceaux, simples ou rarement rameuses, cloisonnées 
de loin en loin, inégales, flexueuses, obtuses et même renflées 
un peu au sommet. Les sporidies ressemblent aux animalcules 
spermatiques ou à certaines Puccinies. Elles sont fixées le long 



32 c. MOKTAGNi:. — Cryptogames nouvelles de France. 

des fibres et diversement réunies entre elles. On aperçoit, dans 
leur partie renflée, des globules qui sont sans doute ce que 
M. Fries regarde comme des sporidies, tandis que ce que je 
nomme ainsi serait, suivant lui, des espèces de sporanges. Pour 
prendre une idée passablement exacte de cette plante, il faut 
se figurer des spoiidies d'une Puccinie mêlées avec les filamens 
{/ibrœ) d'une Démaliée. Ces sporidies sont pelhicides : les fila- 
mens le sont bien aussi un peu, mais en même temps ils offrent, 
par transparence, une légère teinte bistrée. 

Cette espèce envahit les feuilles de ^Alniis ^lutinosa Ij. Je 
l'ai trouvée à Roche-Cardon près de t.yon, dans un e heiborisa 
tion que je fis avec M. Aunier, en 1828. 

75. ' Cladosj orium unibriimmVï. 1. c p. S/a. 

Cette Dématiée forme sur ÏAgaricus olearius'DC. un e couch 
bnnie épaisse et comme soyeuse, à laquelle M. Fries présume 
qu'est due sa phosphorescence. Je l'ai découverte aux environs 
de Perpignan en 1 829. 

76. ClaJosporiuin Tumago Lk. S[). i. p. 46. — Fr. 1. c — DiiIk Bot 
Gall. p. g3o. — Torula Fumago Chcvall. FI. par. 1. t. 3. f. 4. 

Me trouvant à Perpignan au printemps de 1829, je fus con- 
sulté pai- quelques personnes qui desiiaient savoir si elles de- 
vaient attribuer à la végétation en question le défaut d'évolution 
des fleurs de leurs oliviers. Les feuilles de ces arbres étaient 
en effet recouvertes en dessus d'un duvet velouté noir et luisant; 
les rameaux eux-mêmes en ét^iient comme enduits. Les pieds 
d'oliviers, qui furent envahis par celte cryptogame, ne fleurirent 
point cette année-là. Cette maladie, pour être heureusement 
fort rare, n'était cependant point nouvelle pour les cultivateurs 
de ce pays. Ayant soumis au microscope une portion de ce duvet 
délayé dans un peu d'eau, je reconnus l'espèce de Dématiée que 
Persoon nommait Fumago Joliorum, et que Link, et après lui 
Fries, ont rapportée au vrai genre auquel elle appartient. 

77. * Oïdium falvum Lk. Obs. 1. Fr. 1. c, p. 43o nou Persoon. — Torula 
fulva Corda in Sturm. l)euts. fl. in. t. 47. 

Hab. Dans Tintérieur des saules creux à Saint-Clair; près de Lyon. 



c. MONTAGN'E. *— Cryptogames nouvelles de France. 33 

78. * jtctinocladium minimum Fr. 1. c. p. 353. 

Exs. Nob. n. i58. 

Hab. Sur les feuilles vivantes de XArum italicum auprès de Perpignan, 
en avril i83o- 

79. * Myxotrichum chartarum Kze. et Schmidt. Myc. Hcft. 3. p. 110. — Lk. 

Spec. 1. p. 124. — Fr. 1. c. p. 349. — Oncidium chartarum'F.Ifîees 
in Kze et Schmdt. Le. p. 62. t. 2. f. 1. — Myxotrichum episcopaî-e 
Montag. in scbed. 

M. sphEerico-depressuin ; fibris caespitosis è centre divergenli ramosisfra- 
gilibus nudis, aliis bicvibus fastigiatis, aliis elongatis simplicibus, apic 
pedi ponlificii instar convolutis, sporidiis oblongis conglutinatis sem 
pellucidis. Nob. 

Exs. Desmaz. Crypt. du Nord ii. 760. — Nob. u. 998. 

J'avais fait descendre dans ma cave quelques malles dont je 
ne me servais plus. Plusieurs mois s'étant écoulés, j'en fis re- 
monter ime dont j'avais besoin, et je trouvai la toile dont son 
intérieur était garni, toute couverte de larges plaques d'un 
byssus du plus beau blanc et très abondant, aux nombreux 
flocons duquel était fixée la production remarquable dont il est 
ici question. Examinée au microscope, son organisation est 
véritablement merveilleuse. Qu'on se figure des filamens rayon- 
nans d'un centre dans tous les sens, anastomosés entre eux 
d'abord, puis seulement ramifiés, à rameaux divariqués, dans 
les mailles desquels sont réunies en un globule central les spo- 
ridies destinées à reproduire la plante; qu'on imagine ensuite 
que, de distance en distance, naît de l'un des rameaux précédens 
un filament particulier qui dépasse de beaucoup la bauteur à 
' laquelle ils s'arrêtent, et se roule en volute ou en crosse d'évéque, 
d'où le nom à' episcopale que je lui avais imposé d'abord, et 
avant de m'étre convaincu que la forme que j'avais sous les 
yeux n'était que l'état parfait de cette singulière byssoïde. Le 
filament en crosse se renfle un peu vers sa partie supérieure, 
mais à son sommet, qui est mousse, il a repris son épaisseur 
première. La plante entière, si parua licet cornponere magnis ^ 
offre, comme le globe terrestre, une forme sphérique un peu 
déprimée dans deux sens opposés. C'est cette figure bien régu- 
lière, et surtout V habitat, qui m'avaient de prime-abord fait 



34 ç«. î!ÎQ?îTAGNE. — Cryptogames noupelles de France* 

considérer cette espèce comme différente du M. chartarum , 
auquel on attribue des fibres dressées quand son évolution n'est 
gênée par aucun obstacle. Nul des auteurs que j'ai cités ne parle 
non plus de l'épais byssus au duvet duquel est accrochée et 
solidement fixée notre plante. Ce byssus lui serait-il étranger? 
Au reste, de la toile en décomposition, qu'est-ce autre chose que 
du papier non encore confectionné? Reste donc la forme régu- 
lièrement sphérique que je considère comme l'état parfait, le 
type, si l'on aime mieux , de cette singulière Dématiée. Mesurée 
au micromètre, la plante entière a un demi-millimètre environ 
de diamètre en deçà des lilamens en crosse. Ceux-ci ont 3;9.o° 
de millimètre de longueur, à partir du point où ils sont libres. 
Les sporidies sont plutôt elliptiques que globuleuses, et ont 
un diamètre de ■—; de millimètre. Vers la fin de leur vie, elles 
prennent une teinte brune ou d'un jaune rougeâtre. Les filamens 
sont très fragiles. 

Bien que la figure des Mycologisclie IKfte donne Tidée de la 
plante, elle est loin de la représenter fidèlement D'abord elle 
n'en montre pas la sphéricité. On y voit, au contraire, les ra-. 
meaux s'élevant en divergeant à des hauteurs différentes, tandis 
que, dans nos échantillons nombreux, de méine que dans ceux 
communiqués par mon savant ami Dcsmaziéres, ces rameaux, à 
l'exception des filamens en crosse qui les dépassent de la manière 
la plus élégante, s'arrêtent tous à une même hauteur, et sont 
conséqucmment fastigiés. En a^b ,c , les sporidies sont figurées 
globuleuses, tandis qu'elles ressemblent beaucoup plus à la iig. 
d, qui les montre un peu oblongues. 

Quant à la synonymie donnée par Pries, je ne l'ai point rap- 
portée, bien que je penche avec lui à l'admettre, presque com- 
plètement convaincu que je suis des'anamorphoses variées et 
innombrables des espèces de cette tribu. 

80. -f Myxotrichum œruglnosum Montag. : sphaericum, fibiis csespitosis e 
centro diveigenti-iamosis fragilibuspuivereaeriiginoso coaspersis, aliis 
lireviLus faitigiatis, aliis elongaiis siiuplicibus siibulatis ! spoiidiis con- 
gUuiualis pcUucidis subglobosis. 

Exs. Nob. n, ggg. 



c. MONTAGNE. — Cryptogames nouvelles de France. 55 

Quelle que soit ma répugnance à établir de nouvelles es- 
pèces, je ne puis pourtant pas, en conscience, réunir en- 
semble des êtres dont le faciès est si différent. Voisin du pré- 
cédent par ses caractères s^énér^ux, auprès duquel il croît sur 
des plaques séparées d'un byssus [Mycélium d'un autre cbam- 
pignon?) couleur de soufre, il en diffère par sa forme toujours 
parfaitement sphérique, par sa grosseur moindre, par ses fila- 
mens amincis, subulés, droits et jamais roulés en crosse, enfin 
par la belle couleur verte qu'il doit à l'espèce de poussière dont 
il est comme saupoudré. Je suis d'autant moins porté à les con- 
fondre, que ces deux productions, nées dans des conditions 
absolument semblables, puisque je les ai trouvées toutes deux 
dans la même malle, ont constamment occupé des plaques sé- 
parées-, ne se sont jamais confondues, enfin n'ont Jamais offert 
d'intermédiaires. On m'objectera peut-être que cette poussière 
d'un vert-gai, qui fait distinguer ma plante au premier coup- 
d'œiî, tient à la couleur jaune-soufre du byssus sur lequel elle 
se plaît. Mais est-ce cette condition qui entraîne la sphéricité 
parfaite de l'espèce, et surtout la rectitude et la forme des fila- 
mens simples? 

Je me suis assuré que ce byssus ne portait aucune frnctifica' 
tion, afin de détourner de l'idée que ses sjoores ou ses conidies 
auraient pu fournir la poussière verte. Quoi qu'il en soit de ces 
questions que je ne sui^pas à même de résoudre aujourd'hui, 
j'ai cru ne pas devoir passer sous silence une forme aussi re- 
marquable de ce genre. 

EXPLICATION DES PLANCHES XII ET XIII DU VOLUME V. 

PLANCHE XIL 

Fig. ï. a. Agancus actinorhizus de grandeur naturelle; i. le même plus avancé et grossi; 
c. le même au milieu de son développement, vu de grandeur naturelle; d. coupe longitudinale 
du même; e. une autre coupe du ch?peau pour montrer la disposition des feuillets. 

Fig. 2. a. Pistillaiia cuîmigena de grandeur naturelle ; b, la même grossie, 

Fig. 3. a. Isaria Fricsii 'j^vinde comme nature ; b. un individu très grossi ; c. sommet d'un 
rameau encore plus amplifié pour montrer les spores qui lermineat les filamens; d. d. lilamens 
séparés et terminés chacun par un spore; e. spores. 

Fig. 4. a. h. c. Sporidies du Piiccinia Brassicœ vues à iin ticî fort glossissement du niicios- 
cope composé et en différens états. 

3. 



36 e. MONTAGNE. — Cryptogames nouvelles' de France. 

Pig. S. a. Touffe du Cladosporium baciUigeriim grossi i5o fois, où l'on voit en b^ bj les 
espèces de chaînes que forment les sporidies; c. forme normale de celles-ci ; d. différentes au- 
tres formes sous lesquelles on peut les observer; e. filament {fibra) vu séparément. 

Fig. 6. Polyporus Lonicerœ. a. Plusieurs individus de grandeur naturelle sortant de l'é- 
eorcc du Lonicera pyrenatca L, b. coupe d'un individu très grossi pour montrer la forme, la 
longueur et la disposition dc6 tubes. 



PLANCHE XIII. 

Fig. I. a. Tubercidaria mycopldla de grandeur naturelle, croissant sur le Polyporus adus' 
tus; b. un individu grossi et entier; c. coupe longitudinale du même. 

Fig. 2. a. ^gan'cKi ojjojwjw jeune et de grandeur naturelle ; ^. le même parvenu au terme 
de son accroissement et accompagné en c. d'un autre individu plus jeune encore que le pre- 
mier et coupé en long par la moitié; </. autre coupe du champignon développé, pour faire 
Toir la manière dont les feuillets se comportent envers le pédicule et la cavité dont celui-ci est 
creusé dans toute sa longueur. 

Fig. 3. Stictis? lichenicola. a. plusieurs individus de Cladonia pyxidata réunis, où l'on 
voit le champignon parasite, le tout de grandeur naturelle; h. un individu de ce Lichen déta- 
ché et grossi pour montrer plus clairement la forme des parasites dont son thalle et même le 
podetium sont envahis; c, d, c. cupules du Stictis k diflérens degrés d'évolution et tiès gros- 
sies ; /, gf h, coupe verticale des mêmes cupules ; i. thcques et paraphjses tout-à-fait identiques, 
comme il est facile de s'en assurer , avec celles du Paimelia scruposa var. bryophila, et vues à 
un très fort grossissement du microscope composé; k et /. deux états diffcrens des sporidies 
contenues dans les thèques. 

Fig. 4. Tympanis Lonicerœ. a. Plusieurs individus de cette espèce croissant réunis sur un 
petit rameau mort du Lonicxra PerycUmenum ; b. une cupule entière grossie et détachée du 
groupe et de l'écorce dans laquelle elle est un peu enchâssée par sa hase; c. coupe verticale de 
cette cupule; d. la même vue à vol d'oiseau; e. thèques filiformes fort longues ^environnées de 
paraphyses encore plus longues que je n'ai point représentées) et vues à un très fort grossissement; 
/. sporidies extrêmement nombreuses et très grossies. 

Fig. 5. a. Peùza ardennensis de grandeur naturelle croissant sur un rameau de Rnbus /ru- 
tîcosus;b. portion de rameau très grossie, où l'on voit quelques individus de notre champignon 
c. Pézize très grossie vue de face ; d. la même coupée et vue de profil encore enchâssée par la 
base dans l'écorce du rameau dont elle soulève l'épidermecu se développant; e. thèques et pa- 
rapbyses également très grossies;/, thèque vue à un très fort grossissement. 



G. BENTHAM. — Lobiotœ orientales. $7 



LABIATJEORIEJ^fTALESHERBARIlMoNTBRETlANI, SeU LabiataVUm spC" 

des novœ uel minus cognitœ quas in Syria et ^sid minore 
collegerunt Gustavus Coqtjebert-de-Montbret et Aucher- 
Eloy. Ex speciminibus Jierbarii Montbretiani descripsit 
G. Bentham. (i) 

MONARDE^. 

I. Sahia (Eusphace) divaricata (Montbr. et Auch.) : caule basi 
fruticoso pubescente; foliis integris petiolatis oblongis rugosis 
supra glabris subtus junioribuscano-tomentosis, petiolis ciliatis, 
floralibus miniitissimis subnullis ; panicula nuda divaricala gla- 
bra glauca;verticillastris 2-4-floriSjfloribus longe pedicellatis; ca- 
lycibus tubuloso-campanulatis viscoso-pubescentibus, labio su- 
periore subintegro. 

Hab. in Cappadocia orientali. 



(i) En publiant cette notice sur quelques-unes des plantes nouvelles recueillies eu Orient 
par M. Gustave Coquebert de Montbret, qu'il me soit permis de payer un faible tribut à la mé- 
moire d'un jeune botaniste auquel j'élais uni par les liens du sang et d'une ancienne amitié, et 
qui vient d'être enlevé à la science, qu'il cultivait avec ardeur, au momeut où des matériaux 
réunis depuis plusieurs années avec un zèle toujours croissant , allaient lui permettre d'iccrire 
honorablement dans les annales delà science un nom déjà porté avec distinction par plusieurs 
membres de sa famille. 

Fils d'Antoine Coquebert de Montbret, magistrat qui consacra toujours ses loisirs à l'étude 
de l'histoire naturelle et publia un ouvrage estimé sur l'Entomologie {lllustraiio iconographka 
insectorum quœin miiseis parisinis observaint. in-fol. Paris 1799-1804) et neveu de Charles Co- 
quebert de Montbret, membre de l'Institut, dont les vastes connaissances dans toute les branches 
des sciences ont été appréciées de tous ceux qui l'ont connu, Gustave de Montbret prit facile- 
ment du goût pour l'histoire naturelle. Des voyages dans la France méridionale, les Alpes et les 
Pyrénées développèrent ce goût, et la végétation si belle et si variée de ces contrées le portè- 
rent à s'occuper spécialement de botanique. 

Il voulut alors profiter de l'indépendance dont il jouissait pou» visiter des pays plus éloignés. 
Il parcourut d'abord dans l'année i83o la Grèce, la Turquie et une partie de la Syrie ; puis 
suivant les traces d'un de ses cousins, M. Ernest Coquebert d-^ "lontbret, membre de l'expé- 
dition d'Egypte, comme lui passionné pour la botanique el mon l'âge de vingt ans, victime de 
ce funeste climat, il explora anssi l'Egypte, si remarquable sou' Cous les rapports, en recueillit 
les productions avec soin, puis revint en France oii il passa une année à mettre en ordre les ré- 
sultats de ce premier voyage et à étendre ses connaissances en bernique. 

Mais bientôt la passion des voyages reprit une nouvelle force et l'Orient lé rappela encrfre 



38 G. IIENTIIA.M. — Labiatœ orientales. 

Paulcula pedalis, ramis divaricatis rigidis teniiibus. PcdiccUi poUicarcs et ul- 
tra, saepiiis ojipositi glabri. Biacteœ nullaî. Calyx 6-8 lin. longus strialus. Co- 
rolla calyce sub duplo longior, extuspubcscens ; tubus ampliis adsccndens. Fila- 
mentoriim infciiorum appendices obtusi. Conuectivus Eusphacearum , loculis 
poslicis parvis cassis levilcr counexis. 

1. Salifia (Euspbace) udfuchcri ÇBeuih.) : caule basi fruticoso , 
folioso, tomentoso pubcscente; foliis integris petiolatis oblongis 
nigosis siipra pallidis glabriiisculis, subtus albo-tomentosis, pe- 
tiolis midis tomenlosis, fJoralibus subnullis; paiiicula nuda diva- 
ricata glabra ; verticillastris 2-4-floris ; calycibus siibsessilibus 
campanulalis sub.Tqnalitcr 5-dentatis viscoso-pubescentibus. 

Hab. in Ciliciâ. IJabitu S. divaricaiœ affinis. Calyces circiter 4 
lin. longi. Corolla^ calyce duplo loiigiores extùs viilosœ. 

Nota. Ces deux espèces sont très distinctes par le port de toutes les autres de la 
même section et devront en commencer la série , se plaçant avant le S. cretica. 

3. Saluia (\Lus\An\ce) grandi/Iora Ettl. — Benth. Lab. 209. 
Hab. in Monte Olympo Bithyniœ. 

au milieu de sa belle végétation; il traversa une partie de l'Ilalie et de la Grèce et retrouva à 
Constantinoplc IM. Aucher-Eloy qu'il avait connu en Egypte et qui parlagait son ardeur pour la 
botanique. Ce fut alors qu'ils entreprirent ensemble un long voyage dans la Syrie et l'Asic- 
Mincure, d'Alcp à Tiebizonde par la vallée de l'Euphrate et Erzeroum, traversant la Cappa- 
doce et une partie de l'Arménie et revenant à Constaulinople par Angora et les bords de la 
Mer-Noire. Les pays qu'ils parcoururent, à peine visités depuis Tournefort, leur procurèrent 
une riche moisson de plantes rares ou nouvelles. C'est eu effet de ce dernier voyage que vien- 
nent la plupart des Labiées décrites par M, Beniham dans le mémoire ci-joint. Vingt-huit espè- 
ces nouvelles dans une seule famille indiquent combien celte région est peu connue des boranis- 
tes, et les Caryophyllées, les Crucifères, les Légumineuses et les Ombellifères ne sont pas moin s 
riches en espèces nouvelles. 

Traversant alors la Seivie, la Hongrie et l'Allemagne, Gustave de Montbret revint en France 
en i834après une absence de deux ans ; mais ses collections ne lui parvinrent que vers la fin de 
i835. Depuis ce moment il s'occupa sans relâche de leur arrangement et de leur étude et il se 
proposait de publier incessamment un choix des espèces nouvelles qu'elles renferment. C'était 
dans cette intention qu'il avait communiqué à M. Bentham, les Labiées de son herbier, sur les- 
quelles ce savant botaniste avait rédigé la notice que nous publions ici , telle qu'il l'avait adres- 
sée à aotre jeune voyageur. 

Il s'occupait en même temps de nouveaux projets de voyages qui avaient pour but de complé- 
ter la llore de l'Asie-Mineure sur laquelle il avait déjà réuni de si beaux matériaux.Mais une ma- 
ladie rapide est venu mettre à 32 ans un terme à une existence si pleine d'avenir. Espérons au 
moins que ses riches collections ne seront pas perdues pour la science, et qu'ellej pourront 
encore servir à faire inscrire dans les fastes de la botanique le nom de celui qui avait consacre 
les plus belles années de sa Tie à les réunir. À» BROHûaïAnx. 



G. bentham. '— Labiaiœ orientales. 39 

4. Sahna (Eusphace) cœspitosa (Montbr.et Auch.): caule basi 
fruticoso ramosissimo ; rarais adscendentibns brevibns dense fo-» 
liosis; foliis pinnatisectis, segmentis 3-4 jogis oblongis dentatis 
iitrinque tomentoso-pubescentibus villosisque ; petiolis ciliatis 
hirsutisve foliis floralibiisintegris ovatis coloratis calyces îequan- 
tibus ; racemis brevibus densis ; calycibus campanulatis coloratis 
\'iscoso villosis, labio superiore intègre vel minute tridentato. 

Hab. in Monte Saru-tchilchek in Cappadocia orientali. 

Habitus S. rosœfoUœ sed calyce aliisque notis diversa. Rami numerosi 4-6 
pollicares. Petioli basi dilatati in ramis vetustis pcrsisteutcs. Pubescentia fo~ 
liorum mollis subcanescens.Foliorum superiorum petioli et rachis saepe dilatati et 
gradatim in folia floralia tncmbrauacea abcunt. Flores pauci subcapitati. Corolla 
ampla sesqiiipoUicaris pulchia caerulea extus pubescens. Genilalia Eusplia'» 
cearum. 

Nota. Cette espèce se place après le S. rosœfolia Sm. Bcnth. Lab. 212. 

5. 5^/(7(2 (Eusphace) bracleata Russ. Benth.Lab. 21 3. 
Hab. circaAlep. 

Diffcrt ab exemplaiibus Russelianis caule rainosiorc subpaniculato, foliis plo- 
ruraque triseclis, sed eadern species videlur. Herba praesertim apice viscosa. Cati-» 
lis pilis nonnulis patentibiis rigidis hispidus et viscoso-pubesccns. Foliorum seg- 
inentum ullirnum maximum, lateralia minora. Calycis labium superius lougius, 
brevitcr tridcntatura , infcrius bifidum (nec. ut iu Benth. I. c. errore typogra- 
pliico 4-deiitatiim.) 

6. Sahia (Eusphace) su/fmticosa (Montb. et Auch.) : ramis 
adscendentibns glaberrimis snbglaucis; foliis distantibus pinna- 
tisectis, petiolis ciliato-hirtis, segmentis 3-7 sessilibus oblongis 
dentatis terminali maximo, utrinque piibescentibus; foliis flora- 
libus ovato-acnminatis subincisis, calyce brevioribus; verticil- 
lastris remotis 2-6-floris; calycibus campanulatis hirtis, labio su- 
periore brevissime tridentato. 

Hab. ad Akdog in Tauro orientali. 

Affinis S. incarnatœ et scahiosœfoliœ. Habitus prioris at diversa foliis caly- 
cibnsque. A S. scabioscefolia diffeit foliis caulinis minus dissectis, segmentis la- 
tioribus, calycibus foliisquc floralibus oiinoïibus, ctaliis notis. Corolla ampla ferc 
S. scabioscefolia. 



4o G» ÊEKTHAM. — Labiatœ orientales. 

7. Salvia (Eusphace) pilifera (Montb. et Aucher) : ramis gla- 
berrimissubglaucis;foliis distantibus pinnatisectis, petiolis longe 
ciliatis, segmentibus 3-5 lato-ovatis duplicato-crenatis terminali 
maximo basi subcordato, junioribus pilosis rugosis demum gla- 
bratis membrauaceis, floralibus ovatis acuminatis calyce subœ- 
qualibus; verticillastris 2-6-floris distantibus; calycibiis pedicel- 
latis amplis campanulatis hirtis, labio superiore breviter tri- 
dentato, dentibus omnibus acutissimis. 

Hab. ad Akdog in Tauro orientali. 

Ab affine S. scabiosœfoUa distincta prascipue foliorum segmentis panels saipe 
polliccm latis. Calyccs 8-io lia. longi, fructiferi latissimi at uoii incmbranacei. 
Coi'oUa fere S. Linkianccy tubo minus aniplo quam in iS". scabiosœfoUa^ calyce 
vix duplo longior. 

Nota. A cause du calice cette espèce termine bien la section des EiisphaceySQ 
rangeant après le S. scabiosœfoUa, 

8. Saluia (Ilymenospliace) euphratica (IMontb. et Auch.): frutico- 
sa ramosissima; foliis petiolatis ovato-oblongis basi subcorda ta vel 
utrinque segmento parvo auctis, crenatis rugosissimis tomentoso- 
lanatis villosisve, floralibus ovatis acuminatis, calyce plerumquc 
brevioribus; racemis secundis; verticillastris 2-4-floris; calycibus 
sessilibus amplis campanulatis, labiis membranaceo-dilatatis su- 
bacqualibus, supremo integro apice recurvo, inferiorebilobo. 

Hab. in Cappadocia orientali. 

Species calyce et villositatc valde variabilis. Rami nunc laxe lanati nunc vil- 
losi , nunc prœsertim floriferi glaberrimi glauci. Folia caulina constanter to- 
mentoso-lanata vel A'illosa, floralia inferiora nonnunquam caulinis conformia (at 
sessilia), superiora saepe colorata la^via venosajuunc glaberrima glaucanunc la- 
nata vel villosula. Calyces semipoUicares vel pollicares et ultra, inferne atté- 
nuât! vel a basi amplissimi, glaberrimi glauci lanati vel villosi, virides vel pur- 
purascentes, CoroUœ tubus amplus magniludine et forma iS. scabiosœfoUœ. 

Nota. Cette espèce , fait le passage des Hymenosphace à feuilles pinnées à 
ceux à feuilles entières et devra se placer entre les iS". acetabulosa et po- 
mifera. 

9. Salpia (Hymenosphace) crj'^ptantha (Montb. et Auch.) : suf- 
Vuticosa humilis; foliis longé petiolatis ovatis oblongisve basi 
subcordatis rugosis, junioribus albo-tomentosis, floralibus ovalis 



G. BENïHAM. •— Lobialcs orientales. 4ï 

aciiminatis calyce dimidio brevioribus; verticillastris 4-io-floris, 
parum distantibus ; calycibus subsessilibus basi striatis, labiis 
amplis, membranaceo-dilatatis , venosis, superiore iritegro vel 
obscure trilobo, inferiore dimidio minore bilobo. 

Hab. in Gappadocia orientali. 

Nota. Cette plante doit avoir beaucoup de rapports avec le S. multicaulis 
Vahl, que je ne connais que par la description de cet auteur. Il paraît cependant 
en différer par les feuilles florales {hracteœ Vahl) larges et non lancéolées, et par 
k grande inégalité des deux lèvres du calyce, qu'un auteur aussi exact n'aurait 
pas manqué de décrire. Les corolles, dans les échantillons que j'ai sous les yeux, 
sont à peine plus larges que le calice, mais la floraison en est peu avancée et les 
calices ont déjà acquis une partie de leur développement ultérieur. 

10. Salvia (Hymenosphace) molucella Bentb. Lab. 216. 
Hab. circa Alep. 

Calyces juniores piloso-hispidi. Labia ssepissime purpurascentia , superius in- 
tegrum vel obscure trilobum. Corolla calyce florifero vix duplo longior; labio 
superiore, ut in omnibus Hymenosphaceis mediterraneo-pouticis erecto, nec ut 
in Capensibus falcato-compresso. 

11. Salvia (Horminum) Forskalii Lin. — Benth. Lab. 22 1. 
Hab. prope Alep. 

12. S. (/Ethiopis) syriaca Linn. — Benth. Lab. 223. 
Hab. circa Alep. 

i3. Salvia (iEthiopis) candidissima Vahl. . — Benth. Lab. 224- 
Hab. prope Besnie in Asia Minore orientali. 

14. Salvia (jEthiopis) sclarea Linn. — Benth. Lab. 224. 
Hab. prope Smyrnam, 

i5. Saîina (^thiopis) staminea (Montbr. et Aiich.): caule her- 
baceo, erecto, laxi , glutinoso-villoso basi sublanato ; foliis infi- 
mis petiolatis ovatis basi rotundatiscordatisve, s^jperioribus am- 
plexicaulibus minoribus , omnibus eroso-dentatis rugosissimis 
utrinque laxe sublanatis, floralibus latissimis obtusis persisten- 



4il G. BENTHAM, — LùblatcB Orientales. 

tibus, calyce siibbrevioribus; racemis parce ramosis; verticillas- 
tris dense G-io-floris; calycibus campaniilatis hispidis, labio su- 
periore tridentato, ipferiore bifido , dentibus omnibus erectis 
acutis; coroUis calyce subduplo longioribus; genitalibus cxsertis, 
Hab. in Cappadocia orientali. 

Habilu Plethosphaceis, characteribus S.yl^lhlopidiaiKin\s\s\) liac didert piai- 
cîpuc paiiicula virgata, [jarum ramosa, foliis flotalibus rauticis, calycibus miuo- 
ribus, minus acntis et genitalibus cxscrtis. Verticillastri juniorcs approxiiuali, 
dcmum distantes. Coiolla S. JEthiopidis. 

i6. Salvia (/Ethiopis) jEthiopis Linn. — Benth. Lab. 227. 
Ilab. in Cappadocia orientali. 

17. Sah'ia (iEthiopis) verhascifolia Bieb. — Bentb. Lab. «27. 
Hab. in Cappadocia orientali. 

18. 5(7M*û(i'Ethiopis) ^/o7z^^/*^/« (Benth.): suffruticoSïi; caulibiis 
erectis, basi albo-lanatis, apice viscoso-villosis; foliis lanceolatis, 
infimis in peiiolum angustatis , supcrioribus cordato-amplexi- 
caulibus, omnibus crenulatis vel remote et obsciire-pinnatifido- 
dentatis, rugosissimis supra laxè subtils dense albo-lanatis, flo- 
ralibus latissimis acutis concavis persistentibus calyces superan- 
tibus, subtus albo-lanatis; racemis simplicibus ; verticillastris 
dense 6-io-tloris ; calycibus breviter pedicellatis; oblonge tubu- 
losis striatis viscoso-pubescentibus , labio superiore tridentato, 
dentibus omnibus brevibus acutissimis erectis; corollis calyce 
duplo longioribus. 

Hab. ad Antab in Syria septentrionali. 

Specics affiuis S. lanatœ sed calycibus fobisque floralibus diversa. Folia cau- 
lina plerumque angustiora. Pluribus notis cliain S. canencenli baud dissiiuilis, 
sed folia caulina aiiguslioraràiiuslobataj floralia majora et infioresccntia calyces- 
que diversa. CoroUa fere S. lanatœ. 

19. Sah'ia (^Ethiopis) ceralophylla L. — Benth. Lab. 229. 
Hab. in Cappadocia orientali. 

20. Salvia (Pletbiospbace) Sibthorpii Sm.-— Benth. Lab. 236. 
Hab. prope Erzeroum. 



G. BfiNTHAM. — - LabiûtcB Orientales. 4^ 

21. Salvia (Hemisphace) verticillata L. — Benth. Lab. 3ti. 

11. Salvia (Hemisphace) napifolia Jacq. ■ — Benth. Lab. 3i i. 
Hab. ad Antab in Syriâ septentripnali. 

2 3. Ziziphora acutifolia (Montbr. et Auch.): foliis ovatis acu- 
tissimis basi angustatis pubescentibus, floralibus conformibus, 
verticillastiis distinclis axillaribus subsexfloris, calycibus bre- 
viter pedicellatis pubescentibus apice attenuatis. 

Hab. propè Alep, 

Affinis Z. liispanicce et Z. acinoidl; ab illa differt florlbus pedicellatis, ab bac 
calycibus vix pilosis apice clongaiis magis attenuatis^ ab utroque foliis angustio- 
ribus acutissimis]; a Z. tenuiori diversa praecipue latitudine foîiorum. 

24- Ziziphora capitata L. — Benth. Lab. 32 2. 
Hab. circa Alep, et in Tauro orientali. 

25. Ziziphora tenuiori^. — Benth. Lab. 022. 
Hab. propè Alep. 

26. Ziziphora taurina Bieb. — Benth. Lab. 323. 
Hab,* ad muros arcis Pergami. 

SATUREINEiE. 

27. Amaracus cordlfolius (Montbr. et Auch.): foliis sessilibus 
cordiformibus ramisque glaberrimis ; calycis labio superiore or- 
biculato-breviter tridentato, inferiore minore bitido. 

Hab. in insulâ Cypro. 

Specios inter ^ma/"acos et Origana ferè média, sed prioribus afFinior habi- 
tu , calycis labio superiore multo majore vix deutato et fauce intus nuda. Ab 
A. Toarneforlii differt foliis «iciitis ramis elongatis, racemo subsimplici laxiorc, 
corollis minoribus et calycc; ab Origano slpyleo foîiorum forma, ramis sub- 
simplicibus, racemo multifloro, calycc eîcorolla. 



'44 - ^' ÏÎEIÎTHA.M. •*• Labiatœ orientales» 

28. Satureia cuneifolia Ten. fl. Nap. i5i. 

a. glabriuscula vel apice scabro-hirta. — S.niontanœv^x.V)QTi\\\, 
Lab. 353. — S. ohovata Lag. — S. hyssopifolia Léon Dufour. 
Hab. ad rupes montis Tauri. 

p. totahispida. — S.virgata Vis.— Benth. Lab. 353. — S. interme- 
dia C. A. Meyer. Enum PI. caiic. casp? 
Hab. propè Trebizondem. 

y. angustifolia , foliis glabris minus rigidis, caule hirsuto. 
Hab. in regno Ponte, Asiœ Minoris. 

"Nota. Cette espèce ne diffère du S. montana que par ses fleurs plus petites 
et ses rameaux allongés. Peut-être n'ea est-elle qu'une variété. 

29. Satureia Tliymhra L. *— Benth. Lab. 354- 
Hab. propè Pergamura. 

jNIELISSlNEiE. 

30. Melissa grandiflora L. — Benth. Lab. 394. 
Hab. circa Gonstantinopolim. 

3i. Thjmbra spicata Linn. — Benth. Lab. 4i3. 
Hab. in planitie propè Brousse. 

SCUTELLARINE^ 

32. Sciitellaria orientalîs ppinnati/idalÀniï. — Benth. Lab. 423. 
Hab. prope Trebizondem. 

33. Scutellaria pectuiata (Montbr. et Auch.) : suffruticosa; 
ramis adscendentibus incano-toraentosis lanatisve, foliis petiola- 
tis lanceolatis basi cordatis inciso-dentatis vel pectinato-pinna- 
tifidis utrinqae viUoso-tomentosis iiicanis vel subtusalbo lanatis, 
floral ibus ovatis integerrimis imbricatis subtus lanatis; spicis 
oblongis tetragonis. 

Hab. prope Trebizondem. 



•r EETrTHAM. ^— Lahîatœ orientales, 45 

Caulis et folia fere S. fruticosœ, at folia angustiora. Spica fere S. orientalis 
sed magis tomentosa. GoroUae magnae purpureae. 

34. Scutellariafruticosa Desf. Benth. Lab. 4^4. 
Hab. propè Alep. 

35. Scutellaria sàlvîœfolia Benth. Lab. 433. 
Hab. ad Akdog in Tauro orientait, 

Folia parva basi saepè rotundaîa, iaferiora nonnumquam cordata. 

36. Scutellaria heterophylla (Montbr. et Auch.) : caule de- 
cumbente, basi ramosissimo;ramis tomentosiusculis; foliis infe- 
rioribus petiolatis ovatis rugosissimis, mediis oblongis longe pe- 
tiolatis rugosiusculis, superioribusfloralibusque sessilibusoblon- 
go-Iinearibus subintegerrimis, omnibus utrinque pallidis viri- 
dibus subcanescentibus; floribiis axillaribus oppositis secundis, 
supremis approximatis. 

Hab. ad Antab in Syria orientali. 

Rami purpurasccntes. Folia parva. CoroUa flava (?) magnitudine 5. galericu- 
latœ. 

Nota. Celte espèce appartient à la section Galericularia, quoique par le port 
elle ait plus de rapport soit avec les Lupalinœ y soit avec le S. linearis parmi 
les Stachymacrls. Elle devra donc commencer les Galericularia avant le S.an~ 
gustifolia. 

ÏS'EPETE^. 

37. iV<?pé'to(Pycnonepeta) betonicœfoliaC A. Meyer. — Benth. 
Lab. 481. 

Hab. in Cappadocia orientali. 

Nota. Cette espèce se trouve mieux placée dans les Pybnonepeta à côté du 
iV. supina Stev. {N. Jissa Benth. Lab. 471. non Meyer) que dans les Catarïa, 
eu je l'avais classée à cause de sa ressemblance avec le N. grandifîora. Les brac- 
tées sont souvent aussi longues que le calice. 

58. JSepeta (Stegionepeta) italica Linn. — Benth. Lab. 474* 
Hab. ad Pergamum in Tauro orientali et ad Antab in Syria sep- 
tentrional!. 



4|6 G. BENTHAM. — LabiatcB Orientales. 

39. Nepefa (Stegionepeta) crinlta (Montbr. et Anch.) : erecta ; 
caille tomentoso pubescente; foliis breviter petiolatis ovatis ob- 
tusis grosse crenatis basi corclalis iitrinqiie moUiter pubescenti- 
bus; verticillastris densis paiicifloris, inferioribus remotis, supe- 
rioribus approximatis; bracteis calyces œquantil)os dentibnsque 
calycinis longe subulatis ; corolla tiibo dentibus calycinis vix 
longiore. 

Hab. ad Akdag, in ïaiiro orientali. 

Habitus N. distanlis, sed ùiversa foliorum forma, Lractcis et cicntiljiis ca- 
lycinis. 

40. JSfepeta (Sle^ionepetR?) ghmerata{Mon\hr. et Aucli.): ads- 
cendens, pubescens; foliis breviter petiolatis ovato-rotundis cre- 
natis basi cordatis, inferioribiss subauriculafo-lobatis, superiori- 
bus sessilibus remotis; verticillastris densis remotis; bracteis ca- 
lyce dimidio brevioribus; calycis ovati pubescentis ore obliqiio; 
dentibus lanceolatis acutis; corollis calyce subtriplo longioribus. 

Hab. in Cappadocia orientali. 

Nota. Celte espccc a des rapporî5, d'uu côté, avec les N. distans et ruderalis 
parmi les Stegionepeta, et d'un autre avec les N. sepiemcrenataj longijhra et 
autres parmi les Macronepetaj mais elle paraît avoir toutes les cimes constam- 
ment sessiles. 

4i. Nepeia (Macronepeta) /issa C. A. Meyer. — Benth. Lab. 
483 (N. laxa.) et 737. 

Hab. in Cappadocia? orientalis vallibus Immidis. 

42. JSepeta (Ortbonepeta) nuda L. 
* ^ parviflora Benlh. Lab. 48G. 

Hab. ad Pergamum. 

y villosa , foliis rngosioribus. 
Crescit ad Antab in Syriâseptentrionali. 

43. Nepeta (Oxinepetu) he lia trop if o lia Lara. — Benth. 489. 
Hab. in Cappadocia orientali. 



4 G. BENTHAM. -«r. LabiatûB ovientaîes. fyj 

44- Dracacephalam (Mo\à^\\cSi) peltatum L. — Benth Lab. 497. 
Hab. ad Akdag in Tauro orientali 

45. Dracocephalujii (Moldavica) Ibericuni Bieb. — Benth. 497. 
Crescit inîer Alep et Antiochuni. 

♦ 

46. Dracocephalum ( Moldavica ) canescens L. — Benlh. Lab. 

497- ^ •' ' 

Hab. in Armeniâ. 

47. Dracocephalum (Moldavica) miilticaule{MonihT.eX.k\\c\\?): 
ramis e basi fruîicosa numerosis adscendentibus basi pubes- 
centibus , foliis breviter petiolatis lanceolaîis ( omnibus ? ) inte- 
gerrimis junioribus cano-pubescentibus floralibus conformibus; 
verticillastris paucifloris secundis racemosis ; bracteis lanceolatis 
iiitegerrimis aiistatis ; calyce biiabiato, labio snperiore late tri- 
dentato , inferiore bifido ; coroilis amplis pubcscentibus calyce 
plus duplo longioribus. 

Hiib ad îvechickdag rnontem in Arraenia. 

'Valde alîinis D.peregrlno sed [luLescentia et foliis (in cxeraplaribus suppe- 
tenlibiis) coiistanter integenirais diffère vidctar. 



STACHYDE^. 

48. Lamium (Lamiopsis) inultifichim L. — Benth. Lab. 509. 
Hab. in Armenia. 

49. Lamium (Lamiopsis) veronicœfoUiim Benth. Lab. 5io. 
Hab. ad Rechickdag Armeniae montem, 

Folia floralia caulinis majora , peliolo sœpe dilatato. Verticillaslri 2-6-flori. 
CoroUœ galea villosissima Integra. 

50. Lamium (Lamiopsis) reniforme (Montbr. et Auch.) : gla- 
brum, foliis longe petiolatis reniformibus inciso-crenatis basi 
late-subcordatis; verticillastris 2-6-floris; calycibus glabris denti- 
bus lanceolatis acutis ; coroilis calyce cjuadruplo longioribus , 
tubo recto vel basi vix recurvo adscendente intus nudo, galea 



48 G. BENTHAM. — Lahiatœ orientales. 

ovata pubescenti apice bifida, fauce amplissima, lobis lateralibus 

dente brevi apiculatis, antberis hirsutis. 

Hab. in montibus regionis Lagistban inter Baibout et Trebi- 
rondem. 

Habitus L. veronicœfolii ^ differt praecipuè corollae galea minori, appendice 
brevi obtusa, breviter bifida aucta. 

5 1 . Lamium (Lamiotypus) crinitum (Montbr. et Auch.) : foliis 
ovatis cordatis rugosis villosis; dentibus calycinis subulatis plu- 
mosis corollae tubo longioribiis; corolla* tubo intus piloso annu- 
lato recnrvo-adscendente. fauce subdilatata, galea oblonga, lobis 
lateralibus dente brevi subulato appendiculatis ; antberis hir- 
sutis. 

Hab. in Cappadocia orientali. 

A L. totjientoso differt coroUa tcnuiorc et dentibus calycinis pluviès lon- 
gioribus. 

52. Stachjs (Betonica) grâncUflora Benth. Lab. 533. 

Hab. in monlibus Lagistban inter Baibout et Trebizondem. 

53. Siachys (Eriostachys) Montbretii (Benth.) : herbacea erecta, 
molliter villosula; foliis ovatis vel ovato-lanceoîatis crenatis utrin- 
que viridibus villosis, floralibus basi dilatatis lanceolato-acumi- 
natis flores siiperantibus; verticillastris dense multifloris dislan- 
tibus;bracteis lanceolatis subulatisve calycesœquantibus; calycis 
tubulosi molliter villosi dentibus rigidis lanceolato-subulalis 
subspinosis vix inœqualibus. 

Hab. ad basim montis Olympi Bithyniae. 

Habitas fere S. germanicce et S. alpinœ. Folia floralia superiora majora latiora 
etatotà sectione differt calycibus 8-6 iin. longis, dentibus rectis, supremo vix la- 
tiore. CoroUa S. germanicœ sed dentibus calycinis vix longior. 

Nota. J'avais déjà vu cette espèce dans les collections de Sibthorp et autres , 
mais en mauvais état. Elle a les calices de quelques Betonica et devra se placer 
au commencement delà section Eriostachys. 

54. Stachjs (Eriostachys) heraclea AU. |3 lutea Benth. Lab. 

534? 
Hab, propè Pergamum, 



Gi bentham. — Labiatœ orientales. 49 

Nota. Les échantillons diffèrent du type de l'espèce ainsi que dé là variété ci- 
tée, par la tige plus élevée et les feuilles plus grandes. Peut-être forment-ils une 
espèce distincte, mais ils sont si peu avancés que je n'ai pas osé les décrire 
comme tels. 

BS. Stachys (Eriostachys) rupestris (Montbr. et Aiicîi.) : siif- 
fruticosa humilis, viscosa; garnis pilosis; foliis ad basim ramorum 
approximatis petiolatis lato-ovatis obtusis crenalis basi cordatis 
rngosis utrinque viridibtis, villoso-pubescentibas ; verticillastris 
6-io-floris; bracteis linearibus calyce parùm brevioribus; calycis 
tubuloso-campanulati subincurvi denîibus acutissimis in labia 2 
irregulariter dispositis; corollis vix pubescentibus calyce dimidio 
longioribus. 

Hab. in rupibus Tauri orientalis. 

Affinis S. mollissimœ c\ S.Swainsoni. Gaules vetusti oLtecti petiolis folioruttt 
detritorura. Folia longe pcliolata ad basim ramorum floriferorum vix semipeda- 
lium. Folia floralia conformia at vix petiolata calyces parum cxcedentia. Calyces 
demum ferc 6 liu. longi. Corollae S. moUissimœ. 

Nota. Cette espèce devra se placer entre les <S. mollissima et S. Swainxoni. 
Le S. pumila, au contraire, quoique très voisin par le port, est dépourvu de brac- 
tées et serait mieux placé à la fin des Ambleia. 

56. Stachys (Eriostachys) italica Mill. — Benth. Lab. 536. 
Hab. frequenscirca Constantinopolimj in Cappadocia orientali, 

Syria, etc. 

57. Stachys (Eriostachys) germanica L. — Benth. 536. 
Hab. in montibus prope Erzeronm. 

Nota. C'est une variété très remarquable qui se rapprocbe à quelques égards 
du S.flôccosa Jacq. (Benth. Lab. /Sg); mais le duvet laineux est beaucoup moins 
épais et les fleurs sont celles du S. germanica. 

58. Stachjs (Stachyotypus) arabica Hornem. — Benth. Lab. 
546. 

Hab. prope Alep. 

Sg. Stachys (OHsia) viscosa (Montbr. et Auch.) : herbacea, pe- 
rennis, decumbens, viscoso-pubescens; foliis lato-ovatis grosse 
crenatis basi cordatis utrinque viridibus ; verticillastris 4-lo- 

YI. BOTA.V. — 7w7 ^ i 



5o G. BENTHAM. — LabiatcB orientales. 

florisdistantibus, subsecundis; bracteis minutis; calycibiis cam- 
panulatis, dentibus lanceolalis acutissimis tubum corollaî supe- 
rantibus, corollae labio inferiore maximo. 
Hab. in convalle Euphratis superioris. 

Nota. Espèce très distincte que l'on pourrait placer après le S. spmulosa. 
Fleurs jaunâtres. 

60. iS'^ûfc/fX5(Cham?esideritis) suhnuda (Montbr.et Auch.): her- 
bacea, pubescens vcl glabriusciila ; caulibus erectis virgatis ra- 
mosis ; foliis parvis remotis petiolatis, caulinis oblongis subcre- 
natis, floralibus calyce brevioribus; verticillastris 2-6-floris 
remotis, bracteis minutis subnullis; calycibus brcviter campanu- 
latis, dentibus lanceolatis subspinosis erectis suba^qualibus, co- 
rollis ieviter pubescentibus, tubo dentés calycinos parum exce- 
dente. 

Hab. ad Euphratem superiorem et circa Erzingban in Ar- 
menia. 

Kami juncei tetragoni virides. Folia caulina vix 3-4 lin. longa vel perpauca 
suLpoUicaria, radicalia (et iuferiora?) lato-ovata 3-4 lin. longa. riorcs fere S. 
recLœ. Corollœ cxsicatai ochrolcuca;. 

6i.Stach)s (Cliama'sideritis)û!/"e/2(2naVahl. — Bentb.Lab. Say. 
— Var. pusilla parviflora. 

Hab. inter Antab et Besmie, in Syria septentrionali. 

Nota. C'est peut-être une espèce distincte, mais les échantillons sont trop jeu- 
nes pour en fixer les caractères. 

62. 5toc^/i (Cbamœsideritis) ramosissima (Montbr, et Auch.)j 
annua, bumilis, divaricato-ramosissima,mollitercano-villosa; fo- 
liis oblongis obtusis basi angustatis integerrimis vel inferioribus 
petiolatis subuentatis , floralibus conformibus flores superanti- 
bus ; verticillastris subsexfloris distinctis ; calycibus tubulosis 
molliter villosis, dentibus 5-io subulatis recurvis spinosiâ corol- 
lam subœquantibus. 

Hab. in Cappadocia orientali. 

Species distinctissima etsi S. arenariœ affinis.Herba 4-6-pollicaris, ramis fere 
a b&si floriferis. Calyces longiores ; coroUœ (purpurascentcsj minores quam in 
iS, arenaria. 



G. BENTHAM. — Labiatœ orientales, 5i 

63. Stachys{C\\2imceûàer\Xis)satureioides{piion\hY. et Auch.): 
annua, humilis ramosa, glaberrima vel apice pubescens ; foliis 
oblongis linearibiîs basi angustatis integeirimis paucidentatisve, 
floralibijs conformibos, siipremis flore brevioribus; verticillas- 
tris 2-6-florisdistantibus; calycibus tubulosis glabriuscuîis, den- 
tibus subulalis acutissimis subspinosis demum recurvis ; corollis 
extus leviter pubescentibus tubo breviter exserto. 

Hab. prope Antab, in Syria septentrionali. 

A S. angustifolia difFert statura bumili, foliis latioribus -et calycibus tenuio- 
ribus, a S. ramosissima ramis tenuibus foliisque inferioribns glaberrimis, co- 
rollis longioribus, calycibus minoribus et aliis notis. Corollaî (rubrae) S. angus- 
tifoliœ. 

Nota. Ces deux espèces se placent entre les S. arenaria et angustifolia. 
Toutes les quatre ont souvent des dents accessoires au calice comme dans les Bal- 
lota et Leucas , dont elles diffèrent par le port et par la lèvre supérieure de la 
corolle moins voûtée. 

64. Stac7ijs\(^krcïh\e\di) floribuncla (Montbr. et Auch.) : suffru- 
ticosa humilis, canescens; foliis ad basin ramorum approximatis 
longe petiolatis ovatis obtusis, basi cordatis, rugosis utrinqiie 
cano-tomentosis , floralibus sessilibus flores aequantib us; verti- 
cillastris paucis multifloris, bracteis minutis subnullis; calycibus 
tomentoso-pubescentibus, dentibus lanceolatis mollibus muticis 
tubo subdimidio brevioribus. 

Hab. in rupibus supra Antiochum. 

Habitus S. rupestris sed cano-tomentosa nec pilosa et inflorescentia floribus- 
que diversa.jRami floriferi numerosiores subsimplices"; verticilbsîri 6-12 flores 
3-5 gerentes. Calyces vix 3 lin. longi; corollœ flavœ, tubo dentés calyciuosnon 
excedente. 

65. Stachys (Ambleia) pumila Russ. — Benth. Lab. 535 :suf- 
fruticosa humilis, canescens ; foliis ad basin ramorum approxi- 
matis longe petiolatis ovatis obtusis basi cordatis rugosis utrin- 
que cano-tomentosis, floralibus sessilibus flores subœquantibiis; 
verticillastris paucis multifloris, bracteis minutis subnullis; ca- 
lycibus campanulatis glabriuscuîis, dentibus lanceolato-subulatis 
muticis tubo subœqualibus. 

Hab. prope Antiochum. 



6a G. BENTHAM. ' — Lahidtœ orieniales. 

Habitus omnino S. floribundœ sed calycibus divcrsa. Coiollae (flavescentcs ? ) 
dentés calycinos parum exccdcntcs. Calyces fere 4 lin. lougi. 

'Nota. Ces deux espèces se trouvent séparées du S. rupestris et de la section 
des Eriostachys par l'aLsence des l)ractécs et des poils laineux. Elles ont un 
port un peu diilérent des autres Ambleia qui les rapproche un peu des Ziete" 
nia. Il faudra donc les insérer à la fin des Ambleia après le S. inlegrifolia. 

66. Stachys (Zieteiiia) lavandulœfolia Valil. — Benth.Lab. 563. 
Hab. in Tauro orientali. 

67. 5/û?m/'/V(Empecloclea) lïbanotica Labill. — Benth.Lab. 575: 
.suffruticosa, caille basi lauato; ramissimjiiicissimisglabris; foliis 

oblongis basi angustatis rigidisvenoso-reliciilatis utrinque viridi- 
bus vel !ana laxa canescentibus , floralibus late cordatis acumi- 
natis calyces vix superantibus; verùcillastris rcmotis-, calycispu- 
bescentis dentibus lanceolatis spinosis. 
Hab. in Syria. 

Nota. Les échanlillons répondent parfaitement à la ligure et à la description 
de Lalnllardicre , et prouvent (pic l'espèce est réclkuicut disliiicle du 5. pul- 
liilans. 

68. Sideriùs (Einpedoclea)/^i^//r;//rt/w Linn. — Benlh. Lab. 576. 
Hab. ad Andryanite. 

Ui;c autre plante non encore fleurie provenant de la même localité a évidem- 
ment des rapports avec le S. perfoliata ,n\.m elle est plus grande et beaucoup 
plus laineuse. Au reste les cchaulillons sont trop jeunes pour-Ies décrire. 

69. 5/<^m//5 (TIesiodia) lanata Linu. — Benth Lab. 582. 
Hab. prope Smyrnam. 

70. Sideritis (Hesiodia) purpurea Talb. — Benth. Lab. 742. 

71. 5. (Hesiodia) montana L. — Benth. Lab. 583. 

Hab. ad Constantinopolitem, Alep, et in Cappadocia orientali. 

72. iS. (Hesiodia) remota D'urv. — Benth. Lab. 583 ? 
Hab. in Monte Svi:>vlo et ad Odessam. 

Nota. Les écLautillons sont jeunes, et je ne puis déterminer avec certitude s'ils 
apparticnnncnt au S. remota on bien au S. montana. 



* G. BENTHAM. — LabiatcB orientales. 53 

73. Marruhium Alyssum L. — Benth. Lab. 687. 
Ilab. in Syria. 

74. Marrubium astracanicum Jacq. ■— Benth. Lab. 588. 
Hab. ad Akclag, in Taiiro orienîali. 

75. Marrubium globo s um (Montbr. et Aiich.; : ramis elongatis 
villoso-tooientosis basi lanatis; foliis obovatis cuneatis subrotun- 
disve utrinque vehilino-villosis vel infimis lanatis ; verticillastris 
globosis muitifloris; calycibus velutino-villosissimis , dentibus 
brevissimis subiilatis rigidissiibpatentibus;corolla3 galea oblonga 
apice bifida. 

Habitus etcolor iJ/. velutini, at folia sœpiiis angustiora, flores miilto mino- 
res, et dentés calycis subglobosi intus lana flavescente omuino reconditi. Corollae 
albidœ ? 

Nota. On pourrait le placer immédiatement après le M. astracanicum. 

76- Marrubium radiatum Delile. ■ — Benth. Lab. 091. 
Hab. in Asia minore orientaH. 

77. Marrubium cuneatum Kuss. — ^ Benth. Lab. Sgr, 
Hab. circa Alep. 

Nota. Il serait possible que ces deux espèces ne fussent que vîeux états 
difïérens d'une même plante. 

78. Phlomis armeniaca Willd. — Benth. Lab. 825. Var. 
Hab. in Gappadocia orientah. 

Nota. Cette variété a les fleurs un peu plus petites que les échantillons de 
M. Meyci' et l'appendice extérieur des lobes latéraux de la corolle est écLancré 
au lieu d'être entier, mais ce sont des distinctions sur lesquelles qn ne peut guère 
fonder des espèces, et dans tous les cas c'est probablement celle-ci qui a servi de 
type à Yvilldenow. 

79. Phlomis viscosa Poir. — Benth. Lab. 628 et 745. — P. virens 
De Cand. 

Hab. ad Alexandrettam, in Syria septentrionaU. 

80. Phlomis rlgida Labill, — Benth. Lab. 63o. 
Hab. in Tauro prientali. 



54 c- BEi7TnA.M. — Lahiaiœ orientales» 

81. PJilomis tuberosa L. — Benth. Lab. 632. 
Hab. ad Kechickdog montem in Armenia. 

82. Eremostachys laciniata Bunge. — Benth. Lab. 636. 
Hab. in Asiâ minore orientali. 

83. Eremostachys macrophylla (Montbr. et Auch.): foliis am- 
plis ovatis grosse crenatis; calycisbasi tubiilosi pilosissimi limbo 
maximo dilatato reticulato villoso, brevissimè 5 mucronato, co- 
roUani superante. 

Affinis E. mollucelloidi. Folia caulina similia sed duplo majora, floralia sub- 
sessilia, orbiculati ncc acuminata, profiiade dcntata, utrinquc villosa, supra vi- 
ridid bubtus subcauescentes. Raceinus pedalis, dcnsus. Bractcai subulataî, calycis 
tubus et racbis racemi pibs longis dcosissime obtecti. Calyccs magnitudine 
E. niolucelloidis, limbo utrinquc ■villoso. CoroUa minor. 

Nota. Cette plante terminera la série des espèces de ce beau genre. 

84- Molucella lœvis Linn. — Benth. Lab. 689. 
Hab. inter Pcrgamum et Smyrnam. 

AJUGOIDE/E. 

85. Teucriwn (Teucris) orientale L. -—Benth. Lab. 887. 
ïïab. in Cappadocia orientali. 
Var. '^. villosum. — In Armenia. 

86. . Teucriwn (Teucris) parviflorum Schreb. — Benth. Lab. 668. 
Hab. circa Alep: 

87. Teucrium (Teucris) mullicaule (Montbr. et Auch.): suffru- 
ticosum, ramis erectis glabriusculis vel tomentoso-pubescenti- 
bus ; foliis profunde trifidis, laciniis integerrimis oblongo linea- 
ribus margine revolutis subtus subcanescentibus ; peduncuiis 
solitanis axillaribus unifloris folio subbrevioribus; calycibus cam- 
panulatis aequalibus, laciniis longe lineari-lanceolatis vix canes 
centibbs. — T. pseudo-chamœpytis Benlh. Lab. 870. (quoad 
exemp.aria Alepica.) 

Hab. ad Aleppum et in Asia minore orientali. 



G. BTiNTHAM. — Lahiatœ orientales. 55 

VIk a T. africano differt ramis minus iucanis, peduuculis omnibus simplici- 
bus, floribus duplo majoribus, îaciniis calycinis longioribus et coroUis extusvil- 
losioribus. A Teucrio Pseudo-chamœpithydl diversa canescentia, caulibus mi- 
nime pilosis et floribus minoiibus. 

Nota. Espèce intermédiaire entre les T. tifricanum et pseudo-chamœpi- 
thys ; je l'avais confondue avec ce dernier, mais d'après les nombreux échantil- 
lons cueillis par M. de Montbret , qui sont parfaitement conformes à ceux de 

B-Ussel , elle en paraît constamment distincte. 

» 

88. Teucrium (Stachyobotrys) hircanicum h. — ^B^th. Lab. 
673. 

Hab. ad Trebizondem. 

89. Teucrium (Stachyobotrys) lamîifolium (Durv. Enuni. PL 
Archip. inMem. Soc. Lin. Par. i. 820.) : herbaceurn, suberectum, 
villosum ; foliis ovatis basi cordatis rugosis \ illosis subtus siibca- 
nescentibus; racemo simplici deriso ; verticillastris aequalibus 
sexfloris, bracteis sessilibus subulatis calyces superantibus; ca- 
lycibiis bilabiatis, dente supremo maximo, T. Arduini Sm. et 
Sibth. Fl. Gr. vol. 6. t. 55i. non Linn. — Benth. Lab. SySj ex 
parte.) Scutellaria cretica Linn. 

Hab. in monte Olympo Bithyniee. 

A T. Arduini differt liirsutie, foliorum forma, bracteis angustioribus longio- 
ribusque, floiibusque minoribus et calycis dente supremo majore latiore et 
obtusiore. 

Nota. A l'exemple de Smith, je l'avais confondu avec le T. Arduini , mais 
il en est certainement distinct quoique très voisin. Les échantillons de Dalmalie 
appartiennent au véritable 2'. Arduini. 

90. Teucrium (Gharaœdrys) leucophyllmn (Montbr. et Auch.): 
suffrutîcosum ; ramis suberectis albo-tomentosis ; foliis oblongis 
denticulatis utrinque incanis, floralibus integerrimis; verticillas- 
tris 2-6«floris racemosis; calycibus subsessilibus tubuloso-campa- 
nulatis incanis, dentibus lanceolatis subœqualibus. 

Hab. in regione Euphratis superioris. 

A descriptione T. cani Fisch. et Meyer non differt nisi herba tomento brc- 
vissimo nec villo molli canescente et calyc;bus subsessilibus. An rêvera distincta 
species ? 

Noia. On doit placer cette espèce avec le T, canwn à la fin des Chaniœdrys 
formant le passage aux Polium. 



Ô6 G. BEiVTiiAM. — Labiatce orientales. 

91 . Teucrium (Pollum ?) Montbretii Benth. : suffruticosum, pro- 
cumbens, tomentoso-piibescens; foliis lalo ovatis crenatis basi 
truncatis utrinque molliter piibescentibus, floralibus bractcœfor- 
ruibus; verticillastris in capitulum oblongum coiidensatls; caly- 
cibus hirsutis iiutantibus subaîqualiter 5-clentatis. 

Hab. inter rupibus ad basim montis Cassii in Syria septen- 
trionali. 

Planta Iwnnlis laraosissima. Folia ils varietatum nonnullorum T. jlavi\\x\\à. 
dissimilia. Raccraus capituliformis vix poUicaris hiisutus. Corolla parva fere 'F. 
Polii. Calyccm defloratum non vidi. 

Nota. Cette espèce paraît d'abord avoir plus de rapport avec les Chamœdrys 
qu'aveo les Polium ; cependant elle a (du moins au commeucemeut de sa llcu- 
aispn) les têtes de fleurs serrées des Poliuni et devra se ranger provisoirement 
au commeacement de cette section. 

92. Ajuga (Biigula) orientalis Linn. — Benth. Lab. G93, 
Hab. in Syria. 

93. Ajuga (Chamrcpithys) Laxmamii. Benth. Lab. 697. 
Hab. in monte Olympo Bitbyniae. 

94. Ajuga (ChairitTpitbys)c/i(2;/2rm5to.çGing. — Benth. Lab. G78. 
Hab. adEiiphratem superiorem. 

95. u^juga (Chamrcpithys) tridaclylites Ging. — Bentb. Lalj. 
699, var. p lanam. — A. chia-^ Benth. 1. c. 

Hab. in Cappadocia orientah. 

Folia infcriora nonnuUa obovata intégra subcrcnata. Corellac flavae. 

96. Ajuga (Chama3pithys) chia Schreb. — Benth. Lab. 699. 
Hab. propè Smyrnam. 

97. Ajuga (Charaaepithys) g/(3^ra Presl. — Benth. Lab. 700. 
Hab. inter Alep et Antiochura. 



• ■* 

AL. BUiN'GE. •— Plantes moiighollques et chinoises, 67 



Plantarum BîonghoUco'Chinensium Decas prima ; auci. Al. 
BuNGE. (Broch. in-8°, 29 p., avec 3 planches sur cuivre. 
Casan, i835.) 

On sait que M. de Bunge a séjourné pendant l'année i83i 
en Chine avec les missionnaires russes envoyés dans cet empire, 
et qu'il en a rapporté de précieuses collections botaniques. Il en 
consigna l'énumération dans un écrit publié sous le titre 
^Enumeratio plantaruin quas in China horeall coUegit Al. 
Bunge ^ anno^ i83r fVoy. Ann. Se. nat. , 2^ sér. , t. 2, p. 122), et 
il communiqua aux botanistes, notamment à l'herbier du Mu- 
séum de Paris, la plupart des plantes citées dans cet ouvrage. 
Mais comme il y avait, parmi ces plantes, plusieurs espèces très 
intéressantes par elles-mêmes ou parce qu'elles devaient cons- 
tituer des genres nouveaux , M. de Bunge a voulu, dans un nou- 
veau travail, donner les descriptions complètes de ces plantes 
et même en illustrer quelques-unes par des figures. Cet ouvrage, 
imprimé à Casan , n'est probablement pas à la disposition de 
beaucoup de personnes; d'ailleurs, il est assez succinct pour 
qu'il nous soit possible d'en présenter aux lecteurs des Annales 
des Sciences naturelles la partie la plus importante. Ainsi, lais- 
sant de coté la courte préface que l'auteur a écrite en lans^ue 
russe, et qui ne nécessite pas une traduction littérale, nous al- 
lons reproduire les caractères des nouveaux genres et des es- 
pèces , ainsi que l'habitation de celles-ci et les observations bo- 
taniques qui accompagnent l'exposition de certains genres, ob 
servations que l'auteur a présentées avec beaucoup de détails 
en latin, mais qu'il nous sera possible d'abréger dans l'analyse 
suivante. 

CAMPYLOTROPIS Al. Blinde. 

(Ord. nat. Leguminosœ. ïrib. Hedysareœ DG. — Locus in sys- 
temate naturali inter Eleiotin DC, et Lespedezam ]\îich.) 

Caract. GE]y. Calyx carnpanuki^^s, basi bi-bracteolatus, brac- 



68 AL. ETTiTGE. ' — Plantes moiigholiques et chinoises. 

teolis caducissimis, bilabiatus; labio siiperiore integerrimo vel 
emarginato, inferiore tripartito, lacinia média angustiore pro- 
ducta. Corolla papilionacea; vexillo plicatoacuto; carina falcato- 
inflexa acuminata. Stamîna diadelpha (9 et i). Stylus inflexus 
superne glaber. Legumen obovatiim, sutura superiore rectili- 
neum, planum, membranaceum, indehiscens, monospermum, 

Nomen ex xapiTruXoç, incwvus , et rpoirt;, carina. 

ALespedeza proxima differt calycis laciniis abbieviatis summis duaLus ad 
apicemusque connatis, vclh^e^^ssimetantuInbi£ldis, carina falcata acuminata, nec 
transyerse obtusa, denique bracteis inlegris unifloris. 

C^iMPYLOTROPis Chinensis Al. Bunge. 

Frulexcliiiicnsis. Folia pinnatim3-foUolata,foliolisintegerrimis. Stipula; caulinae 
subulatae subpungentcs persistentes. Raccrai axillaics. Bracteae integrse uniflora;. 
Pedicelli patentes cura calyce articulati. Flores purpurci saepe rcsupinati. 

Synon. Lespedeza macrocarpa Bunge cnum. pi. bor. chin. pag. 18. n. 109. 

Habitat in pra;ruptis montosis Cbinae borealis inter Nanj-keou et muruoi 
magnum nec non in montibus Ziui-weyschanj prope Pekinum. Fiorct Julio 
mcnse ]^.(t. V. sp.) 

LESPEDEZA Michx. DC. 

Observation. La patrie des plantes de cf^ genre est l'Amérique 
septentrionale, excepté toutefois sa côte occidentale. ]\'. de 
Bunge en avait mentionné dans son énumération deux espèces 
indigènes de la Sibérie australi-orientale et des régions japonico- 
chinoises. L'une de ces espèces a été exclue du genre Lespedeza 
pour former le genre Campjlotropis. En parcourant les envi- 
rons de Pékin , M. de Bunge avait trouvé encore d'autres es- 
pèces, mais non fleuries; les ayant revues depii s, il reconnut 
que deux d'entre elles différaient à peine des L. juncea et 
L. trichocarpa, qui croissent en Daourie et en Sibérie. Quatre 
autres espèces sont nouvelles ; en voici les phrases caractéris- 
tiques et la patrie î 



AL. BtrwGE. — Plantes monglioliques et chinoises. 59 



Lespëdeza. ivîacrophylla Al. Bunge. 

L. caulibus prostratis elongatis striatis hispidis ; petiolls elongatis, foliolis el- 
lipticis emarginatis utrinque dense pubescentibus ; racemis axillaribus terminali- 
busque elongatis; calycibus hirsutissimis corollâ brevioribus; leguminibus calyci 
inclusi obovatis cuspidatis villosis. 

Hahitat'va. moutosis prope Pekinumj floret julio et augusto mensibus. "V- vel 
ti. (v. s. sp.) 

Lespëdeza CARAGANiE Al. Bunge. 

L. fruticosa, erecta, ramosa ; foliis subsessllibiis ; foliolis spatbulato-linearibus 
truacatis mucronatis, subtus tenuissime pubeiulis ; pedunculis axillaribus biflo- 
ris f calycibus pubescentibus; legumine oblongo utrinque attenuato acuto lasvi 
tenuissime strigoso dentés calycinos superante. 

Habitat in montosis prope Pekinum ; floret julio et augusto mensibus. I) 
(v. s. sp.) 

Observation. Cette espèce est voisine du Li.juncea, dont elle 
• se distingue par le port et les caractères indiqués ; elle se rap- 
proche peut-être encore davantage du L. reticulata^ mais elle 
en diffère par ses branches nombreuses, par son calice persis- 
tant et par son fruit lisse non réticulé. 

Lespëdeza floribunda Al. Bunge. 

L. fruticosa, diffusa, lamosa; petiolis subelongatis , foliolis obovato-oblongis 
retusis mucronatis supra tenuissime subtus sericeo-strigulosis; racemis folium ex- 
cedentibus 6-8-floris; calycis sericei laciniisjanceolatis coroUa dimidio breviori- 
bus; legumine ovato acutopœvi sericeo calycem excedente. 

Habitat in montosis prope Pekinum ; floret augusto mense i). (v. s. sp.) 

Observation. Espèce voisine du L. clivergens de Pursli, dont 
elle diffère surtout par son légume lisse-soyeux et par ses fo- 
lioles beaucoup plus petites; elle se distingue du L. prostrata 
de Pursh par sa tige frutiqueuse et par d'autres caractères. 



Gq Al. eunge. — Plantes monghoUques et danoises, 
Lespedeza. medicaginoides Al. Buiiffe. 

o 

L. caulibus piosli'atis elougatis gracilibus striatis; petiolis abbreviatls, foliolis 
lincari-oLloiigis oLtusis mucionalis subtus strigulosis ; raccmis axillaribus c.a|)i- 
tatis peJtmculatis fobiun excedeulibus ; calycibus corolla brcvioribus; Icgumi- 
nibus calyccm subaequantibus obovato-oblongis sericeis. 

Synon. L. medicaginoides Bunge Enum. bor. chin. p. ly. n. iio. 

Hah'ilat in vicinis Pekinensibus nec non cis murum magnum atistralcni, ver- 
sus fines Mongholiaî^ haudprocul a fortalitio Tscha-dao; florct julio mcusc IP-. 
(v. V. sp.) 

Obseivatlon. Cette espèce diffère duL.jirostrata, dont elle est 
voisine, par ses grappes de fleurs courtes compactes et cap/itécs; 
elle sembleraitjà en juger par la phrase spécifique, se rapprocher 
du L. tnacrophjlla, mais elle en diffère par ses feuilles beaucoup 
plus courtes, ses grappes moins longues, son calice, ses brac- 
tées, etc. Par la forme de ses feuilles , elle a des affinités avec le 
L. /«/zcé'a , et par 'ses capitules floraux avec le Zi. tridiocarpa ; 
mais ses tiges couchées la distinguent facilement de ces deux 
espèces. 

PATRINU Juss. — DC. Prodr. iv p. 6^3 (i) 

Ce genre fut constitué d'abord par M. de Jussieu sur trois 
espèces qui étaient placées parmi les Valérianes. Schultes en 
ajouta une quatrième, M. Fischer une cinquième, enfin M. de 
Bimge en publia encore quatre nouvelles espèces découvertes 
récemment dans la Chine boréale, x^insi la patrie de ce genre 
est la Sibérie australe, et vraisemblablement depuis la partie 
orientale de la JMongholie jusque dans la péninsule de la Corée, 
les îles Japonaises adjacentes et la Chine boréale; (le P, cetato^ 



(i) L'auleur est maintenant persuadé que le type du fruil des Palrinia est triloculaire tris- 
perme. Il a observé dans les deux loges avortées du P. scabra des ovules manifestes qui ne se 
rencontrent pas dans les autres espèces ni dans les Valérianelles. Cette opinion est contraire 
à celle qu'il avait exprimée dans la Flora altaica de Ledebour, (v. i. p. 129, in adn.) Par la 
nature de leur fruit, les Yalérianées se lient aux Lonicérées, d'un côté au moyen du Triplosle- 
§ia, de l'autre par le Linnœa, 



AL. EDNGE. — Plantes mongholîques 6f 

tophylla de Hooker (F/, bor. amer. yi. p. 290), parait devoir 
être exclu du genre). Au sud, la région des Patrinia a pour 
limites les monts Himalaya, où se trouve le genre Nardostachys, 
voisin des Patrinia. A l'ouest jusqu'au nord , la chaîne des monts 
Urals est la limite de ce dernier genre. Sur les sommets de ces 
monts, on rencontre le Patrinia sihirica Jnss., qui y est spora- 
dique, mais qui ne croît pas sur le revers occidental, tandis que 
vers l'orient elle n'est pas rare et s'étend jusqu'aux confins aus- 
tro-orientaux de la Sibérie. Dans la région altaïque, on la 
trouve fréquemment ainsi que le P. intermedia Rœm. et Sch., 
qui est particulier {\ cette région -, dans la partie la p!us orien- 
tale se rencontre, mais rarement, le P. rupestris Juss. : cette 
dernière espèce devient plus abondante vers le Jénisée ainsi 
que dans la Daourie et dans la Mongholie, principalement 
îa boréale. Les contrées trans-baïcales de la Sibérie australe 
nourrissent le P. scabiosœfolia Fisch. Il est probable que les 
vastes pays encore inconnus aux voyageurs botanistes , et qui 
s'étendent, en longueur et en largeur, depuis rembouchure du 
fleuve Amur jusqu'au sud, possèdent plusieurs espèces de ce 
genre dont les derniers vestiges vers l'orient se montrent au Ja- 
pon où Thunberg et Siebold ont trouvé le P. villosa Juss. Mais 
la Chine boréale paraît être la patrie de prédilection des es- 
pèces de ce genre : pendant le court séjour que M. de Bunge y 
fit, il découvrit une nouvelle espèce qu'il nomma dans son énu- 
mération P. heieroplijlla ; plus tard on trouva dans le voisinage 
de Pékin les P. scabra , ovata et hispida. L'auteur décrit toutes 
ces plantes, et donne de bonnes figures de ces trois dernières 
espèces. Ce travail étant une véritable monooranhie du ajcnre 
Patrinia f nous avons pensé quil serait utile de donner l'énu- 
mération complète des espèces, en nous bornant toutefois à la 
phrase spécifique , à la synonymie et à l'habitation. 

Patrinia sibirica Juss. 

P. caille bifariam putescente subaphyllo ; foliis raJicaliLus di.%rmibiiSj caiiîi- 
nis paucis pinnaîisectis ; floribus cyraosis ; calycis laciniis in fructu majusculis ; 
bractea obovata subtiiloba. 



02 AL. EUNGE. — Plantcs monghoUqiies et chinoises. 

Synon. P. sibirica Juss. DC. prodr. 4. p. 623. c. omuibus synon. Ledeb. 
fl. ait. i.p. i3i. F'aleriana sibirica Pall. itin. m. p. 2G6. et 267. iu adnot. et 
p. 3i6. Falk. Beytr. 11. p. 100. n. 53. 

Habitat in rupestribus totius Sibiricœ mcridionalis, a ditione Baschkirorum 
in declivio oiientali montium Uialcnsiiim (Falk. Pallas. 1.1. c.) usqiie ad Dau- 
riam; Alpes ctiam ascendit. Floret jaui itiitio maji uieusis Tfi. (v. v. sp.) 

Patrinia scabra Al. Bunge. Tab. 1. 

P. tota scabra ; caule supcrne dichotoniè folioso; foliis rigidis scssilibus pinna- 
tifidis,lobisa'qualibus oblongis acutiusculisdistantibns tridcntatis integerrimisvc, 
subfloraiibus oblongo-lincaribiis iutcgcnimis ; floribus tricbotoiuo-cymoso-pani- 
culatis; bracteis fructumnudiuscuhim longiludioe et latitudincduplosupcrantibus. 

Habitat in montosis Chinaî borealis prope Pekinum; floret julio, augusto V. 
(v. s. sp.) 

Patrinia iktermedia R. et Sch. 

P. caule puberulo folioso; foliis carnosulis sessilibus, inferioribus pinnati- 
sectis; laciuiis grosse incisis , supcrioribus subbipinnatifidis , laciniis subae- 
qualibus; floribus paniculato-cymosis ; calycibus iii friictu obsoletis, bractea 
oblonga. 

Synon. P. intermedia R. et Sch. D, G. prodr. iv. p. 624 exclusa planta Chi- 
nensi .? P.rupestris Al. Bunge, in Lcdcb. fl. ait. 1. p. i3o. exclus, omnibus sy- 
nouymis praîter Fischerianum. 

Habitat in rupestribus apricis moutium altaicoruni frequens ; floret junio 
julioque Tf. (v. v- sp.) 

Patrinia rupestris Juss. 

P. caule puberulo folioso; foliis glabriusculis, caulinis sessilibus pinnatisectis; 
laciniis approximatis liueari-oblongis; lateralibus subintegerrimis acutis, termi- 
nali obovato-oblonga inciso-dcntata; floribus paniculato-cymosis; fructu nudius- 
culo; bractea ovato-oblonga, 

Synon. P. rupestris Juss. D. C. Prodr. cum synon. non fl. ait.' Valeriana 
rupestris Palki 'i»j. m. p. 266 et 3i6, neque pag. 2i4 ut citant D. C. et 
Willd. 

Habitat in rupestribus apricis Sibiriaî orientalioris a Jeniseo usque ad finis 
Dauriee, nec non, quamvis rarissima, in montibus altaicis lecta, ut spécimen inde 
allatum ab ill. Fischer bénévole mecum coDjmunicatum docet; floret junio ju- 
lioque 7/:. (v, V. sp.) 



AL. BUNGE. — Plantes mongholîques et chinoises» 63 

Patrinia heterophtila Al. Bunge. 

P. caule puLescentc foliosoapice ramoso ; foliis sessilibus, inferioiibus pin- 
natisectis, lobis dislantibus ovato-ohlongis grosse dentatis, terruinali majori in- 
ciso-lobato acuminato, superioribus ternatisectis ; iobis oblongo-linearibus elon- 
gatis integerrimis ; floribus paniculatocyraosis; fructibus calyce minuto corona- 
tis, bracteam oblongam subsequaatiLus. 

Synon. P. heterophylla Bunge Enum. Lor. chin. n. 201. 

Habitat ia China boreali iisquc ad fines Mongholiae; julio mense florere 
incipit Tp. (v. v. sp.) 

Patrinia. ovata Al. Bunge. T. 2. 

L. caule pubesccote folioso simplici; foliis omnibus longe petiolatis , infîmis 
lyratis, caeteris ovatis longe dcuminatis, subfloralibus lanceolatis integerrimis; 
cyma coarctata ; fructibus junioribus calyce minuto corouatis; bractea.... (?) 

Habitat in China boreali prope Pekinum; floret julio mense "V. (y. s. sp.) 
Patrinia scabios^folia Fisch. 

P. caule infenie glaberrimo superne unifariam pubescenîe; foliis rigidis dis- 
coloribus , radicalibus longe petiolatis oblougis grosse serratis, caulinis lyratis, 
lacinia extima maxima oblongo-lanceolata utrinque acuminata inciso-serrata, 
lateralibus linearibus serratisj floribus paniculato-cymosis; fructu dorso elliplico. 

Synon. P. scabiosœfolia Fisch. D. C. Prodr. iv. p. 624. c. synon. 

Habitat in omni Dauria; floret julio mense "V. (v. s. sp. et v. v. c.) 

Patrinia hispida Al. Bunge. Tab. 3. 

P. caule retrorsum hispido; foliis rigidis discoloribus, radicalibus.... C^), cau- 
linis lyratis , lacinia extima majori oblougo-rhombea utrinque acuta dentata, late- 
ralibus ovato-oblongis dentatis; paniculà amplissima; fructu dorso ovaii-sub- 
rotundo. 

Habitat in China boreali prope Pekinum; floret julio et acigusto mensibus Tp, 
(v. s. sp.) 



64 AL. BUNGE» — Plantes moîigholiques et chinoisesi 

PatRINIA VILLOSA JllSS. 

< 

P, caille foliisquc villosis, radicalibus petiolatis auriculalis/caulinis sessilibus 

dcntatis ; coryinho paniculato ; fructu ?; bractca ? 

Synon. P. villosa Juss. D. C. Prodr. iv. p. 624. c. sj'iion. 
Habitat in Japonia V. 

CARYOPTERIS Al. Bunge. 

(Ordo nat. Verhenaceœ. Locus in syslemate prope Verhenam 

et FUicem.) 

Character geneiis. — • Calyx campamilalus qiiinqiRTulus, la- 
ciniis siibequalibus , demum aucliis. Corolla bilabiata 2/3; la- 
bium superius abljreviatumbipartitum; laciniis ovatis aciilis, in- 
jerius trifidum ; lobis latcraiibus ovato-oblongi^ acutis, iiicdio 
elongato limbo ddatato subcuctdlato fiiiibriato-multifido ; tubiis 
siiberectus intus vi!losLis;y««jc ampliatula villis clausa. Stamiiia 
didy namsL ; /i/amenta ante florescentiam involiita demum ex- 
serta recta stricta divergentia; antJierœ adnata^. Oimrium sim- 
plex, quadriloculare, qnadriovulatiim. Stylus rectiis ex apice 
ovarii. Stigma biparlitiim. Fruclus in calyce ainpliato niatiiriis 
solvitur in caryopses quatuor margine membranacco cinctas. 
Senien caryopsis dimidia brevius erectum. 

Nomen à Rap-jov , nux , et irTîpov, ala. 

Caryopteris monguolica Al. Biinge. 

Suffrutex rtongholicus, leviter fragrans; foliis subintcgcrrimis incanis. Pani- 
culaî axillarcs oppositae vel allernae et terminales. Flores amœnè cyanei. An- 
therœ nigricantes. Pollen caeriileum. 

Habitat in rupibus apricis montium Mongholiae fere totius; exceptis maxime 
borealibus et australibus ; a scptentrione primum ad lliivium Iro obvia , auslrum 
versus prope Chaschatu ultimas ejus fines; florct julio et augusto mensibus ; 
semina maturat seplcmbri I}. (v. v. sp. ) 

Obserç^ation. Ces: la seule espèce de Verbénacée qui se ren- 
contre dans la Mongholie , et on n'en trouve pas ime seule 
dans toute la Sibérie ; mais sur les confins méridionaux de la 
Mongbolie^ la Chine boréale en fournit plusieurs. 



j. DECAisNE. — \^4ffinités du genre Helwingiai 65 



Remarques sur les affinités du genre Helwingia, et établis- 
sement de la famille des Hekvingiacées ^ 

Par M. J. Decaisne. 

Thunberg, dans la Flora japonica et les Icônes (jui forment 
l'appendice botanique de son voyage an Japon , a décrit et 
figuré sous le nom à' Osyris japonica l'individu mâle d'un ar- 
brisseau sur lequel on n'a eu jusqu'à ce jour aucun renseignci- 
ment touchant l'organisation du fruit. Ce botaniste n'ayant pu 
examiner les organes femelles, pensa néanmoins, d'après l'in- 
spection de la fleur mâle , pouvoir rapporter cette plante au 
genre Osyris. Cependant Willdenow, entraîné par la différence 
d'aspect qu'elle présentait avec l'espèce européenne , crut de- 
voir en constituer un genre nouveau auquel il imposa le nom 
(^ Helivini^ia, en le rangeant dans la Dioëcie triandrie, à la suite 
de X Osyris ; mais lui-même n'ajoutant aucune observation nou- 
velle à celles de Thunberg, le nom propose par ce dernier pré- 
valut, et XOsjris japonica continua, dans les ouvrages géné- 
raux, d'être associé à l'espèce commune, (i) 



(i) Outre V Osyris alla, les anciens botanistes en avaient distingué avec raison une autre es- 
pèce qu'ils désignaient par la phrase suivante : Casia hispanica procerior myrtifoUo. C'est 
sous cette dénomination qu'elle se trouve dans les Institutiones et l'herbier de Tournefort. J'ea 
donne ici la description accompagnée d'une figure, et les synonymes qui doivent s'y rattacher. 

O. quadripavtita : ramis foliosis, foliis lanceolatis vel oblongo-lanceolatis mucronulatis, flori- 
hus axillaribus, segmentîs nudis. Planche 6 B. 

Osyris quadriparlila Salzm. legit. in iten. Hisp. - Tingit, fasc. 3, 1827. 
Casia Idspanica procerior MyrtifoUo. Tourn. lustit. p. 664. 

Desc. Frutex 6-8-pedalis, erectus, habitu Phillyrerc angustifoliœ, ramoûssimm, ramis foliosis 
angulatis, striatis, epidermide herljaceâ lœvi glaberrimâ vestilis , novellis herbaceis. Folia al- 
terna , lanceolata , mucronulafa v. oblongo-lanceolata , basi et apice attenuata passiraque 
obovato-cuneala v. linearia , i 1/2-21/2 1. longa, 3-6 lala, integerrima, subavenia , 
Jiervo medio tantùm promiuulo , coriacea, sempervirenlia; sicnata nigrescentia, subprui- 
nosa. Flores magniludine II. O. albœ, axiliares, brève pcdunoulati, pedunciilis junioribus apice 
bi-v, tribracteolalis, trifloris, flore medio doia suppet'întc solo; fem. semper solitarii. Mas. Calyx 
VI. BOTAN. — Aoiîi. 5 



66 J. DECAiSNE. — u:4JJinités du genre Helwingia. 

Dans ces derniers temps, M. Siebold rapporta du Japon et 
déposa dans le jardin de l'université de Gand , deux individus 
de cette plante qui fleurirent au mois d'avril des années sui- 
vantes. Appartenant l'un et l'autre à des individus mâles, ils ne 
purent ainsi contribiîer a éclaircir le point litigieux. Mais ayant 
obtcnu,par l'obligeance de M.Blume, un ovaire et un fruit pres- 
que parvenu à maturité, je vaistâclier de compléter les connais- 
sances qui lui sont relatives, et rechercher les affinités de XHel- 
(Wi^'^za^ après en avoir donné les caractères qui sont les suivans : 

Les rameaux sont anguleux et entourés à la base, dans leur 
premier âge, d'écaillés membraneuses, brunâtres, ciliées sur les 
bords, connue on en remarque en particulier sur ceux des 
Slaphj Ica.heuv épidémie, herbacé, est parfaitement lisse; ils 
offrent en outre un canal médullaire assez prononcé. 

hes Jeuilies sont alternes, assez rapprochées à l'extrémité des 
jeunes rameaux, sur lesquels elles sont placées presque hori- 
zontalement ; leur contour est denté, et chacune des dents ter- 
miné par une soie caduque; leur substance est membraneuse; 



suhcampanulatus , 4- (rariùs b) fidus, segmenlis ovalis midis, subconnalis, crassiuscnlis, œstiva- 
tioue valvalis , mucronc iiilroflexo brcvi. Siamina 4 segmenlis calycinis opposita. Filanienta 
subulata, glabra, calyce breviora- Ânthcia: subemarginala;, rotiindat;e, bilociilares, inlrorsœ, lo- 
culis subdiscretis rima bingitudinali dehiscenlibus. Pollen globosuni. Disciis, cui stamina extror- 
sùm iiiscrla , 4-^- rar. 3-lobus, lobis rotundalis, segmenlis calycinis aUcrnanlibns, carnosus pla- 
nas, glaberrinius. Fem. Calyx lurbinatus, ovario adharens, apicc 4fidus, segmenlis ovalis (maris 
similibus) paliilis. Stamina slerilia 4. Àntlierœ subrotiiiida;, biloculares, loculis subdiscretis rima 
sublongiludinali dehiscenlibus. polliae vacuis. DLsctu epigyniis nt in fl. mare. Stjlus unicus, cy- 
liudricus, glaljer, disco basi continiius. Stigmata tria, paluJa, lanceolata , papillosa. Ovarium car- 
nosum, calycis tubi arctè adnaUiiii,tarnosum, uniioculaie, loculo parvulo ; ex apice placentarii 
centralis brevis, fiinicuio brevi celliilari crassiusculo ovula lerna v. quaterna analropa cellu- 
laria appcnsa sunl. Fructus. Drupa monosperma, sublurbiuata, calycis rudimeiito disco styloque 
coronata, endocarpio cruslaceo, pyrenam turbinatam subrugosam fragilem efformans. Semen 
ûbortu solilariiim, placentario brevissirao parieli nuculse adpresso afûxum, tegumento proprio 
destitulum? Perispermum carnosum album. Emhryo oblongus subobliquus, radiculâ supe- 
riori , colyledonibus oblongis adpressis semi-cylindricis. 

Hab. iu Hispanià(herb. Tourncf. Powrct^j, circà Malagain (D"" Ramhur). In Algeriâ (D' Du- 
four) Tanger {Salzmann). 

Obs. Je viens de donner ici la description assez délaillée de cette espèce dHOsyrls que les 
collections de Salzmann onl déjà répandue dans les herbiers, afin d'apporter quelques rectifica- 
tions aux caractères de ce genre, car celles que j'ai faites modifient en plusieurs points ceux qui 
ont été publies jusqu'à ce jour, et en particulier celui qu'en a donné MM. Nées d'Esembeck jeune 
et Henry daus leur Gênera planlarim Flor<x. Cennanicoc : x° par la présence coustaiilc des éta- 



j. DECAisNE. — affinités du genre Helwingia. 67 

d'une nervure médiane saillante, principalement à la face infé- 
rieure, partent, en se courbant légèrement, plusieurs nervures 
presque opposées qui se ramifient elles-mêmes pour s'anasto- 
moser en formant un réseau qui se dessine en clair sur la sur- 
face du limbe; du reste, leur surface est entièrement glabre, 
luisante, d'un vert tendre, et rappellent assez bien les jeunes 
feuilles de V Hortensia; elles sont portées sur un court pétiole 
bordé supérieurement par le limbe ; à la base du pétiole , on re- 
marque des stipules latérales très étroites, membraneuses, bru- 
nâtres, caduques , divisées au sommet en plusieurs lanières sé- 
tacées très fines , flexueuses , articulées. 

I^es /leurs sont disposées eu petits groupes à la face supé- 
rieure et sur la nervure moyenne de la feuille, par le résultat 
de la soudure du pédoncule avec cette nervure, comme il est 
facile de s'en assurer d'après le diamètre qu'elle présente jus- 
qu'à la place occupée par les fleurs. Celles-ci sont ordinaire- 
ment plus nombreuses dans les individus mâles; je n'ai pu m'as- 
surer positivement de l'ordre d'inflorescence auquel elles ap- 



mines dans les ûeiirs femelles soit de celte espèce, soit de YOsyris aléa ; ces éfamines bien que 
slérikes, sont néanmoins fort apparentes et égalent presque en longueur celles des fleurs mâles; 
a° par le nombre des parties de la fleur, constamment de quatre dans C( tle espèce et dont les 
segmens sont dépourvus du pelit faisceau de poils qui s'observe dans l'autre espèce, quoique 
omis par M. Kees; 3° par l'insertion de la graine qui n'est pas attachée à la base du nucule. En 
effet, la manière dont je viens de décrire la position de l'ovule au moment de la floraison, change 
ce dernier caractère. Si on observe l'ovule quelque temps après la fécondation, on voit la cavité 
de la loge excavée et remplie en totalité de tissu cellulaire à cellules incolores ou brunes fixées très 
faiblement les unes aux autres, mais entourant de toute part le placentaire et lui adhérant même, 
celui-ci partant du centre de la loge après un accroissement assez grand, ne supporte plus qu'un 
seul ovule, arrondi, plongé par un côté dans la substance du placentaire ; cet ovule observé ainsi 
paraît pelté, comme le dit M. R. Browu (Prod.) Mais si on l'écarté de la partie du placentaire dans 
laquelle il est eu partie enfoncé, on entraîne avec lui un petit corps cylindrique qui n'est rien 
autre que le funicule supportant alors un ovule rond, charnu, ayant le bile et la chalaze con- 
tigus et diamétralement opposés au point où corresjiondra la radicule. Toutes ces parties, entou- 
rées au reste d'une grande masse de tissu cellulaire de consistance très molle elle-même, sont 
d'une dissection très difficile sur la plante sèche; néanœoins comme j'ai répété plusieurs fois la 
même observation, je ne crois pas m'ètre trompé à ce sujet. Quant à la graine, elle finit par rem- 
plir complèteuiL-nt la cavité de la loge, de la base de laquelle elle semble prendre naissance ; 
cependant avec un peu d'attention on retrouve le placentaire très petit relativement au volume 
de la graine, dans la substance de laquelle il se trouve enfoncé à cause de la pression que lui 
font éprouver les parois très dures du nucule. Le même fait, relatif au refoulement du placen- 
taire, a lieu mais d'une manière plus nette dans le Thesitim , le Qiiincltamalium, etc. 

6. 
t 



68 j. DECAISSE. ^ affinités du genre Helwingia. 

partiennent, quoique je les suppose terminales. Ces fleurs sont 
petites, de la grandeur de celles de X Osyris alba ; leur couleur 
est verte dans les individus mâles. Le calice de ces derniers est 
très court, et rappelle assez bien la forme des fleurs du genre 
auquel Tliunberg les avait rapportées : il est monosépale, à 
trois dents égales assez profondes, à préfloraison valvaire, adhé- 
rant dans sa partie inférieure à un disque assez épais, trilobé, 
au centre duquel on aperçoit le rudiment excessivement petit 
d'un ovaire avorté et enloncé dans l'épaisseur de ce disque. Les 
étamines, au nombre de trois, alternent avec les divisions du 
périanthe qu'elles ne dépassent pas; leurs filets s'insèrent dans 
l'intervalle de chacun des lobes du disque, au-dessous de ceux-ci. 
Les anthères sont basifixes, introrscs, droites, terminées su- 
périeurement par un très petit prolongement du connectif; 
les loges sont ovales et s'ouvrent longitudinalemctit par le mi- 
lieu ; le pollen est globuleux et presque lisse- 
La fleur femelle nous offre un calice dont le limbe se compose 
de trois ou quatre folioles lancéolées, réfléchies, herbacées et 
caduques , tandis qu'elles sont persistantes dans les fleurs mâles ; 
le tube adhère à l'ovaire; celui-ci est turbiné, recouvert par 
un disque assez large, charnu, parfaitement lisse, que ter- 
mine un style court divisé au sommet en trois ou quatre lobes 
lancéolés aigus, papilleux sur leur ^surface supérieure consti- 
tuant le stigmate. L'ovaire offre à l'intérieur autant de loges 
qu'il y a de lobes aux stigmates; chacune de ces loges con- 
tient un ovule pendant de leur sommet par un funicule assez 
court quoique légèrement plié sur lui-même. 

Le fruit est couronné par le bord du calice , le disque , et le 
rudiment du style; le péricarpe, assez mince, présente une 
surface rugueuse dont les aspérités se voient aussi à la face 
interne de l'endocarpe. La graine est appendue du sommet des 
loges; elle est anatrope, et présente un embryon qui en occupe 
presque toute la longueur. Sur un ovule assez avancé, j'ai cru 
remarquer un épaississement correspondant au hile, et le la- 
phé m'a semblé latéral par rapport à la cavité de la loge. La 
radicule m'a paru aussi légèrement courbée vers la partie cor- 
i^espondautau micropyle. 



j. DECA.ISNR. — affinités du genre Helwingia» 69 

Cette plante est le type d'une nouvelle famille dont je ré- 
sume ainsi les caractères : 

HELWINGIACE^. (1) 

Flores dioïci. Perianthium simplex, 3-4-partitura , laciniis 
ovatis patentibus, in femineis deciduis, praefloratione valvatâ. 
Disons obscure 3-aut-4-angulatus. Flores masc. Stamina 3-4, 
laciniis perianthii alterna. Antherœ filamentis continuas, sub- 
rotundae, introrsœ, biloculares, loculis cUscretis rima longitu- 
dinali dehiscentibus. Pollen laeve. Pistilli rudimentum subnul- 
lum , punctiforrae. Flor. fem. Op<2rzw/ra basi turbinatum , pe- 
rianthio adnatum, disco epigyno coronatum, 3-4-loculare, locn- 
lis uni-ovulatis. Ovula ex anguli apice interni loculamentorum 
pendula, anatropa. Stylus brevissimus, crassus. Stigmata 3-4 
brevia, subulaîa, divergenti-recurva, verr ucoso - papillosa. 
Fructus (immaturus) exsuccus, rndimento styli discique coro- 
natus, subapiculatus, 3-4-coccus, coccis lenticulari-compres- 
sis, chartaceis , rugosis, monospermis. 5e/7zz/2a compressa, fu- 
niculo brevi appensa, raplie excurrenti marginata, vertice in 
extremitate superiori affixa. Emhryo albuminosus (?), inversus. 

Genus unicum, Hehvingia Willd. 

H. ruscifloraYf'iWà. Sp. pi, — Nob. Planche 7. 

Osyris japonica Thunb. 

D'après cette description, et principalement d'après celle de 
l'ovaire, il est évident que YHehvipgia ne peut appartenir non- 
seulement au genre Osyris y mais encore à ia famille des Santa- 
lacées. La position des étamines alternant avec un calice à di- 
visi-ons caduques, surtout dans les fleurs femelles, paraît 
plutôt indiquer des rapports avec les pi; ntes à corolles poly- 
pétales qu'avec celles du groupe des apé'iles. 

Cependant, parmi celles-ci, les Euphorbiacées semblent au 

(i) Obs. sur quelq. pi. du Japon /par MM, MoiTcn et Decaisne. Bull. acad. Se. Brux. n. 5, 



70 y. DEC.visNE. — u4jjînitës du genre Helwingîa. 

premier abord offrir quelques points de ressemblance avec 
VHelivingiay soit à cause du petit nombre des parties de la 
fleur , soit par la structure du fruit, composé le plus souvent de 
trois coques renfermant un ovule pendant. Mais un examen 
plus attentif fjous montre, dans ÏHelaniigia, un ovaire adhé- 
rent, et cette seule considération nous oblige à éloigner cette 
plante des Euphorbiacées. 

Parmi les polypétales qui semblent aussi réclamer ÏHel- 
wingla, nous trouvons les Célastrinées et les Rhamnccs, pré- 
sentant des exemples de fleurs incomplètes, et pouvant jusqu'à 
un certain point oflrir de l'analogie avec lui, surtout par la 
position des étamines alternes avec le calice. Néainiioins, 
conmie la première de ccs deux familles nous offre des fruits 
dont les loges renferment plusieurs ovules, et que la préflorai- 
son est imbriquée, tout rapprochement doit cesser ainsi qu'a- 
vec les Rhamnées, dont l'estivation du calice est valvaire connne 
dans ÏHehvingia , mais chez lesquelles les fruits renferment 
des graines dressées du fond de la loge, avec la radicule in- 
férieure. 

Eu éliminant ainsi plusieurs autres familles à ovaire adhé- 
rent, avec lesquelles ÏHehvingia n'offre aucune analogie, 
même par son port, comme il paraissait en montrer avec les 
familles précédentes, il nous reste à examiner ses affinités avec 
les végétaux du groupe formant les limites des familles à co- 
rolles monopétales et polypétales à insertion épigynique. Parmi 
ces familles, nous remarquons plusieurs genres à fleurs dioïques, 
dépourvus de corolles, à étamines alternant avec les lobes du 
calice , ou en nombre double , soit fertiles ou stériles , avec des 
ovules solitaires et pendans du sommet des loges. Je pense donc 
que c'est parmi ces familles où l'insertion est épigynique, qu'il 
faut chercher les affinités de notre plante les plus conformes à la 
nature. Les Ilamamélidées et les Arahacées viendront se placer 
en première ligne. 

Dans les Araliacées, l'ovaire est infère parfaitement adhérent 
au calice; les loges, dépassant souvent le nombre de deux, ren- 
ferment ua seul ovule suspendu à fangle interne de la cloison ; 
les étamines sont en nombre égal aux divisions de la fleur, et 



J. DECAiSNE. — Affinités du genre Helwingia. 71 

alternent avec les pétales ; la préfloraison valvaire et les sexes 
sont souvent séparés. Ces plantes sont privées de stipules. 

Parmi tous ces caractères , il en est plusieurs, comme on le 
voit, qui sont communs à VUeUvingia^ et d'autres qui lui sont 
contraires. Parmi ces derniers, la position des étamines alternes 
avec les divisions du calice au lieu de leur être opposées , celle 
de l'ovule et la présence des stipules, séparent cette plante des 
Araîiacées. 

Les Hamamélidées nous présentent des fleurs pourvues, soit 
d'un double rang d'étamines dont un stérile opposé aux péta- 
les , soit toutes fertiles et au nombre de vingt , comme je l'ai 
observé dans une nouvelle espèce du genre Parrotia recueillie 
au Cachemyr par Jacquemont, soit enfin des étamines en nombre 
indéterminé comme dans le Fothergilla. L'ovaire est libre ou 
semi-adhérent , constamment à deux loges renfermant un seul 
ovule suspendu au sommet et présentant un raphé latéral au 
lieu d'être parallèle à la cloison, comme on l'observe dans la fa- 
mille précédente. 

Ainsi, comparé avec cette dernière famille, V Hehvingîa s\- 
rattache, soit par l'absence des pétales comme quelques espèces 
d'Hamamélidées nous en offrent des exemples, soit parla posi- 
tion de l'ovule et du raphé, position que, sans pouvoir l'affir- 
mer, je suis porté à regarder comme identique avec celle des Ha- 
mamelis , chez lesquelles nous retrouvons des feuilles pour- 
vues de stipules, mais couvertes, à l'exception d'une espèce, 
de poils étoiles qui manquent dans VHehvingia. Ce serait donc 
avec cette dernière famille que \Osjris japonlca de Thunberg 
offrirait le plus d'analogie, sans toutefois pouvoir lui être réunie 
à cause du nombre différent des loges de l'ovaire, de la présence 
d'un disque épigynique, de la structure des fleurs mâles, enfin de 
l'absence de la villosiîé caractérisaiU en partie les Hamamélidées 
avec lesquelles VHehvingia ne présente en outre aucune ressem- 
blance d'aspect. Je pense donc que ce genre peut, dan^ l'état 
actuel de la science, être rangé en dehors des deux fazuilles pré- 
citées , et en constituer une qui viendrait prendre place côté 
de ces dernières. 

L'examen de quelques plantes de la fn mille des Araîiacées 



^2 J. DECAisNL. — Ajfinités du genre llelwingiaJ 

m'ayant conduit à étiulier la fleur de XAdoxa^ je crois pouvoir 
apporter quelques rectifications à ses caractères. 

Cette plante que M. De Candolle range en tête de la famille, 
me paraît, si elle s'en rapproche en quelques points , s'en éloi- 
gner en d'autres, extrêmement importans, et notamment par la 
structure de la fleur. En effet, la manière devoir de Linné, qui 
considérait la fleur de XAdoxa comme jîourvue d'un calice et 
d'une corolle monopétale, me paraît s'accorder assez bien avec 
ce que nous démontre l'observation , puisque nous voyons un 
premier verticille extérieur composé généralement de trois par- 
ties auquel en succède im autre formé d'une corolle à cinq lobes, 
à estivation unbriquée, suivi lui Uiéme du verticille staminal 
soudé à ce dernier par un disque assez charnu. Il est vrai que 
dans le verticille extérieur, deux des divisions avortant ordinai- 
rement, celles-ci se trouvent ainsi réduites à trois; mais les 
exemples de fleurs sur lesquelles on remarque les cinq pièces 
de ce verticille ne sont pas rares et doivent nous servir de type. 
Cette tendance au retour du nombre normal se fait remarquer, 
au reste, par une assez grande quantité de fleurs munies d'un 
calice à quatre divisions, sans parler de la fleur terminale of- 
frant presque constamment ce nombre. Ces divisions, souvent 
inégales dans les jeunes fleurs, firussent par devenir de gran- 
deur égale en suivant la maturité du fruit auquel elles se sou-^ 
dent et qu'elles surmontent plus tard sous forme de dents. 

Le verticille plus intérieur, inséré sur l'ovaire, se compose 
d'une corolle à quatre ou cinq lobes , suivant la place qu'occu- 
pent les fleurs dans l'inflorescence; celle-ci est terminale et pré- 
sente à son extrémité une fleur généralement à quatre lobes, 
tandis que toutes celles qui lui sont inférieures en offrent cinq. 
L'estivation de cette corolle est quinconciale et présente une 
très grande diversité dans la position relative de chacun de 
ses lobes ; elle est de consistance et de couleur herbacée dans 
le premier âge, mais elle ne tarde pas à acquérir plus tard une 
teinte jaunâtre et une plus grande résistance; elle se détache 
assez long-temps après la fécondation en emportant les étami- 
nes qui lui sont attachées au moyen d'un disque assez épais et 
de couleur jaune, servant peut-être à retenir ainsi cinq pétales 



j. UECAISNE. — 'Affinités du genre Helwingla, ^3 

originairement libres, comme cela s'observe dans quelques gen- 
res des Ternstrœmiacées, ce qui du reste s'accorderait mieux 
avec la place que doit occuper V^doxa. En considérant ce ver- 
ticille comme calicinal, il présenterait ce cas unique à ma con- 
naissance, d'un calice monosépale emportant les étamines, et 
celles-ci présenteraient en outre dans leur situation un fait re- 
marquable en opposition avec les lois d'alternance, puisque, en 
regardant chacun des filets anthérifères comme une seule éta- 
mine , chacune d'elles ne se trouve ni alterne avec les divi- 
sions calicinales, ni opposée aux pétales. En observant des 
fleurs jeunes, il me paraît évident que chaque filet ne consti- 
tue pas une étamine complète, puisque les dix filets ne sup- 
portent chacun qu'une anthère peltée à une seule loge , les- 
quelles s'ouvrent toutes par la face interne, à une même épo- 
que. Ainsi cette observation me porte à regarder chaque filet 
avec son anthère uniloculaire, comme la moitié d'une étamine 
profondément divisée en deux parties, qui, par la réunion des 
deux filets constituerait une étamine unique supportant une 
anthère biloculaire placée ainsi entre chacun des lobes de la 
corolle au lieu de se trouver sur leurs côtés. 

Considérée ainsi, la fleur de Wédoxa rentre complètement 
dans la symétrie des autres plantes de la famille des Araliacées 
sans qu'il soit nécessaire d'admettre la transformation des pé- 
tales en organes mâles , comme le suppose M. De Candolle , 
puisque nous retrouvons ainsi quatre verticilles alternant les 
uns avec les autres, comme dans le grand nombre des Dicoty- 
lédones. 

Il me reste à ajouter au sujet de cette plante une obser- 
vation relative à la graine; Gaertner et quelques autres bo- 
tanistes ayant pris pour elle l'endocarpe qui la contient. 
Le fruit de XAdoxa est une baie à quatre ou cinq loges dont 
le péricarpe, celluleux et de couleur verte, est intimement soudé 
au calice; le sarcocarpe se compose d'un tissu cellulaire très 
lâche, incolore, mucilagineux, à cellules horizontales; l'endocarpe 
cartilagineux, verdàtre, présente au sommet un trou arrondi à 
travers lequel pénètrent les vaisseaux nourriciers supportant 
une graine anatrope dont le testa est celluleux j le périsperme 



74 '• DEC AISNE. — Affinités du genre Helwingia. 

est charnu , car le Lierre semble offrir seul dans la famille un 
exemple tle périsperrae profondément ruminé. 

L'Adoxe différant des Araliacées en général par sa corolle 
monopétale à estivation quinconciale, et non valvaire , ainsi 
que par la structure des étamines, il en résulte, ce me semble, 
que ce genre ne doit pas être mis eu tète de cette famille pour 
en servir pour ainsi dire de type, mais , au contraire rejeté à la 
fin comme genre anomal. 

Une partie de nos observations ayant en outre pour objet 
XOsyris alha^ dont la structure des fleurs et de l'ovaire n'ont 
été bien figurés, à ma connaissance, dans aucun ouvrage, et 
qui diffère à plusieurs égards de XOsyris quadriparùla , sur le- 
quel j'ai appelé l'altention des botanistes, j ai pensé que l'ana- 
lyse florale de l'espèce commune ne serait pas sans intérêt, 
puisqu'elle contribuerait k éclaircir et à mieux faire connaître 
la structure d'une plante appartenant à la Flore française. 



EXPLICATION DES PLANCHES VI ET VU. 

PLANCHE VI.— A. OsYRis alba 

Fig. r. Ramusculc de grandeur naturelle d'un individu femelle, aûn de montrer le mode 
d'inflorescence. 

Fig. a. Fleur mâle très grossie ainsi que tous les autres détails : en a. petite touffe de poils 
qui se trouvent sur le dus des anthères, et qu'où remarque également sur le milieu des divi- 
sions du périanibe. 

Fig. 3, Pollen provenant des étamines mâles; lorsqu'il est humide, il devient globuleux et 
présente trois plis longitudinaux ou des pores peu apparens ; la membrane externe est liasc. 
I Fig. 4. Fleur femelle. 

Fig. 5. La même coupée verticalement : en a. divisions du périanthe coupées par leur moi- 
tié; h. étamine stérile; c. le disque autour duquel s'insèrent les étamines; d. style; les deux 
lobes papilleux constituant les stigmates ; e. portion charnue de l'ovaire;/, cavité uniloculairc 
reuferraant un très court placenta central supportant ordinairement deux ovules. 

Fig. 6. Anthère de la fleur femelle ; les loges sout souvent difformes et ne contiennent point 
de pollen. 

Fiî,. 7, Placentaire isolé; on voit les deux ovules recourbés sur eux-mêmes; ils paraissent 
être placés un peu obliquement. 

Fig. 8. Ovule isolé; il est entièrement celluleux : a. le point d'attache du funicule ou du 
raphé libre, en supposant l'ovule privé de tégnmens ; h. partie correspondant à la chalaze ; 
c. sommet de l'omle correspondant au point d'imprégnation. 



j. DECAisNE. — Affinités du genre Helwingîa; ^5 

Flg. g. Un ovule beaucoup plus âgé. Les roèmes lettres indiquent le* parties analogues à la 
figure précédente. 

Fig. lo. Coupe verticale d'un jeune fruit; on voit en a, l'épicarpe; en b. le sarcocarpe; 
en c. l'endocarpe devenu celluieux; en d. le placenta , qui a pris un grand développement à la 
maturité de la graine; il se trouve rejeté sur le côté du fruit , et disparaît presque complète- 
ment; en/, partie supérieure du placentaire, présentant un enfoncement dans lequel se niche 
une partie de l'ovule; à cette époque, je n'ai pu découvrir les rudimens de l'un ou de l'autre 
ovule, qui avorte toujours complètement. 

B. OSYRIS QUADRIPARTITA. / 

Fig. I. Fragmens da rameau de l'individu mâle, de grandeur naturelle; les pédoncules 
axillaires sont uni-ou triflores; les pédicelles sont articulés et offrent des bractéoles à leur baje 
sur de très jeunes fleurs. 

Fig. 2. Rameau de grandeur naturelle de l'individu femelle; on remarquera la différence 
dans la disposition des fleurs de cette espèce avec la précédente. 

Fig. 3. Fleur mâle; les anthères sont dépourvues de poils ainsi que les lobes -du périanthe 
au point où correspondent les anthères. Le disque est quadrilobé , à cause du nombre des par- 
ties de la fleur. 

Fig. 4. Fleur femelle à trois divisions. Sa forme est différente de celle de VOsjris alba. 
Fig. 5. Fleur femelle à quatre divisions. 
Fig, 6. Anthère prise sur une fleur femelle. 
Fig. 7» Section verticale d'une fleur femelle. 

• Fig. 8. Placenta retiré de la loge; dans celte figure, on aperçoit distinctement la position 
oblique des ovules. 

Fig. g. Ovule isolé. 

I^ûta; Les lettres indiquant les détails sont les mêmes que celles des parties analogues des 
figures de YOsjris alba. 

PLANCHE "Vn. — Hblwingia rusciflora.; 

Fig. I. Rameau de grandeur naturelle appartenant à un individu mâle vivant, et dessiné 
d'après nature. 

Fig. a. Feuille isolée appartenant à un individu femelle. Le fruit est solitaire. 

Fig. 3. Plan symétrique de la fleur mâle: a, les divisions du pévianthe; b. les élamines; 
c. disque ; /. rudiment de style au centre. 

Fig. 4. Le même de la fleur femelle ; a. division du périanthe; b. le disque; c. l'ovaire tri- 
loculaire , avec lequel alternent les stigmates en cJ. 

, Fig. 5. Fleur mâle : «. les divisions du périanthe assez épaisses, un peu creusées au som- 
met ; b. les élamines à anthères iutrorses ; c. le disque , au centre duquel on voit un petit bou- 
ton rudiment d'ovaire. 

Fig, 6. Anthère vue par le dos. 

Fig. 7. a. Pollen elliptique sec, retiré de l'anthère, avec trois phs ; b, plongé dans l'eau, 
il devient sphérique . et offre trois pores ou bandes. 

Fig, 8. Fleur femelle. La quatrième division se trouve cachée. 

Flg. g. La môme coupée verticalement : a. division du périanthe; b. disque charnu sur- 
montant l'ovaire et paraissant être continu avec le style; c. le style très court; d, stigmate; 



76 siEBOLD ET zuccARiNr. — Flora japouica. 

*. portion charnue de l'ovaire ; / ovule pendant du sommet de la loge par un funicule court 
UD peu replié sur lui-même; 

Fig. 10. Jeune fruit à trois côles : on voit en a. un cercle indiquant la place sur laquelle 
s'insérait la division du péi ianthe ; en b. le style divisé au sommet en quatre lobes stigniatiques; 

Fig- II. Le même ayant une io^e coupée par le milieu du dos, afiu de montrer la position 
de l'ovule. Dans le seul fruit que j'ai eu à ma disposition , je n'ai pu m'assurer si le raplié est 
tourne en dehors , ou s'il longe la cavité interne de la loge ; d'après la position de l'ovule fig. g, 
je suis porté à regarder le raphé comme placé un peu latéralement. 

Fig. 12. Ovule retiré de la loge : a. le rudiment du funicule; b. le raphé; c. la chalaze ; 
d. le micropyle ; ou voit l'embryon e. par transparence. 



Flora Jàponica, sweplantœj quas in impeno Japonico colle^it^ 
descripsit ex parle., in ipsis lacis pin^endas curant ]). P1i.Fr. 
DE SiEiîOLD. Sectio prima, contineiis plantas oriiatui vcl usiii 
inservientes. Digessit U. J. G. Zuccvrini. fFasc. i et 1. 28 p. 
in-4°, ciini 10 tab. lapide incisis iSS'). Liigthino Batavorum 
apud auctorem; Amstelodaini, J. Millier; Lipsiaî, L. Vossj 
Parisiis, L. lloret; Pctropoli, J. Brieff; Viiidoboiuc, Scliauin- 
biHg.) 

Le voyage si aventureux du D.Siebold au Japon devait natu- 
rellcnient présenter de grands résultats pour la botanique, puis- 
que ce savant, si versé dans toutes les branches des connais- 
sances humaines, avait fait de cette science une étude spéciale, 
et qu'il avait pu rapporter du Japon des graines qui ont été se- 
mées dans le jardin de Gand, et des matériaux pour une flore 
plus complète que celles publiées par les auteurs antérieurs. 
M. de Siebold a déjà satisfait en partie aux vœux des botanistes 
en publiant les deux premières livraisons de l'ouvrage qu'il a 
intitulé Flora Japonicay dont la première section renferme les 
plantes usuelles et d'ornement. Il a chargé de la description 
des espèces M. Zuccarini, professeur de botanique économique 
et forestière à j\*unich, connu si avantageusement par plu- 
sieurs écrits, et notamment par sa coopération aux ouvrages de 
M. de Martius. M. Zuccarini y a fait preuve , de nouveau , d'un 



siEEOLD ET zuccARiNi. » — Flova japoTiica. 77 

grand talent descriptif, et il a ajouté aux figures des espèces un 
grand nombre d'analyses extrêmement instructives. 

L'exécution de cet ouvrage est vraiment admirable sous le 
rapport typographique et sous celui des planches qui ont été 
dessinées, gravées et enluminées'" avec une rare perfection. Mais 
comme on pourrait craindre que ce mérite fût précisément une 
cause de cherté qui empêcherait l'ouvrage d'être à la portée de 
la plupart des botanistes éloignés des grandes bibliothèques, 
nous tâcherons, dans l'analyse suivante, de faire connaître, au- 
tant qu'il nous sera possible, celles des plantes du Japon qui 
offrent le plus d'intérêt. Il est à peine besoin d'avertir nos 
lecteurs que cette analyse sera bien loin de suppléer, nous 
ne dirons pas aux belles figures, cela est impossible, mais aux 
descriptions latines fort étendues et aux observations françaises 
qui se trouvent à la suite de ces descriptions. 

Nous regrettons que les plantes décrites dans cet ouvrage 
soient exposées sans ordre méthodique, de sorte qu'on passe 
souvent d'un objet à un autre qui n'a pas avec lui la moindre 
connexion. Ainsi la première livraison commence par une 
Magnoliacée, puis vient un Chêne, ensuite une Jasminée, 
à laquelle succèdent des Renonculacées. Nous eussions préféré, 
à cette variété dans les sujets décrits, des séries de plantes ana- 
logues qui nous auraient en même temps fait connaître avec 
plus d'exactitude la physionomie de la végétation japonaise, et 
par là eussent mieux mérité à l'ouvrage le titre de Flora j'aponica. 

Illicium religioscm tab. i. 

I. arboreum sempervirens totum glabnim, foliis ellipticis iategerrimis ufiin- 
que atteauatis coriaceis, staminibus 18-20, capsulis carnosis. 

Cette espèce est nommée Ski'mi par les Japonais. Kœmpfer, 
dans ses Amœnitates exoticœ , l'avait déjà décrite et figurée. Elle 
avait été confondue avec K lllicïum anisatwn par Thimberg, mais 
li. anisatiim de Loureiro et de Gœrtner est une plante totale- 
ment distincte par sa tige frutescente, ses feuilles ovées, ob- 
tuses, petites, et ses étamines au nombre de trente environ. 
L'J. religiosum est une des plantes de la Chine ou de la Corée 



7^ siEBOLD ET zucCARiNï, •— Floru japoîiica. 

(Korai) introduites au Japon dès les temps les plus reculés,par les 
prêtres budhistes, qui ont coutume de la planter aux alentours 
des temples. Le fruit ressemble à la Badiane {lllicium anisatum)^ 
sans en avoir le goût aromatique. M. de Siebold pense que cet 
arbre pourrait être cultivé en Italie et dans la France méridio- 
nale, quoique dans sa patrie il ne dépasse pas le 35" degré de 
latitude septentrionale; mais il ajoute que les contrées de l'Asie 
orientale et des îles du Japon sont beaucoup plus froides que 
celles de l'Europe situées aux mêmes degrés de latitude. 

QUERCUS CUSP1DA.TA tab. 2. (l) 

Q. foliis sempcrvirenlibus(biennibus) oblongis vcl ovato-oblongîs longe cus- 
pidatis iulegcniiuis vel icmote et obtiisc scrratis coriaceis glabiis siibuis lusces- 
ccntibus; floribus spicatis , spicis elongalis filiforniibus striclis in paniculam basi 
foliosam congcstis, masculis infcrioribiis numcriosioribus, fœmineis supcrioiibiis 
subsolitariis; fruclibus secundo anno maluranlibus dense spicaiis, cupulis squa- 
raaruin delapsarum rudimcntis notatis glandcm oblongam vel subglobosain to- 
tam iucludcutibus, demum ab apicc irrcgularilcr valvatim dcliisccntibus. 

Kfempfcr {Jmœn. p. 8i6, tab. 38) avait déjà fait coiuiaîtrc 
cette espèce de Chêne, en indiquant son nom japonais Sji noki. 
Thunberg, dans sa Flora japomca,\\.\v imposa le nom de Quer- 
eus cuspidatc y qui a été admis par tons les auteurs. 

Cet arbre se trouve dans toutes les îles du Japon, sur les col- 
lines et les montagnes, jusqu'cà la hauteur de mille pieds au- 
dessus de la mer. 11 croît en bosquets mêlés de diverses espèces 
Chênes, de Châtaigniers, de Lauriers, de CamelUa et d'autres 
arbres. Dans les jardins il sert d'ornement, et ses fruits, dont 
le goût rappelle celui de la châtaigne, se mangent crus ou grillés 
sur la braise. Son bois est lisse, dur, propre à la fabrication des 
instrumens aratoires, des montures de fusil, etc. M. de Siebold 
a réussi, en i83o, à transporter en Europe cette espèce de 
Chêne, ainsi que plusieurs autres plantes, par le procédé que 

(i) M. Zuccarini ajoiile en note, que dans les Quercm\fi cotylédons sont charnus et pla- 
nes, tandis que dans les Fa°us et Castanea, ils sont plissés-enroulés irrégnlièreraeul. C'est, dit* 
il, le seul caractère slriclcnjent dis'juciif de ces genres voisins. 



siEBOLD ET zuccArjNi. — ¥lora japonîca. 7g 

les Japonais emploient pour conserver de gros marrons jusqu'au 
milieu de l'été, et qui consiste à les envelopper dans de l'argile. 
C'est de cette manière que le jardin botanique de Leyde a été 
enrichi d'un grand nombre de plantes japonaises. Pendant les 
hivers de i833 et i834, l^s Quercus ciispidata, glabra et ser- 
rata, quoiqu'en pleine terre, ont très bien supporté la tempé- 
ratiUT. 

Forsythia suspensa tab. 3. 

F. glabra, foliis oppositis ternis quaternisve serratis integris ovatis acutis vel 
teruato-pianatiseclis, floribus prœcocibus pedunculatis. 

M. Zuccarini expose les caractères du genre Forsythia , con- 
stitué par Vahl, genre extrêmement voisin du Syringa , mais 
qui s'en distingue par sa corolle campanulée et par les loges de 
ses capsules polyspermes, tandis qu'elles sont dispermes dans 
le Sp'inga. Le F. suspensay-AhX [Syringa suspensa Thunb. ) est 
un joli arbrisseau que l'on cultive dans tous les jardins du Japon, 
mais qui paraît avoir été introduit de la Chine. Il y en a deux 
variétés, Tune à rameaux dressés, dont le nom japonais-chinois 
est 1 tais l-gusa Pœn-gjoo , et l'autre, à rameaux pendans, nom- 
mée Kitatsi-gusa Pœn-gjoo. En i833, M. Verkerk Pistorius a 
introduit, en Hollande, celte belle plante, ainsi que d'autres 
espèces rares. 

Anémone cernua tab. 4- 

A. fobis pitinaliseclis, segmentis inferloribus loiigius pecîiccUatis , omnibus 
pinnatifidis , lobis incisis lincari-oblongis acutis, iiiuioribus utrinquc sericeis , 
adultis subtus tantum villoso-hirsutis, iuvolucro niultifldo, floris nulaatis sepa- 
Us ereclo-pateulibus clliptico-oblongii acutis. ' 

Cette espèce, déjà décrite par Thunberg, ressemble beau- 
coup à notre J. pratensis; elle sert à décorer les rochers dans 
les parcs. 



8o siEBOLD ET zuccARiNi. — Flora japonica. 



5. Anesione japonica tab. 5. 

A. caulescens, follis radicalibus caulinisque tcrnalim scctis, segmcntis coidatis 
trlloLis inaequalitcr dijplicato-serratis, iuvolucralibiis iafcrioribus petiolatis basi 
cuneatis cseterum conformibus , sii^^ierioribus sessilibus , pcduoculis elongatis 
vcl nudis unifloris vel dichotomo-ramosis et itcrum involiicratis, scpalis plusquam 
20 cxtus sericeis, caryopsibus ecaiidatis dense villosis. 

Thiinberg, dans sa Flora japonica, a décrit cette plante, qui 
est nommée par les Japonais Kifune-gik, c'est-à-dire Aster de 
Kifune, parce qu'elle croît sur le mont Kifune, près de la ville 
de Miako. ÎM. Zuccarini lui donne, comme synonyme, le Cle- 
matis ? polypetala 1 ) C. 

6. Dectzia crenata lab. G. 

D. follis c basi rotundata vcl subcordata laie ovatis aculis tcniiitcr crcnulalis 
breviter petiolalis, ulrinquc pilis slcllatis scabiiusculis, pilis paginae superioris 
4-6, infcrioris multifidis, floribiis in thyrsum paniculiforinem dispositis, stami- 
nibiis 3-dcatatis, anlberis baibatis. 

Cette espèce nouvelle habite les vallées humides et ombragées 
du Japon ; sou nom ja[)onais est Ulsuji , Unoliana, 

7. Deltzia scabra tab. 7. 

D, foliis e basi rotundata Tel subcordata ovatis acuminatis argnte serrulatisi 
subsessilibus vel brevissime petiolatis utrinquc pilis stellatis 3-4-fidis scaberri- 
mis, floribus in thyrsum paniculiforinem dispositis, staminibus basiplanis sursum 
atteuuatis edentulis^ authcris barbatis. 

ïhunberg a décrit et figuré cette plante, mais la figure qu'il 
en a donnée s'éloigne tellement du D. scabra^ que l'on croirait 
qu'il a voulu représenter le D. crenata, s'il n'avait pas dit ex- 
pressément que la plante sert à la polissure des ustensiles de 
bois, ce qui ne peut s'appliquer qu'au D. scabra. 



siEBOLD ET zuccARiNi. — - Flova japouîca. 8l 

Beutzîa gracilis tab. 8. 

D. foliis e Lasi cuneata lanceolatîs vel ovato-lanceolatis acuminatis argute ser- 
rulatis petiolatis ulriuque pilis stellatis minatissimis adspcrsis, floribus in race- 
mos simplices dispositis, calycis laciniis acumioatis^ filamentis tridentatis, anthe- 
ris glabris. 

Cette espèce nouvelle croît dans les hautes montagnes des 
provinces méridionales du Japon. 

M. Zuccarini a fait précéder les descriptions de ces trois es- 
pèces, par lexposition très détaillée des caractères génériques 
du Deutzia. Ce genre avait été placé parmi les Philadelphées 
par M. Wallich et parmi les Caprifoliacées par M. Blume. Cepen- 
dant il diffère des Philadelphées par son estivation valvaire 
et non convolutive-imbriquée, par ses étamines définies, l'ab- 
sence de l'arille et la situation de l'embryon. Il se distingue des 
Caprifoliacées par son estivation, sa corolle po]ypétale,ses ovules 
dressés et la situation de son embryon. M. De Candolle a mieux 
exprimé ses affinités en le joignant, aux Saxifragées, où il forme 
une tribu particulière avec les genres Hydrangea, Cyanitis, 
Adamia et Broussaisia. Des huit espèces de Deutzia connues 
jusqu'ici, trois habitent les Alpes de l'Inde centrale (l'Hyraa- 
laya, où elles ont été trouvées par le D. Wallich); une, les 
montagnes élevées du Japon; deux, les plaines de cet empire; et 
les deux autres le nord de la Chine, où M. Buuge les a dé- 
couvertes. 

Rhododendron Metternichii tab. g. 

R. fruticosum, foliis oLlongis vel obovato-oLlongis acutis coriaceis subtus 
ferrugineo-tomcntosis , racemis terminalibus simplicibus corymbosis ]o-i5- 
floris, calycibus minimis septemdeutatis. coroUis campanulatis septemfidis, sta- 
minibus i4. 

Ce beau Rhododendron habite les Alpes du Japon septentrional, 
et se trouve surtout en abondance dans les montagnes de Niko. 
Thunberg l'avait confondu avec le R. maximum^ mais il s'en 
distingue facilement par le duvet roussâtre de la face inférieure 



82 siEBOLD ET zuccARiNi. — Florci japoTiiccu 

de ses feuilles, par ses fleurs plus grandes à sept divisions, et 
par ses étamines au nombre de quatorze. M. Blume, dans ses 
Bljdragen, avait proposé d'en former un genre sous le nom 
àiHjmenanthus; mais, selon M. Zuccarini, il est impossible 
d'éloigner cette espèce des Rhododendron, surtout des R. cam- 
panulaium ^t arboreum , dont elle ne diffère que par le nombre 
septénaire des parties de la fleur. 

Paulownia imperialis tab. lo. 

P. arhorca, foliis e hasi cordata ovatis acutisindivisis vcl triloMs intcgcirimis 
suLtus mollilcr villosis , lloribus paniculati:;, calycibus dense feriiigiuco-lo- 
nicntosis. 

Cet arbre, un des plus beaux du Japon , croît dans les pro- 
vinces les plus australes de cet empire, où on Itf nomme Kirri, 
On le cultive partout ])our l'ornement, dans les jardins et les 
chemins publics. Kajmpfer l'a anciennement décrit et figuré, et 
Thunberg l'a décrit sous le nom de Bignonia tomentosa ^ plus 
tard, Sprcngel l'a placé dans le genre Incarvdlœa, qui appartient 
à la famille des Bignoniacées. Cependant M. Zuccarini le place 
parmi les Scrofularinées près du Lophospermum et du Rhodo- 
chiton dont il se distingue par son calice coriace épais, par son 
stigmate simple tronqué, et par sa capsule s'ouvrant régulière- 
ment en deux valves septicides. Voici, au surplus, le caractère 
différentiel assigné à ce genre par M. Zuccarini : 

Paulownia. Calyx coriaceus, campanulaîus, 5-fidus. Corolla 
campanulato-tubulosa, limbo 5-fjdo subbilabiato. Stamina 4, 
anllieris liberis. Ot'anww biloculare. Stylus simplex, stigmate 
truncato. Capsula lignosa, bilocularis, bivalvis, valvulis septi- 
cidis. Seinina plurima alâ raembranaceâ cincta, placentce crassaj 
in dissepimenti dorso affixa. 



j. E. TAUSCH. — Sur le genre Galium. 83 



Observations sur le genre Galium et quelques genres voisins, 
pay le professeur J. E. Tausch. (^hlora i835, n°* 22 et 28, 
pag. 337.) 



Ayant déjà donné, à plusieurs reprises, quelques extraits des 
travaux l)olaniques de M. Tausch, nous trouvons, dans le Flora, 
un article de ce savant, qui traite, entre autres, de plusieurs 
plantes appartenant à la Flore française, et nous croyons rendre 
service aux botanistes de France en leur communiquant les 
principaux résultats de ce travail. Nous espérons empêcher par 
laque les plantes sur lesquelles l'auteur a dirigé ses recherches 
ne tombent dans l'oubli, comme cela paraît avoir eu lieu poui' 
quelques espèces de notre Flore, publiées, il y a déjà plusieurs 
années, par M. Tausch, principalement sur des matériaux à lui 
fournis par Sieber, et négligés jusqu'ici par les auteurs qui ont 
écrit sur la Flore française. Les espèces qu'il a proposées, fus- 
sent-elles même peu solides, n'en mériteraient pas moins d'atti- 
rer l'attention et les recherches de nos compatriotes. 

M. Tausch commence par déclarer que , jusqu'au Prodrome 
de M. De Candolle, aucun ouvrage n'a donné, pour les Galium, 
une division naturelle; il n'est cependant point toujours de l'avis 
du professeur de Genève. Il croit avoir trouvé un caractère né- 
gligé jusqu'ici, d'après lequel ce genre peut se diviser en deux 
groupes très distincts : ce caractère est fondé sur le développe- 
ment et l'épanouissement des fleurs. En effet, dans l'un des deux 
groupes, elles se développent d'abord à la partie inférieure et 
aux rameaux delà plante, de manière que les premières fleurs 
sont déjà changées en fruit, quand le sommet de la plante com- 
mence à s'épanouir; dans le second, au contraire, les fleurs se 
développent simultanément à toutes les parties de la plante, ou 
dans des espèces pauciflores, celles du sommet se développent 
les premières. 



6. 



84 J' K. T\uscH. — Sur le genre Galium.' 

Galium DC. Prod. (excl. nonnullis Asperae speciebus.) 
I. EuGALiUM. Fores anthesi cosetanei, seu superiores primores. 

1. Staurogalion. Folia verticillata quaterna , saepe latiora 
et trinervia. Hue referenda Cl. De Candolle Platygalia , Cocco- 
galia, Trichogalia (magna pars) et G. fruticosiim Willd. Sub- 
dividi possunt ex inflorescentla axillari, corymbosa aut pani- 
culata. 

G. rotundifoVmm L. et ellipticum Willd. La synonymie de ces 
deux espèces est toujours encore embrouillée. M. Tausch in- 
dique les ouvrages anciens où l'on trouve chacune des deux. — 
L'auteur possède un échantillon du G. circœezaiis y qui se dis- 
tingue de la forme ordinaire par l'absence des soies sur le fruit, 
comme on l'a trouvé dans les derniers temps dans plusieurs 
autres espèces. — G. articulatum Lam. DC. (excl. G. articidalo 
B. Scli. et Valanda articulata Lam.) Buxb. Cent. 2, t. 29, n'est 
que le G. ruhioides var. latifoUa qu'on trouve aussi en Ilongiie: 
le nom de G. articulatum Roem. et Schult. pourra donc être con- 
servé pour \g Falantia articulata Linné.- — lie G. fruticosum 
Willd. est identique avec le G.Junceum Sibth. Fl. gr. Sprengel 
y réunit, et ?i'ès probablement avec raison, le G. dlcholomutn 
Lehm. Dans le Prodrome, ces trois espèces sont énumérées 
comme distinctes. 

2. Jsterogalion. Folia verticillata 6-8-1 o,raro 4-5. Hue spec- 
tant Leiogalia (maxima pars), Erythrogalia , Xanthogalia, 
Trichogalia (pars). Subdividi possunt quoque ex inflorescentia. 

Galium linifolium Lam. DC. ne paraît, d'après la description 
du Prodrome, autre chose que le G. sylvaticum L. ; c'est à cette 
même espèce qu'appartient la planche 609 du Flora danica 
citée pour le G. linifolium par M. De Candolle. La forme des 
feuilles est trop variable dans cetîe plante, pour qu'on puisse y 
trouver une différence spécifique. — Le Galium aristatum L. 
spec. Mert. et Roch , a pour synonymes les G. tyrolense Willd. ! 
et G. svhaticum Vill. Dauph. — jLe G. firmum Tausch, Flora 



j. E. TAUSCH. — Sur le genre Galium. 85 

i83i , pag. 222, serait omis dans le Prodrome : M. Tausch ou- 
blie-t-il que le Prodrome a paru en i83o? ou sa citation dans le 
Flora est- elle fautive ? — Le G. lucidum Ail. {erectum Huds. DC.) 
se distingue par ses feuilles raides, à nervure médiane très sail- 
lante sur la face inférieure, et par les tiges presque ligneuses 
à leur base : il varie à feuilles très étroites presque subulées. On 
devrait réunir à cette espèce, plutôt qu'au G. cïnereum AU., lés 
G. tenuifolium AU. et corrudœfoli uni Vill. Sa variété pubes- 
cente fut donnée à tort par Balbis et Schleicber sous le nom de 
G. cinereum Ail. C'est à cette même variété que MM. Roch et 
De Candolle ont réuni le G. scahrum Jacq. , qui n'est que la 
variété pubesccnte si répandue du G.sylvestreVo^. 

Le G. tenuifolium Wulf. rapporté du Tyrol par S eber ( G. ni- 
tldum Herb. austr. n° 345) se distingue du G. lucidum par sa 
tige arrondie, ses feuilles très lâches, noircissant par la dessic- 
cation , par ses rameaux latéraux et floraux très étalés. Un exa- 
men de la plante vivante fera mieux connaître sa valeur comme 
espèce. — Le G. incwvum Sibth. et Smith est, d'après les 
échantillons rapportés par Sieber de la localité indiquée par 
Sibthorp, le G. lucidum AH. Les lobes de la corolle sont, à la 
vérité, désignés comme obtus dans la description de Smith; 
mais un examen attentif fait voir qu'ils sont simplement re- 
courbés intérieurement. — Le G. suberosum Sibth. et Sm. ap- 
partient probablement aux Crucianella , aucune espèce de Ga- 
lium ne présentant, comme celle-ci, des fleurs fasciculées. — Le 
G. glaucum L. qu'on rapporte généralement aux Asperula^ ayant 
la corolle rotacée et non infundibuliforme, paraît devoir plutôt 
conserver la place que Linné lui a assignée. — Le G. incanum 
Sibth. et Sm. se rapproche du G. glaucum par sa tige suffrutes- 
cente à la base et par sa corolle campanulée : il varie tellement 
qu'on pourrait fort bien en distinguer une variété major et une 
variété minor. Cette dernière se rapproche du G. pusillum Jj. 
qu'on a cependant déjà retrouvé^dans le G. pumilum pubescens , 
— En considérant avec soin ce que Linné dit de son G. minu- 
tum , on se convaincra que c'est du G. megalospermum Lam. 
{arenarium Lois. DC.) qu'il parle. 

M. Tausch ne connaît le G. rubrum I^ qu'à tige lisse; Spren- 



86 3f. E. TAUSCH. fc— Sur U gcîire Galium. 

gel la dit rude aux angles. A cette espèce, dut-elle varier à tige 
lisse et à tige couverte de crochets, il faudrait rapporter 
comme variété le G. corsicum Tausch (Flora i83i , pag. 111 ), 
dont la tige et les pédoncules sont couverts de nombreuses as- 
pérités. — Il croit avoir retrouvé le G. montanum L. ])arnii 
plusieurs Galium qae Sieber rapporta de France, a Gaule ramo- 
« sissimo divaricato subgeniculato diffuso, foliis 4-5 lineari-an- 
« gustissimis sulcatis margine extrorsum aculeolatis , corymbis 
« terminalibus bifidis, corollis longe aristatis ». Moris. liist p. 
329, s. 9, t. 22, f. 8. Herba exsiccatione nigrescit. In diagnosi 
Linna^ana scabrities partiura permutata et maie a foliis in caii- 
lem translata fufsse videtur. 

G. trichophyllum^yûi. apud Rœm. arch. (excl. syn.), est, 
d'après un échantillon authentique, le G. verum pygmœum : la 
plante n'a qu'un doigt de longueur, les feuilles sont propor- 
tionnées à la tige. M. Koch a admis le G. pumilum Lam. ( tri- 
chophyllum Ail.) sur la seule autorité de Wulfen; cette plante 
devra donc être rayée de la Flore d'Allemagne. — Le G. saxatde 
L. Juss. act. l^aris, 1714? P- ^9^, t. i5, f. i, qui a pour syno- 
nymes G. megalospermum AU. t. 79, f. 4> G. ]ielveti€um\^Q\^., 
G. saxatile Sut. Helv., se distingue par ses fleurs grandes et ses 
pédoncules arqués. Il ne noircit pas par la dessiccation comme 
l'espèce suivante. — Le G. Fillarsil DC. a pour variété p mini- 
mum, le G. baldense Spr. , G. helx^eticum DC. 

G. sudeticum «T. Caulibus cœspitosis abbreviatis erectis gla- 
« bris, foliis 6-8, inferioribus obovatis retrorsum ciliatis, siipe- 
« rioribus obverse lanceolatis brève mucronatis membranaceis 
ot Irevibus, corymbis terminalibus trichotomis patulis , floribus 
« acutis, fructibus tenuissime granulatis ». — M. Tausch avait 
considéré jusqu'ici celte plante comme appartenant au G. Boc- 
coni AU., et elle est peut-être l'espèce de ce nom de plusieurs 
auteurs. Elle est la plus voisine du G. hercynicum Weigel , et a 
peut-être déjà été confondue avec lui. Les deux plantes noircis- 
sent par la dessiccation. Ce caractère pourrait paraître insigni- 
fiant, mais il indique une différence dans la composition chi- 
mique de la plante, et il se retrouve constamment dans cer- 
taines espèces; ainsi \ Asperulacynanchica se distioguera au pre- 



j. E. TAUSCH. '— Sur le genre Galium. 87 

mier coup-d'œil de VJ. iinctoria , parce qu'il conserve sa cou- 
leur verte, tandis que le second noircit toujours plus ou moins. 
Le G. sudeticLim croît dans une exposition sèche, pierreuse, 
et vient plus haut que le G. hercynicum, qui ne vit que dans les 
lieux marécaçjeux et humides. 

L'auteur définit de la manière suivante le G. sylvestre Poil : 
« Glabrum hirtiimve, caulibus basi fiHformibus ascendentibus, 
« foHis 8-6 obverse lanceolalis linearibusve acuminato-longeque 
« Djucronatis margine ciliato scabris nitidis subcoriaceis, co- 
« rymbis terminalibus axillaribusque trichotomis patulis, co- 
« roliis acutis, fructibus tenuissime granulatis ». La plante pré- 
sente trois formes : a> Gîabnim : G. austriacuni Jacq. , lœve DC. 
(3. liirtLim. G. scabrum Jacq. et auct. germ., Bocconi DG. y. al- 
pestre : « Gaule abbreviato erectiusculo aut diffuso, glabro hir- 
« tove ». G. alpestre DG. , Bocconi Hœnke, anizophjllum y argen- 
teum et pusiilumYiW., supinum DG. 

G. hercynicLim Weig. [G. sax&tilekW. Sm.). Cette plante, fùt- 
elle même le G. saxatile L. , mériterait ce nom tout aussi peu 
que le Carex saxatilis îiu même auteur. — A la variété « du 
G. pumiliim DG , il faudra rapporter le Gai. saxatile minimuui 
supinum eX pumilwn Juss. act. Paris 1714, p. 491» t- i5, f. '2; 
et à la variété y le G. tenue Vill. Daupli. 7. — ^Le G. cœspitosum 
Lam. m. n° 1369 a pour synonyme le G.J ussieui Vill. ainsi que 
ïe G. pumilum (3 cœspitosum DG. Prod. Geîte dernière plante ne 
peut nullement être rapportée au G. pumilum '^ elle noircit, 
tandis que les G . pumilum Qt pyrenaicuni conservent leur cou- 
leur. 

II. Rlbeola. Flores anthesi succedanei , ab imo versus^apicem 
progredientes. Hune cliaracterem cum Rubia communem 
habent , hinc et nomen mihi videtur itioneum. 

3. Aparine. Folia vcrticillata G-8-10, rare 4-5. Gaulis acu- 
leolis retrorsis saepe scaber adhœrens. Flores hermaphroditi aut 
rarissime polygami, liiflorescentia varia (ex qua optime sub- 
dividi possunt). Hue \Yiih.e\\à?i Euaparines , Leiaparines (^ey.c\. 
G. aprico Sm.) Xanthaparincs ^ Erico^alia (cum G. verticilluio 



88 J. J^' TA DSC II. — Sur le genre Galiiim. 

Lois.) et complures species Leiogaliorum, iiti G. trifidwn^ pa- 
lustre, uliginosum y etc., çXTrichogaliorum , uti G. maritimuin. 

Il est très difficile de distinguer les G. divaricaium Lara. , 
microspormwn Desf. , litigiosum DC. , parisiense L. , anglicum 
Huds. A la suite de nombreuses recherches, M. Tausch n'a pu 
en faire que les deux espèces suivantes : G. d'waricatum : 
« Gaule erecto adscendenteve niuriculato in paniculam inox 
a effuso, foliis 6-8 linearibus mucronatis hispidulis, pedunculis 
« axillaribus terminalibusque subtrifloris, pedicellos multo su- 
« perantibus, fructibus granulatis , aut uncinato-hispidis ». La 
variété a erecturn à fruits hispides est le G. micro spermum Desf. 
et à fruits lisses le G. divaricatum Lam. et anglicum DC. La va- 
riété p adsccndens , « pedicellis paulo longioribus », existe éga- 
lement à fruits lisses et à fruits hérissés : la première est le G. li- 
tigiosum DC. — G.paridense : « Gaule debili diffuso muriculato 
« ramosissimo versus apicem pedetentim sese evolvente, foliis 
a 6-8 sublanceolato- linearibus mucronatis hispidulis, pedun- 
« culis axillaribus terminalibusque subtrifloris pedicellos multo 
« supcrantibus, fructibus crenulatis nudis, aut uncinato-hispi- 
« dis ». La ^ ar. à fruits hérissés est le G. parisiense L. DC. La 
var. p. est le G.anglicuuiHmh.'DC. (excl.var. (3. adG.dit^aricatum 
spectante). — L'auteur indique les caractères par lesquels on 
peut distinguer, des deux espèces précédentes, le G. tenuissi' 
mum M. B. et fait observer que le G. incuruum Fleisch. de Smyrne 
(Herb. Un. Itin.) est la même espèce. 

Le G-.jloribundam Sibth. et Sm. est réuni à tort au G. seta- 
ceum Lam. Il est distinct par ses pédicules étalés et par ses 
fleurs aristées. G'est à sa variété, à fruits glabres, qu'il faut l'ap- 
porter le G.floribnndum Fleisch. (Herb. Un. Itin.) — Le G. seta- 
ceum L. se trouve dans l'herbier de Grète de Sieber, sous le nom 
de G. capillare : ces derniers échantillons présentent le fruit 
presque lisse. 

Le Galium maritimum a des fleurs rouges, selon quelques 
auteurs ; M. Tausch ne lui a jamais vu que des fleurs jaunes, et 
la couleur qu'on lui prête paraît se fonder sur le synonyme de 
Tournefort : Aparine maritima incana flore purpureo. Dans plu- 
sieurs espèces , comme entre autres dans le G. parisiense, les 



j. E. TAUSCH. — Sur le genre Galium. 89 

fleurs deviennent brunâtres quand elles sont plus avancées : de 
là probablement l'erreur des auteurs. Le G. maritimum n'a pas 
non plus de pédoncules axillaires uniflores; ce sont, au con- 
traire, des corymbes divariqués munis de feuilles ou de brac- 
tées uniflores. C'est à sa variété p. villosum « caule crassiore, 
corymbis aggregatis confertissimis DC. » qu'appartient le G. hu- 
jni/usum M. B. et DC. et le G. ruthenicum Willd. 

4. Cruciata. Folia verticillata quaterna , sœpe lata trinervia. 
Flores lutei aut ochroleuci polygami. Inflorescentia peculiaris, 
corymbi nempe axillares quaterni verticillares folia nunquam 
excedentes, pedunculis fructiferis arcuato-recurvatis, fructum 
que sœpemonospermura sub foliisabscondentibus.Huc spectant 
Maschaligalia et Cruciata DC. (excl. G. Gibraltarico). 

Le G. coronatwn Sm. vient en Tauride. Bieberstein le donne 
comme le Valantïa iaurica p. glabra; cependant le Valantia 
JiLimifusa Bicb. que M. De Candolle y réunit comme variété (3. 
est une espèce entièrement distincte. — Sous le nom de G. ver- 
num , Sieber donne, des environs d'Ajaccio, une plante que 
M. Tausch décrit sous le nom de G. Sieberi : Caule adscendente 
« ramoso foliisque quaternis subrotundo-ellipticis moUiter vil- 
« losis canescentibus , pedunculis axillaribus ramosis aphyllis 
« folium subaequantibus, floribus polygamis, fructibus glabris ». 
b. — Le G. articulatum Rœm. Schult. a pour synonymes : Va- 
lantia articulatalu. Lam. G. cordatum Rœm. Sch. DC. Le G.pyg- 
rtiœiun DC. n'est qu'une variété naine de cette espèce. 

ASPERA Mœnch. (Galii spec. et Callipeltis DC.) VJspera 
niitans Mœncb a pour synonyme le G. murale DC. (excl. syn. 
Morison). — Aspera Cucullaria T., Callipeltis Cucullaria DC. 
M. Tansch ne connaît point les G-, fragile et filiforme que M. De 
Candolle rapporte à \ Aspera de Mœnch. — Le G. verticillatum 
Lois. DC. auquel appartient le synonyme de Morison , que De 
Candolle cite pour le G. murale ^ est un véritable Galium. 

VALANTIA DC. comprend les espèces suivantes : i. F. mu- 
ralis L. a. F. hispida Ij. 3. F. oprica T. {Galium apricum 
Sibth et Sm. DC.) 



go BERi?îHARDi. — Sur le genre Gagea. 

VJspenda umbellata Waldst! Willd. DC. est la même plante 
que VA. hexap/iylla K\\. , et YAsp. hirta Rœm. en est probable- 
ment une variété hérissée. — UA. pyrenaica L. est sans aucun 
doute VA. longifolia Waldst. Rit. — VA. montana Willd. DC. 
n'est qu'une variété de \A. cynancliica L. On trouve des pas- 
sages de l'un à l'autre. \2A. lœvigata L. DC. doit être rapporté 
à la section des Galloîdeœ , tant à cause de la brièveté des 
corolles qu'à cause de son inflorescence. U Asperula breçlfolia 
Yent. DC. synonyme de VA. rigida Sibth. DC. , appartient, 
comme VA. Toarnefortii Sieb. DC. , au genre Cniciaiiella. 
M. Tausch les a décrites depuis long-temps dans son manuscrit 
de la Flore de Crète, sous le nom de Crucianella rigida et 
Tournefortii. 



RECUERcnES sur les caractères des Gagea et sur la place que ce 
genre doit occuper dans les famdles naturelles ; par le pro- 
fesseur Bernaardi (Flora i835, page 557.) 

Quelques auteurs sont encore indécis s'il faut séparer le genre 
Gagea des Ornithogaluni. Le caractère le plus important qu'on 
a proposé pour motiver leur séparation, se trouve dans la 
manière dont les anthères sont attachées aux filets, caractère 
que Dillenius et Moench ont déjà entrevu. Cependant le genre 
Stellaris de ces auteurs ne saurait être considéré comme syno- 
nyme du genre Gagea ^ parce qu'il comprend plusieurs autres 
espèces appartenant à des genres très divers. M. Link, sans faire 
mention du caractère indiqué, fonde son genre Ornitlioxan- 
ihwn , qu'on peut considérer comme synonyme du Gagea 
Salisb. , sur les fleurs naissant presque e!i ombelles entre des 
bractées foliacées, sur le périgone à six divisions, et sur les filets 
attachés à la base du périgone Le premier de ces trois carac- 
tères mérite surtoal considération. En effet, toutes les espèces 
de Gagea ont des braciées vertes, semblables aux feuilles et 



BERNHARDi. — Sur le genre Gagea. 9 1 

persistant jusqu'à la maturité des fruits, tandis que dans l'Or- 
nithogalum ces organes sont plus courts, plus minces, plus 
blancs et se fanent après la floraison. Dans quelques Gagea, on 
observe encore une ou deux feuilles qui forment une sorte 
d'involucre, et de l'aisselle desquelles naissent encore des fleurs 
dans quelques espèces, surtout dans le G. Szouitsii Besser. C'est 
à tort que quelques auteurs ont essayé d'assuniler cette espèce 
d'involucre aux spathes des Allium, Narcissus, Amaryllis, etc., 
il faut plutôt les comparer aux bractées des Liilium et des Fri- 
tillaria. 

Quelques espèces de Gagea ayant des hampes uniflores ou 
des fleurs alternes, le caractère que M. Link tire des fleurs 
en ombelle n'est guère soutenable. Ker indique comme un ca- 
ractère distînctif qui mérite effectivement d'être maintenu, les 
feuilles qui garnissent la hampe des Gagea , tandis qu'elles sont 
toutes radicales dans \ Ornithogalum. 

La division plus ou moins profonde du périgone ne peut of- 
frir de caractère constant, mais ces parties présentent, d'après 
Ker, un caractère jiîus solide; elles sont plus herbacées et plus 
coriaces dans le Gagea, plus succrdentes et moins coriaces 
dans \ Ornithogalum. Dans le second genre, elles sont en outre 
plus fanées, quand le fruit est parvenu à maturité. 

Le caractère tiré de la couleur (^ï\x jîérigone ne peut convenir 
qu'aux espèces ijulig^ènes, quelques espèces exotiques présen- 
tant également des fleurs jaunes; celui qui est fondé sur les 
filets soudés à la base du périgone est trop sujet à varier, les 
auteurs même sont d'une opinion très divergente dans son ap- 
plication aux deux genres. 

Il est dit plus haut qu'un très bon caractère peut être fondé 
sur la manière dont les anthères sont attachées aux filets. On 
n'a cependant pas assez biery formulé cette différence. Dans les 
deux genres, les anthères sont attachées à-peu-près par leur 
milieu; mais dans le Gagea, elles le sont au moyen d'un tube 
qui s'avance dans la direction de leur axe, à-peu-près jusqu'au 
milieu de l'anthère; l'extrémité du filet est contenue dans ce 
tube; dans X Orniihogalum, elles se trouvent attachées extérieu- 
rement, et sur leur dos. 



ga EERNHARDi. — Sur le genre Gagea. 

Ker a cru trouver encore une différence dans la structure du 
style; mais ce caractère mérite une révision : en effet, dans le 
G. imifloray le style est à-peu-près de la longueur de l'ovaire; 
dans le G. oxypetala, il est de moitié plus court. Dans les Or- 
nithogalum , la longueur de cet organe n'est pas moins variable. 
Le style légèrement cunéiforme pourra peut-être présenter 
quelque utilité dans le Gagea. Il se pourrait que le stigmate 
présentât encore des différences, mais il est difficile de les ad- 
mettre dans l'étendue que Ker leur attribue. 

Tels sont les caractères d'après lesquels les auteurs ont essayé 
jusqu'ici la séparation des deux genres en question, M. Bernhardi 
croit en avoir trouvé un , dont les auteurs n'ont presque point 
fait mention, dans l'organisation de la capsule et des graines, et 
dans la germination. Tous les Ornithogalum ont les graines 
mûres noires, globuleuses ou anguleuses; dans le Gagea, elles 
sont brunâtres, aplaties ou du moins comprimées, ce qui les 
rapproche des graines des TÂlium, des Fritlllaria et des Tidlpa , 
qui sont cependant plus grandes. Quelques Gagea produisent, 
à la vérité, des graines assez grosses, surtout s'il ne s'en déve- 
loppe qu'un petit nombre : on ne peut cependant point les ap- 
peler alors subglobosn comme le font quelques auteurs. Dans le 
Gagea ^ les ovules paraissent disposés dans les loges sur une 
seule rangée, et les graines développées présentent une posi- 
tion horizontale; dans \ Ornithogalum , au contraire, ils sont 
placés sur deux rangs, ou ils sont plus irréguliers et ne pré- 
sentent presque aucun ordre dans leur disposition. Lauteur 
avoue cependant que dans le Gagea redculata^ les ovules et les 
graines paraissent également disposés sur deux rangées. La plu- 
part des Gagea (le G. retlculata a seul présenté une exception) 
germent au printemps, et ne développent dans la première an- 
née que le cotylédon. R. Brown a établi la différence des As- 
phodélées et des Tulipacées sur le test noir ou crustacé des pre- 
mières. Aucun genre de la même famille ne présente les brac- 
tées foliacées ni les anthères attachées à leur milieu au moyep 
d'un tube, caractère qui se reproduit dans quelques genres 
des Tulipacées, surtout dans les genres Frililaria et Tulipa. Le 
genre Gageaest lié aux Frltillaria par XAnlherlcum serotinum L. 



BERNHARDi. — • Siir le genre Gagea. gS 

(Lloydia Salisb. , Rhabdocrinum Reichb. , Nectar obothryum 
Ledeb. ) , plante tellement semblable aux Gagea, que Laxmann 
en a fait son Ornithogalum altaicum , et ]Marschall Bieberstein 
son Ornithogalmn striatum.jyun autre côté, XeGagea est lié aux 
TuLipa par les G. uniflora et oxypetala , que Ledebour est tenté 
de considérer comme types d'un genre nouveau intermédiaire 
au Gagea et au Tulipa. Cependant le style plus court n'est 
point un caractère suffisant pour cette séparation, qui serait 
fondée sur une meilleure base, si on trouvait dans ces deux es- 
pèces les divisions du périgone caduque, et les ovules disposés 
sur deux rangs. Dans les Lilium, les anthères, examinées avec 
soin , présentent la structure de celles du Gagea et du Fritillaria^ 
quoique des auteurs récens attribuent encore aux Lilium des 
anthères vacillantes. 

Dans le Lilium canitschatcense , qui, avec quelques espèces 
du même genre, se distingue par l'absence du nectaire, les 
anthères sont fendues du côté intérieur, mais elles restent dres- 
sées. Leur véritable conformation paraît avoir été observée par 
C. Meyer dans le L. quadrifoliatum , auquel il a trouvé des an- 
thères « basi ad commissuram déhiscentes ». Par cette structure, 
ce L'iium tient le milieu entre les Lilium et les Friiillaria ; et 
on sait en outre que quelques auteurs voudraient le réunir au 
second genre. Il peut cependant, à juste titre, être considéré 
comme le type d'un genre nouveau. Sweet réunit le Lilium, 
camîschatcense au genre Amblirion de Rafinesque , fondé sur 
le L. pudicum. L'auteur ignore si cette dernière espèce présente 
des anthères dressées ou vacillantes. Comme le genre Amblirion 
doit se distinguer par un stigma obtusum integnmij qu'on ne 
rencontre point dans le Z. camtschatcense , il est fort douteux 
que cette espèce doive rentrer dans le genre proposé par Rafi- 
nesque. En attendant, on peut admettre pour lui, avec Sweet, 
le nom ô^ Amblirion ^ pour ne pas créer un nom de genre 
nouveau qu'il faudrait faire disparaître plus tard. 

La structure des anthères du Lilium se rencontre dans le 
Methonica Hermann ( Gloriosa L. ) 

Y^Erydironium , dont Linné déjà a signalé l'affinité avec le 
Methonicay présente une structure des anthères semblable à elle 



94 BERNiiARD). — Sur le geme G^^eA. 

du Talipa. Ces deux derniers genres s'écartent des autres Tuli- 
pacées par leurs graines, qui ne sont pas aplaties ou com- 
primées. 

Le genre Calochortus Pursh enfin devra être réuni aux Tuli- 
pacées. Ses trois stigmates ne sont , à la vérité, pas toujours réu- 
nis comme dans les autres Tulipacées, mais dans quelques es- 
pèces ils sont contigus à leur base. Ce genre prouve par là que 
la division du pistil ou du stigmate n'est pas un caractère suffi- 
sant pour la séparation des Tulipacécs d'avec les Asphodélées. 
Les graines presque blanchâtres semblent en outre rapprocher 
le Calochortus des autres Tulinacées. La division du genre Calo- 
chortus en deux, proposée par Sweet, qui en sépare le Cyclo- 
bothra, paraît aussi p'iu fondée que celle par laquelle on distrait 
le Petilium du E rltillaria. 

C'est à tort que Lindiey a voulu réunir les Ilémérocallidées 
R. Br. aux Tulipacées. Dans X Hemerocallïs {Funkia ) cœrulea , 
M. Tausch a cependant remarqué un test noir fragile que 
R. Brown dit ne point exister ; il y a vu plus d'un embryon, mais 
il n'y en a jamais trouvé six à dix comme le bolauiste anglais. 

Après cette discussion des caractères que présente la famille 
des Tulipacées , l'auteur propose de les distribuer de la manière 
suivante : 

TULIPACE.E. 

A. Caîiali antheraruin basilari antice hiante^ 

1. Meihonica Tlcrm. Glorlosa Îj. — Calyx rnarcescens 6-sepalus ; ïopalis 

suLaequalibus undiilalis basi reflexis. Nectariiim niillum, Anlhcrae 
racillahtcs. Stylus dcclinatus oLliqiius, stigmate trifido. Capsula oblonga 
coriacea. Semina subglobosa biscrialia. * 

2. Z/i/iMm Tournef. — Calyx dcciduus infundibulifornii-campanulalus 6- 

scpalus(l. 6-paititiis), sepalis subœc[ualibus sœpe recurvatis sulco nec- 
îarifero instructls. Antbera; vacillantes. Stylus snbclavatus rcctus 1. 
, subcurvatus, stigmate sublrilobo. Capsula oblonga 6-sulca. Semina 
plana biserialia. 

3. Amblirion Rafinesq. ? — Calyx deciduus campanulatus 6-sepalus, sepalis 

suba3qualibus interne slriatis. Nectarium nullum. Antherae erecta*. 



lîERNHARDî. — - Sur le genre Gagea. gS 

Stylus brevis, stigraatibus reflcxis, 1. lougior stigmate subsimplici. 
capsula oblonga 6-sulca. Seraina plana biserialia. 

B. Canall antheraruin basilari clauso : 

4. Iritillaria L. — Calyx deciduus campanulatus 6-sepalus , sepalis sub- 

œqualibus rectiusculis imberbibus , intus supra basia fovea nectari- 
fera immarginata inslructis. Stylus subclava'.us stigmate tiipartito. 
Capsula coiiacea loculicide dehiscens. Semiua numcrosa horizontalia 
biserialia. 

a. Petilium L. Capsula marginibus 6-acutis. 
p, Fritillaria Tournef. Capsula laeyis. 

5. CalochorLiir, Pursh. — Calyx deciduus patens 6-sepalus, sepalij intus su- 

pra basin fovea nectarifera iustructis, exterioribus minoribus, omnibus 
1, interioribus intus barbatis. Slyli obsoleti. Stigraata 3 libéra 1. basi 
coalita rcflexa canaliculata. Capsula tiigona septicide dehiscens. Se- 
raina iiumerosa horizontalia compressa série simplici affi.\a , ovulis 
distichis ? 

a. Calochortus Sweet. Petala iuteriora multo majora tantum bar- 
bata. 

p. Cyclobothra Sweet. Petala orania barbata minus inaequalia. 

6. Lloydia Salisb. —Calyx persistens patens sexsepalus, sepalis subœquali- 

bus imberbibus , intus supra basin fovea nectarifera infernc margi- 
nala iustructis. Stylus subclavatus, stigmate subtrigono apice depresso. 
Capsula trigona loculicide dehiscens. Seraiua numerosa horizontalia plana 
biserialis ? 

7. Gagea Salisb. — Calyx persistens superne patens 6-sepalus , sepalis sub- 

a;f{ualibijs imberbibus. Ncctarium nullura. Stylus trigonus incrassa- 
tus, stigmate .trilobo apice depresso. Capsula trigona loculicide de- 
hiscens. Semina subhorizontalia compressa uniserialia l. biserialia. 

8. Tulipa Tournef. — Calyx deciduus campanulatus 6-sepalus, sepalis rec- 

tiusculis subaequahbus imberbibus. Nectarium nullum. Stylus nullus. 

Stigma trilobum. Capsula trigona. Seraina numerosa horizontalia plana 
biserialia. 

9. Erythronium. — Calyx deciduus basi campanulatus 6-scpalus, sepalis me- 

dio reflexis subsequalibus, interioribus basi bicallosis. Stylus filiformis, 
stigmate tripartito. Capsula subglobosa basi attcnuata. Semina ovifor- 



g6 REiCHENBACH. — - FloTa germanica. 

mia, basi acutata , apice annulo elevato et appendiculo membranaceo 
laxo basi lumido coronata, biserialia. 

M.BernLardi dit ne point connaître le ^7ii>20/?cifâ!/«/72 de Fischer» 
genre qui lui paraît devoir également rentrer dans lesTulipacées. 
Le style filiforme et le stigmate indivis ne suffiraient pas pour 
l'écarter de ce groupe, car c'est un caractère que Rafinesque 
donne aussi à son genre ^m/^/Z/vo/z. Probablement, le Bhino- 
pctaluni devra se placer entre Y^mblirion et le FriLillaria. 



Flora cr.RMANiCAF.xsiccATA, sive herharium normale plantarwn 
selectarum criticarwnve in (jrermania propria^ vel in adja- 
cente Borussia^ Austria, Hungarîa, Dalmatia , Tyroli, Hcl- 
vetia, Pedemontio^ Belgiaque nascentium^ concinnatwn edi- 
tuniquca Socielate Florœ gej-manicœ ; curante L. Reichenbacii. 
(Centuria viii-xi. Leipzig : Jlofmeister.) 

Quatre centuries de cette importante collection ont été pu- 
bliées depuis que nous avons parlé de la sixième et de la septième 
(Voy. Annales Se. nat. m, page i86). Les livraisons que nous 
annonçons ont été publiées dans le courant de i834 et t835; 
nous allons indiquer ce qui nous y a paru de plus curieux. Le 
plus grand nombre d'espèces a encore, cette fois, été fourni 
par M. Noé, qui s'est établi depuis quelques années sur les bords 
de la mer Adriatique. La plupart des plantes qu'il a envoyées se 
retrouvent d'un côté dans le midi de la France, de 1 autre dans 
la Hongrie. 

Le Statice serotina est une des espèces formées par M. Rei- 
cbenbach aux dépens du St. Limonium L., de même que le Statice 
pseudoHinoniwn qui croîtj sur les bords de la mer d'Allemagne. 
— l^^Baj'khausia hispida W. Kit. pourrait bien se retrouver dans 
le sud de la France, où on le confondrait avec le B. setosa DC. 

Quelques botanistes du Tyrol et du Salzbourg continuent 
à récolter en grand nombre les plantes des Alpes, et bientôt 



REiCHENBACH. — Flova §ermanica. 97 

l'herbier de Reichenbach contiendra la plupart des espèces 
alpines. — Les Draba y sont assez nombreux : on y trouve les 
D.frigida, tomentosa, carinthiaca et Zalbruchneri. — Parmi les 
Gentianes, nous avons distingué les G-. prostrata et pannonica. 

— D'autres plantes curieuses des mêmes localités sont les Tof- 
fieldia glacialis Gaud. et èorea/wWahlenb.; les Orchis chloran- 
tha, angustifolia et speciosa qu'on retrouve probablement en 
France, supposé que ce soient de véritables espèces; le Rhodo- 
dendron Chamœcistus ; \ Aquilegia nigricans Reichb. que Koch 
a décrit sous le nom ^A. atrata; une variété cœritlescens de 
XOxytropis campestris; le Carlina longifolia qui se trouve aussi 
dans les Hautes-Vosges. — En Carniole , on a trouvé plusieurs 
plantes très rares qui lui sont particulières, telles que le Hladnic- 
kia pastinacifolia Reichb., le Potamogeton prœlongus Wulf., le 
Primula carnioIica'Siicq. , \es Laserpitium marginatum et peuce- 
donoides, le Stellaria bulbosa Wulf. — M. Lejeune a enrichi la col- 
lection de quelques-unes des espèces particulières à la Belgique : 
Cyperus rhenanus Schrad., Lycopsis orientalis L., Ljsimachia 
decipiens^ et quelques autres plantes décrites par M. Lejeune. — 
La Hongrie et l'Autriche ont fourni, entre autres, le Lepidium 
crassifolium W. K., XHjpericum barbaturn L. , XEuclidium 
syriacum R. Br. De la Flore de Berlin nous avons remarqué 
\Alisma parnassifolium et quelques espèces rares de Salix. 
Onze espèces de ce genre ont été envoyées, parmi lesquelles se 
trouve le S. hippophaeifolia Thuill. ,' qui paraît généralement 
négligé par les auteurs français; il se trouve cependant dans 
quelques parties de la France; c'est le S.olivaceaUoWsinàrQ (Flore 
de la Moselle). 

Les quatre dernières Centuries renferment quatorze espèces 
de Carex, dont plusieurs particulières aux Alpes d'Allemagne. 

— Le Dorycnium intermedium Ledeb. vient de la Savoie, près 
de Chambéry. — Le Typha elatior Bonning. et le Pulmonaria 
mollis Wolf. se retrouvent en France : la dernière paraît même 
y être très répandue sous le nom de P. angustifolia. — UAllium 
striclum Schrad. de Prague a été décrit dans la Flore française 
sous le nom A'Allium ambigtaim. — On voit surtout avec plaisir 
douze espèces de Rubus données par Weihc lui-même. Nous 

VI BoTAN. — Août. 7 



^8 reichej-vbacii. — Flora i^ermanica . 

sommes loin de convenir que ce soient de véritabics espèces, 
mais du moins les botanistes seront-ils contens de posséder des 
échantdlons de ce genre polymorphe. 

Nous avons déjà une fols fait remarquer à M. riciclienbach 
que certaines espèces communes ne peuvent point être fort 
agréables à ceux qui achètent ses Centuries : les nouvelles li- 
vraisons nous forcent à revenir à ce sujet. En effet, on y trouve, 
entre autres espèces généralement répandues, les suivantes: 
Brachypodinm pinnaturn, Cornus sanguineay Eiiphorbia ecci- 
gua^ Poa btdbosa, Liizula max'ima, yllliipn ursinum, Gagea 
arvensis , Sediirn album ^ etc., espèces qui certainement ne de- 
vraient point se trouver dans une collection de plantes clioisles. 
— - JjAcoiîitum cerniium a été doniîé deux Joïs^ ainsi que le 
Denlaria innnala y dans les livraisons antérieures. 



AWnotationfs botanicœ ex Indice seminuin Jiorti academici 
GoUingensis , auct. ScmxKDTn, cxcerptœ. (i) 

{^Anno i83/|). 

Cheuppcdium leucospermiiin Sclirad. Oi. foliis liiomboidco-ovatis suLsi- 
nualo-dcntalis : siiperioribus baslatis ; siimmis lanccolatis, paniculis corymbosis 
siipia Jixilbribus strictis , pedunciilis iVucliieiis rccuivi?, scmiuibus laevibiKs. — 
E regtio chilcnsi. Scmiiia iiuiciilo subdeiuidala, alba, nitida, qiia nota, ,ut et 
iiiflorcsceulia, a iiroxime allinibus {punclulalo, (^uinoa, etc.) facile distinguitiir. 

Cleome viniinea Schvd,^. Cl. herbacca , îenuissime glandiiloso^pubesccns, 
foliis 5-7-ualisquc, foliolis ovalibus acutiusculis, bracteis ovato-lanccolatis (se- 

(i) Les catalogues des jardins de botanique élranf;pr5 n'étant adressés qu'aux directeurs des 
jardins principaux de France, sont inconnus du plu^ grand nombre des botanistes. Comme ils 
renferment souvent des observations précieuses pour la science, telles que des descriptions de 
nouveaux genres et de nouvelles espèces, il est de notre devoir de publier celles qui nous 
semblent les plus importantes, et à ce titre, nous dsnuons successivement dans ce cabier les 
extraits de» catalogues des jardins de Gotlingue, de Brcsiau et de Hambourg, ainsi que nous 
l'avons fait précédemment pour celui de Pélersbourg. 



scHRAnFR. — yinnotatione^ botanicœ. 99 

rius lato-ovatis) , pctalorum lamina ovali unguc duplo longiori, capsula cylin- 
dracea thecaphoro longiori pendula. Semina siib speciosa missa. Accedit ad pw- 
hescentenij cujus foliola vero duplo majora, oblongo-ovalia acuminata , flores 
triplo fere majoreà, albi (uec ut in nostra losei), capsulae crassiores, bipollicares 
(nec sesquipollicaris longitudinis.).Magisadbuc vimineœ affinis est Cleome rosea 
Eckl. Coll. Scm. i833, ab liomonyraa Vabliana ut a nostra sequenti modo dis- 
tinguenda : Cl- Ecklonianaj herbacea, tcnuissime glanduloso- pubescens, foliis 5- 
7-natisquejfoliobsoblongo-ovalibuslevitcr uudalatis, pctalorum lamina oblongo- 
elliptica longe ungniculata, capsula cylindracea thecaphoro longiori pendula. 

Cra!œgus sanguinea Schrad. Frulex arljorcus, facie Cr. orienlalis M. Bicb. 
(in De Cand. Prodr. 2. 629 maie tanacetifuliœ juncta;)^ a qua pra;cipue differt: 
foliorum laciniis (floriferor. raniorum) latioribus, minus villosis; pedunculis lon- 
gioribus (unde fructus non ut in illa glomerati}; fruclu plerumque paulo minori, 
sanguineo , carne dilutiori. E. Tauria oricntali semina olim cura horto nostro 
communicata sunt. 

Cucurbita urnigera Schrad. C. foliis lato-cordatis obture subquinquelobis 
pubescenti-hirtis, fructu ventricoso-urceolari costato. Folia obscure maculata ; 
ut in nonnullis a0inibus fruct. sesquipedalis, costis 18-20 longitudinalibus nota- 
tus, sordide viridis ; carne rubra, inodora ; semina Peponis. 

GypsopJiila scdigna Schrad. G. caule erecto, foliis angusto-lanceolatis basi 
leviter attenuatis subquinquenerviis glabris, panicula? trichotomœ ramis pedun- 
culisque glandiiloso-pubcscentibus, floribus corymboso-fasligiatis, genitalibus 
petala superantibus. Planta perennis, sesquipedalis: foliis 2 1/2-3 poil, longis, 
1/2 poil, latis, glaucescentibus. Florum dispositio yàs^^o-ia/cp. 

Lactuca ambigua Schrad. Est média 2;//osa7ra inter et scariolam, illis pre- 
cipue foliis, Unie durationc et habitu graciliori conveniens. Herba quoque nul- 
lum spirat odorem narcoticum, virosœ proprium. Descriptionem et iconem hu- 
jus dédit Haync in Plant, offic. 1. 7. 47. sub virosa. 

Lippia fillformis Schrad. L. caule herbaceo repente, foliis oblongo-obovatis 
basi cuneatis apicem -versus serrulatis strigoso-pubescentibus , capitulis ovato- 
conicis folia longe superantibus, bracteis cuneatis. ChiU "V-. Sub diu caules ad 
bipedalem longitudincm excurrunt, geniculis omnibus radicautibus, nec infe- 
rioribus tantuinut in afFini nodiflora, folia etiam longius petiolata ac in illa. 

Mogiphanes Jacquini Schrad. Mogiph. Jacquini et virgata, sub brasi- 
liensi Mart. comprehensœ, species omnino diversas constituuut sic defiuiendas : 
M. virgata, caule virgalo foliisque ovali-oblongis villoso-birtis, capilulis termi- 
nalibus pedunculatis ternis solitariisque, bracteis calyce brevioribus. M. Jacqui- 
ni, caule raniis patulis foliisque ovatis acuniinatis appresso-pubesceali-hirtis, 



100 scHRADER. — Aniiotationes holanicœ. 

capitulis lateralibus terminalibusquc, bracteis interioribus calyce longioribus. 
Ad banc posteriorcm pcrtinct Gomphi-ena brasiliensis Jacq. qnoad seraina ab 
111. Jacquino Gl. libcraliter raecum communicata. Icon Jacquini plantam vcgcta- 
tiorein primi anni exhibens, cujus folia duplo majora et paulo longiora iis se- 
quentium annorum esse soient. 

Salsola eruhescens Scbrad. S. annua subbirta diffusa ramosa, foliis filifoirai- 
bus spinuloso-mucronatis, floiibus ramuloruin exteiionira solitariis spicatis : la- 
teralibus glomcratis, ca^ycis fructifcri foliolis obsolelc alatis. Sibiria. — Singularis 
spccies ob divcrsaia florum disposilioncm. Flores spicarum l)racteis lanccolatis 
apprcssis tccli. Glomeruli latérales c bracteis foliiforraibus composili, serins basi 
dilatata indurcscentibus et fructus arcteincludentibus. 

Sebœa congés ta S(i\itAà.. S. foliis lato-ovatis subcordalis cbtusîssirais, flo- 
ribus quadrifidis capitato-cODgcstis bractcatis, calycinis laciniis obtuse alatis, 
stigmatibus duobus. Cap. boiux' spci. — Planta annua , tcucra , tota glabra. 
Caulis 2-3-pollicaris , simplex vol bifidus. Folia crassiuscula , subcarnosa. 
Capitulum bipartitura, 9-1 2-tlorura, — Flores parvi, subscssiles, albi. Caly cis laciniai 
apicem versus ala crassa obtusa auctaî. S. qlbens Schlccht. a nostra divcrsissiraa. 

Sesbania stricta Scbrad. S. berbacea glabra, foliolis linearibus obtusis mu- 
cronulatis 25-3o-jiigis, raccmis pancifloris, Icgnniinibus cuspidatis subcomprcs- 
sis strictis rhachi foliorum la^vi paulo longioribus. India orient. — Caulis 3-4- pe- 
dalis, crassior ac in aculeala. Flores ex majoribus. Lcgumina G-7 pollices longa, 
sutura utrinquc marginata, stricte crccta, scriuslcvitcr curva. 



{^nno i835. ) 

^Androtrichum montevidense Scbrad. [Eriophorum Link. Hort. berol. ) 
Gencris hujus novi cbaraclercm dédit cl. Brongniart in Duperr. voy. part. bot. 
2. p. 176. 

Anyc/u'a capillacea BC. D'if^cTt & dicholomd aûlni, prfEter cbaractercs in 
Prodromo datos, caule multo majori ramosissimo, floribus subtriandris (nec pen- 
taudris), stigmatibus duobus rccurvis, la illa erecto-patcntibus, subcapitatis et in- 
fra médium in stylum crassiusculum conjunctis. 

Calamîntha dilalata Scbrad. Siraillima C. nepetœ, diversa tamen superficie 
magis villosa, foliis obtusioribus lato-ovatis (diametro transversali majori). Flores 
etiam undique versi, nec subsecundi ut in illa. Carolina. Bcyricb. 

Carex erythrœa Scbrad. C. spicis androgonis angusle paniculatis linearibus 
apice raasculis, glumis lato ovatis mucronatis; stigmatibus tribus, fructibus sub- 



scHRAûER. — ^nnotationes hoianicœ. loi 

globosis; rostello brevi bidentato. Nepalia.— Culmus 2-3-pedalis, triqueter, gla- 
ber. Folia longissima, serrulalo-scabra. Panicula semipedalis. Fructus sanguinei, 
nitidi. 

Oyperus Jacquini Schrad. C. culmo triangulari glabro, foliis culmum vix 
supcrantibus linearibus margine carinaque scabris, umbella 9-10-radiata, radiis 
parlialibus sublernis, spicis solitariis : intermedia composita, lateralibus simplici- 
bus, spiculis laxe imbricatis linearibus 7-11-floris, involucro longissimo, glumis 
obloDgis sub apicc mucrouatis raultinerviis, niicula obovato-oblonga trigona 
punctato-scabriuscula (Cyper. elatus Cat. sem. hort. Vindob. 1826 non Linn.). 
Habitat in India orient, if. — Culraus 1 1/2-2-pedalis, basi tuberascens. UmbcUae 
laxae, radii très usqiio quadripoUicarcs. Spicae pollicares, e spiculis g-iStri-qua- 
drilinearibus composita;. Stam. 3. Styl. 3-fidus. 

Helianthus Maximiliani Schrad. K. foliis alternis lanceolatis subserratis 
scabris utrinque attenuatis petiolatis, involucri foliolis knceolato-linearibus 
acuminatis bispidulis. America borealis (in graniinosis ad fluv. Missouri) unde 
rctulit et nobis cura pluribus aliis rarioribus liberaliter transmisit seneriss. 
Princeps Maximil. Neovidcns. — Planta primi anni tripedalis, caule subflexuoso, 
scabro. Folia penninervia: caulina média 4-5 poli, longa medio ultra pollicem 
lata, serraturis utrinque nonnuUis obsoletis. Flores iis gigantci paiilo minores. 

Luffa striata Schrad. L. foliis cordatis subquiuquelobis acuminatis inaequali- 
ter dentatis scabris, pctalis oblongo-obovatis rotundato-obtusis, fructu clavato 
laevi striis obscurioribus notato, India oricntalis ? — Planta inodora, caule 4-5- 
angulato , scabriusculo. Flores priraarii sesquipoUicaris diamctri, lutei. Fructus 
pubcscens, viridis, serins glabriusculus, pallidus, striis 7 vel 9 longitudinalibus 
obscurioribus uotatus : operculo ovato-conico deciduo. Semina elliptica , com- 
pressa, immarginata, laevia, nigra. Reliqua confinium specierum {fœtidœ et ûcm- 
tanguîœ). 

Malva hetuloides Schrad. M. foliis lato-ovatis acutis obtuse serratis gla- 
briusculis, floribus axillaribus peduncuîatis, calyrinis laciniis acuminatis, carpel- 
lis bimucronatis. Ex Java falso nomiue ruderalis mlssa. — Propior est tricuspi- 
dalœ quae foliis, calyce et fructus indole satis recedit. 

Mariscus patuliis Schrad. M. culrao triquetro , foliis culmo breviorlbus li- 
nearibus margine et superne carina scabris, umbella 10-ii-radiata palula» spicis 
solitariis lineari-cylindraceis, spiculis subquadrifloris : fructiferis rcflexis, invo- 
lucro longissimo deflexo, glumis oblongo-lanceolatis obtusis mucronulatis, nucula 
oblonga trigona punctato-scabriuscula. [Cyperus incompleius Link Hort. Ber.) 

Papyrus tuheriferus Schrad. P. culmo triangulari superne scabriusculo, fo- 
liis culmo breviorlbus, umbella subscxradiata, radiis basi tubcriferis, spicis 4-5 ; 



I02 scHRADER. — Anuolatlones botanicœ» 

lateralibus spiculisquc ti-iS-floris patenli-divergenlibus , involucro umLcUa 
plus duplo longiori , glumis oblongis mucronatis. India orieutalis V, 

Pilogyne suauis Schrad. Novuni genus c Cucurbitaccarum familia, sctjucnti 
modo distingucndum. 

PiLOGYNE. « Flor. dioici. Mas: Cal. campanulalus, quînqucdcntalus. Corol. 
« limbiis quinqucpartitus , laciniis patcntissimis in œstivalione valvatis. Stam. 
« 3, basi corolla? inscrta, libéra , filiformi-cylindraccaj tcrmlnata lamina sub- 
ie cordato-ovata convcxa, cujus utrinque marginiî adiiascilur anlhcra lincaris 
« unilociilaris, Femin. Cal. et Cor. ut iu marc. Sligma pilciformc, bi-trilobum. 
« Fructus baccatus , pcricarpio coriacco, pscudo-triloculaiis, oligosperma. Se- 
<c mina compressa. » Cap. b. sp. V. Ecklon. 

Pulmonaria pnniculata Ait. Planta clcgans, typura novi gencrîs(PZrt/y/îema 
nominandi) sistens, cujus charàctcr ciit : calyx 5-partitus. Cor. tubus basi dila- 
tatus, calyce duplo longior, limbo campanulato brevior. Faux squamis 5 semi- 
lunaribus glandulosis munita et stamiuibus in conum conniventibus clausa. Fi- 
lameuta oblouga , supernc latiora, complanala. Stylus iuclusus. Nucul» fovca 
umbilicali ventrali sporophoro convcxo iuscrta:. " 

Scleropus amaranloides Scbrad. {Amarantus crassîpes Scbd 1.) 

ScLEROPus. « Flores monoici. Mas. Cal. 5-pbylIi folia ovato-oblonga , in- 
« xqualia, exleriora carinata. Cor. o. Stam. 3. Fem. Cal. folia 5, spathulata, sub- 
« truiicata. Cor. o. Styli 2, basi connati persisteiitcs. Utriculus comprcssus, grâ- 
ce nuloso-tuberculosus, monospermus, inaequaliter dchisccns. Scmcn ercctum.— 
<c Flores masculi solitai ii, in axillis summis scssilcs, fcminci plures in pcdunculis 
a axillaribus, parvis, crassiusculis, cuneiformibus, squamulosis, subdichotomis, 
« post authcsim luajoribus , cartilagineo-induratis, cum fructu deciduis. » 

Geniis sanc ab Amarantis distinclum , cujus ynica adhuc cognita specics a 
cl. Scblechtcndal in Linnsavi, p. 707 dcscripta, quam coufcr. Amarani. poly- 
gonoides huic siraillimus quidem facic, nequaquam vcro partium frucliiîcatio- 
uum structura. 

Silène suai'îs Scbrad. Faciès 5. vespertinœ. Flores pcr noctein spargunt odo- 
rem suavem Ileliolmp. peruviani. 

Urena heterophylla Scbrad. U. foliis subtus uniglandulosis; junioribus si- 
nualo-quinquelobis, lobis lato-ovatis acutis serratis; adtiltioribus miuoribus su- 
brotuudo-vel lato-ovatis angulato-dcntalis. Java, c/' ^>- — Species singularis, 
primo sinuatam, postca lohatam quodammodo œraulans. Induracnlo ad sinua- 
tam potius acccdit. 



$iELs ET scHA-Uiai. — \^d[nnotatLones boianicWé ' 3o3 



Annotatioîïes BOTANiCiE €X Iiidice seminum hort. bot. VratLsla" 
viensiSi anno i835, auct. Nées ab Esenbeck et Schauer , 
excerptœ. 

Distingtiitur Benincasa cerlfera seminiLus marginatis a B. cyli/idrica, cjuae 
seminibus immaiginatis gaudet; sed in codem pcpouio semiua multa hoc anno 
reperimus cura marginis vestigio sat raanifesto inier alla plane immarginata. 
Schauer. 

Danl/ioiiia gîandulosa Schraci. (subgen. Pentaschiçtis) : D. culmo glabro, fo- 
liis vagiuisque sparsira cyatLiformi-glandulosis pilosisquc aut glabriuscuUs, pa- 
nicula deasa contracta basi angusta subglaudulosa, spiculis bifloris, flosculis glu- 
mis duplo brevioribus glabris aut infeiius puberulis basi barbatis, seta valvulaj 
infeiioris inleriori valvulani a;qua»ite aut breviori, lacinula exteriori minima, 
arista glunias duplo cxccdcnte. — Pentameris gîandulosa^ .ah.YjS.ïnlÀïm.wï, 
3. p. 3lo. Kuntli En. 1. p. 3i6. Danthonia gîandulosa Schrad. Anal, ad fl. 
Cap, in Schult.MantJi 1. p. 386. — Crescit in PjomonlorioBonœ Spci :ad Water- 
fall prope Tulbagh ait. ii. — v. (Worccster) lu montibus Cccdcrbergc ait. v. 
(Klein-Namaqua-Land) Diègc n. q.t/jj b., et in montibus Wittebetge ait. ix. 
Drcge2587. (Gunnalande). Florct novcmbri et dccembii 0. 

Eragrostis namaqiiensis N. ab Es ; E. diandra, panicula composita et supra*, 
decomposita oblonga stricta densiflora , ramis sequidistantibus alternis mediisve 
subverticillatis brevibas spatio a basi divisis crecto-patentibus strictis ambitu 
ovato-oblongo , axillis audis, spiculis confcitis longiuscule pcdicellaîis lincari- 
ovalibus 4-8-floris byaliuis purpuro varicgatis, valvula inferiori obtusa trincrvi 
nervis valde prominulis^superiore valvula nuda ad carinas Isevi, caryopsi oblonga 
lœviuscula, culmo crecto siraplici, foliislinearibus planis scabris, ligula iniberbi. 
\ariat panicula angustiore simul et laxiore fere lineari. (Drège n. 2669. b.) 
— Patria : Promont. Bonse Spei; ad ripas Garip fluminissolo argillaceo-sabuloso 
ait. i. (Gross Namaqua-Land) et in ripa Key fluminis legit Drège n. 2569. a. b. 
et 8121. — Floret a Junio in septcmbrem. — Ab Er. tenuissima Schrad., 
cuiintcr omnes maxime afllnis est, dilfert panicula dcnsiori minus verticillata, ra- 
mis longioribus haud ita paîentissimis scd angulo acuto patcntibus, nequcabasi 
sed paulo ulterius divisis, spiculis magis imbricatis neqae pediccUis longiusculis 
praedilis atque patulis, alia ni taceam. 

Erianthus Ecklonii N. ab Es. — E. panicula3 contracta; ramis l'asciculatis 
angustis aitenuatis a basi dense ramosis ramulis brevibus, spicuUs sohtariis ge- 
minisvc inaqualitcr pediccllalis , involucio brevi, glumis îanceolatis ad médium 
patulo-villosis aUonuvitii, superioii acula, inferiori sitbbidcntata, vaginis glabris. 



io4 NEES ET scHAUER.^ — Annotatlojics hotanicœ, 

foliis planis latiusculis razrginc scnulato scabris, arista glumas œquante. — Pro- 
montoriumBonxSpei, in sylvis ait. m, montis Çhami (Tcrrae Caffrorura) legit 
Ecklon. Floret Junio V. 

TnicnoL.ENA Sclirad. Spiculac polygamae , bomogamaîj biflorae. Glumœ dua; , 
mcmbranacea;, villosœ; inferior miniraa, aut in annulum villosum altero latere 
lobulatum deliquescens ; supcrior floscuhtm infcriorcin aequans^ raucronata aut 
infra apicem bifidum sctigcra. Flosculus infcrior masculus aut masculo-neuter ; 
valvula inferior glumae superiori simillima,altcram spicula; uniflorœ glumam fm- 
gens;superior niinor, bidentata, stamina arctc involveus. Flosculus superior her- 
mapbrodilus, masculo luiuor, valvulis chartaccis, infcriori a latere einarginulata. 
Lodiculai obconicae, angusîae, cxiguae. Stamina tris. Caryopsis flosculi valvulis 
induratis tecta. — Inflorcsccnlia : panicula capillaris, rainis gracilibus solitariis 
fasciculatisvc, pcdiccUis arliculo pbialiformi mcdio a spicula solubili terminati, 
maturo fructu spicula intégra a pediccllo suo soluta avolat seriusquc dcmum flos- 
culum scminifcrura dimittit, 

DifTcrt il Panicis lachnanlbis aliisquc cunclis bujiis familix geacribus; gluma 
superiori valvulaque flosculi slcrilis iuferiori mucronatis aut rêvera seiigeris, 
pra^lereaque et valvula superiori masculi floris per se quidem lata at sa;pc con- 
voluta genilalia amplcctente. Antenanlhia P. de B. dislinguitur valvula supe- 
riori flosculi masculi rigidula bipartibili inferiorcm, et flosculo fertili glumas 
aequanle. 

I. Tiicholœna lonsa N. ab Es. (Gram. Capens. incd.) Tr. gluma supe- 
riori valvulaque flosculi masculi inferiori infra apicem bifldum setigeris lanatis, 
laaa média longiori apicem setamque vix superante incurabente, panicula laxa 
sparsiflora, culmo geniculato oblique adscendentc, foliis linearibusglaucis, geni- 
culis barbatis. Tricliolœna rosea var. alba N. ab Es. in indice seminum. Cap. 
Drège n. 4320. Patria : Promontorium Bonae Spei. Floret octobri, novembri V. 

Radix fibrosa. Culmus adsceudens , ad basin fasciculatim raraosus^ i- 2 1/3 
pedcs altus, oblique ad genicula villosus et valde infractus. Vaginae internodiis 
brcviores, magis minusve e tuberculis birtœ, ad os barbalaî. Folia in planta spon- 
tanea 3-4 poil, longa, lin. 1-1 i/4 lata, in culta 6-7 poli, longs, 2 1/2 lin. lata, 
lincaria, acumiuata, glauca, scabra, rigidula, basi saepe ciliata, sicca plerumque 
convoluta. Paniculaî rami alterni, citra basin florcntes, quandoque subfascicu- 
lati, pubescentes, flexuosi, ramis plerumque paucifloris. Spicula; 2 lineas longa;. 
Gluma inferior a barba pedicelli recondita, lanceolata exigua; superior et val- 
vula flosculi masculi inferior conformes , oblongo-lanceolatse , quinquenerves, 
sub apice bifido setam rectam scabram vix i/3 lin. longam sub lana latentcm 
emitlentes, lana mediocri alba aut pallide purpurascente erecta vel adpressa, in- 
ferius superiusque breviori, circa médium longiori neque vero setam subapicalem 
multo superante neque conspicue fastigiata vcstita;. Valvula flosculi masculi su- 
perior angusta, i/4 brcvior. Anlhcrœ violacese. Flosculus beimaphroditus mas- 



WEES ET scHAUEn. — '^nnotatioues botanicœ. io5 

culo 1/3 circiter brevior , oblongus, lœvis, glaber, cliartaceus, muticus : valvula 
inferiori apice transversim subemarginata. — Differt a Tr. rosea tum glaucedine 
foliorum, culmomagisque geniculato ad latera cespitis decumbente ,tum maxime 
kaa spicularum brenori magis adpressa haud fastigiata et paulo molliori ac 
cnspula. 

2. Tricholœna rosea N. ab Es. (Gram. Capensia ined.) : Tr. gluma aupe- 
riori valvulaque flosculi raasculi inferiori infra apicem bifidum sctigeris lanatis , 
lana média longiori apicem setamque (longiuscuîam) superante fastigiata patula , 
panicula densiflora , culino a basi infracta erecto, foliis linearibus viridibus ge- 
niculis barbatis. Variât lana spicularum rosea et alba foliisque angustioribus fere 
setaceis, latioribusque et planis. — Tricholœna rosea var. rosea N. ab Es. 1. 
c. et in Indice sem. Cap. Drèg. n. 482i, 3o45, 8899, 43i9 et 4323. Crescit 
ad Promontorium Bonae Spei, presertim in terra CafFrorum et in districtu Ceded 
Territory diclo,ad fines Cafroriim regionis et etiam in districtu Zwellendam. 
Floret octobri et novembri. — Differt a Tricholœna tonsa non solum colore 
latins viridi foliorum et culmo magis erecto, sed etiam panicula densiori, in 
plantis spontaneis soepe contracta et angusta, in cultis magis patula, imprimis 
vero lana glumae superioris valvulœque ûosculi mascuîi in fastigium crescente 
divergente strictiuscula apicem lineae fere spatio superante, setaque subapiculi, 
longiori ea quidem (1/2-1 lin longa) attamen lana breviori. Culmi crassiores 
sunt et firmiores quam culmi Tr. tonsœ- Vaginae modo omnino glabrae, modo 
(praesertim in cultis) patenti-pilosae , pilis mollioribus tuberculatis. Os vaginae 
barbatum. Geuicula culmi barbata. Folia in spontaneis angusta , et in debiliori- 
bus etiam convoluto-setacea, glabra in omnibus, jam in culta planta 6 longa sunt 
et 3-4 lin. lata basi ciliata, utrinque scaberrima. Spiculae in ramis paniculae sub- 
secundae. Gluma superior et valvula inferior flosculi masculi 2 — 2 1/2 lin. 
cum bna sua 3 lin. longae , citra médium tuberculalae, lanaque rosea albave 
scriceo-nitente , ad hune usque terminum crescente, veluti cingulo fastigiato 
turbinatoque hinc spicam versus lana breviori vestitae et tuberculis destituée. 
Seta in spontaneis longior, in cultis saepe brevior, valvulae masculae semper paulo 
major quam glumae. Haec species cum antécédente congruit, Color spicularum, 
dum viva et planta, intensior est ex fusco purpureus, exsiccalae autem spiculae 
pallidior, amœne roseus. Quse colorum diversitas, cum altcrius varietalis puro 
condorc conjuncta , amœnum praebet spectaculum. 

Addimus bis characteres essentiales reliquarum specierum Africarum hujus 
generis. 

3. Tricholœna capensîs N. ab Es. : T. gluma superiori valvulaque flosculi 
masculi inferiori ex apice retuso brcvissirae mucronulatis patulo-pubescenti-vil- 
îosis, panicula patentissima capillari, culrao basi ramoso infracto foliisque linea- 
ribus glaucis , geniculis sericeis. — Panicum capense Licbtenst. N. ab. Es. 
Gram. Eckl. in Cinn. vu. 3. p. 2/5. Kunth. En. 1. p. i32. Crescit in Pro- 
montorium BonseSpei; io terra coronaruio propc Jan Bloms Footeyn> Lichtcn- 



io6 NEES EX sciiAUER. — AnnolcUiones botanicœ, 

stein. — Prope Gaaup ad Castellum Beaufort. (Ccded Territory Drègc n. 899.) 
Floret novemLri, dccembii. 

4. Tric.holœna àrenaria N. ab. Es. (Gram. Capens. ined.) : Tr. gluma supe- 
ricri valvulaque flosculi masculi inferiori infra apiccm oblusc craarginatum brc- 
vissime mucronulatis pubcsccntibus , panicula oblonga, culmo basi ramoso in- 
fracto foliisquc lincaribus glaucis gcniculis imbcrbibus. Gluma iiifcrior obsolc- 
tissirua, — Patria : Promonlonum Bona; Spci; in collibus aieuosis iulcr Lckkcr- 
zing et Kahs ait. m. {Klein ïî.amaqualand.) Octobri cum fiuclu fcic matnra Icgit 
Drègc n. 35Ç>S:: 

5. Tricholœna micrantha Schrad. ; Tr. gluma supcriori valvulaque flosculi 
masculi iuferiori apice mucronulatis undiquc lauatis, laîia .xquali apiccm lougc 
superanlc patula, culmo geniculato ramoso foliisquc lincaribus glaucis, gcniculis 
imbcrbibus. — Tricholœna micrantha Scbrad. in Scbult. maiit. 11. p. i63. — 
Panicum Teneriffœ Kuntli En. 1. p. 98. n. i5o. — Saccharum TeneriJJœ 
Linn. Mant. p. 106. Willd. sp. pi. 1. p. 32o. Biv. Bern. stirp. Sic. Fasc. 4. p. 
5. t. 1. Jacq. Ecl- Gram. p. 5i. t. 33. — Panicum villosum Prcsl. Gram. Sic. 
p. 2. — yigrostis plurnosa Tcu. fl. Neap. Prod. suppl. p. 69. Synops. pi. p. 
3i. u.g.— Panicum TeneriffœTr.Van. rctr. in Act.Pcliop,S. vi. 11 i.p.ioQ^ — ■ 
Crescit in Tenerifla insula. (Linn. Massou. Bcrloloni), in Siciiia Biv- Bcrn., 
Presl. cet.) Vidi cxcrapla c Tcneriffa insula et sicula omnino inter sese con- 
gruentia , quibus igitur dubia, ab acutissimo Scbradcioin Pi. et Scli. Mantissa 
1. c. p. i64. mola pcnitus solvuntur. — Gluma infcriora obsoletissima. 

6. 7'risetum Icngifolium^. abEs.: culmo foliiî^quc cuimum œquanlibus con- 
voluto-filiformibus glabris his raarginc scabris, vagiiiis iufcrioribus dcliisccntibus 
convolulis clongatis, panicula angusta contracta recta, pcdiccllis nudis, s{)iculis 
quadrilloris , flosculis glumis longiorihus glabris iniptiuctatis rhichillœ articulis 
brevibaibatis, sctis valvula oblonga brcvionbus, arista glumas plus duplo excc- 
deutc. In duois Capensibus solo cricarum arcnoso, et in planitic ad Witscnbcrg 
Vogelvallcg, etc. (Distr. Cap.) In rupcstribus raontiuin Wilbergc (Drègc n. 
8i34.) Florct ab Augusto in Jauuarium. — Diffcrt, innumeris spcciuiinibus 
obviis, a Tr. antarctico, foliis pra;longis cuimum œquantibus, vaginisquc valde 
elongatis flac cidis, panicula angustiore, spicuUs paulo minoribus, et valvula flos- 
culorum iuferiori baud punctata : vix igitur varictus. 



LEHMANN. — u^TinoiatiQTies botaniccel 107 

AivivOTATioNES JîOTANic^ e Delectu seminum hortl hoianici 
Hamburgensis y anno i835, awcf . Lehmann , excerptœ, 

Gladiolus Eckîonii. G. foliis ensiformibus multinerviis hyalino-marginatis, 
floribus secuudis subrectis, spathis viridibus tubo longioribus, laciniis corollae 
utrinquc dense saiiguineo-punctatis lanceolatis inferioribus angustioribus. 

Ilab. in Africa australi. 

Morœa Zeyheri. M. glaberrima, caule simplici tcrcli, foliis linearibus cana- 
liculis caule duplo longioribus dependentibus, spatLis multifloris membranaceis 
albidis, laciniis coiollœ ovatis acutis integeiiimis reflexis, exierioribus duplo la- 
îioribus intus papilloso-subbarbatis. 

Hab. ia Africa australi. 

Slemodia lobelioides, S. glaberrima, caule crecto angustato, foliis decussa- 
tim oppositis ternatisque laiiceolatis inaequaliter serratis versus basin atlenuatis 
aurlculato-semiamplexicaulibus, floribus axillari])us cpposilis verticillatisvc sub- 
sessilibus. 

Hab. in Chile. 1^ 

Accedit habitu ad Slem. Chilensem Bentb. (Bot. Reg. tab. 1470), dififert 
prœtcr alias notas foliorum forma et glabritie omnium portiuui. 

OHLENDonFFiAi'Didynamia Angiospermia. Scrophularinese). Calyx prîsmalico- 
obconicus quinquefidus : laciniis raarginc dense toraentosis^ duabus inferioribus 
majoribus. Corolla infundibuliformis subbilabinta; tubo superne inflato; limbo 
quinqucfîdo : lobis subasqualibus obovatis, duobus superioribus paullo breviori- 
bus recurvis. Stamina didyraa, anthcris vertice lanatis unilocellatis : locello tran- 
versali breviorum staroinum miuori. Stylus stauiinibus lougior, iucuivus : stig- 
mate verticalitcr bilobo. Capsula obcordata bilocularis, poly.sperma, scpto con- 
trario in medio incrassato. Semina basi stiophiolata. 

O. procumbens.Fniùco&a. procumbens valde ramulosa, ramis junioribus lanu- 
ginosis, foliis obovato-spathulatis glabris mucronulatis, floribus axillaribus soli'- 
tariis scssilibus. 

Hab. in Africa australi circa Herrmanns-Kraal et ad flumen Vischrivier 
dictum, (Albany) I7. 



io8 HOCnsTETTEU. *- Sur quolques espèces d'Euphorbia. 



Note sur les Euphorbia platyphyllos L. , micrantha Steph. , 
stricta Smith, par M. Hochstetter {Flora i835, p. 369). 

L'auteur avait communiqué à la réunion des naturalistes 
d'Allemagne , à Stuttgard, les observations qu'il avait eu occa- 
sion de faire sur deux Euphorbes assez répandues dans le Wur- 
temberg, surtout dans les environs d'Esslingen. Quelques auteurs, 
entre autres Reichenbach, en ont fait trois espèces distinctes; 
d'autres, et c'est le plus grand nombre, ne les considèrent que 
comme des variétés d'une même espèce. M. Hochstetter discute 
en détail les opinions des auteurs, et ses conclusions sont que 
les Euphorbia platyphyllos et micrantha sont de bonnes es- 
pèces, tandis que I'jB. stricta Sm. ne paraît être qu'une forme 
bisannuelle de XE. micrantha. Nous n'entrerons point dans les 
détails que l'auteur expose; nous ne donnerons point non plus 
la description comparative des deux espèces, mises l'une en re- 
gard de l'autre, et par laquelle toutes les différences que l'au- 
teur leur a trouvées deviennent évidentes; nous nous borne- 
rons à indiquer le résumé qu'il ajoute à la suite des descriptions 
complètes : 

E. platyphyllos. E. micrantha. 



Melanosperma, megalocarpa, 
capsula verruculosa, quinque- 
fida. 



Erythrosperma , microcarpa , 
capsula verrucosa, umbella tri- 
fida. 



Ces deux plantes se trouvent également dans diverses con- 
trées de la France. 



D. viviAïa. •-• Champignons d'Italie, log 

I FuNGHi d'Italia e principalmente le loro specîe mangereccie , 
velenose e sospette descritte ed illustrate con tavole disegnate 
e coîorite dal vero, dal professore Domenico Viviani. Fascicoli 
I — V. Genova i834. — • Champignons d'Italie, principalement 
les espèces comestibles , vénéneuses ou suspectes , décrites et 
accompagnées de planches où elles sont dessinées et coloriées 
d'après nature , par le professeur D. Viviani. Cinq fascicules 
de chacun dix planches in-folio. 

La famille des Champignons, l'une des plus vastes du règne 
végétal , mérite par son importance de fixer de nouveau l'atten- 
tion des botanistes, des économistes et des médecins. C'est en 
suivant le développement des êtres plus ou moins simples qui la 
composent, qu'on pourra peut-être quelque jour soulever un 
coin du voile obscur qui couvre encore certains phénomènes de 
la vie végétale. Sous le rapport économique, qui ne sait l'intérêt 
qu'offrent ces cultures artificielles de Champignons comestibles, 
placées près des grandes villes, et au moyen desquelles il de- 
vient facile d'éviter les empoisonnemens, malheureusement si 
fréquens dans les campagnes , où les méprises à cet égard coû- 
tent la vie , chaque année, à tant d'individus! Combien il serait 
à désirer que la science arrivât à un degré de perfection tel 
qu'elle fut capable d'offrir des signes certains à l'aide desquels 
on pût aisément distinguer les bons Champignons des mauvais 1 
Mais, quels qu'aient été les efforts tentés jusqu'ici , nous sommes 
encore bien éloignés d'un pareil résultat. Que si les travaux de 
tant d'hommes distingués n'ont pu atteindre encore ce but dé- 
sirable, ce n'est pourtant point une raison pour se décourager 
et abandonner un sujet de recherches qui intéresse l'humanité 
tout entière. 

De même que le midi de notre France, l'Italie est une deâ 
contrées les plus fertiles en Champignons. Il paraît aussi que les 
espèces n'y sont pas généralement si délétères que dans le cli- 
mat du centre ou du nord de la France. Ayant habité Naples 
pendant long-temps , et même les provinces de ce royaume , 
nous n'y avons que bien rarement entendu parler de ces acci- 



iio D. viviAM. — Champignons d'Italie. 

dens, si communs parmi nous, occasionés par les Champignons, 
et pourtant on en fait un usage bien plus général. Cela tiendrait- 
il au mode de préparation ? Nous pencherions assez à le croire , 
puisque nous savons que les plus vénéneux peuvent en quelque 
sorte devenir innocens par une macération long-temps prolon- 
gée dans le vinaigre ou l'eau salée ; ou bien les paysans italiens 
et ceux du midi de la France se transmetlraient-ils de généra- 
tion en génération la connaissance pratique des espèces impu- 
nément comestibles? Quoi qu'il en soit, c'est un fait qu'il con- 
venait de constater. D'un autre coté, et cela semble en opposi- 
tion avec ce que nous venons de dire, nous savons que les 
hommes du nord de l'Europe , et entre autres les Russes, man- 
gent presque indifféremment toutes les espèces qu'ils rencon- 
trent. Je le répète, c'est une matière qui appelle de nouvelles 
observations , et qui mérite à tous égards l'active sollicitude du 
philantrope, qu'il soit botaniste, chimiste ou médecin. 

C'est aussi en Italie que les Champignons ont été d'abord le 
mieux observés. Micheli dans ses Not^a gênera, et Bartarra dans 
ses Fungi arrirninenses^ ont en effet donné les premières fi- 
gures passables de ces plantes qui jusque-là avaient été si gros- 
sièrement représentées dans les planches gravées sur bois de 
Bauliin, Clusius, etc. Mais qu'il y a loin des planches même de 
Micheli et de Batarra à celles de l'ouvrage que nous annonçons 
aujourd'hui ! Il est vrai que la transition n'est pas brusque : 
entre les livres de ces auteurs estimables et celui de M. le pro- 
fesseur Viviani , il y a ime foule d'ouvrages intermédiaires dont 
les derniers , ceux surtout de Bulliard, Sov^erby, Greville, etc. , 
nous offrent des Champignons figurés avec plus ou moins de 
luxe et de vérité. C'est aussi par ces qualités que brille surtout 
l'œuvre du professeur génois. Les cinq fascicules que nous en 
avons parcourus dans la bibliothèque de M. le baron B. Deles- 
sert, nous montrent en effet tout ce que l'on peut attendre 
d'un crayon exact et d'un pinceau exercé. C'est un livre, en un 
mot , où règne une magnificence digne du souverain sous les 
auspices et avec l'appui généreux duquel il est publié. 

Nous dirons peu de chose du texte qui accompagne les plan- 
ches. Les descriptions nous ont paru bien faites et à la hauteur 



T). viviANr. ' — Champignons d^ Italie. fit 

(les connaissances actuelles sur ce point de la science.Quànt aux 
planches , nous le répétons avec plaisir , elles sont dessinées 
avec une grande vérité par l'auteur lui-même, circonstance plus 
importante qu'on ne l'imagine quand il s'agit des végétaux 
agames, puis imprimées en couleur et retouchées au pinceau 
avec le plus grand soin. Une seule chose nous y laisse à désirer 
M. Viviani , chose que le nombre toujours croissant des espèces 
rend de plus en plus indispensable, nous voulons dire une ana- 
lyse microscopique de Yhymeniam où nous puissions voir la 
forme des utricules ou thèques {asci), leur agencement ou dis- 
position en membrane, celle des sporules, etc. Nul doute que 
par la suite on ne soit obligé d'avoir recours à ce moyen subsi- 
diaire pour rapprocher ou séparer des espèces. Si nous-même 
nous avons négligé cette analyse dans les deux Agarics nou- 
veaux que nous avons publiés dernièrement , c'est qu'à l'é- 
poque où ils ont été découverts nous n'étions pas convaincu 
comme maintenant de l'importance de cette analyse, et que plus 
lard, après une dessiccation long-temps prolongée, il n'était plus 
possible de la faire. 

INous ne chicanerons pas M. Yiviani sur la valeur de quel- 
ques-unes des espèces d'Agarics qu'il a regardées et publiées 
comme nouvelles , puisque lui-même, dans leur description , les 
rapproche des types auxquels elles se rapportent, et souvent ne 
les admet qu'avec doute. Nous dirons seulement en passant que y 
d'après notre manière de voir, qui peut bien n'être pas la 
bonne , c'est sur de bien fugaces ou légers caractères qu'il en 
a établi quelques-unes. Ainsi MAgaiicus caryophyllatus Viv. ne 
diffère de XA. prunulus Scop. que par la couleur, caractère de 
peu de valeur ou plutôt de nulle valeur dans ce genre , comme 
chacun sait. L'odeur de farine de celui-ci remplacée par une 
odeur plus suave dans celui -là, ne nous semble pas non plus au- 
toriser à séparer deux formes tellement identiques d'ailleurs, 
\1J. Piopparello Viv. est bien voisin de VA. melleus Yah\ {^A» 
annularius Bull.), si ce n'est la même espèce, ce que nous 
sommes porté à croire , tant cette espèce est variable. \] A. hor^ 
tcnsis Viv. est-il bien différent de VA. pumilus Fr. [A. volvaceus 
minor Bull. ) ? J^A. prominens Viv. n'est évidemment pas dis- 



lia D# viviANi. < — Cliampignons d^ Italie. 

tinct , pour nous , de Vue. procerus Scop. ; l'espèce de pointe 
ou diacumcn qu'on observe au milieu du chapeau ne nous sem- 
blant pas suffisant pour l'en séparer, puisque d'ailleurs on le 
retrouve dans 1'^. colubrinus Bull. , qui n'en est qu'une simple 
variété. Nous croyons qu'on aurait pu se dispenser de figurer 
un si grand nombre de variétés de XÂ. campestris L. , et qu'il 
eût mieux valu consacrer ces planches à des espèces plus inté- 
ressantes ou non encore représentées. L'^. pudlcus Viv. non 
Bull, ne nous semble, au reste, qu'une des variétés de cette es- 
pèce. Enfin VA. infimdibuliformis Viv. 'nous paraît une espèce 
différente de l'Agaric homonyme de Bulliard , t. 553. Nous ne 
saurions véritablement à quoi la rapporter, mais nous y réu- 
nirions bien certainement une autre espèce de M. Viviani, Y A. 
zizyphiniis. 

Nous n'ajouterons plus qu'une seule observation. VJ.fœtens 
laisse quelque chose à désirer sous le rapport de l'exactitude. 
L'échantillon modèle était probablement ou trop jeune ou im- 
parfait, car la cavité considérable dont se creuse le pédicule 
est à peine indiquée d'une part, tandis que de l'autre les gra- 
nulations des stries des bords du chapeau sont à peine dis- 
tinctes et ressemblent plutôt à de simples points colorés sans 
nul relief. C'est peut-être la seule critique que nous puissions 
faire relativement aux planches; mais il faut aussi convenir que 
la perfection habituelle de M. Viviani nous a rendu à bon droit 
difficile. 

Pour nous résumer, nous dirons avec franchise que cet ou- 
vrage, remarquable surtout par le luxe des planches, ne peut 
avoir une grande influence sur les progrès de la science mycolo- 
gique, ni même, vu son prix assez élevé, prétendre à la rendre 
plus vulgaire; mais nous ne l'en croyons pas moins digne de 
figurer à côté de Bulliard, de Sowerby, de Schacffer, dans les 
bibliothèques publiques et particulières, où il sera consulté 
avec fruit quand il s'agira de déterminer siîrement une des es- 
pèces qui y sont si fidèlement représentées. 

C. Montagne. 



j. G\T. — Duriœi iter asturicum. ii 



DuBiAEi iTEii Asturicum Botanicum, 

ANHO l8'^5 SISCIPTUM, 

Auctore J. G a y. 

PROCEMIUM. 

Peilinsulam Ibericam post Clusium, botanices c;uisâ , muîti 
petierunt, Tournefortius, Ant. et Bern. de Jussieu, Loeflingius, 
Hoffmanseggius, Linkius, Webbiiis, aliiqne. Orso demùm bello 
Napoleonico , plantarum studio flagrantes, viri nonnulli milita- 
res, inter qiios Boryiis et L. Diifoiir , Hispaniam adieiunt plu- 
resqiie ejus provincias lustràriint. Novissimè porrô, exercitui 
gallico addicti , pliartnaceiitices quidam alumni, Gadibus diù 
morati suiit et ingenteni plantarum exsiccatarum copiam indè 
reporlârunt. Quo tempore etiam Salzmannus Motrilum, Mala- 
cam et Gibraltariam sedulô exploravit. Nec in excolendâ Flora 
patriâ miniis acres fuerunt viri docti per periinsulam sparsi , ta- 
li tamen incepto numéro impares. FloramLusitanicammethodicè 
conscripsit, plantarum Linnaeanarum et ipsius Lusitaniae indige- 
nariim, eheii, non satis gnarus, ingenio caeterùm botanico pol- 
lens, Brotero. Intra Hispaniae fines de plantis Aragonicis benè 
merilus est Asso; de Catalaunicis et Calœcicis, Pourretius ; de 
Valentinis, Cavanillesius; de Murcicis, INeo-Castellanis, Legio- 
nensibus et Astiiricis, Lagasca ; de Baeticis, Roxas Clémente. 
Quorum collatâ opéra, per quatuor elapsa ScTcula, plerai^que 
. quidem peninsulîc stirpes innotuerunt et in systema vegetabi- 
lium intrârunt, longé tamen abest quin regio inter Europfeas 
fertilissima, sit exhausla. Plerœque enim cùm Hispaniaî tùm 
Lusitaniîc provinciœ, semel ant bis ab homine perito cursim 
peragrata;, inter cognitas plagas neutiquàm adnnmerari pos- 
sunt; quœdam ad hanc ustpie diem prorsùs intactœ remanse- 
riint. Notiora profeclô L^byaî déserta et Asiœ regiones longin- 

VI. FjDtan. — Août. 8 



I i4 J. r.AY. — Duriœi iter asturicuni. 

quae, quàm istœ Hispaniarum provinciae. Eas porrô stirpes, 
qiias per seciilorum decursiim cùm Hispani tùm exteri college- 
rnnt, nemo adhuc in corpus iinum, totiiis scilicet Hispaniae Flo- 
ram, cogère suscepit. Quâ déficiente, nec de multarum plantarum 
extensione geographicâ satis certas notiones habemus, nec de 
iiniversaeEurop?e Flora conscribendâ cogitandum. Accedit quôd 
plurlmîe, jam ah antiqiiiore aevo cognitnc stirpes, uno verbo 
hispaniccT dicantur, quariim locus in Hispaniâ proprius aut 
prorsùs ignoratnr, aut dnbitationis signo notatur. Obscurae 
mihi erunt istœ, et quoad historiam clauda:*, donec peregrinato- 
rum testimonio sciam, qu.Tnam earum genuina sedes, qua^nam 
extensio, quccnam in solo Hispanico ratio. Petite ergo Hispaniam, 
Hispaniam percurrite, quicunque complendtc Florœ Europeaî fa- 
vetis , queis et nummi et otium et florens ajtas concessa. Talibus 
hortationibus permotns,cl.Durieu de Maison-Neuve (quem latine 
in posterum, brevitatis causa, Duriju'um dicemus), miles bene- 
ficiarius (^officier en disponibilité), lilancliardiae, propè Ribera- 
cum, in Duranifc prœfecturà domicilium habcns (i) , ibique pa- 
terna colens jugera, Hispani;c lacunani botanicam pro virili ex- 
plere, et Asturiam, provinciain maxime negleclam, primùtn 
adoriri slatuit. Viium in rébus botanicis jamdudùm versatum, 
operœ summoperè pareni , aetas et vires intégrai, vitaque gra- 
vioribiis negotiis vacans, et Hispaniae aliqua jam parla notitia 
cxcitabant. Bello enim anni iS-i'i interfnerat miles, et Hispano- 
rum linguam ac mores noverat. Sed quamvis incepto aptissmius, 
nequibat tamen sine faciiltatuni modicaruin damno tanli itineris 
sumptus sustinere. Huic commode o[)itulatum iri censuit, si se- 
kctarum plantarum specimina [\o colligeiet, lotidemque, mo- 
dicissimo pretio venalia, herbaria confie eret, lucrum indè neuti- 
quàm quœrens, hoc tantùm in votis liabens ut impensam pecu- 
niam recuperaret. Talibus consiliis primum suum in Hispaniam 
iter, anno prœterito, suscepit et féliciter absolvit. A quo re- 
gressus, totam Filicum et phanerogamarum nondùm nominata- 
rum seriem, cum pUuimis schedis manuscriptis, mihi elaboran- 
dam misit. Algas in?imul Boryo , agamas reliquas Montagneo 

(i) BlducUardie, {nes Riberac, dcpriilemcnt de Id Di-rdojjne. 



j. GAY. — Diiriœi iter asturicum. *i5 

tractandas commisit. Phanerogamae, additis Filicibiis, in univer- 
sum species53i (i)suppeditaverunt, qiiarumayS tantùm publici 
juris factae sunt. Multas enim vulgares, eum in fineni legit ut 
Asturiae indoles vegetabilis rneliùs patesceret. Qiiasdam magni 
prelii,etsi jam notas, inveni, novas pliires quàm à regione tam 
vicinâ speravisses. Novas et minus cognilas, mox fusiùs tractabo. 
Ipsum vero iter priùs enarrandum, in quo suadendo atque pro- 
movendo ego primus fui. 

De quo conscribendo neque ego cogitabam, neque Duriasus, 
donec, absoliitâ jam et in typothetae tabulis ordinatâ, eâ quidem 
non levi, quam mihi ipsi sumpseram, parte, ipsae, lepidissimè 
scriptœ, Duriœi epistolae ulteriori laboriansamprœbuerunt. Quae 
quum observationibus exquisitis et cognitione dignissimis scate- 
rent, deperdi nolui viri meritissimi operam. Novisitaque litteris 
(in Duraniœ enim ditione degit, nec ipse hucusque ciim eo in 
colloquium venire potui ) omnigenisque interrogationibus pro- 
vocavi, ut quae priùs mandaverat compleret, omniaque , quae 
perbellè observaverat, memoriterque ad hue servata tenebat , 
tandem mihi edenda traderet. Documenta mox nactus sum lo- 
cupletissima , quae in ordinem à me digesta, meisque ponderi- 
bus examinata, in ampliorem demùm hbellum, totiusque itine- 
ris adumbrationemaccreverunt. Nec scribenti hix defuit,aHun- 
dè allata. Parisiis etenim tune versabatur, Hispaniarum nuper 
rei œrariae prœfeetus, ill. comes à Toreno, vir tantùm rarâ in ter 
proeeres Hispanos eruditione pollens, quantum rerum praeser- 
lim omnium Asturicarum perilissimus , prout Oveti , Asturum 
nobilissimâ stirpe (Queypo de Llanos) natus, et fundorum in 
Asturiâ maximorum dominus. Talem virum adiré atque in con- 
silium adhibere non dubitavi. A quo humanissimè exceptus, 
plura edoctus sum, undè Duriaei monita vel ampliata vel emen- 
data venerunt. 



(i) Aliae prœtereà non pancœ à Duriseo leclœsunt ,qiias ego non vidi. Eas narrationi passim 
intermiscvii, verbis no» "vis, inlerpositis. 



• 6 .1. G A Y. — Duriœi iler asturicurn. 



I. Trajfctio. 

In extremis Callia; oceanicr finibus, intrà l.nisii sinum , par- 
viiâ,an;i niunitijc subjectus, aperit se portus , cul nomen /<^ 5^)- 
cou. Eô se coiitiilit , cùm Tjiirdigalrc et Lampurdi navii;inm in 
Astiiriarn profectiiriim frustra quaîsiviTat, Duria3us , scaphaque 
consceusâ, i^ Maji i835,ii) Caiilabri.e notissimum pottum le 
Passage iv3L]eciX. Ibi iu anchoiis tune stabat , bello intcineciiio 
laboraiitem Cantabriam speculata, navium gallicaruni classicula, 
à cujus pnTfecto mox aliam scapham obtinuit, quâ se ad San- 
^an(iera(TJ tiansfcrrot. Scapha verô, procelloso mari impedila , 
in locum projjositum appel 1ère nequivit, et porlu Castro refu- 
gium quccrere coacta , nostruni peregr.natorem ibi dereliquit , 
qui, paucis intennissis diebus, tertiam navicidam consceiidens, 
iS» Maji, Gegionem demùm alligit.Priùs verô quàni ad portum 
Castro perveniret, pleraqueja u Canlabiia? et provincial Santaii- 
«lerensis oj^pida niaritima tetigerat, Saint-Sébastien , Lecjuieito, 
Jiilbao, Portugalete', Santona , et ubicumtjue appulcraf , pla- 
gnm oculis circuinjectam curiosé Uislraverat, cbarlà verV» bibiilâ 
in imo nAvigio religalâ carens, non nisl paucissimas stiipes col- 
ligere potuit. 

Juxta portum le Passage , G'' Maji, Lithospermnni. proslraiwn 
Lois, primùm vidit legilque, fidum deindè totius ilineris co- 
miteni. 

Santonap, in provincia Santandcrensi . i i» ?.la]i, iuuumera 67- 
Iri LLmonii{C)\iOi\\AV\\ vulir,et clauslroruni \ydr'wAi"s Erino ulpino 



(i) C'itiii.<! Llmonium non Santon% tanlùm, ven'im etiain, quamvis |)arrin.s. Castri, siil) dio 
féliciter coliUn', cjiue res «-t iiit!lL)loi;os et geogniplios oniiies effugisse viduliir! Cilris omnibus 
caret lola Hi'|iania intorior. li^sdem nbundnDt lillora ferè omnia Iberira, ant ad Mare médium 
laucesque Hercnleas, ant ad Oceannm Gadilannni protensa. Totam Citris ferarissimam es^e Lu- 
silaniam, nôrunt uuiues. INec regni lirnitibus et Minio ilumine cohibentur. Eo enim trajecto, 
Caloecos intranl, el, ad oras Oceaui occidenialis, per Vicum (hisji. f' i-i^o\ et l'oiiteni veterem 
'hi<p Pontevedra) , usqne ad el PaJron , provincia fere mediâ, onines simul generis species 
evnirrunt ((;ouf. Lahorde, It'in. dcscr. Esp. ii. i8oS. p. 207. Quer, Fl. Esp iir. i-j(\-i. p. 
i83. Bory, Guide du voy. en Esf>. iSi3. p. 4o4)j uhi Citrus Aurautium (aurantia dulcia fe- 
erns) roinnioratur. l'ergit vcro CiC-w rulgv'n (aurantia IcreDS amara)ciiju» non pancœ arbores, 



j. GA.Y. — Duriœi lier asliuicum. 117 

vestitas siimmoperè miratus est. Muros eosdem ornabant Pha- 
g;nalon tricephalum Cnss. et Saxifraga trifurcata Schrad. 

Circa Castro, i 5^ Maji, visa sunt Aspidium Filix-mas et di- 
latatuin. iitnimqiie luxurians, 5-6 pédale, JFooda^ardia radi- 
cans!, Smdax aspera, Laurua nohi/is, jarn arbor et montium 
clivos infeiiorcs ohurnbrans, O.^yrls alba , Orobanches plures, 
m GcUio Molln^ine , Picride hieracioide?, Vicia bidifnicà,cXc.., 
parasiticœ, Menziesia Dabeoci, in lotâ €antabriâ , fprovinciâ 
Santanderensi et Asliiriâ frequens, Phagnalon tricephalum, 
Helichrysum Stœchas , Saxifraga hirsuta , Silène maritima vcir. 
longifoliay Silène noctiirna et Çheiranihus incanus lu. (à me 
non vis). Woodwardia imprimis miranda , Filix inler Europaeas 
maxime australis, è Teneriffâ et Maderâ (i) in Liisitaniam et 
Pithecusam, Italisc insulam, migrata, cujus verô extremiis termi- 
nus, Boream versus, ad ipsas Vasconici sinus oras nunc re- 
movendus. Nec ullibi posteà, aut in Cantabriâ aut in Asturiâ 
Dnriaeo nostro occurrebat. Castro vero, provincise Santande- 
rensis portu, egresso, montis proximè adjacentis radiées pe- 
tenti, profutida abruptaque rupium scissura se offerebat, undè 
subjecti oppidub aquaîductum alens defluebat rivulus. Ibi, ciim 



Coronae (hisp. la Contila) in horlis friictificant ; quibus etiam duplici ordlue consîtis, via ad 
villam qiiamdam, eodem in agroi Coronensi, propè vicum Bergondo, loDga ornalur. Cilrm 
quoqiie Limonium circà Burum (hisp. el Ferrai) eliamnùm fréquenter coiitur (ex ore ci. Ray- 
niundi de la Sagra , qui rem, utpotè Calœcus el CoronaJ iiatus, optimè novil). Bun vero sub- 
sislere videlur ulraque arbor, nec iiiter Calœcos iuteriores procurrere. Migrationis sallem ulte- 
iioris neminem tesleni idonenm liabeo. Leucas tanien ferè loo prosiliens, Citnis Limonium, in 
provincià Sanlanderensi, litloreque Cantabrico, plagâ Hispaniœ maxime boreali, iterùm occurril, 
locis intermediis ullerioribusque prorsùs deflciens. Cujus pbienonieni causam , procui dubio 
multiplicem, eruere non tentajjo. Hoc lanlùtn , ex Duriœi schedis, noiatum vole, quôd aes 
maxime humidus, montesque ad Austrum proximè impendenles (ventornm auslralium flalur 
cohibentcs), Ctiro, hic loci, imprimis favere videntnr, nec ea seorsùm aeris ioconuiive valet ra- 
tio. Gegioni etenim vivere nequit arbor, ubi et aer siccissimus, et montes ad Austrum longiùs 
remoli. Nec Santanderœ liospitatur, quamvis aer ibi humidus, quià moules proxinii leucatn 
unam vel i ^ ab oppido distant. Sanlonœ verô et Casiri, snb dio vigct îeiiciter aJque fri:r!i- 
ficat, mullo ubi luimore scalet aer, el nions, nnllâ planitie interjectâ, in ipsum mare prœceps 
«lecurrit. Observationes propriè hygrometricas, nnllas quidem instituit Duriaeus, aeris tameu 
plus minus sieci autbumidi diflereutiam, ex planlis mnmlihus Castri, Santonœ et Sanlandera; 
creberritnislœlissimisque, Gegioni aiiiem rarioribus atque l)el)etatis, non malè conjicielial. 

(i) Calil'oiMJii' iliàm, et Pcriniir, cl Xrp.i'i;!' civis dicilnr! 



ii8 J. GA.Y. — Diiriœi iter asturicum. 

Lauro nobiliet Saxifragâ hirsutâ frequentlssiraam , 8-10 peda- 
lem , frondibiis in terram propendentibtis , apice radicantibus, 
insignem et quasi peregrinani Woodwardiam vidit. Cujus, ne 
deerit dicto fides, cùm jam prelo chartisqiie bibulis carebat, 
pinnulas quantulascunque potuit, inter indusia et ipsâ bippo- 
perâ reconditas, ablatas secum attulit. 

II. Gegio. 

Gegioni (i) demùm appulit, cujus hic ferè est situs , atque 
conditio. 

Sinum amplum, satisque profundum efficiunt promontoria 
sancti Laurentii et de Torres ^ alterum ad orientem, alterum ad 
occidentem spectans. Imo sinu in mare excurrit lingua brevis, 
castello munita, cui nomen Punta de Santa-Catallna j ad cujus 
latus occidentale portos aperit se, moHbus lapideis clausus, laî- 
tissimusque, sed angustus, introitu ostioque angustissimo, quô 
uonnisi minora navigia {chasse-marées y sloops , très-petits bricks^ 
et similia) œstu accedente ingrediuntur, codem recedente in 
arido relinquuntur. Portui adjacet oppidum incolarum plus 
6000, apertum, nuUisque propugnaculis defensum, sed ipsâ 
vetustate inclytum , totiusque Asturiaî amœnissimum et com- 
mercio florentissimum. Ab oppido zona arenosa angusta, in 
orientem et occidentem, usque ad promontoria porrigitur 
ubi ( et in extremâ Punta de Santa-Catalina) littus tandem 
in cautes arduas {^dW. falaises) se attollit. In planitiem cac- 
terùm panditur tota regio circumjecta , nec nisi unam leu- 
cam à iittore maris in colles assurgere incipit, à quibus 
proximi montes, Oveto impendentes, leucas 4 distant. Regio 
ventis omnibus pervia, parùmque fertilis, propter aereni siccis- 
simum plantis imprimis muralibus et tectorum ( ad Castro et 
Santona luxuriantibus) infecunda, stirpibus tamen marinis et 
maritimis abundans. 

Eam jam plagam, ab 1 8» ad 28 a°» Maji, florentibus adhuc Scillâ 
vernâ, Stellariâ Holosteà ^ et Cheirantho Cheiri , exploravit 
Duriaeus. Quas ibi legit stirpes, paucis capitibus exponam. 

(c) Gegio, onis, aliisGegia et Gigia, «, hodiè Gijon. 



j, G AT. — Duricei iter uituricum. i k) 

Rupibus maritimis, earumqtie speluncis propriœ suiA j4sple- 
nium marinum L.^ Adiantam Capillus-veneris L. et CochlearUi 
danica L. 

Super haec campi se attollunt et cespites graminei , Serap'ui 
occultatà ( nov. sp. ) déco ri. 

In zona littoris arenosâ vivunt Phleurn arenariumL., Fés- 
tuca rubra var. spiculis pubescentibus , Triticumjunceum L. et 
Rottbolla DC. , Lepturus incuruafus Tr'm. et subulaius Kunlh., 
Merendera Bulbocodium Ram. (fructifera), Potamogelon pec- 
tinatumh. , Riippia rostellala Koch , Zannichellia pedunculala 
Rchb., Zostera marina L. , Triglochin maritimum L. , Bumex 
bucephalophorus L. , Chenopodium maritimum L. , Armeria ma- 
ritima W., Glaux maritima L., Leontodon bulbosuslj. {Prenan- 
ihes bidbosaTiC FJ. fr. ), Thrincia hirta Rotli., Cotula coro- 
nopifolia L. , Daucus hispanicus DC. , Medicago lupulina et 
striata Bast., Maha mihi ignota {\\Dianthus gallicus Pers. , 
Sagina maritima Don, Spergula sabuletorurn. {no\. sp.). Are- 
naria marina « Smith, et peploides L. (non vis.), Cerastium 
tetrandrumSmiÙi.y Frankenia Lœvis\,. (non vis.), Aljssummon- 
tanum L. . Cakile maritima Scop., Raphanus maritimus Sm. 
(non vis.)j GlauciumfLavum Crantz(non vis.), Ptanunculus bul- 
bosus Ij, , Irilobus Desf. , muricatiis L. et pari^i/lorus L. 

In pratis paluclosis mari vicinis inveniuntur Carex pulicarish., 
divisa Huds. , extensa Good., distans L. et riparia Curt., Juncus 
compressas Jacq. et Alisma ranunculoides L. 

In satis frequens Phalaris brachyslachys Link. 

Relique speciesGegionelectae hœc sunt : Equiselum ramosiun 
Schl., Charafœtida A.Br., Aira caryophyllacea L. , Avena fra^ 
gi/ish., Danthonia dfcumbens T)C y Bromus maximus Desf., 
Festuca uniglumis Sol. , Kœleria albescens DC, Briza média L., 
Triticum ciliatum DC. , Juncus bufonius L. , Asphodelus al' 
bus L. (non vis.), Scilla verna Huds., Crocus nudiflorus Smith 
(fructif.), Iris fœtidissima L.(non vis.), Ophrjs anthropopîiorah.^ 

(i) i(fa/t'« 5} /cej^n valdèaffiiiisjsed superficie tolà pannosn-hirsulâ, pilis densissimis, slel- 
lalis, cal)cibus majoribiis, bradais uiiillo lalioribus, ovato-iuUroluudis, et folioHs calycinis loii- 
giusculè acuminalis, carpella superantibus procul dubio diversa, quam tamen ex uno suppetente 
frijstulo pro nova desrriLere nollein 



j 20 3. GAY. — Duriœi iter asturicum. 

Serapias Lingua L., Euphorhia mihi ignota (i), Atriplex patula 
L. , Âcinos alpinus Moench (cum Orobanche quâdam in ejus 
radicibiis parasiticâ) , Teucrium pyrenaicwn L. , Rhinanthus 
Criita-galli Ij. , Orobanche Hederœ Vaiicli ,. Scrophularia Sco- 
rodonia L. , Erinus alpinus L. , Ammi Vlsnaga Lam., Polycai-pon 
tetraphyllum L. , Scorpiurus subvillosa L. , Erodium malacoides 
W. et nwscJiatum W. , Sagina procumbens L. et apetala L. , 
Polygala vulgaris L. et Senchient pinnatifida DC. 



III O VETU M. 

Quinque a Gegione leucas distatOvetum, Asturifc caput. Quô 
quum, 29** Maji, pervenisset, à pr.Tfecto (2), provinciic admini- 
strandne unicè sollicito et in altioribiis disciplinis non satis ver« 
sato,inalè exceptus Duri.TUS, primùm in eo fiiit, ut itineri pro- 
posito renuntiaret, domumque rediret. Datis verô, quas seciim 
attulerat, litteris commendatitiis , fautorem mox nactus est plus 
iinutn, quorum opéra ulteriùs pergendi licentiam demùmol)ti- 
nuir.Ulilissimus inter alios fuit cl. Ferez (D" Benito Perez deVal- 
dès), senex omni doctrinà ornatissimus reique herbariœ curiosis- 
simus, cujus doctis colloquiis multa ad Asiuriœ sitiim et physi- 
cam indolem pertinentia didicit , quae noscere maxiinè oporte- 
bat, quo duce etiam urbis confinia et montis Naurantii (vulgô 
Naranco) radiées quatriduo investigavit. 

Circa Ovetum (ag^Maji-S Jun.) lecta : Serapias cordigera L. , et 
Lingua L., Acinos alpinus 'Mœnch., F^eronica serpylliJolia\j.^Li- 
naria triornithophora W., Erinus alpinus L., Galium vernum 
Scop. , Bunium denudatum P pyrenœuin DC. , Saxifmga trifur- 
cata Schrad., Lythrum Hyssopifolia L. , Poientilla splendens 
Kam,, Géranium sanguincum L. , Lychnis corsica Lois. , Sagina 
apetala L. , Spergula arvensis L, et sabuletorwn (sp. nov. ), 
Draha muralis L. et Aconitum Napellus L. (non vis.) — Inter 
quas notandae Acinos alpinus et Erinus alpinus y iu Asturiâ in- 



(i) Capsula et glandiilis Eup\. segetalis, scminibiis Euph. provincialis. 
(a) Siiarei del Villai . 



, j. GAY. — Duriœi iter asturiciim. 1 1 1 

feriore vulgatissimae, non lit apud nos merè alpinfp; Linaria 
triornithophora y planta speciosa , è Lusitaniâin Astiiriam coii- 
tinuata(i), et in ejus convalliljus non rara ; Saxifraj,a trifurcata 
Schrad., patriâ germanâ hucusque ignotâ , qiiâ florente tecta 
OvetensiM quasi nive obducta et dealbata videbantur ! ; Spergula 
sabuletorum y planta maritima , ciijiis unicum spécimen, litto- 
reis multô majus (^conf. meam descriptionem ) Oveti legit Dii- 
riœus. 

Asturiam à regno Legionensi,è Cantabriâ usque in Gallaeciam 
montes perpetui dirimiint , quorum cnlniina et clivi ipsi , taii- 
tùm in meridiem quantum in septentrionem spectantes, gregi- 
bus innumeris(2)per omnem aestatemdepasti,arboribus prorsùs 
carent. Médium jugum sécant fauces puerto de Pajares , per 
quas ab Oveto I.egionem versus ducta est via regia (3). Parte 
orieiitali nihil nobis nùnc agendum. 

Pars occidentalis , 25 ferè leucas in longitudinem patens , al- 
tiora sua cacumina (montes de Teberi^a et del Somitdo) in me- 
dio habet, rupibus graniticis saxisqiie calcareis primœvis sufful- 
ta , quorum quœdam limitem ferè nivaleni attingunt. In finibus 
occidentalibus montes humiliores oriuntur (^pico de Ârvas^ etc.) 
admisto marmore (4), omnes schistosi, jam Julio medio nivem 



(x) Apud Calaecos frequenlem esse etin niontibus cùm Legionensium tùm Burgorum (Bu»'gi, 
oium , Castellœ veteris caput) etiam inveniri, testes sunt Quer et Orteg. ia Fl. Esp. v (1784) 
p. 36r. Radicem repentem proniintlàiuut P. Heimaninis, Qiieret Ortega,TenIenatius, aliique, 
quod et nos è planta cultà confirmare possumus. Viliculos è radiais collo, sub terra, ad duos 
usque pedes productos, in horto suc vidit Duriaîus, quoset ego, sed breviores, inhorto Luxem- 
burgensi observavî. Radicem tamen neutiquam lougajvam, et potiùs perennantem quàm pe- 
renDem credo. 

(s.) Ex ultimâExlremadurâ veniunt, parlim, uudè per médium regnum Legionense, quofannis, 
Majo mense, itinere leucarum plus i4o,inborealem H ispaniam migrant, Septembri idem iterre- 
mensuri. Montium Âsturicorumaustialium tota quanta juga continua depascunt, p!urimùn) tamen 
in clivo meridionali subsistant, nec nisi rariùs in septentrionalem transeunt. Rebaiïos tras- 
humantes , propler migraliones louginquas, dicuutur Hispanis, et eo solùm ovium génère con- 
stant, quod, propter lanam sublilissimam nobile, nomine Mérinos omnihus notissimum est. 

(3) Hancjugi Asturici partem mcdiam quantulamcumque, et montes vico Sauta Maria de 
Arvas conliguos explorasse videtur Lagasca. Juga verô ulleriora rerum naluralium investiga- 
toribus ad banc usque diem nusquàm calcata. 

(4) Marmore imprimis abundat valiis Narceia; superior, à Canicâ usque aJ Vega de Bengo.^ 
el ullrà. Cujus, colore adniodùm \ariantis, pleua speciniiuura séries Canica?, in aedibus Tore- 



122 1. G A Y. — Duriœi iter asturicum. 

exuentes. Ex his Alpium occidentalium jiigis pliirimi in septen- 
trionem montes secundarii, paulatim decrescentes, excnrrunt , 
plurimi effluunt torrentes, qiios omnesNalo tluvius, paulô infrà 
Gradum oppidum, colligit, et in vicinum mare deducit. Quot juga 
secundatia et torrentes, tôt valles aut valleciilre cultoribus fré- 
quentes soloque fecundoprc'editap,inseptentrionemiongè proten- 
duntur. Vix enim, prêter tractumOvetum inter et Avilès^ in pla* 
nitiem panditur ullaAsturiaîoccidentalispars.Asperamhanc ferti- 
lemqueterramgens incolit, purèHispanica et aùTôjj^Guv, nulloMau- 
rorum sanguine commixta. Agrorum cultu imprimis vivunt, phi- 
rimarum rerum egeni,sed summâ probitate et morum mansuetU' 
diue insignes. Qiios inter, à latronibus tutus, etiamsi inermis, ubi- 
que pervagari licet. Glima regionis inferioris et mari vicinœ 
temperatum (i), quale ferè Armoraci;e nostric littoralis, Oleie et 
Vitis perindè impatiens, Pbœnici tamen dactyiiferaî ( quis cre- 
deret?) non prorsùs infestum , cujus arbores nonnullx tribus 
ab Ovclo M. P. féliciter vigentes conspiciuntur. ^Estiva in con- 
valiium apricis angustiis temperies calidior,Vitem hinc indè ad- 
mittit. Yulgô coluntur Triticuin sativum , Secale céréale , Zea 
Mays (vulgô Mayz), Solanuin tubcrosum et Paniciim italicum. 
Zeam , ante Iiyemem maturandam , in valle Gradensi , non raro 
post Secalis messem,mfdio Junio serunt, niixtisque pbaseolis et 
rapisquadruplicem ex codem agrofrugem extorquent. Nec ex Zeâ 
minus quàm ex tritico salubrem victum sibi parant. In totâ enim 
•eâ ditione quœ dicitur concejo de Gozon^ pulte spissatâ , è Zeae 
grano confectâ (incolis Dorona) ^ ferè unicè vescuntur; gens 



uinis, videre est. Purioris ac ferè candidissimi, Lunensiumque marmore vix inferioris, lapidi- 
«ina exslat ad Vcga de Rengos, undè resectum saxum, quod, in Caroli III statuam exsculptum, 
regiam Malritensem (magnae scalœ ex adverse) nuiic exornat. Amianli quoque venae, eàdem 
coDvalle, juxta Corias et f^ega ae Rengos ditissimse, innotueruut. (ex ore ill. à Toreno.) 

Metalla vix ulla in Asturià inveniri, nulla saltem aut paucissima ofDcinis elaborari, me 
«juaque docuit ill. cornes à Toreno, carbonem verô fossilem propè Langreo, non longé abOveto, 
«tapud Avilès, in ipsà maris orâ, aliisque locisjam optimum, copiosissimumque effodi. Carbo 

mari lu regnum Granatense provectus, foruacibus ad fusuram plumbi venarum, in monlibns 

Alpujarras ditissiroarum, inservit. 

(i) Temperiem aeris, hyeme proximè elapsâ (i835-i836), praiter solilum frigidissimam 

fuisse, alque Ovati ad — 7 scalae EeaumuriaDœ descendisse, in lilterisad Duriaeum nuper manda- 

vil cl. Ferez. 



j. G A Y. — Duriœl iter asturicum. ia'3 

tamen viribus , staturâ et forma inter omnes Astiires eminet. 
Agris montes ubique imperant calvi. Eorum latera , m Asturiâ 
inferiore, demissiora, rarœ obumbrant Quercus (Ç>. Toza Bosc, 
vulgè Aceho) ^ rarae Castaneae. Arbores Coniferas , prœter dé- 
formes Taxiis quasdam, omnes, per totam Asturiam desiderari 
mirum est. Neqiie enim Pinus maritlma , quâ nostra Vasconia 
pullulât , neque Pinus syheslris et Abietes, quibus Pyrenœi 
montes Alpesque heiveticae superbiunt , usquàm in Asturiâ oc- 
currunt. Desunt etiam per totam ferè Asturiam sylvœ verœ, nisi 
parte maxime occidentali, Calaecorum conterminâ , ubi clivi ad 
Monte Muniellos sylvis ingentibus vestiti frondescunt. In plani- 
tie et valiibus Populus nigra, Salix alba, Fraxinus excelsior 
frugiferaeque vulgariores arbores, inter quas Jugions regia y 
cultfie observantur, quibus, cum Quercu Tozd, ad sepes et circa 
fundos, ut in nostra Neustriâ Vindeâque, |)Iantatis, ligni sive 
ignarii, sive materiarii non exigua copia colonis succrescit. 
Sepes vivas è Pruno spinosâ et Rubis confiçiunt, nec Oxyacan- 
thâ, quœ tamen (spontè rariùs obvia), in arborem educata, 
ambuiacris Ovetensibus ornandis inservit. 

Quae quum a Perezio didicerit Duriaeus, agrum Gradensem in 
Asturiâ inferiore explorare , deindè Narceiœ ultimam convallem 
adiré, montesque imminentes (partem scilicet schistosam jugi 
alpini) penitùs indagare statuit. Hoc sibi pensum aestate currente 
explendum sumpsit. 

IV. Gradus. 

Die igitur 5^ Junii, sahitatâ rnetropoli, per Puente-Gallegos 
et Pena/lor , Gradum , leucas 4*4 \ îib Oveto remotum, op- 
pidum Isetâ satisque amplâ et feracissimâ convalle, paulè suprà 
Nalonem et Narceiam confluenles situm , petiit. Quo itinere, ad 
Puente-Gallegos y Spergulam ari^ensem et Erysimi speciem 
(n.4u7) mihi ignotam legit. Vitis etiam nuper satae, culturâ nunc 
primùm féliciter tentatâ , paucas areolas , loco quodam aprico, 
inter Pena/lor et Gradum , vidit. 

Per Gradum oppidum fluit amniculus Caudal, super quem 



1^4 1- GA.Y. • — Duriœl iter asluTuimi, 

injicittir jions, cujus pnrifttibiis PJiagnaton saxa tî le Cass. et 
yj/sine tenuifolia Wahlenb. appendent. Jiixta poutcm crescnnt 
Chenopodiuni ambrosioides L. et ^ncliusa senipcrvirens L.; 
haec in Asturiâ occitientali frequens, usque in valles jugi meri- 
(lioiialis excurrens. 

In salis circa oppidum c^currunt Briza minor L. IrifoUum 
procwnbcns L. (»l Ervuin hirsntuni L. 

In pratis, ad via^ , in sepiLu.» et clivis incultis observantur 
Gramniids leptophyl/a Sw. , Aspidiwn angulare Kit. (i) , Filix 
femina Sw. ei fragile Sw,, Asplenium Trichomanesl.. et AiUan- 
tum nigrutn\j.y l.lechnum Spicant V,. , Equisetum palustre ^j. y 
Gastrldium australe P. B. , Agroslis alba L., A ira prœcox L. , 
Festuca myurus Âuct. et sciuroiJes Roth., Cyperus budius Desf., 
Juncus conglomcratus L., Luzula campestris var. (Luzula mul- 
tijlora Lej.), Serapias L'mgiia L. , Polygomim Persiraria L. , 
Teucrium pyrenaicum L. (Gegioni priùs visu m , et in Asturiâ 
inferiore planiore non raruni, è quâ neque in Alpes australes 
iieque in regionem propriè montaiiam migrare visuni est), Bru- 
nella vulgaris L., Glechcma Jiederacea L., Métissa Nepeta L. , 
Bartsia viscosa L., Orobanche minor Sutt. .in TrifoUo pratensi), 
Linaria spuria Mill. et triornilhopliora'SN. y Echium planta<ri- 
neum L. ; Callnnu Krica DC. ; Erica vagans L. (22» Jun. flo- 
jendi initium faciens) Menzlesia Dabeoci DC. ) , Campanula 
Eruius L., L.obclia urens L., Andryala iiitcgrifolia L. , Galiurn 
n. 3io (in sppibus et dumetis crescens , G. uliginoso et palustri 
affine, ab utroque tamen distinctissiiniun : Ghelodes? Hoffins. 
et Link.), Oenanthe crocata L. (in clivis apricis et inter vêpres 
agris interjectos! ) , Herniaria glabra h.y Circaea lutetiana L., 



(i) Cujus speciei synonyma sunl : Polypodium aculeatum /Jor;/ Essai 11. Fortuit, {an \i)j>. 
3ii, Laierr..' Pi. Bordel, éd. a^ (1^21) p. 4*9; éd. 3». (1829)^. 470. — Aspidium aculea- 
tum [î. Smith Fl. Brit. m. (1804) p. 1122. — Aspid. fuscalum JVdld! Spec. v. (i8io)/7. a56 
{exheib. Bory.) Spreiig. Sjst. feg. iv. (1827) p. io5. — Aspid. angulare Kit. in If'iltd. Spec. • 
Le. p. 25;. Spreng. l. c. p. 107. Smith Engl. Fl. iv. (18^8) />. agi. Sadl. de Pilicib. Hun g. 
(i83o)/j. 39. Fries Xovit. Mant. 1'. (i832) /?. 20. {excl. syn. Spenii.) — Aspid. lobalum. 
Hook. Fl. Scot. éd. i" (. 82 f) 2./;. i5!i. {excl. syn.) Zf/e««c/ /ïtfwe (1824) p. 21 1. — Aspid. 
hastulatum Ten.! Mem. Fclc. {i^^i) p. 25-28. tab. ^. fig. 7. et tab. h.fig. 3. — Hjpopellis 
lobulata. Bory! Exped. de Mur., Bot. {1H2) p. 286.0. i334. — Poljslichum aculeatum. 
Perreym I Cat. Pi. Fréj. (i833)/7.66. 



.1. GAY. — Duriœi iter asturiciim. i25 

(Jlex eurupœeiis L. , Adenocarpus complicatus a poljade- 
nius. Gay. {^Ad. parçifolius DC.) , Trifolium angustifolium L. , 
Lotus hispidus Desi., et 772c/jor Scop., Astrolobium ehracteatum 
DC. , Orrilthopiis conipressus L. et roseus Duî.^ Vicia angus- 
tifolia llotli., LcUhyrus hirsutus Jj. , Rhumnus Alaternus L. , 
Géranium dissectum h., Maâ'a geranii/olia (nov. spec. , per 
totam occidentiilem Asturiam disseminala) , 5//c/7e galUca L. , 
Lychnis corsica Lois. , Stellaria HolostPa L. et graminijolia L. , 
Cerastium glomeratuin var. minululwn Des Moul. ined. (forma 
admocîùm singuiarisj , Heliandicmuin giittatuf?i MiW.^ Hesperis 
nuitronalis L. (in sepibiis et du métis frequens). 

Vallem Gradensem cingiint montes tertii ordinis, Sierra del 
Fresno, S. del Chorro^ S. del Aguilero et S. del Peral^ quorum 
ullimiis, dextrâ Nalonis ripa situs, ad ditionera Candamensem, 
ncc ad Gradensem perlinet. Omnibus subest lapis calcareus. 
Culmina et latera omnium calva, gregibus utque armentis assi- 
due depasta t^t derasa, non nisi parcam mutilamque bulano- 
philo segetem permittunt. Clima jugis superioribiis frigicJiuscu- 
lum, plantis perrnultis t'avet in subjecfâ convalle non reper- 
tis, qiiarum tamen vix iiUa propriè subalpina aut imo montana 
censenda est, quod quidem stirpium ibi a Duriœo observatanim 
catalogo manifestiùs patebit : Osmunda regalis L., Blechnum 
Spicant L. , Nardus stricta L. ( in M. Sierra del Aguilero, par- 
cissimè), Agrostis setacea Cuit., Scirpus mullicaulis Smith, 
fluitans L. et iSa^'Z/Seb. et JMaur., Eriopliorum latifoliwn Hopp. 
Carex pilullfera L. , stellulata Good. , fiUfolia (nov. sp. , in 
montil). r/e-/ Chorro et del Aguilero) et lœvigaia Smith. {C.biligu- 
lads DC). uibama Ossifraga Du., Juncus ericetormn Poil., Pha- 
langium bicolorDC^NarcissusBulbocolium L., Salix cinereuX^.^ 
Piuguicnla vulgaris L. et lusitanica L., Brunella grandiflora L., 
Sibthorpia europœa L. (rarissime) , Exacutn filiforme W., Arbu- 
lus Unedo L. , Erica uustralis I.. (in summo monte del Peral 
lecta, quam, ex enumeratis unicam , jugorum australium regioni 
aipinœ propriam posteà videbimiis), Erica Mackaii^ook. (eo- 
dem anno j835 simul in Iliberniâ et in Asturiae summo monte 
del pÉ'/a/ détecta! }, Cirsium quoddam mihi ignotum , bulboso 
i'.ffni • , Araclum paludosum Monn. , S( orzonera humilis var. 



10.6 J. GAT. — Duriœi itcr asturicum. 

angustifolia (Se. angustifoUa DC. Fl. fr.), Arnica montana (3. an,' 
gustifolia Duby (eadem quae in Aquitaniâ planiore propè Aquas 
Tarbellicas jam observata fuit), Saxifraga hirsuta L. ( jani 
Castro, in provinciâ Santanderensi, lecta), Illecebrum verticïlLa- 
tum L. , Scleranthus annuus L., Montiafonlana L. , Liythruni 
Salicaria L. , Peplis Portula L. , Ornithopus compressas L. et 
rosèus Duf. , Oxalis Acetosella \i. , Hypericum pulchrum L. et 
elodes L. , Linum gallicum L. , Radiola linoides Gmel. , Lar- 
brea aquatica St. Hil. , Drosera intermedia Hayn. ( quam ego 
non vidi), Helianthemum alyssoides Vent. , Corydalis clavicu- 
lata DC. et Ranunculas hederaceus ? var. (n. l\\S.) 

Memorandîc tandem sunt angustiac, per totam Asturiam cé- 
lèbres, nostroque Duriœo gratissimac, iibi fauces abruptas et 
profundas Nalo, monte olim resecto, rapidissimus torrens, in- 
terfluit, atque ditionem Gradensem ac montem del Aguilero à 
ditione Candaniensi et monte del Ferai distcrminat. Kij)as , 
jiixlà Pehafior{\) , pons jungit, super quem Bromus niadriten- 
sis Schrad. ( Br, poljstachyus DC. Fl. Fr. Suppl. ) et Linaria ori- 
ganijoiia DC. pullulant. — In ipso torrentis alveo crescunt Sal- 
via Ftrbenaca L., Acinos alpinus Mœnch, Digitalis parvifiora 
Jacq. (promiscuè cum Eryngio Bourgati, et cum eodem ex Al- 
pibus australibus verisimiliter delapsa, quam seriùs, in monte 
de ^rvas .f eodem fraterno sodalitio viventem vidit Duriaîus : 
planta speciosa, in hortis olim culta, patriâ verô ad banc usque 
diem prorsùs ignotâ : pulcberrimam ejusiconem vide in Lindl. 
Digit. Monogr. tab. 17), Scrophularia canina L. , Scabiosa Co- 
lumbaria L. , Ononis spinosa L. , Tri/oliuni angustijolium L. , 
striatum L. , scabrum L. et glomeratLirn L. , Cistus hirsutus 
, Lam. (in Nalonis inferioris alveo frequens, indè ad Tineum us- 
que, in Asturiâ medià,disseminatus, ultra vero non procedens : 
eumdem Landernaci in Armoraciâ nasci perhibent, in Galliâ 



(i) Vicus, ex Lesaqei fabula {Histoire de Gil Blas de Santillane, cap. ri.), inexpertis olim 
Oveli scholasticis infestus, sed qu6 nunc neque mangones, neque parasiti, nec loqiiacium cau- 
ponuui insidiae cavendae. Hic tamen, ut Blasii aetate, sic et nunc, viatoribus sola aique unica 
omnium dierum cicna, Irula in proximo torente capta et ovorum lardo rancido coctorum in- 
trita, apponitur. 



j. GAY. — Dunœl iter asluricum. i ay 

caeterùm nusquàm repertum). — Ex utiàque torrentis parle in- 
génies montiiim parietes, capris ipsis inaccessi, et veluli ad 
perpendiculum abscissi, in immensam ferè allitudinem exsiir- 
giint. Hos semel atqiie iterùm, non sine magno labore, aggres- 
sus est indefessus Duriaeus, pedibusque innixus, et manibns 
virgulta intonsa atripiens, cautibus abriiptis , summo vitae peri- 
culo, pendebat. Ardna haec faucium Penaflorœ latera sic explo- 
ravit, ejusque sudores inventa plurima compensârunt : Aspi- 
dlum dilataium Sw. et Filix Jemina Sw. ^Aspleniuin lanceola- 
tani var., Agrostis setacea var. longifolia, et capillaris L. 
(planta minus cognita, unicè hispanica , in Asturiâ freqnens, à 
planitie in summa jugorum merldionalium culmina regionem- 
que maxime alpinam se attollens, comité semper Airâ flcxuosa)^ 
Aira caryophyUacea L., Briza maxima L , Cynosurus echinatus 
'L.sLamarckia aurea Mœnch, Triticum Halleri var.aristata^ Con- 
çallaria Poljgonatum L. , Narcissus ceruuus Salisb. (Hispaniae 
proprius, quem vero non nisi fructiferum legit Dnriaeus, bnlbos 
tamen seciim attuiit, è quorum floribus, Martio elapso emissis, 
speciem rite cognovi ) , Quercus Ilex L. ( ibi et in totâ Asturiâ 
rarissima), Osyris alba L. , Pinguicula lusitanica h., Digitalis 
purpurea L., Linaria delphinioides et Perezii (utraque nova! ) 
Erica arborea L. (per Asturiam latissimè diffusa, ubiqiie vulga- 
ris, nec tamen regionem propriè alpinam intrans), Galactites 
tomentosa Mœnch. , Tolpis barbata Gœrtn. ( alibi Duriaeo non 
visa, in Galliâ, quod sciam, nondùm observata , quam vero 
muiti cum T. umbellatâ confundunt, à quâ , ad Schmidtias 
nuper relata, certô diversissima), Uypochœris radicaia L. , 
Phagnalon saxatileQa.'hs.^ Pallenis spinosa Csiss.j Filago minima 
Fries (n. 3o^), Centranthus CalcitrapaT)u(r. , Qalium dwaricatum 
Lam. et harcynicum Weig. , Saxifraga umbrosa L. ( indè usque 
in regionem alpinam superiorem vagans ) , Cotylédon pen- 
dulinus HQi.^ Sedum Idrsutum L- et anglicuin Huds. , Pote- 
riurn Sanguisorba L., Ononis reclinata L. , P'^lcia gracilis Lois, 
et SaUsii. Gay (Corsicae et agri Tingitani etiam civis) , Hyperi- 
cum linearifolium var. latifoLia , Linum strictum L. et Silène in- 
flata Smith, 



\ 



12 (S .7. (lAY. — Diitiœl iter asturicuin. 



V. IlER EX GrADO ad CaNICAM TlJNEEiVSEM. 

Agro Gradensi diebiis non minus a5 diligentissimè explorato, 
3o* Jiinii castra movit et, per Comellana , Sains, Pereda , 
Tineo ^ Arganza, et Piielo et Carias, in superiorem Astariam 
tetendit Duriseus. 

Prima die, viam satis rcquam et planam ingressus, leucanim 
3 \ itinere. Salas oppidimi petiit , quo itinere, propè Comel- 
lana ^ Phalaris paradoxa L. et Malva nicœensis Ail. (non vis.), 
et propè Salas , Origamim vulgare L. ( non vis. ) , Tillœa 
îTiuscosa L., Circœa luteliana L. » Arenaria rubra L. (non vis. ) 
et Arahis hirsuta DC. (non vis.) inventa?. 

Die altéra, via pauiatim assurgente, montem satis editiim , 
totum calcareum, conscendit , cujks vertice ( uhi vicuhis la 
Spina) Junciim sqiiarrosum L. , Pinguictdatn grandifloram 
(Rchb. ri. crit. tab. 83. fig. 174)» locis jjaludosis crescentes, 
Spergidavi suhulatam Sw. et Orndhnpum perpusdlum L. , pri- 
mùm legit. Inde in convallem altam atque amœnam , ex occi- 
dente in orientem proclivem, descenditur, cui nomen à vico la 
Pereda inditiim. Diias leucas distat à Salas. Hîc schisti posteà 
magis magisque frequentis , passirn tamen calcareo lapide alter- 
nantis , prima indicia observavit. Hîc (juoqne , siciit Tinei et 
Arganza?, frequens , quamvis in reliquis Astnriœ partibus raris- 
smmm, A spleni uni septentrionale Woïim., praeler quod nullam 
in valle Peredanâ stirpem memorabilem vidit. Superalo dehino 
convallis latere meridionali, in planitiem altam frigiduiamqne , 
tria ferè millia passuum patentem pervenit , quam qmim traji- 
ceret primùm occurrebant Scrophidaria alpestris Gay et Sper- 
gula subulata Sw. , stirpes in Asturiâ subalpinœ. Planitiei orae 
extremae paiilulùm subjacet, austrum versus , oppidum Tineo 
( duas leucas distans à la Pereda ) , mitiore gaudens cœlo, ut- 
potè clivo ad meridiem prono applicatum , quo mansionem al- 
teram habuit, plantasque plures legit , inter quas Lolium mul- 
tiflorum Lam. (non vis.) , Juncus ericetorum Poil., Campanula 
patula L. (non vis.), ^rnoseris pusilla Gaert. (non vis.). 



j. GAT. — Duriœi lier asturicum. lag 

Thrincia hirta Roth, Valerianella Auricula p lasiocarpa Koch , 
Cerastium glomeratum vnr. minutulum Des Moul. (Gradi jam 
visum) et Clstus hirsutus Lam. (tiltrà versus Austrum non pro- 
cedens) mentione snnt dignae. 

Die tertiâ, perpétue descensii , itinereque 2 \ lencarum, in 
vallera ^rganza, Peredanâ multo demissiorem , venit. Montem 
deindè, inter Arganzam et Carias, trajecit, ciijus vertice, 4 5 
millia passuum ab oppivlo Cangas de Tineo distans, vicuius 
panperrimus insidet , el Piielo. In adscensu montis (cui unins 
horae pédestre iter sufficit ) , praeter Violam sjh>esirem Lam. , 
nihil legit. Ipse autem viens stationem maxime singularem offert, 
ubi stirpes, in Asturiâ inferiore nusquàm inventas, è zonis di- 
versissimis convenere, quasi honoris causa exploratori Gallo 
obviàm missae. A val le Canicensi venerunt Slnapis seiigera 
( sp. nov. ) , Cheiranthus linifolius Pers. et Spartium album 
Desf. ; ab Alpium vicinarum regione montanâ et subalpinâ, 
Genista leptoclada ( sp. nov. ) ; ab eorumdem jugis celsio- 
ribus, Genista tridentata L, ; onines habita et florum prae- 
stantiâ insignes, Duriaeo nùnc primùm visae! Tôt fanstis omini- 
bus laetus exsuhavit viator noster , et è septentrionaU ad méri- 
dionale montis latus transiens , quo praeceps in Narceiae] pro- 
fnndam convallem via tendit , telix obibat. Descendenti ad lœ- 
vam apparuere rupes, pétris malè firmatis periculosae , ferèque 
inaccessae, à subjecto SMivXçi pefias de Santa- u4na dictae, qua- 
rum inter saxa calcarea aprica plantae nonnullae rariores deUtes- 
cunt et, nomine verè digna, Erica arborea abundat. Hastamen 
praeteriens, in ahara diem curiosiùs investigandas réserva vit, 
continuatoque itinere, imam Narceiae convallem attigit, undè 
per Corz'ûf^ , vicum ob cœnobium pulcherrimum et opulentum, 
nunc vero monachis vacuum, apud Astures notissimum , q» Julii 
ad Cangas de Tineo (i), novarum indagationum stationem fu- 



(i) Narceise vallis oppidum Cangas de Tineo niillibi latine denominatum invenio, sed aliud 
in A-Sturià orientali exstat oppidum Cangas de Onis nuacupatum, ubi anno 737 e \itâ discessit 
Hispanorum regni conditor Pelagius, et ob l'icini Ausenai moutis speluucam de Covadonga 
celebratissiaium. Latine dicitur Canica (Conf. Marian. Hist. Toleti, iSga. p. 3o5 et 3i4), quo 
uomine ad designaudum Narceioe vallis municipium princeps, adJito aut praetermisso epitheto 
Tineensi, in posterum utar. 

VI BoTAN. — Septembre. 3 



I 3o j. G A. Y. — Duriœi iter asturicum. 

liiram, pervenit. Ibi duos integros menses commoratiis, om- 
iiein regionem circumjectam sine intermissioiie j3eragravit, mes- 
semque in inferiore AstiiriA inchoatam , nùnc deniiini uberii- 
niam , féliciter explevit. 

VI. Vaj-lis Narc.ei^ sttprrior. 

Narceia , ad qiiam mine pervenimus, è celsissimo Alpium 
aiistraliuni monte /?/V'o de Cancllas^ leucas a Grado circiter i8, 
oritnr, primo rivnliis alpimis, mox torrens vadosiis , pedes 
u4-3o latus, co\\qc\'\9> ISavicp^o ^ PifTuena ^ e\c. demùm fliiviohis 
Naloni non impar, qiio ptoximè infrà Gradum excipitur. Per 
vallem initio modice (ieclivem , plus minus apertam , \icis ho- 
minibusqiie freqnentem , finit limpidissimiis. Ubi verô Con'a.f 
vicjim^ jir.Tteriit, per faiices profundissimas ac maxime coarcta- 
tas subito cogitur , intrà qnas magno aquarum strepitu , nn- 
ilisque spumantibus, longo spatio , pronceps fertur. Ibi nec 
hominibus nec semitae qualicumque locus. Quapropter è supe- 
liore convalle venientibus, à via recta detlectendum est, et, ad 
lipvam, per montes transversos, el Pueloy Tineo, etc., tramites 
(piscrendi rhedis impervii. 

Singularis salmonum in bisce aquis frequentia. Tempore coi"- 
tùs e mari Vasconico in Nalonem et indè in ultimam ferè Nar- 
ceiam ascendunt (carne tùnc roseâ et optima, Salmones dicti ) 
ilveo quamvis magis magisque coarctato, saxisquc et rupibus 
demùm adeô impedito, ut neque spatium natantibus neque ipsa 
aqua sufficere credideris. Tôt via- impedimenta audacter supe- 
rant. Per exhaustum ferè amnem et saxorum angustias pmnis 
contendunt , dorsis exstantibus prosiliunt, majora, sursùm per- 
gentes , obstacula. quasi volantes , transultant , dùm aquâ amnis 
iàm nimium frigidâ et torrentibus algidis cohibentur. Talem 
aquff: temperiem paulo infrà pagum Venta de Rengos , leucas 3 
ultra Canicam Tineensem , ferè 10 a Nalonis ostio , inve- 
niunt. Quam ob causam frigidiores torrentis Nauiego aquas 
uunquàm ingrediuntur. Ubi verô comraorantur , ibi , alvei 
aquilegiis {^pozos vocant, b. e. puteos) ova sua deponunt,mox 
cum anniculis (intrà ipsa aquilegia anno priore eiiatis), escam 



j. GAY. — Duriœi iler asturicum. i3i 

incolis exquisitam, quamvis vix bi aut triiincialibus, suppedi- 
tantibus, secundo flumine in mare regressari (carne îùnc ex- 
albidâ, longé minus sapidâ, vixque eduli, Zancados dicti ). 
Eorum periodica et ad diem prœstitutamexpectata per Canicam 
trajectio, optatum incolis gratissimumque spectaculum praebet. 

Ex Corias ultimam convallem petenti , multi ad Narceiam 
occurrent vici, Canica, /a Piegla , Cibouyo^ Haueral , Sasco- 
raso ? , Posada de Rengos, Venta de Rengos (olim diversorium, 
nunc viculus), Fega de Rengos , Gedrez ( ubi spelunca , de 
quâ mira narrant), Gïllon et Monasterio de Hiermo , quorum 
duo postremi , monti pico de Canellas subjecti , in regione 
subalpinâ collocantur. In quorum omnium, etiam superio- 
rum, hortis, non solùm Cerasus , verùm etiàm Pyrus et mala 
mitiora maturescunt. Secale etiam et Solanum tuberosuni per 
totam convallem coluntur. TriUcum verô et Panicutii itali- 
cum , frigoris montani minus patientia , bono eventu non ultra 
Venta de Pœngos seruntur; Mays, non ultra Canicam. Hordeiun 
quoque non nisi in inferiore convalle cultum , expresse mouet 
Duriaeus. 

Omnium vicorum, quos in Narceiœ superioris convalle enu- 
raeravi ,maxima est Canica , comitum à Toreno, olim ut nunc 
amplissimorum, prisca sedes , accolas mille f'erè quingeutos 
continens, ditionis caput, ideôque oppidi tiiulum sibi vindicans, 
cujus cives probitate, comitate, perspicacitate et laboris studio 
excellunt (i). Leucas 12 a Grado, 4 r-^ at) ultimo convallis 
vico disîal. Quse sit ejus rata suprà mare altitudo, ignoratur, 
procul dubio mediocris, forte vix 100 orgyarum. Ibi se aperit 

(i) Ditionis et municipii Cauicensis magistratum {el Alcalde mayor), viriim uon l'ormà ma- 
gis et faciedecorâ. quàm niorum venustate, el Hberalibus inter cives aitibus insignem, suin- 
moperè laudat Duriseus. Ab eo humaaissiraè receptus, beneûcia quamplurima, nec unquàa 
obliviscenda, accepit. Ejus enim inceplis scienler atque enixè favebat, neque ignorabat, quo^ 
quidem pauci inttr cives suos iiitelligere solebant, non ut plisanam indè conficeret, sed in no- 
" biliorem quemdam scopum , planlas coacervare exploratorem Gallum. Nomen cl. Pidal inemo- 
riâ teneant quicumque forte Duria;i vestigia premere avent. Faulorem quoque habuit Don 
José Uria, S* Eulaliœ in agro Canicensi degentem, viium ob sapientiam summamque pru- 
dentiam apud omues honoratissinium , civiumque suffiagiis nunquàni desideratis, cuucilii 
proviucialis {Diputacion ) niembiuni quasi perpetuum. iSec praMermilteudus Don Joaquin 
Reguerln, epistolarum Canica; diribitor, quem, quamdiù Canicae moratus est, amicissimum ha- 
buit Duriaeus. 



i3a J. HA Y. — Dmiœl iter asturicum. 

vailis bifurca cîel ISaviego iisqiie în summa Alpinm australimn 
jiiga contiiuiata, et 6; circiter leiicas longa, è qiiâ cjusdern 
lîominis torrens iii Narceiam, indè duplicatam, devolvitur. Ar- 
bores circà oppidum, prœter paiicissimas Qiierciis ( 7br;^w ) , 
vix ullaî spoiitè nat.T, prata etiani in inià coiivalle nnlla, nisi 
angnslissimiis margo, utràque torrentis ripa, inter Canicam et 
Corias. In cli>'is circà oppidum seriint cererem suprà dictain 
( Secale medio Jiinio, Triticnm post r5»'n.Tidii demessendiim ) 
et pra^tereà copiam vitis, totâ convalle ca^terùm nullibi cult.nc, 
iphT tamcn non semper niaturescit ( 4^ Sept, profectiis, im- 
mar'.iras iivas exj)ertiis est Dniia^us ) nec nisi tenue j>arviqiie 
pretii vinum profert. Ficum tanien ( varietatem biit»ram, 
tructu niagno oblongo viridi ) , gelu hiberne vix unquàm neca- 
îam, in liortis educunt, cujus pulcberrima? arbores ad Co- 
rias videntur. ArmeniacaVerô, floribus pruinâ vernaH sa*piùs 
ristulatis, rariùs maturescit. Ha'c ferè est oppidi, quoad situm, 
cultores et terra? fruges conditio. Ibi nunc constitit , regionem 
circumjectani exploraturus, singidisque septimanis iter in Alpes 
vicinas instauralurus l)uri;ï:us. Quaruni ut indoles vegetabilis 
nieliùs patescat , ampbim stirpiuni Canicensium catalogmin dare 
vohii , è quo plantas vallibus sursùm tendentibns proprias, 
omnes cantè exclnsi. Nunc enini mihi in anime est Canicensis 
ciateris florulam adumbrare, quam posteà cnm regionum supe- 
rierum florulis conferain. Comj)lectitur ergo cataiogus meus 
eas omnes plantas, quas vel infrà Cangas de Tineo , unius ferè 
îiorîT itinere, usque ad Corias et S»"» Annam invenit, quasve 
altiùs, usque ad S. Eulaliam (in Narceiœ; convalle) et Llanos 
(in valle del Naviegn., dimidine leucaî intervalle, Icctas refert 
Duriœus. 

Stirpes è regione alpinâ torrentibas delatas , nuilas in Nar- 
ceiae glareis inveniri, priniùm notandum. 

Seorsim memorandre , quas inter rupes S* Annae (^pehas de 
Santa-Ana)^ loco apricissimo et calido , iterate excursii (4^ et 
li^Jul.), legit : Holcus ienuis (nev. species , alibi non visa), 
Anthoxandmm odoratiim var. , Rumex Acelosella et bucephalo- 
phoms L. (quem, apud nos maritimum et Mari medio unicè 
addictum, tanto à mari intervalle miraberis crescentem) , Plan- 



ï. G\Y. — Duriœi iter asLuricum. »33 

tago lanceolata var. , Linaria Perezll ( spec. nova , ad Penaflo- 
vx, rnpes jam observata ) , Erica arborea L. (io-12-pedalis et 
Antennarià ericophilây fungillo parasilico fi) vestita), Dian- 
ihus n" 377 (2) et Silène hirsuliss'una Otth. in DC. Prodr. (5) 

Menlione proprià dignus CJieininthus linifolias Pers. , per 
lolum fcrè annnm florens stirps , floribus violaceis odoratis- 
que décora, in hortis olim culta, qiiOcid patriam gernianam h»i- 
cnsqiic valdè dnbia, niinc verù certain civitatem nacla, utpote 
ad vias, quas maxime exornat , circa Canicam frequentissima. 
Ex inleriore Asturiâ venienti, ad vicnin el Puclo priniùm occui- 
rit , undè per subjectam convallem se spargit. Aiigustissimis ta- 
men limitibus circumscribitur, nec post Canicam, in Narceiae 



(i) Qui Linkio in Juresso Lusilauiœ iuuoiituit (Conter Willtl. Spec. vi. ji. 1 18}, nec ullam 
hiiciisque aliam Florani, quam qiiidem uoverim, intiavit. Noslraî lamen Galliae civem esse fun- 
iji^luni islum docent Er'icœ arboreœ niorbidi ranuisculi, in Calloprovinciaî niouticulo Esteicl, 
t;aiinas inter et Foruoi Julii, anuo 1811 à b. Ludovico Thomas lecli, et inecum olini ab ipso 
*'omniunicati. 

(2) Nequit esse Z).yy«ff^ie/« Linn. Maiit. ait. p. 240, cui, ex descriplione Linnajanà, caulcs 
alleiaalim dense ramosi, folia caulina basi connato-vaginautia , conieita, vaginis tegenlia ra- 
mulos, omnia linearia, planiuscula, calycis squamœ lanceolat;e, caljce paulô breviores, elc. A 
D. puiigente Duby Kot. Gall. (è niouticulo la Clayc), non Linna.*], ob eaules annotinos candi- 
culo ciasso, proisiisquc liguoso alque elongato al'llxos, supcrnè non laro dichotoniè 2-4.floios, 
folia diraidio breviora, viridia, non giaucescentia, squauias calycinas breviores, obtusas, niuli- 
cas, nec longiusculè mucronatas, tubum deuique calyciunni cylindraceum, infeiuè non subven- 
tiicosum, dentesque obtusos, non acuminatos, etc. non minus abiudit. Dianlhum liiriuw "Viil. 
habilu non malè rei'eit, à quo tamen noiis jam enumeialis(pia'ter lubmn calyrinum in utiàqutj 
slirpe cylindraceum), et t'oliis mullù tenuioribus, el floribus {\\\n uiio pluies) longiuscule ptd'i- 
cellalis laxisque, nunquàm in fasciculuai 2-3 florum approximalis, disriuttissiuuis. Species aUas 
quibuscum apte comparari, vet quibus commode adjungi nostra queat, omuinô non novi. Noslia 
igilui'ipro novàsumi pojse videlur, quam tamea ex uno suppetente sjjecimine non uisi invitus 
generi iniricatissimo addideiim. 

(3) Cujus synonymasunt S. liirsuta Lag. in Anal, de Ciene. nat., non l'oir. Voy-, necBiv, 
iWnV. (qua; S.\helUdifolia Juss. et Jacq.) et forte S. sahuletorum Link. (ex ipso auctore in 
Euum. ait. i. p. 426). Species per Bajticam, Mauritauiam et Baibariam diffusa, subiiniplex ant 
e basi ramosissima, plus minus hirsuta, pilis eliam plus minus patentibus, pefalorum et thc- 
capliori lougiludiueadraodùni vaiians. Nostra forma, èseminibus Asturicis iu liort. Luxemburg. 
educala, ramosissima est,' ramis patentibus, dichotomis, pilis omnium parlium copiosis, ferè 
adpressis, thecaphoro longissimo, pelalis magnis (4-lin. longis), cuneatis, bifidis, utriuquesplen_ 
didc rubris, per totam ferè diem ac noctem vigilanlibus, non nisi meridiano et postmeridiano 
lempore, cœlo sereuo, aUquantulùni involulis. Ab liâc, slaturà altiore, floribus rainoribus el in- 
tcrnodio florali brevioribus , pelalis carneis, etc. diffère, et |)ropriam speciem .sislere vi- 
detur S.lax'ifloraV>\vi\..^ quam lameu ego non, uisi ex aucloiisdescriplione (l'I. Lu;-if. 11. p. 
188-), no\i. 



î34 T. G/\Y. — Duriœi ter asturicum. 

convalle, iillià très leuac quadrantes progreditur, dïim in valle 
del Naviego leucani unam et dimidiam vix œqiiat. Clivos tamen 
utriusque convallis, secùs vias, eô usque scandit , dùin altitu- 
dinem ferè montis attigit, qiio viens e/ Puelo insidet. Cujus, 
singulari statione florisqiie elegantiâ maxime allectus, seniinum 
copiaiTi attulit Duriaeus, undè novum hortis nostris ornamen- 
tum pararet. 

In vervaclis et arvis derelictis, praesertim autem in vineis 
raalè cultis, veniunt Holcus mollis L., Triticum Halleri var^ 
spicâ infernè ramosd , Linarla triornithophara W. , Echiurn 
plantagineum L. , Campanula Lœflingii Brot. ( hucusque non 
nisi in Lusitaniâ observata ) , Tolpis umbellata Vers., Pallenis 
spinosa Cass., Anthémis agrestis Wallr. , Oglifa i^allica Less. , 
Crucianella angustifolia L. , Corriglola littoral' s Ij., Scleran- 
thus anniius L., Spergula arvensis I.., Sinapis sotigera L. (nov. 
spec.) et Fumaria média Lois. 

Aliis stationibus locisve a Duriœo non satis definitis circà Ca- 
nicam occnrrunt Grammitis leptophjlla Sw. , Poljpodium vul- 
gare L., Aspidium angulare Kit., Filix-mas Sw. , filix-femina 
Sw. et fragile Sw. , Asplenium-Ruta-muraria L. , lanceolatum 
Smith et Adiaiitum-nigrum L. , Blechnum Spicant Smith, Gas- 
tridium australe PB., Agrostis capillarls L. (i) et alba L., A ira 
flexuosa L. et prœcox L., Apena fragilis L. et flavescens L. , 
A rrhenatherum avenaceum |3 bulbosum, Holcus lanatusl^., Dan- 
thonia decumbens DC. , Melica uniflora lietz et ciliala L. , Bro- 
inus asper Mnir. , Festuca gigantea YiW., Briza média L. et 
maxima L. , Cynosurus echinaius L., Triticum sylvaticum 
Mœnch, Panicum Crus-galUL,., Scirpus palustris L. (non vis.), 
Carex opalis Good. , Juncus bufonius L. , lampocarpos Ehrh. , 
acuti/lorus Ehrh. et obtusiflorus Ehrh. (non vis. ), Luzula 
Forsteri DC, Thesium pratense Ehrh., Corylus A^ellana\^.[i), 
Osyris alba L. , Polygonum Persicaria L. , Cheuopodium ambro- 
sioides L. , Mentha sylvestris L. et Pulegium L. (non vis.), Origa- 



(i) Quà cuni elegaiitissiinis suis paaiculis in scopulas religatà bealœ virginis imagines deler- 
gera soient. 

(a) Avellauaruni fauta est per universain Asturiam copia attiue ))riestantia, ut commeiciuni 
iuJè fiat, iiiui;na(iue i-aïuiu nIh quotaniiis ih Brilauniunt expoittiur (ex ore iil. com. a Toreno.) 



j. GAY. — Duriœi iter asturïcani. Joi) 

num viilgare\i. (non vis.) , Glechoma liederacea L. , Melittis 
MelissophyUum L. (ad Llanos) , Galeopsis Ladatiuni L. , Slachys 
arvensis L. (non vis.)» Mclampyrum pratense L. ( non vis.), 
Euphrasia serotina Lam. , Sibthorpia europœa L. , Feronica 
Chamœdrys L., Annarrhinum bellidifolluni Desf. , Scrophula- 
ria Balbisii Hornem. , Verbascum Tliapsus? L. , Aiichusa sern- 
petvirens L. (ad oras pratorum clivosorum, juxtà rivulos èmon- 
tibusdefluentes), Cuscuta Epithymum Smi\h ^ Chlora perfoliata 
L. (^ non vis.), Erica arborealj. etci/ierea L., Cailuna tlrica DC. 
fFalihnbergia hederacea Rchb. , Carduus tenuiflorus Smitli et 
n" 1^'^ (ycarlinoidï Gouan., iiiyriacantlio Salzm., et arenario 
Desf. aftinis, forte novus, mihi vero è suppetentibus specimini- 
bus non satis cognitus, quem tamen, satum et jamdudùm pro- 
germiiiantem, futura dies iilustrabit ) , Cirsium palustre Scop. 
(non vis.) et lanceolatum Scop. (rarum, non nisi ad S. Eula- 
{iam inventum, a me non vis. ) , Galactites tomentosa Mœncb , 
Jchyrophorus radicatus Scop. , llirincia Jdrta Roth , Hieracuirn 
murorum A. cordât.^ laciniat. Monii., Sol idaf^o Firgaurealu 
(non vis.), Pyrethrum Partlieniiun Smith (ad rivulos, ex Ca- 
nicâ ferè usque ad ïineum ) (i) , Clujsantheniuni segctum L, 
(non vis.), Artemisia vulgaris L. , SeiiecLo sylvaticus L. et 
Jacobœa L. , Scabiosa Columbavia L. , Vcderiana pyrenaïca L. 
( ad Llanos), Galium divaricatum /^am. , Sanicula europœa L. , 
Angelica sjlvestris h. , Thapsia v'dlosa L. , Tordyliuin maxi- 
mum L. , Chœrophjllum hirsutum L., Conlum macalalum L. 
(non vis.), Physospermum aquilegifolium Kocb, Uinbilicns 
pendulinus DC. , Sedum angUcum Huds. et rcflexum L. , Her- , 
niaria glabra L. , Poljcarpon tetraphyllum L. , Lyihrum Sali- 
caria L. , Epilob. hirsutum L. ( non vis. ) et inontanum L. , 
Rubus fruticosus L. (non vis.), Fragaria vesca L. (qiiani 
nec mensis apponimt nec ullo modo curant ), Tonnen- 
tilla eiecta L. , Alchemilla arvensis Scop., Pwsa rubiginosa L. , 
Spartium album Desf. , Adenocarpus complicatus a Gay ( Ad. 
parvifolius DC. ) , Trifolium angustifolium L. , an^ense L. , 
striatum h- , glabrum L. ^ glomeratum L. et procumbens \^ , 

(i) Novo niilii duciimento, stirpeni enim apud uos, aJ niiiros et in i-udeva'is passitn obviani, 
hoitoruin procal duLio aufugam, aliundè sjioiilaiieam ncudiiin accepi. 



r!56 j. GAY. — Duriœi iter asturicum. 

Lotus hispidus Desf. et corniculatus L. ( non vis.), AslTolohiuin 
p.bracteatuvi DC. , Ornilhopiis compressas L. , Vicia disperrna 
DC. , Ervum hirsulum L. ( non vis.) , Lathyrus sphœricus Retz, 
angulatus L. et sylvestris var. pauciJLora et micrantha , Géra- 
nium pyrenaicum L. , lucidum L. ( non vis. ) et Robertianum P 
purpureum Pers.^ Androsœmuni officinale Ali., Hypericum li- 
nearifoliam Vahl., tetrapterum Fries <èX perforatum\^. (non vis.), 
Malva geranii/olia (^no\. spec. , jam inter pi. Gradenses merao- 
rata), Dianthus prolifer L. ( non vis. ), Artneria L. (non vis.) 
et monspessulanus L. , Saponaria officinalis L. (non vis.), 
Lychnis dioica L. et Flos-Cuculi L. (non vis.), Silène gallica L. 
(non vis.) et nutans L. , Satina procumbens li. , Moeliringia 
trineruia Clairv. , Cerastiwn triviale Link. et glomeratum var. 
rninutulum Des Moul. , Polygala vulgaris L. , Fiola sylvestris 
Lam., Hélianthe mura alyssoidesY^nX. et guttatum Mill. , Car- 
damine Impatiens L. et syluatica Link., Sinapis incana L. , Pa- 
paver dubiutn L. ( non vis. ) , Ranunculus hederaceus L. et Hel- 
leborus viridis li. 

Quibus addendœ, ad craterem eumdem pertinentes, locis 
verô suprà imam convallem plus minus editis (ex gr. ad San 
Cristoual f \icum unius horai itinere, abrupto clivo, suprà 
Llanos et Cangas situm ) crescentes, nec usque ad Narceiam 
descendentes , Merendera Bulbocodiuni Uam., Galeopsis Lada- 
num var. parvi/lura et latifolia (G. interniedia Vill. ^rr: G. parvi- 
flora Lara. ) , Feronica mvntana L. , Digitalis purpurea L. , Li- 
thospermum prostratum Lois. , Mcnziesia DabeociViC ^ Arnose- 
ris pusilla Gaeitn. , llelosciadium nodiflorum Koch. , Bunium 
denudatum DC, Sedum hirsutum kW. et brevi/oUuni DC. , Peplis 
Portula L. . Ulex europœus L,, OrnitJiopus roseus Duf. , Lupi- 
nus varius L. , Oxalis Acetosella L. , Larbrea aquatica St.-Hil., 
Arenaria montana L. , Polygala serpyllacea Weih. , Corydalin 
clauiculata DC. 

E quibus dubiae sunt Carduus n" 283 et Dianthus n° 377; 
novae Holcus tenais, Linaria Perezii, Malva geraniifolia 
et Sinapis setigera; peninsulae Ibericœ propriœ aut Hispanix« 
lines boréales vix transgressai Agrostis capillaris, Merendera 
Biilbocodiurn, Linaria triorrùlliopiwra , Lilhos^fermurn pro- 



j. GAY. — Duriœi iter asturicum. iZj 

stratum y Campanula Lœflingii, Spartium album, Ornitho- 
pus roseus, Lupinus varius , Silène hirsutissima et Cheiranthus 
linifoUus, Aliae 4 ^x Ibericâ peninsulâ in Europam magis orien- 
talem migrant, ubi verô Maris medii craterem non deserunt , 
Rumex bucepkalophorus, Erica arborea (c[ux tamen in ultimi la- 
cûs Larii littore, ad radiées Alpium Rhaeticarum , coloniam 
eductam habet ) , Phagnalon saxatile et Thapsia vlllosa. Reli- 
quae omnes aut per universam Galliam sparguntur, aut a finibus 
nieridionalibus, versus septentrionem, plus minus longé excur- 
runt, Tolpis umbellata usque ad Tolosam, Galactites tomen- 
tosa usque ad Burdigalam, Osyris alba usque ad Aquas Gra- 
tianas Sabaudiae , Adenocarpus complicatus a usque ad Richel- 
a?um in Pictaviâ superiore et Aussonam in Burgundiâ, Cheno- 
podium ambrosioides usque ad Nannetes, Grammitis leptophyl- 
la usque ad Brestum et Leonam, Echium plantagineum ( me 
observante) usque ad Caesaream insulam. Uudè liquet pauciori- 
bus australibus, longe pluribus Europœ médise stirpibus favere, 
Bec calidum dici posse clima Canicense, quod confirmant et Zea 
ultra oppidum non progressa et uvae Septembre ineunte prorsùs 
immaturœ. Quin et cœlum minus temperatum niraiùraque fri- 
gidum, in litteris Canicse datis, plus semel conquestus est Du- 
riaeus. Aerem quoque valdè humidum et plantis exsiccandis 
maxime contrarium scripsit, cujus causa non in pluviis justo 
crebrioribus , sed prociil dubio in lororum angustiis non satis 
ventilatis multôque ante solis occasum umbratis , et in nebulis 
ex alpinâ regione fréquenter delapsis quœrenda est. 

( Continuabitur. ) 



J 38 GAUDicuAUD. — Ascension de la sèi^e. 



OnSERVATioNs vSUR i/ascensiom nic LA. s^.vE lîuns une Liane, 
et description de cette nouvelle espèce de Cissus. 

Par Chaules Gaddichaud, 

Correspondant de l'Académie des Sciences. 

Parmi les faits curieux que j'ai observés dans le cours de mon 
tlernier voyage, il en est un particulièrement qui me paraît 
digue de fixer l'attention des physioloi^istes. 

Au mois de décembre de l'année i832, lorsque je parcourais 
les forets du Brésil, cherchant dans les phénomènes remar- 
quables de la végétation exubérante de ce beau pays quelques 
indices qui pussent me conduire à l'explication des causes qui 
président à l'arrangement symétrique des tissus vasculaires dans 
les tiges, je découvris, le ujatin d'un beau jour, dans une forêt 
vierge, épaisse et sombre, des lianes ligneuses dont les tiges 
tendres et charnues contenaient une très grande quantité tl'eau 
de végétation. 

Ayant coupé, pour mes collections phytologiqucs, quelques 
tronçons de ces tiges, j'en pris un pour-examiner à la loupe, 
sur un des bouts, l'ordonnance de ses tissus tubuleux, et j'en 
vis découler aussitôt, par le bout opposé, une grande quantité 
d'eau. 

Ce phénomène, analogue sous certains rapports à celui qui 
fut observé jadis par Coulon, et depuis par MM. Desfontaines 
çt ïhouin, siu' des Peupliers; par M. de Mirbel, sur des Mii- 
riers, sur des Ormes , etc., ne me surprit pas d'abord. Nous 
étions au mois de décembre, qui correspond à-peu-près, pour 
la saison, au mois de juin de l'hémisphère nord, et il me parut 
tout naturel de trouver, à cette époque, des tiges charnues 
remplies d'une sève abondante. Ce ne fut que quelques instans 
après, lorsque j'eus coupé d'autres fragmens de cette tige , tant 
sur le sommet de la partie inférieure qui tenait à la terre et 
avait encore huit ou dix pieds de loifgueur, que sui la base de 



GAUDiCHAUD. — AscensioTi de la sève* 189 

la partie supérieure qui, au moyen de ses nombreux contours 
et de ses longs rameaux, restait suspendue aux arbres voisins, 
que je compris toute l'importance de ce phénomène. 

Je crus d'abord que cette liane ne répandait de l'eau en abon- 
tlance que lorsqu'elle était coupée par tronçons d'une longueur 
déterminée, 12 ou i5 pouces, par exemple, et que, dès que les 
morceaux dépassaient cette dimension , cette eau était forte- 
ment retenue par les tubes. 

Mais de nouvelles expériences me montrèrent bientôt que 
la sève coulait aussi rapidement d'un morceau de cinq ou six 
pieds que de ceux qui n'en avaient qu'un seul. 

Une autre liane de i5 à 18 lignes de diamètre fut soumise 
aux expériences suivantes : sa tige étant divisée en deux parties 
par une coupe transversale,j'observai l'état de ses deux tranches: 
elles étaient humides, sans toutefois laisser couler de l'eau. 
Deux ou trois gouttes seulement tombèrent de la tranche su- 
périeure. 

Un tronçon, long de i5 à 18 pouces, fut séparé de la base 
de cette partie supérieure, et maintenu dans sa position verti- 
cale naturelle ; aussitôt il en découla une grande quantité d'eau 
claire. La même opération ayant été faite sur un tronçon d'égale 
longueur enlevé du sommet de la partie inférieure , le résultat 
fut identiquement le même. 

Plusieurs autres expériences semblables furent répétées alter- 
nativement sur des morceaux de l'une et de l'autre extrémités 
de cette tige, et ne différèrent en rien des précédentes, soit que, 
pour l'écoulement de la sève, on inclinât la tranche inférieure 
ou la tranche supérieure des morceaux. 

La sève coulait avec moins de vitesse , et seulement goutte à 
goutte, par les deux extrémités, quand le cylindre de liane était 
maintenu dans la position horizontale. 

Ayant trouvé un troisième pied de cette plante grimpante , 
je le soumis à de nouveaux essais, destinés cette fois à détermi- 
ner, autant qu'il était possible de le faire sans mesures conve- 
nables, la quantité d'eau fournie par des fragmens de dimen- 
sions données , la nature de cette eau, ses propriétés physiques 
et chimiques. La tige étant coupée eu travers, j'enlevai de sa 



!4o GAUDi CHAUD. — ^ scciision dc la sèi'e. 

partie inférieure un premier tronçon tle i5 pouces, et dont le 
diamètre était de i4 à i5 lignes. Il donna deux onces environ 
d'eau. Un deuxième morceau d'cgnle dimension, provenant de 
la partie supérieure, en fournit un peu moins. 

Les proportions de ce liquide diminuèrent progressivement 
dans les expériences qui furent faites sur la hase tle cette partie 
supérieure de la tige, diminution que j'attribuai à la force de 
succion de la plante, tandis qu'elles restèrent les mêmes dans 
1 inférieure, encore fixée au sol. J'expliquai ce dernier fait par 
la propriété qu'ont les racines .surnionlées de quelques parties 
vivantes de la ])lante, d'absorber riunnidité du sol, et de rem- 
placer ainsi dans cette portion de tige celle que la chaleur de- 
vait nécessairement lui enlever. 

Le lendemain de l'expérience, toutes les circonstances étant 
restées les mêmes, cette partie inférieure dc la liane fut trouvée 
sèche jtiscpi'à 5 ou 6 pouces au-dessous de la plaie; ce qui res- 
tait de la supérieure ne dotniait plus de traces d'humidité. 

Le liquide retiré de celte liane était clair, cjuoique légèrement 
verdâtre, et d'une saveur un peu vireuse. N ayant pu alors dé- 
terminer au juste la nature de la plante (pu me l'avait fourni, 
je ne le goûtai qu'avec prudence. J'en bus cependant environ 
deux onces en plusieurs fois, sans en éprouver le moindre ac- 
cident. 

J'avais recueilli un demi-litre à-peu-j)rès de cette eau, dann 
un flacon bouché à lémeri, avec l'intention de l'essayer par les 
réactifs chimiques dont j'avais eu la précaution de me munir; 
mais elle se gâta promptement, quoique le vase cpii là conte- 
nait fût plein, bien bouché et déposé dans un lieu assez frais (i). 
Ello provenait de i5 à i8 pieds de la liane n» 27 [Cissus hy - 
drophora). 



[i) Ces expériences, comme on le voit, ne furent que des essais; j'avais formé le projet de 
les régulariser et d'en tirer tout le parti scientifique possible. Mes dispositions étaient déjà 
faites pour cela. Je m'étais procuré du mercure et de la cochenille avec l'intention de renou- 
veler quelques'unes des expériences de Magnol, de Duhamel, de Bonnet, et de mesurer la 
force de succion des lianes les plus actives. Les circonstances ne me permirent pas d'ac- 
complir mes desseins. Je m'empresse de signaler ces curie'jses expéiiences aux naturalistes 
voyageurs. 



oAUDiCHAtiD. — Ascension de la sèue. i4i 

Malgré mes efforts et c*'ux ci'iui manu intrépide qui grimpait 
dans les lianes comme dans les matiœuvres d'un navire, je n'ai 
pu me procurer sur les lieux que deux ieuilles froissées de cette 
-plante. Toutefois, ce que j'en vis alors me porta à croire qu'elle 
appartenait à la famille des vignes, au gerire Cissus. Depuis, j'en 
ai acquis la preuve. En etfet, quoique j'eusse employé, pour 
dessécher les bois de mes collections , la forte chaleur d'un 
four, un des morceaux de cette liane y a résisté, et, deux 
ans après, est arrivé vivant en France. La vie s'était concentrée 
dans le voisinage d'un nœud. Mis en terre au mois de décembre 
i833, dans les serres chaudes du Muséum , ce bois ne tarda pas 
à donner un bourgeon, puis un rameau couvert de stipules, de 
feuilles et de vrilles. 

Aujourd'hui il est en pleine végétation. Je lui ai imposé le 
nom de Cissus hydrophora. (i) 

Ce Cissus a de grands rapports avec le Cissus Trepadera qui 
couvre les haies de San- Domingos et de Fraya-grande à Rio 
de Janeiro , et que les habitans de ces lieux désignent sons le 
nom de Cipô trepadera. 

Il paraît même n'en différer, ainsi que du Cissus tamoides 
4ug. Saint-Hil. et Cambessèdes et du Cissus ouata, que parce 
que toutes ses parties sont glabres et à-peu-près luisantes. 

Puisque ces lianes hydrophores , qui n'ont pas moins de deux 
à trois cents pieds de longueur, lorsqu'on les coupe transversa- 
lement, ne répandent que peu ou pas de la sève abondante 
qu'elles recèlent par les points de leurs sections, et qu'au con- 
traire, cette sève coule rapidement d'un morceau séparé de la 
liane , quelle que soit d'ailleurs la longueur de ce morceau, ne 



fi) Cissus hydrophora. — G. ramis inermibus, subterelibus, rimulosis ; foliis sîmplicibos, 
ovato-cordatis, acuminaîis, reraotè deaticulatis, pellucido-puucialis, ulriuque glabris. 

Frbtex scandens glaberrimus, ramis sarmenlosis, non volubilibus. Cdticula virescens , 
longitudinaliter fissa, laciniis revolutis. FotiA simplicia vel rarissime sub 3-loba, 3-5 poil, 
longa, 1 1/2 - 2 1/2 lata, ovato-cordata, acuminata, remotè denticulata, dentibus subulatis, pel- 
lucido-punctata. PETroi-us 12-18 lin. longus, canaliculatus, basi contortus. Stipula minimre 
oblongœ, apice rotundatae, siibfimbriatse, sessiles, minim.ie, tardius decidure.- Kamali floriferi.. ? 
stériles oppositifolii, in cirrhos conversi, furcati, unisquamosi. Flores î 

Habitat in Brasilia. 



14^ GACDicHAUD. -~ Ascension de la sèi^e. 

doit-on pas inférer de là , que la force qui retient la sève dans 
la portion supérieure de ces longues tiges est précisément celle 
qui la forçait à monter dans toute la plante? Ce qui pourrait 
peut-être servir à le démontrer, c'est que la tranche de la par- 
tie inférieure de la tige, loin de chasser la sève au dehors, ten- 
dait plutôt à l'absorber; que, vingt-quatre heures après l'expé- 
rience, cette tranche était sèche, ce qui ne peut être unique- 
ment attribué à l'évaporation. 

Quelle est donc la force qui fait monter la sève dans les tiges, 
même dans celles qui sont séparées de leurs racines? 

La pression atmosphérique agit sur la sève renfermée dans 
\\n morceau de tige ouvert à ses deux extrémités, et la force à 
en sortir , et tout me porte à croire que cette pression s'exerce 
sur les liquides contenus dans les vaisseaux tubuleux de ces 
bois comme s'ils étaient renfermés dans des vases inertes. 

C'est peut-être aussi cette force qui empêche la sève de sortir 
par la tranche de la partie inférieure du tronc, tranche qui, 
dès le lendemain de l'expérience , fut trouvée sèche. Mais pou- 
vait-il en être ainsi pour celle de la partie supérieure de cette 
liane qui était longue encore de cent cinquante pieds et plus? 
Non assurément. Il faut donc admettre que plusieurs causes 
concourent à produire le phénomène de l'ascension de la sève, 
et ajoutent à la pression atmosphérique, qui est probablement 
une de ces causes, une puissance trois ou quatre fois plus 
grande qu'elle, (i) 



(i) Ce serait peut-éire ici le lieu d'aborder quelques points de théorie sur ce sujet, si je ne 
devais y être naturellement conduit plus tard par d'autres faits. 

Je dirai seulemeut, par anticipation, que ces théories reposeront, si je ne m'abuse, sur les 
plus simples lois de la physique et de la chimie, ainsi que mes prédécesseurs l'ont en partie 
établi. 

Je diviserai les forces qui produisent l'ascension de la sève en extérieures et en intérieures. 

Les forces extérieures sont la pression atmosphérique, la chaleur, la lumière solaire, etc. 

Les intérieures pourront se subdiviser en forces de nutrition et en forces de sécrétion. 

Dans les premières je rangerai l'absorption des liquides et des gaz, la combinaison des gaz 
entre eux, la conversion de ces gaz en liquides, celle des liquides en solides, et les change» 
mens de volume qu'ils éprouvent. Dans la seconde, je traiterai du dégagsment des gaz, de l'é- 
vaporation des liquides, résidus, etc. 

Ces phénomènes, qui se subordonnent tous, conitiluent la vie dans les végétaux. 



GAUDicHAUD. — u4scension de la sève. t/jS 

Les feuilles du Cissus hydrophora sout très vertes, alternes, 
pétiolées, ovales lancéolées, cordiformes à la base, subacumi- 
iiées, dentées sur les bords, à dents éloignées, subulées; à 
pétioles canalicnlés , tordus à la base ; à stipules oblon- 
gues , subfalquées , très légèrement frangées sur les bords, 
particulièrement au sommet , caduques. Les vrilles sont op- 
posées aux feuilles, fourchues, à rameaux inégaux, subglan- 
duleux au sommet, le plus court opposé à une feuille écailleuse 
très petite; ses tiges et ses rameaux sont ligneux. Cette liane, 
dont la longueur habituelle dépasse certainement trois cents 
pieds, a généralement de dix-huit lignes à deux pouces de dia- 
mètre. Ses tiges sarmenteuses, après avoir formé mille contours, 
vont se perdre sur le sommet des plus grands arbres. Leur 
écorce est épaisse et verdâtre, à épiderme glabre, uni et luisant 
dans les jeunes sujets, rugueux et fendillé en long dans les 
vieux , à bords roulés. 

Cette plante produit deux espèces de tiges. Les unes sont 
anguleuses, garnies de nœuds et légèrement sinueuses ; les au- 
tres sont régulièrement cylindriques et droites. Les premières 
ont un canal médullaire très marqué, des fibres corticales rares 
et des trachées : dans les secondes, le canal médullaire et les 
trachées manquent totalement. Il en est de même des vais- 
seaux fibreux de l'écorce qui sont remplacés par des granules 
ligneux. 

Dans ces deux sortes de tiges, les rayons médullaires sont 
très peu marqués, et représentés seulement par l'alignement 
des tubes qui sur la coupe transversale forment des séries qui 
rayonnent très régulièrement du centre à la circonférence. Ces 
vaisseaux tubuleux sont pour ainsi dire libres et faciles à dissé- 
quer. Par la dessiccation ou par une légère macération, ils se sé- 
parent d'eux-mêmes. 

On observe quelquefois un accident qui détermine des ren- 
flemens de distance en distance sur toute la longueur de la 
seconde espèce de tige. Il provient sans doute de la piqûre d'un 
insecte? Si l'on dissèque ces sortes de tubérosités creuses, 
cloisonnées, qui acquièrent ordinairement les dimensions d'une 
orange, on trouve que les tissus tubuleux de la portion supé- 



i44 GAUDicHACD. •— ^sceusioTi de la sèie. 

rieiire de la tige se divisent en faisceaux divers pour former les 
cloisons de la tubérosité, et qu'ils rejjrennent dans la partie 
inférieure l'ordre qu'ils affectaient supérieurement. 

D'autres fois, ces rameaux tubuleux restent libres et forment 
autant de racines qui descendent ainsi de loo a l5o pieds de 
haut jusqu'au sol où elles s'implantent. 

Du sommet des premières tiges qui sont les véritables, entre 
les feuilles et les vrilles, partent des racines advenlives, rougeà- 
tres et filifornies tant qu'elles sont jeunes, libres et flottantes, 
mais qui verdissent et acquièrent l'aspect et le diamètre ordi- 
naire des tiges par le temps, ou dès qu'elles ont atteint le sol. 
Ces sortes de racines, dont MM. ïurpin et Poiteau ont parlé 
avant moi, seront décrites à part dans l'ouvrage que j'ai en- 
trepris sur la pliytologie et sur l'anatomie comparée des vé- 
gétaux. 

Ces deux sortes de tiges, ainsi que toutes les parties de la 
plante, sont glabres. 

Elles confirment et résument à elles seules , ainsi que je le 
démontrerai bientôt, les théories de La Hire et d'Aubert-du- 
Petit-Thouars; théories qui attribuent aux prolongemens infé- 
rieurs et radiculaires des bourgeons ou des parties qui les con- 
stituent, la principale cause du développement en largeur des 
tiges des exogènes, c'est-à-dire, la formation des tissus fibreux 
et tubuleux. 

Quand je traiterai de l'organisation des vignes et spécialement 
de celle des Cissus^ j'indiquerai quelques faits qui caractérisent 
les tiges de ces plantes. Je ferai connaître l'ordre de distribu- 
tion des tubes dans les racines adventives; la forme allongée de 
certains tissus cellulaires au sein desquels on voit distinctement 
s'opérer, tant qu'ils sont jeunes, le mouvement de translation 
de la globuline en grains rares, arrondis et d'un beau vert ; dans 
les tissus anciens cette globuline se retrouve encore, mais ag- 
glomérée en une seule masse solide et entièrement décolorée ; 
enfin des tubes capillaires, vitreux, transparens, y abondent 
aussi. 

Le Cissus hjdwphora sq ivoiwQ. communément dans les bois 



w. p. scn.MPER. — MuscGrum chilensium species. i45 

sombres des hautes collines qui dominent de toutes parts la 
plaine de Santa rosa située à l'est et à trois lieues environ de 
la ville de Rio de Janeiro , derrière Praya grande et San Do- 
mingos. 



MuscoRUM chilensium species noms descripsit 

W. P. SCHIMPER. 

I. Pottia macrocarpa: monoica, caule brevi subramoso; foliis 
ovato-lanceolatis, terminalibus majoribus, concavis, integerri- 
mis, marginibus planis, costa sub apice evanescente instructis, 
erecto-patentibus, siccitate incurvis, laxe hexagono-areolatis ; 
capsula exserta magna, subspliserica brevicolla; opercule plane- 
convexo umbonato. 

Hab. in terra lutoso-arenacea; Valparaiso Ghiles(D'' Bertero). 
Mat. vere ? ? 

Planta bilinearis, suLramosa , caespitose congiegata. Folia couferta; infe- 
riora minora, subimbricata, spalhulato-acuminata, in caulis parte inferiore pu- 
trcdine destructa, superiora multo majora, patula, ovato-lanceolata vel spathu- 
lato-acuminata, interdumque obtusa, costa sub apice divisa evanescente, areolii 
hexagonis Iaxis, omnia tencrrima lailequc viridia seu iuferius rufescentia. Cap- 
sula exserta pro plantulœ ratione maxima, brevicolla, operculo plane-convexo 
umbonato clausa^ membrana capsulari e cellulis Iaxis bexagonis orificium ver- 
sus rainoribus conflata. Sporœ majores. Florescentia monoica ; flos masculus 
gemmiformis diphyllus , in latere pericbœtii foliis summis axillaris ; antheridia 
(Anlherœ Auct.) copiosa longius pedicellatajelongata, paraphysibus duplo-longio- 
ribus breviarticulatis fiUformibus stipata ; pistiila (fructus iuitiae stylo obsessa, 
Archegouia Bisch.) elongata, paraphysibus eequabbus numerosis intermixta. 

TABULA VIII EXPLICATIO, 

Fig. 1. Planta œagnitudinis natutalis. ilg. i. h. Eadem lente aucla. fig. 2. Folia in* 
feriora. fig. 3, 4, 5. Folia summa seu perichaetialia. fig. 5, a. Folii partis superioris areolatio. 
fig. 6. Folii segmentum transversale, fig. 7. Pisllllum cum paraphysi. fig. 8. Antheridia nonnul- 
lœque paraphyses. fig. 9. Folium floris masculi imolucrale, fig. 10. Vagiuula cum pedicelli 
parle inferiore. fig. 11. Operculiini, fig, 12. Membraote capsularis açeolftlio. fig. i3. Siior» 
(Uaud maturae ). 

;yi. BoTAN, — Septembre, 10 



i46 w. p. SCHIMPER. — Muscorum chilensiwn species. 

1- Barbula flagelîaris : dioica, caule elato ramoso, ramis 
brevioribus rectis vel eiongatis flagelliformibiis basi declinatis 
radicantibus foliis deniidatis, apice erectis foliosis; foliis paten- 
tibus tortilibiis siccitatc incnrvis, oblongis-carinatis, obtusis 
marginibiis reflexis, costa in aristam prodiicta vel sub apice 
evanida, arista brevi rubella vel elongala apiceque diaphana; 
foliis perichcTtialibus cauliuis similibus, erectis; capsula elon- 
gata subcylindrica, iongius sub-oblique rostellata; peristomio 
tubuloso-barbato. 

Haif. ad arborum îrnncos in sociotate Barbulœ piliferœ ; 
jy Bertero. 
Mat. vere if. 

Magniludine et liabitu Barbulœ nirall haud dissimilis, folioriim arista bre- 
■viorc laeviquc cum Barbula lœvipila congruiî; ab utrisque auf.em raniificationc 
propria discrcpat. A prima specic distincta, foliis angustioribus haud rcflcxis, 
acuminatione diversa atquc irrcgulari, pedicelloque iufernc dcxtrorsum supcrne 
siuistrorsum coutorto; ab altéra florescentia dioica. 

Caulis 1-2 uncialis, rainosus, infernc foliis dcstitutus radïculosus, superiie 
comosc foliosus. Rami nunc c pcrichoctii literc nascciitcs brcviorcs, dcnseque 
foliosi , nunc c flore ipsa innovantes loiigiores, debiliores, infernc foliis dcsti- 
tuti radicellisquc nuraerosis pallidis obsiti, procuinbcntes, supcrne erecli foliosi. 
FoUa creclo-patula in sunima planta conferta, laete seu pallide viridia secundutn 
œtatem, costa fcrruginca siccitatc valdc contor'a , elongato-ovalia obtusa, acu- 
minata seu costa proccdente plus minusve aristata, concava margioe revoluto 
diverse plicata, costa compacta in junioribus viridi serins fcrruginca nunc in 
mucronem nunc in aristam excurrente seu sul) folii apicem evancscente. Areo- 
latio superior c ceUulis minirais rotundatis in foliis junioribus cblorophyllo rc- 
pletis versus basin raullo raajoribus bcxagonis scmpcrijuc hyaliuis constiluta ; 
folia pericbœîialia cœteris similia erecto patentia. F'aginiila conica. PediccUus 
uncialis et longior, fuscus, siccitatc superiorc parte sinistrorsum inferiore dcx- 
trorsum contortus. Capsula gracilis subcyliudrica , brcvicolla, vix incurva, 
siccitatc longitudinalitcr plicata. Operculum conicum subobliquura. Calyptra 
Annulas atque Peristomium utin Barbula lœvipila. Sporœ parvulae. Planta 
mascula ut in Barbula rurali cujus ctiam floresceotise iiiodo gaudct. 

TABULA X EXPLICITIO. ' 

Fig. I. Planta magniludinis natmalis. fig. 2. Planta triplo aucfa. fig. 3, 4, 5. 6. Folia 
caulina formc-e diversse. fig. 7, a. Areolalio summi folii. fig. 7, b. Eadeni versus basin. fig. 8, 
Folii segnaenta transvçrsalia. fig. 9. Perjchœtium. fig. 10. Folium pericha-tiale, fig. n. Va- 



w. p. scniMPEii. *— Muscorum chilensium species.. 147 

ginulacuni pedicclli portionc. fig. 12. Capsula operculata. fig. iS.'Peristoinium, in statu hu- 
niido. fi'^. 14. Capsula deoperculata cxsiccata, fig. i5. Pianta mascula niagniludinis naluralis. 
fig. 16. Flos masculiis. fig. 17. Anlîieridiacum paraphysibiis. fig. 18. Spone. 

3. Neckera chilensis : monoica, caule vago clenudalo ramoso, 
ramis pinualim ramosis cbmpressis, foliis caiilinis irregularibus 
ovato lanceolatis ecostatis, transverse undulaîis, perichaetiali- 
biis spathulato-lanceolatià convolutis ; capsula pcrihœtio bre- 
vius exserta ovata, operculo oblique rostellato, 

Hab. ad arbores cum Neckera inîermedia Schw. , in raonto- 
sis Chiles (Bertero). 

Mat. vere. 

Planta speciosa habita et raagnitudine Necherœ crispœ persiniiîis, qiioad 
cliaracteres autem specificos a 'Neckera jo?i/reî/a difficilius distinguenda, aqiia ta- 
men floresceiitia monoica dentibusque margine non incrassalis satis superque 
discrepat. 

Caulis depressas vagus dcnudatus 4-6-uncialis et iongior, ramis pia- 
natis coniplanatis , feitiîilDus. Z'o/«a irregularia nitida, ramis duobus lateribus 
imbricatim adpressa, divergentia, ovato-lanceoîata, ccostata, basi serriiamplexi- 
caiilia, iu medio vel uno vel utrisque lateribus, secus insertionem plicata, 
intcgcmraa , margine plana , transA'^erse iindulata , ex areolis oblique qua- 
dratis conflata. Capsula ovata ia pedicello crecto snperne puniceo ex- 
serta, sporis impleta pallidc fusca, quibus ejectis obscure brunnea ; operculum 
e basi conico-convexo ievitev obliquura. Galyptra obliqua longitudine capsulas 
dimidiutn œquans, cucullata angusta, longe rostellata, fugacissiraa. Peristontium 
duplex; exterius dentés 16 elongali, lanceolato-subulaîi, e iserie duplici cellu- 
larum conforniatij îransverse trabeculati, plani, lutescentes, apicem versas obs- 
curiores granulosi; inlerius ciliœ totideiu cum dentibus alternantes, lougitudinis 
a;qualis, inferne carinata-, mcmbrana angusta basi connatœ, transverse articuiatae 
emarginatee, pallidœ, apice punctulatas. Flores masculi foliis axillares gemmifor- 
mes , polypbylli ; foliis involucralibus infcrioribus ovato-acuminatis concavis, 
ecostatis ; antheiidia pedicellîs elongatis suflfulta, oblonga, parapbysibus filiformi- 
bus numerosis stipata. Flores f ce ininei gemmiforraes, elongati; foliis perichœiia- 
libus infîmi.s minimis late ovatis, oblusis ; mediis ovato-lanceolatis, superioribus 
elongatis, spatliulato-acurainatis,involutis : pistilla paryula innumerosa, parapby- 
sibus byaliuis stipata. 

TABUL/E IX EXPLICATIO. 

Fig. I. Ranms cum caulis fragaienlo niagniludinis naluralis. fig, 2. Ramulus cum rami 
porlione leviter auctus. fig. 3 , 4, 5. Folia, fig. 6, 7, 8. Foliorum segmenta transvcrialia . 

10. 



l48 w. p. scniMPER. — Muscorum chilensium species: 

fig. 9. Pistilla folio periclu-eliali inclusa. fig, 10. Floa masculus. fig. 1 1 Folium involiicrale in- 
ferius. fig, la. Fol. iuvolucralc supcriiis. fig. 10. Aniheridiiiin cumparaplijsibus. (ig. i/|. Cap- 
sula cum perichœtio. Cg. i5. Folium perichaeliale iiifimiim. fig. 16 Foi. peiich. niediuin. 
fig. 17. Folia perichœtialia summa. fig. 18. Folii pericli, summi segmenlum tranversale. 
fig. ig. Ramulus perichœtialis foliis dcnadatuscum vaginula. fig. 20. Calyptra. fig. 21. Peris- 
tomium. fig. 22. Peristomii pars magisaiicti, fig. 9.3. Dens. fig. 24. Cilia. fig. aS. Spori. 

5. Polilia clavala : caulc erecto ramoso; foliis creclo-paten- 
tibus patulisve ovato-Ianceolatis obtiisiusciilis subconcavis in- 
tegerrimis, Costa sub apice evanescente; capsula in pedicello 
elongato recurvato inclinato-borizontali , clav;rfoniii , operculo 
convexo papillato. 

Hab. ad scaturigines collium provincial Qiiillota Chiles, ubi 
clar. Bertero, anno 1829, legit cmnque n" 867 in suo herbario 
adnotavit. 

Mat. mense octobris. i? 

Planta dense cœspitosa, 4-5 linearis; ramis fertilibus l)revionbiis, cœteris clon- 
gatis ercctis dicliotonie ramosis, cauli iufoinc lubcllo. /^o/i^:^ approxjmata jjalulo- 
irabricata , ovali-lanceolala basiii versus angusiiora, vix concava margine plana 
intcgerrima, costa paulo sub apice cvanida, c lutesccnle viridia ; icliculatio ex 
arcolis rhomboideis confia la. Pedicellus subflcxuosus supcrne arcualus. Capsula 
inclinalo- horizontalis, clavala , longioolla , pallidc-rufesccns^ operculo rubello 
maminill.'ito anuulo(|ue cornposilo spiralilcr sesc dcvolvenlc. Perlslomluni exte- 
rius, dcutes sedccim lanceolati^ ferruginci, apice pallidi, trabeculis numerosis in- 
terne prominulis ornali, siccitatc cupulato-conniventes: interius. mcnAiranA pro- 
ducta, carinato-plicata, rcliculata , pallida , in processus sedccim, longitudine 
(lentes arquantes, carinatos pluriesque in carina perforatos, fissa, ciliis tolidem 
seu pluribus, multo brcvioribus impcrfeclis coalitis vcl bipartitis, intcrjcclis. 
Sporulœ minutae, laeves, globosa;. Florescentia dioica? Geniialia mascula a. 
nobis non visa in plantis a fructiferis diversis sine dubio (\uiErenda;fœminea 
ut in congeneribus ; folia pericbaetialia cœteris majora plerumque, quia in terra 
latitunt putredine , destructa. 

Species pulcbella capsulae forma totoque babitu PohUis simillima^ peristoniio 
autem interiori, cujus cilia et numéro et forma valde variabilia denticulis carent 
internis, ad Bridclii Cladodia accedit. 

Quam parvi momenti in generibus constitucndis peristomium esse dobcret et 
hoc elucet exemplo î 

TABULiE XI EXPLICATIO. 
Fig, I. Planta ni3gn»tudine n^turali. f'g. 2.' Eadem lente Aucta» /îg, 3. Folià caulina," 



zENKER. — Plantœ indicœ, i4<> 

iigl 4. Folii sectiones transversales, fig. 5. Folionim reliculatio. fig. 6. Capsula ad ma- 
gnum augmcntum. fig. 7. Peristomium. fig. 8. Peristomii pars ad majus augmeatum. fig, g, 
Anuulus, fig. 10. Speree. 



Planta indicé quas in montibus Coimbaturicis cœruleis, ISila- 
giri s. NeilgheTries dictis , collegit Rep. Bern. Schmid. Illus" 
travit D^ Jonathan Car. Zenker. Decas secunda , in-4° cum 
tab. œneis. lena, Aug. Schmid; Paris, Treuttel et Wurtz. 
i835. ( V. Ann. Se. nat. , t. iv, p. 379.) 

11. Adianthum cycloides Zenker. Fronde supradecomposita, foliis seurotundo- 

cuneatis vcl basi subcordata integris sublobatis crenulatisqlie subpellu- 
cidis subhinatis, stipile rliachique nitidis Igevissimis. 

Crescit ad Cunuur et Ulacamundum , februario fructiferum legit Rev. 
Schmidius. 

Espèce voisine de XA. veniistum Don, dont elle diffère prin- 
cipalement par ses feuilles dentées en scies, à dents très aiguës. 

12. Lycopodium cdoifolium Wall. Hook, et Grev. Icon. fîlic. t. 233. 

Cette espèce diffère du L. obtiisifoUum Hamilt. par sa tige ri- 
gide un peu divisée, ses feuilles plus coriaces dont la nervure 
médiane est très apparente. La figure de Hooker et Gréville , 
quoique très belle d'ailleurs, étant incomplète, il convenait d'en 
donner une nouvelle qui représentât la plante entière. 

i3. Gentiana abscondita Zcnk. Gaule ramoso folioso gracili recto, foliis radica- 
libus spathulato-lanceolatis mucronatis, caulinis minimis oppositis basi 
subconnatis carinatis cuspidato-miicronatis oblongo-spatliulatis apice re- 
flexis, floribus terraiualibus subsolitariis, dentibus calycinis quinque lan- 
ceolalis acuminatis patulis , corolla tubuloso-campanulata decemfida, la- 
ciniis allernis majoribus cuspidatis. 

Crescit in locis graminosis (Utacamund.) intra gramina abscondita ferc 
ubique^ non tamen sunimis in montium cacuminibus . Per totum fcre floret 
annum, in umbra aiitem flos mox claudit. 

Cette espèce se rapproche de la Gentiana decemfida Hamilt. 



i5o ZENKER. — Plantœ indicœ. 

et Don {^Fl. nepal. 127 ), dont elle diffère principalement par sa 
tige pins courte et ses fenilles spatuiées. La Gentiana aqualica 
Pallas, qui croît en Sibérie, a le calice très ouvert et les feuilles 
ovées étalées. 

l4. lioJftnhia centaureoides Zcuk. 

Cette plante a été considérée comme le type d'un genre nou- 
veau de Synanthérées par M. Zenkcr. I\Iais nous lisons dans les 
Addenda qwi suivent le cinquième voliuue d:i Prodroinus de 
M. De Candolle, qu'elle n'est pas différente du Dectineuriirn 
reîiculatuiii de ce dernier auteur, qui avait établi le genre De 
caneunim en i833 dans les Archives de Botanique, t. li, p. 
5iG, et dans Wight ( 6't/«^r. bot. ind. p. 3 ). 

i5. Rhododendron iVt7a§'i>iCtt//iZeuk, Arljorcum^foliisoblougo-lanccolalissiib- 
tus rufcscenti-tomentosis, racemis tcruiinalibus, ûore cainpanulato, limijo 
ioaîqualitei' quinquelobo, lobii siibcxcisis iulegerrimis planLs , capsula 
dccemloculari. 

Crescit in locis editioribus nUiHs ventosis (ciica Utacamund. cl alibi) satis 
copiose. Floret deceiabr. apr. et inaio. 

Cette belle plante est appelée Pullukumarii par les abori- 
gènes selon le révér. Schniid. Elle a été confondue avec le R.ar- 
horeiim par quelques auteurs, mais elle diffère suffisamment 
de cette espèce ; elle n'a jamais de variété à fleurs blanches , 
comme le D' Wallich en a représenté une du R. arhoreumi^PL 
asiat.rar. t. lïSj. Elle diffère par plusieurs caractères du li. pii- 
niceum de Roxburgh (.F/, ind. i832,v. 2, p. 409), autant qu'on 
peut en juger par la description. On pourrait présuiuer que ce 
beau Rhododendron doit supporter nos hivers en plein air, 
mais cet espoir est infirmé par l'observation que tous les 
Rhododendron de llude ont succombé pendant l'hiver sous le 
climat de l'Angleterre. 

16. Loranthus macrophrULts7.tnk..Yo\)x$ oppositis breviter peliolatis ovato- 
lauceotatis utrinque acutis eiongatis, floribus axillaiibas terminalibusque 
• aggrcgalo-capitatis , capiuilo slipitâto, calyce tribracteato, corollae re- 

curva; limbo reflexo sexfido, filamcntis scx. 

Crescit in arboribus.parasiùcus ad Utacamundiim sed non frequens estj 



ZENKER. — Plantœ indicœ» • i5i 

floret decembri jauuarioque, etipsa œstate(juti.-aag.) neque tamen per totum 
annuum. 

On ignore sur quels arbres croît ce Loranthus, qui appartient 
au sous-genre Sympliianthiis DC. et se rapproche des L. iwo- 
lucratus Roxb. , L. loniceroides L. et h. capitellatus Wight et, 
Arn. 

17. Loranlhus neelgherrensis Wight et Arn. [Prodr, fl. Penins. ind. or. i? 

p. 382.) 

18. Sonerila speciosa Zenk. Gaule erecto basi subdicbotomo subquadrangulari, 

foliis suboppositis petiolatis ovatis acutis mucronato-serrulatis glabris, 
floribus terminalibus subcj'^mosis, pedunculis piloso-glanduliferis, geni- 
talibus subœqualibus. 

Crescit ia rupibus saltuosis valde apricis, quœ a fontibus irrigantur et ita 
elatse sunt, ut frigore non tangantur (in vicinia Utacamundi.) Floret decem- 
bri januarioque. 

Quelques auteurs ont mal-à-propos placé le genre Sonerila 
clans tes Ericinées. Il est certain qu'il appartient aux Mélasto- 
macées, ainsi que l'ont déjà dit MM. Wiglit et Arnott. C'est ce 
que M. Zenker prouve de nouveau par plusieurs considérations 
qui nous ont semblé justes. 

ig. Berherïs Leschenaultii Wall, et Wight el Arsi. {Prodr. Jl. penins. ind. 
ot. 1. p. 16'.) 

Cette plante appartient au genre MahoniaDCy que M. Zenker 
n'admet que comme un sous-genre. Elle est très voisine du 31a- 
honia nepalensis DC. et Deless. {Icon. sélect. 2, t. 4-) 

20. Michelia Niiagirica Zenk. Foliis g'abris ellipticis utrinque acuminaîis 
apice obtuso, floribus axillaribus solitariis breviter pedunculatis octope- 
talis albis, antheris acutis. 

Crescit inter arboreta atque in sylvis ad Utacamundum, non tamen crebra 
est. Floret juiio angustoque. 

Selon le Révér. Schmid , les aborigènes cultivent cet arbre 
avec le plus grand soin { sanciissime cohmt). Il est vraisem- 
blable que c'est de lui dont il est question sous le nom d'une 
espèce de Camellia dans un écrit publié il y a quelques années 



i5:î J^xtraits du Botamcal register. 

par M. Hoiigh [Letters on ihe climatc , inhabitanis, produc- 
tions, etc. y of the Nnilghernes). Cette espèce se rapproclie 
des M. Dolsopa et M, macrophjUa Don. Le caractère des car- 
pelles polyspermes attribué à tous les Michelia par M. De Can- 
dolle (Prod. i, p. 79) subit une exception dans cette espèce, 
qui a ses carpelles monospermes. 



Extraits du Botanical Rt.g\ster pour raunèe i835, elle mois 
de janvier a'^ZÇ) ., finissant le 8* volume de la nouvelle série. 
(Voy. les articles insérés dans le 4" volume des Ann. des se. 
nat. 2^ série , p. m) (i). 



1730. Acanthophippium bicolor : Pctalis oblongo-lauceolatis acutiusculis, 
labclli lobis latciali])us rotundalis, pcrianthio ovato. 

Planta tcrre.stris : pseudobulbis oblongo-ovatis corrugalis, atroviri- 
dibus j rcliquis foliorum vcstitis, paulo in colhim angustatis. Folia 
2-3, oblongo-lanccolata, iitrinquc acula, plicata erccta, basi angus- 
lata, scd pcliolo nullo. Pedunculus radicalis; squamis ovalis, con- 
cavis, brimncis, raaqnis; vaginalus, a-4-florus. Perianthiuin carno- 
sum, uuciam et dimidiam longum, ovatum vel subconicuin, flavuin, 
apicc patulum sauguineum. Sepala omnia congUitinata, oblonga ob- 
tusa, lateralia basi obliqua, basi longe productae columnae inscrta. 
Petala ajquiloiiga, apice minus maculata, bneari-oblonga, acuta. 
Labellum cum pcde longœ columnae ungucm efficiente articulatum, 
iuflexum, complicatam, trilobum ; lol)is latcralibus rotundatis, inter- 
mcdio magis luteo et carnoso , asporiusculo, lamcllis disci 3 tanlum, 
concavis, lincâ elevatâ sejanctis. Columna scmitcrcs, acuta; stig" 
maie marginato ; ciinandrio immarginato proclivi. Pollinia 8 gemi- 
nata, in glandulam antice emaiginatam sessilia. 

(i) Nos lecteurs doivent se rappeler que, dans l'impossibilité de faire connaître , même 
d'une manière abrégée , toutes les plantes figurées et décrites dans cet admirable ouvrage pé- 
riodique , nous nous bornons aux espèces absolument nouvelles , pour lesquelles nous donnons 
la phrase spécifique et souvent la description, et aux espèces non encore figurées, que nous 
nous contentons de mentionner. Dans les observations qui suivent les descriptions , et qui 
sont extraites du texte anglais, nous avons signalé les espèces introduites dans le Jardin bola- 
nîque de Paris , où nous avoas observé leur culture. 



Extraits du Botanical register. i53 

Le genre Acanthcphippium a été fondé par M. Blume, et 
adopté par M. Lindley dans son Gênera et species Orchidearum. 
La plante décrite et figurée dans le Botanical register est une 
curieuse et très rare épiphyte trouvée à Ceylan par M. Watson. 
Elle a le port des Geodorum , mais, au lieu de tubercules, elle 
ne possède que de fausses bulbes. 

1731. Stapelia Gussoneâna Jacq. Caulibus ciuereo-gïaucis crassis tetra- 
quetris facieLus concavis angulis dentatis inermibus, floribus fascicu- 
latis parvis, corollis glabris. 

Cette espèce de Stapelia a été découverte par M. Gussone, et 
publiée pour la première fois par le baron de Jacquin dans la 
réunion des naturalistes à Vienne en i832. La patrie de cette 
plante est une considération importante pour la géographie bo- 
tanique. On sait que les Stapelia habitent les contrées les plus 
australes de l'Afrique, à l'exception de quelques-unes qui se 
trouvent en Arabie, et avec lesquelles le Stapelia Gussoneâna a 
des rapports. (M. Gussone l'a trouvé sur les rochers du sud de la 
Sicile (dans l'île de Lainpedouze). Il l'a envoyée aux principaux 
jardins botaniques, et notamment à celui de Paris.) 

1782. Mesembryanthemum rubrocinctum Havorth. Caulibns humilibus 
ascendentibus ramosissimis , floriferis uniûoris, foliis laete yiridibus 
rubrocinctis acinaciformibus lœvibus, bracteis conaalis, floribus 
maximis. 

C'est la plus belle espèce du genre nombreux des Mesem- 
bryanthemum. Elle est originaire du cap de Bonne Espérance, 
et a des rapports avec le M. spectabile dont elle diffère par la 
grandeur de ses fleurs et de ses feuilles, et par ses bractées 
connées. Indépendamment de sa beauté, elle se recommande 
par sa résistance à l'âpreté de nos climats, car elle se cultive aussi 
facilement qu'un Pelargonium. (Cultivée dans le Jardin de Pa- 
ris, en i836.), 

1734. Collinsia bicolor Bentliara in Hort. ïrans. n. s. vol. 1. p. 48o. 

Originaire de la Californie. Introduite en i833 dans les jardins 
d'Angleterre (en i835 dans celui de Paris). 



i54 Extraits du Botanical register. 

1/35. Monacantlius discolor : Racemo laxo multifloro, labello hemisphxrico, 
marginiLus pîanis medio fimbriatis. \ 

Epiphyta; pseudobulhis 3 poU. longis, oLlongis, tcretibus, levitcr 
corrugatis, cicatricibus foliorum anuulatis. Folia oblongo-lanceola- 
ta, plicala. Racemus cylindraccus^ laxiis, mulliflonis, snithamam 
longus. Sepala linearia obtusa, reflcxa, viridi-fusca. Petala recta, 
conformia, fiisco-purpurca. LabeLluin poslicura , cucullalum, acu- 
tum, caniosura, viridi-purpurcum, iutus viridi-luteum, raargi'ie le- 
flexo mcdio firabriato. Columna brcvis, viridi-hitea, inutica, stigma- 
tis excavati raargine iufciiorc conA'cxo prominentc, lateralibus dcor- 
sum productis. 

Le genre Monacantlius a été fondé par M. Lindley sur une 
espèce du Brésil,* (i^/. viridis). La nouvelle espèce- décrite et 
figurée dans le Botanical register est originaire de Denierara. 
(Cette plante a été reçue des jardins d'Angleterre, et introduite 
en i836 dans celui de Paris par M; Neumann). 

1736. LitJwspennuni rosmariiiifolium Tenovc fl. Neap. piodr. sujjpl. 11. 

p. G5. synopsis p. 35. non Rclib. — L. graininifolium Rœmcr et 
Schult. Syst. veg. y. 4. p. 47 ? non Viv. 

Cette belle espèce, originaire de l'île Capri, a occasioné 
un peu de confusion dans la synonymie. Elle est bien la plante 
deTenore , mais non celle de Eeichenbach, qui paraît avoir dé- 
crit sous ce nom une variété du L. graminifolium. Cette der- 
nière espèce, établie par Viviani s'en distingue suffisamment , 
quoique Rœmer et Schultes aient publié sous ce nom le L. ros- 
marinifoliwn. Le L. Jruticoswn , réuni par ces auteurs au Li, 
rosmarinifoUujn en est également distinct. 

1737. Chelone centranthifolia Benlb. iu Hort. Trans. vol. i. n. s. p. 

Originaire de Californie , d'où elle a été envoyée par Douglas. 
Diffère du C. barhata par sa panicule grêle allongée, ses co- 
rolles plus tubuleuses, nullement renflées, glabres à l'entrée du 
tube, et par ses feuilles d'une form.e diverse. 

1740. Grohya Amherstiœ. Pseiulobulbi ovati, virides, tereles, cicatricibus 
î-a foliorum aunulatis. Foiia 3^4 vagina squainata, Unearia, striata, 
acuta, dcbilia. Racemus pcudulus, densus, 5 poUiccs longus, psca- 



Extraits t?z/ Botaoïcal register. i55 

dobulbis duplo Icngior. Sepala pallidc ochracca, unicolora. Petal.i 
maculis fusco-purpureis seriatis notata. Lahellum cxmediXnm , apice 
3-lûburn, lobo quinlo cœteris exteiiorc, disco uiulum, atropurpu- 
reum. Columna pallida, facie purpurco fasciala. 

Cette Orchidée, originaire du Brésil, forme un genre nou- 
vean dans la tribu des Vandées. 11 est très voisin du Cymbidiuin 
dont il se distingue, par ses sépales latéraux soudés entre eux à 
la base; par la grandeur de ses pétales; par son labelie qui n'a 
pas de lignes parallèles élevées; et enfin par ses masses pol* 
liniques unies à la glande au moyen de deux caudicules dis- 
tinctes. 

1741. Sempervipum urbicum Horn. Siippl. p. 60 ex D. C. Haworth in Phil. 
Mag. 1827. p. 125. 

Originaire de Ténériffè. 

1744. Indigofera alropurpurea Hamilt. in Roxb. 11. Ind. vol. 3 38o. Wall. 

Cat. n. 5463, 

Cette espèce, remarquable par la couleur de ses fleurs , ainsi 
que l'indique son nom spécifique, croît dans le Népaul. 

1745. Triloma BurcJiellii Herbert in Sweet. Hort. Brit. Foliis laete vi- 

ridîbus margiue laevibus, racemo oblongo crasso dcDSO, perianthiis 
clavato-cybndraceis unicoloribus. 

M. Burcliell a rapporté cette plante du cap de Bonne-Es- 
pérance. 

1746. Zephyranthes Spojfortliiana Herbert Mss. 

Cette jolie plante est une hybride obtenue de la fécondation 
du 'Z. tubispatha j espèce tropicale qui a les fleurs blanches, 
parle pollen du Z. carinata dont les fleurs sontjrouges. Elle est 
parfaitement intermédiaire entre ces deux espèces. 

174g. Dracœna terminalis Willd. Sp. pi. 2 107. — Asparagus ierminalis 
Linn. Sp. pi. 45o. 

Cette plante remarquable, si répandue dans les îles de la mer 
du Sud où elle est nommée Ti en plusieurs localités , paraît n'a- 
voir jamais été figurée. 



i56 Extraits du Botanical register. 

\j5o. Berberis dealhata : Subinermis, foliis siraplicibus coriaceis suborbicu- 
latis spinoso-dentatis subtus dcalbatis, racemis oblougis dcnsissimis 
pcdunculatis. 

Frulex in Lorto 4-5-pedalis, vcrsimililcr orgyalis ad minimum, ramis 
|)urpureo-fuscis inermibus parce foliatis. tolia coriacea, subrotundo- 
ovata, convexaj glaucescentia , spinoso-dentata aliquando subqua- 
drata, imo cuneata 3-dentata, subtu.? albcdinc dcnsa corlicata; pe- 
liolis brcvibus basi articulatis. flores in raccmos oblongos multiflo- 
ros densissimos nutantes congesli, lutei , scpalis apice sanguinolcntis, 
Petnla intus biglandulosa. 

Originaire du Mexique. 

1751. Lœlia rt«ce/?s : Foliis binis aut solilaiiis lanceolatis, scapo aucipiti 
bifloro squarais cariaatis vcstito, ovario viscoso, labcUi disco lincari 
clevato apice trilobo, pseudobulbis ovatis distanlibus tctraquetiis. 
Hhiioma repeus, squamosum. Pseudobidbi ovati, distantes, tetra- 
<}uetii^ 2-poll. longi, juventute scjuarais acuminatis vesliti. Folia 
solitaria , raro bina, lanceolata, acuininala, coriacea, atro-viridia. 
Scapus 8X apice pseudo-balbi ortum duceus , sesquipcdalis , gracilis, 
anccps, squamis cariuatis arctè A'aginantibiis vcstitus, apice biflorus. 
Ovarium viscosum , bractcâ lato-Ianceolatà, acuminatissimâ, carina- 
â, racmbranaceâ, fuscâ, involvcnte brevius^ apice teres, cuniculo 
a ba^i labcUi orto brevi instructum. Sepala violacea, membranacea, 
dorso siibherbacea, lanceolata bipollicaria patcntissima. Petala oblon- 
go-lanceolata, cjusdcm coloris texture et loogitudinis, sed lineâ mé- 
dia dorsi tantum herbacea, et duplô latiora. Lahellum aut anticum, 
aut posticum , cucullatum trilobum, basi coliimnara involvens, et 
pallide violaceuro, intus lutcum sanguineo-veuosum ; trilobum, lobis 
lateralibus rotundatis, inlermcdio atropurpureo basi albo, oblongo, 
acuto, subundulalo, piano, lineâ latâ elcvatâ crassâ Intcâ antrorsum 
triloba in medio; lobis lateralibus abruptis, intermediouproductioro 
in Jaminam abruptam verticalem a'tenuato. Columna semitercs, 
marginata, clavata, cum labello continua. Anthera 8-locularis. Pol- 
linia 8, cuneata, utraque extremitate caudiculorum quatuor inserta 
et iuflexa. 

Cette superbe Orchidée égale en beauté plusieurs espèces de 
Caitleya ; elle est originaire du Mexique , et elle avait été prise 
d'abord pour le Lœlia grandiflora, mais elle se fait remarquer 
par ses fausses bulbes ovoïdes, à quatre angles. (On la cultive 
aujourd'hui dans le Jardin de Paris.) 



Extraits du Botanical register. iS'j 

1752. Monachantus viridlslAaàX. Gen. et sp. Orch. p. 167 : Racemo mul- 

tifloro, laLello oLIongo cuspidato margine lœvi, sepalis petalisque ri- 
gidis ovatis. 

C'est l'espèce sur laquelle le genre JMonacanthus a été primi- 
tivement établi. (V. plus haut l'art. Monacanthus discohrw. 1785). 
Cette Orchidée est cultivée dans le Jardin de Paris , où elle a été 
introduite en i836 par M. Neumann. 

1753. Arhuius procera Douglas Hcrb. Foliis oLlougis serratis serrulalis 

integrisquc gbbiis, petiolis calvis, racemis terminalibas pauiculatis 
secuiidis. 

C'est un petit arbre trouvé par Douglas dans les forêts mon- 
tueuses de la côte nord-ouest de l'Amérique. 

1754. Brassia Lanceana : Sepalis ovato-lanceolatis acuminatis , petalis mi» 

noribus, labello oblougo acurainato undulato sepalis lateralibus du- 
plo breviore. 

Color totius herbae amaene et diffuso-viridis.l Pseudohulbi densi, 
oblongi, laacri, compressimi, oncipites, longitudinalitcr sulcati, haud 
raro arcuati. Folia bina aut solitaria, obloDgo-lanceolata, laacra, 
value striata. Racemi radicales, foliis longiores, floribus magnis lutcis 
secundis odorem Primulae suavissimum spirantibus onusti. Bracteae 
ovat», concavse, brèves, merûbianaceœ. Sepala patentissima liueari- 
lanccolata, purpurea paululum maculata basi virescentia ; supreuium 
I 1/2 lateralia , 2 poil, longa. P étala ejiisdem formae et coloris sed 
' sepalo supremo duplo minora. Lahellum liileum, immaculatura, se- 

palis lateralibus duplô brevius; basi tuberculis 2 albis, oblongis, 
contiguis parallelis inanibus pubescentibus^ deutibusque totidem 
mcmbranccis in fronte. 

Cette orchidée épiphyte croît au Brésil et à Surinam. Si ses 
fleurs ne sont pas aussi belles ni aussi brillantes de couleurs 
que celles des Lœlia, elles les surpassent par leur odeur exquise. 

1757. Bégonia /3«?irt/oc/es .- Caulescens , fobis Eequilateris orbiculatis 5-7- 
lobis incisis serratis cucullatis, floribus masculis disepalis, fœmincis 
tetrasepalis tetrapetalis^ fractus alis subsequaUbus acuminatis, cymis 
2-3-floris. 

Stipulœ ovatae , scrrataj. Foliorum lamina petiolo brevior. Cytnœ 
'~ longe pcdunculat^e a-S-floree, Flores masculi sepalis 2 subrotundis 



i58 Extraits r/z^ Botanical register. 

rosels, petaUs 2 cocformibus secl rainoribus albis. Ilotes fœminei 

sepalis 4, parvis, subrotundis roscis, pctalis totidcm conformibus al- 

bis quorum 2 minora snni.Alœ fructus ioimaturi œquales acuminatse. 

Jolie petite espèce que l'on suppose originaire du Brésil. 

A l'occasion de cette plante, M. Lindley fait remarquer que 
ses pétales sont bien distincts des sépales, ce qui démontre la 
tendance des Bégonia à produire une corolle , et par conséquent 
que l'association de ce genre aux Poiy pétales proposée dans le 
Nixus plantarum est naturelle. Il fait aussi observer que le nom- 
bre des enveloppes florales étant binaire ou quaternaire quand 
elles sont distinctement formées, les affinités des Begoniacées 
avec les Onagraires sont rendues plus évidentes par cette obser- 
vation. 

J758. Oncidium citrinum: Pseudobulbis oblongis comprcssis, foliis ensi- 
forraibus rigidis scapo siraplici brevioribus, sepalis petalisqae labclli 
longitudine lineari-obiongis undulatis, labello cordalo utriiique in- 
ti'orsum arcuato apice diblato subreniforrai, cristâ 8-tuberculatâ pu- 
besceute, alis miuimis, stigmate orbiculari. 

Planta O. aUissimo ( n. iG5i ) valdc afilnis et forte mera varietas. 
Divcrsa tamen vidctur scapo non ramoso, floribus parum maculaiis, 
sepalis pctalisquc minus acuminatis, crisla tuljcrculata polius quam 
digitalâ demum alis minimis , et s?igraate orbiculari ncc anguslo 
compressoque. 

Originaire de la Trinité. (Aujourd'hui cultivée dans le Jardin 
de Paris.) 

1760. Bletia rejlexa: Sepalis lineari-lanceolatis lateralibus rellexis, pet.dis 
cuneato-lanceolalis supra coluranam conniventibus, labelli triiobi 
lobis lateralibus rotundatis planis, intermedio angusto undulato, la- 
mellis 5 altis parallelis indivisis ad pedem columnae decurrentibus, 
foliis angustis ensiformibus plica^is. 
Folia angusta, ensiformia, plicata.6ca/jM.ç 1 1/2-2-pedalis, teres, dis- 
tanter vagiuatus, 2-4-florus. Bracteœ oblongo-lincarcs, membrana- 
ceae , ovario duplô breviores. Sepala angusto'-lauceolata, ex viridi 
rubescenlia basi alba; lateralia reflexa, suprcmum paulo latius ma- 
gis erectum, apice tantum reflexum. Petala ex viridi rubescentia, 
cuueato-lanceokta crecla, acuta, collatoralia columuam a tergo te- 
gentia. Labellum cucuUatum, parte iuferiore album cum basi co- 
luinnae articulatum , oblongum , roseum , trilobura ; lobis lateralibus 



Extraits diù Botanical register. iSq 

crectis roturidatis albis margine intermedio eîongato pariter ro- 
• tuudato, cj-ispo, atropurpureo, patente, laœellis 5 allis intcgiis su- 
bimdulatis totum axim labelli peicurrentibus. Columna purpiiiea, 
clavata , apicc alata , dente uuico incurvo post cardinein antherae. 
Pollinia 8 quorum 4 cœteris minora. 

Orchidée terrestre, originaire du Mexique. La couleur ver- 
dâtre de ses (leurs, et ses sépales étroits et réfléchis, la distin- 
guent des autres espèces du même genre. 

1761. Caprifolium hispiduluin : Tota liispidula pilosa, umbellis peduncu- 

latis, coroUis glabris bilabiatis, tubo limbo duplo longiore, staminibus 
exsertis, foliis petiolatis cordato-ovatis obtusis subtus glaucis, summis 
sessilibus liberis, caule filiformi. 

Lonicera hispidiila Douglas. 

Caulis in génère debilis, flliformis, volubilis, vel prostratus, pilis rectis 
distantibus ut ferè omnes aliae partes hispidus. Folia parva. Flores 
parvi, rosei , pedunculis foliorum ferè longitudine, glomerulis bi- 
bracteatis. 

Cette 'espèce a été découverte par Douglas dans les bois de la 
côte nord-ouest de l'Amérique. Elle est très différente de toutes 
les autres espèces de chèvrefeuilles, et elle est presque sans 
odeur. (Elle a été introduite en i836 dans le Jardin de Paris 
par M. Neumann.) 

1762. LepantJies tridentàta Swartz Prodr. p. î25. FI. ind. occ. p. i5Gi. 

Orchidée si petite qu'elle n'excède pas de beaucoup la mousse 
dans laquelle elle croît. M, Lindley a figuré toutes ses parties 
avec un grossissement tel qu'on peut facilement en reconnaître 
la structure. 

1765. Epidendriim gracile : Foliis in pseudobulbos ovatos corrugatos plu-» 
ribus levalo-ensiformibus, racemo simplici longissirao, sepalis oblon- 
gis petalisque cineatis patentibus, labelli fere liberi trilobi lobis la- 
teralibus semiovatis , intermedio oblongo crispo obtusissimo duplô 
minoribus, disco bicostato. 
Labellum tripartitum, cum basi columnae leviter connatum, laciniis 
lateralibus erectis, semiovatis, obtusis, subuuduiatis, flavis sar.guineo- 
venosis, interraediâ subrotundâ crispa ejusdem coloris brevioribus ; 
iu medio crassum, album venis purpuieis, bicostatum; costis utria- 
que iufra médium obsolète unidcntatis. Oyarium bi'eve cunicula- 



i6o • Extraits du Botanical register. 

tum. Columna semiteres, marginata, apice utrinque auriculata. Gy- 
nisus deorsum tnlobus ; loslelliim crassum, brève rotiindatum. An- 
tbera complète A-locularis ; dissepimentis membranâ marginatis. 
Pollinia 4-compressa basi unidentata; caudiculis totidem pulvereis 
rcplicatis. . 

Orchidée, originaire des îles Bahama , très voisine de VE. oclo- 
ratissimum. Elle semble plutôt terrestre qu'épipliyte. Ses fleurs 
ne sont pas très belles, mais en revanche elles exhalent une 
odeur délicieuse, particulièrement vers le soir et pendant la 
nuit. 

176g. Psoralea macrostachyaDe Cand. Prodr. v. 2. 220. 

Cette espèce, originaire de la Californie, se fait remarquer 
par les poils noirs dont le rachis de ses fleurs est hérissé , ainsi 
que par la couleur verte des parties de la fleur avant que celle- 
ci soit développée. Cette couleur devient ensuite écarlate, et 
après la chute des fleurs , le rachis dénudé présente pour cha- 
que pédoncule une longue queue velue. 

1770. Pentstemon statlcifolius : Gaule ascendcute pubesccnte, foliis radica- 
libus oblougo-Ianceolatis iii petiolum longum angustatis inlegerrirais 
glabris; caulinis scssilibus cordato-ovalis Jcntalis pubcsccnlibus, 
cyniis snbscssilibus calycibusque tomentosis, corollis vcntricosis pii- 
besccntibus, labiorum laciniis ovatis obtusis subrequalibus. 
Caulis subbipedalis, apice toracutosus et cymis subsessilibus verticil- 
lastros Labiatarum referentibus onustus. FoUa radicîlia cum pcliolo 
7 poli, louga. Corolla violacea, speciosa, fere pollicem et dimidium 
louga. 

Nouvelle espèce de la Californie, très voisine du P. diffusus 
dont elle diffère par ses fleurs beaucoup plus grandes, d'une 
couleur plus lilacée, et par la forme de ses feuilles dont les ra- 
dicales sont parfaitement entières. 

A la suite de cet article, M. G. Bentham a donné une révi- 
sion de tous les genres des Scrofularinées l'ordre naturel auquel 
appartient le Pentstemon. Nous avons reproduit en entier cette 
révision dans les Annales des sciences naturelles. (Vol. 4. p. 1 78). 



Extraits du Botanical regLster. i6i 

1772. Angrcecum micranthum : Gaule brevi, foliis oblougis trinerviis apice 

obliqiiis, spicis secundis mullifloris horizontalibus congestis foliis bre» 
vioribus, sepalis petalisqiie subiEqualibus angustè ovatis apice patu- 
lis, labello confoimi basibilobo bideatato, medio pubescentc, calcare 
obtuso incuTYO postico. 

Caulis 2-pollicans. Folia 1 1/2 p. longa, i 1/2 p, lata, crassa. Floies 
minuti, albi. 

Espèce très petite et sans attraits , originaire de Sierra Leone. 

11 est remarquable que V y^ngrœcumsoiX. un genre si exclusive- 
ment africain qu'aucune espèce véritable n'ait été trouvée hors 
de son continent ou des îles qui eu dépendent, bien qu'il s'étende 
à travers toute la partie tropicale de l'Afrique. Trois ou quatre 
autres espèces (^. clandesdnuin , teretifoliiun , et distichum) , de 
Sierra Leone et également sans beauté, sont cultivées dans les 
jardins d'Angleterre. 

1773. Russelia juncea Zuccarini in litt. Ramis tetragonîs ercctis junceis, 

foliis minimis petiolatis ovatis subintegris , pedunculis filiformibus 
subbifloris. 

Cette plante, originaire du Mexique, produit un effet assez 
gracieux, quoiqu'elle soit, en apparence, privée de feuilles, et 
celles-ci sont si petites qu'elles ne sont guère visibles sur ses ra- 
meaux effilés d'un vert luisant qui ont l'aspect de branches de 
Casuarina ou à'Equisetwfi. Cet aspect des rameaux con- 
traste avec la beauté des fleurs nombreuses d'un rouge vif dont 
ils sont garnis à leur sommet. 

On cultive aujourd'hui cette plante dans le Jardin de Paris. 

1774. Erioironumcompcsitum ÇDoii^L Mss.): Foliis ad basin caulisapproxi- 

inatis longe petiolatis ovatis basi rottiodatis cordatisve supra demiira 
glabratis subtus dense albo-lanalis, pedunculo longissimo nudo apice 
breviter biuinbellato, iiivolucris breviter pedicellatis companulatii 
mulfifloris. Benlham in Linn. Trans. 

Habilu et foliis E. latifoiio aSiuc Petioli vaginantes extus villo.sis>irai 
2-4-pollicaies, limbo i-i i/a-poUicari. Pedunvnlua scapifoiiuis ul- 
trapcdalis, in exemplaiibus cultis folio saepe instructis. Bracteœ sub 
radiis umbellae lineares, oblongœ vcl (in exenipl. cullis) dilalato-ova- 
tae. Uadll umbeilfe 1 i/2-3-pollicarcs, uitibellularum vixseiui pollica- 
res, villosuli. Flores majores quam in E. latifolio. Perianihia post 

VI. B07AK.— Septembre. i 1 



J^^j Extraits du lîolrinic;il registor. 

aiithesiii aucla ; laciiiix iiiterioics elongatae obovat;e, exteriorcs lue- 
viores latiores, marginibus nieinbranaceis crispis. Benth. Mss. 

M. Bentham a !(i à la Société Linnéenneiin Mémoire sur la 
section des Polygonées, à laquelle appartient la plante ci-dessus 
décrite. Ce Mémoire a depuis été imprimé dans le dernier ca- 
hier des Transactions. \^ Eriogormm compositum a été trouvé 
par Douijias, sur les rochers des bords des rivières dans la Nou- 
velle-Albion. 

1776. CUantlius puniceua Solaïul. Mss. m Mus. Riit. — Ail. Ciiiiningh. in 
Hojt. trans. v. 1. 11. s. p. 52i. t. 22. 

Nous mentionnons ici celte plante quoiqu'elle ait été décrite 
et (igurée dans les nouvelles Transactions de la Société horti- 
cu'turale, mais parce qu'elle est le type d'iui nouveau genre de 
la famille des liégtiminenses , tribu des Papilionacées. Elle est 
originaire de la Nouvelle-Zélande, probablement des parties mé- 
ridionales de la Baie-des-Iles. (Elle est aujourd'hui cultivée dans 
le Jardin de Paris.) Voici les caractères génériques. 

Cmantiius Solanrl. — Calyx latè campaniilatus, subaeqnalis, 5-dciila- 
tus. Vexilliini aciiininatum, reflexuni, ails parallelis loiigius ; carina 
scaphifonnis , vexillo aliisquc inulto longiur, otimitio in<)iio|iclal,i. 
St.iinma iDatiifestè perigyna, diaJelpIia, oiniiia feitilia. Stylus stami- 
nil)iis diiplo longior , versus apic.ern lune levitcr baibatus, stigniafe 
simplicissimo. Lcgumcn pedicellatiiiu , coriaceiim, acumiiialum, ven- 
tricosura, polysperraum, intiis lanulosiim. sutura dnrsaii rectâ vcn- 
trali convpxâ. Seinina reniforinia,funicul's longiusculis afllxa. — Sul- 
fruticcs hcrbaeve, foliis impari-piuiiatis stipulatis, flonbus speciosis- 
siinis raccmosis. 

1778. Myanthus Imrbatua : Labello in pilis succiilcnitis barbaeforinibus dis- 
soluto, basi supra unicorni. 
Cau/es vetusti fusiformi-cylindracei, t-'i poil, longi, parum indu- 
viati, luteo-olivacei. /^o/i'a atrovirilia, undulata , Cataseti, oblongo- 
lanceolala, versus basiii angustata, Racemus radicalis prostratus vel 
pendiilus, flores 9-10 invcrsosve , labello quoad axin superioïc 
gereus. Braclece liuenri-lanceolatae luembranaceae, pedicellis purpu- 
rascentibus breviores. Perianthium bilabiatum; sepalis petalisque 
lineari-lanceolatis, berbaceis, lusco-saiiguineo inaculatis. Sepalum 
suprcinum , cura petalis in galeamagglutinaturii; latcralia patenlis- 
sima. Labellum cuni columna subarticulatum, lineare, inedio infrac- 
tu'.n et siccatum, margine in fila tenuia alba numerossima dissoluto, 



Extraits dit Botanical register. i63 

cristara aviculse cujusdum siioulantia; cornu deorsum falcatum, can- 
didum, basi superiorc tiidentatum gereiis. Columna hcrbacea, fusco- 
saoguiueo raaculata, cornu apicis galeae longitudine, cirrhis duabus 
rectis purpurascentibus apice pellucidis coruu labelli amplectentibus. 
Glandula maxiraa, carlilaginea, oblonga, stigmate cum vi elasticà 
dissiliens, et convoluta. 

Espèce nouvelle et intéressante, qui a le port d'un Catasetum 
et qui est originaire de Démérara. (Cultivée aujourd'hui dans le 
Jardin de Paris.) 

1779. D^ridrobium. cupreum Rerb. Mss. : Caulibus teretibus pendubs, fo- 
bis oblongi'" obtusis eraarginatis, racemis laterabbus Iaxis multifloris, 
bracteis ovato-Hnearibus canabculatis obtusis, sepabs ovatis obtusius- 
cubs, petabs oblongis explanalis obtusis minoribus, labello ua- 
cuiciilato cocbleariformi obtusissimo exlus viUoso intus nudo. 

Espèce originaire des Indes orientales, envoyée par le docteur 
Wallich. 

«780. Las the nia glab rata glaberrima : lobis subdeutatis, jnvolncris tur- 
binatis. 
Herba annua, insipida, diffusa, glabrata , imô lucida, fobis oppositis a 
bafi subamplexicaub acuminatis, subsucculentis, iiunc iutegerrimis, 
nunc deutatis. Capitula majora quaru in L. californica, floscubs ma- 
gis vitelbnis. Ligulœ oblonge bideutatae. Flosculi disci valde glan- 
dulosi. ylchenia alra laevigata. 

Cette plante est originaire de la Californie. Elle a été admise 
dans le cinquième volume du Prodmmus de M. de Candolle, 
comme type d'une section du genre Lasthenia de Cassini ca- 
ractérisée par l'absence de l'aigrette. (On cultive cette plante 
dans le Jardin de Paris.) 

1781. Angrœcum dintichum : Gaule irabricato , fobis distichis corapressis 
recurvis obtusis supra canabculatis, floribus sobtariis axillaribus, pe- 
duucubs fobis subaequabbu.s, sepabs ovatis petabsque angustioribus 
secundis obtusis, labello poslico oblougo concave apice tridentato, 
calcare tereti borizonlali pedunculo breviore. 

Caules 3-4 poUices longi, atrovirides, fobis densissime imbricati. Flo- 
res parvi lactei, carnosi, inodori. Labelli dentés latérales rotundati, 
intcrniedio recto acuto. 

Originaire de Sierra Leone. 



I r. 



iGfl Ex hait s du Uotaiiical rei;istt'r. 

1782. Dyckia rariflora Scliiill. (il. iii Rœm. et SchuU. Sysl. vcg. v. 7. p. 

iigS.Graham iu Jainesoii's Journal, July i835. p. 202. 

Celte plante grasse a été rapportée do la Serra de Villa Rica 
ail Brésil, par M.Martius. Elle a été primitivement cultivée dans 
les jardins d'Allemagne, (l^n i8?)3, cette espèce a été introduite 
dans le Jardin de Paris.) 

1783. Empelruni riibnim WilUl. sp. PI. 4. y\7>. 

Cette espèce, anciennement connue, n'avait pas encore été 
figurée. Elle croît dans les parties les plus méridionales de l'A- 
mérique. (Nous l'avons également reçue de l'Ile Tristan d'Acu- 
fi^na où elle a été récoltée par notre ami Roussel de Vauzème. 
Dupetit-Thouars l'avait également trouvée dans cette île.) 

1784. Eiitoca divaricata Beiilli. in Trans. Liiin. Suc. vol. 17. p. a/S. 

Originaire de la Calilornie. 

178.'^. Gesneria faucialis : Ilerbacca, folii.s siili-sessilil>iis coniaîis oblongis 
acuti.s crciiatis riigosis tonicnto.si,s, raceino teriniiiali, Lracteis ovatis 
acutis rcflexis, corolli.s tomerilosi.s, laliio sijperiorc oblongo bilolio 
basi angustato, iiiteriore miuinio levoluto, fauce latissima truucatâ. 

Espèce osiginaire du Brésil, et très voisine du G. Selloi et i\u 
G. bulbosa qu'elle surpasse par la grandeur et la beauté de ses 
fleurs. C'est la plus belle espèce de ce genre. 

1786, Eryihroniuin grandijlorum Puisb. fl. Am. sept. t. 23 1. 

Plante excessivement rare, dont un seul bulbe a été reçu du 
nord-ouest de l'Amérique , par la Société horticulturale. C'est 
Douglas qui l'a envoyée, ainsi qu'iuie autre espèce nouvelle re- 
marquable par sa hampe irrégulièrement rameuse et dont voici 
la phrase spécifique. 

E. giganteum : foliis oblongis lanceolatisvc, scapo irregnlarifcr , ra- 
mo.so 5-floio fobis diiplo longiorc , foliobs perianlbii acurainalis mcdio 
reflexis, stigmate 3-lobo. 

1788. Azara dentala Rniz. et Pavon. fl. Pcruv. Sysl. p. i38. 

Arbrisseau très commun, originaire du Chili. (Cultivé au- 
jourd'hui dans le Jardin de Paris.) 



Eijclrails du Butanical iv"istcr. i()f>' 

(Berlero a envoyé des échantillons secs dx? cette espèce sotis 
l<î nom d'^jsara I^ilen. ) 

1789. Oncidiutn Lemonianum : Foliis conipressis acuraiiiatis supra sulc;i- 

tis, scapo stricto pauridoro, sen.ilis parvis spaihnlatis apiculatis om- 
niLus liberis , petalis oblongis iindulalis, labelli laciriiis latcralibtis 
linear bus abbreviatis, iiitcnncdia maxiraâ roniformi bilobâ ; lobis 
dcntatis, unguebievi inargine tlcnlioulalo, colunina: alis subrjuatlia- 
tis truncatis oblique unidentatis. 

Espèce originaire de la Havane, voisine de XO. Cebolleta. 

1790. Kennedy a Marryattœ ; foliolis tribus oblengis obtusis undulatis pc- 

tiolo brevioribus, junioribus cauîibusque villosissimis, stipulis brac- 
teisque cordatis apiculatis, pedunculis 4- floiis. 

Très jolie plante grimpante , obtenue des graines provenant 
de Sw^an-River à la Nouvelle-Hollande. Elle se rapproche telle- 
ment du K. prostrata^i^Y^'A n'est pas facile d'établir leur distinc- 
tion. Elle est plus grande dans toutes ses parties, plus poilue ; 
ses folioles sont plus grandes, mais plus courtes que le pétiole. 

1791. Arctostapliylos tomentosa Lindl. — Arhutusi tonientosa Puish. Fk 

Amer. sept. 1. 282. 

M. Hooker, dans sa Flore de l'Amérique boréale (2. t. 1 3o. 
f. I .) et dans le Botan. mag. (t. 332o) a déjà décrit et figuré cette 
plante en la considérant comme ime simple variété, celle dont 
les branches ne sont pas hispides. A l'occasion de cette espèce, 
M. Lindiey en publie deux autres nouvelles qui lui ressemblent 
par le port. 

J • Arctoslaphylos cordifolia : Ramis tomentosis, foliis oblongis 
obtusis subcordatis coriaceis subtus tomentosis supra nilidis, 
racemis brcvibus coinpositis , bracteis inferioribus foliaccis 

oblongis coriaceis raceini longitudine, fructu — Oia occid. 

Amer. sept. (Menzies). 

3. yi. glauca; glabra, glauca, foliis ovato-oblongis acutis coriaceis 
basi obtusissiniis, racemis bicvibns compositis, bracteis infe- 
rioribus squamœformibus, fructu ovato, — California (Douglas). 

M. Lindiey ajoute quelques réflexions très judicieuses sur lé 
pi'ii de connaissances que nous pos'^écîotts en Europe dr cer- 



i66 Extraits du Botanical register. 

taines plantes qui appartiennent au groupe des Ericinées, quoi- 
que les amateurs d'horticulture cultivent en grand nombre les 
Rhododendron y les Kalmia^ les ylzalea, les Vaccïniani et les 
Andromeda. Le genre Befarla qui renferme des espèces encore 
plus belles que les Rhododendron et les Jzalea n'est guère 
connu que par les échantillons des herbiers. Il en est de même 
des Thibaudia et des Gajr-lussacia qui habitent la région des 
Cinchona au Pérou. Ce serait une entreprise utile pour la science 
et favorable à l'horticulture, d'envoyer une expédition dans ce 
pays pour en rapporter vivantes les espèces dignes de figurer 
dans les jardins. Une collection fort considérable d'échantillons 
secs, envoyée en Angleterre par M. Malthews, donne une idée 
des belles plantes qui croissent dans cette contrée. Cette collec- 
tion renferme un nouveau genre voisin des Thibaudia^ auquel 
M. Lindley donne le nom de Cat^endishia^ pour perpétuer celui 
d'un illustre personnage et dont le souvenir a reçu un nouveau 
lustre dans la personne du duc actuel du Devonshire qui cul- 
tive avec tant de magnificence à Chatsworth, les plantes les plus 
rares et les plus importantes. Voici les caractères de ce nouveau 



genre. 



Cavendishia. Calyx superus, caia|)aniilatus , trtincatiis , obsolète 4- 
dentatus. Corolla tuhiiloso-cylitidracea , 4- dentata. Stamina 8 in- 
clusa, basi imâ corollae insert»; filainentis carnosisinonadelphis ; con- 
nectivis alternis hastatis, auriculis rotundatis,alternis rhomboidalibus. 
Antherae muticae; loculis sulco alto exaratis, apice liberis et rima de- 
hiscentibus, Ovarium4- angulare, 4- ioculare, polyspermura. Stigraa 
simplex. 

C. nobilis. Fnitex Periivianus, scmpervirens; gemmis magnis im- 
bricatis; foliis lauriais; floiibus speciosis, purpureis, capitatis, in- 
volucratis. 

1794. /pomœa Ai toni ; xiWosi , foliis cordato-subrotundis , trilobis ; lobis 
acutis laterabbus abbreviatis, pcduoculis mullitloris, bracleis sepa- 
lis(]ue divcrgentibus acurainatissirais , corollâ subcarapanulatâ tubo 
ÏDcrassato, staminibus basi glaudulosus. 

Cette espèce, dont l'origine est inconnue, est remarquable par 
le tube épaissi de la corolle, et les glandes nombreuses qui se 
trouvent à la base des étainincs. 



Extraits du Botanical rcgisler. 167 

1797. Pleurothalliii Grobyi ; folio ohovato cmjginato caille triplo, longioïc 

racerao l.ixo erecto mulloties hreviore , bracteis miniinis menilua- 
naceis, sepalis costatis oblongis acutis lateralibus apice tantura sejiinc- 
tis, petalis lanceolatis acutiii, labello lineari obluso carnoso superne 
uiiisulcato. 

Espèce originaire de Démérara, très voisine du Pl.picta qtiT'^ 
croît dans le même pays. 

A la suite de cet article, M. Lindley publie les caractères d'un 
grand nombre d'espèces nouvelles de Pleurothallisj la plupart 
du Brésil et du Mexique. Il établit en outre un nouveau genre 
d'Orchidées sous le nom de Physophora qui a pour type le 
Pleurothallis emarginataf plus le Stelis tubata de Loddiges(Bot. 
cab. t. 1601) et auquel il ajoute une nouvelle espèce du Brésd 
{P. peduncularis). Enfin il fait connaître une nouvelle espèce 
àeSpecklinia^Ql fait entrer dans ce genre quelques Dendrvbium 
de Lallave et de Runth. 

1798. Edwardsia Cliilensis Miers Trav. in Chili. Sophora macrocarpa 

Smith, in Rces. De Cand. Prodr. a. 96. Hooker et Arnott ia Bot. 
mise. 3. 177. 

Cette plante, connue dans le Chili sous le nom de Mayii^ est' 
réellement une espèce à'Edwardsia^ quoique le pédicelle du 
fruit ne soit pas ailé; ce qui prouve que le caractère du pédi- 
celle ailé n'est pas essentiel au genre Edivardsia. 

1799. MaxlUaria crocea ; pseudobulbis oblongis compressis foliatis, foliià 

oblongis undulatis obtusis emarginalis latè vaginautibus, scapis erec- 
tis uuiflorislaxe vaginatis foliis duplo brevioribus , sepalis petalisquc 
angtistè triangularibus apice elongatis abrupte acutis, labello obovalo 
obtuso levissime trilobo apice carooso crispo supia médium uuitubei- 
culato. 

Espèce originaire de Rio Janeiro. 

i8o3. Chironia peduncularis ; glabra , foliis cvato-lanccolatis acumiiiatis 
sessilibus 3-5- vcniis internodiis subbrcvioribus, pciunculis uuifloiis 
foliis longioribus, calyce tubo corollae breviore^ caule tcreti. 
Chironia Irinervis Hort. nec Linn. 

Cette plante, doiil l'or-gine pst inconnue, n'est pas le Chironia 



i68 Extraits du Botanical legister. 

trineri^is de Linné qui croît à Ceylan et qui paraît être un véri- 
table Exacum^ tel que ce genre a été limité par M. R. Brown 
dans son Prodromus. 

i8o4. MaxUlaria densa; pseudobulbis oblongis compressis axillarlbiis nio- 
nophyllis, foliis oblongo-Ianceolalis oblusis cmarginatis, raccmis axil- 
laribus densissimè aggiegatis, bracteis cucuUaîis, perianthiis bilabia- 
tis , sepabs lineari-lanceolatis acuminatis carinatis , pctalis paulo 
minoribusj labello oblongo indiviso apicc rccurvo et canahculato , 
medio bncâ transversâ elevalà. 

Originaire du Mexique. (Cultivée aujourd'hui dans le Jardin 
de Paris.) 

i8o5. JFuchsia dise olor ; dumosa j ramosissima , viscosa , rarauUs levissiinè 
pubcsceutibus, foliis ovatis deuticulatis undulatis peliolatis oppositis 
ternalisque, pcdunculis fobis lougioribus, pctalis oblusis convolutis 
calycis laciniis acuminatis brevioribus, staminibus longe exsertis. 

Cette espèce est originaire du Port Famine dans les îles Falk- 
land. Il est difficile d'exprimer en quoi elle diffère botanique- 
ment des F. gracilis et tenella. (On la cultive dans le Jardin de 
Paris ) 

i8oS. /^e/7ia/2(ie^/a ac«to; foliis acuminatis cariiialis, corymbo l multi- 
floro, bracteis obtiisis inembranaceis , la])ello lineari 3- lobo, laciniis 
latcralibus redis abbreviatis, intermedià fmarginatâ obtusâ , disco 
pulvinato tuberculo minime pone basin. 

Omnia ferè F. eleganUs nisi folia et labellum. Hoc pallidè luteum, 
disco prominulo pulvmalo antice bilobo sanguineo-marginalo; la- 
ciniis lateralibus uullo modo hastae efligiera referentibus sed laci- 
niâ intermedià parallelis. 

Orchidée originaire de la Trinité. 

1807. Cereus triangularis Haworlh Syn. 180. D. C. Prodr. 3. 463. — 

Cactus triangularis Linn. Sp. pi. 666. Jacq. Amer. 162. 

1808. Euloca viscida Benlham Mss. glanduloso-pilosa viscosa, caule erecto 

ramoso, foliis cordato-ovatis sub-angulatis serralis, racemis elongatis 
furcatis siraplicibusque, placentis multivalvnlatis. 

Annua, undique pilis nigro-capitatis glandulosis viscosa; caule te- 
reti ramoso bipedali. Folia lactu raollia et oleosa, 2 p. lata, paulo 
longiora, sensmi decresccntia, superiora grosse simpliciter dentata. 
Hacenii gyratiin clongantcs, multiflori, cbraeteali. Sepala ïinearia, 



ExiJ'aits du Botanical register. 169 

obtusa, capsulas longiludinc. Corolla generis, aroaene caerulea tubo 
roseo. Filamenta setacea basi villosa : antherce flavae. Capsula 
ovata, mucroaala, apice bivalvis, sernilocularis ; placentis pane- 
talibus polyspcrmis. Semina minuta, fusca, scrobiculata, margini- 
bus areolatim acutis centro foveola excavata. 

Rapportée de la Californie par Douglas. (Cultivée aujourd'hui 
dans le Jardin de Paris.) 

1809. Vanda teres Lindl. gen. et sp. Orch. p. 217. 

C'est une des plus belles orchidées épiphytes que l'on con- 
naisse. Ses fleurs ont plus de quatre pouces de diamètre; leur 
coideur est des pilus brillantes ; celle des ailes étant d'un pourpre 
vif dans le milieu et d'un blanc de lait vers le bords, tandis que 
le labelle offre un agréable mélange de rouge et de jaune. Le 
docteur Wallich l'a découverte dans le Sylhet, et M. William 
Griffith l'a trouvée abondamment près de Medown dans l'em- 
pire des Birmans. 

1810. Craieffus Doufrlasii. 

Cr. punctata fi. brevispina. Douglas in Hook. fl. Bor. Am. i. aoi . 

Quoique Douglas ait considéré cette plante comme ime va- 
riété du C. punctata^ M. Lindley pense qu'elle doit constituer 
une espèce distincte. Peut-être est-elle la même que celle qui 
est appelée C. nmcracan'Jia dans les jardins, mais son fruit re- 
quiert un nouvel examen. 

1811. MaxUlaria crislata. Pseudobulbis ovatis sulcatis nionopbyllis, foliis 

oblongo-Ianceolatis plicatis, scapo pendulo bifloro squainis laxiusculis 

vaginato , floribus explanatis , scpalis petalisque lauceolatis acutis 

sequalibus , labello raulto minore tripartito carnoso : laciuiis latera- 

libus falcatis , interraediâ lotnndalâ cristato-fîrabriatâ utrinque uni- 

dentafâj ungue subcristato disco bidenlato. 

àSepala 1 3/4 unciaiu longa , alba, saiiguineo intcrrupta striata et 

fasciata. Petala aequalia et conforraia, apice sauguinea basi macu- 

lata dorso alba, Lahelluni purpureum, ungue viridi cristâ deati- 

busque albis; crista lacinice intermediœ fimbriata pilis subiuoni- 

lifojmibus : unguis e cirrhulis 4-6 rectis submoniliformibus 

constans; dentés disci compressi divaricati margine crenati, poste- 

riorc duplo majore. Columna basi viridis, apice lutca, et utrinque 

subulata, rostello longissimo subulato. Caudicula poUiniorum lon- 

gissima, glandulà parvâ subtiiangulaii. 



lyo Exi/ ails du UoldiiicA icgister. 

Celle charmante Orchidée est originaire de la Trinité. 

1812. Gardoi/uia Gilliesii. Graham. in Edirnh. Phil. Joiirn. i83i, sept. — 
G. CA/^?/2.sis Benthara in Hook. et Arn. Beech. Bot. 58. 

Plante très commune aux environs de Valparaiso. (Berttro 
l'a envoyée en abondance et elle figure dans ses collections .<ons 
le nom de Gardoqaia obovata). 

i8i3. Dauhenya aurea. — Massonia lulea. Ilort. 

Cette plante, de la famille des Asphodélées et native du Cap 
de Bonne-Espérance, forme un nouveau genre qui diffère essen- 
tiellement du Massonia dont i! a le port , par son périanthe 
très irrégulier, tubuleux et non campanule, et par l'absence des 
pores mellifères qui distinguent priiicipalement les Massonia. 
Voici au surplus les caractères qui lui sont assignés par 
M. Lindley. 

Daubenya. Inflorescentia iirabellata, scssilis, epigca. Perianthium 
/u/^M/o5Mm, ovaiio aicte apprcssura, limbo bilabiato, labio superiore 
nano tridentato, infcriore raajori tripartilo : iii floribus radii rnaximo, 
disci depauperato. Stamina 6 inaequalia basi laciniarum adnata, de- 
clinata, in floribus disci saepè submonadelpha. Ot^arfu/re clongatutn, 
subtriangulaie angulis rotundatis , in itylo anguslalum , 3- loculare, 
locuhs polysperraisapice vacuis. Sligma simplex. — Bulbi capenscs, 
habitu omniiio Massoniae. 

181 4. ELichrysum è/co/or.- an nu uin ; foliis lincari-lancco'.atis acuininatis !)as! 
obtusis scabro-cilialis , siiperioribus subiilatis , caulc glabio ramoso, 
raniulis raonocephalis squamalis , bracteis involucri fulvis aureisque 
acutis. 

Caulis 2- pedalis, sulcatus, fastigio ramoso. Folia basi aliquando 
subcordata, niargine, scabra , supra scabriuscula. Capitula facie 
omuia E. hracleaù. 

Cette espèce est originaire de la terre de Van Dieraen. Elle 
ressemble à VE. bracteatum, mais elle l'emporte en beauté. 

l8i5. Macradenia triandra : foliis coriaceis, lineah-oblongis acuminatis, 
racerao prostrato, labello in mcdio trilamellato, clinandrio serra to,aii- 
theris duabus sterilibus. 

Pseudo ^u/^i cyliadracfipaulo attc'iiu.ili. Folia |»hniveuid. Il-itemi 



Kxtiuits çIli Botanicai it'gisler. 171 

foliis multo brevioies, Sepala eX pelala inlus sdngiiiiiea-herbace;i 
liinbata. Zaie^/i lamelliE rotundatae, cosîseformes, aPtrorsùin cr^s- 
siores. Antherœ stériles ovales, iulcgise saugiiineo niarginatoe. 

Espèce originaire de Surinam. 

1816. Coccoloba virens ; foliis ovato-lanceolatis obtiisis basi in petioluin an- 

gustalis , racemis nutantibus, floribus decandris. 
Folia omnino depilata, ovato-laticeolata, semper ba^i auguslata ticc 
uUo modo basi obtusa vel cordata ; omnia confoimia. Hacemi viri- 
des, nutantes, foliis minoribus aequales. 

Sous quelques rapports , ce Coccoloba ressemble au C. obtii- 
sifolia de Jacquin et sous d'autres au C. microstacliya deWillde- 
now. Il ditïere du premier par la forme de ses feuilles, et du 
second par la grandeur et les proportions de ses grappes de 
fleurs. 

1817. Oxalis PioUœCoWdi. Hoii. Rip. p. 98, t. 1. 

Cette espèce est très voisine de VO. compressa. 

1819. Ochranthe arguta. 

Cette plante, originaire de la Chine , constitue un nouveau 
genre dont la classification n'est pas facile à déterminer, à raison 
de l'ignorance où l'on est de la structure de son fruit. Sous 
quelques rapports, elle ressemble aux Cunoniacées, particuliè- 
rement par ses stipules, ses feuilles opposées et son pistil apo- 
carpe pluriovulé , mais elle en diffère par ses cinq étamines 
hypogynes, ses trois carpelles au lieu de deux, et son calice im- 
briqué. \2 Eucrjphia et le Carpodontos parmi les Hypéricacées 
s'éloignent de ce genre principalement par leurs fleurs polyan- 
dres et l'absence de stipules. Les Hugoniacées ont des feuilles 
alternes , un port différent et des étamirjes plus nombreuses. 
UAnisadeniajÇ^uisembhi être une Elatinacée ligneuse, a des 
étamines monadelphes, des fleurs non hypogynes, des feuilles 
alternes sans stipules. Enfin ce genre fait probablement partie 
d'un nouvelle famille qui se place dans les dicotylédones poly- 
pétales du groupe des Calycosées et de l'alliance des Cistales ou 
des Gutlales. Voici les caractères génériques , suivis de la des- 
cription de la plante. 



inj. Extraits du BolAiùc;\\ icgistcr. 

OciiRANTE. Ca/yj mcmbranaceijs , 5- i)hyllus, inibric.nHis, coroll» 
j)entapctalaE similliraus. Stamina 5 hypogyiia. Discus lanccolatiis 
j)entagonus. Carpella 3, basi jiincta, stylis sejunctis. Ovula cui- 
que carpello 6, placcntae ccntrali affixa. — Folia opposita, laiiala. 
Stipulée interpetiolarcs serratae. Flores terminales, pallidi. 

Cnulis fruticosiis , glaber, adultus cinereiis , junior viridis c nerco 
rnaculatus; foba opposita , glabra , pctiolata , obovata-lanccolata, 
acuminala , serrata , basi-inlcgra. Stipulœ intropctiolares , ovatae, 
serrulatae palHdae. T/iyrsus tcrminahs , congcstus, pauciflorus. 
Flores inodori albidi, dcmum flavcsccntcs. Peduellihasi i-mcdio 
2 bracteati, glahri. Cnlyx erecto-patc.is, irrcgularis, 5- phylliis, 
scpalis concavis, obtusis, ina;qualibiis, cxterioribus corolla brcvio- 
ribus, margine subciliatis, estivationc irabricatis 3/2. Pelala 5, hy- 
gyna subconvoluta , rarô aliquol pitcntia , unguiculata, oblonga, 
obtusa, versus médium 3- venia. Stamina 5, bypogyna, erecta ri- 
gida, pistiUi longiludinis, petabs alterna ; antlierai medio alfixa:, in- 
Irorsœ , erectie , bilocularcs, longiludinaliter déhiscentes; [)ollcn 
rotundo-triquetrum, angulis inflalis globosis pclbicidis, nunc sub- 
rotundum angulis nuUis. Discus cyathiformis, pentagonus , car- 
nosus , angulis planatis. Ovarium snpernm , ovatum, obtuse tri- 
gonum, stylis îsubulatiscreclis, versus basin pilis raris patentibus ; 
3- loculare, ovulis circiter 6 in utroquc loculo , placentae vcrsu» 
apicem axeos appcnsis. 

i8yi. Eulophia lucida Lindl. gen. et sp. Orch. p. i8a. 
Orchidée originaire de Sierra Leone. 

i8i2. Cosmelia rubra Brown Prodr. 563. 

1823. Lasthenia Califurnica. 

Cette plante a été enregistrée dans le cinquième volume du 
Prodromus de M. De Candolle qui vient de paraître. 

1824. Aristolochia fœtens ; foliis Lito-cordatis acutis , caulc volubili, pe- 

dunculis solitariis, bracteà perfoliatâ, limbo calycis raaxirao intègre 
cordato bbio longissirae caudato, înbo cxtus glabre. 

Nauseosa fœtida, demum semipulrida, rarais scandis lougis volubili- 
bus glabris. Folia cordata sinu operla, integcrriraa, subrotunda, acu- 
minata, subtus levissirae pubescentia, glauccscenlia. Bractece s,o- 
litariae orbiculalae , perfoliatœ. Flores maximi, tube extus glabre 
basi inflalo, sursum angust.tto costato arcuato, limbo subrotundo 



Extraits du Botanical résister. i-3 

cordato ijasi claiiso apice iu ajuicndicem longam linoareui subsjii- 
raleni acumioatam pioducto, luleo purpurcoque livido variegato 
maculatoet punctato. 

Espèce très voisine de \ Aristolochia grandiflora dont elle se 
distingue par le tnbe glabre de son calice, la couleur de quel- 
ques-unes de ses parties, etc. 

1825. PhurothalUs picta. Folio spathulato marginalo retuso raceuiis Iaxis 
d'iplô breviore, hracteis ininimis, sepalis acuminalis latcralibus apice 
lantnmsejunctis, petalis lineari lanceolatis acutis , labello lineari ob- 
tuso carnoso supra sulcato. 

Nouvelle espèce originaire de Démérara, très voisine du P. 
Grobyi décrit plus haut. 

1828. Dendrohiamdensiflorutn Lindl. Gen. Asp. Orcb. p. 90. Wall. PI. as. 
rar. n. 4o. 

A la suite de cette espèce, M. Lindley en signale une autre 
qui ressemble à un Cassytha et qui pour cette raison a été nom- 
mée D. Cassythoides par M. Allan Cuninghara. Elle a été trouvée 
au Port Jackson. 



Prodromus systematis universalis naturalis Regni vegefabilis, 
sà>e Enunieratio contracta ord'inum , generuin specierumque 
planiarum huc-usque cognitarum , juxta methodi naturalis 
normas digesta ; auct. A. P. De GANnoLLE. Pars quïnta : sis- 
tens Calycereas et Compositarum tribus prior es. (i vol. in-8°. 
706 p. Paris, Treuttel etWûrtz. Prix : 1 5 fr.) 

Enfin les vœux des botanistes viennent d être en partie exau- 
cés! Depuis près de six ans que le quatrième volume du Pro- 
dromus avait paru, ils attendaient avec une vive impatience 
la publication du cinquième qu'ils savaient devoir renfermer 
la vaste famille des Compensées, famille immense qui seule a 
occupé toute la vie d'hommes éminens dans la science , qui 



i'jA A. p. DE C\NDOI.LE. P lodrOlTlUS. 

constitue un grand groupe à part dans le Règne végétal, et qui 
s'est accrue par les découvertes des voyageurs modernes d'une 
telle quantité d'espèces que leur classification était devenue un 
des points les plus difficiles à traiter. Un travail de cette force 
ne pouvait être entrepris que par un savant comme M. de Can- 
dolle, qui n'a point d'égal pour les vues philosophiques, les 
co!»naissances profondes , les relations avec tous les botanistes 
du monde, et leâ vastes collections. Ou savait qu'il s'en oc- 
cupait avec ardeur , et que la publication du cinquième vo- 
lume n'était retardée que par un désir de perfection au- 
quel chaque jour apportait de nouvelles difficultés à raison 
de la masse de matériaux neufs et intéressans envoyés de toutes 
parts par les botanistes voyageurs et sédentaires. Ce fut seule- 
ment vers la fin de l'année i835 que l'ouvrage de M. de Can- 
dolle se trouva prêt à imprimer; mais à celte époque la santé 
de ce savant éprouva une si grave altération que l'impression 
en aurait été ajournée, si le fils de l'auteur n'tût accompli un de- 
voir que lui imposaient Its intérêts de la science aussi bien que 
l'amour filial. C/est une particularité que l'auteur de cet article, 
quia aussi coopéré à la correction des épreuves du ProdromuSy 
croit devoir communiquer au public, afin que les erreurs typo- 
graphi(jues qui pourraient s'être glissées dans le courant d'un 
travail hérissé de difficultés causées par la synonymie et la cita- 
tion d'une foule de localités à peine connues, ne soient pas im- 
putées en totalité à l'auteur. 

L'ouvrage commence par la petite famille des Calycérées qui 
n'est composée que des genres Gamocarphuy Boopisy Calycera 
et Acicarpha. Cette famille tient parfaitement le milieu entre 
les Dipsacées et les Composées; elle ne renferme qu'un très pe- 
tit nombre d'espèces dont la plupart étaient déjà connues. 

L'immense famille que Ton pourrait à plus juste titre nom- 
mer la classe des Composées ou Synanthérées, est traitée, pour 
environ la moitié, dans ce volume. Tournefort, Vaillant, Linné, 
Adanson , Gaertner, Cassini et Lessing s'étaient occupés sous 
divers rapports et avec plus ou moins de bonheur de l'élude de 
ces plantes. 

M. de CandoUe a remanié tous ces travaux, adopté ce qu'ils 



A. P. OE CANDQLLF. PlOcIromUS. 1^5 

avaient de bon, rejeté et modifié ce qu'ils présentaient de dé- 
fectueux , en un mot, il a été obligé de travailler sur de nou- 
veaux frais les Composées déjà publiées, et il a ajouté une 
grande quantité de documens nouveaux qui lui étaient parve- 
nus dans ces dernières années. 

Il a divisé la famille en huit grandes tribus sous les noms de 
Fernoniacées , Eupatoriacées , Astéroidée.ft , Sénécionidéesy Cy- 
nare.es , Mutisiacées , Nassauviacées et Chicoracées. Ces tribus 
forment trois grandes sections caractérisées, la première {Tubii- 
li/lores) par ses fleurs hermaphrodites, tubuleuses, à cinq ou 
rarement quatre dents régulières; la deuxième {Labiali flores) 
par ses fleurs hermaphrodites le plus souvent bilabiées;la troi- 
s'ième [Ligu/iflores) par toutesses fleurs hermaphrodites ligulées. 

Dans le cinquième volume, M. de Candolle n'a pu faire entrer 
que les Vernoniacées, les Eupatoriacées, les Âstéroïdées, et une 
portion des Sénécionidées. Ce serait un travail superflu que de 
Vouloir exposer les détails immenses de cet ouvrage qui de- 
vient indispensable à tous les botanistes. Il nous suffira de dire 
que le nombre de genres publiés dans ce volume est de 4^9 et 
celui des espèces d'environ 4000. Ainsi, en admettant que le 
sixième volume qui terminera les Composées et qui nous est 
promis pour l'année prochaine, soit aussi fort que le cinquième 
on comptera sept à huit mille espèces pour cette famille, c'est- 
à-dire à-peu-près le dixième de la totalité des plantes connues. 
Le nombre des genres monotypes ou composés de quelques 
espèces seulement est très considérable ; mais aussi il y en a 
qui forment des groupes effrayans , tels que ceux des p^erno- 
nia y Eupatoriiim, Aster, Baccharis , Bliimea, etc. Que serait-ce 
donc si l'auteur eut conservé les cadres des anciens genres et 
n'eut pas séparé de ces groupes hétérogènes une foule d'espèces 
qui constituent autant de genres doués de caractères capables 
de les faire suffisamment distinguer de ceux auxquels on les 
avait adjoints pour ainsi dire aveuglément? Ceci soit dit en pas- 
sant pour répondre à ce reproche banal adressé aux personnes 
laborieuses par les paresseux ou les ignares, qu'elles défi- 
gurent les genres de Liimé ou de Jussieu et qu'elles rendent 
la science inabordable, comme si la botanique, de même que les 



in6 A. P. DK CA.^DOLLK. — Ptoclromus. 

autres sciences tl'observations n'était pas essentiellement pro- 
gressive, comme si Linné et Jussieu eussent dit aux botanistes 
présens et futurs : voilà les cadres que nous avons tracés, vous 
les conserverez religieusement intacts, et de plus vous y pla- 
cerez tout ce que vous trouverez par la suite. Non , ce n'était 
point ainsi que l'entendaient ces grands législateurs, ils sentaient 
mieux que personne la perfectibilité de leurs œuvres, et ils 
pressentaient avec applaudissement les modifications que les 
temps devaient nécessairement y apporter. 

Parmi nos contemporains, M. de Candolle est un de ceux qui 
a le plus innové, mais il a innové à l'aide de vastes matériaux 
que de toutes parts on s'est empressé de lui communiquer. 
Dans son nouveau volume, il a indiqué avec reconnaissance les 
personnes qui l'ont enricbi, soit par l'envoi de plantes en nature 
soit par la communication de renseignemens sur les matières 
dont elles s'étaient spécialement occupées. 

Dans le grand nombre de genres qu'il a créés, M. de Can- 
dolle n'a pu éviter d'employer quelques noms déjà admis ou 
proposés par des botanistes dont les écrits ne lui étaient pas 
connus au moment de l'impression du Prodronius. Ainsi les 
noms de JFebbia et de Hartmannia avaient été employés par 
M. Spach, le premier pour un genre d Hypéricacées (Ann. Se. 
nat. t. V, p. 356, juin i836) , le second pour un genre d'Ona- 
graires (ibid.,t. iv, p. 278, nov. i835). 



GuiLLEAlIK. 



DUTROCHET. >— ' Réueîl €t souimcil des fleurs. 177 

Du réveil et du sommeil des plantes ; 

Par M. DuTROCiiET. 

(Mémoire lu ù l'Académie des Sciences dans les séances des i4 et 21 

novcmLic i836. ) 

F* PARTIE. — Pié(^eil et sommeil des fleurs. 

Il y a des fleurs qui n'ont qu'un seul réveil, qui est leur épa-* 
nouissement, et qui n'ont qu'un seul sommeil, qui précède 
immédiatement la mort de la corolle; telles sont les fleurs des 
Mirabilis et des Convolvulus. H est d'autres fleurs qui présentent, 
pendant plusieurs jours, les alternatives du réveil et du som- 
meil; telle est par exemple, la fleur du pissenlit (Leontodon Ta- 
raxacuin). Ce sont ces fleurs que j'ai choisies pour sujets de mes 
expériences. 

La fleur du Mirabilis Jaïappa et du Mirabilis longiflora ouvre 
le soir sa corolle infundibuliforrae, et la ferme dans la matinée 
du lendemain. Cette fleur peut être considérée comme formée 
par la soudure de cinq pétales qui ont chacun leur nervure 
médiane. Les cinq nervures qui soutiennent le tissu membra- 
neux de la corolle , comme les fanons de baleine d'un parapluie 
en soutiennent l'étoffe, sont les seuls agens des mouvemens 
qui opèrent l'épanouissement de la corolle ou le réveil, et son 
occlusion ouïe sommeil. Dans le premier cas, les cinqnervures 
se courbent de manière à diriger leur concavité vers le dehors; 
dans le second cas, elles se courbent de manière à diriger leur 
concavité vers le dedans de la fleur, et elles entraînent ainsi 
avec elles le tissu membraneux de la corolle jusqu'à l'orifice de 
son canal tubuleux. 

Ainsi les mêmes nervures, à deux époques différentes, exé 
cutent successivement deux mouvemens d'incurvation opposés. 
Jai observé au microscope l'organisation intérieure de ces ner- 
vures; elles offrent à leur côté externe un tissu cellulaire dont- 
les cellules , disposées en séries longitudinales, décroissent pria- 

yi. BoTAN, — Septembre; i-js, 



178 DUTROCHET. — RêucU et soiumeil desjîeurs, 

cipalenient de grandeur du côté interne vers le coté externe, 
en sorte que lors de la turgescence de ces cellules , le tissu 
qu'elles forment doit se courber de manière à diriger sa conca- 
vité en dehors; c'est donc lui qui doit opérer l'épanouissement 
delà corolle ou son réveil. Au côté interne de chaque nervure 
existe un tissu fibreux composé de fibres transparentes, extrê- 
mement fines et entremêlées de globules disposés en séries 
longitudinales. Ce tissu fibreux est situé entre un plan de tra- 
chées d'une part, et un plan de cellules superficielles remplies 
d'air d'une autre part; en sorte qu'il est placé entre deux plans 
d'organes pneumatiques. 

J'ai séparé par une section longitudinale le tissu cellulaire 
et le tissu fibreux qui composent la nervure, que j'ai ensuite 
plongée dans l'eau. Le tissu cellulaire s'est courbé vers le de- 
hors; le tissu fibreux s'est coiubé vers le dedans de la corolle. 
Ces deux incurvations inverses se sont maintenues invariable- 
ment. Ainsi c'est bien certainement le lissu cellidaire de chaque 
nervure, qui, par son incurvation, opère le réveil delà corolle, 
et c'est le tissu fibreux qui, par son incurvation en sens opposé, 
produit le sommeil de la corolle ou son occlusion. 

J'ai isolé lUie nervure de corolle de Mirabilis , encore en 
bouton et voisine de sou épanouissement; je l'ai plongée dans 
l'eau, et elle s'y est fortement courbée en dehors , prenant ainsi 
sur-le-champ la courbure qui opère l'épanouissement ou le 
réveil. Je l'ai transportée dans du sirop de sucre : elle s'y est 
courbée en sens inverse ou en dedans. Cela prouve que, dans le 
premier cas, il y avait turgescence des cellules, l'eau extérieure 
se portant alors, par leffet de l'endosmose, vers le liquide or- 
ganique qui existait dans ces cellules, et que, dans le second 
cas, il y avait déplétion des cellules; parce que leur liquide 
organique, moins dense que le sirop extérieur se portait alors 
vers lui. On pourrait penser d'après cette expérience, que l'épa- 
nouissement ou le réveil de la corolle étant dû à la turgescence 
du tissu cellulaire de ses nervures, son occhision ou son som- 
meil serait dû à la déplétion de ce même tissu cellulaire; mais 
l'expérience prouve que telle n'est point la cause de l'occlusion 
ou du sommeil de la corolle. J'ai isolé une nervure de corolle 



DUTROcnÉT» ~ Rêpeil et sommeil des fleurs, 179 

prête à s'épanouir, et je l'ai plongée dans l'eau. Cette nervure 
courbée légèrement en dedans, comme cela a lieu dans la co- 
rolle en bouton, s'est courbée fortement en dehors, ce qui est 
le sens de l'incurvation qui opère l'épanouissement ou le réveil. 
L'endosmose déterminait alors la turgescence du tissu cellulaire, 
oriiane de cette incurvation. Au bout d'environ six heures d'im- 
mersion la nervure quitta son incurvation en dehors, et com- 
mença à se courber en dedans , bientôt elle fut entièrement 
roulée en spirale dans ce nouveau sens, qui est celui de l'incur- 
vation, à laquelle est due l'occlusion de la fleur ou son sommeil. 
Cette succession de phénomènes est toul-à-fait indépendante 
-de l'action de la lumière : ainsi, la nerviu'e de corolle de Alira- 
bilis, prend dans l'eau l'incurvation qui opère le réveil de la 
fleur, et elle y prend ensuite, au bout d'un certain temps, 
l'incurvation qui opère le sommeil de cette même fleur. Si donc, 
comme on n'en peut douter, c'est la turgescence du tissu cellu- 
laire des nervures, qui produit l'incurvation à laquelle est dû 
le réveil de la corolle ou son épanouissement, ce s*^ra à une 
cause toute différente qu'il faudra rapporter l'incurvation à 
laquelle est dû le sommeil de la corolle ou son occlusion ; car 
on ne peut admettre quil y ait déplclion du tissu celhililre 
plongé dans l'eau. L'expérience rapportée plus haut prouve que 
c'est le tissu fibreux contenu dans chaque nervure de corolle, 
qui est l'agent de l'incurvation en dedans , incurvation à laquelle 
est du le sommeil de la corolle ou son occlusion. Il faut donc 
reconnaître que chez les nervures de la fleur de Mirabilis, tHn- 
curvation de réveil , ou l'incurvation dont la concavité est diri^jée 
vers le dehors, et qui est due à la turgescence du tissu cellu- 
laire, l'emporte d'abord par sa force, sur V incuruation de som- 
meil , ou sur l'incurvation dont la concavité est dirigée vers le 
dedans de la fleur, et qui est due à l'action du tissu fibreux; 
et qu'ensuite X incurvation de sommeil due à ce dernier tissu, 
devient définitivement victorieuse. L'incurvation en dehors 
qu'affecte le tissu cellulaire lors de l'immersion de la nervure 
dans l'eau se change en incurvation en dedans, lorsqu'on 
plonge la nervure dans le sirop; ce qui prouve que c'est l'endos- 
mose qui agit ici. Or, lorsque la nervure, plongée dans l'eau 



12. 



i8o DUTRociiET.' — liéueil et sommeil des /leurs. 

depuis quelques heures, y a pris la seconde incurvation, qui 
est celle du sommeil, elle ne la perd point quand on la trans- 
porte dans le sirop. Ce n'est donc point l'endosmose qui a 
occasioné celte seconde incurvation, qui est celle du sommeil. 

En réfléchissant à ce singulier phénomène, je fus porté à 
penser que ce n'était pas sans raison que la nature avait prodi- 
gué les orgaires respiratoires au tissu fibreux , lequel est situé 
entre deux plans d'organes creux remplis d'air. Puisque ce n'é- 
tait pas par iT?îplétion de liquide que le tissu fd)reux prenait son 
état actif de courbure, ce pouvait être par implêtion d'oxigene. 
Si ce soupçon était fondé, la nervure, qui plongée dans l'eau 
aérée, y prenait d'abord l'incurvation en dehors, qui est celle 
du réveil, et qui y prenait subséquemment l'incurvation en 
dedans, qui est celle du sommeil, cette nervure, dis-je, plongée 
dans l'eau non aérée, devait y conserver invariablement sa 
première incurvation en dehors, qui est celle du réveil, incur- 
vation qui est due à l'endosr/iose des cellules du tissu cellulaire; 
cette nervure ne devait ainsi jamais présenter l'incurvation en 
dedans, qui est celle du sommeil, et que je pensais devoir être 
due à l'oxigénation du tissu fibreux. 

Je dois dire d'aijord que lorsqu'on plonge une partie végétale 
peu épaisse dans l'eau non aérée, celle-ci dissout promptement 
l'air contenu dans les organes pneumatiques de cette ])arlie 
végétale, et prend la place de cet air, en sorte qu'il n'y a plus 
d'oxigène respiratoire dans cette partie végétale. 

L'expérience justifia mes prévisions. Une nervure de fleur de 
Mirabilis^ plongée dans l'eau non aérée, y prit et y conserva 
invariablement son incurvation de réveil. Une fleur épanouie 
qui, plongée tout entière dans l'eau aérée, y prend au bout de 
plusieurs heures l'état d'occlusion ou de sommeil, ne prend 
point ce dernier, état dans l'eau non aérée; elle y conserve inva- 
riablement son état d'épanouissement ou de réveil. 

On pourrait peut-être penser que l'air contenu dans les or- 
ganes pneumatiques des nervures de la corolle, agirait en vertu 
de son élasticité pour pioduire l'incurvation de sommeil, et non 
en vertu de l'action chimique de l'oxigène qu'il contient : de là 
viendi\^it que l'incurvation de sommeil n'aurait point lieu en 



DUTiiocHET. — ' Réueil et sommeil des fleurs. ï8i! 

plongeant, la corolle dans l'eau non aérée, qui dissout l'air con- 
tenu dans les organes pneumatiques, et qui prend sa place. Mais 
cela n'est point ainsi : l'expérience m'a prouvé que l'air ne re- 
vient jamais dans les organes pneumatiques envahis par l'eau, 
chez les parties végétales qui continuent à demeurer submer- 
gées. Or, cela n'empêche pas une corolle àa Mirabilis de prendre 
l'état de sommeil après deux ou trois jours, lorsqu'on laisse l'eau 
non aérée dans laquelle elle avait été plongée épanouie, s'aérer 
par son contact avec l'air atmosphérique. C'est donc indubita- 
blement par l'action chimique de l'oxigène dissous dans l'eau, 
que le tissa fibreux acquiert la force d'incurvation qui produit 
l'état de sommeil. Ainsi, chez la fleur desl^Iirabilis^^ le réveil et 
le sommeil , c'est-à-dire l'épanouissement et l'occlusion de la 
corolle , résultent de l'action alternativement prédominante de 
deux tissus organiques situés dans les nervures de la corolle, et 
qui tendent à se courber dans des sens inverses , savoir : 

i°Un tissu cellulaire qui tend à se courber vers le dehors de 
la fleur, par implétion de liquide avec excès , ou par endosmose ^ 
2° Un tissu fibreux qui tend à se courber vers le dedans de 
la fleur, par oxigénation. 

La corolle du Conuohalus purpureus L. , offre exactement les 
mêmes phénomènes que la corolle des Mirabilis^ relativemenf 
au mécanisme qui opère son épanouissement et son occlusion- 
la structure intérieure de ses nervures est exactement la même, 
La fleur des Mirabilis s'épanouit le soir et se ferme le matin; la 
fleur du Conpohidus purpureus s'épanouit vers le mdieu de la 
nuit, et ne se ferme que le soir du jour suivant. Ainsi, ces deux 
fleurs sont également nocturnes pour l'heure de leur épanouis- 
sement. Si la fleur du Convohulus purpureus reste ouverte pen- 
dant le jour, tandis que la fleur des Mirabilis se ferme le matiny 
cela tient en grande partie à ce que la première est beaucoup 
plus lente que la seconde à oxigéner le tissu fibreux de ses 
nervures sous l'influence de la lumière et de la chaleur. 

Les fleurs que je viens d'étudier n'ont qu'un seul réveil et 
qu'un seul soînmeil, prédécesseur de la mort de la corolle : je 
passe à l'étude des fleurs qui présentent pendant plusieurs jours 
les alternatives du réveil et du sommeil, et je prends le pissenlit 



i8-2 pUTROCHET. — lièi^eil et sommeil des fleurs. 

{J.eontodon taraxacinn , L.) pour exemple. La fleur de celte 
plante vit ortliiiairenient pendant deux jours et demi, en sorte 
qu'elle présente pendant ce temps le réveil le matin, et le som- 
meil le soir; le troisième jour, le dernier sommeil arrive dans le 
milieu du jour, et il est suivi de la mort des corolles. Dans le 
réveil, les demi-fleurons dont cette fleur est composée se 
courbent vers le dehors, ce qui opère son épanouissement; 
dans le sommeil, les demi-fleurons se courbent vers le dedans 
de la fleur, ce qui opère son occlusion. Malgré le peu d'épais- 
seur de ces demi-fleurons, j'ai pu observer au microscope l'or- 
ganisation intérieure de leurs nervures , qui sont fort petites , et 
au nombre de quatre dans chaque demi-fleuron. A la face in- 
terne ou supérieure de chacune de ses nervures, existe un tissu 
cellulaire aligné, dont les cellules sont couvertes de globules, 
tissu cellulaire tout-à-fait semblable à celui qtie j'ai observédans 
les nervures de la corolle des Mirabilis. A la face externe ou 
inférieure des nervures du demi-fleuron se trouve une couche 
fort mince de tissu fibreux situé entre un ])lan de trachées et 
\\u plan de cellules remplies d'air et situé superficiellement. 
Ce tissu fibreux , tout-à-fait semblable à celui qui existe dans 
les nervures de la corolle des Mirabilis., est de même com- 
pris enti-e deux plans d'organes pneumatiques, il devient pro- 
bable dès-lors que ce tissu fibreux est incurçable par oxigéna- 
tion et que le tissu cellulaire est incurvable par endosmose , de 
même que cela a lieu dans les nervures de la corolle (\e?> Mirabi- 
lis.En effet, l'expérience prouve que l'incurvation qui produit le 
réveil dans les demi-fleurons du pissenlit est due à une implé- 
tion de liquide avec excès, c'est-à-dire à l'endosmose, et que 
l'incurvation qui produit le sommeil est due à l'oxigénation. 
Les demi-fleurons de la fleur du pissenlit étant cueillis de grand 
matin, lorsqu'ils ont encore l'incurvation du sommeil, et étant 
plongés dans l'eau aérée, il y prennent de suite l'incurvation 
contraire, qui est celle du réveil. Cela a lieu à l'obscurité comme 
à la lumière. Si on les plonge dans l'eau non aérée, ils y pren- 
nent une courbure de réveil exafrérée et ils y conservent inva- 
riablement cette courbure. Si l'on transporte ces demi-fleurons 
ainsi courbés vers le dehors ^ dans du sirop? ils prennent une 



13UTROC1IET. — Réveil et sommeil des fleurs. i83 

courbure en sens oj3posé; replacés dans l'eau pure ils repren- 
nent l'incurvation vers le dehors. Ainsi il n'y a pas de doute 
que ce ne soit l'endosmose qui agit ici. Si on laisse séjourner 
pendant quelques heures les demi-fleurons qui sont à l'état de 
réveil dans l'eau aérée, ils y prennent l'incurvation qui est 
celle de l'état du sommeil, et cette incurvation n'est point dé- 
truite en transportant les demi-fleurons ainsi courbés dans du 
sirop , ce qui prouve bien que cette incurvation de sommeil 
n'est point due à l'endosmose. Comme cette incurvation de 
sommeil n'a point heu dans Teau non aérée, cela prouve qu'elle 
est due à l'oxigénation. Ainsi le réveil et le sommeil des demi- 
fleurons de la fleur du pissenlit résultent de l'incurvation al- 
ternativement prédominante d'un tissu organique incurvable 
par endosmose et d'un tissu organique incurvable par oxigé- 
nation. Le premier est indubitablement le tissu cellulaire et le 
second le tissu flbreux contenus l'un et l'autre dans les nervu- 
res du demi-fleuron. Ces deux tissus incurvables, tour-à-tour 
victorieux l'un de l'autre, épanouissent ou ferment la fleur. 

Les causes qui font prédominer le matin l'incurvation du 
tissu cellulaire agent du réveil_, sont, d'une part, une plus forte 
ascension de la sève sous l'influence de la lumière, ce qui ac- 
croît la turgescence de ce tissu, et, d'une autre part, la diminu- 
tion de la force d'incurvation antagoniste du tissu fibreux, 
agent du sommeil, diminution qui a lieu pendant la nuit. Eu 
effet, si l'on cueille des demi-fleurons le soir, lorsqu'ils vien- 
nent de prendre l'incurvation de sommeil , et qu'on les plonge 
dans l'eau aérée, ils y conservent pour toujours leur incurvation 
de sommeil ; si l'on cueille le lendemain matin, sur la même 
fleur, d'autres demi-fleurons ayant encore l'incurvation de som- 
meil, et qu'on les plonge dans l'eau aérée, ils y prennent sur-le- 
champ l'incurvation du réveil, même à l'obscurité. Or, par l'im- 
mersion des demi-fleurons dans l'eau, on provoque l'endosmose 
de leur tissu cellulaire , et par conséquent on sollicite son in- 
curvation, qui doit produire le réveil. Si ce résultat n'a point 
lieu le soir, c'est que l'incurvation par oxigénation du tissu fi- 
breux antagoniste est trop forte et ne peu!; être vaincue par 
l'incurvation du tissu cellulaire. Si le lendemain matin en pion- 



ï84 DUTROCHET. — RéçcU et sommeil des jleurs. 

géant dans l'eau les demi-fleurons qui ont passé la nuit sur la 
plante, on produit leur incurvation de réveil, cela prouve que 
la force d'incurvation du tissu fibreux a diminué et que par 
conséquent ce tissu fibreux a perdu pendant la nuit une partie 
de son oxigénation; en sorte que le tissu cellulaire incurvable 
par endosmose, qui est son antagoniste, et qui est l'agent du 
réveil, l'emporte alors. 

Ainsi la fleur qui olfre pendant plusieurs jours les alterna- 
tives du réveil et du sommeil, est celle chez laquelle le tissu fi- 
breux, agent du sommeil, perd pendant la nuit une partie de 
l'oxigène qui a été fixé dans son intérieur pendant le jour, et 
qui est la cause de son incurvation ; en sorte que celle-ci ayant 
le matin perdu de sa force, le tissu cellulaire incurvable par en- 
dosmose, agent du réveil, redevient vainqueur. Le sommeil de 
cette fleur arrive de nouveau le soir, parce que l'oxigénation 
du tissu fibreux, agent du sommeil, augmente graduellement 
pendant le jour, ce qui rend son incurvation victorieuse; en 
même temps la diminution de la lumière occasionne la diminu- 
tion de l'ascension de la sève, ce qui affaiblit la turgescence, et 
par conséquent l'incurvation du tissu cellulaire agent du réveil. 
Ces alternatives ne cessent qu'à la mort de la corolle. Les fleurs 
qui n'offrent qu'un seul réveil et qu'un seul sommeil, sont celles 
dont le sommeil unique est immédiatement suivi de la mort de 
la corolle. 

La fleur entière du pissenlit, plongée épanouie dans l'eau non 
aérée, privée de communication avec l'atmosphère, y conserve 
invariablement cet état de réveil ; si l'eau est en contact avec 
l'atmosphère, elle dissout de l'air, et la fleur qui est plongée 
prend l'état de sommeil au bout de deux ou trois jours. 

Il n'est pas inutile, je pense, de faire remarquer que ces expé- 
riences confirment ce que j'ai dit dans mon mémoire sur la R.es- 
piratlon des végétaux ; savoir, que les végétaux respirent comme 
les animaux, en s'assimilant l'oxigène, dont l'intervention dans 
l'organisme est aussi nécessaire chez les uns que chez les autres. 



DUTROCiif T. — Réçeil et sommeil des feuilles. 1 85 



IP Partie. < — Réveil et sommeil des feuilles. 

Les mouvemens par lesquels les feuilles prennent les posi- 
tions alternatives de réveil et de sommeil , ont exclusivement 
leur siège dans des renflemens particuliers qui sont situés à la 
hase de leurs pétioles, et qui constituent à eux seuls le court 
pétiole particulier de leurs folioles. Ces renflemens sont assez 
volumineux chez le haricot {^Phaseolus vulgaris), pour per- 
mettre l'étude facile de leur structure intérieure. On sait que 
les feuilles de cette plante offrent d'une manière très remar- 
quable les phénomènes du réveil et du sommeil; leurs folioles 
abaissent leur pointe vers la terre pendant la nuit, et leur 
limbe reprend la position horizontale pendant le jour, abstrac- 
tion faite toutefois de l'inclinaison variable que leur donne la 
nutation. 

Le renflement qui constitue le pétiole particulier tout entier 
d'une foliole de feuille de haricot, offre, au-dessous de l'épi- 
derme, une couche épaisse de cellules disposées en séries lon- 
gitudinales, et qui généralement décroissent de grosseur du de- 
dans vers le dehors, en sorte que lors de la turgescence du 
tissu qu'elles forment par leur assemblage, ce tissu cellulaire 
doit tendre à se courber en dirigeant la concavité de la cour- 
bure vers le dehors. C'est aussi ce que l'expérience démontre, 
car en plongeant dans l'eau une lame mince enlevée longitudi- 
nalement sur ce tissu cellulaire , elle se courbe fortement dans 
le sens que je viens d'indiquer. Si l'on transporte dans du sirop 
cette lame ainsi courbée , elle se courbe en sens inverse ; ainsi 
ce tissu cellulaire est incurvable par endosmose; il représente 
par sa disposition, un cylindre creux dont toutes les parties 
longitudinales, si elles étaient séparées les unes des autres, ten- 
draient dans l'état naturel , à se courber vers le dehors. Les 
cellules des deux ou trois couches les plus intérieures de ce 
tissu cellulaire ne contiennent que de l'air; au-dessous de ces 
cellules pneumatiques se trouve une couche d'un tissu fibreux. 



l86 DUTKociiET. — Réveil et sommeil des feuilles. 

composé de fibres transparentes, d'une grande ténuité et en- 
tremêlées de globules disposés en séries longitudinales. Une 
lame enlevée longitudinalement sur ce tissu fibreux étant plon- 
gée dans l'eau aérée, elle s'y courbe en dirigeant la concavité 
de sa courbure vers le centre du pétiole; si cette lame est plon- 
gée dans l'eau non aérée, elle ne se courbe point du tout. Ainsi 
ce tissu fibreux est nicurvable par oxigénation; au-dessous de 
lui se trouve un corps ligneux offrant des rayons médullaires, 
et principalement composé de tubes séveux et d'une quantité 
considérable de gros tubes pneumatiques. Au centre du pétiole 
se trouve un faisceau de tissu fibreux tout semblable à celui dé- 
crit tout-à-l'heure , et tenant la place de la moelle dans ce pé- 
tiole qui représente une petite tige. D'après cet exposé, on voit 
que le renflement pétiolairc de la foliole de haricot contient les 
deux tissus incurvables que j'ai déjà décrits dans les fleurs sus- 
ceptibles de présenter le sommeil à la suite du réveil ; savoir : 
le tissu cellulaire incurvable par endosmose , et le tissu fibreux 
incurvable par oxigénation. Les deux couches cylindriques em- 
boîtées l'une dans l'autre que forment ces deux tissus, seraient 
représentées assez exactement par la réunion et la soudure en 
faisceau cylindrique d'un certain nombre de nervures de fleur 
de Mirabilis, y ùi fait voir que chez ces nervures le tissu cellu- 
laire tend à se courber vers le dehors par endosmose , et que le 
tissu fibreux tend à se courber vers le dedans par oxigénation; 
ce qui produit dans le premier cas leur position de réveil , et 
dans le second cas leur position de sommeil; or il en serait de 
même chez le renflement pétiolaire de la foliole de haricot , si 
l'on supposait par la pensée que les deux couches cylindriques , 
l'une extérieure de tissu cellulaire , l'autre intérieure de tissu fi- 
breux, soient divisées à-îa-fois en faisceaux minces et longitu- 
dinaux. Chacun de ces faisceaux serait analogue à une nervure 
de fleur de Mirabilis,' il aurait en lui , et disposés comme dans 
cette nervure , les deux tissus incurvables capables d'opérer le 
réveil et le sommeil. Si l'on supposait ces faisceaux réunis par 
un tissu membraneux, cela formerait une corolle susceptible, 
tour-à-tour, d'épanouissement et d'occlusion, ou de réveil et de 
sommeil. Mais cet état de séparation de faisceaux longitudinaux. 



DUTPtOCHJ'T. — Piéçell et sommeil des feuilles. 187 

n'existe pas clans le renflement pétiolaire; ces faisceaux fictifs 
sont intimement unis, et forment un cylindre creux composé 
de deux couches ; la couche cylindrique de tissu fibreux est em- 
boîtée dans la couche cylindrique de tissu cellulaire. Divisons 
par la pensée chacune de ces couches cylindriques en filets lon- 
gitudinaux, soudés les uns aux autres. Les filets longitudinaux 
du tissu cellulaire tendront tous à se courber en dirigeant la 
concavité de leur courbure vers le dehors. Or il est évident que 
si leur force d'incurvation est égale , la couche cylindrique qu'ils 
forment par leur assemblage demeurera droite et immobile ; 
mais si les filets longitudinaux dun côté du cylindre l'empor- 
tent en force d'incurvation sur le*- filets du côté opposé, ceux-ci 
seront entraînés de force et malgré eux dans le sens de l'incur- 
vation effectuée par les filets qui leur sont antagonistes. Le 
même raisonnement peut être fait par rapport à la couche cy- 
lindrique de tissu fibreux qui est sous-jacente à la couche cy- 
lindrique du tissu cellulaire; ainsi chacune de ces deux couches 
cylindriques de tissus incurvables, agira dans cette circon- 
stance , comme s'il n'existait dans chacune d'elles que le seul 
côté du cylindre dont la force d'incurvation est prédominante. 
Le côté opposé du cylindre, dont la force antagoniste d'incurva- 
tion sera vaincue, agira seulement ici comme modérateur du 
mouvement ; c'est effectivement ce qui a lieu. L'expérience m'a 
prouvé que chez les feuilles comme chez les fleurs, c'est le tissu 
incurvable par endosmose , qui est seul l'agent du réveil, et que 
c'est le tissu incurvable par oxigénation qui est seul l'agent du 
sommeil. 

Ces deux tissus incurvables disposés, comme je viens de le 
dire, en deux couches cylindriques emboîtées l'une dans l'au- 
tre, agissent sans doute chacun par toute la masse de la couche 
cylindrique ou du cylindre creux qu'ils constituent; mais il n'y 
a que le côté le plus fort de chacun de ces cylindres creux qui 
manifeste extérieurement son action , et cela (feulement par 
l'excès de sa force sur celle des autres côtés du même cylindre 
creux , dont il contrarie et dompte l'incurvation. J'ai observé 
que le réveil des feuilles a toniours lieu par l'action de 'a partie 
la plus forte du tissu cellulaire de leur renflement péùoîaire. 



i88 dctuocuet. — Piéueil et sommeil des feuilles: 

Ainsi, ce tissu cellulaire iricurvable par endosmose est indubi- 
tablement l'agent du réveil des feuilles. Quant à leur sommeil, 
il est bien certainement dû à la seule action du tissu fibreu:^ 
incurvable par oxigénation, contenu dans ces mêmes renfle- 
mens pétiolaires, car j'ai expérimenté qu'en privant les feuilles 
d'oxigène respiratoire leur sommeil est supprimé : elles restent 
constamment dans la position du réveil , ainsi que j'ai fait voir 
que cela a lieu pour les fleurs. Alors, le tissu fibreux incurvable 
par oxigénation, et seul agent du sommeil, se trouve pa- 
ralysé. 

Les phénomènes du réveil et du sommeil des feuilles, qui 
paraissent très compliqués au premier coup-d'œil, se trouvent 
ainsi ramenés aux lois si simples qui président au réveil et au 
sommeil des fleurs. 

Les renflemens pétiolaires des folioles de la feuille du Rohi' 
nia pseudo-acacia^ et de la feuille de la réglisse {Glycyrhiza qla- 
Zt^z) , offrent assez exactement la même organisation que celle 
qui vient d'être exposée pour le haricot. Le renflement pétio- 
laire, situé à la base du pétiole de la feuille de la sensitive ( Mi- 
mosa pudica L.), offre une différence. Son tissu fibreux, agent 
du sommeil , tend à se courber en dirigeant sa concavité vers le 
centre du pétiole, ainsi que cela a lieu chez les autres plantes 
que je viens de citer. Mais à l'inverse de ce qui a lieu chez ces 
mêmes plantes, son tissu cellulaire, agent du réveil, tend à se 
courber en dirigeant la concavité de sa courbure vers le centre 
du pétiole, de même que le tissu fibreux. Comme l'état de ré- 
veil du pétiole est un état de redressement , de même que dans 
les folioles des autres plantes que je viens de citer, il en résulte 
qu'il doit y avoir, dans le renflement pétiolaire de la sensitive, 
une inversion dans la position du côté prédominant de son 
tissu cellulaire , agent du réveil ; c'est aussi ce qui a lieu. 

Le tissu fibreux , incurvable par oxigénation , étant chez la 
sensitive, comme chez les autres plantes, l'agent du sommeil, 
et l'incurvation de sommeil étant chez elle la même que l'in- 
curvation prise sous l'influence des excitans , il en résulte que 
c'est ce tissu fibreux qui agit lors de l'excitation, en sorte que 
ce que l'on nomme Xirritabilité végétale se trouve être la pro- 



poEPPiG ET ■EîUTtLiCTii.^. — Nopa genercu '189 

prière d'iia tissu fibreux qui agit par oxigénatlon et en se cou?- 
baur. Ce mot irritabilité , qui n'a aucune signification exacte, 
doit ainsi être remplacé ici par le mot incurvabilité, en ajoutant 
que cette faculté d'incuri^atioji est associée , dans le cas dont il 
s'agit, à V excitabilité ou à la faculté de recevoir l'influence des 
excitans, lesquelles déterminent l'action du tissu fibreux incur- 
vable. 



Nova gênera, ac species Plantaram quas in regno Cliileiisi, Pe- 
ruuiano et in terra Amazonica, annis 1827 ad l'èZi ^ legit 
Eduardds Poeppig et cum Stephawo Endlicher descripsit 
iconibiisque illustravit. Voîumen primum , continens Iconum 
décades i — 10. (ïn-4. 60 p.; cum tab. œn. 100. Lipsiee, sum- 
tibus Fr. Hofmeister, i835.) 

Le voyage de M. Pœppig dans FAniérique méridionale, parti- 
culièrement au Chili, au Pérou et dans les contrées qu'arrose 
l'Amazone, a été un des plus féconds pour la botanique. Les 
collections que ce savant en a rapportées sont maintenant ré- 
pandues dans les principaux herbiers de l'Europe, qu'elles ont 
enrichis d'une grande quantité d'espèces et de genres nouveaux. 
La publication de cette masse de plantes serait une entre- 
prise d'une exécution trop longue et probablement trop dispen- 
dieuse pour qu'un éditeur osât s'en charger. C'est sans doute 
ce qui a déterminé l'auteur à publier l'ouvrage que nous an- 
nonçons, et pour la collaboration duquel il s'est associé M. End- 
licher devienne, déjà connu si avantageusement par ses Atakta 
et Meleiemata botanica ^ sa Flore de Norfolk, et divers écrits 
importans insérés dans le Linnœa. 

Les dix livraisons qui ont paru jusqu'ici, contiennent les des- 
criptions et les figures de cent plantes très intéressantes. Ces 
descriptions, écrites en latin, sont fort détaillées, et les figures 
gravées sur cuivre au trait , sont accompagnées de nombreuses 
analyses où l'on reconnaU facilement la touche de l'observateur 



igo POEPPIG ET E^-DLicnER. — Novci gcuem. 

habile et consciencieux. Une préface fait connaître les travaux 
des botanistes sur les plantes des pays visités par M. Poeppig, 
puis fournit quelques renseignemens sur les voyages de celui-ci, 
lesquels ont duré plusieurs années, depuis mars 1827 jusqu'en 
avril i832. 

Ne pouvant s'astreindre à un ordre méthodique rigoureux, 
MM. Poeppig et Endlicber ont néanmoins réuni autant que pos- 
sible les plantes appartenant à certains groupes nombreux, tels 
que les Saxifragacées et les Orchidées, qui font partie du premier 
volume. On trouve en outre dans ce volume plusieurs Composées 
de la tribu des Nassau viées, et plusieurs genres appartenant à 
diverses familles. Le Misodendron de Banks (trois espèces), 
VOurisia Juss. (six espèces), le Sph^rospermum (^deux espèces), 
le Thibaudia Pav. (une espèce) , le Ceratostemma Juss. (une es- 
pèce), le Bégonia (deux espèces), V Escallonia Mut. (trois es- 
pèces), le Caldcluvia Don (une espèce) , le Cornidia Ruiz et 
Pav. (une espèce), le Tropœolum L. (six espèces), le Bcfaria 
Mut. (une espèce) , le Gautiera Ralm (deux espèces) , \Arbutus 
Tourn. (une espèce), le Phytolacca (deux espèces), etc. 

C'est à regret que nous nous bornons à une simple annonce 
de cet ouvrage, mais les détails qu'il renferme sont trop nom- 
breux pour que lious puissions en faire part à nos lecteurs. Un 
examen critique y trouvera peu à reprendre, les auteurs ayant 
eu de bons matériaux pour faire leurs descriptions, et d'excel- 
lentes observations à leur ajouter, ce qui résultait de ce que 
l'un d'eux avait été aussi infatigable collecteur que botaniste 
expérimenté. Il est, en effet, fort heureux que les publications 
d'histoire naturelle soient faites par les voyageurs eux-mêmes 
aidés des botanistes sédentaires qui ont une connaissance par- 
faite de tout ce qui a été écrit sur la science. Le voyageur four- 
nit des observations qui peuvent être faites seulement sur 
les lieux mêmes où croissent les plantes, tandis que le bota- 
niste sédentaire s'applique à perfectionner les descriptions, à 
démêler les affinités, et surtout à ne passionner comme nou- 
veau ce qui a été déjà publié par d'autres auteurs. Sous ce rap- 
port, nous avons beaucoup d'éloges à donner au travail de 
MM. Pœppig et Endlicher, et c'est parce qu'il est en général 



1. DE NOTARis. — Mciutlssa muscorum. igi 

bien fait, que nous nous permettrons d'indiquer une rectifica- 
tion pour un des genres qu'ils ont établi, pour XeRancagua^ 
fondé sur une Composée du Chili envoyée par Bertero, sous le 
nom de Tagetes Feiiillei. Cassini , dans le troisième volume de 
ses Opuscules phytologiques , avait précédemment établi sur 
cette plante un genre auquel il avait imposé le nom de Lasthenia, 
adopté depuis par Lindley et De Candolle. Au nom de Ranca' 
gua, qui d'ailleurs désigne une province, et n'est pas un nom 
vulgaire de la plante au Chili, il faudra donc substituer celui 
de Lasthenia, et joindre aux caractères exprimés par MM. 
Pœppig et Endlicher , quelques détails d'organisation indiqués 
par Cassini. 



Mantissa. Muscorum ad Ibloixim pedemonianani, auctoreZ. de 
NoTARis M. D. (Extrait du t. xxxix des Mémoires de l'Acadé- 
mie royale des Sciences de Turin.) 

La Bryologia mediolanensis publiée en i834 et dont il a été 
rendu compte dans ces Annales ( tome i de la nouvelle série, 
p. 120), avait déjà fait connaître avantageusement l'auteur de 
cette nouvelle production destinée à compléter, sons le rap- 
port de la Bryologie les différentes flores du Piémont qui ont 
paru jusqu'ici. Ce supplément contient 90 Mousses dont la plu- 
part sont de nouveau décrites. Sur ce nombre il y en a dix de 
nouvelles. M. de Noîaris n'ayant pas fait de phrases diagnosti- 
ques, nous n'essayerons pas d'y suppléer et nous nous conten- 
terons de donner leurs noms. Ce sont : Pohlia lœte-virens, P. cir- 
rhifera, Hypnum concinnum^ H. demissum, Fabronia major ^ 
Dicranum rnixtum , Eucalypta lacera y Grimmia capillata, 
Anictangium flaccidum , Sphagnum variegatum. 

Parmi les espèces déjà connues que M. de Notaris mentionne 
comme ayant été trouvées en Piémont, nous distinguons le 
Jjjyum plat) loma Schwœgr., espèce très voisine du B. capillaje 
L. et qui paraît en différer surtout par l'épaisseur du bord des 
feuilles. C'est une mousse nouvelle à ajouter à la Bryologie du 



JQ2 j. c. TAUSCH. — Rhizobotrja, 

continent, car, originaire de lUe de Madère, elle n'avait depuis 
été retrouvée qu'en Sardaigne, ainsi qu'on peut le voir dans la 
Flora où elle a été mentionnée par M. Bruch, et que je m'en suis 
assuré par des échantillons commimiqués par feu Balbis. 

Espérons que l'auteur, profitant de la position qu'il s'est faite, 
publiera un jour ses observations sur toutes les mousses de la 
Péninsule italique que ses rapports avec les botanistes de cette 
belle contrée le mettent , plus que qui que ce soit, à même de se 
procurer. Le jugement sûr etexercé dont il a déjà fait preuve 
dans ses travaux antérieurs, nous est garant qu'il ne restera pas 
au-dessous de cette tâche difficile. G. M. 



Rhizobotrya , gejire de plantes nouveau de la Flore d'Allema- 
gne^ par J. C. Tauscii. {Flore i836, p. 33.) 

Parmi un grand nombre de Draba stellata recueillis par Sie- 
ber dans les Alpes d'Autriche (sans autre indication plus précise), 
M. Tausch trouva une plante qu'il crut être une nouvelle espèce 
de Cochlearia. En revoyant ce genre, il examina plus attentive- 
ment la plante, ^l fut fort agréablement surpris d'y reconnaître 
un genre nouveau, voisin du Kernera, Med. La radicule latérale 
l'empêcha de ranger cette plante dans le genre Eudema, 
Humboldt et Bonpl., où la radicule est dorsale. Il promet de pu- 
blier une figure de sa plante, et nomme le nouveau genre llhî- 
zoboiria. 

Calyx basi œqualis, sepalis patenlibus. Petala intégra. Slainina tetradynama 
fillforraia, quorum longioia per paria sigmoidco-flexuosa. Silicula ovata tumida, 
stylo brevi cylindrico et stigmate emarginato coronata, bilocularis, septo valvulis 
concavis parallelo intègre, loculis 2-3-spermis. Semina subtilissime tuberculata 
ovata subcompressa, radiculalaterali, quidquam obliqua. 

R. alpina. Planta pusilla vix pollicaris, foliis radicalibus rosulatis spathulatîs 
corymbum submultiflorum sessilera longitudine adaequantibus. 

M. Tausch ajoute une description complète de cette nouvelle 
plante , et refait le caractère du genre Kernera , pour mieux en 
distinguer son Rhizobotrya. 



1^ — rfîT 



j. G. AGAROii. . — Propagation des Algues. \c^ 



Observations sur la propagation des Algues^ 
Par J. G. Agardh. 

Extrait des Mémoires de l'Académie des Sciences de Stockholm, (i) 

C'est aux expériences de Vaiicher sur la germination des 
Algues d'eau douce, qu'on doit les premiers efforts pour arriver 
à la connaissance de la propagation des Algues. Ces expériences, 
quelque excellentes qu'elles fussent pour leur temps, étaient loin 
d'être complètes, et les algologues modernes ont présenté depuis 
Vaucher un grand nombre de nouvelles observations. Cepen- 
dant ces dernières, loin d'être adoptées, ont presque toujours 
été l'objet de vives discussions, de sorte qu'elles ont plus con- 
tribué à faire sentir la nécessité de recberches ultériein-es 
qu'elles n'ont enrichi la science par des faits nouveaux. Les 
Algues inférieures, ou celles d'eau douce, font l'objet de toutes 
ces observations , de manière que si, pour elles, le sujet est en- 
core loin d'être épuisé, il l'est encore moins pour les Thalassio- 
phytes. De tous les groupes dont celles-ci se composent, on no 
connaît l'évolution d'aucun : c'est donc seulement sur de sim- 
ples hypothèses que l'on a fondé toutes les idées adoptées gé- 
néralement sur la fructification et sur les fonctions de leurs or- 
ganes considérés comme propagateurs. Voilà pourquoi il m'a 
paru important de chercher à remplir cette lacune dans nos 
connaissances. 

Mon but n'étant point d'entrer dans une réfutation de toutes 



(i) Nous devons la coniir.unicalion de cet éciil à l'obligeance de l'auteur, qui l'a extrait d'un 
ouvrage plus considérable rédii;é eu suédois, et destiné au.v Mémoires de l'Académie des 
sciences de Stockholm. Mais comme le volume où il doit être inséré ne paraîtra que dans un 
temps indéterminé et peut-être encore éloigné, nous avons accueilli avec empressement celte 
communication dont une partie (le développemeut des Ccramium) a déjà été publiée par extrait 
dans le Linnœa. (Note des Rédacteurs.) 

VI. — r.OTAN, — Oclo/'l-e. l3 



194 J- ^' AGARnn. — Propagation des A /gués. 

les opinions qui ont eu plus ou moins de vogue sur ce sujet, je 
me bornerai, ])our le moment, à présenter ici l'exposition du 
développement de quelques Thalassiophytes, persuadé que les 
Algues d'eau douce des mêmes familles offrent peu de modili- 
cations. Ainsi je passe sous silence la famille des DrapanialcIiccSy 
n'ayant eu l'occasion d'observer lej développement que sur le 
Draparnaldia tennis, avec cette seule remarque que son dévelop- 
pement a beaucoup de rapports avec celui du IJr.cflomnrata dé- 
crit par ]M. Tréviraïuis dans ses Verni. Schr'iftcii , II, i , dont 
on trouve une exposition dans la première série tles Annales 
des Se. nat. (tome x). 

Parmi les (îonfervées proprement dites, -j'ai ol>servé le dé- 
veloppement des Conferi^a œrea , C. zonata , C. crspata ^ et 
d'une forme du C. cen/ralis ; je vais décrire celui du ('. œrea 
(fig. i-;i). 

Les iilamcns sont, comme on sait, à dislances constantes, 
articulés ou divisés en petites loges qui n'ont d'autres comnui- 
nications entre elles que celles qui résultent de la perméabilité 
des cloisons. La matière verte contenue dans ces articles se 
montre d'abord tout-à-fait homogène, comme si elle était lluidc; 
mais dans image plus avancé, elle devient de plus en plus gra- 
nuleuse. Les granules sont, à leur naissance, adbérens a la sur- 
face intérieure de la membrane; mais bientôt ils s'en détachent, 
et la figure irrégulière qu'ils avaient d'abord passe à celle d'ime 
sphère. Ces granules se rassemblent peu-à-peu au milieu de l'ar- 
ticle en une masse d'abord elliptique, mais qui, en définitive, de- 
vient parfaitement spliérique. Tous ces changemens sont confor- 
mes aux phénomènes connus de la vie végétale; ceux qui vont 
suivre ont plus d'analogie avec les phénomènes delà vie animale, 

A cette époque, une métamorphose importante s'annonce par 
un mouvement de fourmillement dans la matière verte. Les 
granules dont celle-ci est composée se détachent de la masse l'un 
après l'autre, et ainsi devenus libics, ils se meuvent dans 
l'espace étroit de la loge avec une vitesse extrême. En même 
temps on voit la membrane extérieure de l'article s enfler en un 
point, et se changer peu-à-peu en une petite mamelle qui 
devient le point de départ des granules mobiles. Par l'extension 



j. G. AGARDn. — Propagation des algues. igS 

(le la membrane pour la formation de la mamelle, les fibres (i) 
tendres , dont elle est constituée, en s'écartant déterminent une 
ouverture au bout de la mamelle, et c'est par ce trou que 
s'élancent les granules. D'abord ils sortent en masse, mais bien- 
tôt ceux qui restent nageant dans un plus grand espace, ont 
beaucoup plus de difficulté à s'échapper, et ce n'est qu'après 
des titubations innombrables contre les parois de leur prison, 
qu'ils finissent par en trouver l'issue. 

Dès le premier instant du mouvement on observe que les 
granules (Sporules) sont munis d'un petit rostre, sorte de pro- 
longement antérieur, toujours distinct du corps même par sa 
couleur plus pâle. C'est des vibrations de ce rostre, c£ue dépend, 
à ce que je pense, leur mouvement; du moins il m'a toujours 
été impossible d'y trouver quelques cils. Toutefois je n'ose nier 
l'existence de ceux-ci, car à un très fort grossissement du mi- 
croscope achromatique , on voit les granules entourés d'un re- 
bord hyalin, comme on les aperçoit chez les infusoires ciliés, en 
employant une lentille trop faible. Les sporules présentent tou- 
jours, pendant le mouvement, ce rostre au-devant de leur 
corps, comme s'ils s'en servaient pour se frayer la route; mais 
lorsqu'ils cessent de se mouvoir, ils recourbent de coté leur 
rostre, l'appliquant le long de leur corps, et reprennent la forme 
sphérique, de sorte qu'avant et après le mouvement on ne voit 
aucune trace de ce rostre. 

Le mouvement des sporules avant leur sortie de la loge, con- 
siste principalement en courses vives, le long des parois des ar- 
ticles, en les heurtant par des chocs extrêmement multipliés; et 
dans quelques cas on serait même porté à croire que c'est par cette 
action des sporules que se serait formée la mamelle. Echappés de 
leur prison, ils continuent leur mouvement pendant une à deux 
heures, et se retirant toujours vers le bord le plus obscur du 
vase, tantôt ils prolongent leurs courses vagabondes, tantôt ils 
restent au même lieu , en faisant vii)rer le rostre en cercles ra- 

(i) On croit ordinairement que la membrane des articles est continue el sans lexlure ap- 
préciable; à celte époque du développement du Conf. œrca, on voit pointant qu'elle estcon- 
stiluée par des fibres lonsiiudiuales. J'ai vu la même texture dans quelques élats du CaLUtham.' 
niun Flumuîa, 

i3. 



196 J. G. AGARDIT. PropClgatloîL clcS y4lgllCS. 

pides. Ils se rassemblent ensuite en masses innombrables , et 
s'attachent à quelque corps étranger, au fond et à la surfoce de 
l'eau, où ils ne tardent pas à se développer en filamens sembla- 
bles à la plante-mère. Les sporules sphériques s'allongent d'abord 
en utricules oviformes, et s'attachent aux corps étrangers par le 
bout le plus mince. Leur développement ne consiste qu'en une 
expansion continuelle, sans pousser aucune racine. I^a matière 
verte intérieure se partage en deux au moyen d'une cloison , 
qui paraît d'abord comme un mucilage hyalin , mais qui se 
change pen-à»peu en un diaphragme complet. C'est ainsi que 
par des divisions successives des articles antérieurement formés, 
la jeune plante prend son accroissement. 

La place de la mamelle dans chaque article n'est pas déter- 
minée; du moins je l'ai vue très différente dans des articles 
voisins. La sortie des sporides ne se fait pas non plus en même 
temps dans les divei's articles. On voit souvent ceux de l'un (U; 
ces articles déjà échappés, tandis que dans le voisin ils ne sont pas 
encore complètement formés. Le plus souvent les articles supé- 
rieurs se vident les premiers , de sorte qu'il n'est pas rare de voir 
toute la partie supérieure d'un filament tout-h-fait transparente, 
tandis que l'inférieure continue encore à se développer. De celte 
manière la formation et la dissémination des sporules persistent 
pendant tout l'été, et un seul filament suffit ainsi pour la for- 
mation d'une quantité infinie de masses de sporules. Si on se 
rappelle que chaque article comprend peut-être plusieurs cen- 
taines de sporules , ou ne s'étonnera pas que l'eau en devienne 
parfaitement colorée; de telle sorte qu'on serait porté à consi- 
dérer comme un Protococcus ou toute autre algue simple, ce 
qui n'est que les sporules d'une conferve. Je soupçonne que ce 
sont de tels faits qui ont donné lieu aux théories des métamor- 
phoses proposées par plusieurs Algologues modernes. 

Dans les autres espèces de Conferves dont j'ai observé le 
développement, il y a peu de différence d'avec celui du C. œrea, 
que je viens de décrire. Il n'en est pas de même pour les Conju- 
guées , semblables d'ailleurs aux autres Algues de la même fa- 
mille. Les observations de Vaucher ont fait connaître, dans le 
développement de ces plantes, des différences très marquées 



j, G. AGAiiDir. — ■' Propagaûoii dés Algues. 397 

de celui de tontes les autres Conlervées. J'ai peu à y ajouter. 

Pendant la copulation d'une Conjuguée, l'un des fdamens est 
toujours donnant y l'autre toujours recevant ^ sans qu'avant cette 
époque on ait pu décider par quelque caractère appréciable le- 
quel de ces deux rôles chacun des filamens remplira. Les spi- 
rales du filament donnant se confondent les premières; ce n'est 
qu'après l'entrée de la matière^de ce filament qu'elles deviennent 
irrégulières dans l'autre , et alors les deux masses se confondent 
ensemble pour former le corps elliptique ou globuleux. Les 
globules, dont se composent les spirales, ne s'écartent point 
les uns des autres pendant l'émanation lente de la matière du 
fdament donnant , et on n'observe aucune trace d'autre mouve- 
ment chez eux. Au contraire, c'est dans le corps elliptiqu'e, con- 
stitué par les matières confondues des deux articles, que j'ai cru 
reconnaître un phénomène de locomotion analogue à celui dé- 
crit plus haut dans les Conferves. Après bien des recherches 
vaines pour voir le corps elliptique se développer en filament 
nouveau, comme le décrit Vaucher, je le vis au contraire se dis- 
soudre définitivement en sporules nombreux doués d'un mou- 
vement très rapide. Toutefois, sans parler delà copulation, phé- , 
nomène qui distingue les Conjuguées de toutes les autres Al- 
gues, ce qu'il y a de particulier dans leur propagation, c'est que 
le corps elliptique, d'où les sporules doivent naître, reste sou- 
vent plusieurs mois sans aucun changement, tandis qu'il se dis- 
sout aussitôt chez les Conferves. 

On sait que les auteurs modernes ont placé le genre Ectocar- 
pus tantôt parmi les Céramiées, tantôt auprès des Sphacellaria, 
Cependant quelques observations sur les Ect, toincntosus et Ed. 
siliculosus var. atrouirens me font supposer que leur vraie place 
est dans le voisinage des Conferves. 

J'avais mis quelques échantillons de ces deux espèces, dans 
diverses assiettes remplies d'eau salée. Le lendemain j'observai, 
au côté le plus obscur du vase, une ligne olivâtre à la surface de 
l'eau, comme on le voit chez les Conferves, après le phénomène 
de mouvement que nous venons de décrire. Ayant mis quel- 
ques fragmens de la plante-mère sous le microscope, j'ai ob- 
servé des sporules nombreux olivâtres fourmillant encore autour 



IgS J- G- AGARDn. — Propagation des Algues. 

d'elle. Leur rostre était moins aigu , mais leur mouvement peut- 
être encore plus vif que celui des Conferves. Souvent deux ou 
quatre, s attachant ensemble par l'extrémité du rostre, ont exé- 
cuté un mouvement circulaire assez rapide autour du point d'at- 
tache considéré comme centre. 

C'était une chose très digne de remarque que plusieurs des 
articles se montraient parfaitement vides, tandis que dans les 
fruits [Siliquœ Auct.), la masse intérieure reslait pressée de la 
même manière qu'elle se présente ordinairement. Cependant je 
dois ajouter, que cette observation n'est point décisive, car je ne 
réussis ni à voir l'échappement même des sporules, ni à obser- 
ver leur germination. 

M. Créville, dans ses excellentes ^/^'rt? Britannicœ, a divisé les 
Ulçacées en trois familles distinctes : les IJluacées proprement 
dites, les Siphonées, et les Caulcrpcœ ; mais cette dernière a de- 
puis été réunie à la seconde par M. TIarvey. 

La fructification des (Jh>acèes (proprement dites) a été jus- 
qu'ici une énigme, pour l'explication de laquelle les auteurs ont 
pro]>osé les hypothèses les plus diverses. Toutefois, on est d'ac- 
cord que celte fructification est immergée dans îa membrane de 
la fronde ; ce qui pourtant n*a jamais été prouvé par aucune ob- 
servation directe. liamouroux supposait que la fructification, 
sous forme de petits granules, était renfermée dans la membrane 
de la fronde, mais il n'osa décider si ces granules étaient réelle- 
ment des conceptacles ou de simples semences; il ne lui parais- 
sait même pas impossible que la fructification encore inconnue 
pourrait bien résider dans des organes extérieurs. Mon père avança 
que les cellules disposées souvent par quatre étaient des séminules; 
ce qui fut contredit par Lyngbye. Gréville, dans l'ouvrage cilé 
plus haut, dit que trois à quatre granules sont déposés dans les 
cellules de la fronde, mais il ne se prononce pas sur la fonction 
qu'il faut attribuer à ces granules. Dans cette incertitude, quel- 
ques observations sur le mouvement des globules du Tetraspora 
lubrica (i) auraient facilement décidé cette question , mais per- 



(r) Voy. Agardh Icônes Algarum Europœarum. a !iv. Gaillon sur les Némazoaires.J'Ann." 
des Se. nat, i. p. 45 (aouv, série.) 



j. G. AGARDH. — Propagation des Algues. 199 

sonne n'ayant observé l'acte même de leur disjonction de la 
membrane, on n'a pas su, si c'était les cellules mêmes, ou ce 
qu'elles contenaient, qui s'en écbappent. Ce qu'il y a de cer- 
tain , c'est que les sporules de cette plante ne sont pas plus à nu 
(opinion avancée par M. Gaillon) que celles d'aucune autre Ul- 
vacée. 

Les Ulvacées proprement dites se composent de cellules, 
tantôt arrangées en une seule couche qui constitue un tube al- 
longé, intérieurement vide, tantôt disposées en deux couches 
comprimées l'une contre l'autre, et formant une membrane 
plane plus ou moins large. Leurs sporules sont nichés dans ces 
cellules; et en sortant par un pore situé à la surface, ils offrent 
le même phénomène de locomotion que nous avons vu chez 
les familles précédentes. 

Leur mouvement est plus lent et dans des cellules plus étroites 
que chez les Conferves. Leur rostre n'est pas si aigu , et n'est 
pas non plus si bien séparé du corps; mais pourtant c'est tou- 
jours le bout le plus mince de leur corps oviforme qui est aur 
térieur pendant le mouvement. Les sporules sont au nombre de 
cinq à six dans chaque cellule ; dans quelques-unes de celles-ci il 
y en avait deux ou trois, qui étaient beaucoup plus petites 
que les autres, différence qui s'observe aussi chez les Confer~ 
ves , mais d'une manière moins apparente. 

En effet, c'est seulement dans VUlva clathrafa [û^. 6-8) 
que j'ai observé le développement complet des sporules. La ger- 
mination, si on peut ainsi nommer un phénomène analogue à cet 
acte dans les plantes plus parfaites , consiste chea cette espèce 
en une expansion longitudinale , pendant laquelle la matière 
verte se transforme insensiblement en bandes transversales. 
Dans cet état on prendrait facilement la jeune plante pour une 
espèce deConferve; mais bientôt, les bandes s'étant divisées 
longitudinalement et ainsi devenues disposées en deux rangs , 
on ne peut plus s'y méprendre. 

lia seconde famille proposée par M. Gréville, celle des -SV- 
phonées y forme un groupe bien distinct, mais qui doit être 
limité et caractérisé d'une manière différente. Les Algues qui 
appartiennent à ce groupe sont toujours tubuleuses; la mem- 



200 J. G. AGAiiUH. — P l'ùpai^dHou dcs Algues, 

braiie extérieure est toiit-à-lait hyaline, et la matière verte, au 
lieu d'être, comme chez les Ulvacées tubuleuses, renfermée dans 
les cellules de la membrane, occujDe tout l'intérieur du tube. 
Bien distinguées ainsi des Ulvacées , elles offrent pourtant des 
dilférences entre elles dans la fructification , qui suffiront pour 
en former deux sections : l'une comprenant les Codiuni et les 
Vauclieria, qui ont un organe propre extérieur communiquant 
avec l'intérieur du tube, et duquel se détachent les sporules : 
caractère assigné à toutes les Siphonées par M. G réville; l'autre 
renfermant les Bryopsis , BoUydium, Valonia et Caulerpa. La 
fructification de ces derniers genres a été jusqu'ici totalement 
inconnue, et on n'a même hasardé sur elle aucune conjecture, si 
ce n'est qu'elle peut se développer extérieurement. Quelques 
observations sur le Bryopsis Arhuscula^ que j'ai été assez heu- 
reux de répéter plusieurs fois, donneront, je l'espère, une idée 
juste de la fructification de ces genres. 

On sait que les filameus qui constituent le Br. Arhuscula 
( fig. 9-i3) sont nus à la base, et que c'est seulement vers 
le milieu que partent les rameaux. Si ceux-ci viennent à 
être mis en désordre par quelque cause extérieure , ils repren- 
nent avec élasticité leur position primitive, phénomène qui a 
peut-être donné naissance à l'assertion de M. Gaillon,que les 
espèces de ce genre étaient douées d'un mouvement oscillant. 
Chaque rameau est un peu comprimé à la base, et paraît ainsi 
former un tout indépendant qu'on peut comparer à une cellule 
d'Ulvacée ou à un article de Conferve. Les granules dont se 
compose la matière intérieure sont d'abord si fort adhérens 
aux parois du lube, que celui-ci, coupé dans cet état, n'en 
émet pas un seul. Mais insensiblement ils s'en détachent en 
prenant une forme elliptique, et alors ils s'échappent tous de 
l'endroit même le plus supérieur du filament, quelque part qu'il 
soit coupé. A leur pleine maturité, ces granules offrent le même 
phénomène de locomotion que nous avons vu chez les familles 
précédentes. 

Le mouvement, qui est tantôt très étendu, les granules 
s'élançant souvent d'un bout à l'autre du filament, tantôt rac- 
courci et rotatoire, dépend, à ce qu'il me semble, aussi chez 



j. G. AcAïiDiï. ■ — • Propagation des Alignes. aoi 

eux, des vibrations de leur rostre. Celui-ci, qu'on observe déjà 
un peu avant le commencement du mouvement, est toujours 
bien limité du corps et un peu plus aigu que chez les autres 
familles. Les granules s'assemblent peu-à-pcu vers la partie ex- 
térieure du filament, où l'on voit une petite mamelle latérale, 
au voisinage de son extrémité qui devient définitivement 
leur point de déparr. Je n'oserais prononcer si cette mamelle est 
la seule issue de leur prison, ou s'il y en a plusieurs; j'ai pour- 
tant lieu de croire que c'est la seule sortie, ce que l'analogie avec 
les autres familles paraît aussi rendre très probable. Après la 
sortie, ils continuent encore leur mouvement pendant quelques 
heures, se retirant insensiblement vers les cotés obscurs du 
vase où ils ne tardent pas à se développer. 

Le développement des granules ou mieux des sporules, ainsi 
que nous pouvons les nommer à présent, qui consiste dans une 
expansion continuelle, est très irrégulier, en sorte que tantôt 
l'une seulement des extrémités, tantôt toutes les deux, s'allon- 
gent. Les granules intérieurs des sporules s'accumulent surtout 
dans l'extrémité inférieure de ceux-ci, ou à l'endroit où ils se 
fixent sur les objets environnans, qui, par suite, se transforme 
en racine un peu tuméfiée. Ce ne fut que six semaines après leur 
dissémination que je vis la première ramification; ils avaient 
alors environ une ligne de longueur. 

La dissémination des sporules ne se fait pas en même temps 
dans les différens rameaux; au contraire, la plante-mère persiste 
à se développer pendant qu'ils s'échappent de l'un ou de l'autre 
des rameaux. 

La propagation de toutes les plantes dont nous venons de 
parcourir les familles, a ainsi partout une analogie frappante. 
Si on y ajoute les familles des Oscillatoriées et des Nostochinées , 
dont je n'ai pas eu l'occasion d'observer le développement, mais 
que l'analogie paraît y rapporter, ces plantes constituent une sé- 
rie bien distincte des suivantes. Avant de quitter ce sujet, jetons 
encore un conp-d'œil sur cette série. — La couleur verte est com- 
mune à la plupart d'entre elles. Elles consistent toujours en des 
cellules ( plus ou moins allongées et souvent prolongées en tube) 



202 J. G. AGARDiï. — Propagcitiou des Algues. 

dans lesquelles la matière verte même se transforme en fructifica- 
tion (i). Chaque partie de la fronde produit ainsi des sporulcs: 
chez très peu d'espèces, il y a un organe propre extérieur, par 
lequel s'élance la fructification. C'est de la matière verte que 
dépendent la vie et l'existence de la fronde; car celle-ci, ou du 
moins la partie d'où les sporules étaient sortis, disparaît toujours 
après l'éruption des sporules. Ceux-ci s'en élancent par un mou- 
vement vif, mais qui doit bientôt cesser; ils sont toujours mu- 
nis d'un rostre plus ou moms apparent, qui, pendant le mou- 
vement, est toujours placé en avant du corps, mais dont on ne 
voit aucune trace, ni avant, ni après le mouvement; ils cher- 
chent constamment les cotés les plus obscurs du vase, où, après 
une existence vagabonde de quelques heures, ils s'accumulent 
en masses indéfinies. Sans pousser de racines au travers de leur 
membrane, leur germination consiste en une simple expan- 
sion. Les sporules, quoique rangés tout près l'un de l'autre, 
donnent pourtant toujours naissance chacun à une plante par- 
ticulière, et ce n'est jamais par l'alliance d'utricules d'abord 
libres, qu'une plante nouvelle se produit, ainsi que l'ont avancé 
quelques Algologues modernes (2). Les plantes nouvelles 
sont toujours semblables à la phinte-mère, et je n'ai jamais vu 
aucnne transformation d'une espèce en une autre; toute méta- 
morphose cesse dès que la germination a commencé, «.:t h; déve- 
loppement arrive à son terme sans faire aucun saut d'une forme 
à une autre. (3) 



(i) Pour celle raison cliaqiic cellule csl aussi plui ou moins en contact immédiat avec l'caii 
environnante; et même chez les espèces membrauiformes, il n'y a jamais plus (juc deux rangs 
de cellules, de sorte que l'une des parois de celles-ci est toujours supetlitidle, 

(2) Voy. 3icjr« sur la nialicre Prieslleyennc, Linnœav. 3. p. 407, etc. 

(3) La théorie des métamorphoses des Algues, qui a tant occupé les algologues osoderncs et 
qui, récemment, a reçu de nouvelles preuves par les observations de M. Kiitzing, nous paraît 
pourtant loin d'être mise hors de doute. C'était surtout la matière pvicstlcycniie s.u\rdo\?,, et les 
globules des Protococcus, chez'les modernes, qui ont fourni la plupart des observations en- 
treprises dans le but de faire voir que de la même production primitive peuvent provenir les 
êtres les plus disparates. Selon les localités diverses, on les voyait tantôt rester en globules, 
tantôt donner naissance '^ une espèce, tantôt à une autre. Sans vouloir nier ces faits, nous 
croyons qu'on pourra en trouver une explication moins contraire aux lois gt-néralcment reçues 
que celle qu'oa en a donnée. En effet , l'explication îa plus simple et qui concilie en grande 



j. G. AGARDn. — Propagation des 'Algues. 2o3 

Ce phénomène de locomotion des sporules est-il le résultat 
d'une cause extérieure quelconque, ou dépend-il de la force vi- 
ale de ces organismes? Dans cette dernière supposition, four- 
nit-il la manifestation d'une vie animale, ou pourrait-il avoir 
lieu dans des organismes végétaux, et enfin quelles sont ses li- 
mites et son but? Nous espérons que les observations précé- 
dente sufliront pour donner la solution de quelques-unes de 



partie toutes ces oLservatious, serait d'admettre, que les agrégats de globules, objet de ces ob- 
servations, n'étaient que des sporules d'Algues qui, suivant leur état de développement, se sont 
montrées tantôt !,lobulcuses, tantôt filamenteuses. Si l'on a vu des espèces diverses provenir de 
la même matière primitive, cela est dû, ainsi que je le suppose, à un mélange accidentel de spo- 
rules divers, quoique en apparence semblables. Cette opinion devient très probable si on se 
rappelle, que non-seulement les Algues croissent souvent entortillées les unes avec les autres, 
mais aussi que les sporules montrent une disposition manifeste à préférer une place (le lieu le 
plus obscur) à une autre, et que cette place devient ainsi un point de rassemblement des spo- 
rules innombrables de toutes les espèces voisines. Ajoutons que les sporules des genres les plus 
divers ont tant de ressemblance, qu'il serait presque impossible, avec cette simplicité de forme, 
de trouver quelques caractères au moyen desquels on puisse distinguer les sporules d'une es- 
pèce de ceux d'une autre. Si on veut donner quelque attention à ces considérations , on con- 
viendra peut-être que c'est à tort, qu'on a attriijué à des circonstances extérieures ces transforma- 
tions d'une forme à une autre, qui n'ont été qu'une conséquence de la nature intime des sporules. 
Je n'ai pas été assez heureux également pour observer quelques transformations d'une espèce 
déjà développée en une autre. J'ai toujours vu, quelles que lussent les localités, le développement 
s'avancer vers son terme, sans faire aucun saut d'une forme à une autre; et quaud quelquefois 
je croyais voir une telle transformation, un examen plus attentif a suffi toujours pour en faire 
disparaître toute apparence. J'ai aussi des raisons de croire, que quelques-unes des observations 
publiées auparavant sur ce sujet, n'ont pas été faites avec toute la précision désirable. J'en 
citerai une : MM. Meyen et Unger ont observé la transformation du Scylosiphon 'velulinus 
deLyngbye, en Ulm len-estris, et ils attribuent la même observation à M. Lyngbye. Cependant 
on ne trouve aucune trace d'une telle assertion dans les écrits de ce dernier; au contraire ces es- 
pèces sont décrites et figurées avec l'exactitude qui est propre à cet habile observateur. Pour 
expliquer donc cette énigme, jetons un coup-d'œil sor les plantes en question. Le Scjtosiphon 
vcîutiiius a toujours été considéré comme une plante douteuse, n'ayant été trouvé que par 
M. Lyngbye près du rivage aux îles deFéroé; nous l'avons retrouve en Scanie toujours dans 
les fossés à demi salés. Il appartient sans aucun doute au genre Bangia; comme toutes les au- 
tres espèces de ce genre, il a ses taches (Jasciœ) disposées par quatre en deux rangées lon- 
gitudinales dans les filamens les plus âgés, tandis qu'ils sont en une seule série dans d'au- 
tres. C'est ce doublement des séries du Scjt, velutinus {fila intcrdum in membranam iilvoi- 
dcam , granuUs quaternis dupUci série notatam dilatata , comme s'exprime Lyngbye) qui sans 
doute a fait naître l'idée d'une transformation de cette espèce en Ulva terrestris ; ces auteurs, 
considérant peut-être comme une forme plus allongée de l'Ulva, le Scytoslphon deLyngbye. Il 
n'existe certainement point d'autres transfoimations entre ces espèces, qui de plus habitent des 
lieux tout-à-fait différens: VUlva se trouvant partout sur la terre humide et jamais comme 
l'autre espèce daus des eaiu presque salées. 



2o4 J. c. AGARDii. — P t'ojyagaliou des Algues. 

ces questions provoquées par les opinions contradictoires énon- 
cées sur ce sujet par les auteurs. 

D'abord , ce mouveînent n'est pas causé par exosmose et en- 
dosmose, connue l'a voulu M. Eerkeley (i); c'est cedont on con- 
viendra facilement, puisque l'on a vu qu'il commence déjà dans 
l'intérieur du tube. îl n'est pas dû non plus à quelque autre 
cause extérieure, comnies'en convaincra quiconque aura voulu 
suivre la série des laits exposés ci-dessus. ?.îais ces sporulcs ac- 
tifs , doit-on les considérer, avec certains algologues, entre au- 
tres avec M. Gailion, comme des animalcules (2)? Nous ne le 
croyons pas. Les Sporules n'ont jamais aucune ouverture ana- 
logue à la bouclie des animaux infusoires, et on ne les voit ja- 
mais engloutir quelque nourriture. Leur mouvement, quelque 
irrégulier et capricieux qu'il paraisse , quelque semblable qu'il 
soit à un mouvement spontané , est pourtant bien facile à dis- 
tinguer d'un mouvement vraiment animal , bien que cette dis- 
tinction soit difficile à établir par des caractères tranchés. Et, 
d'ailleurs, pourquoi refuser une faculté locomotive à la vie vé- 
gétale, quand chaque jour on en découvre de nouveaux indices. 
Les recherches de ]\L Unger sur l'anthère des Sphagnu/n^ mon- 
trent des mouvemens analogues chez les Mousses; et les gra- 
nules spermatiqr.es en offrent un exemple aussi chez les Phané- 
rogames. 

Mais si on trouve des mouvemens analogues même chez les 
plantes d'un rang supérieur, peut-on en conclure que ce phé- 
nomène soit commun à toutes les Algues? Dans la savante Revue 
historique publiée par M. Meyen , à propos des observations 
faites sur le mouvement des molécules organiques, insérées dans 
les Vevmischte Schriften de R. Brown , on trouve ce résultat : 
que les semences de toutes les Cryptophytes offrent, sous des 
conditions particulières, un mouvement spontané, qui continue 



(i) Hooker, Journal of Botany, i. p. 233. 

(2) La théorie de M. Gailion paraît êlre basée entièrement sur des observations d'une Dîa- 
tomacéc, le Conferva comoides Dilhv. Mais sans aucun doute les mouvemens de cette produc- 
tion sont d'une nature bien différente de celle des sporules des Conferves, et plusieurs natu- 
ralistes distingués ont aussi rangé les Diatomacées parmi les Infusoires. ( Voy. Ehrenberg Bey- 
trœge zur Erkentniss der Organisation In Bichtuug des Klcinsten Raumes.) 



j. G. AGARDïi. — Propagation des Algues. 2o5 

jusqu'à leur développement ultérieur en plantes bien caractéri. 
sées ; mais cette assertion est loin d'être à l'abri de toute objection. 
Nos observations ont montré déjà que ce mouvement, au lieu 
d'être le résultat de conditions particulières, est au contraire en- 
tièrement lié à l'activité vitale de tous les organismes dans les- 
quels il existe , et des recherches nombreuses nous ont persuadé 
qu'il ne se présente nullement chez les familles d'Algues dont 
nous allons parler. D'un autre côté, on pourrait peut-être ad- 
mettre comme un degré plus parfait de ce même phénomène la 
circulation que l'on observe dans quelques plantes aquatiques 
{Chara^ etc.), qui, sous d'autres rapports, se rapprochent des 
Conferves. 

Enfin, quel peut être le but de cette faculté locomotive? 
MM. Audouin et Milne Edwards (i), au sujet d'un phénomène 
parfaitement analogue chez les ovules des Zoophytes , l'ont cher- 
ché dans la faculté de pouvoir elles-mêmes aller trouver un lieu 
propice à leur développement : opinion en faveur de laquelle 
on pourrait alléguer, que ce sont toujours les cotés les plus 
obscurs que vont chercher les sporules des Algues. — Cette opi- 
nion n'est pas infirmée par le fait qu'il existe plusieurs familles 
dépourvues de celte faculté de se déplacer; au contraire, on 
pourrait en tirer de nouvelles preuves en sa faveur, celles 
des familles inférieures qui sont dépourvues de locomoti- 
vité habitant presque toujours les profondeurs de la mer , 
tandis que les autres se développent à la surface de l'eau, cir- 
constance à laquelle elles doivent leur couleur plus ou moins 
verte. Mais je m'aperçois que je m'éloigne de mon but, et je re- 
viens aux familles qui me restent à examiner. 

La fructification chez elles est bien différente de celle des 
groupes précédens. Elle est renfermée dans des organes particu- 
liers extérieurs , ou quand elle est immergée dans la substance de 
la fronde même , elle n'en constitue qu'une partie peu considé- 
rable, de manière que celle-ci continue à se développer après la 
dissémination des sporules. Ceux-ci ne sont jamais doués d'un 
mouvement quelconque ; s'échappant de leurs conceptacles, ils 

(i) Recherches pour servir à l'histoire naliirelle dn littoral de la France, 1. 1. p. 71. 



'2o6 J. G. AGARDn. — Propagation des Algues. 

tombent aussitôt au fond de l'eau pour s'y développer. Enfin leur 
germination ne paraît pas consister seulement dans une expan- 
sion continuelle, sans rupture de la membrane, comme nous 
l'avons vu dans les précédentes familles. 

On a toujours- rangé les Céramiées parmi les Conferves,et les 
Floridées auprès des Fucacées : disposition certainement con- 
traire à leur vraie nature. Les Céramiées et les Floridées sont 
tellement liées entre elles , que c'est avec la plus grande diffi- 
culté qu'on peut les diviser en sections naturelles. Si l'on s'en 
rapportait strictement aux caractères qu'il est possible de tirer de 
l'articulation, on arriverait à disjoindre les genres les plus voi- 
sins (i); d'ailleurs la fructification est parfaitement la même chez 
l'un et l'autre de ces deux groupes. Nous comprendrons donc 
ces Algues sous la dénomination commune de Floridées. 

La fructification est, comme on sait, double chez les Florin 
clées , ou en d'autres mots ces Algues possèdeht deux espèces 
d'organes qu'on a considérés comme appartenant à la fructifi- 
cation : Capsules et Granules , ainsi qu'on les appelle ordinai- 
rement, faute d'expériences propres à faire connaître leurs 
fonctions. ISous avons suivi le développement de l'un et de 
l'autre de ces organes. 

Les granules sont toujours enfoncés au-dessous de la mem- 
brane extérieure de la fronde, dans un tissji celluleux, d'où ils 
finissent par se détacher, en s'échappant au moyen d'un petit 
pore superficiel qui n'est pas difficile à voir peu après leur évasion. 
La place qu'ils occupent dans la fronde est très variée selon les 
divers genres; c'est dans ces diversités qu'on trouvera, sans 
doute, les meilleurs caractères pour circonscrire les groupes 
qu'on voudrait former dans la vaste famille des Floridées. Ainsi 
dans^les Delesseriées ils sont nombreux, enfoncés tantôt dans 
des folioles propres ( Sporophylla auct.) tantôt ils forment des 
taches limitées dans la fronde (Sari de/initi){\) y dans les Sphœ- 



(1) Mon père a déjà avancé la m<jmc opinion dans plusieurs endroits de son Spccies ÀlgO' 
rum vol. II. 

(2) Ainsi il nous paraît que M. Greville a placé à tort les Rhoclomenia auprès des Velessaf 
lia, donl ils ont bien h port, mais dont lafructilicalion est très différente. 



3. G. AGAPvDTr. — Propagation des Algues. 207 

rococcoidées , ils sont au contraire épars sans ordre sur toute la 
surface de la fronde, et ils sont chez ces Algues beaucoup plus 
petits que dans les autres sections, n'étant point visibles à l'œil 
nu; dans les Rliodomellées ils sont disposés par rangées régu- 
lièreSj tantôt dans des rameaux plus ou moins transformés (6///- 
cidœ)^ tantôt aux extrémités des rameaux ordinaires (Stichi- 
dia), etc. (1) 

On décrit ordinairement les granules comme disposés par 
3 (^ternala). Sans vouloir nier qu'ils le sont quelquefois, je crois 
pourtant que ce nombre est loin d'être normal. Je les ai vus 
toujours quaternés, d'abord soudés parfaitement en sphère 
sans trace d'aucune division. Ce n'est que peu avant leur sortie 
qu'on observe à leur surface quelques lignes, indices de leur 
séparation prochaine. Ces lignes forment toujours, à la surface 
de la petite sphère, des triangles à-peu -près équilatéraux, de 
manière qu'on en voit toujours trois confluentes aux angles, le 
quatrième triangle étant caché sous les trois autres, ce qui a 
s;ms doute fait dire aux auteurs que les granules étaient ternes. 

Dès que le Sfhœrospore , nom que l'on pourrait donnera 
l'ensemble sphériqiie des quatre sporules , s'est détaché de la 
plante-mère, il tombe aussitôt au fond du vase et se partage en 
ses quatre parties, si cette division n'est pas déjà opérée un peu 
auparavant. Les sporules reprenant bientôt la forme sphérique, 
il faut prendre garde de ne pas confondre un sporule dans cet 
état avec le sphœrospore même. Us se rassemblent l'un auprès 
de l'autre, et dans les espèces bien munies de fruits, ils recou- 
vrent, sous forme d'une poussière roussâtre, tout le fond du 
vase. D'abord ils sont libres , mais bientôt, au moyen de leur 
mucilage environnant, ils se collent au fond pour se développer 
en espèces semblables à la plante-mère. 

J'ai observé leur germination dans les Ceramiiim riihruin 



(1) Le genre Grlffiihsia offre une modification toute particulière, ses granules étant nichés 
en dehors des articulations, et environnés d'un verticillc de rameaux courts et tronqués; in outre 
le fruit capsulaire est dans ce genre dune slruclure siuj'ulière. C'est donc à tort que IVI. Duby 
a voulu réunir les Griffitlisia avec les Ceramium. Nous reviendrons en un autre lieu sur quel* 
ques unes des autres propositions de M, Duby, dont nous n'avons pas encore eu occasion d'élU' 
dier le second mémoire. 



2o8 J. G. AGARDii. — Propagation des Algues. 

(fîg. i4 — 2i), et Choîidria pinnatlfida {i'\^. :?6 ^34) ; la série 
des faits est représentée dans les dessins ci-joints. Les racines se 
font jour au travers de la membrane extérieure ; du moins elles 
sont toujours distinguées par une couleur plus pale du corps 
même du sporule. Dans le Chondria, on voit des filamens longs, 
rameux, environnant les cellules jeunes qui pullulent indéfi- 
niment au-dehors. Ce ne fut qu'après six à huit semaines que 
j'observai la première ramification. 

La fructification capsulaire présente aussi, dans les divers gen- 
res, des modifications qui ne sont pas non plus sans importance 
pour la distinction des tribus. Les Chondriées et RhodomcUees ont 
ainsi leurs séminules obconiques ou pyriformesattachéesau fond 
d'une capsule, qui, au sommet, est pourvue d'une ouverture 
régulière, par laquelle s'échappent ces séminules ; tandis que 
dans la plus grande partie des FLoridées^Xo,^ séminules ne s'échap- 
pent qu'au moyen de la déchirure du conceptacle. Les séminu- 
les, dans ces dernières, sont le plus souvent anguleuses et 
étroitement pressées l'une auprès de l'autre en un amas plus ou 
moins sphérique. 

J'ai suivi le développement des séminules capsulaires , dans 
les Ccramium ruhnini (fig. i n-i^^ jCalluhaTmiion Pliimulciy Bon- 
nemaisonia aspara^oides , Chondrla pinnati/ida ( fig. SS-Sy ), et 
Chondria clavellosa. Quelle que fût auj)aravant la forme des sé- 
minules , elles prennent toujours celle d'une sphère peu après 
leur disjonction de la plante-mère , et dès ce moment, leur ger- 
mination est parfaitement comme celle des granules; de sorte 
qu'on a beaucoup de difficulté à distinguer ime séminule des 
sphœrospores en germination de celle des capsules (Voyez les 
fig. ci-jointes.) 

Il nous semble donc bien constaté que les séminules de l'une 
et de l'autre des fructifications des Floridées sont fertiles, fait 
qui est en opposition avec les idées admises par les Algolo- 
gues modernes. On sait que les organes de la double fruc- 
tification des Algues, ont été l'objet de beaucoup de discus- 
sions , et qu'on a proposé des hypothèses très différentes pour 
expliquer cette double fructification. Toutes les théories sur 
ce sujet ont pourtant été fondées sur la supposition que l'un 



AGA.KDH. — Propagation des algues. ' 109 

seulement des organes serait fertile , et même M. Gaillon , qui 
est|entré le dernier dans des détails sur ce sujet, a émis l'opinion 
que : « les granules n'étaient que des particules rudimentitires 
de la fructification conceptaculaire , et comme présentant dans 
ces êtres d'une organisation plus simple, quelque analogie avec 
l'étatj floral des phanérogames, il les désignait sous le nom 
(Yuénthospermes.y* Ce n'était pas seulement aux Fioridées, qu'il 
attribuait cet état anthospermique de la fructification; mais il 
l'appliquait aussi à toutes les autres Algues inarticulées, quoique 
dans celles-ci le passage de l'état anthospermique à l'état con- 
ceptaculaire soit à peine perceptible (i). Nos observations ont 
montr.' ce qu'il y a d'erroné dans la théorie de M. Gaillon, ainsi 
que dans celles de ses prédécesseurs; à l'égard des auteurs qui 
ont écrit depuis sur ce sujet, ils retiennent avec précaution la 
dénomination vague de granula ^ n'entrant dans aucuns détails 
sur les fonctions de ces organes. 

Poin- les autres familles qui restent à examiner, je n'ai qu'un 
seul développement complet à présenter : celui du Fucus vesicu- 
losus. On cite ordinairement deux obseivatious sur la propaga- 
tion des Tfialassiophjtes : l'une de Stackhouse sur le Fucus ca- 
naliculatus^ l'autre de Martius sur le Fucus vesiculosus. Mais à 
en juger par ce que ces auteurs ont écrit sur cette matière, ils 
n'ont aucunement observé la germination des séminules mêmes, 
mais seulement l'évolution de ces croiites olivâtres, qu'on ob- 
serve si fréquemment sur les côtes de la mer. Ces observations 
diffèrent donc essentiellement des miennes, en ce que ce ne se- 
rait, suivant ces auteurs , que par la réunion de plusieurs sémi- 
nules, que se développerait la plante, mode d'accroissement que 
je n'ai jamais observé chez les Algues. 

Les Algologues ont avancé que les séminules des Fucacées 
sont enfoncées dans un mucus qui se compose en réalité de 
filamens très déliés. Cette assertion n'est pas rigoureusement 
exacte : les séminules sont attachées par une de leurs extrémités 
aux cellules qui constituent la circonférence des glomérules et 
environnées de filamens simples, qui proviennent aussi de ces 

(i) Thatassiophytes. Dict. de» Sr. nat v. 5^. 

VI. Ku;an. — Octof're. 14* 



MO AGAHDH. — Ptopai^ation des Algues. 

cellules et se dirigent vers le centre du glomérule. A la matuiilé, 
les séminules en abandonnant leur point d'attache , glissent au 
centre presque vide du glomérule ( lequel n'était occupé que 
par quelques filamens centripètes ), d'où ils sortent jiar un ca- 
nal communiquant avec le pore superficiel qui est situé au de- 
hors de chaque glomérule. Echappés par ce trou, ils tombent 
aussitôt au fond de l'eau. 

Ils s'attachent bientôt aux objets environnans , par le moyen 
du saccule mucilaginenx qui les environne. Les fig. 38-4o, re- 
présentent leur dévelojiponient ultérieur. Leurs racines par.iis- 
.sent comme dans les Flo ridées y^orX\v au travers de la membrane 
de i'utricule-nière. Souvent ils se montrent d'abord articulés , 
mais plus tard celte apparence s'évanouit. J^es séminules restent 
le plus souvent sphériques pendant 4 « 6 semaines, mais dès qu'el- 
les ont commencé à se développer, elles s'allongent rapidement. 

Avant de terminer cet exposé, ajoutons quelques mois sur un 
mode ])articulicr de propagation du Sphacellaria cirrhosoj qu'on 
jiourrait considérer comme analogjie à l'évolution d'une bul- 
bille dans les |)Iantes supérieures. Dans des individus de cette 
esj)èce, qui, sous forme de boules, sont jetés sur les rivages, o/i 
voit les lameaux suj>érieurs , munis le j)lus souvent de deux ra- 
mules ojiposés et disposés de manièi'e à fôrnier une croix f (ig. 
/|'.>), se détacher de la j)lante-mère et donner naissanc(; à de nou- 
velles ])lanles. Du centre de ^\ croix , ds ])oussent inférienre- 
ment une racine articvdée , p^c'sque hvaline, tandis que les 4 
) ameaux, qui forment la croix, se dirigent et se prolongent vers 
le haut (fig. 4^)« Nous avons vu, en effet, <lans cette mèuie es- 
])èce, les organes, qu'on a considérés comme ceux de -la fructi- 
fication, se séparer de la plante-mèi'e; mais toutes nos tentatives 
'^ourles faire germer ont été infructueuses. 

Résumant ce qui a été dit dans le courant de ce mémoire , 
nous pouvons en tirer les conséquences suivantes : 

1° La division des Algues en articulées et inarticulées, adop- 
tée jusqu'ici dans toutes les classifications, est inap|)licable, dans 
l'état actuel de la science , et elle détruit les affuiités les plus 
marquées. 



AGAnDH. — Propagation des Algues. iii 

a» Si l'on veut distribuer les Algues en deux groupes plus 
naturels, on pourra substituer les sections suivantes : 

n. ZoosvERtiEJE (Nostochinecej Oscillatorineœ , Conferveœ , Cifnjugatœ. 
Ectocarpcœ, Ulvaceœ etSlphonecs). Materia grauulosa intei'na unius- 
ciijusque loculi (cellulse, arliculi veltubi) frondem coostitueiUis , tan- 
dem in fructiGcationem abeunte; sporidiis maturitate motu prœditis, et 
siugulis loculis per poium unicuni egredicntibus , demum per exten- 
tionem evolutis. — Viridescentes, incolae praecipue aquae dulcis , ina- 
lisque minus saisi (in sciobiculis sinubusque, rarissime in aperto vel 
piofundiori mari. } 

h. FvcoiDEJE (Ceramieœ, Fiorideœ, kuct. SphaceilariecBt et Fucoideœ 
Ag.) Fructification e vel receptaculis propriis inclusa vel soris plus mi- 
nus extensis frondi immersis collecta. Sporis locomotivitatedestitutis, 
germinatione per membranamexteriorem novos utriculos emittentibus. 
— Pioseae et olivaccçe, omnes tlialassio|>hytae, illae maris aperti etprofun- 
dioris polissimiim incolae, hae .siuubus tranquillioribus (apud nos, an 
seniper?) plerumque priva;. 

3o Le mouvement des sporules n'est ni limité aux Algues d'eau 
douce (i), ni commun à tous les Cryptophytes (2). Il ne dépend 
d'aucunes circonstances extérieures quelconques (3); mais il est 
au contraire intimement lié aux phénomènes vitaux de tous les 
êtres chez lesquels il se produit. Il n'est point l'expression d'une 
vie animale, quoiqu'il en ait l'apparence (4), et on ne doit pas le 
comparer avec les mouvemens que présentent les Diatomacées. 

4° L'un et l'autre des organes de la fructification des Fiori- 
dées sont propagatoires, et l'un n'est jamais le rudiment ou l'état 
jeune de l'autre. (5) 

5° Les Algues ne s'accroissent jamais par la réunion de plu- 
sieurs séminules (6), mais chaque séminule produit son proore 
individu- 

Je désirerais encoie ajouter : 

6» La théorie des métamorphoses des Algologues modernes 

(i) Théorie de Gaillon. 
(a) Théorie de Meyen. 

(3) Opinion de Berkeley. 

(4) Doclriae de Gaillon. 

(5) Théorie de Gaillon et de tous ses prédécesseurs. 

(6) Opinion soutenue par les observations de Slackliouse, Martius. Meyen, etc. 

»4. 



lï'j^ AGARDii. — Propagdtion des Aly^nes. 

est basée sur des faits qui doivent être expliqués autrement 
qu'on ne l'a fait jusqu'à ce jour. Les transformations d'une es- 
pèce en une autre sont illusoires, 

EXPLICATION DES FIGURES. 

■ 

Fi^. I. Portion de Cpnjerva «/-«a poussant au dehon des tporules actifs par la mamelle 
eu (fl). 

Fig. 2. Sporules plus grossis. 

Fig. 3. Sporule monstrueux a?ec deun rostres. 

FIg. 4. Sporules germant à divers états de développement. On Toit le commencement de 
l'articulation. 

Fig. 5. Les mêmes plus âgés. 

Fig. 6. Portion de la fronde de VUlva claihrala avec les sporules renfermés dans l'intérieur 
dt's cellules. 

Fig. 7-8. Plantes en germination de la même, à divers étals. 

Fig. 9. Portion de liryopsis Arbuscula. On voit la matière intérieure s'écouler de l'un 
des rameaux coupés (en b.) tandis qu'un autie en pleine maturité détache des sporules actif» 
par la mamelle (en a.) 

Fig. lo-ir. Sporules plus grossis. 

Fig. la. Plantes en germination, à divers états. 

Fig. i3. Les mûmes plus déve'oppées. 

Fig. 14-ÏI. Développement des séminiiles du sphérospore de C^ram/wm r«Ar«m. Les sémi- 
miles poussent tantôt seulement ime. tantôt plusieurs racines. ^ 

Fig. 2a. Friiit conceplaculaire de Ceramiwn rubrum. 

Fig. a3-25. Développement des séniinules de celui-ci. 

Fig. 26. Sphérospore de Chondria pinnatifida, 

•Pig. 07. Le même divisé en ses quatre séminules, qui ont déjà arquis une forme elliptique 

Fig. 28-34. Séminules en germination du incaie fruit. 

Fig. 35-37. Sénnuules eu germination du fruit rapsulaire de la même plante. 

Fig. 38. Séminule de Fucus vesiculosus. 

Fig. 39. Séminule poussant une racine. 

Fig. 40. Plante plus âgée du même Fmcmj. 

Fig. 41. Aspect anomal d'une séminule du même. 

Fig. 42. Rameau de Sphacellaria cirrlwsa, qui va bientôt se disjoindre de la plante- 
Bière. 

Fig. 43. Le même ayant poussé une racine en (»•.) 

Fig. 44. Fragment de Griffahsia coraUina pour montrer la fructification sphéro^poriennc. 

F g. 45. Spliérospores détachés. 

Fig. 4c. Kameaux tronqués, qui environnent les sphérospores. 



j. GAY. — Duriœi iter asturicinn. i i 3 



DURIAEI ITEK ASTURICUM , BOTAMCUM , 
ANNO l835 SLSCEPTUMj 

Auctore J. Gay. 

(Continuatio.) 
VII. NAViEGl VALLIS. 

( Regio in/eriorj rnontana et subalpiiia. ) 

Vallem del Naviego , 6 ; leucas longam , de quâ jam locu- 
tus sum , ab Aiistro terminât mons pico de ArvaSy nulli in As- 
turiâ occidentali secundus. Huic siibjacent fauces altissimae 
puerto de Leitariegos i qiio semita miilis pervia in vallem del 
SU tendit. Tota montis moles schistosa est , lateraqiie arbori- 
bus nuda. Ab ejiis latere septentrionali defiiit, initio valdè prae- 
ceps, mox vero (jam ad viciilum Trecastro) paulatîm declivis, 
Naviego avnms, qiiem Carvalîo torrente auctnm, intraCanicam 
excipit Narceia, ut suprà jam dixi. Cujus ripis tam abrupte ex- 
surgunt montium latera, ut,per totam ferè convallem , incola- 
rum casulis, juxtà torrentem, vix ullibi locns sit, nec ipsi se- 
mitae spalium iibique supersit. Nec invia tamen nec déserta , 
arcta haîc atque angiista convallis. Semitantur undique montes 
et vicis frequentibus ornantur , cliviqde abrupti in magnam 
usque aîtitudinem, arboribiis sylvestribus ferè prorsùs ca- 
rentes, summâ industriâ coluntur. Duplex quoque trames mu- 
lionibus iter à Canicâ ad Leitariegos per vallem del Nai^iego pan- 
dit; quorum altei- à dextrâ torrentis ripa non multùm recedit et, 
per Llanos^ Pinera^ etc. sinuosa? convallis anfrnclus sef[uitur; 
alter brevior, sed longé magis arduus, à \ico Piiîera (leucam 
1 7 à Canicâ distat ) stalim ad laevam assuigit, montiumquc 
inter vallem del Naïuego et del Carvallo intcrjectorum summa 



ii4 «- GAT. — Duriœi iter asturicum. 

ferè jnga tenet,qiio occurrunt San Luado, Fenta de Tozaque 
(diversorium in ipso medio itinere) , Ladredo ( à via ad Ifevam 
paululùm aversus), Branas de Ahajo et Branas de Arriba : 
quam postremam viam ingredi solebat, quiim ad Leitariegos 
(leucas 67a Canicâ distantem) ascenderet Duriîeus. 

Arvorum frugibiis gregibusque atque armentis aluntur in- 
colœ, rebusque ad victum pertinentibus abundant. Garent 
nummis ad vitœ commoditates sibi coniparandas, utpote quibus 
nec uUum commercium nec ulla frugiim permiitatio. Prnedia 
ipsis, per universam convalleiTi, in infinitum divisa, et pluri- 
mùm Rubis (non Oxy^icanthâ) in sepes densas ordinatis, aul (in 
regione subalpinâ) mûris lapideis, schisti laminis sine arenato 
superstratis, septa. Prata multa babent, deductis montium rivis 
irrigata, fœnique optimi copiam prœbentia, quorum major 
pars, cura vicis paucioribus (verbi gratiâ Napiego^ 3 leuc. à Ca- 
nicâ distans) occidentale, seu in orientera inclinatum convallis 
latus, sinistramque torrentis ripam occupât, Arvis plerisque re- 
servatur latus orientale et ripa dextra, per quara ad Leitariegos 
iter est, ubi etiam longé plures quam in ripa oppositâ occur- 
runt vici. Qij;\ prata et sata desinunt, ibi plaga incipit rupestris 
atque graminosa, in summos usque montes protensa , quara 
Asturum grèges atque nrmenta per totam aestatem depascunt. 

Vaccis enim tota convallis abundat , corpore parùm ma- 
gnis, à quibus, quum vitulos vix unquàm ab ubere depellunt , 
perpauculùm lactis obtinent, quo pessimum caseum parant. 
Sed et earum carne vescuntur vulgô , cujus tanta est vilitas, 
ut, in vicino oppido, Canicae nempè, majoris pretii est panis 
triticeus quam caro bubula. Bobus etiam utuntur staturâ brevi- 
bus, sed acribus atque expeditis, quibus plaustro valdè rustico 
junctis, per abscisses montium clivos, nostris cerlô jumentis 
invios, frumenti et fœni messem domum vebunt, fimumque 
pratis spargendum efferunt. Quo plaustro nec Turcarum arra- 
^o/i, nec Dacorum carri simpliciorcs. Perlica antrorsùm indi- 
visa, temonem efticiens , iu bina finditur crura posteriùs , qnae 
ferreus basi continet annulus, plurimaeque impages distendunt. 
Hos super, tabulatum ex asseribus, clavis affixum, imponitur, 
cujus latera paxilli vix tilH caticellaut. Rotas humiles nec ra- 



J. GAT. — Duriœi iler asturicum. m5 

diatas, sec! è solido robore in cliscum toriiatas, ferroque muni- 
tas, ferreus conjungit axiij. Nec se rolaî, axi affixae, convolviint, 
sed ipsa sub carro, stridore horreiido, volvitur axis. Popiili 
agreslis vêtus et rude artificium (i). 

In hortis non desiuît arbores pomiferae vulgares. Exulant ta- 
men à totâ convalle nobiliores , in proximo agro Canicensi ciil- 
lîc. Ficus et Armeniaca Exulat et Vilis, quae à Canicà dimidiam 
ieucatu ad Llaiios procedit , uitïà vero non excurrit. 

Triticum neuliqiiàm incolae, neque Hordeum , neque Ave- 
nam colunt. Solum Secale vulgô serunt , passim addito Panico 
italico (^Panizo dicte), quod qiiamvis média aestate non rarô 
eeminant , maturum tamen ante hyemem obtinent; cujus se- 
mentem 6a Jnlii^ad S. Cristoi^ai, un'ius Iiorae itinere supra Cani- 
cam , et ad S. Luado in regiojie ferè montanâ , factam vidit 
Duriœus. (2) 

Nunc etiam , ut in Asturiâ planiore , sic et in convalle del 
Nai'iego abundat Solanuni tuberosiim (vulgô Patata) , cum Se- 
cali in regionem usque subalpinani ubique prospéré cultum , 
et incolarum ferè praecipuum alimcntum. Cujus recens in Astu- 
riam adventus , initio minus faustè accidit. Clerus enim , dimi- 
nutum indè decumanum frumentum œgrè ferens (quia sic dicta; 
novœ l'ruges immunes habebanlur, nec decimae obnoxirc), et de 
cathedra contra diaboli radicem (ita enim eam appellabant) ve- 
hementer declamabat, et manibus pedibusque obnixè fecit, ut 
stirpem advenam à provinciâ prorsùs depelleret, ad cujus vo-.^ 
luntatem rcs utique cessil. Nuper verô, quum secundo appa- 
ruisset, eademque concitaverit odia, oppugnantibiis feliciùs 
restilit exoticum tuber et, ratione publicâ adjuvante, demùm 
ita prsevaluit , ut nunc per Asturiam universam, usque in ulti- 
mas convalles , non secùs ac noslrâ cultiore Europâ septentrio- 
nali, in agrorum alternam culturam ubique sit receptum. Civi- 
lioris apnd Hispanos cultûs indicium,et notatione sanè dignum. 

Hanc convallem del I^aviego ingrediuntur scanduntque plus 



(i) Etimdem carnini , in ultiniâ Narceiae convalle, ad G'iUon et Monasterlo de H'iermo , 
usitalnm vidit Duriaus. 

(a] I» |)ultf>sspi$-a<, qiieinadmodtmi Zr;c farina , usur|ialiir ab iiicolis. 



ii6 J. G AT. — Duriœi iter astaricum. 

minus quàin plurimoe stirpes Canicenses.' Ad vicum San Imado 
(scilicet ad qiiartam ferè totiiis clivi Naviegensis parteni, et 
verœ regionis montanae initium) procédant (i) Sibthorpia eii- 
ropœa , Anarrhinum hellidifolium , Linaria triornithophora ^ 
Urnbilicus pendulinus , Adenocarpus parvi/ollus , Lupimts va- 
TÏus et Spc/yula aruensis. Paulô altiùs, in regioneni sanè 
montanam ( mihi caeterùm parùm cognitam ) pénétrant Aira 
prœcox , Cynosurus echinatim^ Menziesia Daheoci , ff^ahlen- 
bergia hederacea^ et Ulex eiiropœus ( ubiqiie rarus et humilis ). 

Quredani regionem subalpinam attingunt, nonnullmque ad 
extremos ejiis limites perveniiint, et \\?c quidem,si totum INa- 
viegi in très partes distribuimus clivtim, earum diias infe- 
riores procul dnbio occupant. Ad regionem itaque snbalpinam 
j)rogredinntur Aspidiiim Filix-mas et angulare , Agrostis alba , 
Avenu flauescens , Holcus lanatus^ Briza maximal^ Corylus 
Avellana^ Mentlia syhestris, (in alveo torrentis A'^j^/é'^o ubi- 
qiie), Melittis Melissophy Ihim y Feronica Chamœdrys, Digita- 
lis purpiirea, Lithospermum prostraturnl , Anchusa sempervi- 
rens l , Erica arboreal ^ (n bique frequens) Campanula Lœflin- 
gii , Cardans n' u83, Galactites tomentosa /, Thrincia hirta , Hle- 
raciuni inurorwn^ Valerianapyrenaica (qua? potiùs ad Naviegi 
vallem quàm ad Floram Canicensera pertinet), 5<?c/Mm r<^exM/7£ 
et hirsiitum ^ Rubus fruticosus ^ Spartium album (siirsùm magis 
magisque rarescens et ad Branus de Arriba supremum siium ter- 
minum habens), Oxalis Acetosella^Androsœmum officinale^ Hy- 
pericum /mear^/bZ/Mw (forma angustifoiia), Malva geranufoUa^ 
Dianthus monspessulanus , Moehringia trineruia, Polygalavul- 
garis, Viola sylvestris et tricolor^ Helianthemum guttatum et 
alyssoides ! f Çardanvine sylvatica ^X. impatiens ^ Sinapis setigera^ 
et Corjdalis claviculata. 

Regionem subalpinam superant et alpinam(suprà Leilariegos) 
intrant Polypodiuni vulgare, Asplenium Ruta-Muraria, Agros- 
tis capillaris , Aira flexuosa, Antlioxanthum odoraiwn^ Briza 



(i) Fragariam ne hùc quideoi scandere, sed ad vicum iV'ac/e^o , leiicam ferè integram infra 
San Luado y terminum suum liabere, aul saltem locis superioribus maturam non esse inven- 
lam , iiotatii dii,'niim est. Fiuclifera enim ciipedi Duiiiuo \\% occuriebal, nisi Canicaî et iufe- 
rioribus coiivalliuui il>i eoufluentitmi clivis. 



j. GAY. — Duriœi iter asturicum. i i 7 

média ^ Carex bValis elflapa^ Merendera Bulhdcodium, Qnercus 
Toza (seorsim hinc indè, nunqnàm gregatim vivens) Thesiuni 
pratense, Rumex Acetosella ^ Calluna Erica ^ Cirsium palustre ^ 
AchyropJwriis radicatus, Bunium denuuatum^ChœrophylUini hir- 
sutum^ Sediim brei^ifolium H anglicui?! (utraque zonii alpinâfre- 
qiieiitiora et vegetiora, quàm in locis inferioribus), Scleranthas 
annuus^ Tormentdla erecta^ Lotus corniciilatus ^ Géranium py 
renaicum , Silène nutans , Sagina procumbens , Larbrea aqua- 
tica, Arenariamontanal y Cerastrum triviale, et Polygala ser- 
pxllacea{i), quariim nonnuliae, ut deinceps patebit, summa 
ipsa culmina non refugiunt. Reliquae aut è fmibiis Canicensibus 
snrsùm non migrant, aut à Duriaeo cnrsim ambulante stirpes- 
qne Canicœ jam lectas minus curante pratermissae. 

Species paucissimas, in vaile dcd Naviego infra regionem snb- 
alpinam primo occurrentes, et Canica? non antè observatas, enu- 
merat, Aspidluni dilataiwn Sw. (per totam convaliem fre- 
quentissimum, usque ad lacum montis /)z<?o de Arvas excurrens), 
Aspidium Filicem-fœminam Sw. (non minus vnlgatum, tàm 
altè verô nunquam scandens, et in faucibus supra Trecastro 
siipremum suum terminum babens, Caniccie verô car desidere- 
tiir non inteliigo), Galeopsin Tetraliit L. (inter San Luado et 
Leitariegos sata ubique infestantem), Galium vernum Scop. , 
(ex inferiore convalle usque ad regionem alpinam inferiorem 



(i) Polygalam serpyUaceam Weih. {P.depressam Wender. , Koch Synops. FI. germ. p. 91) 
primùtn in Pyrenœorum regioue alpinâ legi , posleà verô in Neustrià inferiore (prœserlim ad 
vjcuiii Pirou, in praefecturâ de la Manche), cùm in ericelis siccis, lùm in paludibus spon- 
giosis mullô frequenliorem, et indè ab ineunte Majo usque in exeuntem Septembrem floridam, 
inveui. Ejus specimina mihi sunt , iusuper , ex agri Syrtici arenis maritimis , ex agri Burdiga- 
lensis ericetis , ex agio Petrocoriensi , Andegavensi, Meduanensi et Parisiensi, etiam è Mosel— 
lae prœteclurâ ( ciicà Bitche) et é Vogesis! Quibus evincitur gallicâm Polygalam serpyUaceam 
neqiie alpinam esse, neque regionis occidentalis propriam , qiiamvis ibi magis vulgatam , sed 
per Galliam planiorem lalèsparsam , iindè in montanam "^^ogesoi um , atque alpinam Pyrenaeo- 
rum regionem vagalur. Simili semet ipsam extendeudi, et à montium radicibus usque in regio- 
nem propriè alpinam raigrandi facultate gaudere Asturicam stirpem, è speciminibus et tes- 
timonio Duriœi non est dubitandum. Synonymis ejus jam cognilis addenda sunt : Polygala par- 
i'///t)/fl Tbuill. ! iued. aniè ann. 1812. z=. P. repens. Mérat. FI. Par. éd. i' (1812) p. l'b. rr 
/'. austriaca radicans Mèr. ibid. éd. 2^ (1821),' 11. p. 3f)y. z= P. oxyplera Mer. ibid, cd. 3' 
II. (i83i). p. 440, non Rchb. = P. alpcstris vur. florlbus litlcis. Lejeiine ! Revue (1824). 
p. i5o. 



i'8 1. GAY. — Duriœi iter aituricum. 

iibique occurrens), Sainbucum nigram L. , (usqiie ad Dranas de 
Abajo perindè frequens , qiiam propter vires meilicas mngni 
faciunt incoinc, vulgô Sahuco dictam), Genistam Irptocladam 
(nov. sp.) et Erucastrum obtusangulum Rchb. (inter San Luado 
et Leitariegos non rarum ). 

Has inter, primum certè lociim ohtinet Genita leptoclada 
( quam ad vicum el Puelo^ inter Arganzam et Canicam , pri- 
inùin occurrisse suprà dixi, p. lag), pulcherriinus frntex, 
hucusque ignotus , omniumque apud Astures degentium , 
cnm Ericà arboredy facile princeps. In i5-pedalem statii- 
ram non rarô surgit, densasque efficit sylvas, ubi ad lignanduni 
eunt montium pagani, cùm desunt eis aliaî sylvaî aut ligna- 
tio provectior. Gaudet locis apertis edilisque, et hinc nnl- 
libi jnxtà torrentem in imâ convalle reperitur. Per montes 
orientales ad Le/7an>^o.ç tendent! , medio t'crè itinere , paulô 
miviiSan Liiado ^ iencam plus dimidiam suprà Pinera^ primùm 
occnrrit,sed rarus et bumilis. Vico autem superato, niox fie- 
qiientior atque vegetior apparet, ejusque radicibus Orobcinche 
quaedam brrret , verisimiliter nova, mihi tainen nondùm satis 
explorata. Cum Ericd arboreâ deindè, per latera ipsumque 
Ts\o\\\\'=> pico de Tozaque fastigium , usque ad Leitariegos et 
ultra, p.irùm intermissus, progreditur, in zonam latè patentem 
leucarum non minus 4 porrectus. lisdem etiam limitibns in 
torrentis ripa sinistrâ, nempè in monlibus vallein del Nauiego U 
Narceiac coîivalle dislerminantibus, continetur. Abietibus apud 
Aslures deficientibus subrogatum crederes, quae quidem in 
Helvetise Alpibiis mediis orientalibusque (^Coiii. f^ahlenb. de 
f^eget' et Clim. Helv. sept, p, xxxvn et xxxviii) suprà Fagi ter- 
minum (678 hexap. s. m.) prévalent, et gSi hexapodis s. m. 
ultimum suum terminiim inveniunt. Sed Genistœ leptocladœ 
zona , abietinâ helveticâ infernè procul dubio multô calidior est, 
nec ullo modo pro regione Astiiricâ subaipinâ adbiberi débet. 
Ego enim non aliam in Asturiâ regionem dicam subalpinam, nisi 
cui , ex clirnate atque vegetabilibus, cum helveticâ aut pyrenai- 
câ regione subaipinâ, aliqua cognatio intercedit. 

Talem regionem offerunt ultima vallis del Nauiego et radiées 
mentis pico de Aivas , ubi hùc illùc per clivos disseminantur 



X. G A Y. — Diiviœi iter asturkum. ii 



9 



viculi pauperrimi Trecastro (ad t'wutcï Naviego) ^ Branas de 
Abajo et Branas de Arriba ( in oriental! convallis latere ) , quo- 
rum duo postremi à se invicem et à Leitariegos , altiùs posito , 
dimidiam leucam, ascensu modico , distant. E Leitarie^os in 
vallem rectà descendenti haud unam magis et dimidiam leucam 
patet regio. Per dorsa verô montium val'em ab oriente et occi- 
dente disterminantium satis longé extenditiir, vicnm enim La- 
dredo (i) , cum raonticiilis imminentibiis, ipsumque montem 



(i) Claustri geniis Taldè singulare non procul à Za<//-<r</<j exslat, quod ego, qnamqiiàm ad 
rem herbariam minime spécial , silentio praeterire noio , qno lupis eâ regione freqiientissimis 
insidias stnieiites. speclaniliiin rudi geiitis ingenio accumodatum , cerlis anni temporihus iii- 
(taurant. Lenera monlis clivum occupât claiistrum, et aream Irapeziformem longiorem, diniidio 
Parisiorum foro Vindocinensi {place Penddme) non minorem exliibet, cujus lalus brevius sur- 
tùni spectat et infeiiori parallelum est. Tria majora trapezii latera cingunt schisti durioris la- 
min2e ingénies, laxiùs juxlà posita;, erecL-eque, nec in planum coliocatae. Eo cingnio caret lalus 
superius, ubi terra, ad perpendicnlum abscissa, parielem salienti mullo bumiliorem offert. 
Hujusce laleris ora summa , cum clivo montis contiuua , tota sternitur Genistce leptocladœ '•a- 
mis praelongis , hu/ffi congeslitiâ reirorsîim firmatis, anirorsùm longiùs in aream inclinatis, 
lectumque densum mcnticnlibus , quo commodus in aream descensus efficilur. Ludos facturi, 
pastores, ovem sub vesperà in claustrum introducunt , quà ad palum aUigatà confeslim digre- 
diuntur. Jam , nocte inlervenienle, hostia ullrô se offert. Audito elenim ovis belalu , arcurrunt 
lupi, seplumque rircumerrant , donec unusallerve, per latus modo descriptiim minùsque mu- 
oitum , in aream desilit, undc omnis exilus nunc interrlusus. In altitudinem namque lo peda- 
lem schistei surgunt mûri, nec facilem exire cupienti vehiti inirocunli viam offert quarlum 
trapezii latus. Super ramalia ex imo indesinenter salit, haec vero, flexilia et lubrica , accepi» 
l'ers pondus récusant et deorsùm perpétua remillunt. Carcere igilur insuperabili inchiditur , 
donec poslero die concurrunt rustici , et jnxtà captivam feram,ovem inlaclam inveniunt. Lu- 
pus enim, posiquàm in claustrum penetravit , exitum primùm sibi qusesivit , quo negato au- 
xius errât nec u!la eum ampiiùs prxdœ nppelenlia excitât. Ovis, post longum lupi contubernium, 
intacla quidem , non vero salva reniansit , sœpiùs enim pavore exanimata brevi temporis spatio 
moritur , quapropler suam quisque viliorem ovçm, in lupi iliecebram, vicissîin subministral. 
Clauslro intérim circumfusi pastores, per parielis iotervalla inlrospicienles, sannis lupum pro- 
vocant ut ovem tandem corripiat. Ille tamen magis magisque récusât , Irislisque et quasi pudcns 
ultra modum videtur. Guudel rusiira pubes et summoperè deleclalur. Mox verô , immissis cani- 
bus, aliud spectacuium parator. Fe»a, in omnes partes exagitata , ingente* saltus facit , et per 
parietis minus continua; lacunas viam sibi perrumpere conatur , in quarum angestias magno iui- 
petuintrusa, pectoreconqiiassato, sœpissimè périt. Sed hoc gaudiî cumulum speclantibus aflerl, 
si lupum inseclantibus moiossis cominùsque adortis, postquàm acriler ulrinque piignatum est, 
bestia demùni non sine gloriolâ opprimalur. — Taies iudi nescio qno Domine vocanlur , clans- 
trum verô iis destinatum Calejo (meliiis Calello) nominant A.stures. Claustrum allerum , 
huic quoque simillimum , in moulibus vailem Naviegi à Narceite valle disterminantibus , ad 
viam è.Canicâ ad Gillon , juxlà eremita cellam Virgini JV" S* de y/rraj dicatam , exstal, «bi 
tamen longiora trapezii latera schisteis laminis in murum rerioreia (quaiBTis sine arei>ato) bo- 
ri/onlaliter suporslratis , n«c erectis, cUuduntur. 



1 20 J. GAT. — Diiriœi iler asluricum. 

pico de Tozaque (i), altitudine vicum Leitariegos non exsnpe- 
ranleni, totum ferè complectitur, Qiiem tractuni iteratis ciir- 
sibus siimrnâ cura oxploravit Dnriaîus, opposilos verô ad 
occidenlein montes et ad eamdem regionem subalpinam perti- 
nentes minime Instravit. 

Régie non adeô frigida est, nt Cererem et frngiferas arbores 
omninô exclndat. Cerasos ad Brancts de Abajo non deficere, cer- 
tnm est.AItiùs scandnnt et ad Branas de A rriba attinguntSecale, 
Solanwn inherosum et Brassica oleraceae\'\\u. non infelici culta. 
Ibi tamen prata prœvalent, mûris lapideis cincta, quorum summa, 
inler Branas de Arriha et Leitariegos , arvis nullis intermixta 
observanlur. 

Prœjudicanda qiiodammodo regionis altitudo et clima, quod 
immaturos quosdam agros secalinos ad Branas de A rriba, 
28a Augusli 1 835 , vidit Durifeus, quos medio Julio circa Can- 
gas de Tineo y et Auguste ineunte ad San Cristoval ^ unius horae 
ilinere suprà Cangas etL/anos, metere soient. 

Meliùs tamen ex plantis spontè natis , nec inferiore convalle 
repertis , elucescet regionis conditio. Multis locis occurrunt As- 
pidiimi OreopterisSw. (jam in planitie montanâ Tineensi et in 
summo Gradensi monticulo Sierra dcl Peral, \\sum)^ A grostis 
se tacca Curt. [in Asturià inferioread Penaflor.T rupes jam lecta), 
Senecio aqaa tiens lUuh. (ad rivulos frequens, quem, Gegioni 
et Santanderœ observatuni , Canicœ et io inferiore A/alle Naviegi 
desideratum miraberis), Epilobium tetragonum L. (à Duriœo 
i/ifra regionem subalpinam nonvisum, vix tamen propriè sub- 
alpinum, potiùs ex planitie advectum ibique prœtervisum) , 
Cytisus scop arias Link (hinc indè obvius, sed nullibi aliô in 
Asturiâ à Duria^o observatus) , et Ilex Aquifolium L. (sparsa et 
regionis subalpinae omninô propria, plurimùm frutescens , in 
pico de Tozaque vegetior et verè arborea). 

Ad viculum Trecastro occurrunt Epilobium spicatum Lam. 
( alibi non visum ) et Géranium sylvaùcum L. (Oveti jam ob- 
servatum ). 

(i) Canicse, per angustissimum Naviegi alveum , quasi per tubum speculatorium, cernitur 
mons ^ico de Tozaque, et impedimento est ne in conspecfum \euianl ulteriora allioraque Al- 
pinm jiiga. 



j. GAY. — Dunœi Lier asturicuni. " \i\ 

Suprà Trecaslro magis magisque contrahitnr vaJlis del Navie- 
go , qnam ubique angiistam jam dixi , et in montis fissuram 
profundam atqiie abriiptam prorsùsqiie inviam desinit , quà 
pixcepsèlacu montis pico de ^ n'as lah'nnr rivus, Naviegi ini- 
tium. Hîc recessus umhrosos et latera rupium madentia occu- 
pant, praeter diias in Naviegi regione subalpinâ alibi nus- 
quàm inventas, uégrostis alpina j3 fdiformis M. K. , Ldium Mar- 
tagonl^. , Convallaria vertu illata \^. ^Scrophularia alpestris Gav 
(in planifie monfanà Tineensi jam lecta), Myosotis sylvadca 
Ehrh. , Sonchus Plumieri L. (ad Branas de Abajo quoque in- 
ventus) , Adenostyles albida Cass. , Angclica lύis ( nov. sp,, 
etiam ad viculum Brahas de Abajo visa ) , Mecunopsis cam- 
brica Vig. 

E. Branas de Abajo per Branas de Arriba ad Leitariegos 
ascendenti, occurriint ad saxa , inter virgulta aut in grami- 
nosis pecori inaccessis, Carex distans L, (locis inferioribiis 
sine dubio prœlervisa, Gegioni etiam lecta), Luzula campes- 
iris y pallescens M. K. (cujus alia forma Gradi observata 
fuit), Sonchus Plumieri L. et Hjpericum /imbriatum Lam. 
In agris secalinis, quos infestât, et in tectis stramineis , Ga- 
leopsis Tetrcduih. (in inferiore convalle et Canicae omninô de- 
ficiens). In pratis clausis. Iris xyphioides Ehrh., Poljgonum 
Bislorta L. , Centaurea yngrarâr. niacrocephala ^ Cirsiam mihi 
ignotum (in pratis summis ciica Leitariegos abundè, ad p^enta 
de Tozaque parciùs (i), Astrantia major L. et Géranium sylva- 
tlcum L. 

Ad diversorium Venta de Tozaque nec alibi lecta , Hjos 
ciamum nigrum L. et Cirsium eriophorum DC. refert Du- 
ri.Tus, quorum prior in planitie Gegionensi observa tus et in 



(i) Ad § IV. Chamaelkonem DC. in Duby Bot. gall. p. 2S7, pertinens , et penclinio ad 
ce. bulhosum et angUcum vergens, sed neque his, neque iilli quod noverim ( et ego gallica 
ferè omnia , ne dicam omnia , probe novi ) verè cognatum. Carduos ex nudljlorl grege {nu- 
d'iflonim , médium, Argemonem et car/in(efulium] habitn maxime refert , C. médium el Ar- 
gcmonem foliorum forma et incisurà imprimis œmulalur, à qiiibus lamen omnibus et charac- 
lere gcneris (pappum enim gerit plumosum ) et periclinii phyllis niolli!)ns, flaticiiiis, nec le- 
nniler rigidiilèque subulalis, longé recedit. Speciem sislit veiisimititer novam , (jnam verè ex 
unico specimine, coque inromplcto, prnpoiu-io non aiisim. 



I aa i. GAT. — Duriœi iL r usiuricum. 

valle Naviegi praetervisus, nou ûisi Ibrtuitus regionis subalpine 
hospes censeri débet. 

Suprà diversoriuni, in montis pico de Tozaque lateribiis, 
crescunt Luzula maxima DC. , Allium Victorialis L. (imico 
loco, parcissimè), Taxas baccata L. (liumilis et distorla), 
Primula dation alfinis ( capsula calycem excedente insiguis , 
cujus tamen non nisi unum calycem friictiferum vidi ) , /^<?ro- 
nica scutellata y pilosa Vahl i^V. parmularia Poit. et Turp.), 
Saxifraga hirsuta L. (in monticulis Gradensibus et Castri in pro- 
vinciâ Santanderensi jam lecta , ubi freqiiens) , et Carastinm 
pumilum Cnrt. ( quod si in inferiore convalle non est repertuin» 
aestali nimiùm provectac procul dubio tribuendiim ). 

Suas etiam stirpes liabct montis /?/V;o de Tozaque ipsum fasti- 
^\um^ yfspldinm nempè actileatum Sw. (ibi rarissimum), f^e- 
ralrum album L. (vulgô Carqueja)^ Plnguiculam grandifloram 
Lam., Gentianam luteain L. (vulgô Genciana) y Dianthurn 
II" 376) Ci), Bunii denudatl var. ramosissimam dh'aricatam 
(n" 3 18), quae verô in pico de ^rvas prorsùs alpinrc sunt , undè 
docemur totum feiè montem de Tozaque ^ non lamen summum, 
regioni subalpina; esse adscribendiim. 

His verô addendi, non pauci, duarum superiorum regionum 
cives, regioiicm subalpinam plus aut minus latè occupantes, 
indèque in regionem alpinam ulteriùs vel propriùs ingressae, 
Nardus stricta'L. {'per utramque regionem sparsa, in Gradensi 
monticulo del Aguilero jam lecta, ubi rarissima), Poa\nemo- 
ralis L. , Arabis alpina L. , Cardamine latijolia Vabl. , Lepi- 
dium alpinum L. et helerophyllum Bentb. (quœ quinque in fau- 
cibus suprà Trecastro primùm occurrunt et partim in inferio- 
rem , partlm in mediam regionem alpinam excurrunt), Carex 
stellulata Good. , Drosera rotundifolia L. et Viola paluS' 



(i) Foliorum forma atque indole, squamis etiam et deulibus caljcinis, nec noa petalii , 
cum n" 377 , adpenas de Santa-Ana lecto, ad amussim coDgruit, quibus notu cùm à D, pun- 
gente Liunaeano, tùm à Dubyano, tùm à plerisque mihi cugnitis speciebus satis superquere- 
cedit. Differt rerô à n° S^-.caulibus plus dimidio bievioribus ( habitu mano D. tubacaulU 
Vill. et D. alpiai Lapeyr. non Liou.) , contracté cespitosis, simplicissimis, uuifloris , bisi in 
cjudirulos lignosos neutiquàm firroatis nequ« eloogalis. An igilur , et ^ropter statioDeœ maxi- 
me diverstm, specie dialinguendui ? 



G. G AT, — Duriœi iter asluricum. laj 

iris L. (quae très in utriiisque regionis paliidibns fréquen- 
ter occurrunt, infra regionem subalpinam non observatae, 
quamvis in Asturiœ inferioris, etiara planions, spongiX)sis 
neutiquàmrarœ), Luziila lactealÀnk^ et Acinos alp'inus Moench. 
( ex pico de Tozaque, per Ladredo, Branas et Leitariegos , pa- 
rùm ultra regionis subalpinae terminiim procedentes, quarum 
prior nullibi à Duriœo nisi in valle Naviegi visa est , altéra vero 
per inferiorem Asturiam , etiam planiorem et marilimam, vul- 
gata,in valle Naviegi tamen , inferiore et mediâ , non obser- 
vata), Leontodon hispidumh. (per utranique regionem vnlga- 
Inm, locisque inferioribus non visum, sed procul dubio ex 
planifie in montes evectum), Jasione montanavar. (i) (à f^enta 
de Tozaqiie in summum usque montem pico de Aivas procur- 
rens), Chrjsanthemum anomalum Lag. (ex Branas de Abajo 
per Leitariegos usque ad summa culmina pertingens, totam 
igitur regionem alpinam et regionem subalpinam ferè totam oc- 
ciipans), y aleriana nwntana L. (dimidiam subalpinam dimi- 
diamque alpinam regionem sibi vindicans), Saxifraga umbrosa 
L. (ad Penatlorae rupes jam lecta , in jugis verô australibus fre- 
quentior et regioni subalpinœ addicta, indè usque in regionem 
alpinam superiorem excurrens), /i'^/7o^/«m Duriœi ( nov. sp. , 
è Branas de Abajo ad Leitariegos et paulô ultra ) , Sorbus Au- 
cuparia L. ( per regionem subalpinam sparsa, usque in regionem 
alpinam inferiorem vagans, ubi verô neque arborescit, neque flo- 
ret,nec nisi \iVO}^\çv Mcidium cornutum^ quod ejus foliis innasci- 
tur, notabilis), Ornithopus perpusilhis L. ( in Asturiae inferioris 
monte la Spina^ Salas inter et Peredam, jam lectus, in Naviegi 
con valle infra regionem subalpinam non visus , in hac regione 
frequens et ultra supremum ejus terminum parùm progressus, 
locis gaudensad horizontem explanatis), Spergula subulata Sw. 
(paulô infra Venta de Tozaque primùm occurrens, et indè per 
regionem subalpinam in mediam alpinam continuata , in Astu- 



(i) Radice pereiini , raulibus cespitosis, trinncialibus, herbâciue glabriiisculâ insJgois forma, 
inler J. montanam et J. liiimUem Lois, ambigeus , à J. hiimili caulibus floriferis supra médium 
iMidis, iKT ioliatis, ccrto divers». V»>rior 7. montana uoii alibi Duriaro uisi in Gradeiisiuus 
inoiiliculi^ occiirrcbjl. 



]i^ T. GAr. — Diiriœi ilcr (istiiricurn. 

ri.T médian planitie edilà Tineeiisi jam lecta , etiam in inonticiilo 
Gradensi Sierra del Chorro et iii monte la Spina^ Salas inter et 
Peredam visa , sed ibi rarissima, in Asturiam verô propriè pla- 
nam et maritimam neutiquàm descendens, qihne tamen , per 
Galliam occidentalem dispersa, à Pyrenjeis montibns Alpibusque 
abhorrera videtur, in qiiibus scia degit Sp> sa^iiioicles ), 

Veniunt insiiper slirpes dure, nullibi in Asturia3 alpibus occi- 
dentalihus nisi in ultimâ convalle Naviegi observatiie , ibique ra- 
rissimrn , Trifolium ncmpè spadïceam L. et Barbarea pj'ostrata 
(nov. spec), qna? quidem in summà regione sid)alpinâ, proximè 
infraLeitariegos, primam statioiiem habent, sed in clivls alpinis 
supra Leitariegos loco singido iterùm occurrunt , et potiùs ad 
alpinam qiiàm ad subilpinam regionem spectare videntiir. 
Eumdem terminum inferioreni liabet Aconitum Lycocionum L., 
qnod verô clivum alpinum suj)ra Leitariegos paulô altiùs scan- 
dit , et in zona snâ rriulto frcqiientius reperitiir. 

En stirpium phanerogamarum , in Naviegi convalle , regionis 
subaipin.ne propriariim spécimen , additis Filicibus, topogra- 
phicè, ut futuris exploratoribiis meliùs inser\iat , quantum fieri 
potuit , adumbratum. In quo cerlè non omnia nomina cnm ies- 
timatâ locorum allitudine quadrant. Species enim complectitnr 
mullas quas, quamvis nec in inferiore convalle nec Canicfc à 
Duriœo observalas, non ideô subalpinas credideris , quamm 
reàpse plures aut per Europam temperatam universam vulgatae 
sont, aut in Asturiâ inferiore , sive montanâ , sive collinâ , sive 
etiam planiore , reperiuntur. Quœ , si Canicaî et in inferiore 
valle î^aviegi desiderantur, non altitudinis mediocritati , sed pa- 
ludum defectui , terrœindoli , aliisquejiujusmodi circumstanJiis, 
tribuendum. Non paucas quoque, aestate nimiiim provectâ dc- 
floratas, deformatas aut evanidas, Duriaenm, quamvis oculatissi- 
raum singularique pollentem observandi facultate, in agro Ca- 
nicensi effugisse, ipso annuente, vix dubium , quas , si justo 
tempore advenisset, inter scandantes, non verô inter sidjalpinas 
enumerasset. Eas omnes, à me in contextu uhique adnotatas, 
expungat, quicunque plantarum regionis subalpinœ in valle 
Naviegi propriarum tabulam pui'gatam atque sinceram habere 
voluerit. Ego verô, fidus peregrinaîoris interp:es , quas in- 



BENTHAM. — « ^ynopsis des Gérardiées. aaS 

feriore convalle non visas tradidit, eas omnes regioni subal- 
pinae adscribere debui , nec proprio marte, qu£e non ipse vidi , 
excludere volui. Sic quoque regionem alpinam tractabo, ad 
quara, vix paucioribus dubiis laboranteno, nunc accedo^ 

( Contlnuabilur. ) 



Synopsis des Gérardiées , triba des Scrophularlnêes. Par M. Geor 
gES Bentham. (Extrait du Companionqf the Botanical Ma- 
gazine. N. 7, t. I, p. 198). 

Dans l'introduction qui précède le Synopsis des Gérardiées que 
nous avons jugé nécessaire de reproduire ici presque intégra-, 
lement, M. Bentham donne un aperçu historique et chronolo 
gique des genres et des espèces qui composent cette tribu. 

Linné connut trois espèces américaines de Oerradia , aux- 
quelles Vahl ajouta une quatrième, Michaux une cinquième, et 
Pursh encore trois autres. Quelques-unes de ces espèces sont 
des doubles emplois , tandis que d'autres appartiennent à des 
genres différens du Gerardia. 

Nuttall a un peu éclairci l'histoire fort embrouillée de ces 
plantes, et il a fait connaître, ainsi qu'Elliott, plusieurs espèces 
nouvelles de Gerardia. Le genre Seymeria de Pursh (ancienne- 
ment \Afzelia deGmelin qu'il ne faut pas confondre avec le genre 
de ce nom placé dans les Légumineuses), a été adopté par Nuttall 
qui l'a enrichi d'une espèce dont M. Bentham constitue une sec- 
tion des Gerardia nommée Cyrtocodon. Kunth, Chamisso et 
Schlectendalontdécritplusieurs espèces mexicaines de Gerardia. 
Sprengel en a publié une nouvelle espèce rapportée des Antilles 
par Bertero et qu'il a nommée G. Domingensis. 

Les espèces de l'Amérique Méridionale décrites par Chamisso 
et Schlectendal dans le troisième volume du Linnœa, sont parta- 
gées en deux sections : la première (Dargeria) a les étamines 
exsertes, tandis que la deuxième (Gerardia) 2l les étamines plus 

VI IjOTAK. ~ Vrtohit'. li 



226 BENTHÀM. — Synojjs'is des Gcrardlees. 

courtes que la corolle. Martius, clans le troisième volume de ses 
Nova Gcnera et Speciés, a démontré l'identité du Dargei-ia avec 
YEsterhazia de Mikan , et il a réuni ce dernier genre ainsi que 
quelques espèces de Gerardia de Cliamisso et Schlectcndal au 
genre Virgulaiia de lluiz et Pavon. Le môme auteur a en outre 
publié deux nouvelles espèces qu'il a considérées comme de vrais 
Gerardia. Mais Chamisso et Sclilectendal , tout en admettant l'i- 
dentité du Dargeria avec XEstcrfiazia, ont pensé que l'exsertion 
des étamines était un caractère plus solide que celui de la consi- 
dération du fruit sur lequel jMartius s'était appuyé. M. Lentliam a 
adopté cette manière de voir: il a donc conservé le genre Ester" 
hazia^ et a placé les Fîrgidaria de IMartius dans une section 
des Gerardia (Eiigerardia). 

Un genre voisin de \ Esierhazia et publié par Nnttall sous le 
nom de Conradia qui avait été appliqué à une Gcsncriacée, a été 
adopté sous celui de Macraullicra proposé par JSullall hu-méme 
en manuscrit. 

Le Q^Qnre Sopubia de Don (Prod.fl. Népal.) n'est considéré 
par M. lîentham que comme une simple section du Gerardia. 

Il adopte le genre Melasma de Bergius pour le G. Nigrinalj.^ 
et il y place le Pliysocalyx rhinanthoïdcs de Chamisso et Sclilec- 
tendal, ainsi que le Lyncea des mêmes auteurs établi sur une 
plante du Mexique. Le Gastroineria de Don semble plus rappro- 
ché du Lophosperniurriy quoique ayant le calice et la corolle du 
3ielasnia. 

On a placé dans les Gerardia diverses plantes qui appar- 
tiennent à des genres assez éloignés, tels que des Phelipcea, des 
Canvoh'ulusï et des Franciscea. Enfin M. Bentham pense que le 
Phteirospermum de Bunge doit être réuni aux Gérardiées quoi- 
qu'il s'en éloigne par un caractère remarquable , le stigmate 
bilobé. 



BENTHOi. ^-^ Synopsis des Gérardiées. 5^^ 



Caractères de la tribu des Gérardiées. 

ScROPHULARiACEARUM Ti'ibus : Gerardie^e Benth. in Bot. Reg. v. 21. sub 
n. 1770. — Scroph. Ind. p. 12 et 48. 

Calyx gamosepalus, œstivalione vaîvata. Corolla campanulata infuudibuli- 
formis vcl tubulosa, limbo 5-fido, laciniis rotundatis planis. Stamina 4 adscea- 
dentia, omnia sœpissime fertilia. Antherœ approxiinatae biloculares, loculis dis- 
cictis parallelis, A'el rarissime altero casso divergente. Stylus simplex, stigmate 
integro sœjilus elongato lanccolato vel linguœformi. Capsula bivalvis, loculicide 
■vel septicide debiscens, valvulis integris bifidisve. Semma ssepissime testa 
membranacea laxa arilliformi inclusa. 

Les plantes de cette tribu se distinguent des Rbinanthées par 
les lobes supérieurs de la corolle non en forme de casque, et 
de toutes les autres tribus par leurs anthères et leur stigmate. 
Comme les Rbinanthées et quelques Véronicées, elles noircis- 
sent par la dessiccation. 

Tableau des Geiîres. 

* Calyx 5-dentatus vel S-fidusj cylindricus vel injlatus, 

I. EscoBEDiA. Calyx cylindricus. CorollcB lubus elongatus, lioibo amplo 5- 
Ûdo. 

a. Physocalyx. Calyx inflatus. Corolla infundibuliformis. 

3. Melasma. Calyx inflatus. Corolla campanulata. 

** Calyx 5 dentattts vel-S-Jidus, campanulatusl 

4. Esterhazta. Calyx 5-dentatus. Corolla tubuloso-infaudibuliformis. iS/<i- 

mina longe cxserta. Frutices. 

5 Macrantheha. Calyx profunde G-fidus. Corolla tubulosa, limbo parvo 
patente. Stamina longe exserla. Herbas. 

6. Seymeria. Calyx profunde 5-fîdus. Corolla lubo brevî, limbo subrotato pa- 

tente. jStomirea corolla sublongiora. 

7, Gebardia. Calyx 5-deatatus vel semi-5-fidus. Corollt^ campanulata vel 

tubuloso-campanulata. Stamina corolla brwiora. 

J5. 



228 BENTHAM. — Sfnopsïs clcs GéranUées. 

8. Glossostylis. Corolla oblique campanulata. Senùna intra mcmLranam 
lineari-cuneatam mininia. 

9? PiiTHEinosPERMOM. Corollu campanulata. Stigma Lilobura. 

*** Calyx compressus hinc /issus. 
10. Cf-nthantuera. 

ENUMj';RATrON ET CARACTJtlRKS DKS GENRES ET DES ESPÈCES. 

I. EscoEEUiA Paiiz et Pavon. 

Calyx longe lubulosus apicc S-fidus, laciniis subpalcntibus. Corolla iiifun- 
dibuliformis, îubo longo tcnui, liinbo ample 5-lobo obliquo patente. Slamina 
didynama, tubo iuclusa. ^/;i/iera? omnes fertiles, loculis basi aristatis. IlcrbiC 
Americano: , Joliis sœpius opposiiis. Pcdunculi axUlares iinijljri. CorolUo 
albœ. 

1. E . scabrifoUa (Ruiz cl Pavon S^st. vcg. FI. Pcr. cl Cbili i5») foliis 

ovatis oblongisve basi cordatis dentatis. 
Buchnera grandiflora Linii. Suppl. 387. 

Ilab. Le Pérou, la Nouvelle-Grenade (Iluinb. et lîonpl.). LcYCrsanl orien- 
tal de la Cordillière du Pérou (Mathews u. 2o48}. Minas Gérais, au Brésil 
(Langsdorir.) 

2. E. linearis (Schlecht. Liunaca 8. 246) i'oliis longe lincaribus. 

Ilab, Le Mexique. 

2. PnYsocALYx Pohl. 

Calyx inflatus 5-dentatus coloiatus, Corolla tubuloso-bypocraleriformls , 
liinbo suba;qualiter ^-loho.Stamina didynama inclusa. Anlherœ omucs fertiles, 
loculis basi breviter aristatis. Frutices Brasilienees superne dense tecti foliis 
arreclis crassiuscuUs integer rimis opposiiis alternisve. Pcdunculi axillarea 
iinijlori bibracteatl ad apices ramorum racemosi. Corollaj rubrœ vel san-" 
guineœ. 

I. P. major (Mart. Kov. Geu. et Sp. PI. Bras. 3. 2. t. 201.) foliis ovatis 
vel ovato-oblongis obîusis mucronulatis, bracteolis infra ilotes sulnilato- 
linearibus, lilamcntis glabris, antheris dorso barbatis. 
Hab. Le district des Diamans (Martius). Sierra de MueU (Scllow.) 



EENTHAM. '— Sf/wpsis dês Oérarcliées. 229 

2. P. niinor (Mart. 1. c. 3. 4, t, 202.) foliis ovatis acutiiisculis , bractcolis 

infra flores subulato-lincaribus, filamentis glabris^ autheris dorso bar- 
batis. 
Hab. Le district des Diamans (Marlius.) 

3. p. aurantiacus (Pohl PI. Bras. ïcon. 1. 65. t. 55.) foliis obovalo-ellip- 

ticis, bractcolis infra flores oblougo-lanccolalis^ filamcnîis supernG au- 
thcriscjuc dorso villosis. 
Hab. Scrro Frio dans la proyincc des Mines. (PoLl.) 

3. Mklasma. Berg. 

Nigrina Linn, Mant. — Gerardi» sp. Linn. f. Suppl. Physocalycis sp. et 
Lyncea Cham, et Schlecht. 

Calyx laxus, foliaceus, dein inflatus apice 5-fidus, Corolla infundibuliformi- 
campanulaîa, limbi lobis brevibus latis. Stamina subdidynama corolla breviora. 
Antherœ omnes fertiles, loculis basi apiculatis. Herbse Americanœ vel Capen- 
ses, foliis sœpius opposiiis ; \)eàunci\\is axUlaribiis icni-fl-oris bracieaUs sub- 
racemosis. 

t. ]\î.1 hispidum, piloso-bispidura, foliis lanceolatis subdentatis basi angus- 

tatis, pedunculis apice bracteatis. 
Lyncea hispida Cham. et Schlecht. ia Linnaea 5, 108 et 8. 24. 
Hab. Mexico. (Schiede et Deppe.) 

2. M. rhinanthoidesj scaberrimum , foliis oblongis subdentatis basi vix au" 
gustatis, pedunculis calyce brevioribus medio bracteatis. 
Physocalyx rhinanthoides Cham. et Schlecht. in Linnaea 8. 25. 
Hab. Rio Grande dans le sud du Brésil ( Sellow, Tweedic ). 

5. M. scahnlm (Berg. FI. Cap. 162. t. 5. f. 4.) foliis lanceolatis basi latioribu* 
dentatis scabris, pedunculis calyce longioribus medio biacteatis, 
'Nigrina viscosa Linn. Mant. 42. — Gerardia Nigrina Linn. Suppl. 278; 
Hab. Cap de Bonne-Espérancs. 

4. ESIERHAZIA Mikaij. 

Calyx campanulatus 5-dentatus. Corolla tubuloso-inf uudibuliformis ; limbî 
lobis ovato-rotundatis subaequalibus. Stamina didynama exserta. Antherœ ova.' 
nés fertiles, loculis basi acutis villosis^imis. ÏVutices Brasilienses ramosissimi, 
basi dénudait, foliis sœpius opposiiis integerrimis carnosulis. Flores breviter 
racemosi versus apices ramorum pedunculati, pedunculis bracieaii-s 



aSo BENTiiAM. — Synopsis des Gérardiées. 

I. E. campestris [S^tix ti Mart. Reisein Bras. i. 3o7.) foliis laiiccolatis vcl 
oblongo-îanccolalis mucrouulatis basi contraclis unincrviis, floiallLus 
pcdunculos supcrantibus, racemis subsimplicibiis (Mait.) 

Vu'gularia carnpestris Mart. Nov. Gcn. et Sp. PI. Bras. Z'j. t. 2o3. 
Hab. Le District des Diamaus (Martius.) 

». E. montana (Spix et Mart. 1. c.) foliis lincarîbiis ulriiujnc aciitis uni- 
nerviis fasciculatis , floribus calyccs supcrantiluis^ racemis composilis 
(Martius.) 

F'irgularla montana Mart. 1. c' 3. g. t. 2oi. — Geràrdia ccpsaj-ea Cbam. 
et Schlecht. Linnaîa 3, 17. 

Hab. La Province des Mines (Martius). Le Brésil tropical (ScUow.) 

3. E. splendida (Mikan Del. fl. et faun. Bras. t. 5.) foliis angustc lanceola- 

tis acutis in pctiolum angustatis, raccmo subsiniplici paucifloro folioso^ 
(Chara. et Schlecht.) 

Virgularia splendida Mart. 1. c. 3. il. — Gerard-'a gnidioides ^ Cham. 
et Schlecht. Linnxa3j 16. 

Hab. Le Brésil tropical (ScUow.) Bahia (Martius.) 

4. E. macrodcnta (Chara. et Schlecht. Linnoea 8, 26.) foliis lanccolalis basi 

angustatis apicc acutis mucronatis, panicula tcrininali pyramidata comosa, 
ramulis bifloris, pcdunculis folia raraulosquc supcrautibus, dcnlibus 
calycinis subulato-acuminatis (Cham. el Schlecht.) 
Hab. Le Brésil (ScUow.) 

5. Macraiîthera Torrcy. — Cokradia Nutt. non Mart. 

Calyx campanulatus, laciniis 5-lincaribus tubo Ion gioribus. CoroZ/a tubuîosa, 
lirnbi laciniis 5 brevibus subaîqualibus patentibus. Stamina subajqualia, cxserta. 
Antherœ erecla), omnes biloculares fertiles. Stigma tenue. Capsula subglobosa, 
acula. Herba Anicricana erecta. Folia dissecia. Flores racemosl, 

1. M. fuchsioides. 

Conradlafuchsioides Nutt. Journ. Acad. Nat. Se. Philad. 7, 88. t. î2. 

Hab. Les Etats du Sud de l'Amérique septentrionale. La Louisiane (Drnm- 
mond.) 



BENTHAM. — Synopsis des Gémrdiées. aSi 

6. Setmeria Pursh. — Afzetja Gmel. non Sm. 

Calyx campaniilalus, lacinlis 5 linearibus tubo longioiibus. Corolla tiibo 
brevi, laciniis 5 oblongis demum subrotata-pateutibus. Stamina subaequalia, 
corolla Eublongiora. Anlherœ erecta?, omnes biloculares, fertiles. Sligma tenue. 
Capsula basi globosa, apice compressa. Herbae Boreali-Americanœ^folïis 
pinnatisectis, segmentis linearibus fd'iformihusve. Flores parvi subpanicU" 
lato-racemosi. Corolla luiea. 

i, E. tenuifolia(V\xxs\i^\. Amer. sept. 2. "^5.) tenuissime viscido-pubes- 
cens, foliis sctaceo-pinnatifidis, laciniis incisis, capsulis glabris ros- 
tratis. 
Afzelia cassiozdes Gmel. Syst. Nat. 927. — Gerardia AfzeliaW\z\i. FU 
Borcali-Amer. 2. 20. — Gerardia cassioides Pers. Syst. 2. i54. 
Hab. La Caroline, la Géorgie, la Louisiane, etc. 

2. S. pectinata (Parsh FI. Amer. sept. 2. y^/.) pubcsccns, foliis pinnalifidis, 
laciniis linearibus obtusis subincisis, capsulis pubesccnfibus obtusis. 
Hab. La Caroline du sud (Pursh.) La Louisiane (Drummond.) 

7. Gera-Rdia Linn. 

Virgularia liuh et Pav. Sopubia Don. 

Calyx campanuîatus 5-dentatus vel 5-fidus. Corolla campauulata vel ven- 
tricoso-tubuloso-campanulala, limbo 5-fîdo, laciniis rotundatis scmipatentibus. 
Stamina didynama vel rarius subaequalia corolla breviora. Anlherœ nunc om- 
nes loculis 2 fertilibus, nunc loculo allero fertili, altero casso, nunc antherae 2 
fertilcs2 minores stériles. Capsula acuta vel obtusa erosîrata. Herbae suffru- 
ticesve Americance Capenses vel Indicée. Flores solitarii axillaresj sessiles 
vel pedunculati, pedunculis scepius ebracteatis. Cor oWà Jlai^a vel roseo-put' 
purea, 

Conspectus specierum, 

Sect. I. Cyrtocodon. Flores flavi. Antberse muticaî omnes fertiles. 

1-4. G. scrpyllifolia ? prostrata, virgata, macrophylla. 

Sect. IL Otophylla. Flores purpurei. Antherae muticsG 2 fertiles, a mino- 
res cassae. 

5. G. auricularia. 



23a BRNXiiAW. — Synopsis des Gérardiées. 

Sect. m. P^Dicor.AROiDES, FIo:c5 flavi. AnthcicTe I)asi arislilx, omnes 
fertiles. 

6-10, G. flava, qucicilolia, guudillora, jicdicularia , j)cclinala. 

Species itiçerlœ sedis. 

II. G. deosiâoia. 

Secl. IV. EuoERARDiA. Flofcs [Hirpurci. Aniherae acul» omnes «eqiialitcr 
biloculares ferliles. Corolla; lacinix integrx. 

• Corolla ample campanulata vel tubuloso-cainpanulata vjUosa. Ilcrbse 

suffruticesve. Austro-Aracricana;. 

12*1 7. G. digitalis, ligida , Liacliy^)hylla, lanccolata, linaiioidcs, gcuislifolia. 

** Corolla suhtuhulosa fere glabra. Herhœ Aaslro-Americanœ. 
18-20. G. angustifolia, hispidula, commiinis. 

*** Corolla subcampanulala glabra vel leviler pubescens^ Herhœ 
JBoreali-Americana. 

* Pedunculi calyce brevioresj dénies calycinis elongati. 
21-22. G. dasyanlha, helciopliylla. 

b. Pedunculi calyce brevlorea, dentés calycinis truncaù brèves, 
zS-'ij, G. fasciculata, DomingcMsis^ maritiuia, Plukenetii, purpurea. 

c. Pedunculi calice longiores. 

28-35. G. longifolia, liaifolia, pcdiiiiculaiis, filifolia, itriclifolia, tentiifolia, 
sctacea, aphylla. 

Sect. V. Dargeria. CoioUie lobi biiidi. Anthcraî omnes fertiles. 
36. G. parvitlora. 



Sect. YI. Soi'UBiA. Corollae lobi intcgri. Anlhcrarum loculus aller fertilis, 
alter cassus divergens. 

37-42 G, Sopubia, stricta, dclphinifolia , scabra, obtiisifplia, filiformis. 



BENTHAM. — Synopsis lies Gér'ârdiécsi a33 



Sectio I. Cyrtocodon. 

Cafyx profunde ^-fidus. Corolla jlava^ tuho sœpius brepi iucurvo.jintheres 
muticfv, omnes loculis 2fertilibiis. Species ovines Boreali-Americanœ, 

1 ? G. serpyllifoUa (Humb. et Kunlh Nov. Gen. et Sp. Amer. 2. 343) pro- 

cumbens, folijs ovatis oblusis integerrirais, floribus axillaribus solitariis 
sessilibus, laciniis calycinis integerrimis (Kunth.) 
Hab. La Nouvelle-Espague (Huraboldt et Bonpl.) 

2 ? G. prostrata (Humb. et Kuulh. I. c.) prostrata, foliis pinnatifidis, laci- 

niis linearibus acuto-mucronatis, inferioribus incisis. floribus axillaribus 
solitariis sessilibus, laciniis calycinis pinnatifidis incisis (Kunth.) 
Hab. La Nouvelle Espagne (Humb. et Bonpl.) 

3. G. virgata (Hurab. et Kunth. 1. c. 2. 344") erecta pubescens, foliis pin- 

natifidis, laciniis linearibus obtusis integris incisisve, laciniis calycinis 
oblongis integris dentatisque, coroUae tubo decurvo, staminibus subae- 
qualibus, antheris erectis glabris, capsula ovata acuta. 

Hab. Le Mexique. 

4. G' macrophylla-, pubescens , foliis inciso-dentatis pinnatifidis, laciniis 

ovato-vel oblongo-lanceolatis, supremis subintegerrimis, floribus subses- 
silibus, calycibus hirsutis laciniis ovatis subdentatis, coroUae tubo brevi 
incurvo intus villoso, staminibus didynamis, antheris pilosiusculis(?) 

Seymeria niacrophylla Nutt. Gen. PI. Amer. 2. 49. 

Hab. Les Etats-Unis, Ohio (Nuttall.) Kentucky (Docteur Peters.) 

Sectio IL Otophylla. 

Calyx profunde 5-Jldus. Corolla purpurea , campanulata. Stamina dldy- 
nama, antheris longiorum fertilibus, hi eviorum minoribus cassis. 

5. G' auriculata (Mich. fl. Bor. Amer. 2. 48), herba erecta. foliis oblongo- 

lanceolatis basi saepius auriculato-lobatis, floribus subsessilibus. 

Seymeria auriculata Spreng. Syst. 2. 8io. 

Hab. Les Etats-Unis, principalement les contrées de l'ouest. 



234 BïNTiiAT^r. — Synopsis des Gérardiêes. 



Sectlo III. Pedicdlaroides. 

Calyx semi-5-fidux. Corolla Jlava tubalosa-campanulata. Stamina diJjy- 
nama. jintherœ suhœqiiales, loculis hinis ferlilibus basi calcaralis. Herbas 
Boreali^Aniericanœjfoliis laliuscuUs sœpius incisis. Covollœ lobi sœpisslme 
ciliati. 

S. G. /Zara (Pursh! et Auct. an Linn.?) pubcsccns, foliis ovato-lanccolalis 
oblongisvc obtusis intcgcirimis vel sinuato-lobalîs^ calycis pubcsccntis 
laciniis oblongis obtusis tubo subbrcvioiibus. 
Hab. Les Etats-Unis, où cette espèce est commune. 

7. G. quercifûlia (Piirsh! FI. Amer. sept. 2. A2cî.) glabcnlma, foliis infc- 

rioribus amplis bipinnalifidis, supcrioribus oblongo-lanceolatis pinnatifidis 
intcgcrriraisve, calycis subinflati laciniis lanccolatis acntis tubo brc- 
vioribus. 

G. Jlava Linn. Spec 848. ex parte non Pursh. 

Hab. Commun aux Etats-Unis, 

8. G» grandijlora , pubesccns, foliis ovato-lanccolatis acutis'apicc scriatis 

basi pinnatifidis, calycibus pcdiccUo longioribus, laciniis obtusis iptc- 
gcrrirais dentalisve, corollis calyce quadruplo longioribus. 
Ilab. La province de Texas (Drummond.) 

g. G. pedicularia (Linn ! Spec. S'ig.) glabriuscula vel pubcsccns, foliis 
ovato-lanceolatis obtusis pinnatifidis, laciniis dentatis, calycibus pedi«^ 
ccllo brcvioribus laciniis dentatis, corollis calyce triplo longioribus. 
Hab. Commun aux Etats-Unis. 

10. C /5ec/i/2a/a (Torrey ! mss. ?) hirsuta, foliis pectinato-pinnatifidis, lobis 
subdentatis, calycibus brevissime pedicellatis hirsutissimis profundc 5- 
Cdis, laciniis dentatis, corollis calyce triplo longioribus. 

G. pedicularia p pectinata Nutt. Gen. PI. n. Amer. 2. 48- 

Hab. La Caroline et la Géorgie (Nuttall.) Rocky Mountains (Torrcy.) 

\\. G. û^^ws^/Zoz-a, scabro-bispida, foliis pinnatifidis laciniis anguste lioearibus 
acutis rigidis ciliato-scabris, floribus secundis spicatis, laciniis calycinis 
lanceolatis acutissimis , coroUae tubo basi attenuato apice dilatato, cap- 
sulis obtusis. 
Hab. Le Texas (Dnimmond.) 



BENTH^iM. ' — Synopsis des Gérardiêes. 235 

SeCtio IF. EUGERARDIA. 

Calyx b-dentaîus rarius semi-S-Jldus. Corolla purpureà campanuîata 
veî tubuloso-cainpanulala rarius ventricoso-tiibulosa. Antherœ subœquales y 
loculis hinis fertilibus muticis. Herbœ sujfraticesve jéiistro- et Boreali^ 
'Americanœ, foliis linearibus rarius lanceolaùs integerrimis vel infimis ra- 
rissime iiicisis, 

12. G. Digitalis, glabra, foliis lineaiibus laeviusculis^ floribus siibscssilibus', 

dcntibus calycinis brevibus truncatis muticis margine villosissimis, co- 
rollis ample campanulatis yilîosis calyce 4-5-plo lengioribus. 
Hab. Maldonado dans l'Amérique du sud(T\Teedie.) 

13. G. rigida (Gill. mss.) glabra, scabra, foliis linearibus acutissimis, floribus 

racemoso-spicatis, calycibus pedunculo longioribus truncatis, dcntibus 
brevibus acutis, corollis ample tubuloso-caropanulatis villosis calyce 4-5- 
plo longioribus. 
Hab. La province de San^Luis, dans l'Amérique du sud. (Gillies.) 

l4. G. hrachyphylla (Cham. et Scblecbt. Linnœa 3. i5.) frulicosa, glabra, 
Iscvis, foliis parvis anguste lanceoîatis mucronulatis, floribus peduncula- 
tisjdcnlibus calycinis brevibus acutis capsula ovoideabrevioribus. (Cham. 
et Sclilecht.) 

Esterhazya alpestris Spix und Mart. Rcisc in Bras. l.Sg^. — FirgU" 
laria alpestris Mart. Nov. Gen. et Sp. Bras. 5. lo. t. 2o5. 
Hab. Le Brésil tropical (Sellow.) 

15. G. îanceolala, glabra, laevis, foliis oblongo-lincaribus mucronatis basi an- 

gustatis, floribus breviter pcdunculatis, dcntibus calycinis brevibus 
acutis , corollis ample tubuloso-campanulatis villosis calyce 4-plo lon- 
gioribus. 

Firgularia lanceolata Ruix et Pavou. Sysl. veget. FI. Pcr. 161.^ — V. re- ' 
voluta Ruiz et Pavon. 1. c. 

Hab. Le Pérou, entre Huariaca et Huanuco (Matthews n. 908.) 

16. G. linarioides (Cham. et Schlecht. in Linnœa 3. i5.) glabra, scabriuscula, 

foliis linearibus acutis unincrviis, floribus racemosis, calycibus pedunculo 
brevioribus, dentibus ovato-truncatis lanceolatisve acutis tubo multo 
brevioribus, corollis ample tubuloso-campanulatis pubescentibus calyce 
4-5-plo longioribus. 
Hab. La Banda orientale, dans rAméri({'ae du sud (Twecdic.) 



236 BENTifAM. — Synopsis des Gcrardiées. 

ij, G. genistifolia (Cbam; et Scblccht. Linnasa 3. 15), glabra, scaLrîuscula, 
foliis lanceoklis acutis suLtriucrviis, floribus racemosis, calycibus pc- 
dunculo brcvioribus, dentibus ovato-tnincatis lanccolatisvc acutis tubo 
multo brcvioribus, corollis ample tubuloso canipanulatis pubcscentibus 
calyce 4-5-plo longioribus. ^ 

Hab. La Bauda orier:tale daus rAmcricjU'j du sud (Twccdic.) 

i8. G. angustifolia (Mart. Nov. Gcn, et Sp. Bras. 3. i2. t. 2o6,), pereiinis 
glaberrima, caulc erecto virgato-ramoso, foliis ultrapoUicaribus augusto- 
linearibus acutis erccto-patulis, pcduncnlis cbracteatis folia subœquanli- 
bus, calycis œqualis deutibus mucronulatiS; corollis calyces 5-plo supe- 
rantibus (Martius.) 

Hab. La Province des Mines, au Brésil (Martius.) 

19. G. hispidula (Mart. 1. c. 3. i3. t. 207.), annua patenti-hispida, caule fas- 
tigiato-ramoso, foliis ultra poUicaribus linearibus acutis patulis prœsertiin 
margine papillosis , pedunculis bibractcatis folia superantibus, calycis 
acqualis dentibus acutis, corollis calyce triplo longioribus (Martius). 
Hab. Les provinces de Piacchia et de Para, au Brésil (Martius.) 

so. G. communis (Chan>. et Schlecht. Linnaca, 3. 152.), glabra' aeyis, floribu» 
subseîsilibus, dentibus calycini» tubo longioribus, corolla tubuloso-cam- 
panulata dentés calycinos breviter exccdente. 

Hab. CorainuQ dans le sud du Brésil, depuis Rio-Janeiro jusqu'à la Banda 
orientale. 

ar. G. dasyantha (Schiede et Deppe Linnaia 5, io4.) caule bifariam pubcs-% 
cente, foliis linearibus glabris, dentibus calycinis tubo longioribus, co- 
rollis extus pubescentibus calyce subdr.plo longioribus. (Char, ex descr. 
Cham. et Schlecht.) 

Hab. Terra Fria, au Mexique (Schiede et Deppe.) 

22. G. heterophylla (Nutt. ! Trans. Amer. Phil. soc. 5. i8o) glabra, foliis 
radicalibus latis incisis, caulinis linearibus vel lineari-lanceolatis acutis 
rigidis margine scabris, floribus subsessilibus, calycibus angulatis, dentibus 
lanceolato-linearibus acutissirais tubo parum brevioribus, corollis ample 
campanulatis extus tomentoso-pubescentibus calyce 3-4-plo longioribus. 

p. grandiflora. 
Hab. Arkansas (Nuttal.) Texas (Drummond.) 

2^. G. fascieulata (EUiott Bot. of S. Carol. and Georg. 2. ii5.) scaberrima, 



EENTHAM, '-^ Spiopsls des OéraTcUèes. 23^ 

caule rigldo superne ramoso, foliis auguste linearibus acutis, pcdunculis 
brcvissimis, calycibus truncatis,dc!itibus brevibus acutis, coroUis amplis 
campanulalis leviter pubescentibus calyce 5-plo longioribus. 
Hab. Jacksonville (Drummond.) Caroline du sud et Géorgie (EUict.) 

24. G. Domingensis (Spreng. Syst. 2. 817.) perennis, tenuissime bispidula, 
caule stricto erecto subfastigiato -ramoso, foliis subpoUicaribus angusto- 
linearibus acutis ercctiuscnlis] quam pedunculi brèves ebracteati triple 
longioribus, dentibus calycis aequalis acutis , corollis calyces triplo su- 
perantibus (Mart.) 
Hab. Saint-Domingue (Bertero.) 

a5. G. maritlma (Rafin, New-York Mcd. Rep. 2. 36i.) humilis, glabra, 
carnosa, foliis linearibus obtusis , raccmo terminali, calycibus breviter 
pedunculatis truncatis, dentibus brevissimis obtusis muticis, corollis gla- 
bris campanulatis calyce 3-4-plo longioribus. 

G' crinita Eddy. — G. purpurea P crassifolia Pnrsh fl. Amer. sept. 

2. 422. 

p. grandifîora. 

Hab. Les marais salés dans les Etats de New- Jersey et de New- York, 
p. Texas (Drummond.) 

26. G. Pliiheneill (EU, Bot. of S. Carol. and Georg. 2, 1 14.) laevissima, foliis 

parvis reraotis filiformibus subfasciculatis pedunculatis calyce foliisque 
brevioribus, calycibus truncatis dentibus brevibus acutis, corollis tenuis- 
sime pubescentibus calyce vix triplo longioribus. 
Hab. La Caroline et la Géorgie (Elliott.) Le pays des Cherokees (Herb, 
Banks.) 

27. G. purpurea (Linn. Spec. 848.) foliis linearibus acutiusculis planis mar- 

gine scabris, floribus breviter pedunculatis, calycibus subenerviis,dentibu3 
acutis tubo dimidio brevioribus, corollis glabris ample campanulatis, basi 
breviter tubulosis. 

a. parpiflora , corolla vix 7-8-l!nearî. 
P. grandifîora , corolla poUicari. 

Hab. Commun aux Etats-Unis, a Botton. p. New- Jersey. 

28. G. longifoUa (Nutt. Trans. Amer. Pliil. Soc. 5. 180.) foliis angnste li- 

nearibus margine scabris, floralibus flores superantibus, pcdunculis ca- 
lyce multo lonf;ioril)Us, calycibus subgnçrviis, dentibus lanceolatis acutis 



a38 BENTHAM. '— S/nopsis des Gérardiècs. 

tubo vix breviornjus , coroUis glabris ample campanulatis basi brcvitcr 
tubulosiis. 
Hab. Arkansa (Nultal.) Red-River dans le noid-oucit (Douglas.) 

29. G. linifolia (Nutt. Gen. PI. Amer. 2 , 4/, caule virgato lœvi ramosis- 

simo, ramis apiccflorifcris, foliis lincaribusacutislœvibus vclscabriusculis 
pcdunculo longioribiis, calycibiis truncatis campanulatis minute denlatis, 
corollis amplis campanulatis , fauce pubcsceute, laciniis omnibus cilialis. 

Hab. De la Caroline du Nord à la Floride (Nuttal.) Alabama (D^ Gates.) 

30. G. peduncularis, foliis linearibus raarginc rcvolutis caulc((ue scaberrimis 

racemis pauiculatis, calycibus longe pedunculatis angiilatis truncatis, den- 
tibus brevibusacutis, corollis am|)lc campanulatis pubcsccntibus margine 
longe ciliatis calyce 4'plo longioribus. 
Hab. le Mexique (Tate.) 

31. G. Jilifolia (JSall- \. c. 2. 48.) foliis filiformibus plerisque altcrnis sub- 

fasciculalis caulcque scabris (Ix'vibusve ?), racemis paniculatis, pcdun- 
culis floriferis folio multo longioribus, calyce Iruncato dentibus brevibus 
acutis, corolla ampla vcntricoso-campanulata. 
Hab. Floride occidentale (Nuit.), Jacksonville, Louisiane et Texas (Drum" 
mond.) 

32. G. ■itri'clifolia , foliis linearibus rigidis acutissimis cauleque ramosissirao 

scabriusculis, racemis suljpaniculatis, pcduncnlls folio longioribus, caly- 
cibus truncatis dcalibus setaceis, corollis campauulali» calyce sub-4-plo 
longioribus. 
Hab. Le Texas (Drumraond.) 

33. G. tenuifolia (Vahl Symb. 3. 3g.) caule angulato Iseviusculo, foliis li- 

nearibus supra plus-minusve scabro-pilosulis, racemis pauiculatis, pe- 
dunculis folio dcmum sublongioribus, calycibus truncatis, dentibus bre- 
TÎssimis acutisj corollis campanulatis glabriusculis calyce sub-S-plo lon- 
gioribus, capsula subglobosa calycem non exccdente. 

G. erectaVîûi. FI. Car. 170. sec. Pursh. 

a. humilis, lîeviuscula, foliis maximis vix ultrapollicaribus latiusculîs, 
corolla 5-6-bnean. 

P. macrophylla , scabrior, foliis maximis 2-3-pollicaribus latiusculîs, 
corolla 7-8-lineari. 

Tf. leptophylla^ scabriuscula, elata, foliis filiformibus aaaximis yix pol- 
licaribus, corolla 6-7-lineari. 



BENTiiAM. •— Synopsis des Qérarcliées. 289 

llab. Commun aux Etats-Unis. a. Boston. P. Jacksonvillc et Saiot-Louis 
(Drummond.) 7. Jacksonvillc et Louisiane (Drummond.) 

34. G. setacen (Walt. fl. Car. 170 sec. Pursh et Nutt.) ramis giacilibus fo- 

liisquc setaceis scabriusculis, floiibus paucis longe pedunculalis^ calycis 
dciilibus breviLus setaceis, capsula ovata calyce longiore. 

P. pan'ifoUa, foliis distanlibus 3-6-lin. longis, floribiis racemosis. 

Hab. De la Pcnsylvanic à la Caroline, Saint-Louis (Drummond.) ^. Jack- 
sonvillc. 

35. G- aphylla (Nutt. Gen. PI. N, Amer. 3. 47.) ramis elongatis filiformibus 

subnudis scabris, foiiis brevibus lemo'is linearibus vel omnibus minulis 
squamaeforniibus , calycibus pedunculatis truncatis, dentibas brevissimis 
acutis, capsula globosa calyccm exccdentc. 

P. fdlcauUs, ramis gracilHrais paucifloris, floribus parvis. 
If. grandijlora y ramis rigidis, floribus racemosis majusculis. 

ILib. De la Ciroline du nord à la Floride (Nuttali.) Jacksonvillc (Drum- 
mond.) 

Sectio V. Dargerîa. 

Calyx 5-dentatuj. Corolla purpurea, lacinils emarginato-hifidis. Stamina 
didynama, antheris omnibus œqualiter hilocalarihus ferlilihus. Herba In- 
dica, foliis pinnatiRecùs laciniis linearibus. 

3G. G. parviJloralBcnih. in Wallicîi. Cat. n. 3888. Scroph. lud. 48). Caulis 
eiatus, acute tetragonus. Racemi numerosi, virgati, in paniculam amplam 
dispositi. Flores breviter pedicellati. Corolla vi.x 2 lin. longa. Capsula 
ovoideo-globosa retusa parum compressa, valvulis raaturilate recurvis 
integrîs. 
Hab. Les inonls Himalaya. 

Scciio FL SopuBiA. 

Calyx campanulatus 5-dentalusl Corollœ lacinîce infegrœ. Stamina didy" 
ma^ antherarum omnium loculoy aliero ferlili erecto allero minore divergente 
cassQ. Capsulée valvulœ sœpius hifcdœ, dissepimento apice tantam vel f ère 
ad basin deJiiscentia soluto. Herbœ Austro- Africanœ vel Indicée, foliis an~ 
gustis plerumque iucisisy inflore scentice Eugerardicarum, corollis purpureis 
flavisve. 



a4o BENTHAM. — Synopsis des Gérardiées. 

3/. G. Sopuhia, rigida, ramosa, foliis pinnatiscctis, laciniis lincaribus scabris, 
dentibus calycinis ovalis margine ciliato-membranaceis tubo multo bre- 
vioribus. 

C scabra Wall. Cat. n. 3889. Beatb. Scroi>b. lud. 49. doq Lînn. 

Sopubia trifida Hamilt. in Don Prodr. fl. Ncp. 88. 

Hab. La cbaîne de l'Himalaya. Ceylan (Macrac.) Madagascar (Lyall.) 

38. G. itricta (Bcnlb. in Wall. Cat, n. 3887. — Scroph. Ind. 4g.), aspera, 

rigida, subramosa, foliis lanccolato-lincaribus bine indc dentalis incisisvC| 
dentibus calycinis lanceolatis aculis nudis tubo multo brevioribus. 
Hab. Maitaban et Prome (Wallicb.) 

39. G. delphinifolia (Linn.! Spec. 848.) ramosissima, la:vis, foliis pinnatiC- 

dis, laciniis angusto-liucaribus , dentibus calycinis liucari-subulatis tubo 

longioribus. 
G. delphinifolia Roxb. PI. Corom. i. t. go. 
Euphrasia coromandeliana Rotll. in Syst. Veg. 2. 775. 

p. parviflora. — G. Heyneana Bcnth. in Wall. Cat. n, SSgt. 
Hab. L'Inde, principalement la Péninsule (Royle.) 

(M. Bentham donne, dans le Comp. of Bot. ma^. tab. xr, une Cgure de 
cette cspccc.) 

40. G. scabra (Linn.! Suppl. 27g.) glabra, foliis oblongo-lanceolatis integris 

Tel cuneato-3-5-(idis, margine scabriusculis, dculibus calycinis lanceo- 
latis tubo vix brevioribus , corollis tubuloso-campaaulatis calyce plus 
triplo longioribus. 

Hab. Cap de Bonne-Espérance. 

41. G. obluti/olia, canle'apice birsuto, foliis oblongo-lanceolatis integris sub- 

dentatisve oblusis scabris glabris, dentibus calycinis lato-lanceolatis ob- 
tusis tubo demum subinflato vix brevioribus, coroll s tabuloso-cai:i.p-«- 
nulaîis calyce duplo longioribus. 

Hab. Madagascar. (Herb. Hooker.) 

42. G. fiUformis (Scbum. Beskr. Guin. PI. 272.) foliis filiformibus scabrli, 

pedunculis oppositis brevibus unifloris subsolitariis (Schumacher,} 

Hab. Les environs de Pramproue et de r^^ingo, dans la Guinée (Thouning.) 



lîEiNTHAM. — Synopsis des Gérardiées. 24 1 

7. Glossostylis Cham. et Schitcht. — Starbia , Pet. Th. Nov. 

gen. rnacl. 7 ? 

Calyx campanulatus i-5-dentatus. Corolla oblique canipdnulata hreviter 
5-loba, limho inferne majore. Staraina didynama. Anthcrae omnes fertiles, 
hculis œqualibtis busi acquis. Scmina intra membranam Uneari-cuneatam 
tenuissimam niinijua, HerLaî Americanœ , Austro-Africanœ vel Austro- 
Asiaticœj asperce^ erectœ, habitit fere Melampyri. Folia opposita, sinuato- 
dentutaj floralia [seu bracteœ) busi latiora profundius dentata apice acu- 
minata. Flores subsessiles, soUtarii, alterne spicati. 

J, G. avensis (Benlh. Scropli. Ind. 49.) foliis ovato-lanceolatls lanceolatisve 
basi cuneatis brevissime peliolatis cauleque tuberculoso-asperis, calycis 
denîibus lalis acutis brevissime ciliatis. 

Hy menospermum dentatum Bentham in Wall. Caf. n. SSgS. 

Hab. Taong Dong, montagne près d'Ava (Wallich.) 

2. G. aspera (Cham. et Schlecht. Linaœa, 3,22,) foliis subsessilibus oblongo- 

lanceolatis basi truncato-cordatis cauleque hispidis asperrimis, calycis 
dcntibus latis acutis bracteisque hispidis. 

Hab. Le Brésil, de Bahia aux provinces du sud. 

3. G. capensis (Benth. Scroph, Ind. 5o.) foliis subsessilibus ovato-cordalis, 

inferioribus obtusis superioribus acumiiiatis cauleque tuberculis minulis 
scabris laevibusque, dentibus calycinis lanceolatis acutissimis bracteisque 
subnudis glabris. 

Rhinanthus scaZ)«?r Thunb. Prodr. fl. Cap. 98.? — Bartùa scabra%\)X(iw;^, 
Syst. 2. fjS. — Gerardia sessilijlora Vahl Symb. 2. 79. 

Hab. Cap de Bonne-Espérance et Madagascar (Herb. Hooker.) 
g. Phtheirospermum Bunge. 

Calyx campanulatus 5-Jidus. Corolla campanulato-ringens , labio snpe- 
riore piano bifido , lobis repUcatis , inferiore paulo longiore irifido , fauce 
/liante. Slamin^ didynama rectiuscula. Antherœ Uberœ, loculis parallelism,u- 
cronatis. Stigma bilobum. Capsula ras traça, compressa , bivaluis , bilocularis, 
polysperma. SemwA oblonga angulata, membraiia reticulata spongiosa invo~ 
Luta. (Fisch. et Meycr, Ind. Sem. Petrop. i836.) 



VI. BoTAïf. - Octobre. x6 



'1^2. DESMAziÈRES. — CrYptogaïucs TWin^elles. 

1. p. chinenae (Biinge in Fisch. et Meyer, 1. c.) Hcib.\ aunua, vel biennis, 
haliitu, foliis, calycc et capsula Pedicalaris palustri haud absiinilis, scd 
corolla foie Mimuli sordide rosea, fauce lincis 2 flavidis notata. (Fisch. 
et Meyer.) 

Hab. La Chine boréale (Bunge.) 

10. Centranthf.ra Br. 

Les quatre espèces comprises dans ce genre croissent dans les Indes orientales. 
Elles ont clé décrites dans le Synopsis des Scropliulariacces do l'Inde, par 
M. Renlbain qui n'a rien à y ajouter. 



Notice sur quelques Cryptogames nouvelles qui ont été publiées., 
en nature y dans les Fascicules xiv-xvii des Plantes cryptoga- 
mes de France, (i) 

Par J. B. H. J. Desmazières. 

Alga:-Byssoide^ , Ag. 

Protonema Brebissonii Nob. PI. cry|3t. n" 65 1. 

Filis rubro-brunneis, raraosis, intricatis; articuîis diametro 8-20-plo lon- 
gioribus. 

Cette production, fort intéressante et assez rare, nous a été 
adressée de Falaise par l'auteur des Mousses de la Normandie. 
Elle se trouve dans les communes de Carabillon et de Valdante, 
sur les rameaux et les feuilles languissantes du Buis, quelque- 
fois aussi sur les pieds du Lierre qu'elle enveloppe presque 
complètement. Ses filamens, entrecroisés et presque feutrés en 
membrane, la rapprochent du genre Mycinema. En l'introdui- 
sant dans les Protonema d'Agardh , nous pensons que ce genre 

(i) Le premier fascicule de la seconde édition de cet ouvrage viçnt de paraître. 



/ 

Di:sMA.ziKRrvs. — Cryptogames nouceiies. a43 

peut être conservé, si l'on eu fait sortir les espèces reconnues 
Dour être le premier état de végétation de quelques Mousses et 
des Prèles. 

CONÎOMTCtlTES, Fr. 

Vredo TropœoU Nob. PI. crypt. n° 837. ■ — a édit. n°37. 

Maculis lutco-|)aîlidis ; acervis hypogenis, minutis, rotundis, sparsis vel cou- 
flucntibus ; sportilis ovoidcis, suhglobosis, auranliacis. jEstate. 

Nous avons observé cet Uredo , au mois d'août, à la face 
; inférieure des feuilles du Tropœolum minus. Ses pustules, qui 
occasionnent à la face supérieure des taches confuses et d'un 
jaune pâle . ont à peine un millimètre. Elles sont nombreuses , 
éparses, quelquefois confluentes , et contiennent des sporules 
d'un jaune orangé, ovoïdes ou globuleuses, de i/5o de milli- 
mètre de diamètre. 

yEcidium Senecionis Nob. PI. crypt., n" 677- 

\Maciilis flavescentibus; pcridiis hypogenis, subcoiicentricis aut conferli.e, orc 
dentatû,. primùm contraclo, denuira patulo et reflexo ; spornlis aurantiis. iEsîalc. 

Ses péridium sont groupés, très nombreux et disposés confu- 
sément en cercles concentriques. Dans le jeune âge, ils ressem- 
blent à des tubercules qui s'ouvrent ensuite en cupules dont le 
bord est rélléchi et dentelé. Cet jEcidium^ qui se rapproche 
un peu de celui du Cirse, occasionne sur les feuilles du Senecio 
Jacohœa des taches jaunâtres ou d'un fauve clair. Nous l'avons 
rencontré dansles environs de Douay, et M. Tiilettede Clermont, 
à la pointe et aux dunes de Saint-Quentin (Somme). 

Tubercularia vulgaris , var. Betiilœ Nob. pi. crypt. , n" 762. 

Cette variété se distingue du type de l'espèce , qui se déve- 
loppe sur le Groseillier, par ses tubercules plus gros, souvent 
plissés, ou plutôt comme soudés plusietirs ensemble. Ses spo- 
rules sont plus allongées et moins grosses. On pourrait peut-être 
la considérer comme une espèce distincte. Elle est assez com- 
mune dans les environs de Lille, sur \q Betula alla. 

»6, 



<i'j4 wiSMAziKRi-s. — Cryptogames nouvelles. 

Hymenomycetes, Fr. 
Peziza hriinneo-atra Nob. pi. crypt. n" 8'i(). — 2^ étlit. , 

Sessilis, solitaria, luajuscula, subplaiia, intcgra, caniosa, fragllis, glabra.bruii- 
!!eo-atra; ascismaxiinis, cylindricis; sporidiis ovatis, subhyaliiiis. Ad tcrraiu nu- 
dam locis bumidis. Propc urbcrnlnsularum. V^cre. 

Cette Pézize, qu'il faut rapporter à la division Jleuna{Vnes, 
Sjst. //ïTT.) , a été tiouvce par nous, sur la terre nue des bords 
de fossés, dans les environs de Lille. Son disque atteint jusqu'à 
dix et douze millimètres de diamètre. 

Peziza r^w/.Lamy, in litt. — Nob. pi. crypt., n" 827. — le. 
(dit. n" 27. 

SparsasessiUs, raiiiuiissiina,globoso-applaiiala, tenon iiaa, subtomeQtosa, primo 
albo-bvalina, dein fiilva ; ascis cylindricis; sporidiis ovoidcis. Ad caules putrcs- 
centes Tami communis. Vere. — Nob. 

Cette petittD espèce , voisine du Peziza rjiicanea, nous a été 
adressée par M. Lamy, qui l'a trouvée, au printemps , dans les 
environs de Limoges, et particulièrement à Saint-Léonard, sur 
les tises mortes du Tamus communis. 

Peziza culmicola Nob. in Ilerb, et pi. crypt. , n" 828. — 2e 
v.'lit. n° 28. 

Sparsa, stipitata, turbinata;, albo-fuscescens ; raargine conuiventc, strialo, brun - 
uoo, priiiuoso; stipite crassiiisculo , subroseo ; disco concolore urcf^olato; ascis 
subclavatis; sporidiis ovoideis. In culinis gramineis siccis. Vere. 

Nous avons observé cette Pézize , au printemps, dans le nord 
delà France, sur les tiges de l'Orge et d'une autre graminée 
dont nous n'avons pu reconnaître l'espèce. M. Lamy l'a retrou- 
vée s\\r le Seigle et sur le Froment et nous l'a adressée, des en- 
virons de Limoges, sous le nom de Peziza palearuni , Lamy. 
Elle appartient à la division des Phialea , et doit être placée à 
côté de notre Peziza davellata (n" 175), et du Peziza Urticœ , 
Fers, dont elle diffère par son disque un peu plnsgrand et d'une 



DESMAZiF.KES. — Cfj ptogcimes noawelles. 2^5 

couleui" rosée comme son pédicelle. Celui-ci est lisse et presqiu; 
luisant; du reste, les bords de la cupule sont fortement striés, 
roidés en dedans et couverts d'une poussière qui , vue à la loupe, 
est d'im blanc éclatant. 

Ptrenomycetes, Fries. 

Sphœria Corchori Nob. pi. crypt. , n° 712, 

Peritheciis sparsis, uumerosis, nigiis, opacis, luinutissimis, gîobosis, sublecti^, 
aslomis, iiittjs albis, dcmum griseis ; sporidiis bruuneis, obiongis, biloculaiibus. 
Ad ramos emortuos Corchori Japonici. Prope urbem Insiilanim. Hyerae. 

Cette espèce, de la division des Subtectœ^àe Fries, offre des 
lo^es très petites, globuleuses, d'un noir mat, presque cachées 
sous l'épiderme , très nombreuses, mais distinctes les unes d^s 
autres. Leur substance interne est d'abord blanche, puis grisâ- 
tre. Vue au microscope , elle se résout en luie multitude de 
sporidies oblongues, obtuses, biloculaires , semi-opaques, d':iu 
brun noirâtre , et longues d'environ un cinquantième de milli- 
mètre. On remarque un léger étranglement à l'endroit de la 
cloison. Les sporidies du Trichotheciiim roseum , donnent tine 
idée exacte de la forme de celles de notre plante , que noiis 
avons trouvée près de Lille, en hiver, sur les tiges du Corvhorus 
Japonicus. 

Sphœria Scrophulariœ Nob. pi. crypt , n" 718. 

Pcritbeciis sparsis, rainutissimis, ii'gris, nitidis, globosis, dcmiiir. dcprcssis : 
osliolis brevibus, obtusis; ascis ciaximis ; sporidiis 7-8, viridibus, oblor-gis, ufrin- 
que obtusis, circiter i/jo millcmetro lougis; seplis 5-7. Adcapsulas ScropJiuiariœ 
aqualicœ. Grca urbem lusularum. Vere. 

Cette Hypoxylée croît au printemps, dans les environs de 
Lille , sur les capsules desséchées de la Scrofidaire aquatique. 
Ses périthécium sont épars , excessivement petits . noirs, iaisans, 
orbiculaires, d'abord convexes, ensuite affaissés dans le centre. 
L'ostiole est court et obtus ; les îhèques sont très grandes (un 
dixième de millimètre), et contiennent 7 à 8 sporidies ovales 



ctLiô DESMAZii'RES. — Cryptogames iioiwelles. 

oblongues, obtuses aux extrémités, longues d'un cinquantième 
(le millimètre environ, verdâtres, pourvues de 5^7 cloisons. 

Sphœria Lamyi Nob, pi. crypt. , n" 839. — -i^ édit. no Sg. 

Caespitosa, minuta ; perithcciis ovoideis , supcrne rugulosis, primo testaceis, 
dein Lruntieis; ostiolo panillaiformi; as'cis clavatisj sporidiis ovoideis. In ramis 
Berberidis vulgaris cniortiiis. 

Parla rugosité de ses périthécium, par leur grandeur, leur 
couleur et les groupes qu'ils forment, cette espèce a quelques 
rapports avez le Sphœria ciiinabarina , et surtout avec le Sphœ- 
ria Aquifolii : comme ce dernier, ils sont, dans le jeune âge, 
recouverts d'une poussière furfuracée d'un gris olivâtre; néan- 
moins, elle diffère du Sphœria cinnabarina, parce qu'elle est d'un 
rouge moins vif, tirant sur le brun vers le sommet des périthé- 
cium , et de tous deux , parce que les périthécium sont ovoïdes, 
qu'ils ne s'affaissent pas en cupules et qu'ils renferment des 
thèques beaucoup plus grosses. Ce n'est que dans sa vieillesse 
que notre Ilypoxylée prend la forme d'une Pézize , après que 
sa partie supérieure s^cst brisée et détruite dans l'état frais; on 
remarque à la base de cette sphérie des fibrilles blanchâtres , 
formant une couche mince et byssoide qui s'évanouit dans un 
âge avancé. Nous avons donné à cette espèce le nom du zélé 
botaniste qui nous l'a adressée de Limoges, où elle se développe 
sur le Vinettier commun. 

Sphœria caricina Nob. pi. crypt. n" 717. 

Peritheciis sparsis, minutissimis, sphaericis, mollibus, paliido-iubeUis, villosis, 
collabescendo basi umbilicatis, iiidulantibus sub maculis cpidermidis ovalis nigro- 
griseis; coUo erumpenle, ovato, disciformi, marginato^ nigro ; sporidiis liberis 
roseis, hyaliuis, navicuUformibu.s; circiter 1/100 millimetro longis, apice duobus 
appendiculis tenuissimis furcatis ; sporulis 5, minutissimis^ globosis. In foliis 
siccis Caricum. Circa urbeminsularum. Hyeme. Vere. 

Cette Sphérie, très remarquable par ses caractères, croît sur 
les feuilles des Carex . dans his environs de Lille, où nous 
l'observons , chaque année, en hiver et au printemps. 



UESMAZiÈKLis. — Cryplogcimes noui^'clles. ^47 

ûepazea Scabiosœcola, Nob. pl.crypt. , n° 'jii. 

Maculis candidis, rninutis , orbiculatis , violaceo-ciuctis; peritheciis epiphyllis , 
})unctifoimibus, solitariis, nigris; ascis longissiciis, gracilibus. In foliis vivis Sca- 
hiosce saccisœ. Circa Avcnas. Autumrio et Vere. 

Cette espèce, qu'il ne faut pas confondre avec le Sphœria 
lichenoides j var. Scahiosœcola , D C. , est partaitement distinc- 
te de toutes ses congénères. Elle présente des taches arrondies, 
(l'une à deux lignes de diamètre, d'un brun violet, marquées au 
centre d'un point blanc, lequel porte lui-même un point noir 
très petit, qui est le périthécium , toujours solitaire, renfer- 
mant des thèques grêles très allongées. Nous avons trouvé abon- 
damment cette cryptogame, en automne, dans les bois des en- 
virons d'Avesnes , sur la face supérieure des feuilles vivantes 
du Scabiosa SLiccisa y on peut aussi l'observer au printemps. 

Phoma Phaseoli Nob. pi.' crypt. , n" 843. -- 1^ édit. , n" 4^. 

Atrum, suboibiculare, coavexum, ore rotiindato apei'tum; sporidiis hyalinis, 
oblongis ; sporulis duabus globosis et opacis, ad extrenaitates ioclusis. Ad cauies 
Phaseoli^ prope urbem Insiilaruni. Autumno. 

Les sporidies de cette espèce ont environ 1/90 de millimètre 
de longueur; elles sont hyalines et renferment deux sporules 
globuleuses et opaques situées aux extrémités. L'identité de ces 
sporidies avec celles de notre Phoma Spirœœ (n° 481) est par- 
faite ; mais on distinguera le Phoma Phaseoli à ses tubercules , 
généralement plus petits, plus rapprochés, presque orbiculai- 
res et souvent plu? sailla!v!i. 



248 L)E BRÉBisso-^. — Sur les Diatomées. 

Obseuvations sur les Diatomées^ 
Par M. DE Brébissun. 

(Extr. d'une note envoyée à l'Acadcraie royale des Sciences. ) 

« Dans le moment où les importantes communications de 
M. Elirenberg ont si vivement appelé l'attention des natura- 
listes sur les Infusoires, dont les Diatomées et les Bacillariées 
doivent probablement faire partie , j'ai pensé que l'Académie 
des Sciences pourrait accueillir avec quelque intérêt les 
détails d'expériences que j'ai faites sur ces êtres micros- 
copiques. 

« Quoique le premier résultat de ces expériences ne doive 
pas avoir le mérite de la découverte, comme il l'a eu pour moi, 
qui n'ai appris que postérieurement, que M. Kûtzing avait déjà 
reconnu que l'enveloppe ou carapace des Bacillariées é^ait de 
la silice pure, je demanderai cependant la permission de mon- 
trer, le plus rapidement possible, par quels procédés je suis 
arrivé à confirmer cette observation que j'ignorais. 

« Peut-être y trouvera-t-on quelques considérations à ajouter 
ù celles qui ont été amenées par la présence des infusoires fos- 
siles dans les tripolis. 

« Depuis long-temps occupé de l'élude des Diatomées, et 
n'ayant pas encore de notions certaines sur leur degré d'anima- 
lisation, je voulais voir si l'analyse chimique ne pourrait pas 
jeter quelque jour sur ce point obscur de l'histoire naturelle. 

« Par cette raison j'avais recueilli une grande quantité de 
ces productions, ayant le désir de les soumettre à l'examen 
d'un chimiste. Le Fragilaria pectinalis^ qui se trouve dans nos 
eaux limpides , en masses considérables et assez pures, fut la 
première espèce sur laquelle j'essayai moi-même diverses ex- 
périences. Ce Fragilaria est formé de filamens plans ou très 
légèrement canaliculés, se brisant facilement aux points des 
articulations , points qui sont très rapprochés. Il se développe 
dans l'eau en flocons d'un brun rougeâtre ; en se desséchant, 
il se réduit en une sorte de poussière lamelleuse, d'un blanc 



DE ERÉBissoiN. — Sur Ics Diatomées. 249 

verdâtre, d'un aspect brillant, micacé, et douce au toucher comme 
le talc écailleuxde Briànçon. 

a Je le soumis en cet état à la calcination au moyen du chalu- 
meau. Au premier degré de chaleur , il y eut combustion 
d'une très petite quantité de matière grasse , répandant une 
odeur animale, due à la substance gélatineuse {sarcodé) qui est 
renfermée dans les enveloppes des diatomées. Les parcelles sur 
lesquelles je dirigeai le jet de flamme , arrivées au rouge-blanc, 
jetaient un éclat extraordinaire. Je laissai refroidir, et j'exami- 
nai le résidu au microscope ; alors je reconnus , non sans éton- 
nement, que ces filamens si ténus, dont l'épaisseur de l'enve- 
loppe siliceuse atteint à peine i/5oo de millimètre, n'avaient pas 
éprouvé, sous le feu violent du chalumeau, la moindre défor- 
mation. A la vérité, les articles ou loges étaient vides , mais leur 
forme, leurs stries les pins délicates étaient absolument telles 
qu'elles sont dans Tétat vivant. On en pourra juger par les 
échantillons que je joins à cette note. 

« Par la calcination dans le creuset, j'obtins le même résultat. 
La masse pulvérulente, verdâtre avant la calcination, était de- 
venue blanche, sèche, âpre sous les doigts, et inattaquable par 
l'acide nitrique. C'était de la silice pure , comme j'en fus con- 
vaincu par le verre soluble dans l'eau , que me fournit sa fusion 
avec l'hydrate de potasse. 

J'ai répété ces expériences sur un grand nombre d'espèces des 
genres Me loseira, Diatoma, Gomphonema, Frusiulia, etc., et 
toutes m'ont donné un résultat semblable en me fournissant, 
sans se déformer, une matière pulvérulente blanche, qui est un 
véritable tripoli artificiel^ et qui a la propriété de décaper les 
métaux comme les substances employées dans les arts sous le 
nom de tripoli. 

<.<■ he J\auicuia viridis, Ehrenh. , commun dans nos eaux, 
donne, après la calcination , une poussière blanche dont l'as- 
pect, sous le microscope , est identique avec celui que présente 
le dépôt silicieux de Franzensbad , observé par- M. Ehrenberg. 
Les espèces de la section-des Desmidiacées, établies par M. Kiit- 
zing dans les Diatomées , m'ont offert une constitution tout-à- 
faît différente, et j'en ai tiré une nouvelle preuve de la néces- 



25o DE BRÉ31SSON. — Sur les Diatomées. 

site de séparer les Diatomées des Desmidiées, dont elles diffèrçiit 
d'ailleurs par beaucoup d'autres points de leur organisation. 

ce Les vraies Diatomées ( section des Diatomacées de M. Ki^t- 
zing) ont un test fragile, souvent prismatique et strié en t^-a,-. 
vers, formé de silice , ne se décomposant point par la dessicca- 
tion, ni même par la calcinalion. Elles sont munies intérieure- 
ment d'une substance gélatineuse ou muqueuse ( /e j«rco<:/e), 
jaunâtre, tirant plus ou moin-; sur le roux. Elles sont douées 
d un mouvement prononcé, et leur pesanteur spécifique est 
plus grande que celle des desmidiées. Lt;ur reproduction, ou 
plutôt multiplication , s'opère par la séparation médiane et lon- 
i^itiidinale de l'uidividu adulte en deux autres individus qui lui 
sont semblables , de même longueur, mais qui , par conséquent, 
sont d'abord plus étroits. 

« Les Desmidiées ( composées des genres Dcsniidium, Helie- 
rella^ ou Mlcrasterias, Closteriuni ou Lunu/ina, Binatella, etc.) 
ont une enveloppe membraneuse qui se déforme par la dessic- 
cation, et qui, par la, combustion, comme je l'ai épro^ivé, sç ré- 
duit en charbon et en cendres. Ces débris ne présentent plus 
au microscope la moindre apparence qui rappelle leur ancienne 
origine. 

Elles renferment intérieurement un e/zJoc/trcjm^ ou clironiule 
granuleux, souvent disposé en lames rayonnantes, presque 
toujours de couleur verte. Elles sont rarement douées de mou- 
vement. 

« Les Desmidiées se reproduisent probablement par propa- 
gules ainsi que les Diatomées, mais elles ont de plus un mode 
de reproduction qui a lieu par le moyen d'une séminule se 
formant par la réunion de l'endochrome dans un tube d'accou- 
plement qui s'établit entre deux individus rapprochés. 

« Les Desmidiées, dont la disposition est généralement binaire, 
ont encore un mode de multiplication , par la division /m/zs- 
<^er^<2/^ d'un corpuscule eu deux parties, qui, chacune de leur 
coté, émettent à leur point de section une portion semblable à 
celle qu elles ont perdue , et qui croît rapidement de manière à 
former deux individus complets. 

« Voici les considérations qui me portent à ne pouvoir regar: 



DE BRÉBissON. — Sur les Diatomées. aSi 

(1er les Diatomées et les Desmidiées comme deux sections ap- 
partenant à la même tribu; considérations auxquelles je pour- 
rai, plus tard, donner plus de développement en présentant de 
nouveaux faits et des observations plus étendues, si l'Académie 
des Sciences daigne leui' accorder quelque intérêt, et accjieillir 
mes travaux avec l'indulgence dont ils ont besoin. » 



N^ote de M. ÏURPiiy ajoutée aux observations de M. de 

Brébisson. 

« Trois échantillons représentant deux des productions or- 
ganisées soumises aux recherches intéressantes de M. de Bré- 
bisson accompagnent, comme preuves, le résultat obtenu par 
ses curieuses expériences. La première de ces productions est 
le Frai^ilaria pectiiialisy Lyngb., à l'état naturel , desséché et 
à l'état calciné. La seconde est le Navicula viridis au seul état 
calciné. 

« Le Fragilaria pectinalisy dont les filamens ont pour dia- 
mètre à- peu- près 1/20 de mill., se compose d'un grand nombre 
d'articles uniloculaires, trois ibis plus larges que haut, incolores, 
transparens comme du cristal, finement striés dans le sens de 
leur plus grande longueur, paraissant comme liés entre eux par 
deux globules colorés et contenant, dans leur intérieur , une 
petite niasse fusiforme, granuleuse, d'un jaune ambré, qui est la 
seule partie organisée et vivante de cette élégante production 
qui, quoique sans mouvemens apparens, paraît avoir quelque 
chose d'animalisé dans la nature de sa substance colorée ou 
sarcode. C'est à la réunion de tous ces petits fuseaux colorés, 
que je considère comme autant d'individus distincts renfermés 
isolément dans chacune des loges d'une sorte de coquille sili- 
ceuse, filamenteuse et multdoculaire, qu'est due la couleur brun- 
chocolat que présente, à Toeil luj, le Fragilaria pectinalis ob- 
servé en masse. 

i< En se séchant, cette pcoduction perd sa couleur naturelle 



•1^1 DE BRÉBissoN. — Su7' Ics Dlaiomées. 

et devient d'un vert blanchâtre, brillant et comme amiantacé. 
Ce changement de couleur après la vie , changement que 
j'ai déjà fait connaître dans un mémoire en parlant du 
Nauicula scalprum qui couvre en brun-chocolat les vases 
découvertes de nos ports , et du G-irodella comoidcs , 
Gaill. (i), si commun sur les corps calcaires et les cailloux re- 
couverts à chaque marée, me semble offrir une preuve tic la 
presque animalité de ces productions, confondues jusqu'à ce 
jour avec les véritables conferves, qui ne présentent point ce 
caractère. 

« C'est dans cet état de dessiccation et de chan<iement de cou- 
leur du brun-marron au vert amiantacé, que M. de Brébisson 
présente à l'Académie un échantillon du Fra^llaria peciïnaUs 
vu à l'œil rui ou même à la loupe. Cet échantillon consiste en 
un amas considérable de fragmens ou paillettes argentées, in- 
colores, et d'une |Hdviscule verdâtre. Ces fragmens, observés 
ensuite sous le microscope, montrent un grand nombre de hla- 
mens plus ou moins longs qui n'ont subi auciuie altération dans 
l'enveloppe siliceuse, mais seulement dans la partie intérieure 
fusiforme, vivante qui, par la mort, s'est entièrement déformée, 
contractée et passée du brun-marron au verdâtre. 

« Un second échantillon delà même production fait connaî- 
tre les changemens qui s'opèrent par la calcination et fournit 
mie preuve nouvelle de la nature siliceuse de l'enveloppe si fra- 
gile de ces êtres microscopiques. En ce nouvel état il n'y a d'au- 
tres différences que celle d'être passée du verdâtre au blanc (2). 
Quelques fragmens portés sous le microscope expliquent bien- 
tôt en quoi consiste ce changement de couleur. On voit, non 
sans admiration , que les filamens si délicats, si minces et si 
flexibles ont entièrement résisté à l'action d'un feu violent et 
que la combustion n'a atteint que la partie mucilagineuse et 
organisée de l'intérieitr des loges ou articles du filament et à un 
tel point qu'il n'est plus possible d'en retrouver la moindre trace 
sous le microscope. 



(i) Conferva comoidesYy\)\^\ 

(a) C'est »m vériiable blanchimeut, semblable à celui de ramiantc obtenu par le feu. 



DE BRtBissoN. < — SuT Ics Diatomées. 2 53 

(c Uti troisième échantillon offre, entre deux lamelles de talc, 
bon nombre d'individus calcinés du Navicula viridis, Ehrenb. 
Comme dans le Fragilaria pectinalis., le feu a dévoré la sub- 
stance verte organisée et animalisée; mais il n'a porté ajjcune 
atteinte à l'enveloppe ou carapace siliceuse de cet infusoire : 
on y voit, de la manière la plus nette, la côte médiane et les 
élégantes stries transversales qui caractérisent la coquille ou 
carapace de ces animalcules microscopiques et siabondans dans 
presque toutes les eaux. 

« Ces individus du Nau>icula viridis calcinés, comparés sous 
le microscope avec ceux à l'état fossile envoyés de Berlin, et 
composant, en grande partie toute la masse de certains tripolis, 
n'offrent aucune différence. Dans les uns et les autres il ne 
reste que l'enveloppe ou carapace silicieuse, incombustible, in- 
colore et transparente comme du cristal. Dans les deux cas, 
c'est la substance organisée et animalisée qui est détruite et qui 
a complè^^ement disparu. 

a II ra'y a véritablement qu'une différence de temps entre le 
résultat observé par M. Ehrenbe.rg et celui produit artificielle- 
ment par M. de Brébisson. Le premier est dû à une combustion 
lente et naturelle de la partie mucilagineuse et organisée, tandis 
que le second s'obtient instantanénjent en brûlant avec violence 
cette même partie. 

« Il résulte de ces expériences que M. de Brébisson fabrique 
une sorte de tripoli artificiel, puisque, comme ceux que l'on 
trouve tout formés dans la nature, son produit est une agglo- 
mération d'enveloppes siliceuses ayant fait partie, comme co- 
quille ou enveloppe, de plusieurs espèces d'êtres organisés. 

ce Ces petites coquilles très dures, mais pourtant très fragiles, 
et dont la cassure rappelle celle du verre, étant souvent brisées 
ou pouvant se briser sous l'action du frottement, il n'est pas 
étonnant que de tels fragmens soient très propres à gratter, à 
nettoyer ou a décaper la surface des métaux. » 



254 ^' BORLAU. — Euphrasia Jaubertiana. 



Description de /^Euphrasia Jaubertiana, nouvelle espèce du sous- 

genrp. Odontites. 

Par A. Bureau. 

Depuis la publication de notre Programme Ti), des recher- 
ches actives et bien dirigées nous ont enrichi d un i!;rand nom- 
bre de faits nouveaux et des plus intéressans, que nous ex- 
poserons dans la Flore du centre de la France^ ouvrage 
dont la rédaction nous occupe en ce moment. Notre intention 
n'est pas d'énumérer ici ces nouvelles conquêtes (a); une es|)èce 
d'Euphraise cpu parait nouvelle pour la science sera seule l'objet 
de cette note. 

Euphrasia Jaubertiaiva Nob. (3) 

E. lulea Dubois Fl. Orl. p. 34 1, et forsan mult. alior. aucî. 

non li. 

E. f' liis lineari aciminatis bractcisque suL integris; dcntibus calycinis brevi- 
bus lanceolatis obtiisiusculis ; corollâ subasqtiab, labio superiore arcuato, infe- 
riore crecto lobis integris; staininibus styloque non exsertis , aothcris ovatis 
subtus laeviter barbaiis. 

Var. fi. chrysanlha Nob. 

Habitat in arvis post messes, et in campcstribus calcareis. 

Descr. Toute la plante teinte d'iuie coideur rougeâtre est cou- 
verte de petits poils courts, blanchâtres, apprimée. La tige 
droite, tétragone, se divise presque des la base en rameaux ou- 
verts ascendaiis. l^es teuillts linéaires acumine'es, larges de une 
à deux lignes, longues de quatre à six lignes, sont épaisses, ponc- 
tuées, âcabres sur les bords; les inférieures sont à peine dentées, 



(i) Programme de la Flore du centre de la France, in. 8. Nevcrs, i835. 

(2y' ISous pourrions mentionner parmi celles-ci , comme ne se trouvant pas décrites dans le 
Botanicon gallicum, les Viola slagnina el pratensis Koch, Centaurea liyhnda AIL, Scorzonera 
glastifolia W. , Ori'banche uUcis Desm. , Arenaria conimbriceiisis Brot, etc. Nous devons aux 
bienveillantes communications de M. Gay l'exacte détermination de cette dernière , qui ne 
figure daus aucun ouvrage français. C'est aussi d'après les avis de ce savant que je me suis décidé 
à décrire comme nouvelle l'espèce qui fait l'objet de ce travail, 

(i) Je dédie cette planle à M. le comte Jaubert , député du Char, et botaniste zélé. C'est 
sous ses auspices et avec sa coopération que s'exécute eu ce moment la Flore du centre de la 
France. 



A. EOREAU. — EuphrasiaJauhertîanU. ^55 

les supérieures sont très entières, ainsi que les bractées qui 
sont lancéolées. L'inflorescence se compose de grappes termi- 
nales à fleurs très courtement pédicellées. Le calice ponctué of- 
fre quatre lobes un peii obtus, ne dépassant pas le tube de la 
corolle. La corolle pubescente a ses lobes presque égaux; la lè- 
vre supérieure est arquée et pliée en casque ; l'inférieure est 
dressée à lobes entiers, les latéraux obovales un peu concaves, 
l'intermédiaire presque carré. Le style et les étamines ne dé- 
passent pas la longueur de la corolle. Les filets cylindriques et 
presque glabres, supportent des anthères ovoïdes, courtement 
mucronées, un peu barbues en dessous. Le style est couvert in- 
férieurement de poils ouverts; le stigmate est capité. La capsule 
ovoïde est un peu comprimée au sommet, couverte de poils 
blanchâtres, plus courts c]ue le calice ou le dépassant un peu 
à la maturité. Les graines sont ovales elliptiques, marquées de 
sillons longitudinaux entre lesquels on distingue des stries trans- 
versales. La taille de la plante varie de 4 à i8 pouces. 

Les fleurs sont inodores, d'un jaune pâle ochreux, passant 
rarement au jaune doré, parfois lavées à l'extérieur d'une lé- 
gère teinte rosée. Elle fleurit en septembre et octobre. Habite 
les champs calcaires qu'elle couvre quelquefois après la moisson, 
et les pâturages élevés. Champs d'Ardéné, prèsNevers; coteaux 
de la Loire à Tronsanges (Nièvre.) — Indre et Saint- Ay, près 
Orléans (Dubois), (i) 

La variété que je n'ai pu suffisamment étudier sur le vif, 
diffère beaucoup du type par son aspect et son port : toute la 
plante est d'un vert tendre, ses rameaux sont redressés et moins 
ouverts; ses feuilles et ses bractées sont lancéolées et dentées; 
les lobes du calice sont un peu plus étroits et aigus; les corolles 
sont d'un beau jaune doré et un peu odorantes ; les anthères 
paraissent peu différentes. Elle croît dans les taillis clairs des 
coteaux calcaires et les pâturages secs. Nièvre : coteaux de Va- 
rennes-lès-Nevers , Pougés, Parigny-lès-Vaux, Saint-Parize-le- 
Châtel. — Cher: pâturages entre Lissay et Bourges, Morthomier, 
Troug, Allouy, Quincy. — Indre : entre Condè et Issoudun. (a) 

l^Euphrasia Jaubertlana a le port de 1'^. Odontites et lors- 
qu'elle n'a pas été bien préparée, elle pourrait sur le sec être 



(i) D'dprès des échantillons reçus d'Orléans. 

^2) Ces diverses localités sont représentées par des échantillons authentiques conservés, tant 
dans mon herbier que dans celui de M. Saul, habile observateur qui depuis deux ans' s'est 
spécialement livré à l'exploration du département du Cher. 



256 A. BUREAU. — Euphrasia Jaubertlana. 

confondue avec elle (i); mais elle offre des caractères distinc- 
tiis qui ne permettent pas de l'en rapprocher. L'^. Odontites 
en diffère, en effet, par ses corolles dont les lèvres sont très 
inégales^ la supérieure droite et tronquée au sommet, l'inférieure 
très ouverte moitié plus courte quel'aulrejà lobes étroits, oblon^s, 
l'intermédiaire un peu émarginé; ses étamines ont leurs filets 
comprimés et glanduleux ; les anthères sont adhérentes entre 
elles, le style offre quelques poils très courts et un stigmate plus 
gros marqué d'un sillon transversal. 

L'extrême confusion qui a régné jusqu'ici parmi les Euphrai- 
ses à fleurs jaunes, a pu faire comprendre notre plante, avec 
plusieurs autres espèces, sous le nom d'^. lutea (2) , mais cette 
dernière s'en éloigne considérablement par ses corolles à lèvres 
très écartées et très ouvertes^ et par ses étamines très saillantes 
à anthères ôblongues et glabres. 1J£. lanccolata Gaud. offre 
ce dernier caractère, et se distingue en outre par ses calices à 
lobes allongés et très aigus, ses larges feuilles et ses bractées 
dentées, etc. 

L'étude que nous avons faite des espèces françaises apparte- 
nant au sous-genre Odontites , nous engage à en présenter ici 
le tableau analytique. 

Î Fleurs rouges ou blanches. 2. 

Fleurs jaunes 3. 

1 Feuilles entières, calice égalant presque la corolle. E. corsicaLois. 

I Feuilles dentocs, cdlice j)lus court que la corolle. E* Odontites L. 

~ i Inflorescence parsemée de [)oils granuleux. ... 4. 

( Inflorescence dépourvue de poils granuleux. . . 5. 

, ( Corolle dépassant peu le calice E. viscosa L. 

( Corolle 4 à 5 fois plus longue que le calice . . E. lungijlora Lam. 

r \ Tige couchée, corolle dépassant à peine le calice. E. corsica Lois. 
I Tige droite, corolle plus longue ([ue le calice. . . 6. 

Aothèies ovoides, munies en dessous d'au fais- 
ceau de poils £. Jaubertiana N. 

Anthères oLlougues' et glabres. 7. 

( Feuilles linéaires étroites peu ou point dentées. . E. lutea L. 

' I Feuilles larges, lancéolées, fortement dentées. . E.lanceolataGaud. 

(i) CeUe affinité pourrait faire supposer que notre plante est une hybride des E. Odontites 
et lutea; mais celle-ci ne croit pas dans la même contrée, et forsque l'E. Odontites se trouve 
dans le voisinage de \'E. Jaubertiana , celle-ci s'isole par groupes sans se mêler avec elle. 

(2) Il existe deux formes de YEuphrasia lutea S. , qui , comme le dit fort judicieusement 
M. soyer-Villemet dans ses Observations (p. 109 ) , constituent à peine deux variétés : l'une 
a les feuilles inférieures légèrement dentées , et forme VE. lutea des auteurs; l'autre a presque 
toutes ses feuilles entières, et constitue leur E. Unifolia. 



KD. epach. — Sur les Cistacées. a 67 



Oeganoghapuie des Cistacjées, 

Par M, Edouard Spach. 

Un nouveau travail au sujet d'un groupe composé en majeure 
partie de végétaux indigènes, paraîtra sans doute superflu à beau- 
coup de personnes; néanmoins, à en juger d'après les ouvrages 
même les plus récens, les prétendus caractères des Cistacées ne 
reposent que sur des notions vagues et très superficielles. Je me 
flalte d'avoir rempli cette lacune en examinant comparative- 
ment, jusque dans lenrs moindres détails, presque toutes les 
Cistacées déjà décrites, ainsi que plusieurs espèces nouvelles: 
méthode à la vérité peu expéditive, mais propre du moins à 
démontrer la nullité des classifications théorétiques fondées 
sur des observations partielles. 

La famille des Cistacées , telle que l'envisagent aujourd'hui 
la plupart des botanistes, est, comme l'on sait, constituée par 
les genres Cistus , HeUanthemum , Hudsonia et Lechea. C'est 
aussi presque uniquement aux espèces comprises dans ces qua- 
tre genres, que se bornent les recherches dont je vais exposer 
ici les résultats. Toutefois, j'ai lieu de croire, qu'une révision - 
approfondie de plusieurs familles voisines des Cistacées, notam- 
ment des Portulacées, des Bixinées, des Tiliacées et des Flacour- 
tianées, enrichirait probablement les premières d'un certain 
nombre d'espèces rangées à tort parmi les autres. 

Je ne m'étendrai point sur la durée, le port, les feuilles et 
l'niflorescence des Cistacées, n'iiyant que peu de chose à ajouter 
à ce que l'on connaît déjà à ce sujet. 

La végétation des Cistes à feuilles non persistantes, offre une 
particularité que je ne crois pas devoir passer sous silence. Dans 
ces plantes, les feuilles développées sur les jeunes pousses, 
pendant les premiers mois de la belle saison, tombent ordi- 
nairement dans le courant de l'été, dès qu'il naît de nouveaux 
ramules à leurs aisselles; les feuilles qui garnissent ces ramules 

VI, — RoTAK. — Novembre. 17 



2 58 £!>• SPACH. — Sur les Cislacées. 

offrent presque toujours des iormes très différentes de celles des 
feuilles primaires et changent totalement l'aspect de Tespèce. 
T^i'inflorescence est très variable dans beaucoup d'espèces : aussi 
les caractères tirés du nombre et de la disposition des fleurs, ne 
sont-ils d'aucune valeur, en beaucoup de cas. 

Calice. 

Le calice, toujours continu avec le pédicelle et inadbérent, 
prend plus ou moins d'accroissement après la floraison et per- 
siste au moins jusque vers la maturité du fruit : tians la plu- 
part des espèces, il se maintient long-temps après la déhiscence. 
En général, il se compose de deux verticilles distincts : l'un in- 
térieur, complet, à trois sépales soudés par la base ou rarement 
presque libres; l'autre extérieur, ordinairement incomplet, 
c'est-à-dire à deux sépales , parfaitement distincts les uns des 
autres, mais adnés par leur base au petit godet formé par la sou- 
dure des sépales du verticille intérieur, alternes avec deux de 
^eux-ci de manière à laisser vide la place qu'occuperait le troi- 
iième sépale du verticille extérieur; en effet, dans certaines 
espèces habituellement pentasépales (par exemple les Cistus vil- 
losiis et C. albiclus\ on trouve assez souvent des fleurs dont le 
calice offre les deux verticilles complets, c'est-à-dire six sépales 
bisériés, les trois sépales intérieurs alternant avec les trois sépales 
extérieurs (i); dans plusieurs espèces, au contraire (par exemple 
les Cistus candidissimus, C. Clusii, etc.), le verticille extérieur se 
réfluit souvent à un seul sépale (toujours correspondant à l'axe 
d'un entre-deux du verticille intérieur), ou bien il manque entière- 
ment, ce que d'ailleurs d'autres espèces offrent comme caractère 
constant, et qui, par conséquent, sont toujours trisépales. Les 
sépales du verticille extérieur sont le plus souvent beaucoup plus 
petits que ceux du verticille intérieur, ce qui les a fait envisager 
dans plusieurs espèces comme étant des bractéoles; mais d'au- 
tres fois ils sont presque aussi grands ou même plus grands que 

- (i) Les Cistacées à fleurs accidentellement 6-sépaIes, offrent aussi six pétales; mais le 
nombre normal dis placentaires et des vahes, c'est-à-dire celui de cinq, reste le même. 



ED. sPACii. — Sur les Cistacées. 269 

les sépales intérieurs, lesquels clans ces cas se trouvent recouverts 
en tout ou en partie par les premiers; leur estivation est val- 
vaire ou distante, et très souvent ils restent réfléchis ou étalés 
après la floraison; les sépales du verticille intérieur sont toujours 
plus ou moins inéquilatéraux et voûtés, mais rarement inégaux 
entre eux (i); sans exception ils se recouvrent plus ou moins 
dans le bouton, et le côté recouvert offre un rebord membra- 
neux ou scarieux ordinairement très large; en outre, leur partie 
supérieure est très souvent contournée en estivation; étalés ou 
réfléchis au moment de l'épanouissement de la fleur , ils re- 
prennent immédiatement après l'anUièse leur position primitive 
(sauf la torsion), et la conservent jusqu'à la maturité du fruit ; 
mais alors, suivant les espèces, ils se détachent dans les unes, 
et s'étalent ou s'écartent plus ou moins dans les autres. 

RÉCEPTA.CLE. 

Le réceptacle se prolonge quelquefois en stipe staminifère 
très marqué, et articulé à la base de l'ovaire (2), mais en géné- 
ral il ne forme qu'un bourrelet peu saillant. 

Disque. 

Dans la plupart des Cistacées, on observe un petit godet sta- 
minifère plus ou moins charnu, inséré au réceptacle, inadhérent 
mais engainant la base de l'ovaire, et qu'on envisagerait peut- 
être à plus juste titre comme un androphore que comme un 
disque proprement dit; car, lorsque les étamines sont peu nom- 
breuses , ce corps est mince et évidemment formé par la con- 
fluence de la base des filets. Ce godet manque dans les Cistacées 
dont les étamines sont insérées sur un gynophore. 



(i) Lorsqu'il y a inégalité entre les trois sépales intérieurs (comme dans les Cistus hirsutus , 
C. monspessuïanits , etc. ) , deux de ces sépales sont égaux, conformes, et plus petits que la tioi- 
sième , lequel est presque semblable aux deux sépales extérieurs. 

(2) Ce stipe réceplaculaire ne doit pas être confondu avec un rétrécissement stipitiforme de 
la base de l'ovaire, qu'on observe dans beaucoup de Cistacées, mais qui n'est jamais ni articulé 
ni staminiférc. ^ 

17- 



•i6o ED. SPA.C.IÏ. — Sur les Cis tarées. 



Corolle. 

I.a corolle (nulle dans quelques espèces) n'offre qu'un seul 
verticille de pétales soif isonière§, soit anisomères avec les sé- 
])aies, et toujours distincts. 

Lorsque les pétales sont au nombre de cinq dans des fleurs 
soit à cinq, soit à quatre, soit à trois sépales(i), ils n'alternent ja- 
mais avec les sépales, ainsi qu'on l'avait supposé à tort jus- 
qu'aujourd'hui; mais dans les unes comme dans les autres ils 
n'affectent aucune symétrie régulière ni constante relativement 
au calice. (2) 

Lorsque les pétales sont au nombre de trois (3), ils alternent 
avec les trois sépales du verticille intérieur. 

Dans la tribu des CistéeSy les pétales, sans exception très- 
caducs et insérés au réceptacle sous le disque, sont chiffonnés 
avant la floraison et contournés en sens inverse des sépales in- 
térieurs. 

Dans la tribu des LécJiidiées^ les pétales persistent en général 
plus ou moins long-temps et prennent même quelquefois de 
l'accroissement après la floraison; ils ne sont ni contournés ni 
chiffonnés en eslivation, mais simplement imbriqués, et ils s'in- 
sèrent à la base d'un réceptacle stipitiforme, ou,par exception, 
au sommet mémede ce stipe. Dans quelques espèces seulement 
de la même tribu, la fleur primordiale de chaque inflorescence 
est ordinairement 5-pétale, tandis que toutes les autres fleurs 
sont apétales. 

Étamines. 

Les étamines sont libres (à moins qu'on ne préfère envisager 
le disque comme un véritable audrophore), marcescentes, uni* 

(i) Cette conformation est commuoe à la plupart des espèces, et, conjointement avec quel- 
ques autres caractères, elle constitue ma tribu des Cistées. 

(a) Je suis arrivé à ce résultat en examinant sur le vivant un grand nombre d'espèces. 

(3) Les Cislacées tripétales, conjointement avec les apétales, constituent ma tribu des 
Léchidiées ; toutes ont un calice pentasépîje. 



KD. sp.vcij. — Sur les délacées. aÇi 

ou pUiii-sériées. Dans la Iribu des-Cistces, leur nombre est gé- 
néralement indéfini et très varié (de 7 à 100 ou même plus; 
très-souvent d'environ 20 à 3o). Dans la tribu des Léchidiées, 
il n'y a très habituellement que trois étamlnes, lesquelles, dans 
ce cas, alternent avec les trois sépales intérieurs et correspon- 
dent par conséquent aux pétales. En général , elles s'insèrent 
soit au bord, soit à toute la surface extérieure du disque, lequel 
emboîte la base de l'ovaire comme une cupule; mais lorsqu'il 
n'y a point de disque, ce qui n'arrive que dans les Léchidiées, 
elles s'attachent immédiatement au sommet d'un gynophore, 
ordinairement stipitiibrme. 

Les filets, capillaires ou filiformes et souvent un peu épaissis 
vers leur sommet, paraissent souvent tétraèdres à un fort gros- 
sissement ; ordinairement les supérieurs sont plus longs que les 
inférieurs. Lorsque les pétales sont contournés en estivation , 
les filets suivent la même direction ; mais pendant la floraison 
ils sont toujours rectilignes et plus ou moins divergens. Dans 
plusieurs espèces, on trouve au dessous des filets anthérifères 
un verticille de filets stériles moniliformes , d'une conformation 
celluleuse très particulière , et assez semblables aux étamines 
stériles du Spaj'mannia (voy. pi. 16, fig. 8 et 9). Les filets d'une 
Léchidiée du Mexique {Tœniostema micranthum Nob.) sont li- 
néaires-spathulés et aplatis; ceux du lielianthemum scjuamma- 
tum sont irrégulièrement soudés en trois ou quatre faisceaux al- 
ternes avec des filets libres. 

Les anthères de forme (souvent variable dans la même fleur) 
hnéaire, ou oblongue, ou ovale, ou elliptique, ou suborbiculaire, 
obtuses ou échancrées au sommet , sont toujours fixées au filet 
par leur base ou peu au dessus, moyennant un connectif con- 
tinu (v. pi. iG, fig. 6 et 7I) et ordinairement linéaire; elles se 
composent sans exception de deux bourses parallèles, contiguës 
antérieurement, avant l'anthèse partagées chacune en deux 
coques par un profond sillon longitudinal, par lequel s'opère la 
déhiscence (v. ibid.). Chaque bourse s'ouvre en deux valvules 
dont l'une, appartenant à la coque antérieure, se replie en avant 
et s applique contre la valvule correspondante de l'autre bourse, 
qu! se replie de la même manière, tandis que les valvules posté- 



262 iD. SPACH. — Sur les CLstacéca. 

rieures de l'une et de l'autre bourse se déjettent en arrière et 
s'appliquent aussi Tune sur l'autre; de sorte que l'anthère des 
Cistacées, observée après l'anlhcse, quoique alors sa forme dif- 
fère plus ou moins de celle qu'elle avait avant la déhiscence, 
offre encore deux bourses simples en apparence, mais formées 
chacune par le rapprochement de deux valvules appartenant à 
des bourses différentes (i). Les bourses poUinifères sont pres- 
que toujours plus larges que le coruiectif, d'où résulte que les 
anthères sont en général beaucoup plus larges que les fdets. 
Seulement dans le Tœniostema , l'anthère se distingue à peine 
du filet par sa largeur. 

Pistil. 

L'ovaire, de forme ovale ou subglobuleuse, est toujours iii- 
adhérent, et souvent il se rétrécit brusquement en un court sup- 
port stipitiforme (2), engahié par le disque. La cavité de l'ovaire 
est ou parfaitement uniloculaire, ou plus souvent divisée par des 
cloisons endocarpienlies en 3, 5, ou par exception 6-10 loges 
soit |)resque comj)lètes, soit incomplètes: car tantôt les cloisons 
sont assez développées pour atteindre à peu de chose près l'axe 
( idéal ) du pistil , et tantôt elles se trouvent réduites à une 
crête pariétale assez étroite pour laisser sid)sister un vide cen- 
tral plus ou moins considérable; dans quelques espèces les cloi- 
sons s'oblitèrent presque entièrement au dessous du milieu de 
l'ovaire, tandis que plus haut elles offrent une largeur notable : 
de sorte que l'ovaire est uniloculaire vers la base, et plurilocu- 
laire ou subpluriloculaire dans sa partie supérieure. Dans beau- 
coup d'espèces les cloisons se dédoublent facilement, dès l'ori- 
gine, en deux lames membraneuses provenant chacune d'un 
repli de l'endocarpe, lequel, dans ce cas, constitue lui-même 
une pellicule membraneuse qui n'adhère au mésocarpe que 
sur les lignes correspondantes aux bords et à l'axe des valves. 

Les placentaires sont en même nombre que les cloisons et 

(i) Ce mode de déhiscence se rencontre sans doute aussi dans d'autres familles, 
(a) Ce rétrécissement ne doit pas être confondu avec le stipe slaminifère qu'on observe dans 
la plupart des Cistacées-Léckidiées. 



KD. sPACii. — Sur les CiStacées. 263 

adnés par leur axe au bord antérieur de celles-ci (i); lorsque 
les lo£;es sont à-peu-près complètes, ils se touchent par leur face 
et souvent aussi par leurs côtés ou leurs bords, mais jamais, à 
quelque époque que ce soit, ils ne contractent aucune adhé- 
rence entre eux; lorsque l'ovaire est parfaitement nniloculaire, 
il offre trois placentaires pariétaux. Le plus souvent les placen- 
taires constituent un nervule soit filiforme ou capillaire, soit 
trigone et plus ou moins épais (v. pi. 17, fig. 5 et 6); dans quel- 
ques espèces (v. pi. 1 7, iig. 1 , 2 et 4) les deux angles latéraux of- 
frent chacun un processus laminaire en forme de crête, lequel 
provient probablement de la soudure des funicules, et qui, en 
se recourbant vers la circonférence et se rencontrant avec 
l'une des crêtes du placentaire voisin, partage chaque loge en 
deux compartimens incomplets. Dans la plupart des Cistacées- 
Léchidiëes, les placentaires forment des lames minces, arron- 
dies, presque aussi larges que le dijimètre de la cavité de l'ovai- 
re : structure fort remarquable dans la famille des Cistacées, et 
très analogue à celle de l'ovaire des Androsœmum. Dans un 
grand nombre d'espèces, la base des placentaires conflue très 
distinctement en un axe central. 

Les funicules naissent en général soit sur toute la face anté- 
rieure, soit seulement aux bords ou aux angles latéraux des 
placentaires; mais dans les Cistacées-Léchidiées dont l'ovairo 
offre la structure que je viens de signaler, les funicules s'atta- 
chent a la face postérieure des placentaires, dans les angles axi- 
les formés par le bord antérieur des cloisons (2). Le nombre 
des funicules sur chaque placentaire est ou déterminé, ou in- 
déterminé : dans le preu)iercas, les finiicules sont toujours col 
latéraux, et je n'ai trouvé aucune Cistacée dont les placentaires, 
à l'époque de la floraison, offrissent un ffuiicule ST:)litaire, quoi- 



(i) Dans toutes les Cistacées à ovaire soit complètement, soit iucomjilèlcmenl pluriioculaire, 
les placentaires , quoi qu'eu aient dit plusieurs auteurs, se distinguent très netlenient et ne 
saluaient ^tre confondus avec les cloisons. 

(2) En supposant que dans ces plantes, les placentaires, au lieu detre seulcuieni appliqués les 
uns contre les autres, se fussent soudés entre eux pir leur surface, et aux parois par leurs 
bords, il en serait résulté un pistil à ovules attachés à l'angle interne des loges, el un nombre 
de logos double de celui dts carpelles. 



264 EU. SPACH. — Sur les Cistacées. 

que des placentaires monospormes par avorteinent ne soient 
pas rares dans cette famille. Lorsqu'il n'existe que de deux à 
quatre paires de funicules sur un placentaire filiforme, elles sont 
superposées soit immédiatement, soit à des distances plus ou 
moins rapprochées. Lorsque les funicules sont en nombre in- 
déterminé sur un placentaire nerviforme dont ils couvrent 
toute la surface antérieure, ils paraissent trop rapprochés pour 
affecter un ordre régulier; mais lorsqu'il n'en naît qu'aux an- 
gles latéraux d'un placentaire trigone', on distingue soit une 
seule série, soit plusieurs séries de chaque coté. La longueur des 
funicules varie suivant les espèces, mais on peut dire qu'en gé- 
néral ils sont allongés, et par exception seulement très-courts 
ou presque nuls. Quant à leur direction, ils sont ou presque 
horizontaux, ou plus ou moins défléchis mais généralement re- 
dressés au sommet, ou bien ascendans presque dès leur base 
mais infléchis au sonnnet. Leur forme et leur structure offrent 
plusieurs modifications notables : dans beaucoup d'espèces, ils 
sont capillaires ou filiformes, sans aucune dilatation, ou n'of- 
frant qu'un épaississement peu sensible vers l'extrémité par 
laquelle ils s'attachent à l'ovule; dans d'autres espèces ils sont 
fortement renflés en forme de massue ou de toupie, et s'atta- 
chent au placentaire par un petit filet capillaire, lequel se con- 
tinue dans leur intérieur jusqu'à la chalaze ; dans quelques es- 
pèces leur partie inférieure est capillaire, tandis que plus haut 
ils sont beaucoup plusépais,moniliformeset fortement celluleux. 
Les ovules, en général assez petits ou minimes, sont ordinai- 
rement de forme ovale ou oblongue. Vers l'époque de la florai- 
son, ils se composent d'une primine pelliculaire perforée au 
sonimet, d'une secondine plus ou meius dél)ordée par la pri- 
nuine et conformée comme celle-ci, enfin d'un très petit nu- 
celle (v. pi. 16, fig. 2). A l'exception de quatre espèces (con- 
stituant la section des Cistées-Fumaninées) , ces organes of- 
frent constamment le type de {évolution orthotrope : le hile, 
confluent avec l.i chalaze, forme nne aréole ou un mamelon 
saillant à la base (tant organique que géométrique) de l'ovule ; 
les points d'attache de la secondine et du nucelle correspon- 
dent exactement à l'attache extérieure, et se font aussi moyen- 



ED. SPACH. — Sur les Cistacées." 265 

nant un aréole. Le plus souvent l'ovule est érigé (c'est-à-dire que 
l'exostome se trouve placé en haut, eu égard au sommet de 
l'ovaire) par suite du redressement du funicule, quelle que 
^oit d'ailleurs la direction générale de celui-ci, et fréquemment 
lors de l'anthèse (peut-être toujours à l'époque de la féconda- 
tion), il est incliné vers le placentaire, auquel il touche avec 
l'exostome, mais sans adhérer; quelquefois l'ovule^ au lieu d'être 
érigé et légèrement incliné, se renverse complètement, dirigeant 
l'exostome vers le placentaire, mais reprenant plus tard une po- 
sition érigée. 

' Les Cistacées que j'ai signalées plus haut comme faisant ex- 
ception à l'orthotropie, ont des ovules presque anatropes, atta- 
chés un peu au dessous de leur sommet moyennant un fimi- 
cule horizontal très court (v. pi. i6, fig. i), et par conséquent 
appendans; le raphé forme une petite crête (<^) à la surface de 
la primine, depuis le hile jusqu'à la base de l'ovule, où il entre 
dans la chalaze (c); contrairement à ce qu'on remarque dans les 
Cistacées à ovules orthotropes, la primine se prolonge au- 
delà de la secondine en un boyau (v. même fig. b.) dont l'extré- 
mité supérieure est soudée au placentaire à l'époque de la flo- 
raison : connexion qui se maintient pendant quelque temps, 
mais se détruit dès que l'ovule prend de l'accroissement. 

Toutes les Cistacées offrent un style indivisé , non continu 
avec l'ovaire (excepté dans les Hudsonia et inséré au sommet 
de celui-ci dans une fossette qui le met en communication di- 
recte avec les placentaires ; il se dessèche en général peu après 
la fécondation, et, dans la plupart des espèces, il tombe long- 
temps avant la maturité. Le tissu de ce style, très différent de 
celui de l'ovaire, est analogtie au tissu des stigmates et des pla- 
centaires. Souvent ascendant et géniculé à la base, ou quelque- 
fois décliné, le style des Cistacées est tantôt très court et tur- 
biné, tantôt grêle et plus ou moins allongé; ordinairement il 
offre autant d'angles que l'ovaire renferme de placentaires. 

Les stigmates sont en même nombre que les placentaires et 
correspondans à Taxe de ces derniers. Le plus souvent ils ont 
la forme d'une crête trigone ou condupliquée, plus ou moins 
charnue, et diversement plissée ou fimbjiolée ; ordinairement ces 



^66 ED. sPAcn. — Sur les Cistacéês. 

crêtes sont cohérentes par leurs côtés et conriivenles tic ma- 
nière à simuler un stigmate indivise (i); mais il n'y a janjais 
soudure complète, car il est très facile d'isoler chaque crête. 
Dans les Lechea et dans le Lechidium (nouveau gcrire) , les' 
stigmates sont plumeiix et tout-à-fait distnicts. Dans les Hud- 
soiiia , le style est terminé par trois stigmates dentiformes, 
mais imperceptibles à l'œil nu. 

PÉRICARPE. 

s 

Le péricarpe des Cistacéês est sans exception une capsule à 
3, ou à 5, ou rarement à G-io cloisons soit complètes, soit plus 
ou moins incomplètes, ou moins souvent à 3 placentaires immé- 
diatement pariétaux. Sa consistance est ou ligneuse, ou coriace, 
•outestacée, ou cartilagineuse, ou presque chartacée. Il s'ouvie 
de haut en bas en autant de valves qu'il y a de cloisons ou de 
placentaires: ces valves sont constamment cytubiformes et ab- 
solument dépourvjïes de côtes , de nervures, ainsi que de sil- 
lons; le plus souvent elles ne s'écartent que peu les unes des 
autres, et, sauf quelques exceptions, elles j)ersistent après la 
déhiscence, laquelle, dans la plupart des espèces, ne s'opère 
que long-temps après la maturité des graines; d'ailleurs la diver- 
gence des valves dépend de l'état de l'aluiosphère : car, lorsque 
le temps est pluvieux, les capsules déjà ouvertes se referment 
complètement; dans les Cistacéês tripêtales à c.ipsule tri- 
valve , les valves sont placées devant les trois sépales intérieurs, 
et par conséquent alternes avec les pétales ; dans les Cistacéês 
pentapétal^^s dont la capsule est à trois valves, celles-ci alternent 
avec les trois sépales intérieurs; dans les Cistacéês pcntapétales 
à capsule 5-valve, les valves sont opposées aux sépales. Les 
cloisons, ou à leur défaut les placentaires, correspondent tou- 
jours à l'axe des valves, et en général la déhiscence ne détruit 
point la continuité de ces parties du fruit: toutefois, dans le 
Cistus monspessulanus y la capsule, évalve dans presque toute 



(i) Celte conformation, analogue à celle du stigmate des Tiha , est très évidente dans la 
|ilu))art des Cutus des autcui-s. 



jsD. SPACH. — Sur les Cistacées. , 267 

son étendue, s'ouvre au sommet en cinq petites valves , les- 
quelles se recourbent en arrière et se détachent complètement 
des portions correspondantes des cloisons (v. pi. 17 lig. 7); dans 
le Lechidium Drummondii Nob. (espèce nouvelle, indigène au 
Texas), la capsule est septifrage-trivalve dans toute sa longueur; 
dans plusieurs espèces à placentaires immédiatement pariétaux, 
ceux-ci finissent aussi par se détacher des valves. La consistance 
des cloisons est cartilagineuse, ou chartacée, ou membraneuse; 
ainsi que je l'ai fait remarquer au sujet de l'ovaire, elles se sé- 
parent souvent en deux lamelles. Lorsque les cloisons sont car- 
tilagineuses ou chartacées, leur cohérence avec les placentaires 
n'est point rompue par la déhiscence; mais lorsqu'elles sont 
pelliculaires, les placentaires finissent quelquefois par rester 
libres au centre du fruit : séparation qui, dans les Lechea , se 
fait déjà peu après la floraison. 

Ayant exposé, en traitant du pistil, tout ce qui se rapporteàla 
conformation des placentaires et des funicules, il ne me reste 
rien à ajouter à leur sujet, si ce n'est que les funicules persistent 
le plus souvent après la chute des graines. 

Graines. 

Les graines des Cistacées sont orthotropes, excepté dans 
quatre espèces, qui ont des ovules et des graines anatropes; 
leur direction relativement au péricarpe est quelquefois vague, 
mais en général elles sont érigées, quelle que soit la direction 
du funicule, et elles se détachent de celui-ci lors de la déhis- 
cence ou même plus tôt; dans un petit nombre d'espèces elles 
sont renversées ou bien appendantes. Le nombre des graines 
est défini ou indéfini; chaque placentaire offrant toujours dans 
l'origine pour le moins une paire d'ovules, c'est par avorte- 
ment que les placentaires deviennent monospermes ( et la cap- 
sule, par conséquent, oligosperme), ce qui a lieu assez fréquem- 
ment; quelquefois même ce n'est que sur l'un des placentaires 
qu'un ovule prend de l'accroissement, tandis que tous les ovules 
des autres placentaires du même ovaire avortent, d'où résultent 
des capsules raonospermes. A moins que les graines des Gisla- 



2()8 Eo. SPA.CH. — Sur les Cislacées. 

cées ne se déforment par détaut d'espace ou par compressiorr 
mutuelle (v. pi. i6,fig. 5 et 12), elles sont généralement ovales 
ou ovales-oblongues et souvent presque trigones : leur face an- 
térieure (c'esl-à (lire celle qui s'applique au placentaire) étant 
plus ou moins bombée, et la face extérieure pliée en carène. 

Le tégument de la graine, très lisse, ou chagriné, ou rare- 
ment rugueux, est plus ou moins épais. Il se compose de trois 
enveloppes, facilement séparables les unes des autres avant la 
maturité, mais finissant j^ar contracter luie forte adhérence 
entre elles. La |)lus extérieure de ces trois enveloppes est nue 
pellicule ordinairement membraneuse, diajihane et d'un tissu 
réticidé; elle se forme probablement par la soudure de la pri- 
mine et de la secondine de l'ovule; c'est toujours sur elle que 
se trouvent les papilles qui donnent aux graines de beaucoup 
de Cistacées l'aspect d'une peau de chagrin (v. pi. 16, fig. 18 et 
19); dans certaines espèces, la macération tlans de l'eau y dé- 
veloppe une épaisse couche de mucilage. L'enveloppe intermé- 
diaire est crustacée et plus ou moins épaisse. L'envelop[)e in- 
terne est une pellicule d'un extrême ténuité, et paraît provenir 
de la quintine. L'exostome reste souvent visible au sonnuet de 
la graine, sous forme d'une petite cicatrice. La chalaze forme à la 
base de la graine une aréole circulaire ou un petit mamelon co- 
nique, et ordinairement elle est d'une couleur plus foncée que 
le tégument. Les graines de la plupart des Cistacées étant or- 
thotropes , leur bile couicide avec la chalaze (v. pi. 16, fig. 18, 
19 et 22), excepté dans les quatre espèces à graines anatropes, 
où le funicule s'insère un peu au dessous du sommet de la 
graine , 1 1 se prolonge jusqu'à la base en ini raphé filiforme 
(v. pi. 16, fig. 3, 12 et i3.) 

Le périsperme est farineux ou corné et ne contracte qu'une 
faible adhérence avec le tégument de la graine; son contour 
offre à-peu-près la même forme que la graine entière, mais on 
n'y remarque jamais d'angle saillant; son épaisseur est plus ou 
moins considérable, et souvent très inégale en différens points, 
suivant la conformation spéciale de l'embryon (v. pi. 16, fig. 4, 
5, iH, 20, etc.) 

L'embryon, ordinairement d'un vert gai avant la maturité, 



ED. SPACH. — Sur les Cistacées. 269 

acquiert une couleur jaune en arrivant au terme de son déve- 
loppement, et son volume est souvent très considérable , eu 
égard à la masse du périsperme. Dans plusieurs Cistacées-Lé- 
chidiéesïX est rectiligne ou presque rectiligne, axile, et à peine 
aussi long que le périsperme (v. pL 17, fig. 11); dans toutes les 
autres Cistacées il est curviligne, plus ou moins excentrique et 
très allongé : conformation dont les principales modifications 
sont les suivantes : 

1° La radicule se replie soit sur le tranchant, soit sur le dos des 
cotylédons, lesquels sont rectilignes. Cette structure est tout- 
à-fait semblable à celle de l'embryon des Arahis, Sisym- 
brium, etc. (v. pi. 16, fig. 20, ai, 22.) 

2° La radicule se replie sur le dos des cotylédons, lesquels sont 
ascendans jusque vers le milieu de leur longueur, puis géni- 
culés et réfléchis vers la base de la graine, de sorte que l'em- 
bryon offre à-peu-près la forme d'un sigma grec renversé : 
structure analogue à celle de l'embryon des Crucifères dési- 
gnées par M. de Candolle sous le nom de Diplécoïobées (v. pi. 
17, fig. 8). 

3" Tout l'embryon se plie autour d'une portion centrale du péri- 
sperme, en décrivant un triangle plus ou moins irrégulier, 
dont les angles basilaires sont formés l'un par une géniculation 
de la partie inférieure de la radicule, l'autre par une génicu- 
lation des cotylédons. 

4" Tout l'embryon est roulé en crosse autour d'une petite por- 
tion centrale du périsperme, en décrivant plus ou moins de 
circonvolutions (v. pi. 16, fig. i5 et i8.) 

5" L'embryon est plié presque en forme de fer-à-chevai autour 
de la portion centrale du périsperme (v. pi. 16 , fig. 23). 

La radicule est cylindrique et plus ou moins rétrécie à la 
base, obtuse, grêle, à-peu-près aussi longue que les cotylédons 
ou quelquefois même de moitié plus longue. Conformément à 
ce qu'on observe dans toutes les graines orthotropes, la radi- 



'i.'jo ED. SPACH. — Sur les Cistacées. 

cule (le la plupart des Cistacées est ascendante dans la direction 
opposée du hile; dans les espèces à graines anatropes, son ex- 
trémité supérieure déborde plus ou moins le hile (i). Relative- 
ment au péricarpe, elle est ordinairement supère (la plupart des 
espèces ayant les graines érigées), ou rarement infère (un pelit 
nombre d'espèces ayant les graines renversées), ou bien centri- 
fuge (lorsque les graines affectent une direction à-peu-près hori- 
zontale). Dans les Cistacées à embryon rectiligne ou subrecti- 
ligrie, la radicule est ou absolument perpendiculaire à l'axe de 
la graine, ou un peu oblique relativement à cet axe-, mais dans 
toutes les autres espèces, elle offre constamment peu au-dessus 
de sa base une géniculatiori prononcée. La plumule est imper- 
ceptible avant la germination. Les cotylédons sont minces, pres- 
que planes, et appliqués l'un contre l'autre dans toute leur Ion 
gueur; suivant les espèces leur sommet regarde ou la chalaze , 
ou l'endostome, et, lorsque l'embryon est roulé en crosse, ce 
sommet occupe le centre de la spire. Quant à leur forme, les 
cotylédons sont ou linéaires, ou oblongs, ou elliptiques, ou sub- 
orbiculaires, toujours obtus et très entiers; quelquefois leur base 
se rétrécit brusquement en un court pétiole. 

Tout botaniste exempt ne préjugés ne saurait être d'avis qu'un 
nombre assez considérable d'espèces, offrant des modifications 
aussi variées dans les organes les plus iuiportans pour une clas- 
sification philosophique, dussent rester la plupart entassées péle- 
mèle dans deux prétendus genres, caractérisés l'un [Cistus) par 
une capsule 5-to-valve, l'autre (Helianthemum) par une capsule 
3-valve. Il m'a donc semblé indispensable de reconstituer sur 
d'autres bases les anciens genres de cette famille, et d'en pro- 
poser ])lusieurs nouveaux. J'en exposerai les caractères essen- 
tiels dans un des prochains numéros de ce recueil. 



(i) M. Aug. de Saint-Hilaire est dans l'erreur en présumant (Hist. des Plantes remarqua- 
bles du Brésil et du Paraguay, p. 324 ) que la radicule de tous les Helianthemum est dirigée en 
sens contraire du hile. 



ED. SPACH. — Sur les Cistacées. •17 1 



EXPLICATION Di:S PLANCHES. 



PLANCHE 16. 

Fig. 1-5 : Fumana thjTnifolia Nob. 

I. Ovule entier : a. funicule; b. prolongement de laprlmine, dont le bout adhère au placen- 
taire à l'époque de la fécondation; c. chalaze; d. raphé. — a. Ovule dépouillé de la pri- 
mine : le nucelle paraît par transpaience à travers la secondine. — 3. Graine vue antérieu- 
rement; a. funicule; b. chalaze. — 4- Id., coupée verticalement : a, chalaze. — 5. Coupe 
horizontale d'une graine. 

Fig. 6-17 : Fumana arabica Nob. 

6. Une étamine vue postérieurement. — 7. Id. , vue antérieurement. — 8. Un filet stérile. — 
g. Portion supérieure du même , plus fortement grossie. — 10. Pistil : a. disque. — 11. Une 
des crêtes du stigmate déployée, fortement grossie. — 12 , i3. Graines; a. funicule; b. 
chalaze; c raphé. — ï^, i5. Id. , coupées longitudinalement. — 16. Coupe verticale 
d'une graine. — 17. Embrjon , dont on a écarté les cotylédons. 

Fig. 18. Coupe verticale d'une graine de Cistus vUlosus Linn. {a. bile et chalaze.) 

Fig. 19-22 : Helianthemum variabile Nob. 

19 Graine entière; a. bile et chalaze. — 20. Coupe horizontale d'une graine à radicule 
exactement comraissurale. — ar. Coupe horizontale d'une graine à radicule obliquement 
dorsale. — 22. Graine coupée verticalement : a. hile et chalaze. 

Fig. 23-24 : Tuberaria annua Nob. 
aS. Embryon dans sa position naturelle. — 24. Graine commençant à germer. 



PLANCHE 17. 



Fig. 1-2 : Ladanium laurifolium Nob. 

I. Coupe transversale d'un ovaire pour faire voir les lames placentairiennes formant des faus- 
ses-cloisons. — 2. Une valve du fruit, vue d'un côté, pour faire voir l'une des crêtes du 
placentaire , aux incisions de laquelle étaient fixées les graines. 

Fig. 3-4 : Ladanium officinarum Nob. 

3. Capsule entière. — 4. Une valve, vue d'un côté, pour faire voir l'une des crêtes du pla- 
centaire , laquelle est adnée à la cloison. 



27a adTsteinheil. — Genres Scilla et Urginea. 



Fig. 5-6 : RhodociftHS Berthelotianus Nob. 

â. Capsule entière ( grandeur naturelle ) pour faire voir sa déhiscence en cinq valves septifères 
incomplètes. — 6. Id, , dont on a enlevé deux des valves pour faire voir les cloisons et les 
placentaires. 

Fig, 7 : Capsule du Stephanocarpusmonspessulanus l^oh. (grossie), pour faire voir sa déhis- 
cence septifrage en cinq valves dentiformes, 

Fig. 8- 9 : Rhodax montanus Nob. 

8. Coupe verticale d'une graine pour faire voir le mode de courbure de l'embryon. — 9. Em- 
bryon isolé, dont on a écarté les cotylédons. 

Fig. lo-i I : Lechea villosa Elliot. 

10. Graine entière. — 11. Id. coupée verticalement, pour faire voir la forme et la position 

de l'embryon. 
Fig. 12. Placentaires (très grossis) de Y Heteromeris corymbosa Nob. 



Quelques observations relatives aux genres Scilla et Urginea. • — 
Deux genres à établir dans la famille des Liliacées et des- 
cription d'une espèce nouvelle. 

Par Ad. Steinheil. 

Dans mon mémoire sur le genre Urginea (i), j'ai montré qu'il 
était nécessaire de séparer la Scille maritime du genre auquel 
elle paraissait devoir désormais appartenir irrévocablement 
après avoir été tour-à-tour placée dans les genres Orniihogalumf 
Stellaris et Scilla. Je la fis entrer dans mon nouveau genre avec 
lequel elle avait des affinités évidentes , et ce rapprochement 
était forcé pour moi d'après ce que je possédais alors de con- 
naissances sur cette plante; pourtant ce ne fut qu'avec répu- 
gnance que je me décidai à l'adopter, non-seulement parce 
qu'il me fallait changer en un nom nouveau, un nom consacré 

(f) Ann. des Se. natnr. Paris , juin i834. 



S1EINHEIL. ' — Genres Scilla et Urginea. 2^3 

par une antiquité aussi grande que possible et qui devait par 
cela même appartenir à cette plante de préférence à toute au- 
tre ; mais aussi parce que je reconnaissais l'existence de quel- 
ques caractères assez importans, de ces caractères de végétation 
et de faciès qui échappent souvent aux définitions rigoureuses^ 
qui cependant vous annoncent presque toujours une différence 
réelle dans le type et qui isolent la Scille au milieu du genre où 
je l'avais placée: ainsi j'entrevoyais confusément la nécessité d'en 
former un genre particulier, et j'étais peut-être encore engagé 
à le faire par cette tendance bien évidente qui nous pousse à 
donner plus d'importance aux caractères des espèces qui sont 
devenues d'un usage général ou ont produit un grand nombre 
de variétés, influence à laquelle sans doute on doit l'existence 
des genres Prunus, Cerasus, Malus, Pyrus, etc., comme si dans 
l'impossibilité où nous serons probablement toujours de limiter 
dans la pratique une grande partie des genres comme nous con- 
cevons en théorie la pensée du Genus, l'importance usuelle de 
ces plantes augmentait celle de leurs notes distinctives. 

Cependant celles que je connaissais paraissaient insuffisantes 
lorsque la découverte d'une espèce nouvelle, ou peut-être plutôt 
sa réhabilitation après un long oubli, m'ayant mis à même d'étu. 
dier la Scille dans des circonstances plus favorables, je reconnus 
en elle l'existence d'un caractère distincîif à ajouter à tous les au- 
tres et plus important qu'eux; je me crus alors suffisamment au- 
torisé à en former un genre nouveau auquel je puis heureusement 
attribuer un nom qui aura l'avantage d'être celui des anciens et 
de bien rappeler le nom vulgaire (i). Comme mon genre Urgi' 
nea n a encore été inscrit dans aucun ouvrage général (2), je 



(2) Le nom de Squilla était plus ancien à Rome que celui de Scilla. A propos de celte 
question de noms, je suis bien aise de faire remarquer ici que l'on aurait lort de proscrire mon 
nom A'Urginea en verlu du précepte qui défend d'employer des noms de pays pour la forma- 
tion des noms génériques : il est évident que le nom d'une tribu arabe, comme celles qui oc- 
cupent successivement telle ou telle place dans la régence d'Alger (dans de certaines limites 
cependant), a beaucoup plus d'analogie avec ce qui est un nom d'homme qu'avec ce qui est uu 
nom de pays; je ne pense donc pas avoir mal fait en introduisant dans la science le souvenir 
d'une couquête qui a déjà coulé à la France bien des sacrifices en échange desquels elle promet 
de brillans avantages et dont la botanique retirera certainement aussi quelque fruit. 

(3) Pendant que je m'occupais de la rédadioii de ce travail a paru le dixième fascicule du 
VI BoTAi». — ?fovcmbre. i8 



•J174 srKiiviiML. — Genres ScilU et Urgmea. 

pense que l'on ne pourra me reprocher ce changement et d'ail- 
leurs s'il n'est pas permis à un auteur de changer le nom une 
fois imposé par lui, ce n'est certainement pas dans le cas où il 
reconnaît par des observations postérieures que son genre doit 
être divisé. Je propose d'appliquer à celui que j'entreprends 
d'établir ici le nom de Squilla qui a été souvent aussi donné à 
la Scille , qui dérive du grec mùl-n ou mieux de cxuXXw (je 
détruis) aussi bien que Scilla^ et diffère cependant assez de ce 
dernier pour pouvoir être conservé en même temps que lui ; on 
ne sera donc pas obligé de changer le nom des espèces nom- 
breuses qni font encore aujourd hui partie du genre primitif. 
On s'aperçoit de suite que la Scille maritime diffère des Ur^ 
ginea par les grandes dimensions de son ognon et l'on est tenté 
d'accorder quelque valeur à ce fait lorsque l'on réfléchit que la 
forme de cet organe suivant qu'il est tunique, ou écailleux, ou 
solide, ou changé en rhizome proprement dit par un dévelop- 
pement proportionnellement moindre de ses écailles, caracté- 
rise des groupes, qui dans les Liliacées coïncident d'une ma- 
nière assez nette avec les coupes génériques : la largeur de ses 
feuilles planes et étalées donne également à cette plante un 
aspect particulier; toutefois les feuilles non jonciformes, mais 
rétrécies et ondulées de VU. undulata (i) forment sous ce rap- 
port un passage entre les deux types. A ces caractères, insuffi- 
sans par eux-mêmes, se joint la forme du fruit qui présente des 
différences importantes , puisqu'il est beaucoup plus gros , ar- 
rondi et ayant les bords de ses valves séparés par des angles 
rentrans fort prononcés dans la Scille maritime, tandis que dans 
-les Urginea où j'ai eu occasion de l'observer, il est un peu ovale 



Oenera plantarum florœ germtniea par M. Nées d'Esenbeck , dans lequel mon genre a été 
adoplé; je ne sais pourquoi l'auteur ne mentionne pas VU. undulata parmi les espèces euro- 
péennes du genre ; cette espèce en fait certainemunt partie et elle se trouve en Sardaigoe et en 
Corse {Jîd. h*ri>ar. Buehinger. ) 

(i)Il est bon de faire remarquer que cette plante diffère plus des autres espèces A'Urginea 
qu'elles ne diffèrent entre elles; c'est un des mille faits qui démontrent l'impossibilité d'arriver 
à la formation de genres absolument monotypes, et confirment l'opinion que nous avons émise 
dans nos Observations sur la végétation des dunes à Calais. ( Mém. de la 3oe. des Se, uat. de 
Seint-etOisé. FersaUles i83$.) 



STEI5HIUL. — (xenres Scilla et Urginea. a^yS 

et ne présente aucun pli ou angle rentrant sur le milieu des val- 
ves (i). Il faut surtout bien faire attention à ce fait, que cette 
différence dans le fruit se lie à une différence dans la forme de 
l'ovaire, qui est proportionnellement plus petit dans les Urginea 
et n'y présente aucune trace d'organes nectarifères. Dans la 
Scille il est assez gros pour empêcher les parties du calice et de 
la corolle de se tordre complètement lorsqu'elles se rappro- 
chent après l'anthèse, ce qui nous fournit une différence de 
plus ; enfin cet ovaire nous présente à son sommet un épaissis- 
sement glanduleux. Si, pendant mon séjour en Afrique, j'avais 
pu une seule fois observer des gouttes de nectar sur ce point, 
je n'aurais pas hésité à y reconnaître la preuve d'une différence 
générique , parce que, d'après des idées théoriques que je ne 
puis encore publier, j'attache une grande importance à ce fait 
qui avait déterminé Linné à réunir aux Hyacinthus les Mus^ 
cari qui ne leur ressemblent guèi es d'ailleurs. 

Mais je ne pus réussir à observer ce phénomène, ce que je 
m'explique facilement en pensant qu'il me fut toujours impos- 
sible d'aller herboriser avant onze heures ou midi, et qu'alors la 
forte chaleur du jour avait probablement déjà fait disparaître le 
liquide sécrété. Je fus plus heureux en France et avant vu fleu- 
rii à Versailles, dans l'intérieur d'une chambre, un individu de 
l'espèce de Scille dont il sera question plus loin, j'aperçus dis- 
tinctement et chaque fois qu'une fleur nouvelle s'épanouissait, 
des gouttelles liquides au nombre de trois et adhérant à la sur- 
face glanduleuse; mais il paraît que ce liquide, qui est en très 
petite quantité se dessèche très rapidement, car mon ami, 3. 
Decaisne , que j'aviùs prié de le chercher de son côté sur un 
bulbe semblable cultivé en plein airau Jardin des plantes de Pa- 
ris, ne put réussir à l'observer; toutefois je l'ai vu assez nette- 
ment et assez souvent pour être assuré de son existence, et dès- 
lors, ce caractère réuni à ceux que j'ai indiqués ci-dessus, me 
paraît devoir décider la formation d'un genre nouveau qui se 
placera à la suite des Urginea (en mettant VU. undidata à la fin 



(i)Vo7. la fig. que j'ai publiée Ann. Sr. nat. Juin i834. 



2^6 sTi iMitiL. ■ — Genres Scilla el Urginen. 

de ceux-ci, comme formant une espèce de passage par la nature 
de ses feuilles) et caractérisé de la manière suivante : 

SQUILLA. 

Calix coloralus ^ patena, sepalis tribus. Corolla similis; pelala 
sepalis vix suhlatiora. Slamina sex pelalis breviora ^ fdamentis gla- 
bris , basi subdilatatis , acuminalis, integerrimis; anlheris inulicis , 
oblonsris. Ovarium tiipartitum apice glajiduloso-melliferurn. Stylus 
glaber^ simplex ^ corolla brevior.Stigma subtrilobiun papillosum , 
minimum. Pericarpiuni rotundaturn inciao-trigonum, ^ triloculare. 
Stmina plura , biserialia , complanafa ; testa membranacea, pasi— 
ductu lalerali. — Perlanthii partes linea dorsali pauliim crassiore 
sœpe colorala notai œ ; flores post anthesin subtortiles, a basi decidui; 
bracteœ refraclœ ; folia latiora, seiotina ; bulbu» maximus. 

D'après cela le caractère du genre Urginea devra être modifié 
et présenté comme il suit. 



URGINEA .S/cm/i. .^nn. Se. nat. Juin i83/|. 

Caljx coloratus patens, sepalis tribus. Corolla fere similis; petala 
sepalis paulo latiora. Staniina sex pelalis breuiora , jîlamentis f^la- 
bris , basi subdilatatis ^ acu/ninatis , integerrimis^ antlieris muticisy 
oblongis. Ovarium subtripartitum.^ glabrum. Stylus glaber, simplex, 
corolla brevior. Stigma subtrilobum ^ papillosum., minimum. Peri- 
carpium triloculare y sublonguni , integro trigonum., obtusum. Se- 
mina plura biserialia complanafa ^ testa membranaceâ^ vasiductu 
laterali. — Perianlhii partes linea dorsali subcrassiore swpius colo- 
rala notalœ; bracteœ refraclœ', folia angusta serotina; b/tlbus minor: 
Hores post anthesin tortiles a basi decidui. 

Le genre Squîlla, tel que je le conçois actuellement, renferme 
deux espèces, dont l'une est la Scille maritime qui gardera son 
nom spécifique et devient la Squilla maritima^ l'autre paraît 
avoir été jusqu'à ce jour confondue avec elle, je propose de 
l'appeler Squilla Pancratlon., nom dont je vais indiquer la souïce 
©n faisant l'histoire de l'espèce. 



STEiNHEiL. — Genres Scîlia et Urginea. ijj- 

A la fin de i834, M. Martins reçut de Malte une certaine 
quantité d'ognons d'une Liliacée sans aucun autre renseigne- 
ment, et il en donna à plusieurs perionnes; dans l'état où ils se 
trouvaient, ils ne purent être déterminés à cause de leurs peti- 
tes dimensions qui empêchaient de les rapporter à la variété 
blanche de la Scille maritime à laquelle ils ressemblaient d'ail- 
leurs beaucoup. M. Martins eut l'obligeance de me donner deux 
de ces bulbes que je plantai dans des pots et j'eus soin de>ré~ 
pandre quelques fois un peu de sel marin sur la terre de ces 
pots; tous deux ne tardèrent pas à produire des feuilles assez 
analogues à celles de la Scille lorsqu'elles commencent à se dé- 
velopper, mais l'un d'eux périt au bout de quelque temps; 
l'autre continua à se développer et produisit une tige(i) char- 
gée d<î fleurs que j'eus la satisfaction de voir s'épanouir en sep- 
tembre i835 : malheureusement ces fleurs tombèrent sans pro- 
duire de fruits, et la même chose arriva à un autre individu de- 
la même origine mais beaucoup plus vigoureux, qui fleurissait 
dans le même moment au Jardin. des plantes de Paris; voici les 
caractères que j'observai dans cette plante et qui me la firent 
regarder comme une espèce très voisine, mais distincte de la^ 
Scille maritime. 

Le bulbe est à-peu-près de moitié plus petit que celui de l'es- 
pèce commune; cependant il grossit un peu pendant que les 
feuilles se développent. Sa couleur est d'un vert pâle ou plutôt 
d'un blanc verdâtre, qui devient plus foncé lorsqu'il végète sans- 
étre complètement enfoui dans la terre ; sa surface est lisse, il y 
en a probablement une variété rouge, comme nous le verrons 
par la suite; les feuilles sont beaucoup plus courtes que celles 
de la Scille, un peu plus aiguës, dressées ; elles sont aussi un peu» 
moins larges elj comme celles de cette plante, disparaissent à l'é- 
poque de la floraison; peut-être leurs différences caractéristiques 
proviennent-elles en grande partie des circonstances dans les- 
quelles la plante s'est développée; cependant j'ai vu la Scille ma- 



(i) Je dis tlt^e et non pas hampe, paie? riuc , dans ceca^, 1o support des fleurs est vérita- 
blement une roiitiiination de l'axe princiiial de la plante et (|ue chatpie bractée est de mèrne or- 
dre de développement que les feuilli;.- procédti.leN. 



278 STEINHEIL. — Genres Scilla et Urginea. 

time cultivée en France avoir, comme celle de la campagne de 
Bone des feuilles longues et enfin étalées sur le sol; la tige est 
un peu plus glauque, d'un vert foncé à la base, blanchâtre ; dans 
sa partie supérieure, elle est chargée de fleurs peut-être plus 
nombreuses que dans l'espèce commune et qui, dans le com- 
mencement sont fort rapprochées entre elles et accompagnées 
de bractées réfractées qui les dépassent à peine , car celles-ci 
sont projiortionnellement plus courtes que celles du S. marl- 
tima. Le bouton , d'abord sessile, est porté ensuite par un pé- 
doncule cylindrique, glabre, verdâtre et coloré de rose à la base, 
dressé pendant qu'il se développe, mais qui finit par être tout- 
à-fait étalé quand la fleur s'épanouit; il est toujours un peu plus 
court que dans l'autre espèce ; le bouton porté par ce pédoncule 
est aussi sensiblement plus obtus; les fleurs elles-mêmes hont 
un peu plus petites, mais cette différence assez faible vient peut- 
être du chmat ou du déplacement que la plante éprouve et qui 
a pu nuire à la beauté de son développement ; cependant elle 
paraît coïncider avec une augmentation dans le nombre; le pé- 
rigone est bien étalé, les pétales et les sépales qui le composent 
sont blancs, ovales, obtus, mucronulés, marqués d'une ligne 
rose pâle sur le milieu du dos. Le sommet des éîamines avant 
l'explosion des anthères, égale les divisions du périgone; les fi- 
lets sont blancs, glabres, aigtis, insensiblement élargis du som- 
met à la base, comprimés d'avant en arrière; anthères m uti- 
ques versatiles, d'un bleu verdâtre, diminuant de volume par la 
déhiscence de leurs loges et devenant alors jaunes à cause du 
pollen qui les couvre; ovaire oblong, obtus, vert, portant au 
sommet trois points glanduleux nectarifères, style à-peu-près 
égal à l'ovaire, cylindrique, glabre, d'un blanc rosé, stigmate à 
trois lobes papilleux, très petits, ovules semblables à ceux du 
Scilla T?iaritima; après l'estivation les parties de la fleur se rap- 
prochent et montrent une légère tendance à se tordre en spi- 
rale; le fruit n'est pas encore connu. 

J'ai vu dans l'herbier de M. Buchinger à Bouxwiller , un 
échantillon d'une Scille dont le bulbe paraît avoir été aussi plus 
petit qu'à l'ordinaire, mais d'un rouge assez foncé; les feuilles 
ressemblent à celles de ma plante, les parties de la fleur ont le 



STJiiNHEiL. — Genres Scilla et Çrginca. 279 

tlos rose, et les pédoncules sont sensiblement plus courts que 
dans l'espèce ordinaire; cet échantillon a été récolté à Cadix. 

Les principaux caractères qui distinguent mon espèce sont 
donc : un bulbe plus petit , rouge ou blanc, des feuilles moins 
allongées des bractées et des pédoncules plus courts, des bou- 
tons plus obtus, la présence d'une ligne colorée sur le dos des 
pièces du périgone, des anthères bleues ou d'un bleu verdâtre 
et un ovaire plus petit et vert tandis que les anthères sont tou- 
jours jaunes et l'ovaire aussi dans l'espèce commune. 

J'avoue que ces caractères ne sont pas extrêmement tranchés 
et que j'ai vu trop peu d'échantillons pour être complètement 
rassuré sur leur constance et leur valeur; peut-être l'étude du 
fruit pourra-t-elle fournir quelques différences de plus. En at- 
tendant, j'ai cru devoir publier ces observations quoiqu'elles 
soient incomplètes, afin d'engager les botanistes qui sont sur les 
lieux à faire quelques recherches à cet égard; j'ai aussi accordé 
à la coloration des pétales un peu plus d'importance que ce ca- 
ractère n'en mérite peut-être; j'ai été engagé à le faire par cette 
remarque que dans la variété à fleurs non colorées de YUrginea 
fugax, la hampe est décolorée aussi bien que la fleur et toute la 
plante paraît plus pâle; or, ici si c'était une simple variété il 
semble que la coloration du bulbe devrait coïncider avec celle 
de la fleur, ce qui n'a pas lieu; quoi qu'il en soit, voici comment 
j'établirai provisoirement la phrase spécifique de mes deux 
espèces» 

i. Squilla maritima. S. foliis maxlmis demum patulis, bracteis 
longioribus , Jloribus albls alabastro subacuto, antheris luteis , ova- 
rio crassiore Jlavioanle , bulbu niaximo, 

2. Squilla Pancration. S. foliis minoribus, subaculis? bracteis 
pedunciilinque paulo breuioribus , alabastro oblusaio , Jlûribus albis, 
linea dorsali rosea iiotaiis , antheris cœruleo-virescentibus , avaria 
viridi , bulbo dimidin minore, 

P^arielas. a. Bulbo rufo. 

Var. ^. Bu'bo pallido. 

J'ai dit au commencement de ce mémoire que mon espèce 



aBo steinhf.il. — Genres Scilla et Urginea. 

est plutôt réhabilitée, ou mieux en quelque sorte exhumée que 
réellement nouvelle ; on trouve en effet clans plusieurs auteurs 
des preuves qu'ils l'ont connue et confondue avec la Scille, d'où 
résultent quelques divergences dans les descriptions fort nom- 
breuses que l'on a de cette plante; divergences qui, sans doute, 
auraient suffi pour faire soupçonner r«3xistence de deux espèces 
si plusieurs d'entre elles n'étaient évidemment le résultat d'une 
erreur, comme par exemple l'indication des graines anguleuses 
que l'on trouve dans toutes les descriptions postérieures à Lin- 
né et qui plus est dans certaines figures probablement copiées 
en l'air ou dont les analyses auront été faites d'après des des- 
criptions (i) tandis que les graines sont fort bien décrites dans 
les ouvrages de Stapel et de Clusius. Cette erreur nous paraît 
devoir être attribuée à la manière de Linné qui décrivait lon- 
guement les genres {Character naturalis) et fort brièvement les 
espèces , et à l'oubli trop complet dans lequel tombèrent après 
lui tousses devanciers; de sorte que lorsque l'on eut besoin de 
donner sur une plante des détails plus complets, on dut recou- 
rir au caractère générique pour tout ce qui manquait; or, Lin- 
. né avait attribué au genre Scilla des graines anguleuses. Dans 
un ouvrage assez ancien (2), on lit que la fleur a six pétales 
rouges, mais qu'ils sont aussi quelquefois blancs. Comme l'au- 
teur ne paraît pas avoir été un fort botaniste, il y a tout lieu de 
croire qu'on trouve ici une mauvaise interprétation des noms 
anciens Scilla rufa et Scilla alba ; ces indications me paraissent 
donc bien être des erreurs, mais il n'en est plus de même de 
quelques autres qui cependant n'appartiennent nullement à la 
plante que j'ai constamment observée en Afrique. Ainsi plusieurs 
auteurs disent que les fleurs sont tantôt toutes blanches, tantôt 
marquées de lignes roses sur le milieu des pièces du péri- 
gone. Mératdit que les anthères sont bleues (i); je ne connais 
pas l'ouvrage dont il paraît s'être principalement servi pour sa 



(i) Flore médicale (18 18) t. 6, pi. 3i8. 

(2) Explication abrégée de sept cent dix-neuf plantes, etc., suivant la malièra médicale de 
Geoffroy. Paris, 1765, page 3i3. 

(3) Dict. des Se. médicales de Panckoukc. Taris iSao. 



sTEiwHEiL. — Genres Sc'ûla et Urginea. 281 

description. Si nous remontons jusque clans l'antiquité*, nous 
ti-ouvons que du temps de Dioscoride on connaissait sous le 
nom de Pancration une plante extrêmement voisine de la Scille. 
Le Pancration de cet auteur a des racines rousses ou tirant sur 
le pourpre, une saveur fervente et amère , des feuilles sembla- 
bles à celles du lis mais plus longues; on l'emploie aux mêmes 
usages que la Scille, mais ses propriétés sont moins énergiques, 

on en fait des trochiques , etc. , qui se donnent surtout 

aux hydropiques , etc. Voilà certainement des docu- 

mens qui ne permettent pas de douter que le Pancration n'ait 
eu une très grande ressemblance avec la Scille (i), et il est im- 
possible de supposer que celle-ci ne soit pas le c%à\-n des Grecs ; . 
au besoin, ce nom passé dans la langue arabe pour désigner la 
même plante {asqiiilon zj-Ai/dans Avicenne) en serait une preuve 
suffisante; d'un autre côté il serait difficile de supposer que 
Dioscoride, qui avait voyagé et vu beaucoup (a) par lui-même, 
ait décrit une même chose sous deux noms différens. Aussi tous 
les premiers commentateurs regardèrent le Pancration comme 
une espèce autre que la Scille, et firent tout leur possible pour 
le retrouver. Ruellius (3) en fait mention ; Matthiole (4) pense 
que la plante qui se trouve en Italie est le Pancration^ tandis 
que celle de l'Espagne est le Squilla; mais son opinion est 
fondée sur une base peu solide, puisqu'elle s'appuyait sur cette 
opinion attribuée à Théophraste et conservée par Pline, que la 
Scille fleurit trois fois dans une année, tandis que celle qui 



(i) Voyez Kurt Spreng'Gisch. desBotan. Ail. iind. Leips. 1817, t. i, p. i35. 

(2) On peut voir avec quelque étonnement deux noms si différens appliqués chez les anciens 
à deux plantes si voisines ; et celte considération a du suspendre notre décision à cet égard ; 
mais voici à cette objection une réponse positive fournie par Buffon (Man. de trait. l'Hist. nat.) 

«Des objets, dit cet auteur, qu'on ne renconlre que très rarement , ont des noms et des 
« noms consians dans cette langue (grecque) , preuve évidente que ces objets de l'histoire na- 
« turelle étaient assez connus et que les Grecs non-seulement les connaissaient , mais même 
« qu'ils en avaient une idée précise qu'ils ne pouvaient avoir acquise que par une étude de ces 
« mêmes objets, étude qui suppose nécessairement des observations et des remarques : ils ont 
« même des noms pour les variétés , et ce que nous ne pouvons représenter que par Uiie phrase 
«i se trouve nommé dans cette langue par un seul substantif. » 

(3) De natura stirpium iSSy. 

(4) Comm. "V'i'nel. i56o. 



a5a sTEiKHEiL. — Genres ScilJa et Urginea 



3" 



croît en Italie et qu'il connaissait ne fleurit qu'une seule fois ; 
or, ce n'est pas exactement cela que dit Théophraste , et on sait 
combien peu ses assertions méritent de confiance, quand bien 
même elles ont été répétées par Pline, même pour des faits que 
le compilateur latin était à même de vérifier par sa propre obser- 
vation (4), Théoj)hraste d'ailleurs ne parle pas du Pancration 
dont il aurait peut-être dit la même chose. Le traducteur fran- 
çais de Théophraste, Martin Mathée (i58o) n'en sait pas plu» 
que Matthiole à cet égard, il pense que la petite Scille ou Pan- 
cration n'est plus connue, mais que l'on pourrait la retrouver 
dans la Pouille, où la Scille croît en abondance. G. Bauhin, dans 
son Phytopinax, distingue trois espèces de Scille; la rouge, la 
blanche et la Scille d'Epiménide , qui probablement était une 
plante toute différente et n'a pu être devinée; pour lui, le Pan- 
cration est synonyme de la rouge et de la blanche. Lobel a cru 
devoir rapporter le Pancration au Parier atjum maritinium Lin. 
Mais cette opinion a généralement été regardée comme insou- 



(4) J'ai cherché à savoir quelle pouvait avoir été l'origine de cette idée singulière de troi» 
floraisous que nous trouvons reproduite dans ces vers du poète Rapin ( Uort, lib. i. vers, 54i.) 

SclUaque , diversum triplici quœ flore per annum 
Lentisco similis , tria tempora monstrat arandi. 

J'ai observé la Scille en Barbarie pendant deux années , et une autre fois en France , et j'ai 
TU qu'elle ne fleurit jamais qne depuis la fln d'août jusqu'au commencement d'octobre ; il est 
vrai que ses fleurs durent long-temps, et qu'un petit nombre d'entre elles sont ouvertes en même 
temps, de sorte que quand le milieu de la hampe est couvert de fleurs épanouies, celles de la 
base sont déjà fanées, taudis que le sommet présente encore des boutons tiès petits; et ainsi 
l'on peut, par l'aspect, partager en quelque sorte l'estivation en trois phases. Les feuilles ne 
paraissent qu'en janvier ; il est assez probable que ce fait de montrer en même temps comme 
trois périodes d'épanouissement aura acquis chez les anciens la valeur d'un mythe, une sorte 
d'explication superstitieuse, puisque, suivant Sprengel, la Scille était adorée chez les Egyp- 
tiens sous le nom de krommion; à Péluse on lui avait consacré un temple, où on l'adminis- 
trait contre l'hydropisie. On lui attribua encore bien d'autres vertus , comme , par exemple , de 
conserver les fruits quand on y implantait leurs pédoncules, de hâter la végétation des figuiers 
et surtout de préserver des maléfices les maisons à la porte desquelles on la suspendait; je pense 
donc que l'on doit se ranger à l'avis de Stapel qui veut que les trois floraisons signifient long- 
temps et en trois fois , montrant qiiil existe trois époques de semailles et non pas aux trois 
époques. Ce commentateur démontre que c'est à une explication vicieuse de Pline que l'on doit 
le préjugé qui a embarrassé Matthiole; c'est donc avec raison que M. Fée lui reproche de n'a- 
voir pas méniC bien connu le grec. ( foy. son ccmni. sur Pline, préfaeet ) 



STEiiîHHiL. — Genres Scilla et Urginea. a83 

tenable, quoiqu'elle en ait produit le nom que ce genre a con- 
conservé jusqu'à présent. 

Ainsi le peu de fondement de l'opinion de Matthiole, l'aveu 
des commentateurs relativement à leur ignorance sur le vérita- 
ble Pancration^ la confusion qui s'introduisit peu-à-peu à cet 
égard dans la science, et enfin, la grande analogie des propriétés 
attribuées aux deux plantes firent que l'on oublia complètement 
le Pancration et quon le regarda comme à-peu-près identique 
avec la Scille elle-même. Stapel pense que ce n'est que la variété 
rouge plus grande et à feuilles dressées ; Sprengel (r), d'après 
Anguillara , admet aussi que ce n'est que la Scilie rouge dont 
le bulbe est d'autant meilleur à manger qu'il est plus blanc. 
M. Fée adopta récemment la même opinion (i). Or, Stapel et 
ceux qui l'ont suivi se fondent sur le texte de Dioscoride; il y 
est dit en effet que le Pancration est rouge et a la forme d'un 
grand bulbe (Bo).Sw, ptyaXw, épota), ce qui ne veut pas dire du 
plus grand, comme il l'aurait peut-être dit de la Scille, s'il en avait 
donné la description; et ceci ne prouve pas du tout qu'il ait dû 
être plus grand que celle-ci. Pline dit positivement qu'il existe une 
Scille blanche et une Scille noire (la rouge, sans doute, dite noire, 
par opposition à la blanche}, ce qui prouve que ces deux espèces 



(4) Comment, sur Dioscoride, intitulé : PeJan, Dîoscor. Anaz. t. n, p. 483, Llps. i83o. 
Il y a ici une légère evreur dont je ne connais pas l'origine ; Dioscoride ne dit pas que la Scille 
soit bonne à manger, ni le Pancration ; elle a , de tout temps, été regardée comme un médica- 
ment très actif ou même comme un poison. Clusius raconte, d'après Rondelet, une histoire de 
deux pêcheurs italiens, dont l'un voulant nuire à l'autre, lui frotta son couteau avec delà 
Scille, et celui-ci ayant mangé avec ce couteau mourut peu après; ceci paraît bien certaine- 
ment exagéré; mais les faits mieux constatés ne manquent pas. Avicenne dit qu'elle fait mourir 
les rats ; suivant Desfonlaiues , elle est encore employée au même usage en Barbarie; les expé- 
riences d'Orfila montrent qu'elle est un véritable poison ; on trouve, à cet égard , des faits con- 
cluans dans le Dictionnaire des sciences médicales et dans la Phytographie médicale de Roques, 
(Paris 182 1. t. r. p. 100), qui renferme une assez bonne figure de la plante. Morison, à la 
vérité, la place parmi les plantes dont le bulbe et les feuilles sont alimentaires f ^o;r. Illes. 
auct. 1669) ; mais sans doute il pense alors à la Scille d'Epiménide, ou son erreur provient de 
ce que disent les anciens, qu'on la faisait cuire dans de la pâte pour en prendre non pas comme 
aliment, mais comme médicament et seulement à la manière des alimens ; Pline dit , et c'est le 
leul passage qui pourrait jusqu'à un certain point induire en erreur : Coquitur tl in melle cibi 
gratia, maxime uli coctionem facias sic et inleriora purgat, liv. xx. cbap. ix. Et , comme on le 
voit, il faudrait encore que ce chapitre fût bien mal inlerprélé, 

(4) Comment, sur la mal. médic. et la botan. de Pline. Paris i833. l. i;i. p. 465. 



a84 sTEiPîHEiL. — Genres Scilla ci Urginea. 

pouvaient être ronges; et il parle aussi du Pancration à un autre 
endroit (liv. 27, Ch. 19.]. Pancratiuni aliqui Scillam pusillam 
appellare malunt, foli'is albi lilii longioribus, crassioribusque , 
radice bulbi magni colore rufo. On sait où Pline a trouvé le mot 
qu'il traduit purpusil/a; Stapel, préoccupé de l'idée que le Pari' 
cratiori doit être l'espèce la plus grande, se demande si quelque 
exemplaire de Dioscoride n'aurait pas dans le premier membre de 
phrase renfermé l'épithète de «axpav mal écrite, et que Pline 
aurait lue : >7txpav. Malgré l'analogie des deux mots , cette 
double supposition nous paraît un peu gratuite; elle le paraît 
comme à Stapel lui-même; d'un autre côté le mot pusilla indi- 
que, ce nous semble, une forme trop petite pour pouvoirêtre ap- 
pliquée à une espèce du même type que la Scille maritime; la des- 
cription de Pline convient très bien au Pancratiuni maritimum qui 
se trouve sur les côtes du bassin de la Méditerranée, depuis la 
France jusqu'en Barbarie ( Poiret), ou peut-être mieux encore à 
notre Scilla peruviana (1) qui, comme on sait, est originaire de 
Portugal et de Barbarie. Je suppose donc que Pline avait pris 
Tune de ces plantes pour le Pancration de Dioscoride, et son er- 
reur me paraît indiquer que de son temps cette plante était gé- 
néralement connue comme ('tant plus petite que la Scille. C'est 
pour cela que je pense que mon espèce qui a encore la forme 
d'un grand bulbe, mais est pourtant plus petite que la Scille 
est probablement la plante du botaniste grec dont j'ai conservé 
le nom comme nom spécifique. Je n'attache d'ailleurs pas à cette 
opinion plus d'importance qu'elle n'en mérite; des recherches 
absolument concluantes sur une question de cette nature sont 
probablement impossibles, car les anciens, qui ne connaissaient 
pas bien leurs espèces, savaient encore bien moins les décrire, 
et il n'est pas impossible que l'espèce appelée Pancration dans 
ime localité n'ait été dans une autre confondue avec celle que 
l'on a appelait Scilla. Les résultats d'un pareil travail, quelque 
exacts qu'ils puissent êti e , n'offriront d'ailleurs jamais qu'une uti- 

(i) La variété cultivée de cette plante a les feuilles privées des cils qui en garnissent ordi- 
nairement les bords; ses fleurs sont a\issi grandes que celles de la scille, mais la tige en est 
plusj[courle. C'est bien à celte plante que Pline, qui a pu la voir cultivée dans des jardirts, au- 
rait pu appliquer !e nom de Scilla pusilla. 



STEiNHEiL. — Genres Scilla et Urginea. îi85 

lité fort secondaire, à moins qu'on ne parvienne un jour à nous 
donner une histoire un peu complète des migration des plantes, 
ce qui serait certainement d'un haut intéi et. 

Je ne puis terminer ce mémoire sans profiter de l'occasion 
qu'il me présente pour publier quelques observations relative- 
ment à la manière dont M. Mutel a dans la Flore qu'il publie en 
ce moment (i), considéré les espèces de Scilles que j'ai fait con- 
naître. (2) 

Cet auteur regarde mon Scilla fallax comme une simple 
variété du Se. obtasifolia ; comme j'ai, malgré son autorité, 
conservé ma manière devoir à cet égard , je renvoie à mon mé- 
moire pour l'exposé des motifs qui me l'ont fait adopter alors, 
et je crois inutile de les reproduire ici; mais je puis me deman- 
der pourquoi M. Mutel , considérant une plante comme une 
simple variété en a changé le nom en celui de 5. angustifolia ? 
A quoi bon? Les feuilles du S. autumnalis sont encore plus 
étroites ; le nom que j'ai proposé a l'avantage de mettre en garde 
contre l'erreur de Poiret qui avait pris cette plante pour une 
variété du S. autumnalis^ tant peu il est naturel de croire qu'elle 
en soit une du S. obtusifolia : pour rendre la transaction plus 
facile entre ces deux plantes, M. Mutel suppose que le Scilla 
parvifiora Desf. ou nmnidica Poir. (3) n'est lui-même qu'une va- 
riété intermédiaire, comme il est en effet intermédiaire entre les 
deux autres pour la largeur de ses feuilles; il faudrait que ces deux 
botanistes se fussent bien étrangement trompés pour regarder 
comme espèce une variété intermédiaire entre deux variétés! 
Il est vrai que le S. pari^iflora a des bractées , et qu'elles sont 
complètement avortées dans les autres; mais elles sont petites 
et caduques; ce qui n'empêche pas qu'elles soient ; ce qui a valu 
son nom à^cette dernière espèce est que ses fleurs sont réellement 
plus petites, et quand même on trouverait du S. obtusifolia à 
fleurs aussi petites, ce dont je doute, à moins qu'elles ne soient 
mal développées, cela ne suffirait pas pour les confondre, car la 

(i) Flore française pour servir aux herborisations. T. m, p. agS. 

(2) Ann. Se. iiat. Paris, fevr. 1854. 

(3) M. Mutel dit n'avoir j a> de doubles du Se. parviflora ; je n'en ai pas à offrir non plus 
«naisj'ai déposé dans l'herbier du Muséum à Paris des échantillons de mes espèces. 



a86 s'JEirruEiL. — Genres Scilla et Urginea. 

forme da fruit est complètement différente, ce que M. Mutel ne 
paraît pas se rappeler, quoique j'aie donné la figure du fruit des 
deux espèces; enfin, l'ovaire qui diffère ainsi par sa forme, ne ren- 
ferme que trois ovules dans l'espèce à petites fleurs, ce qui est 
certainement bien différent du cas où le nombre des graines 
serait réduit à trois par avortement; toute personne tant soit 
peu habituée à étudier les ovules dans la fleur, comprendra 
trop bien la valeur de la distinction que je fais ici pour que j'y 
insiste davantage. Le Scilla parpi/loraest tellement peu une simple 
variété, que j'ai proposé d'en faire un genre particulier, sous le 
nom de Stcllaris (i), et je regarde actuellement sa différence 
générique comme tellement certaine que, me reprochant de ne 
l'avoir pas établi alors , je veux aujourd'hui, revenu de ma timi- 
dité, donner ici le caractère de ce genre. 

STELLARIS Mœnch. (excl. spec. omn.) 

Perlantltiiitn patens ; corolla calicl similis. Slaniina corollœ sub- 
œqualia; Jilamenta complanala acuta , lanceolala , glabra; antlierœ 
muticœ. Pistillnni starninibwi œquale; ouariurn piride , depressum 
triloculare, lociiUs monospermis ; vasiduclus sublwrizontalis. Fruc- 
tus pyriformis y trilobatus. Semina rotundata. Bracleœ minutœ. 

Stellaris parviflora. S.bracteis brevissimls, membranaceis , déci- 
dais; floribus rocenwsis f paruulis ^ posl Jœcundationem pedunculo 
accrescente breuiuribus, roseis; anllieris violaceis; serninibus nigris; 
fuliis , linearilanceolatisj latiusculis, lucidis, — Crescit in Barbaria, 
circa Bonani et Hipporegiuni, in declivis montium umbrosis , secus 
riuum qui ad urbein ducit aquarn et ubi anno i833 legebam. 

Scilla patviflora. Desf. atl. i, page 3oo. — Pers. syn. i.p. 365. — 
Steinh. Ann. Sc.nat. Paris, ftpr. 1834. — Scilla numidica Poir. 
Voy. Barb. t. i,p. i5o. 

(i) Note sur le genre Urginea. Ann. Se. nat. Paris; juiu i834. Ce nom a le défaut d'être 
formé par un adjectif; cependant, comme il existe plusieurs noms généralement admis qui 
sont dans le même cas {Ârenaria, Stellaria, etc.), j'ai pensé qu'il valait mieux conserver ce- 
Jui-ci qui existe déjà que d'en former un nouveau; si les botanistes auxquels il est donné de 
juger en dernier ressort ne partagent pas mon avij , il sera toujours temps de forger un mol j 
la chose importt peu. 



BonKAiî. — Sur le T.vthrum alternifolium. ^87 

Sur le Lythrura alternifoliiini. 
Par M. BoREAD. 



Vers la fin du siècle dernier, un amateur de botanique trouva 
près de Dijon un Lj^/Arw/Ti différent de toutes les espèces connues 
jusqu'alors. Un échantillon de cette plante conservé dans l'her- 
bier de M. Vailot, fut communiqué à Persoon qui le dectivlt sous 
le nom de Lylhrum nummulariœfolia (Synops. pi. a. 2. p. 8.) 
En i83o, MM. Lorey et Duret, préparant la publication de la 
Flore de la Côte d'or, soumirent cette plante à M. de Candolle, 
qui la décrivit soigneusement sous le nom de L. alternifolium, 
en faisant abserver qu'elle offrait des caractères tendant à la 
rapprocher des E. hjssopifoUum et Grœfferi. Cette description 
fut reproduite dans la Flore de la Côte d'or (a. i. p. 348. fig. 2.), 
et accompagnée d'une figure représentant cette rare espèce. 
L'analyse de la fleur était due à l'habile crayon de M. A. de 
Jussieu. Plus tard, M. Mutel n'hésita pas à admettre cette plante 
au rang des espèces légitimes, et il l'mséra dans sa Flore fran- 
çaise (tom. I. p. 379,) Jusqu'alors, en effet, cette plante n'ayant 
pas été retrouvée, personne n'avait été à même de résoudre la 
question posée par M. Lorey, qui demandait si cette plante n'é- 
tait pas un simple jeu de la nature. 

Ce fut donc avec un vrai plaisir, qu'au mois d'août i835 , 
j'aperçus au bord d'un ruisseau, près de Nevers, une plante qui 
me rappela sur le champ l'espèce figurée dans la Flore de la Cote 
d'Or; elle offrait la même pubescence, ses fleurs grandes et so- 
litaires sortaient de l'aisselle des feuilles alternes, orbiculaires et 
mucronées. Mais en voulant recueillir cette plante curieuse , 
je vis qu'elle tenait, par sa partie inférieure à une tige de Ly- 
thrum Salicaria î Le sommet de la tige ayant été tronqué, il 
s'était développé des bourgeons latéraux qui, au lieu de produire 
un épi continu, n'avaient fourni que quelques fleurs axillaires. 
En effet, si l'on observe le Lythrurn Salicaria à Tétat normal , 
on verra que son inflorescence est toujours parsemée d'une 



a88 BOREA.U. — 5^/' le Lvthrnm alternifolium. 

pubfscciice grisâtre , même sur les formes glabres de cette 
phinte ; qne les fleurs sont accompagnées de bractées cor- 
difo^mes et mucronées , dont la disposition alterne est sen- 
sible surtout au sommet de l'épi. Or, si l'on suppose les ver- 
ticilles plus écartés sur un axe plus grêle et plus allongé , > on 
comprendra facilement que les bractées, tout en conservant 
leur forme, puissent prendre l'aspect et les dimensions des 
feuilles, et que les fleurs, au milieu de ce développement des 
parties herbacées, deviennent plus grandes et moins nombreu- 
ses. C'est en effet là tout le myslère, et cette forme remarquable 
n'est due qu'à une plus grande distension de la spirale de l'in- 
florescence. 

Le Lythrum alternifolium devra donc ne plus figurer au 
nombre des espèce végétales, pas même comme variété, puisque 
cette forme, qu'on pourrait, pour ainsi dire, créer à volonté, 
est le simple résultat d'un accident. 



Sur la faculté que possèdent les plantes d'absorber les infu- 
sions colorées par leurs racines. 

Par J. G. TowERS. (i) 

( Extr. des Transact. of the Horticult. Society of London : 2* série, t. 2, 

part. I, p. 4i. ) 



On sait que plusieurs naturalistes des plus distingués, dans 
la vue de découvrir les conduits de la sève, ont immergé des 



(i) L'auteur de ce mémoire ne paraît pas avoir eu connaissance des expériences sur le même 
sujet faites par le professeur Link et publiées dans les Annales des Sciences naturelles, t. 23, 
p. 144. Ces expériences, exécutées d'après une méthode qui nous paraît propre adonner des 
résultats plus certains, ont conduit le savant professeur de Berlin à une conclusion tout opposée 
à celle élablie par M. Towers. Cependant les expériences de ce dernier pouvant jeter quelque 
lumière sur ce sujet et être utiles aux personnes qui voudraient s'occuper de recherches sur 
cette question, nous avons pensé qu'il était convenable de les consigner ici. Rldact. 



j. G. TOWERs. — Absorption des liquides colorés. i8() 

boutures d'un grand nombre de plantes dans des infusions co- 
lorées. Pendant plusieurs années je suivis le même procédé dans 
mes recherches sur ce sujet , et toujours je remarquai des dé- 
pôts de la matière colorante dont j'avais fait usage parmi les 
faisceaux de fibres qu'on regardait comme les vaisseaux 
conducteurs de la sève ascendante ; cependant je voyais 
ces dépôts plutôt autour que dans l'intérieur des faisceaux. 
J'employai à la recherche de ces effets tous les moyens 
que je pus imaginer et qui étaient à ma disposition; mais quoi- 
que j'en visse assez pour croire à la vérité des témoignages des 
auteurs que je consultai, je ne pus jamais en confirmer l'exac- 
titude jusque dans les détails minutieux que je voyais mention- 
nés. Le tacite assentiment que j'accordais à de graves autorités 
me fit conclure que mes propres procédés ou mes instrumens 
étaient jusqu'à un certain point défectueux ; cependant je ne 
demeurai pas satisfait, car il était évident que des branches 
coupées et par conséquent mutilées ne pouvaient pas fournir 
des preuves légitimes de la nature précise ni même de la situa- 
tion des organes nutritifs qui sont sous l'influence du principe 
vital. Je résolus donc de suivre une autre marche, et pensant 
que la Balsamine m'offrirait un des meilleurs sujets d'expérien- 
ces, tantôt je fis enraciner jMusieurs boutures au printemps, tan- 
tôt je pris de jeunes plants venus de semis, et après avoir lavé 
leurs racines, je les plongeai dans de fortes infusions de bois de 
campêche , où je les gardai dans des pois remplis de terreau 
c{ue j'arrosai avec la liqueur colorée. Je trouvai que dans tous 
les cas la croissance était arrêtée; mais comme les plantes vi 
valent, je les anatomisai au bout de sept, de dix el même de 
quinze jours, j'en examinai les parties sous tous les aspects, 
avec des verres de tous les pouvoirs, dans l'eau et hors de l'eau. 
Jamais dans aucune de ces circonstances \\\\^ oarticuledela ma- 
tière colorante ne se montra dans quelque pohit de la tige, soit 
dans les cellules, soit dans w\\ vaisseau. 

Comme j'annonçai, en passant, ce résultat dans un écrit sur 
la nutrition des végétaux, un auteur, en me répondant, avança 
que si j'avais employé de la garance, j'aurais découvert la li- 
queur qui aurait passé. Je me rappelai aussitôt que H. Davy 

'I R'^'"T. — Novembre. ly 



iqo J. G. xowKiis. — Absorption des liquides colorés. 

avait fait mention de cette matière colorante, et en consultant de 
nouveau la page 245 de sa sixième leçon d'agricultnre, j'y lus ce 
passage : « Les fibres radicales des plantes qu'on fait croître 
dans des infusions de garance se teignent en rouge. » Mais cela 
ne dit rien sur le point en discussion , car la simple coloration 
des parties plongées dans le licpiide n'est pas une preuve de 
l'ascension de ce liquide. Cependant il ajoute « que les végétaux 
absorbent même les substances qui sont pour eux des poissons.» 
Cette asserlion se rapporte au but de mes recherches, et jiour 
la scruter j'em|)loyai trois modes d'investigation. 

Le 18 juillet iiS34 , je pris trois gro.sses branches de balsami- 
nes à liges bien blanches, je les plaçai chacune dans une fiole 
d'eau pureet je les rangeai toutes contre le vitrage latéraldel'ex- 
trémité orientale de ma serre-chaude; je ne les chauffai point j)ar 
le fond et je ne les couvris pas. En peu de jours, des prolonge- 
mens se formèrent à leurs bases, et au bout de dix jours, le 28 
juillet, les trois plantes étaient munies de racines parfaites, blan- 
ches et nombreuses. Je les enlevai avec précaution, une par une, 
de chaque fiole et je les plantai successivement dans une argile 
sablonneuse aussi pure et aussi homogène que je pus la choisir, 
sans y admettre la moindre particule de matière décomposable. 
Je leur donnai de l'eau seulement pendant un jour ou deux, et 
je les ombrageai jusqu'à ce que je fusse sur que la végétation 
avait repris toute son activité; mais elles ne se flétrirent pas et 
se couvrirent de boutons à fleurs dont la plupart furent sup- 
primés. 

Deux solutions avaient été préparées. I>a première consistait 
en un drachme de bois de Brésil réduit en poudre et mêlé à 
quatre onces d'eau avec addition de quatre à cinq gouttes d'une 
solution de potasse caustique. Ce mélange produisit sur-le- 
champ une couleur de mûre d'un cramoisi foncé, et la légère 
dose d'alcali devait ajouter à l'effet qu'on se proposait d'obtenir 
La seconde solution était composée de quatre onces d'eau dt 
pluie et d'un quart de drachme d'un oxy-muriate de fer en 
solution concentrée et d'une teinte orange foncée. Elle for- 
;naitun liquide assez astringent pour qu'il fur désagréable de 



j. G. TOWERS. — absorption des liquides colorés. 291 

s'en rincer la bouche. C'est peut-être de toutes les préparations 
de fer, le réactif le plus sensible des prussiates. 

Avec chacune de ces solutions j'arrosai abondamment les 
Balsamines, après avoir soigneusement marqué les pots, de ma- 
nière qu'aucune méprise ne put avoir lieu. J'arrosai une troi- 
sième Balsamine avec de l'eau pure seulement. L'expérience fut 
continuée jusqu'au 14 août; alors pour compléter la saturation 
du sol et ne laisser place a aucun doute, je versai une certaine 
quantité de solution de fer dans un vase en terre, et un peu de 
bois do. Brésil dans un autre; puis plaçant chaque Balsamine 
dans le vase qui lui était approprié, je couvris le sol d'une cou- 
che de liquide qui atteignait le bord du pot; après quoi je lais- 
sai les plantes debout dans leurs soucoupes. Ainsi une jenne 
Balsamine avait été régulièrement arrosée pendant seize jours 
d'un liquide fortement coloré qui était versé à la surface du 
sol ; une autre avait été traitée de la même manière au moyen 
d'une préparation métallique astringente; et finalement toutes 
les deux avaient été en quelque sorte immergées et laissées 
dans le liquide approprié à chacune jusqu'à ce que la dernière 
goutte en fût absorbée. La plante humectée d'eau n'en recevait 
qu'autant que cela devenait nécessaire. Je dois ajouter que 
comme la chaleur de la serre était quelquefois très grande et 
que les plantes étaient exposées en plein, soleil, une fois ou deux 
je donnai à toutes également un peu d'eau de pluie qui tendait 
plutôt à délayer les fluides artificiels au milieu des particules 
terreuses qu'à tout autre chose. Mais lorsque les deux plantes 
furent immergées, je ne leur donnai plus d'eau, et le l'j je dé- 
tachai de larges tranches pour les examiner. 

Aucune teinte de rouge ou de jaune , ni aucune différence 
d'aspect ne purerit y être découvertes soit par moi-même, soit 
par un de mes fils, ni à l'œil nu, ni au microscope. A.lors j'é- 
prouvai par les réactifs les trois tiges, les trois portions que j'en 
avais détachées, et des tranches coupées transversalement sur 
chacune. 

Sur celle qui avait été arrosée avec l'infusion du bois de Bré- 
sil je fis agir une solution verte de sulfate de fer, qui, essayée 
sur une tache faite à du papier blanc avec rmtusion, la con- 

'9- 



292 3. G. fowF.r.s. — .absorption des liquides colorés. 

vcrtissait instantanément, en un i>ris-bleuAtic foncé ; mais la 
DJante et ses pièces ne manifestèrent pas la moindre trace do 
gris et n'éprouvèrent aucun changement sous le réactit. 

La plante arrrosée de la solution ferrugineuse et ses por- 
tions furent éprouvées par le priissiate de soude, qui , mis dans 
liquide hu-mème occasionait inuuédiatement un précipité de 
bleu de Prusse; cependant aucun signe de changement, au- 
cmi dépôt hieu ne put être aperçu dans la plante ou dans ses 
]>arties. 

Alors la place cntan:ée de la lîalsamine arrosée fut touchéo 
avec une goutlelelle de sulfate de fer, qui est lom dette aussi 
sensible au prussiatc ciue la solution oxigénée, el celte fois, en 
appliquant la pointe d'un épingle trempée dans le prussiatc 
de soude, la ( oulcur bleue apparut au milieu des vaisseaux 

blessés. 

Enfin la partie amputée de la plante humectée d'eau fut cou- 
pée et mise en tranches qu'on traita les unes par le sulfate de 
fer, les autres par le prussiatc de soude, mais sur aucune on ne 
put découvrir de tache bleue ou grisâtie. 

Ainsi j'ai démontré par des procédés et des épreuves variés 
que des arrosemens avec des liquides et des agens chimiques 
ne mettent pas en évidence la nature ni la situation des vais- 
seaux séveiix dans la Balsamine. La croissance des trois plante* 
vient à l'appui de ce résultat; car les jeunes balsamines, au ma- 
rnent où elles furent plantées dans les pots d'argile sablonneuse, 
bien qu'extrêmement fermes et vigoureuses, n'avaient que sept 
pouces de haut. Pendant la durée des arrosemens, elles végétè- 
rent bien et restèrent eu bonne santé, et je n'aperçus aucune 
différence entre elles, si ce n'est que celle qui recevait le muriale 
<ie fer prit une apparence greiuie et émit deux ou trois pousses 
latérales, tandis <pie les autres restèrent droites; toutes contii- 
nuèreni à donner des fleurs avec tant de persistance que je 
cessai de les enlever. Au moment de l'examen anatomique, le 
solcjui avait été arrosé avec l'infusion était entièrement noirci ; 
celui qui l'avait été avec le fer était coloré par de la rouille d une 
teinte jaune. Lorsque l'expérience fut terminée, curieux de 
connaître quel tort éprouveraient les plantes blessée?, j? les re- 



j. G. TOWEiîS. — yJbsorptiun n'es liquides colorés. '^()3 

lirai de leurs pots avec leurs mottes tout entières, et je les mis 
en pleine terre dans une plate-bande. La plante arrosée avec de 
i'eaii pure avait été trop profondément entamée, elle se cassa 
et sa tige dçpérit ; celle qui avait été arrosée avec le fer ne lut 
pas fermement attachée et le vent la tordit, de manière (jn'elle 
tonjha, mais elle ne se rompit pas à la })artic blessée ; elle a pru- 
<lnit quatre ou cinq grandes fleurs, blanches et Idas, et elle porta 
deux t'ois autant de boutons : elle est maintenant assujétie à ini 
tuteur et je ne doute j)as qu'elle ne continue à croître. La troi- 
sième plante est couverte de fleurs blanches et panachées et cel- 
les qui sont encore en boutons s'élèvent à trente ou à un plus 
grand nombre, quoique la plante ait à peine un pied de haut. 

H me reste à parler d'ini aiitre fait fort iuîportant. Je fis en- 
raciner une autre plante dans l'eau et ayant préparé d'un cote 
une infusion de bois de lîrésil, de l'autre une solution ferrugi- 
neuse, comme il a été dit ci-dessus, je retirai de l'eau avec pré- 
caution la bouture nouvellement enraciriée et je la plaçai avec 
une bouture simple d'iuie autre balsamine dans une solution de 
fer; bientôt après je mis une autre bouture fraîche dans une in- 
fusion de bois de Brésil. La plante enracinée lut tuée en peu île 
miinitcs; elle s'inclina, tojuba par dessus le bord (\u vase dans 
un état comj)letde flaccidité et se réduisit à un fil entièrement 
affaissé, la bouture périt dans l'espace de six heures. Celle qui 
était dans l'infusion rouge ne jouit pas non plus d'une bouiio 
santé; ses feuilles se recoquillèient les unes après les autres, 
prirent i\\\<i teinte brune et tombèrent après un espace de trois 
jours, la tige seule était debout. 

H est donc prouvé que le même liquide (pis est une source 
de vie, d'entretien et de santé pour les racines cpii se ramifient 
dans m\^ couche ou une matrice de terre, détruit comme par 
un coup <le foudre ces mêmes plantes si elles sont exposées à 
son action innuédiate. 

Je conclus des résultats que je viens d'exposer : T que les 
infusions et les liquides colorés ou chimiques ne pénètrent pas 
dans le système vasculaire ou le système cellulaire, pourvu que 
la plante , soit par sa propre énergie vitale, soit par le pouvoir 
décomposant du sol, reste daiis un état de santé et conserve Ui 



294 ^- ^- TowERs. — Absorption des liquides colorés. 

faculté de développer de nouvelles parties; que par conséquent 
on ne peut obtenu- aucune connaissance précise sur les vais- 
seaux de la sève par des moyens artificiels tels que ceux qu'on 
a habituellement employés jusqu'à ce jour; 1" que du moment 
où une plante cesse de croître, tourne au jaune et tombe évi- 
demment dans un état de maladie, elle peut absorber des ali- 
niens contre nature, non pas toutefois par ses organes réguliers 
d'absorption, mais, suivant toute probabilité, le long des sur- 
faces lésées par l'action morbifique : qu'ainsi donc, tant que 
subsiste l'énergie vitale et que la santé reste intacte, la vraie sève 
est seule produite. L'office du sol est de réduire toutes les 
substances à sa propre nature, et c'est ce qu'il effectue promp- 
tement parle stimulus de la végétation; néanmoins, si des 
substances étrangères au sol y surabondent, je conçois qu'il 
en résulte pour les organes végétaux quelque dommage, tel 
que des corrosions ou des lésions quelconques, et alors l'ac- 
tion morbide et l'absorption surviennent, la plante s'empoi- 
sonne, dépérit et meurt. 



Sur la faculté d'absorption attribuée aux spongioles 

des racines^ 

par Th. Andr. Knight. 

(^Extr. des Transact. 0/ ihe JlurticuU. Society ofLondon, a* série, t. 2 j>. 117.) 

On croit assez généralement que les racines des végétaux 
s'emparent des substances nutritives contenues dans le sol par 
leurs seules extrémités cellulaires qu'on a appelées spongioles 
à cause de leur texture, et qui diffèrent des autres parties de la 
racine en ce qu'elles sont totalement dépourvues d'aubier ou 
de matière ligneuse distincte de l'écorce. Cependant j'ai prouvé 
par un grand nombre d'expériences, et l'on admet, je crois, 
généralement que c'est par l'aubier des arbres que la sève as- 



T. A. Ki^iGHT. — ^^bsorpiion atliibuée aux spongiules. 39$ 

cendante, dans les circonstances ordinaires , s'élève et passe de 
leurs racines dans leurs branches et dans leurs feuilles; or, 
comme cette partie n'existe pas dans les spongioles , je fus en- 
traîné à rechercher si ces organes possèdent le pouvoir de 
transmettre les fluides, et, dans le cas où j'aurais constaté l'exi- 
stence d'un tel pouvoir, par quels canaux particuliers ces flui- 
des passent. Comme ces questions sont intéressantes pour le 
physiologiste, et peuvent jusqu'à un certain point avoir de 
l'unportance pour le jardinier je crois devoir communiquer à 
la société le résultat de mes expériences. 

Pour obtenir les spongioles dans l'état le plus parfait, on prend 
de grosses graines, telles que celles de la fève commune, et on 
les laisse germer simplement en les détachant de leurs cotylé- 
dons, car de cette manière elles restent unies au caudex delà 
plante, à son bourgeon et à sa plumule. On prépara ainsi plu- 
sieurs graines de plantes, appartenant à différens genres et on 
les soumit à différens modes de traitenient dans des sols de di- 
verses qualités; mais toutes périrent sans qu'aucune plumulese 
fut développée, ni même eut reçu en apparence aucune nour- 
riture , soit du sol, soit de toute autre source. Cependant les 
spongioles, dans ces différens cas, doivent avoir contenu une 
beaucoup plus grande quantité de substance vivante organi- 
sable provenant de leurs cotylédons que n'en peuvent renfer- 
mer les graines entières de la plupart des plantes; mais elles 
étaient, je pense, incapables de la transmettre aux plumules, 
à cause du manque d'aubier. 

Je regarde donc comme bien fondée l'opinion où je suis que 
les spongioles sont des parties imparfaitement organisées qui 
ne pompent du sol ni ne transmettent aucune espèce de fluide 
pour le service d'autres parties de la plante; mais la matière 
de l'aubier s'y forme avec une extrême rapidité, et elles de» 
viennent en grande partie des racines parfaites long-temps avant 
que la croissance de la tige ou des branches de l'arbre com- 
mence au printemps , et c'est par ces racines nouvellcnienl 
formées (non pas exclusivement toutefois) que je conçois la 
nourriture absorbée et dirigée vers les feuilles où elle se con- 
vertit en véritable sève. Je sais que les opinions ci-dessus énon- 



agi^ c H. scnuLTz. — Noin'elles espèces de Spitzclia. 

cées sont en opposition avec celles de beaucup de physiologistes 
distingués qui jouissent d'une autorité méritée; mais je suis 
d'avis qu'ils ont par erreur compris dans leurs spongioles des 
portions de fibre d'aubier , substance qu'on ne trouve jamais 
dans l'organe proprement appelé spongiole. 



NoTK sur deux nouvelles espèces du genre Spitzelia, 
par C. H. SciiuLTz. (Flora i835, pag. 657.) 

Nous avons eu déjà deux fois occasion de parler des travaux 
de M. Schultz sur les Cbicoracées. Dans le premier article [an- 
nales des Se. nat., 2" série, vol. i, p. 377), nous avons tait connaître 
le genre Spitzelia, formé sin- le Picris piiosa^ Delile; et dans le 
second article, vol. 3, p. 3oo , no'.is avons parlé d'une seconde 
espèce du même genre, formé du Crfpisradicata^S\Gher. Grâces 
à l'obligeance de M. Ad. de Jussieu , l'auteur a été à même de 
réunir au même genre deux autres plantes : le Plcris /^rato Delile, 
et le Leontodon coronujiifolium , Desf, M. Schultz distribue les 
espèces de son nouveau genre en deux groupes, et les distin- 
gue de la manière suivante : 

a. Scariositas acheiiiuruin ladii basiti feic usque ïu (jjIos divisy. 

I- 5. œgyptiaca. Acheciis disci brève rostralis. 
a. S. Sieberi. Acheuiis disci truncalis. 

^. Scaiiositas acheniorum radii cupulifurmis , ad médium tantum iu pilos 
divisa. 

3. 5. lyrata. Gaule foliato subramoso. (Picris lyrata Del.) 

4. 6'. coronopifolia. Scapo simplici, foliis radicalibus breviore. Leon- 

todon coronopifilium Desf. ! Fidelia ? Schultz i834.) 



j. R. A. GUiLLEMiN. — Plantes des îles de la Société. 297 



Zephyritis Taitiîjvsis. — Enumération des plantes découvertes 
par les voyageurs^ dans le.t Iles de la Société, principale- 
ment dans celle de Taïti; 



Par J. B. A. Guillemin, 

Aide de botanique au Muséum d'Histoire naturelle de Paris. 



AVAINT-PROPOS. 



M. Mœrenliout, négociant belge très distingué, aujourd'hui 
consul-général des Etats-Unis aux îles de la Société, avait expé • 
dié, en 1 834, ^ M. d'Orbign y une caisse de plantes récoltées par lui 
et parie docteur Berterodansl'iledeTaïti. Malheureusement cette 
caisse fut ouverte soit pendant la traversée, soit à son arrivée 
au port, et quand M. d'Orbigny la reçut à Paris , il vit avec sur- 
prise que beaucoup de paquets étaient incomplets, mais il n'eut 
aucun moyen de faire rentrer les objets qui en avaient été 
distraits. Cette soustraction était d'autant plus déplorable que 
les auteurs delà collection s'étaient efforcés de compléter autant 
que possible la flore de l'île qu'ils avaient explorée. L'un d'eux, 
le malheureux Bertero, qui s'était embarqué vers le fin de i83o 
sur un bâtiment du commerce, pour visiter de nouvelles contrées 
et dont on n'a plus entendu parler depuis son départ, avait in- 
spiré, autant par son exemple que par sa conversation, le goût 
de l'histoire naturelle à M. Mœrenhout; il s'était occupé de la 
détermination botanique des espèces qu'ils avaient récoltées , 
tandis que de son côté M. Mœrenhout n'avait pas négligé de 
recueillir et de noter leurs noms vulgaires à Taïti. 



lai^ ^. n. a. guillbmi^. — Plantes des îles de la Société. 

Des exemplaires de cette collection ont été distribués par Tor- 
dre «Je M. iNIœrenhout, au Muséum d'histoire naturelle de Paris, à 
l'Académie royale de Turin, patrie deBertero, àMM. Brongniart, 
Delcssert et à d'autres botanistes. Cette collection, quoique privée 
probablement de quelques espèces par la soustraction dont nous 
avoue, parlé, nous semble encore la plus riche en espèces qu'on 
ait rajPportée de Taïti. Toutefois, la flore des îles de la Société 
avait déjà été bien illustrée par les visites que plusieurs natu- 
ralistes, y ont faites depuis une cinquantaine d'années, et par 
les voyages de découvertes qu'ont exécutés en ces derniers 
temps les capitaines Duperrey, d'Urville et Beechey. Dès les pre- 
miers temps de la découverte de ces îles, lleynold et Georges 
Forster avaient rapporté en Europe un nombre assez considéra- 
ble de plantes, ainsi que des manuscrits que possède le Muséum 
d'histoire naturelle de Paris. MM. Hooker et Arnott ont publié, 
dans la Botanique du voyage du capitaine Beechey, un essai de 
flore des îles de la Société, exécuté d'après les matériaux four- 
nis par MM. Lay etCollie, naturalistes et officiers attachés à 
l'expédition. Cet essai est remarquable par les notes critiques 
qui accompagnent Ténumération des espèces, et par l'addition 
de plusieurs plantes nouvelles ou qui n'avaient pas encore été 
trouvées dans les voyages antérieurs. D'un autre coté, MM. 
Gaudichaud, Bron^niart et Richard, dans la Botanique des 
voyages de ÏUranie, de la Coquille et de \ Astrolabe , ont 
fait connaître un grand nombre d'espèces nouvelles qui exis- 
tent simultanément dans la plupart des îles situées entre les 
tropiques. 

Nous avions d'abord formé le projet de réunir ces divers do- 
cumens et d'en composer une flore générale de toute la Polynésie 
tropicale ; mais ce travail eût été incomplet pour le plus grand 
nombre des îles comprises dans cette grande région botanique, 
d'ailleurs il eût exigé de longues recherches et des véri&ca- 
tions fort difficiles sur l'identité des plantes décrites par les 
botanistes. Il nous a paru plus convenable de limiter la cir- 
conscription de notre florule aux îles de la Société qui for- 
ment un groupe assez homogène, et d'insister principalement 
sur les plantes recueillies par MM, Bertero et Mœrenhout , en 



T. B. A. GUJLLEMiw. — Plantcs (les îles de la Société. 299 

les distribuant par familles naturelles et en accompagnant cha- 
cune de sa synonymii principale, c'est-à-dire en citant les 
ouvrages généraux et surtout ceux qui sont importans par 
leurs planches. Cette disposition d'après les familles naturelles 
aura l'avantage de faire connaître facilement à ceux qui s'occu- 
pent de géographie botanique, les rapports numériques des espè- 
ces dans les diverses familles, et par conséquent la prédominance 
de certaines d'entre elles dans les îles de la Société. Les noms vul- 
gaires à Taïti, nous ayant été communiqués par M. Mœrenhout, 
nous avons eu soin de les citer avec exactitude. 

Pour ajouter de l'importance à notre travail aux yeux des bo- 
tanistes, nous avons mis à profit les manuscrits inédits de Fors- 
ter (i), et les renseignemens fournis par l'ouvrage cité plus haut 
de MM. Hooker et Arnott. (2) 

La partie botanique des voyages des capitaines Duperrey (3), 
et d'Urville (4), rédigée par MM. Brongniart et Richard, nous a 
également été d'une grande utilité, et enfin nous avons complété 
notre travail en nous aidant de la publication récente de M. End- 
licher sur la flore générale des îles de la mer du Sud. (5) 

Toute restreinte qu'est cette énumération des plantes des îles 



(i) Il nous ^paru convenable de donner le texte des descriptions de plusieurs espèces de 
Forster, sur lesquelles on n'a pas encore de renseignemens suffisans. Ces descriptions ont été 
faites sur les plantes vivantes, à une époque où la science n'était pas aussi avancée qu'elle l'est 
aujourd'hui sous le rapport descriptif, mais nous n'avons pas cru devoir y apporter le moin- 
dre changement. 

Les ouvrages publiés par Forster, et que nous avons cités dans notre énumération , sont les 
suivans : i. Cltaracteres generiim plantarum , quas in itinere ad insulas Maris australis collc- 
gerunt, descripserunt, delinearunt J. R.Forster e^G. Forster. Londini, 1776, in-4. — a. Flo- 
rulte insularum australium Prodromus, auct. G. Forster. Gotting. I7S6, in-8. — 3. G. Fors- 
TKR, de Plantis esculentis insularum Oceani australis Commentatio bolanica. Berol, 1786, iu-8. 

(a) The Botanj of captain Beechey f^oyage, elc. éj W. J. Hookbr et Walker-Arnott, 
London, i83i,in-4. 

(3) Voyage de la Coquille, par le capitaine Duperrey , avec atlas. — Botanique par M. Du- 
mont d'Urville, Bory Saint-Vincent et Brongniart. Paris, 1828, et années subséq. in-4. 

(4) ^oya^e de VAstrolaèe, parle capitaine Dumonl-d'Urville , avec atlas. — Botanique 
par M. A Richard. Essai d'une Flore de la Nouvelle-Zélande. Paris, i632, in-8. Sertum as- 
trolobianum. 1834, ip-8. 

( 5) Bemerkungen iiber die Flora der Siidseeinsek von Sii.sm, Emdhoer. Vien. t836. 



3oo j. jî. A. GLiLLKMiw. — Plaiites des îles de la Société. 

de la Société, car nous ne pouvons nous dissimuler qu elle ne 
présente qu'une partie des végétaux qui existent dans ce pays, 
elle peut encore donner une idée suffisante des rapports de sa 
végétation avec celles des autres contrées du globe. Si l'on fait 
pour un instant , abstraction des rapports des îles de la Société, 
sous le point de vue botanique, avec les autres groupes d'îles 
de la mer du Sud, c'est principalement avec l'archipel Indien, 
auquel il faut adjoindre les iles Maurice et de Mada^rascar , 
que les plantes de Taïti offrent le plus de ressemblance. Elles 
n'en présentent aucunement avec le continent de l'Amérique mé- 
ridionale dont les îles de la Société ne sont pourtant pas telle- 
ment éloignées qu'on ne devrait s'attendre à trouver de l'ana- 
logie dans les espèces qu elles produisent. La végétation de l'Inde 
semble s'éteindre à mesure qu'on se rapproche de la cote occi- 
dentale américaine, car déjà l'île de Juan Fernandez est pres- 
que entièrement analogue au Chili, quoique laissant voir encore 
des traces de plantes océaniennes. Tel est entre autres le San- 
talum Freyciiietlamun de Gaudicliaud,si commun aux Sandwich 
et rare à Taïti, arbre dont on rencontre à Juan Fernandez des 
individus njorts, mais aucun à l'état vivant. Mais dans l'île de 
Taïli, on retrouve en outre des plantes qui ont des rappoits avec 
celles de la partie australe de la Nouvelle-Hollande et même 
avec celles de la Nouvelle-Zélande. * 

L'analogie de la végétation des îles de la Société avec celle de 
l'archipel Indien (i), et même avec celle des îles Maurice et de 
Madagascar , aurait quelque chose d'étonnant si l'on ne consi- 
dérait que la distance qui sépare ces contrées. Mais en géogra- 
phie botanique, cette considération nest que secondaire ; il en 
est d'autres qui nous semblent d'une beaucoup plus grande 
importance. La ressemblance ou la dissemblance des climats doit 
influer davantage sur les rapports des productions natuielles 
que la proximité ou l'éloignement des pays. 

Or, les îles de l'Océan pacifique n'offrent qu'une série d'archi- 



(1) L'excellente description de l'herbier de Timor, publiée par notre collègue Decaisuc, 
fournil des preuves de celte aualogie. V. aussi les JiijJiagtn tôt déflora van nitdeiiandsiiidic , 
et le Flora Javec de M Bluffle. 



j. B. A. GriLLEMiw. — Plantrs des îles de la Société. 3of 

pels qui s'étendent depuis le continent asiatique au nord de 
la Nouvelle-Hollande, jusqu'aux îles Marquises et à celles 
de l'archipel Dangereux, car il faut à peine tenir compte de 
quelques îles isolées qui se rapprochent de la côte d'Amérique 
et qui ne sont que des fragmens détachés du grand groupe 
Océanien. 

Cette série d'archipels semble être le prolongement, interrompu 
d'espace en espace, des grandes îles des archipels de l'Inde et des 
Mohiques, et celles-ci offrent la continuation de la ])éninsule In- 
dienne et de celle de Malacca. En un mot, on peut considérer, sous 
Je point de vue géographique , toutes les îles de l'océan Pacifique 
comme les crêtes d'une chaîne ramifiée de montagnes qui vien- 
nent s'abîmer dans les eaux à mesure qu'on s'avance vers l'est. Il 
n'est donc pas étonnant que les productions naturelles de ces som- 
mets de montagnes sous-marines présentent entre elles, sinon de 
l'identité, du moins une grande analogie ; non pas qu'il faille ad- 
mettre que la végétation se soit irradiée d'un point ou plateau 
central qui serait le continent Indien, mais parceque l'identité 
ou l'analogie de climat se reproduit sur tpute la surface des îles 
Océaniennes qui sont situées entre les tropiques (r). Observons 



(i) Plus que jamais nous sommes convaincus d'une vérité que nous avons proclamée depuis 
long-temps, et qui domine dans notre article Géographie botanique du Dictionnaire classique 
d'histoire naturelle, savoir : qu'il existe plusieurs centres de création pour les productions vé- 
gétales; que les plantes des mêmes bassins quel que soit l'étendue de ceux-ci, sont plus sem- 
hlables entre elles que celles des bassins différens, quoique très rapprochés; que les espèces 
sont généralement aborigènes des lieux où on les trouve, et qu'il n'est pas nécessaire d'ex- 
pliquer par la transmigration la présence des espèces communes à des contrées éloignées. — 
Un grand écrivain, qui n'a pas toujours su se garantir de l'erreur lorsqu'il a trail<^ des sciences 
physiques, nous parait cependant avoir eu parfaitement raison dans ses idées sur le lieu ori- 
ginaire des végétaux. Voltaire, dans l'article Amérique de son Dictionnaire philosophique, après 
avoir exprimé facélieusement l'opinion que les Américains sont tout aussi autochtones qut les 
castors, ajoute que « la première chose qu'on fait quand on découvre une île peuplée dans l'O- 
céan Indien on dans la mer du SuJ, c'est de dire : D'oîi ces gens-là sont-ils venus? mais pour les 
arbres et les tortues du pays, on ne balance pas à les croire originaires. » Laissant de côlé ce 
qu'on pourrait alléguer en faveur de la diffusion des esjjèces humaines sur la surface du giohe, nous 
ferons remarquer que du temps de Voltaire, on ne doutait pas de la spontanéité des végétaux 
dans les lieux où ils croissent. yCommeut donc se fait-il qu'on veuille encore aujourd'hui 
revenir aux vieilles idées de transmigration , dont l'impossibilité a élé si bien coiislaice dans 
cos demie** temps, et rester en arrière dos opinions que !e simple bon sens inspirai! aux phi- 
losophes du dix-huitième sièrlr ? 



;^o2 j. J\. A. GOiLLEMin. — Plantes des îles de la Société. 

en passant que ces îles ont toutes une direction et une forme à- 
peu-près semblables, c'est-à-dire qu'elle» sont pour la plupart 
des terres allongées, courant dans le même sens, obliquement 
dirigées par rapport à l'équateur, ayant par conséquent les deux 
côtés de leur littoral homologues quant à l'exposition et réunis- 
sant les conditions les plus analogues de climat. Par suite de 
ces observations géographiques, ne serait-il pas permis de con- 
jecturer que l'immense étendue de l'Océan Pacifique était oc- 
cupée primitivement par un vaste continent qui réunissait 
l'Asie à l'Amérique, lequel continent se serait affaissé par l'effet 
d'un de ces cataclysmes dont le globe actuel nous présente 
tant de preuves irrécusables? 

Les îles de l'Océanie situées en dehors mais dans le voi- 
sina'^e des tropiques, ne s'éloignent pas beaucoup, sous le 
point de vue de la géographie botanique , des îles intertropi- 
cales. C'est ainsi que les Sandwich offi ent un grand nombre de 
plantes qui se retrouvent dans les îles de la Société. La Nou- 
velle-Zélande, sidjissant l'influence d'un climat plus austère, 
nourrit en conséq".ieri(;e des végétaux particu'iers ; mais cepen- 
dant on peut encore trouver une assez grande quantité d'espè- 
ces qui habitent les deux contrées. Des analogies plus éloignées 
se font remarquer entre les îles de la Société et celles de Nor- 
folk Van Diemen et la pointe orientale de la Nouvelle-Hol- 
lande, (i) 

Relativement à la richesse intrinsèque de leur végétation, 
les îles de la Société offrent cela de remarquable qu'elles pré- 
sentent une flore plus nombreuse qu'on ne devait le présumer 
d'après ce qu'on avait dit de la pauvreté des îles en général. 
Mais les îles ne doivent cette réputation de pauvreté que parce 
qu'elles offrent généralement peu d'étendue et que les terrains 



(0 La présence d'un Metrosideros et de quelques espèces à'Alyxia dans les îles de la Sociélé suf- 
ûrait pour établir ce rapprochement. Au reste, nous n'insisterons pas sur ce point de géographie 
botanique qu'il suffit de signaler; mais pour donner uue idée des rapports de la végétation 
des iW de la Société avec les autres archipels de l'Océanie, nous présentons à la suite de cet 
avant-propos, la liste des plantes qui se rencontrent simultanément dans tes divers»^ contrées, 
et celle des espèces qui sont particulières aux îles de la Sociét*. 



j. B. A. GUiLi.EMiN. — Plantes des îles dé la Société. 3o3 

n'y sont pas accidentés. La superficie de quelques îles, au 
contraire , comparée à celle de telle autre partie continentale 
placée dans les mémts conditions climatériques, est dotée d'un 
aussi grand nombre d'espèces diverses. Ainsi , dans l'île de 
Taïti, qui a des montagnes élevées, on rencontre une quan- 
tité d'espèces assez considérable. Elle serait encore plus riche 
s'il y existait quelque grand cours d'eau près duquel pût s'ac- 
cumuler une végétation diversifiée. 

Les observations de MM. d'Urville et Brongniart sur la pré- 
dominance des Fougères dans les îles, se trouvent confirmées 
par l'énumération des plantes des îles de la Société. Plus de 
cinquante espèces de cette famille s'y rencontrent, c'est-à-dire à- 
peu-près le sixième de la totalité des végétaux de ces îles. Après 
les Fougères viennent , dans la proportion numérique des es- 
pèces, les Graminées, les Rubiacées, les Cypéracées, les Orchi- 
dées , les Légumineuses , les Malvacées , les Urticées et les So- 
lanées. Mais si l'on réfléchit que quelques unes de ces familles, 
comme par exemple les Urticées , ne sont pas des groupes 
comparables pour le nombre total de leurs espèces, avec d'au- 
tres immenses familles, on voit que ces petites familles offrent , 
dans les îles de la Société , un nombre de représentans beau- 
coup plus considérable que les grandes. Les Urticées seront 
donc à nos yeux des plantes plus caractéristiques de la région 
océanienne que les Légumineuses , quoique le chiffre en soit 
moins élevé. Il en sera de même des Nyctaginées, dont le chif- 
fre n'est que de quatre ou cinq, mais qui, relativement au 
nombre total des espèces de cette petite famille, mérite d'être 
pris en considération. 

Le nombre des Rubiacées, des Graminées, des Cypéracées et 
surtout celui des Orchidées , est assez remarquable. Il nous a 
semblé que la prédominance de ces familles indiquait, en gé- 
néral, une flore au-dessus de la médiocrité, parce que ces 
plantes exigent des conditions très favorables pour leur déve- 
loppement, c'est-à-dire simultanéité de chaleur, de lumière et 
d'humidité. Mais un fait très digne de remarque, c'est le petit 
nombre de Conjposées trouvées à Taïti. Cette anomalie , qui 
d'ailleurs peut s'observer dans les flores de la Guiane, de l'Ar- 



3o4 J- B. A. GUiLLRMiiv. — PlaTitcs ctes îles de la Société. 

chipel indien et d'autres riches contrées, n'est guères suscep- 
tible d'explication. 

Les Légumineuses, qui dominent dans presque toutes les 
flores tropicales, n'offrent pas non plus un nombre proportion- 
nel considérable dans les plantes de l'Archipel de la Société. 
Dans la Flore de la Nouvelle-Zélande qui , comme nous l'avons 
dit plus haut , se lie sous quelques rapports avec celle qui fait 
l'objet de ce mémoire, les Légumineuses sont également en pe- 
tit nombre, mais en revanche les Synanthérées y dominent; et 
ce n'est pas là le seul trait de la dissemblance de ces' régions , 
car telles familles qui dominent à Taïti, les Rubiacées par exem- 
ple, sont fort peu nombreuses en espèces à la Nouvelle-Zé- 
jaiide, tandis qtie l'absence totale ou presque totale d'autres fa- 
milles, telles que les Ombellifères, les Crucifères, les Onagraires, 
etc., SI multipliées à la Nouvelle-Zélande, se fait sentir dans l'ar- 
chipel de la Société. Cette dernière observation peut facilement 
être expliquée par la différence des climats qui, nonobstant la 
corrélation qu'établit entre les deux contrées leur situation dans 
le même bassin naturel, permet aux familles des pays froids ou 
tempérés de s'établir sous des latitudes aussi élevées que celles 
de la Nouvelle-Zélande, tandis qu'elle en interdit l'existence sous 
le ciel brûlant des tropiques. Mais on a lieu de s'étonner de ce 
que l'on n'ait pas trouvé dans l'Archipel de la Société pins de 
plantes appartenant à certaines familles intertropicales, telles 
que les Palmiers, [les Passittorées, les Méliacées, les Zantho- 
xylées , les Aurantiacées et les Mimosées (i). La Flore de 
Taili a donc ses singularités qui dépendent de causes dont 
la recherche et l'appréciation seraient importantes pour la géo- 
graphie botanique, et qui réclament par conséquent des ob- 
servations ultérieures. 



(i) Une seule espèce de Mimosa croît dans dans les îles de la Société, et cette espèce isl 
une de celles à feuilles pennées qui a de l'analogie arec les Mimosa des Indes orientales. 



j. Ti. A. GuiLLFMiN. — Plantûs clcs îles de la Société. 3o5 



Liste des plantes qui existent simultanément dans l'Archipel de 
la Société et dans les autres îles de la Mer du Sud. 



Sphserococcus concinnus. — Sandwich. 

Jungerraaiiuia multifida. - — Sandwich. 

Octoblepharuin albidum. — Mariannes. 

Macromitrium piliferum. — Sandwich. 

Lflskea inflectens. — Vajiikoro. 

Hypnum Chamissonis. — Radak. 

Ophioglossiim peuduluni — Sandwich. 

Angiopteiis evecta. — Gnam (Mariannes). 

Mertcnsia dichotoma. — Nouvelle-Zélande. Mariannes. Sandwich. 

Lygodium scandeus. — Vanikoro. Mariannes. 

Acrostichnm atireura. — Guam. 

Antrophium plantagincum. — Mariannes. 

Aspleninm Nidus. — Norfolk. Sandwich. Maijannes. 

Nephrodium exaltatiim. — Sandwich. 

— propinquum. — id. 

Niphobolus glaljer. — Nouvelle-Zélande. Vanikoro. 

Polypodium phymatodes. — Nouvelle-Zélande. Tikopia. Vanikoro. Ma- 
riannes. Radak. 

— tenelluni. — Norfolk. 
Pteris alata. — Sandwich. 

— neraoralis. — Guam, 

— pedata. — Sandwich. 
Stegania procera. — Nouvelle-Zélande. 
Adianthum pubescens. — Nouvelle-Zélande. Norfolk. 
Vittaria rigida. — Sandwich. 

Davallia pectinata. — Nouvelle-Zélande. Norfolk. 

— solida. — Mariannes. 
Trichomanes minutulura. — Norfolk. 
Marsilea quadrifolia. — Sandwich. 

Psilotum coraplanatura. — Sandwich. 

— triquetrum. — Sandwich. Radak. 
Lycopodium ccrnuuîn. — Sandwich. Mariannes. 

— phlegniaria. — Nouvelle-Zélande. Mariannes. Vanikoro. 

— aibuscula. — Oualan (Carolines) Sandwicii. 
Paspalum filiforme. — Ile de Pâques. 

— orbiculare. — Nouvelle-Zélande. Mariannes. 
Panicnmciliare. — Sandwich. 

VI lîOTAN. — ?.'o\rmhrc. 20 



3o6 J. c. A. GUiLLEMiN. — Plaiitcs (Ics Hcs de la Sorù'té. 

Paniciiin sanguinalc. — Radak. Saîi(iwicli. 
Oplisniemis coraposilus. — Noifolk. Sandwich. 
Ccnchcus anomoplexis. — Nouvellc-Cnlodoiiic. 

— echinatus. — Iles-dc.s-Ami«. 

— calyciilalus. — Tlcs-dcs-Aniis. Satidvvicli. 
Thouarea média. — Radak. 

Eleusine indica. — Sandwich. Ilcs-dcs- Amis. Guolines. 

Lcpturus rcpens. — Carolincs. Rad.ik. llc-Ronianz.of. llc-dc-Pài|iic« 

Saccharura officinan'.ni. — Ilcs-dcs-Amis. Tikopia. Sandwich. 

Eiianlhus floridulus. — Nouvelle-Calédonie. 

Ceutotheca lappacca. — Carolincs. Marianncs. 

Andiopogon Allionii. — Sandwich. 

— acicularis. — Sandwich. 

Kvllingi'i nionocc[diala. — Racbk. Vanikoro. Mariannes. 
Tacca pinnatifida. — Cultive partout entre les tropique.*. 
Dioscorea bull)ifcra. — lies-Marquises. 
Titania miniala. — Norfolk. 
Dcndrobiiim hiflorum. — Nouvelle-Zélande. 
Limodorum Fasciola. — Marianncs. 
Zingiber Zeriimbct. — Nouvelle-Calédonie. Guam. 
Piper nicthysticum. — Sandwich. Iles-des-Aini.s. 

— latifolium. — Nouvelles-Hébrides. Ilcs-dcs-Anuv 
Pepcromia pallida. — Sandwich. 
Casuarina cquisitil'olia. — Les îles intertropicalcs. 
Schychowskia ruderalis. — Radak. 

Broussonetia papyrifcra.' — Les îles entre les tropiques. Nouvellc-Zclande. 
Achyranthcs aspera. — Iles intertropicales. 
Boerrhaavia tetrandra. — Radak. Sandwich. 
Pisonia mitis. — Sandwich. 

Cassylha filiformis. — Iles-des-Amis. Tongatabou. 
Daphne indica. — Sandwich. 
Adenostcmma viscosuin. — Radak. Sandwich. 
Premna integrifolia. — Guam. 
Plectranthus pnrviflorns. — Sandwich. 
Ipomaea Turpctham. — Iles dcs-Amis. 

— Batatas. — Sandwich. Noiikaviva. 

— maritima. Iles intertropicalcs. Guam. 
Solanum repandum. — Marquises. 

. Cordia sebestena. Sandwich. 
Touruefortia argentea. — Radak. Ile Romanzof. Guam. 
Gerbera Mmghas. — Iles-des-Aœis. 
Alyxia Stella ta. — Iles-des-Amis. Nouvelle-Calédonie 
Mussainda frondosa. — Ilcs-dcs-Amis Tongatabou. 



j. B. A. GUiLLEMiN. — Plantes des iles de la Société. 807 

Moriuda citrifolia. — Ilcs-des- Amis. Sandwich. Radak. 

Guetlarda speciosa. — Radak. Ile~Romanzof. 

Timouius Forsteii. — Ile-Roraanzof. 

Geopliila reniformis. — Guain. 

Viscura moniliforme. — Sandwich. 

Cratacva leligiosa. — Tikopia. 

Capparis sandwichiaQa. — Sandwich. 

Calophyllum inophylhim. — Guain. 

Portulaca oleracea. — Ile-Romanzof. 

Sesuvium Portulacaslrum. — Iles-des-Amis. Sandwich. 

RhizophoraManglc. — Iles-des-Amis. N. —Hébrides. K.-Calédonie.Vanikore. 

Metrosideros diffusa. — Nouvelle-Zélande. 

Nelitris Jarabosella. — Nouvelle-Calédonie. • 

Jambosa malaccensis. — Iles intertropicalcs (cultivé). Sandwich. 

Grewia Mallococca. — Iles-des-Amis. 

Tiiurafetta procumbens. — Radak. 

Waltheria americana p indica. — Sandwich. 

Urena lobata. — Iles intertro[)icaies. Tikopia. 

Hibiscus Rosa sinensis. — Iles intertropicales. Vanikoro. Guam. 

— tricuspis. — Ile Pitcairn. 

— tiliaccus. — liesintertropicale.'^.Norfolck. Vanikoro. Sandwich. Guam. 
Thespesia populuca. — Iles-des-Amis, Ile-dc-Pâques. 

Oxalis reptaus. — Nouvelle-Zélande. Norfolk. 

— corniculata. — Sandwich. 

Nephelium pinnatum. — Nouvelles-Hébrides. Iles-des-Amis. 

Dodonaea viscosa. — Nouvelle-Zélande. Radak. Guam. Sandwich. 

Bradieia Glochidion. — Nouvelles-Hébrides. 

Aleurites triloba. — Sandwich. 

Stillingia nutans. — Iles-des-Amis. Nouvelles-Hébrides. 

Hernandia sonora. — Iles-des-Amis. Vanikoro. Radak. 

Celastrus crenatus. — Marquises. 

Colubrina asiatica. — Tongatabou. Sandwich. 

Surianaraaritima. — Nouvelle-Calédonie. Ile de la Botanique. 

Tephrosia piscatoria. — Hes intertropicales. Sandwici. 

Agati coccineum. — Nouvelle Calédonie. Ile de la Botanique. 



ao. 



3o8 j. B. A. GOiLLEMii\. — Plantes des des de la Société. 



Liste des plantes indiquées comme particulières aux lies de la 
Société , ou qui Ji' ont pas été trouvées dans les autres archi- 
pels de la mer du Sud. ( ï ) 



Collcma Turneri. 
Sticta Thouarsii. 
Lccidca Cocoes, 
Ramalina homalca. 
Parmelia callicarpa. 
Lc|)tostoraura raacrocarpum. 
Holomitiium vaginatiim. 
Macroruilrium apiculattim. 
Ncckcra filicina. 
Hypnum fusccsccns. 
Fissidens bryoides. 
Lycopodium sqiiarrosum. 
Sclnza;a dichotoma. 
Gymnogramme Calomclanos. 
Antrophium rcticiilatiim. 
Asplcniiim tcncrum. 
Diplaziuin arborcsccns. 
Ncphrodiiim nyni|)halc. 
Nipliobolus inacrocarpus. 
Polypodium lalifolium. 

— allernifoliuin. 

— scandons. 
Blcchnum occidentale. 
Adianthiiin pulvcrulcntum. 
Cheilantlics dissecta. 
Notochlaena pilosa. 
Davallia contigua. 

— gibbeiosa, 
Tiicboraanes membranaceuin. 

— huDiilc. 

— Filicula. 
Aisopbila extensa. 
Spbderopteris barbata. 
Garnotia stncta. 
Oplismenus setarius. 



Androjjogon Taitcnsis. 
Cypcius venustus. 

— stuppeus. 

— 'inclus. 
Papyrus odoratus. 
Maiiscus |)aniccus. 

— lasvigatus. 

— luacropbyllus. 
Firabristylis juncca. 

— dicbotoraa. 

— Hookei i . 
Schœnus clevalus. 
Lampocarya schœnoidcs. 
l)iacontium polypbylbmi. (cuil.) 
Luziila campcstris. 
Dioscorea pcnlapbylla. 
Obcronia iridifolia. 
Microstylis Rhecdii. 

Liparis rcvoluta. 

— Clypcolura 
Cirrhopctalam Thouarsii. 
Dendrobinm Hngudsfornic. 

— crispatum. 
Calauthe veratrifolia, 
Ptcrochilus plantaginea. 
Ascarina polyslacbya. 
Urtica viigata. 

— affinis. 

— argentea. 
Procris integrifolia. 

— sessibs. 
Elatosterama lucidum. 
Ficus tinclorja. 

— probxa. 
Ccltis orientabs. 



(i) Il est presque inutile de faire remarquer que plusieurs de tes plantes croissent dans 
d'autres régions du ;;lobe. 



J. B. A. GUILLEflliJN. 

Sacchaium s[)ontancum. 
Erianlhiis maxiiuus. 
Eulalia glabrala. 
Desmochaîta micrantha. 
Polygonum iraberbc. 
Bocrihaavia erccta. 
Etliulia ageiatoides. 
SicgcsLcckia oricotalis. 
Bidens [)aniculata. 

— odorata ? 
Lobelia arboiea. 
Vaccinium cereum. 
Tittmannia ovata. 
Scoparia dulcis. 
Cyrtandra biflora. 
Ocymum gralissiuium. 
Diaiithcia clavata. 
Rucllia tVagraiis 
Convolvulus [)ellalus. 
Ipoinœa canioa. 
Phy salis flaccida. 

— angulata. 
Solajuim viride. 

— astroilcs. 

— uigraiii, 

— quitciise. 
Lycopcrsicuni csculoiiluiu. 
Cordia discolor. 
Asclepias curassavua. 
Alyxia scaudens. 
Nauclea rolundifolia. 

— oricnîalis. 
Stylocorync raceniosa. 
Pelcsia carnea. 
Gardénia Taitciisis. 
Opliiorhiza subumbcliala. 
Morinda umbellata. 
Canthium lucidum. 
Pavella tiiflora. 
Psychotria asiatica. 

— speciosa. 
Diodia ligida. 
Jasmiiuim didymum 



Plantes des Lies de la Société. 

Amaraiillms tiicoîor. 

— gangelicûs, 
Gomphiciia globosa. 
Loraiitlius Forsterianus. 
Eryagium aquaticum. 
Cardamine sarmentosa. 
Lepidiutii piscidiiim. 
Gyuaiidiopsis pcntapbylia. 
Casearia? iinpuiictata. 
Cuciuuis sativus. 

Gucurbita pruriens. 

— aspeia. 

— muUifloia. 
Taliiium païens. 
Leiospcrmum paiviflorum. 
Cuphea Parsonsia. 
Melastoiiia Taitcnsc. 

— Malabalhiuin. 
Goiiostegia gkbia. 
Mctrosidcros villosa. 
Jossinia cotinifolia. 
Ciossostylis biflora. 
Melochia hispida. 
Hibiscus Manihot. 

— csculenliis. 

— Abebuosclius. 
Gossypium barbadcrise. 
Abutilon pcriplocifolium. 
Eiiphorbia Atoto. 

Poiiia dénis ziziphoides. 
Gouania Domingcnsis. 
Spoiidias dulcis. 
Deôuiodium puipureuin. 

— Scorpitirus. 

— hcteiocarpum. 
Rhynchosia losea. 

— lucid;i. 
PhaseoUis amœnus. 
Cajanus lia vus. 
Erylhriiia iiidica. 
Mimosa glaiidulosa. 
Mcryla laiiccolata. 
Xvloiua siiaveoleus. 



3oi 



U 



ZEPHYRITIS TAITENSIS. 



ALGiE. 



1. Sphœrococcus cuncinnus Agardh ij[)cc. i. 3 12. Fucus concinnus Tnrn. 
Hist. fuc. t. i53. — Archip. Socictatis (Lay et Collic.) 

2. Macrocysùs Humboldtii Agardh Syst. Alg. p. agS. M. pomifera Bory 
in Duperrey Bot. i. p. 94 t. g. — Taiti (Lay et Collie.) 

LICHENES. 

3. Cultema 2'tt/yien Uuok. et Anioft in Bot. of Beechcy p. 77. — Taiti (Lay 
et Collic.) 

4. Lecidea Cocoes Sw. Lich. am. p. 2. f. a. — Taiti (Lay et Collic.) 

5. Parmelia pannosa Ach, — Swarlz. Lich. Ain. p. 6. t. 6. P. strigosa et 
P. Sandwichiana Gaud. in Freyc Bot.? Pannaria erythrocarpa Bory in Du- 
perrey Bot. p. 234? (ex Hook. et Arn.) — Taiti (Lay et Collie.) 

6. Parmelia caUicarpa Hook, et Arn. 1. c. p. 77. — Taiti (Lay et Collic.) 

7. Sticta Thouarsii DeliseMonogr. 25. t. 8. f. 29.^ — Taiti (Less. et d'Urv.; 

8. Ramalina homalea Achar. Lichen, 6oy. — Taiti (Lay et Collie.) 

9. Usnea plicata Ach. Syn. Lich. p. 3o5. — Taiti (Lay et Collie.) 

FCNGL 

10. JP/ia//«« (Hymenophallus) Dœmunum Hook. et Arn. L c. p. 78. t. 20. 
Dictyophora phalloidea ? Léveillc in Mcm. Soc. Linn. Par, v. 5. p. boj t. 1.3. 
— Taiti (Beechey.) 

HEPATICiE. 

11. Janger/naimia multifida h. Spec. 1600. — Archip. Societalis (Lay et 
Collie.) 

12. ^nthoceros lœvis L. Spec. »6oo. — Insulae Societatis (Lay et Collie.) 

MDSCL 

i3. Leptostomum macrocarpum La Pylaie Journ. de Bot. i8i3. 5. p. i5. 
Bryum macrocarpum Hedw. Musc, frond. 3. t. 3o. — Taiti (Forster.) 

l4. Octoblepharum albidum Hedw. Musc, frond. 3. i5. t. 6. — Ins. Societ. 
(Lay et Collie.) 

i5. Holomitrium vaginatum Bvïd.Biyo]. 1. 22j.Trichostomum vaginatum 
Hook. Musc. cxot. t. 5j. — Taili (Mendies.) 



j. B. A. GiJiLLEMiN. — Zcphyiitis Taitt^nsis. 3i [ 

i6. Macromitriumapicidatum Brid. Bryol. i.3ii. Ortholricliatn upicula- 
iiitn HooL Musc. cxot. t. 45? — Iniulfe Socictaîis (Lay cl Collic.) 

17. Macromitriuni piliferuni Schwœgr. su^ipl. 2. (>5. l. 172. — lus, Socict. 
(Lay et Collie.) 

18. Neckernfdicina Hedw. Musc, frond. 3. t. 18. PiLotrichum fdldnutn 
Pal. Bcauv. Prodr. 83. — Insulaa Socictaîis (Lay et Collie.) 

ig. Neçkera undulaUi Hedw Musc. iVoud. 3. t. 21. — lus. Societ. (Lay cl 
Collie.) 

20. Neckera pennaUi Linu. Hedw. Musc, frond. 3. t. 19. Hypiiuni dupli- 
cation Ejusd. Sjj. musc. Sujjpl. 3. t. 279. (ex Hook. et Am.) — Taiti (Mcnzics, 
d'Urv.) 

21. Leskia injlectens Brid. Rryol. 2. 33 1. — Taiti (d'Urvillc.) 

23. HypiuLm Cliamissiriis Hornsch. ia Hor. pliys. Bcrol. 6G. t. 10. f. i-i>. 

— Ins. Soc. (Lay cl Collie.} 

23. Hvpnani fuscescens Hook, et Arn. iii Bot. of Becchcy p, 76. t. ig. — 
Ins. Soc. (Lay. et Collic.) 

l'i. Fissidens bryoides Hedw. Musc, frond. 3. t. 29. Dicianuni brjoides 
Hoth fl. gcrm. 3. 181. D. vsiniuidivides Engl. bol. t. 1662 — Iiisul. Socict. (Lay 
ei Collie.) 

FILÎCES. 

2"5. OphioglosHum pendiduni Linn. Sp. i5iti. Hook. et Grév.Ic. 19. Opluo- 
denna pendiduni Blunic Flnuiu. pi. jav. 2. 269.— Lis. Societ. (Lay et Collie. j 

2(). AngiopterU evecla Hoiïin. in Comm. Gott. xii. 29. t. 5. SchkuhrFil. t. 
i5o. Hook. et Grcv. le. Fil. t. 36. CLemenlea palmiformisÇj.3.y&\\. prselect. n. 
Il 64. Polypodium evectum Forsl. Prodr. 438. — Insiil. Societ. (Lay et Col- 
lic). Taiti (Bertero cl Mœrenh ). Vulgô Nahè. 

27. Angiopteris longifoUaMook.QlGvew. Bot. misv. 3. 227. — Arch. soc. 
(Matlhcws.) — An praîced. var. slaturâ majori insignis? 

28. iJ/<?;-^e/z«aaf/c/w/oOTaWilld. Act.Acad.Holni. i8o4. p. \Gq. Polypodium 
dichotoTiium Thunb. jap. 338. t. 37. Forsl. Prodr. n. 45o. PI. esc. n. 49.Scl]k. 
Fil. t. i48. Gleichenia Herinanni R. Br. Prodr. 161 c Hook. cl Grcv. le t. i4. 

— Insul. Societ. (Forsl.) Taiti et Borabora (d'Urv.) 

29. Schizœa dichotoma Willd. Sp. v. 87. Hook. et Grev. le. Fil. t. \j. Gnil- 
lem.Icon.liih. auslr. t. 20.— Ins. Societ. (Lay. ctCollie). Taiti (Berlero et Mœrenh.) 

30. Schizœa /o/ste/V Spreng. Syst. 4. 3o. Sc/ûzœa cristata Willd. sp. 5. 7;. 
Acioslichuni dicholomum Forsl. Prodr. u. 415.— Ins. Societ. (Forst.) 



3î2 j. B.A. GUiLi.EMiw. — Zcpkyntis Taitensis. 

3i. Lygodium scandens Willd. Sp. v. 77. Ugena microphylla Cavan. le. vi. 
p. 76. t. ôgô. f. 2. — Ins. Societ. (Lay et Collic), Taili (Bcrtero.) 

32. Acroslichum auream Linn. Sp. Schkuhr, Fil. t. ï — Ins. Societ. (Lay 
et Collie). Taiti (Lesson et d'Uiv.) 

33. Gymnogramme Calomeianos Kaulf. cniim. jd.jicroHfichîini Calomela- 
nos L. Spec. Sclikuhr Fil. t. 5. — Aichip. Societ. (Lay et Collic.) 

34. Antrophyuni plantagineuni Kaulf. enum. 197. Blume Fil. Jav. t. 3o. 

P. Lessoni Hook. et Arii. in Bcecli. 74. Antrophyuni Lessoni Bory iu 
Duperrey Bot. 255. t. 'iS. f. u. — Ai chip. Societ. (Lay et Collie). Bora- 
bora (Less. et d'Urv.) 

v. Diirvillœi Bory 1. c. Taiti (Less. et d'Urv. Bcrtero et Mœrenh.) 

35. Antrophiuni reliculatam Kaulf. Enum. 198. Henùunitis reiiculata 
Forst. Piodr. n. 423. Schkuhr Fil. t. 6. — Ins. Societ. (Forst. Chamissoex Bory.) 

36. Asplefiium Ntdus Lion. Sp. i 173. Forst. Prodr. n. 425. — Ins. Societ. 
(Lay et Collic). Taiti (Less. et d'Urv.) 

37. Asplenium tenerum Forst. Prodr. n. 43 1. Schkuhr Fil. t. 69. — lus. 
Societ. (Lay et Collie.) 

38. Asplenium ubtusatuni Fttrst. Piodi. 11. 43o. LaLill. Wov.-Holl. 2. p. 
g3. t. 242. f. 2. var. miiwr. (et Aspl. uhliquum Labill. Kov.-Holl. 2. p. gS. 
t, a42. f. fide R. Br. Prodr.) — Ins. Societ. (Lay cl (Collie.) 

89. DlpUizium arùv/escens Swart^ Synops. 92. Bory in Duperr. Bot. 1. 
271. — Ins. Societ. (Lay. et Collie.) Taiti (d'Urv.) 

4o. Aspidium Uirsutuluni Swartz. Synops. Aapldmin exaltaluni Swarlz. 
1. c. 46. Nephrodiuni txaUcUum Siuitb. h. Br. Prodr. 1 48. — 1ns. Societ. 
(Lay et Collie). Taiti (Bertcro et Mœrenh.) Vulgô Anioa vcl Metua anuna. 

Celte espèce est eiitiereiiient couverte de poils roussâtres 
pi'incipalenieut sur le lachis et le slipe. Elle se rapproche beau- 
coup de 1'./^. exaltati/m Sw. dont la plirase spécifique convient 
en tous points à la plante de Taiti. Il me semble donc néces- 
saire de Its réunir en une seule espèce qui doit porter le nom 
plus caractéî istique cYA. hirsutulum. 

4i. Aspidium propinquum, R. Brown Prodr. i48. (sub Nephrodiv). Aspi- 
dium unitum Sw. Synopsis 47 (excl. syn. Burui. et Linu. fl. zeyl.) Aspidium 
patens Sw . l.c. 49. Aspidium molle S\v. 1. c. Jacq. ic. t. 64o (sub Polypodio)? 

— lus. Societ. (Lay et Cclhc). Taiti (Lesson. et d'Urv. Bertcro et Mœrenh.) 

^■2. Aspidium nyriphale . — Nejjlirudiitm nytnphale Hook. et Arn. in 
Beech. bot. 7^j. l\,iypodiuni nj mp/uile Forst. Prodr. n, 442. Schkuhr Fil. t. 34. 

— lus. Societ. (Lay cl Collic.) 



j. E. A. GUiLLEMiN. — Zephyritls Taitensis. 3i3 

43. Aspidium alalum Hook. et Grév.îc. Fil. t. i84 ? — Taiti (Bertero et 
Mœrenh.) 

44. aspidium pennigerum Swaitz. Syuops. 49? P oly podium pennigerum 
Forst. Prodr. n. 444. Schkuhr Fil. t. 22. — Taiti (Bertero et Mœrenh.) absque 
fructifîcatione. 

Je cite cette espèce parmi les plantes de Taïti, quoique l'ab- 
sence d'échantillons en fructification me fasse douter que ce 
soit bien 1'-^. pennigerum de Swartz dont elle a d'ailleurs tous 
les caractères. 

45. Aspidium? attenualum Swartz Synops. 48. Polr podium dissectum 
Forst. Prodr. u. 4ii. — Taiti (Bertero et Mœrenh.) 

46. Aspidium sinuatum Labill. Sert. Austr. Calcd. t. i."^ Frous steriiis. An 
nov. spec? —Taiti (Bertero et Mœrenh.) 

Espèce très voisine du Polypodium [AspidiunC] tomentosiim 
Dupetit Th. , mais glabre. 

47. Aspidium Lessonii Bory in Duperrey bot. p. 265. — Taiti (Lesson.) 

48. Niphobolus glaber Kaulf. eniim. 127. Acrostichum lanceolatiim Linn. 
Spec i523. Polypodium acrostichioides Forst. Prodr. n. 434. — Ins. Societ. 
(Forst.) 

49. Niphobolus macrocarpus Hook. et Arn. in Becch. bot. 74. t. 18. — Ins. 
Soc. (Lay et Collie.) 

ho. Polypodium phymatodes Linn. Mant. 3o6. Jacq. Icon. rar. t. 687. 
Schkukr Crypt. t. 8. t. 17. P. grossum Willd. sp. v. ] 68. P. alternifolium 
Willd. et Bory in Duperr. bot. p. 261? — Ins. Societ. (Lay et Collie.) Taiti 
(Bertero et Mœrenh.). Vulgô Atua Buaa. 

5i. Polypodium scandens Forst. Prodr. n. 437. — Ins. Societ. (Lay et Collie.) 

52. Palypodium tenelium Forst. Prodr. n. 44o. Schkuhr Fil. t. 16. — Ins. Soc. 
(Lay et Collie.) 

53. Pleris e.<tculenta¥orst. Prodr. n. 4i8. Plant, escul.p. 47. Schkuhr Fil. t. 
97. Labill. Nov-Holl. t. 243. — Ins. Societ, (Forst.) 

54. Pteris a/ûîtoGaudich. in Freycin. bot.Sgi. t. 19. Pleris itregularis Kaulf. 
Enum. 189. — Ins. Societ. (Lay et Collie.) 

55. Pteris nemoralis Willd. Spec, v. 386. — Ins. Societ. (Lay et Collie. d'Urv. 
Bertero et Mœrenh.) 

Cette espèce est si voisine du P. biaurita L. que je ne vois 
aucun moyen de la distinguer sur les échantillons secs , si ce 



3i4 j. B. A. GUiLLEMiN. — Zepliyrîtis Taitensis. 

n'est parla réticulatioii nés veines qui sont anastomosées dans 
notre jilante, tandis qu'elles sont simplement bifurquces dans 
le P. nemoralis Wiltd. Cependant M. J. Ai;;ardli qui prépare eu 
ce moment une monographie du ^enre Pteris^ a cru pouvoir en 
faire une espèce distincte sons le nom de Pteris Cuillemi/iei. Yo'ici 
la phrase spécifique qu'il nous a communiquée : 

P. fronde glabra pinnata, j)iniii£ hrcvissiiuc pcliolatis oLloiigo-linc.irihiis piii- 
Mato-parfitis^ lacuiiis lanccolalis scriatis basi dccurrcnli-coulluciuibiis , vonis 
icticulaljs, rhachi ftisccsceuti-.straminco. (J. Agardh. inss.) 

56. Pteris pedata Forst. Prodr. ii. 4i7. R. Browii. Prodr. i55. Laiigsdorf 
et Fiscli. le. t. 20. — Ins. Soc. (Forst.) T.iiti et Borabora (d'Urv. et Lcss.) 

57. Pteris Mftrenhoutu Ag. rass. (abs!|iic fruclincalionc). — Taili (Bciteio 
et Mœrciili.; 

Celte espèce nouvelle, dépourvue de fructification, se rappro- 
che du P. vcspcrtilionis^ mais elle en diffère par la rélicnlalion 
de ses veines et sintont par la foi me de .«les lobes exactement 

triangulaires. 

58. Ptevia rugosula Labili. Sert. Auslr. Galed. !• 8. — Taiti (d'Urv. ex Bory 
in Diipcir. bot. p. 277.) 

Cette Fougère menlioimée par M. Bory Saint-Vincent comme 
ayant été récoltée à Taiti par le capitaine d'LJrvillc, n'appar- 
tient pas au genre Pteris tel qu'il est aujourd'hui constitué. 
Elle parait d'après l'inspection de la figure , être une espèce 
iVJllosonis, ou former un genre distinct. 

59. Blechnum peclinatiwi Piesl. et Spreng. Blechnuin longifoUuin Cav. 
non Kunth. B. Momea'BcncïO in Hoib. An var, B. orientalis Linn. sp. i535. 
Schk. Fil. t. 109? — lus. Soclet, (Lay. et Collie). ïaiti (Lcsson cl d'Uivillc. 
Bcrtcro et Moereuh.) Vulgô Momea. 

Cette plante se rapporte parfaitement au B. pectlnatum de 
Presl cité par Sprengel, qui diffère légèrement du B. orienlale , 
que j'ai examiné dans l'herbier du Muséum , et qui a été rap- 
porté des îles Mariannes par M. Gaudichaud. Forster (Prodr. n. 
422) l'a également mentionnée sous le nom de B. orientale. 

60. Blechnum occidentale Lino. — lus. Societ. (Lay et Collie.) 

61. Doodia Kimthiana Gaudicl. in Freyc. Bot. 4oi. t. i4. — lus. Sociel. 
(Lay et Collie.) 



j. n. A. GuiLLEMiw. — Zephyiitïs Taitensis. 3i5 

62. Stegania procera R. Br. Prodr. i53. Osniunda procera Forst. Pi'odr. 
n, 4i4. Btechnum proc/»ri/m Labill. Nov-Holl. t. 247. Lomaria ? procera Hook. 
et Arn. in Beechey Bot. — Ins. Societ. (Lay et CoUie.) 

63. Adianthuvi kispidulum Willd. sp. 10. p. 444, R. Brown Prodr. Nov.- 
Holl. p. j55. — Taiti (Lesson ex Bory in Duperrey bot. p. 277.) 

64. Adianthum pubescens Sû\ku\iv,YW.i. 116. Adlantliiim pedatumY ors\. 
Prodr. n. 458. non L. — Ins, Societ. (Forst. Lay et Collic). Taiti (Bcrtero et 
Mœrenh.) 

65. Adianthuin pulverulentum Linn. Sp. iS^q. PUirn. Fil. t. 55. — Ins. 
Societ. (Lay et Collic) 

GB. Clieilauthes dissecta Hook. et Arn. in Beecb. bot. p. yS. — 1ns. Soc. 
(Lay et Collie.) 

67. Notochtœnapilosa Hook. et Arn. 1. c. 74. — Ins. Societ. (Lay et Collie.) 

68. pittarin r/^fWa Kaulf. Enum. igo. Bory in Dtiperr. bot. 274. — Ins. 
Societ. (Lay et Collie.) 

69. Vittaria zosterifoUa Bory ip Willd. sp. 10. p. 4o6. — Taiti (d'Urv.) — 
An eadem ac prseccd. ? 

70. Davallia pectinata Smilh Mem. Acad. Taurin, v. 4i4. Hook. et Grev. 
le. Fil. t. iScf.Nephrodium Gaimardianum Gaudich. in Freycin. Bot. 335. t. 
12. f. 1. — Ins. Soc. (Lay et Collie). Taiti (Menzies. Less. et d'Urv.) 

71. Davallia contigua Swartz. Synops. i3o Hook. et Grev. Icon. Fil. t. i4i. 
jyichomanes contiguum Forst. Prodr. n. 463. — Ins. Societ. (Forst.) 

72. Davallia solida Swartz Synops. p. i32 et3i4. Schkuhr Fil. t. 126. Tri- 
chomanes solidum Forst. Prodr. n. 475. An Davallia elegans Willd. sp. 10. 
p. 47» ; Bory in Duperr. bot. p. 279? — Ins. Societ. (Forst. Lay et Collie). 
Taili (Bertcro). Vulgo Tia tia maua. 

Plante très variable. Ses diverses formes représentent les D. 
magellanica et nïtida Desv. in herb. mus. Par. 

73. Davallia gibberosa Swartz Synops. i32 et 345. Schkuhr Fil. f. 128. 
Trichomanes gibberosum Forst. Prodr. n. 470. — Ins. Societ. (Forst. Lay et 
Collie). Taiti (Bertero.) 

74. Davallia remota Kaulf. Enum. p. 223. — Taiti (d'Urv. et Less. ex 
Bory in Duperr. bot. p. 280.) 

75. Trichomanes membranaceum Linn. Hook. Exot. (1, t. 76, — Ins. Societ. 
(Lay et Collie.) 

76. TricJiomanes humile Forst. Prodr. n. ^ï64. Swartz. Synops. i43. Hook 
et Grev. Icon. Fil. t. 85. — Ins. Societ. (Forst.) Taiti (Menz.) 

yy. Tricli077ianes minuiulum Ga.udic]\. in Fteyc. bot. Sjj. t. 12. f. 2. — 
Archip. Societ. (Lay et Collic). Taiti (d'Urv.) 



3iG ,1. p.. A. Gi iLLr.Miiv. — Zephjntis Taitensis. 

78. Trichomancs FiliculaVtmy \n.\y{i\\cvv.hQi t. 283. T'. hipunctaluinVow. 
HymenophyUum VdicuLa Willd. sj). ^.b'i.'è. — ïaili (Mciw. d'Uiv. Lay cl 
Collie.) 

7g. Vicksonui muldfida Willd. S|). lo- p. 4S9. — ïaili (d'Urv. ex Bory iii 
DupeiT. bot. p. 280.) 

80. Alsophila exlensa\i(ths . Prodr. ?>G. Polypodium extensuin Forsl. Prodr. 
u. 453. Cyatliœa extensa Swartz. Syiiops. i3g. Schkuhr Fil. t. 1 3a. An C'ya- 
thea medullaris WillJ. a Bory in Dupcir. Lot. y. 280. cilata hue rcfcreiida? — 
Ins. Societ. (Lay cl Collie.) ïaiti (Bcrfcro el Mœrciih.) 

81. Sphœropteris bat bâta Wall. Plant, as. rar. t. 48. — Taiti (Dav. Nelson 
Cook 3. it. ex Endiichcr.) 

MARSILEACEyE. 

82. MarsLlea quadrifolia? (absquc* (Vuctificalione.) — Taili (Bcrleio cl 
Mœrenb.) Vnlgô Paloa. 

LYCOPODIACE^. 

83. Ps'lotum (ru/ue(rurn Swarlz Synops. 187. Bernhardla dichutoina Willd . 
— Taiti (Bertcro et Mœrenb. Lay et Collie.) 

84. Psilotiwi compUmatuni Swartz 1. c. 4i4. t. 4. — Arcb. Sociel. (Lay et 
ColHc.) 

85. Lycopodinm cernuum Liun. Sp. i56f>. L. marianuni Willd. — Taiti 
(Bcrlero el Mœrenb. Lay et Collie.) 

86. Lycopodium Phlegmarla Linn. sp. i564. L. mirabile et L. australe 
Willd. Sp. V. 11. L. myrtifollum Forst. Prodr. 485.-'Taili (Bertcro et Mœrcidi. 
Lesj. et d'Urv.) Vulgô Mavé. 

87. L. squarrosum Forsl. Prodr. 479. Swartz Synops. 177. non FI. ind. 
occid. L. HippurisDcsy. in Poiret Encycl. siippl. 3. 509. i/. i'ors/e/t Poirct 
1. c. 55i. — Taiti (Bertero et Mœrenb.) Ins. Societ. (Forst.) 

88. Lycopodium ciliatam Willd. ex Desv. in Herb. Mus. Par. — Taiti (Ber- 
tero el Mœrenb.) 

89. Lycopodium volubile Forst. Prodr. 482. Hook. et Grev. Icon. Fil. t. 
170. Arcb. Societ. (Forsl.) 

90. Lycopodium Arbuscula Kaulf. Enum. 19. — Borabora (Lesson et 
, d'Urv.; 

91. Lycopodium venus lu lum (jà\XfXich.. in Freycin. bot p. 283. pi. 22. — 
Taiti (d'Urv.) 



j. B A.. GUiLLEMiN. — Zepyhrîùs Taitensis. 3 17 

CYPERACE^. 

92. Cyperus pennatus Lam. illustr. t. i44. — Taili (Bcrtero et Mœrcnh.) 
Vulgo Mou. 

93. Cjjoe/'MS venus /zis Soland. et Forst. n. 495 ? Brown Prodr. Nov.-HoU. 
217. — Ins. Societ. (Baaks et Soland.) 

94. Cyperus stuppeusSo\ATià. exYovsi. Prodr. u. 496. — Ins. Societ. (Banks ' 
et Soland.) 

g5. Cyperus tinctus Soland. ex Forst. Prodr. n, 497. — Ins. Societ. (Banks 
et Soland.) 

96. Papyrus odoratus Willd. in Act. acad. Berol. 18 16. p. yS. Cyperus 
odoratuslÀnn. VahlEnum. 2. 356. — Ins. Societ. (Forst.) 

97. Mariscuspuniceus N?ih\.^n\\m. :i.Zq3. Kyllingia puriicealÀan. s?ipp!. 
io5. Gaertn. t. 2. f. 8. — Ins. Societ. (Lay et Collie. Taiti (Bertcro et Mcerenh.) 

— Vulgo Manu po tii tii. 

g8. Mariscus lœvigatus Rœm. et Scnult. Syst. veg. 2. 24i. — Ins. Societ. 
(Lay et Collie.) 

99. Mariscus macrophy llus Ad. Bronga. in Duperrey Bot. p. 179. t. 55. 

— Borabora (Less. etd'Urv.) 

100. Kyllingia monocephala Rottb. Grara. i3. t. 4. f. 4. K. monocephala et 
/nce^os Forst. Prodr. n. 5o et 3i. Trichocephalcn nemorale Forst. Gen. 55. 

— Ins. Societ. (Forst.) 

101. Fimbristylis juncea R. Br. Prodr. 226. Scirpus Junceus Forst. Prodr. , 
n. «29, — Ins. Societ. (Forst.) 

102. Fimbristylis dichotomaW a\i\. Enum. 2. 287. Scirpus dichotomusXÀnn. 
Zeyl. 4o. — Ins. Societ. (Forst.) 

io3. Fimbristylis ^oo/teri Endlich. F. aJJinisMook. iu Bot. Beech. p. 72. 
non Presl. — Ins. Societ. (Lay et Collie.) 

io4. Schœnus elevatus Soland. ex Forst. Prodr. n. 494. — Ins. Societ. (Banks 
et Soland.) 

io5. Lampocarya schœiioides R. Br. Prodr. 238. Gahnia schœnoides Forst^ 
Prod. n. 59 — Taiti (Forst.) 

Culmus semiorgyalis , teretiusculus , inanis , striatus ; genicuiatus, a letere inieriore canali- 
culalus , marginibus canaliculi scabriusculis. Folïa longissima , lineari-lanceolata, conroluta , 
apice seîacea, reclinata, sriata, extus ordinibus aculeorum glanduliformium relrorsutn 
aspera, longitudine fere culml. Vaginœ cylindrico-turbinatc-e , integrœ, striatae, glabrœ, pol- 
licares. Margo foliorum membranaceus , nigricans, ad apiccm vaginaruni. Panicutœ spicala; 
axillares vagiiiarum subsolilariae vel ternse, exteriore longé majore, PeduncuU ancipiles, erectj, 



3i8 j. B. A. GCILLE3IIJV. — Zephyritls Taitensis. 

\i\ striati, carinis asperis, culmo arcte apressi. Involucrum universaie, glumaceo-spalhn- 
ceum, ovato-lanceolalum, acuminatum, mucronatum, corapresso-carinatuiu, stiialum, ca- 
rina vix-scal)riiiscula , cœterum glabnim, ustulatiim, poUicarc. /«fo/ucn/m partiale simillimum 
uuiversali, ad siugula genicula pedunculi solitarinm. Pedicelli teroi s. gemini ex quolibet in- 
volucro, ancipites, vix trilineares. Spicidce a -s. 5-florœ, dichotomaj, flosculo allero scilicet 
sessili, altero pedicellato. Involucelliim ad singulam dichotomiam , involucro universali et 
partiali omnino simillimum, semipollicare, CAL. G/w/wa quinquevalvis, valvulis lauceolalis 
acuminalissimis, compresso-cariualis, glabris, ustulatis, semuiicialibus , imbricalis. COR. 
bilvahîs. Valvulaî ovata; a'bidaj acuise , exteriore majore. STAM. Filamenta quatuor (3 -6) 
oapillaria. j^nl/ierœ lineares apice mucronatœ, PIST. Gcrmen oblongum. Stylus filiformis 
erectus, staminibus longior. Stigmata tria capillaria tortuosa. PER. uullum. Corolla cum 
slaminibus excrescif. SEM. oblongum, liberum, glaberrimum , albicans. (Forst. Mss.) 

GR AMINEE. 

io6. Paspalum Jiliforme Swartz Prodr. 22. Panicum fUifurmc. Liuii. Spec. 
1 . 85. Forst. Prodi . n. 38. — lus. Societ. (Forst.) 

Ciilmus erectus, teres, Ciiformis, laevis, obsolète nodosus, vaginis foliorum ad maximam 
parlemteclHS, bipedalis. Folia graminea , lanceolato-subulata , subvaginantia , laevia, ereclo- 
apnressa, circiter bipalmaria. yagcnœ con\oU\\x, cylindricaj , apire laxiores. Membranula 
brevis dcntata. Panicida spicata , simplcx , erecta , slricta, spilhamea, radiis 4-7. Siyicœ 
alternœ, secundœ, filiformes, palmarès, virgatas, ereette, una média terminaii. Raclas line- 
aris , compressa , undulata, ad lalus ubi lloribus onusta carinà medià lougitudinali undatà 
insiructa. Pe<://ce//t alterni , brevissimi , teuuissimi, racheos laleribus carina; inserli, apice bi- 
fidi, divisuris brevissimis unilloris. FloscuU ovali , vix liueam uuam s. dodranlem poUicis 
expient. CAL. Gltima bivalvis uiiiflora; valvulis anjualibus, ovatooblongis, duriusculis, gla- 
bris, convavis. COR. Gluma bivalvis, valvulis byaliais calyce minoribus obloiigis. 

(Forst. Mss.) 

107. Paspalum rei marioides Brongn. in Dupcrr. bot. p. i4o t. 20. — 
Taiti (Less. et d'Urv.) 

io8. Paspalum orbiculare Forst. Prodr, n. 56. — Ins. Societ. (Forst.) 

loq. Garnolia stricla Brongn. in Duperrcy bot. p. i33 t. 21. — Taiti (Lcs- 
son et d'Urv.) 

1 1 o. Panicum ciliare Retz Obs. 4. 1 6. Kunth Agrost. 82. Syntherisma ciliare 
Schrad. Germ. 160 t. 3. t. 7. Dlgitaria ciliaris Pers. syn. 1, 85. Paspalum 
ciliare DC. FI. fr. 6. aSg. Paràcum sanguinale var. Trin. Te. 12. t. i44. — 
Ins. Societ. (Lay et Collie.) 

1 \ 1. Panicum satî^uinale Linn. sp. 84, Kunth l. c. — Ins. Societ. (Forst.) 

112. OpLismenus setarius Rœm. etSchult. syst. 2. 48i. Brong. m Diiperr. 
Bot. p. 123— Taiti (d'Urv.) 

ii3. Oplismenuscompositns Rœm. et Schult. Syst. 2. 48^. Kunth Agrost. p. 
T4i.Tiin. le. t. 189, 190. Oplismenus africanus Beauv. fl. Ow. 2. i5. t. 67. 
f. 1. Orthopogcm compositus R. Br. Prodr. 194. Panicujn compositum Linn. 
spec. 84.— Ins. Societ. (Forst.) Taiti (Bertero et Mœreuh.). Vulgo Nanamu. 



j. B. A. GDiLLEiViiN. — ZephyHtis Taiteusis. 3(() 

114. CV/ic/îJV/s rtnowo/j/ex/s Labill. Nov.-Caled. i4. t. 19. var. australis 
Sprciig. Cur. post. 3. — Taiti et Borabora (d'Urv.) 

ii5. Cenchrus echinatus Linn. spec. 1488. — Ins. Soc. (Forst.) 

116. Cenchrus calyculatus Cavan. le. v. 3g. t. 463. — Taiti (Lay et Collic.) 

117. Thouarea média R. Br. Prodr. 197. — Taiti et Borabora (d'Urv.) 

118. Cynodon Dactylon Pers. Synops. 1. 85. var. 7 Brongn. in Diipcrr. Bot. 
p. 53. — Taiti (d'Urv.) 

11g. Eleusine indica Gaertn. de fruct. 1. 8. Trin. le. t. 71. 

Var. Foliis fere linearibus , spicis saepius solitariis j rare geminis. Nob. An 
potius spec. nova. ^ — Ins. Societ. (Forst. Lay. et CoUie) Borabora (d'Urv. 1 
Taiti (Bertero et Mœrcnh.) Vulgo Ama mau. 

120. Lepturus repensa. Br. Prodr. 107. Brongn. in Duperrey bot. î. 16. — 
Kottbœllia repens Furst. Prodr. n. l5i . — Borabora (d'Urv.) 

7?a^/.cfibiosa.... Culmus prostratus, repens, teretiuscTilus, filiformis, ramosissiinus , geniculis 
nuuierosis iulerceptus. iJawi dichotonii, flexuosi, filiformes, ascendentes , genicnlati, nume- 
rosis paululum incrassatis vaginis ex parte tecti , dodrantales. Fo/;a gramiiiea, liiuari-lan- 
ceolata, raargine aspera, denticulis vix nudo oculo distingueudis, erecto-patentia, planiuscula, 
basi apiceque parumper convoluta , longitudinaliter striata, biuncialia. Vagince teretes, con- 
volutae , cylindricse, striatulœ , tenues , iinciales. Membranula brevis, hyalioa, erecta, lacera. 
Spica terminalis, simplicissima, fdiforinis, erecta, disticba, palmaris vel sesqiiipalmaris. 
Rachis a floscido ad flosculum , uno latere perfecte excavata, altero convexa striatula. Flosculi 
ad spicae latera duo alternatim positi , remoliusculi , sessiies , intra excavationes rachees de- 
pressi, duas lineas longi. CAL. Gluma univalvis, uniflora, lineari-lauceolata , acuminata s. 
mucronata, parum convexa, stiiatula, viridis, rachi appressa , sub inflorescentià pateus. 
Fiosculus terminalis in ipso apice spicœ calyce bivaivi gaudet, valvula altéra racheos cavae 
vicem gerente. COR. bivalvis. t^alvulœ oblongœ, hyalinD-servicœ, oblusiuscuife (dum clausae) 
latentes intra cavum racheos, teefœque glumâ calicinà : exterior paullo longior , exius con- 
cava, margine involuto, interior intus concava, toris vero quo rachin speclat, convexa. Rw 
dimentum valvulae tertiae, inter glumam calycis et corolUo valvulam exteriorem positum, 
corolla dimidio brevius, lineare, apice-spatulatum hyalinum. STAM. Filamenta 3 capillaria. 
./^rt^/(e/-(Tlineari-ob]ongîe, basi et apice bifurcœ. PIST. Qei-men cvato-globosum. StyU duo 
erecli, cylindrici, laeves , hyalini. 5^/^a/a horizontaliter divaricata, phimosa , purpurea ; lon- 
gitudine stylorum. PER. nullum. Gorollse sese rursus intra alvum racheos recipiunt. SEMEN 
unicum, ovatum, laeve. 

OBS. An varietas hujusspeciei, quam semel reperi (ut opinor) in insulà Tannâ vel viciaâ , 
quae spiculam !ri -s. quinquefloram intra singulum calycern osteudebat.^ Sed hujusmadi spi- 
culae mihi stériles atque abortivœ videbantur. Folia magisangusla, s. linearia in bac varietate 
crant , cœterura habitus idem ; ulteriore examine digna est. (Forst. Mss.i 

121. Saccharum oJJicinarumiÀnn. Spec. 79. Kar. oceanica. — Taiîi (Lay 
et Collie.) 

122. Saccharum f^pontaneum Linn. Mant. i83. Forst. Prodr. n. 32. — Ins. 
Societ. (Forst.) 



Sao J. B. A. GUiLLEMift. — Zephyritis Taitensis. 

123. Erianthus Jloridulus Schult. Mant. m. SGZ. Saccluirum Jloridalum 
Labill. Npv.-Calcd. t. i8.--Taili (d'Urv.) 

124. Erianthus maximus Brong. in Dupcrrey bot. 97, — Taiti (d'Urv.) 
i!?5. Eulalia glabrata Brongn. 1. c. p. g3. t. ly. — Borabora (d'Urv.) 

126. Centotheca lappacea Dcsv. Journ. bot. 181 3. p. 70. Kunth Rev. Gram. 
p. 3 17, t. 70. Cenchrus lappaceus Linn. spcc. i488. Poa latifolia Forst. Prodr. 
n. 44. Vahl symb. 11. 18.— Taiti (Forst. d'Urv.) 

127. Andropogon AlUoniiDC fl. fr. iii. 97. Heteropogon glaher Pcrs. 
Syiiops. n. 533. — Ins. Societ. (Lay et Collic.) 

128. Andropogon acicularis Retz Obs. v. 22. Raphia trivialis Lour. Fl. 
Coch. 676. Trin. le. t. 8, g. — Ins. Societ. (Lay et CoUie.) 

12g. Andropogon Taitensis Hook. et Arn. in Beech. bot. j'i. — Ins. Societ. 
(Lay et Collie.) 

i3o. Bamhusa 7 (Culmus et folia). — Taiti (Bertero et Mœrenb.) 

— Vulgô Ehaé. 

ARACE^. 

i3i. Dracontium polyphrllum Linn. Forst. PI. esc. n. 29. — Colitur in ins. 
Soc. (Forst.) 

i32. Colocasia escu/en/a Schott Melct. 18. ArumescidentumlÀnn.^oïsi. 
PI. esc. 26. — Colitur passim inter Tropicos (Forst.) Taiti (Bertero et Mœrenh. 
Gde specim. floribus deslituli.) 

TACCACE^. 

i33. Tacca pinnatifida Linn. Forst. Prodr. n. 209. PI. esc. p. 28. — Ubiqiie 
inter Tropicos culta (Forst.) Taiti (Bertero et Mœrenh.) Vulgo Pia. 

JUNCACEiE. 

i34. Luzula campestris DC. Fl. fr. Juncus campestris Linn. Spec 468.-^ 
Ins. Soc (Forst.) 

ASPHODELE.^. 

■^ i35. Dianella ensifolia Linn. Mant. 65. Dracœna terminalis Forst. Prodr. 
n. i52. Jacq.? non Linn. (ex Endlich.) — Dracœna ferrea S\n'en^e\l — Ins. 
Societ. (Forst.) Taiti (^Bertero et Mserenh.) Vulgô Ti. 

( La suite à un prochain cahier. ) 



c. MONTAGNE. — Cryptogames nouvelles de France. 3>. i 



Notice sur les plantes cryptogames récemment découvertes en 
France, contenant aussi l'indicatioji précise des localités de 
quelques espèces les plus rares de la Flore française y 

Par C. Montagne, Docteur en Médecine. 

{Suite et fin. Voyez tome v. p. 280 et 337, ^^ '^'^- !'• 28.) 

ALGUFS Roth. 

1 (1).* Cystoseira jibies marina Ag. Spcc. J. p. 84. — Gmel. Hist. Fuc. 
t. 2. A. f. 1. 

J'ai observé cette Algue près de Marseille, où elle avait été 
rejetée sur la plage. Conservée long-temps sans nom dans ma 
collection, des échantillons du type recueillis aux Canaries et 
communiqués par M. Webb m'apprirent que je devais la rap- 
porter plutôt à cette espèce qu'à une variété du Fucus selagi- 
noides L., qu'elle simule d'ailleurs assez bien. L'espèce que 
M. Bory de Saint- Vincent a publiée sous ce nom dans la Flore 
de Morée, et dont je dois un échantillon à son amitié, est une 
plante tout-à-fait différente de celle de Gmelin et d'Agardh, et 
devra conséquemment recevoir un autre nom. M. Agardh fils, 
qui a vu ces deux Algues dans mon herbier partage cette opi - 
nion, qui acquiert ainsi plus de poids encore. 

a.* Dictyota Solieri Cbauv. ia Mem. Soc. Lin. Norm. ( ex schedulâ exempla- 
libus cum Mus. Paris, à cl. Seller commuuicalisadditâ. — Laminaria 
padinipes Bory in lilt. ad cl. Solier. 

Cette Algue offre beaucoup de ressemblance avec le Zonaria 
Schrœderi Ag. {^tJha Sclirœderi Mart. Fl. Bras. I, p. 21. le. Se- 
lect, crypt. tab. 2. f. 3), et paraît n'en différer essentiellement 



(i) Nous ferons procéder du sigue (i) les espèces que uous regardons comme absolument 
nouvelles, et d'un (*) celles qui n'ont encore été insérées dans aucune Flore de France. 
VI. BoiAN. — Décembre. ai 



?>i2. c. MONTAGNE. — Cryptogames nouvelles de France. 

que par la forme des sori, qui sont elliptiques dans la plante 
du Brésil, et beaucoup plus grands que dans celle de la Médi- 
terranée, où ces mêmes sori sont punctiformes et très noni- 
bteux. Quand les séminules ou gongyles sont tombés, la fronde, 
regardée à contre-jour, parait percée d'une immense quantité 
(\c foraminules tellement petits, que, pour les faire, il semble- 
rait qu'on a dû employer l'aiguille la plus fine. Mais ces trous 
ne sont qu'apparens, les séminules n'entraînant dans leur chute 
qu'une des faces de la cellule qui les recèle, et l'autre face op- 
posée devenant par cela même plus transparente. 

J'ai reçu un bel échantillon complet de cette Algue de M. de 
Pouzols, qui l'avait recueillie en Corse. J'en ai vu aussi dans la 
collection du Muséum de Paris, des échaiitillons envoyés par 
M. Solier. 

3 -j- C/iondria obtasa Ag. vai. patentirarnea (^Montag. iii herb.) : fronde 
filiformi ad axillas Icvitcr incrassata, irregularitcrquc pinnalo-iamosâ, 
ramis primariis longis surrectis, .secundariis patentis.simis deflcxisqdc, 
ullirais tandem vcl pinnuUs brcvissimis obtusis oppositis lernisqiic (N.) 
PI. 18 f. 3. 

Je n'ai pu me décider à passer sous silence cette forme, ou 
variété notable d'une espèce d'ailleurs très commune. On lui 
trouve bien un air de famille, quand on la compare à certains 
individus des Laurencia hybrlda Chauv. et^e/a/mo5« Lam\, les- 
quels ne sont peut-être que des formes peu dignes d'être dis- 
tinguées spécifiquement d'un type commun. C'est pour ne pas 
multiplier nuitilement les êtres que je rapporte ma plante à 
ce même type. Son port tout particulier semblerait- pourtant, 
si je ne m'abuse, devoir l'en éloigner. On en jugera par une figure 
de grandeur naturelle que j'ai tracée d'une de ses plus petites 
frondes. 

Je l'ai trouvée sur le bord de la Méditerranée, à Mèze, où 
j'en ai ramassé plusieurs échantillons en 1828. 

4. ■\ Graleloupia fdicitia Ag. var. ramenlacea (Montag. in herb.) : fronde 
primariâ pinnisque ranientis spinœformibus undique obsitis. 

Notre Algue ne diffère du Grateioupia filicina que comme le 
Fucus jubatus\j.(S\iikvQ lui-même du SpJiœeîococcus cUiatus As,. 



c. MONTAGNE. — Ciyptogumes nouvelles de Frnnce. ^23 

Sa fronde est plusieurs fois décomposée en segmens linéaires- 
lancéolés, qui sont chargés comme elle, sur leurs deux faces et 
sur les bords, de nombreux appendices spiniformes, longs d'en- 
viron une à deux lignes. La couleur de la variété n'est pas dif- 
férente de celle du type. Mes échantillons ressemblent cepen- 
dant beaucoup plus à des individus de cette plante recueillis 
dans l'Adriatique et commii niques par M. Rurr, qu'à ceux aue 
j'ai reçus de l'Océan; je parle ici de la forme générale, faisant 
abstraction des appendices qui garnissent la fronde et qui 
n'existent que dans ceux que j'ai recueillis moi-même à Toulon; 
malheureusement, je n'ai pu les avoir en état de fructification. 
Cette variété est extrêmement commune dans la grande rade, 
à droite de l'arsenal , en allant à La Seine par terre. Il n'y a pas 
une pierre submergée du rivage qui ne porte, soit cette Algue, 
soit le Biyopsis arbuscala , soit même souvent les deux espèces 
réunies. 

5. Ilalymetiia CaLvadosïi Montag. in herL. — D iimontia Lam^. Dict. dass. 
d'hist. uat. cniu icône. — Diiby Bot. gall. p. 941. 

H. fronde gelatinoso-raembranaceù tubuloso-planâ dicbolomâ, segmcn- 
tis linearibiis scnslm alteiuiaîis , apicibus caiMllatibus tri-vel saepiùs 
bifuicatis. Nob. 

Cette belle et très rare espèce paraît intermédiaire entre les //. 
Floresia et //^«/«to Ag. Elle diffère de la première, qui n'a point 
encore été trouvée sur notre littoral, par la division dichotome et 
non pin née de sa fronde, et de la seconde par l'absence de segmens 
sur les bords de cette même fronde, et quand, ce qui est fort 
rare, il en existe, par leur direction qui est ascendante et non 
horizontale, ainsi que par le défaut de tout rétrécissement à leur 
base. Au reste, n'ayant vu qu'un exemplaire desséché de l'une 
et de l'autre espèces, je ne saurais prononcer si ces différences, 
dans des plantes aussi polymorphes, sont suffisantes pour au- 
toriser une distinction. Je possède un magnifique échantillon 
c'e l'Algue en question, lequel a été recueilli à Landevenech , 
près de Brest, et m'a été communiqué par M. Duperrey, par 
l'entremise de M. Hogard, géologue distingué. 

Ija figine qu'on en trouve dans le Dictionnaire classique d'his- 



32^ c. MONTAGNE. — Cryptogctincs nouvelles de France. 

toire naturelle paraît avoir été calquée sur nia plante tant elle 
est exacte; ni dans le dessin, ni dans l'original, je ne vois les 
segmens obtus mentionnés dans la phrase diagnostique du Bo- 
tanicon. 

G.* J^alonia iitricularis Ag. Sj)CC. \. p. 43 1 . — Conjerva utricularis llotli. 
Cat. I. t. 1. f. 1. 

C'est sur les bords de la Méditerranée, près de Maguelone 
que M. Bouchct a trouvé les échantillons de cette Algue qu'il 
m'a communiqués. J'ai cru devoir les mentionner, parce que 
cette espèce est la première du genre qui ait été rencontrée dans 
nos limites. 

7,* Dasya elegans Ag. Spec. 2. [>. 117. — Ejusd. Spcc. 1. p. 32i (Icxcl. 
syuoii.) — Dasya pedicellata Ag. Syst. p. 221. — Wiodonema ele- 
gans Martcns, Rcisc. — Dasya Baillowiana Martcns ex spocim. à cl. 
Kurr. mccum communicato. — Fucus Baiilou^ianus GriscUiiii, fidc 
cjusdem. 

J'ai pensé qu'il ne serait pas superflu de donner toute la sy- 
nonymie d'une espèce d'Algue très remarquable et non encore 
enregistrée dans la Flore française, bien qu'elle ne soit pas rare 
à Cette, d'où proviennent les beaux échantillons que j'en dois 
à la générosité de M. Bouchet. Ces échantillons se présentent 
sous des aspects si différons , que l'on serait tenté de voir, en 
chacun d'eux, des espèces essentiellement distinctes. On est 
détrompé quand on a pu suivre la morphose de la plante, et 
l'on reconnaît qu'elle peut, à ses différens âges, s'offrir avec 
des formes différentes, que M. Agardh a désignées sous les noms 
de 1° villosa, 1° villosa et capsulifcro , 3° nuda et capsulifera. 
La plante que j'ai reçue de M. Kurr, sous le nom du D. Baillo- 
ivianat est originaire du port de Venise; selon M. Agardh fils, 
elle ne diffère pas du type. 

8.* Dasya spinella k^. in Bot. Zeit. 1S27, p. 544 et Spec. Alg. 2. p. 117.— 
Duby. 2^ Mém sur les Ceram. p. i3. t. m. f. 1 et 2. ! — Ceramium 
Boiicheti ejusd. Bot. gall. p. 969. 

Cette espèce, qui n'avait encore été trouvée que dans l'Adria- 
tique et la Méditerranée, habite aussi l'Océan, où elle est indi- 



c. MO]NTA.GJ\'E. — C/yptogcimes noiwelles de France. SaS 

qiiée par M. Duby. Ce botaniste l'avait publiée, dans le Bota 
îiicoii gallicuni, sous le nom de Ceramium Boucheti., poiir le 
Gaillona ^owc/^<?^iBonnem.qui estune toute autre espèce, comme 
il le reconnaît lui-même dans l'important mémoire sur les Céra^ 
miées que viens de citer, et dont j'ai donné une analyse dans 
ce journal. 

Mes échantillons viennent de Corse, où ils ont été recueillis 
par M. le capitaine Soleirol. Selon M. Duby, la même espèce a 
été retrouvée près de Fréjus par M. Perreymond. 

g. Dasya spongiosa Ag. 1. c. p. \'2i. — Cojiferua Arbuscula Engl. Bot. t. 
igi6 ncc. Dillw. — CaUithamnioii Arbuscula Lyngb. p. i22. t. 38. 
(exclus, f. 4, 5, 6.) — Gaillona Arbuscula! Bonuem. Hydf. loc. in 
Méni. du Mus. i824. p. 6j. 

Cette espèce a été trouvée à Cette , sur les rochers submergés 
du Lazaret, et m'a été communiquée par M. Bouchet, avec 
beaucoup d'autres Algues de la même localité; je la tiens égale- 
ment de Bonnemaison. Ce qu'il est bon de noter ici, c'est que 
cette jolie plante marine n'avait point encore été mentionnée 
comme propre à la Méditerranée. Il faut bien se gra-der de la 
confondre avec le Ceramium spongioaum DC. Fl. fr., lequel est 
un Çladostephus Ag. 

lo.* Dasy a Arbuscula Ag. 1. c [>. i2i. — Cunfert'a Arbuscula Dillw. 85 
et l. G. 

Je possède en herbier cette espèce , qui m'a été donnée à la 
Bochelle en iHaS, sous le nom de Ceramium Persoonii , par 
M. d'Orbigny père. Je pense qu'elle appartient à cette localité, 
explorée avec tant de .soin par le naturaliste que je viens de 
citer. 

II.* Dasya slrnpliciuscula Ag. 1. c. )). 122. — Ceramium ocellalum Gralcl. 
in Hist. delà Soc. de Méd. de Montp. 1807. p. 34. f. 2. — Hutchin- 
sia ocellaia Ag. Syst, p. i58. — Polysiphonia ocellata Duby. Bot. 
gall. p. gG6. 

J'ai recueilli cette petite Céramiée à Marseille, et l'ai reçue 
aussi de M. Bouchet , qui l'avait trouvée sur les rochers du La- 
zaret à Cette. Je ne la mentionne ici que po!jr bw synonymie, 



,Si6 c. MONTAGNE. — Cryplogaiiies nouvelles de France. 

le genre Dasya , auquel elle apjDarlient par sa fronde principale 
continue, méritant (Têtre généralement adopté. On voit qu'à 
l'exception du Dasya plana y qui croît dans l'Adriatique, et 
qu'au reste M. Duby regarde comme identique avec le D. s'iui- 
plicLuscida , nous possédons, sur notre immense littoral, toutes 
Les espèces de ce genre élégant, (i) 

12.* Ceramium, païens Giev. Scot. cryjit. V\ t. .3i8. non Bonncmnison. 

C'est bien certainement, à mon avis, la plus élégante des 
Céramiées. Elle a été trouvée à lîelle-lle en mer, île des plus 
riches en belles hydrophytes, par M. le capitaine Toussaint. 
C'est à son ami, M. le capitaine Saubinet, que je dois l'échan- 
tillon que je possède, et d'après lequel j'ai déterminé l'espèce. 

1.3.* TVrangiilia tenera Ag. 1. c. p. 137. 

J'en ai un petit échantillon recueilli a Cette par M. Bouchet, 
localité d'où !a tient M. Agardh lui-même. Il m'eût été facile d'en 
donner une description, qui aurait eu l'avantage de faire con- 
naître ce genre nouveau aux amateurs qui ne possèdent j)as le 
Species Al^aruni. Mais je me suis fait une loi de ne décrire, 
dans cette notice, que les espèces tout-à-fait nouvelles, me bor- 
nant, pour les autres, à renvoyer aux .sources où chacun pourra 
acquérir les notions à l'exposition desquelles .se refuse la nature 
et les bornes de ce journal. 



(i) Voyez: Observalioiis niiciO!<co|)i([ues sur ie Ceramium liouclie.ri,v.\v.. de MM. Croiiaii 
frères (Ann. des Se. nat., 2*= séi., loin. 3, |). 1 8 1). Je ne suis pas à même de vérifier les acser- 
tions qui y sont contetiues , mais j'avouerai néanmoins (ju'il m'est difficile de croire que deux 
Céramiées aussi dissemblables que les Ceramium ocellakim Gralel. et GaïUona ■versicolor 
Bonnera., ne soient que des formes ou des variétés d'une espèce unique. Si , comme ils le 
disent, les principes émis par M. Duby dans ses Mémoires sur les Céramiaires ont pu les 
conduire à une telle réunion, il faut convenir (juc ces principes, supposé qu'on ne les ait 
pas poussés au-delà des conséquences qu'ils comportent , doivent pécher par la base sur la- 
quelle ils reposent. Ceci n'est qu'une simple observation de ma part , puisque vivant loin de 
la mer, je ne puis m'ériger en juge compétent pour décider la question. J'ajouterai que le genre 
Dasya, publié en 1823, a l'auîériKrilé sur le Gaillona de Bonuemaison qui ne l'a été qu'eu 
1824. C'est donc le premier de ces genres qui doit être adopté; à moins de violer les règles de 
la nomenclature. Si MM. Crouan , doui j'estime fort les travaux , avaient vu, comme moi, des 
échantillons parfaits du Dasya elegans Ag, il ne leur serait bien certainement pas venu dans 
l'idée de les rapporter au genre Ceramium. même tel qu'il à été circonscrit pnr M. Duby. 



c. MONTAGNE. — Cryploga7?i€.s iwiwei/es c/e F/U'icc. 3^7 

I K* Scytonema Friesii Montag. in herb. et Frics in litt. — Oscillatoria 
Friesii Ag. Syst. p. 6i. — Scylonema Bangii FI. Dau. t. 1602. f. 1. 
— Lyngb. l. 28 ! 

Cette espèce, que j'ai trouvée dans plusieurs localités des 
Ardennes, où elle n'est pas rare, est un véritable Scytonema, 
ainsi que Lyngbye l'avait déjà vu. Elle appartient à la section 
de ce genre, dont les filamens redressés forment des espèces 
de pinceaux terminés en pointe aiguë. Elle croît sur la terre 
argilleuse, nue et îiumide. M. Lamv l'a aussi observée aux en- 
virons de Limoees. 

\5.'^ Mesogloja divaricala Ag. Syst. [). 5i. — Dudresnaya cupressina 
Bonnem. niss. 

J'ai recueilli cette Algue sui" les cotes de Bretagne, soit à Ijclle- 
11e, soit à l'ile de Croix, en face de Lorient. Elle ne diffère que 
par sa couleur rougeâtre du .M. vennicularis , qui est fusces- 
cent. La détermination de cette plante est due à M. J. Agardli. 
Ce n'est pourtant pas le Dadrcsnaya cocc'uiea de MM. Crouan. 



SUPPLEMENT. 

MOUSSES. 

1. f DalLuiua Lainyana (Montag. in Hcib.) : aqualica, caulc lamoso, ramis 
pancis clongaiis fluitantibus inferaè dcnudatis , folUs iinl)ncalis lalè 
ovatis concavis subacuminalis obtusiusculis nervo ullramcdio , peri- 
chœdalibus dentatis , thecis urceolatis hifariis pciichaelio iiuuieisis, 
operculo brevi conico-incuruo. PI. 18, fig. 2. 

Tige principale couchée et fixée aux rochers, émettant, à des 
distances assez rapprochées, quelques rameaux de a à 4 pouces 
de Ions, dénudés de feuilles dans le bas, comme cela s'observe 
ordinairement dans les Mousses soumises à l'action d'un cou- 
rant d'eau, et divisés eux-mêmes en un petit nombre de rameaux 
latéraux plus courts qui en sortent à angle aigu. Feuilles cauli- 
naires imbriquées, largement ovales, concaves, s'étrécissant un 
peu vers la pointe, obtuses, très entières, d'un vert sombre, 
ouvertes quand elle:3 sont lunuides, appliquées dans l'état de 



3^8 c. >ioNTAGNE. — Crjptogiinies nouvelles de France. 

sécheresse, munies d'une nervure peu saillante en dehors, qui 
mesure environ les deux tiers de leur longueur. Feuilles péri- 
chétiales, les extérieures oblongues, lancéolées, acuminées, 
parcourues dans toute leur longueurpar une nervure; les inté- 
rieures ovales et sans nervures, les unes et les autres dentées (i). 
Aréoles du réseau formées de cellules punctiformes, disposées 
en séries parallèles longitudinales dans les feuilles caulinaires 
et périchétiales extérieures, obliques transversalement dans les 
feuilles périchétiales intérieures. Dans quelques cellules, on peut 
observer plusieurs grains de chromule. Pédoncules extrême- 
ment courts, à peine d'un quart de ligne, disposés le long des 
rameaux sur deux rangs opposés et sortant d'une gaine oblongue. 
Capsule urcéolée, moins allongée que dans le D. heteromnlla, 
brune à la maturité, munie d'un anneau composé de deux ou 
trois rangées de cellules, dont les plus extérieures sont les plus 
grandes, entièrement cachée par les feuilles périchétiales; les 
péristomes sont semblables à ceux du JJaltunia ItetcroniaUa. 
Opercule court, conique et recourbé. Coiffe campaniforme, 
brune au sommet, irrégulièrement découpée à la base et cou- 
verte de petites aspérités. Sporules globuleuses, d'un quaran- 
tième de millimètre de diamètre, et d'un vert sombre. 

Outre les capsules miires disposées, comme nous l'avons dit, 
de l'un et de l'autre côtés des rameaux, on observe en même 
temps, placés de la même manière, à l'extrémité de ceux-ci, des 
espèces de ramules qui supporte/it les organes femelles, dont le 
développement doit avoir lieu plus tard. Les feuilles périché- 
tiales qui les enveloppent sont enroulées l'ime sur l'autre et 
forment des pointes analogues à celles qui terminent les tiges 
et les rameaux de VHypnum cuspidatum. Occupant les deux 
côtés des rameaux, elles lui donnent un aspect plumeux tout 
particulier. Ces fleurs femelles (je n'ai pu trouver les mâles) 
sont composées de quinze à vingt archégones, environnés de 
quelques paraphyses un peu plus longues et cloisonnées; cel- 



(r) Dans le Dattonia heleromalla les feuilles périchétiales extérieures sont oblongues, mous- 
ses, longuement mucronées par la nervure qui les traverse, et parfaitement entières de même 
que les 1nléiieure«, qui du resie sont ovales et sans nervure comme dans notre espèce. 



c. MONTAGNE. — Cryptogames nouvelles de France. Sag 

les-ci manquent, quelquefois. J'ai observé quelques-unes de ces 
fleurs déjà fécondées. 

Cette Mousse, que j'avais d'abord considérée comme une 
forme fluviatile du D. heteromalla, m'en paraît, aujourd'hui 
que je l'ai étudiée à fond, essentiellement distincte, i° par son 
habitat; i° par son port remarquable dû en partie a la dispo- 
sition des capsules et des fleurs femelles non encore dévelop- 
pées, sur deux rangs opposés le long des rameaux principaux et 
secondaires , en partie à l'allongement que le courant du fleuve 
où elle vit, apporte dans ses tiges et ses rameaux; 3" par ses 
feuilles périchétiales autrement conformées et surtout denti- 
culées; 4" pa^ les aréoles du réseau, qui sont ponctiformes et 
non linéaires ou en losanges; 5" enfin, par son opercule briè- 
vement conique et recourbé. 

J'ai dédié cette Mousse à M. Lamy de Luret, qui l'a décou- 
verte dans la Vienne, à Ile près Limoges, fixée sur des rochers, 
et confondue avec les Grimmia rwularis et Cinclidotus fonti- 
naloides, en la compagnie desquelles elle flottait entraînée par 
le courant de la rivière. 

Pour rendre comparatives les deux phrases diagnostiques , je 
propose de réformer ainsi celle du D. heteromalla. 

D. heteromalla ■) arborea , caule decuniLentc infernè ramoso, Joliis 
subimbiicatis ovato-acuminatis concavis acutis carinatis nervo ultra- 
raedio, perichcetiaUbus integerrimis , tliech oblongis heteromallis 
subsessililjns pericbœtio iminersis, operculo conico -acuminato recto! 

HÉPATIQUES. 

2.* Lejeunia (Junger annia) platjphylloidfaSchviein. in Lchm. Pug. iv. 
p. 47. — Nées et Montag. Jungerm. Sp. in Ann. des Se. nat. 2^ série, 
tora. 5. p. 58. 

J'ai trouvé cette Jongermanne sans fructification , dans l'er- 
mitage de Saint-Antoine de Galamus, localité des Corbières 
fertile en belles plantes. Je l'avais prise pour une forme inter- 
médiaire entre les J. pl<ityphylla L. et lœvigata Schrad. Elle 
se rapproche, en effet, de la seconde par son port et de la pre- 
mière par la forme de ses feuilles et de ses amphigastres. M. Nées 



33o c. MOXTAGNF. — Crvptogames nouvelles de France. 

d'Esenbeck la rapporte, a i espèce de Schweiniz, dont j'ai aussi 
des échantillons de Madère, qsie je dois à M. Webb. 

3.* Lejeunia (Ju.;gcin)anuia; Cordœana lliibcu. Hepalicol. gcrni. p. 391. — 
/. platyphylla vai-. terresLris cl. Gucpin in litl. 

Si celte espèce est bien distincte, ce qui sera douteux tant 
que sa fructification restera inconnue, elle m'a été adressée 
d'Angers par M. Guépin, et de Pontivy par madame Cauvin. Je 
n'ai pas cru devoir la passer sous silence. Elle ressemble toute- 
fois bien davantage au L. Porella qu'au L. platyphylla y ainsi 
que l'avait observé déjà M. Hùbencr. 

4.* Grimaldia harbifrons Bisch.Bcincik. iibei' die Lcbcrinoose in Acia nal. 
curios. vol. XVII. pari. 11, p. 1028. tib. i<xviii. f . 1 . — Marchantia 
fra^ans Anuicr in liu. no!i Balbis. 

Ce n'est pas la première fois qu'on se méprend a l'égard de 
cette espèce, nouvelle pour la France. Selon M. Bischoff, qui 
l'a distinguée , décrite et figurée le premier, elle avait déjà été 
confondue par M. Wallrotli avec le Marchantia frai^rcnis Bail), 
qui en diffère même génériquement par la conformation et le 
mode de déhiscence de son involucre. Les magnifiques figures 
analytiques dont le professeur d'Heideiberg a accompagné l'im- 
portant mémoire sur la famille des Hépatiques, qu'il a fait in- 
sérer dans les Actes de l'Académie Léopoldino-Caroline. ne me 
laissent aucun doute sur ma détermination. J'ai, en effet, com- 
paré successivement toutes les parties de la plante avec les 
dessins de M. Bischoff, et je puis répondre que les échantillons 
qui m'ont été soumis y sont parfaitement conformes. 

Cette espèce se rapproche du Gî'iinaldia dicliotoma Raddi, 
avec lequel elle a été aussi confondue; mais elle en est bien 
distincte par ses frondes fertiles et ses pédoncules barbus au 
sommet, et surtout par une très forte odeur balsamique qui 
persiste après la dessiccation de la plante. Celte odeur a sûre- 
ment été la cause de l'erreur dans laquelle sont tombés les bo- 
tanistes qiii ne l'ont pas distinguée du Fimbriaria fragrans . Enfin 
ses caractères génériques, que je ne veux pas rappeler ici, la 
feront aisément distinguer aussi du RebouUUa hcmisphœvica , 



c. MONTAGNE. — Cryptogames Tioiwelles de France. 33 1 

pour lequel elle a de même été prise par des observateurs peu 
attentifs. 

C'est à Crepieux, près de Vassieux, département du Rhône, 
que mon ami M. Aunier l'a trouvée, en mars i836. 

5.* Riccia sorot arpa'^ibfh.. 1. c. p. io53. taL. lx.xi. f. o..— Ricciamir.imà 
Mich. nov, gen. t. 5 7, f. 8. 

C'est en automne, après la moisson et dans les terres ar- 
gilleuses des environs de Sedan , sur les bords du chemin qui 
conduit au bois de la Marfée, que j'ai observé cette espèce, qui 
se distingue surtout du Riccia glauca var. minor (B. minima 
Mich. 1. c. t. 67, fig. 9) par ses frondes largement carénées en 
dessous, sillonnées et comme canaliculées en dessus, et par l'ag- 
glomération de ses fructifications dans le centre des rosettes. 

6.* Riccia Bischojfli ZcyL. et Lamm. in Lehm. Pug. vi. p. i5 et Bisch. 1. c, 
p. io64. seq. Tab. lxxi. 1. 

Cette Hépatique n'est pas rare à Fontainebleau, où je l'ai ob- 
servée en 1824. 

LICHENS. 

7. Parmelia tUiacea Ach. var. apotfieciis subtàs harhatis (N.) 

Je ne cite cette variation que pour prouver aux amateurs 
d'espèces, que le Parmelia ulothrix était effectivement fondé 
sur un fort mauvais caractère et que Fries a eu raison de le 
rapporter à son P. obscura. Le P. rubiginosa de J. Fgrnandez 
(Prodr. FI. Fern. in Ann, des Se. nat. tom, 4» P- Qoj ^^ aussi 
offert la même aberration du type. 

8. Parmelia cinnaharina ? Montag. Notice sur les pi. crypt, in Arcli. de 

Bot. 2. p. ag4 ijon Fries. 

Synon. Parmelia crocina ZeuU. in Linnaea i832 cum icône. 

9. -|- Parmelia (Psoroma) Sauhinetii (Montag. in Herh.) : thalli squamulis 

carlilagineis inibricatls crenato-incisis csruleis, hypothallo pallido, apo- 
theciis ex hypolLallo oriundis {hiatorinis) disco carneo^ margine tenui 
proprio instructis. Thecae ellipticae hyalinœ granulis jcplctae et ascis, 
iramixtisparaphysibus niinicrosis, inclusse. PI. î8. fig. i. 



33a c. MONTAGNE. — Cryptogaines nouvelle? de France. 

Le tlialle de ce Lichen occupe d'assez grands espaces sur l'é- 
corce. Il est composé d'écaillés très petites , crénelées ou un peu 
incisées, assez épaisses relativement à leur dimension , se re- 
couvrant comme les tuiles d'un toit, mais ayant une portion de 
leur circonférence redressée et non appliquée. Ces squames 
naissent d'un hypothalle fdamenteux , byssoïde, feutré, d'un 
blanc sale, étendu sur l'écorce; elles sont d'abord orbiculaires 
puncliformes, puis grandissent inscnsil)lement surtout par celui 
de leurs côtés qui se redresse, et finissent même souvent par 
se souder entie elles et former une croûte continue au centre 
de la pla(]ue. Leur couleur est bleue ou cendrée avec une teinte 
bleuâtre. Les apothécies paraissent supj)ortées par les squames, 
mais si l'on pratique une coupe verticale qui passe par le centre 
de l'une d'elles, on reconnaît qu'elles naissent effectivement de 
l'hypollialle. De là l'absence du rebord tliallodique. Elles sont 
épaisses, atteignent rarement une ligne de diamètre, se soudent 
fréquement plusieurs ensemble, enfin sont aussi quelquefois 
prolifères. Elles sont d'une belle couleur de chair qui brunit 
dans le centre du disque en vieillissant. Ce disque ordinairement 
plane est muni d'un rebord plus pâle, souvent sinueux et peu 
apparent, jamais crénelé. Les ihèques sont elliptiques , pelluci- 
des , portant une cloison qui les divise en deux loges remplies 
de granules, et contenues dans des utricules (asci) entre-mêlées 
de paraphyses. 

Ce Lichen est assurément bien voisin du Parmclia micro- 
phylla Fr. et n'en est peut-être qu'une forme singulière due à 
Vhabitat , et à des circonstances locales ou athmosphériques 
difficiles à apprécier. Mais si l'on fait attention à la coloration 
si différente, des squames, de l'hypothalle et des apothécies, 
caractère d'une grande importance dans les Lichens; si d'ail- 
leurs on se rappelle que le P. micropliylla n'a encore été trouvé 
qu'au pied des rochers ou sur la terre qui recouvre leur base , 
on sera forcé, comme moi, d'admettre la distinction spécifique 
que j'ai faite de cette Parmélie. 

Elle a été trouvée aux environs de Coucy,par M. le capitaine 
Saubinet à qui je me fais un plaisir de la dédier comme un té- 
moignage d'estin>e et d'amitié. 



c. MONTAGNK. — Cryptogamcs nouueUcs de France. 333 



HYPOXYLÉES. 

10.+ SoA^ria (Poronia) punctata Sowerb. var. cprf«porf« Montag. : stipite 
basi bulboso sensim ad apicem attenuato, disco paivulo sapiùs slcrili. 
[Anamorphosis.^ 

J'ai reçu à deux reprises différentes de M. Roffavier de Lyon, 
des échantillons de cette singulière forme de \2i S. punctata , et 
j'en ai même adressé dans le temps à M. Fries qui , ne l'ayant 
pas vu fructifiée, me répondit que le genre était ambigu pour 
lui et qu'il ne savait s'il devait la rapporter aux Sphéries ou aux 
Pézizes. Ce n'est qu'après en avoir analysé plusieurs individus 
que je parvins un jour à trouver quelques rudimens de loges à 
la surface de la cupule en laquelle s'évase le sommet du stipe. 
Connaissant le genre, je remontai facilement au type en suivant 
les passages insensibles que m'offraient de nombreux échantil- 
lons , soit de ce même type pris dans cinq ou six localités dif- 
férentes, soit de la bizarre anamorphose dont il est ici question. 
Cette forme anormale, c'est-à-dire l'excessif accroissement de la 
base du stipe, explique suffisamment l'exiguité rudimentaire du 
disque et l'avortement presque toujours complet des logés. Il ar- 
rive là ce qu'on observe partout, soit chez les animaux, soit dans 
les végétaux : l'hypertrophie d'une partie ou d'un organe quel- 
conque entraîne comme une suite nécessaire l'atrophie d'une 
autre partie ou d'un autre organe. C'est ainsi qu'une plante 
dont le système végétatif est le siège d'un surcroît de vie et con- 
séquemment d'un excès de nutrition , est ordinairement pri- 
vée de fleurs et par suite de fruits. 

Quelques échantillons de notre variété , bulbeux aussi à la 
base, ont le disque avorté et se terminent en une pointe simple 
ou quelquefois bifurquée. 

Elle a été recueillie sur le crotin de cheval aux environs de 
Lyon, parle zélé naturaliste dont j'ai cité le nom au commen- 
cement de cet article. 

1 1 .\Spliœiia (Pulvinata) /)a?-/7ze//oic/es (Montag. in herb.) : stromate dccum- 
bente carnoso, orbiculatim radiato, laciniis coiivexis vel seraileretibus 
apicfc dilatato incrassato bi-trifidis , nifo-brunneis intùs palliais, péri- 



334 c. MONTA GNL. — Cryptogauies nouvelles de France. 

tlieciis pcriphœricis globosis concoloribiis immersis, ostiolis siibpromi- 
milis nigris. Thccse (ut in Diplodiis) oLlongïe bilociilaies, qiioquc lo- 
culo graiiulis rcfcito. PI. 18, Cg. 4. 

Acrospermutn lichenoides ! Tode Fuiig. Meckl. i. p. g. t. 2. f. i5. a 
et b. 

Cette intéressante espèce, l'une des plus distinctes du génie , 
présente l'aspect de certains Lichens foliacés àlhalle rayonnant, 
d'où le nom spécifique créé par Tode et que j'eusse religieuse- 
ment conservé s'il n'eut pas déjà été appliqué à une autre plante 
du même genre. 

Le stroma de cette Sphérie se compose de rayons divergjens 
d'un centre commun, et se terminant à une circonférence un 
peu irrégulière de manière à former des rosettes plus ou moins 
étendues, qui s'évident au centre dans un âge avancé, comme 
cela s'observe aussi dans quelques Lichens centrifuges. Ces 
rayons, d'environ un pouce de longueur, de moins d'une ligne 
de largeur à leur naissance qui est quelquefois atténuée, vont 
en s'élargissant insensiblement jusqu'à leur sommet, large de 
deux ou trois lignes et divisé en plusieurs lanières courtes, ob- 
tuses et renflées. Aplatis par la face qui repose sur l'écorce , 
ils ont une forme demi-cylindrique. Leur épaisseur est de près 
d'une ligne à la base, mais ils s'amincissent à mesure que leur 
largeur augmente, eu sorte qu'ils sont fort aplatis en dessous 
vers la circonférence de la rosette, quoiqu'ils soient réellement 
un peu renflés en dessus. Quelques rayons se soudent entre 
eux à leur naissance et paraissent ainsi plusieurs fois bifurques. 
Enfin, des sillons assez profonds séparent parfois les rayons. La 
couleur de cette espèce est d'un bai-brun dans le centre, plus 
pâle à la circonférence ou , si l'on veut bien me passer cette 
comparaison, tout-à-fait semblable à celle du pain d'épice. A 
l'intérieur, le stroma est couleur de chamois très pâle. Sa con- 
sistance est charnue, molle quand elle est humectée, dure 
lorsqu'elle est sèche. Son tissu est composé de fibrcj excessive- 
ment tenues, feutrées ensemble el entre-mélées d'innombrables 
granules, les uns et les autres transparens. 

Les loges sont nombreuses , placées sur une seule rangée à 
la périphérie libre du stroma. Elles sont globuleuses ou oblon- 



c. MONTAGNE. — Ctjptogames nouvelles de France. 335 

gués par confluence, pâles, c'est-à-dire delà couleur du stroma, 
munies d\in col très court que termine un ostiole à peine pro- 
éminent, mais que sa couleur noire fait aisément apercevoir. 
Le stroma paraît ponctué par la présence de ces ostioles. Les 
thèques sont oblongues , à deux loges remplies de granules, 
absolument semblables à celles du Diplodia (Sphaeria) mutila 
Fr. in litt. 

Cette Sphérie avait déjà été aperçue dans le Mecklenbourg 
par Tode, qui ne l'ayant pas vue avec sa fructification, la rap- 
portait à un autre genre assez éloigné dans la famille des Cham- 
pignons. On ne peut en effet douter, quand on considère bien 
la figure et qu'on lit attentivement la description qu'à données 
de son ^crospermum licTiPnoides cet auteur exact , que ce ne 
soit effectivement la plante que M. Lamy a eu le bonheur de re- 
trouver aux environs de Limoges. Et comme ses échantillons 
étaient bien fructifies , il m'a été facile de la replacer dans son 
véritable genre. 

On s'étonne donc à bon droit, que l'auteur si judicieux et si 
expérimenté du Srstema mycologicum^ se soit hâté de prononcer 
que cette production , qu'il n'avait siirement pas vue , ne pou- 
vait être qu'un Lichen anormal: Lichenis monstrositas. (r) 

Notre Sphérie parmélioïde se plaît sur les troncs ouïes rameaux 
morts. M. Lamy l'a trouvée sur des branches mortes dans une 
haie et sur le tronc d'un Salix caprœa. Il m'en a adressé plu- 
sieurs beaux échantillons sous le n° /j8i. Elle vient naturelle- 
ment se placer près du S. rufa Pers. 

î2.* Sphœria (Vil'.osa) mutabilis Pers. ic. et descr. p. 24. t. 7, f. 6. — L'itt. 
in Sturm. Deutsch. FI. 3. t. 64. 

Cette Sphérie doit être aussi ajoutée à la flore française dans 
laquelle elle n'est point encore mentionnée. Elle a été découverte 
aux environs de Lyon par M. Roffavier. 

i3.* Cylispora incarnata Fr. Syst, Myc. 2. p. 342. 

Trouvée par M. Lamy, près de Limoges sur î'écorce des 
jeunes branches du peuplier d'Italie. 

(i) Fries Sysl. Myc. a. p, 1l^i^. 



336 c. MOJNTAGNK. — Cryptoi^arues rioutJelles de France. 

i4.* Cyùspora rubescens Fr. 1. c. — Scier, suec. n. 109 ! 

Cette espèce, nouvelle pour la flore française, m'a été adressée 
des Vosges, par mon ami le docteur Mougeot, et du Limousin 
par M- Lamy de Luret. Les échantillons de ces deux localités 
ont été comparés avec celui que j'ai reçu de Suède et par con- 
séquent ne me laissent pas le moindre doute sur leur identité. 
Il paraît qu'elle ne se plaît que sur les arbres de la famille des 
Rosacées, les exemplaires des Vosges ayant été recueillis sur le 
Sorbier des oiseleurs et celui de Limoges sur un Pécher. 

I 5.* Rhytisma (Xyloma) quercinum Rudolphi ex Fr. Eclog. fung. in Liiiiiaca, 
octobre i83o. j). 55 1. — Rhytisma riccioides. Letell. Champ. 5* livr. 
|)1. 629. f. 4. 

Cette Hypoxylée, d'abord rapportée de Barbarie parSalzmann, 
qui la découvrit sur les feuilles du Quercus cocciferay a été 
retrouvée plus tard en France, près de Montpellier, sur celles 
ilu Quercus Ilex par M. Steinlieil dont je la tiens. 

CHAMPIGNONS. 

16.* yli^aricus muralis Sowerb. t. 822. 

Trouvé sur le mur d'un jardin dans le village de Floing près 
Sedan, département des Ardennes. Autom. 

17.* Gomphus rutilus Fr. Syst. Myc. 1. p. 3i5. — Agaricus Gomphus Pcrs. 
ic. et descr. t. i3. f. i-3. 

Les plantes cellulaires sont tellement négligées parmi nous 
que cette Agaricinée n'est encore inscrite dans aucune flore 
française. M. Letellier est le premier qui en ait fait mention dans 
une note insérée dans le cahier de février de ces annales pour 1 835, 
et pourtant cette espèce est très commune sous les pins du bois 
de Boulogne où je l'ai aussi trouvée l'année dernière. Elle m'a 
donné occasion de faire des observations précieuses pour le 
mémoire que j'ai eu l'honneur de lire devant l'Académie des 
Sciences, sous le titre de : Recherches anatomiques et physiolo- 
giques sur rhymenium des Agaricinées. Aux caractères gêné- 



c. MONTAGNE. — Cryploganies noaçelles de France. 337 

riques déjà exposés )3ar Fries , il faut ajouter que les sporidies 
sont bilocnlées. 

18/ Clavarla coniurta Holmsk. Ot. 1. p. 29 cum icône. -^ Fr. Syst. Myc 
i. p. ^78. 

M. Lamy de Limoges m'a adressé sous le n'' 2214, deux 
écliantillons de cette rare espèce, l'un croissant sur les rameaux 
morts du chêne, l'autre sur les branches mottes du Rtihus fru^ 
t ICO sus. 

19.* Thelephora JlocculentaYr. El. f un g. i. p. î. 

J'ai trouvé cette Auriculaire aux environs de Lyon, surl'écorce 
des hêtres. Est-ce une espèce bien distincte ? 

20. -f- StlcLîs valiJata{M.onXi\^. in herb.) : innata, elliptico-oblonga, tecta, dc- 
mùm epidermidc circuinscissû elapsâ nud;i , Iiymeiiio suLmargiuato 
uigro. (Asci filifoiincs, Sj)0iidia globosa.) 

On aperçoit d'abord sur le chaume des taches oblongues, 
elliptiques, brunes, d'environ une ligne de longueur. Peu-à-peu 
l'épiderme se sotdève, se détache même d'un côté, formant 
ainsi une espèce de valve qui ne tient plus au chaume que par 
un de ses bords. Enfin dans un âge plus avancé, la chute de 
cette valve toujours elliptique, toujours coupée net comme si 
on l'avait enlevée avec un instrument bien tranchant, laisse à 
nu une fovécle au for.d de laquelle se voit une membrane noi- 
râtre en forme de cupule allongée, à bord relevé, aigu ou obtus, 
qu'on peut séparer de la matrice assez facilement. L'hymenium 
est composé de thèques filiformes farcies de sporidies globu- 
leuses, ' 

Ce Stictisy'ienX. se placer auprès du S.nivea Pers., dont il dif- 
fère par \ hcibitat,\ç,\i\oAçt de végétation et la couleur de l'hyme- 
nium. Il ne faut pas le confondre avec X HYsterinm ciilmigenum 
Fr,, auquel il ressemble par sa forme générale surtout dans son 
premier développement, mais doiit il est bien certainement 
distinct par son mode d'évolution. 

M. Lamvi'a trouvé sur le chaume dr. Calamagrostis arenaria 
Roth, à Pioyan , département" de la Charente-Inférieure, et me 
l'a adressé sous les n" 2^7:^ et 2343. 



338 c. iMONTAGNE. — Crjptogcimes nouvelle.^ de France. 

21. -}- Sdlhospora bottyospora (Moiitag. in herl>.) : Stiomntc floccoso, spoii- 
diis articulato-constrictis botryoideo-connalis {)cdiceliati8. 

S. cheirospot-a? Fr. Syst. Myc. 3. p. 484. An genus novum slilbo.s[)o • 
rcura spoiidii.s pediccllatis distiiictiini? 

Notre plante se développe sous l'épiclcrmc des rameaux du 
hêtre , sort par les fentes ou les trous qui s'y rencontrent ou 
qu'elle y pratique, et paraît à l'extérieur sous forme de pustules 
arrondies ou irrégulière-^, coniques, d'un noir luisant au som- 
met, pulvérulentes et d'un noir mat à la base. La matière de 
ces pustules, délayée dans de l'eau et soumise à un fort gros- 
sissement au microscope, se montre composée d'une immense 
quantité de lilamens, simples en apparence, terminés chacun 
par une grappe de sporidies. Celles-ci, de couleur olivacée, sont, 
linéaires, cloisonnées, moniliformes et forment à l'extrémité 
de fdamens très longs, pellucides, des espèces de pinceaux assez 
semblables à ceux qui résultent de la disposition des spores 
dans le Pénicillium u;laucLim ou le Monilia digilata. Mais ce 
n'est que dans les jeimes individus de notre Stilbospore qu'on 
remarque cette similitude , c'est-à-dire la réunion pénicilliforme 
des sporidies. C'est alors qu'on pourrait croire avoir sous les yeux 
des individus du S. cheiroapora de Fries, si l'auteur ne disait 
formellement que les sporidies ne sont jamais cloisonnées. A 
un âge plus avancé de la plante, lorsqu'elle a acquis tout son 
développement, le nombre des sporidies s étant accru , elles 
forment au sommet des pédiceiles déliés qui lessnjiportent, une 
sorte de grappe ovoïde bien fournie, et dont le port n'est pas 
sans élégance. 

La présence des pédiceiles m'avait d'abord engagé à faire de 
cette Stilbosporée un nouveau genre auquel j'avais donné le 
nom de Thyrsidiiim. Après y avoir un peu réfléchi , j'ai préféré 
la rapporter aux Stilbospores comme M. Tries lui-même l'a fait 
pour plusieurs autres espèces analogues qu'on avait érigées en 
genres avant lui. 

M. Lamy de Lurct a trouvé cette espèce aux environs de Li- 
moges. Son échantillon porte le n" i436. 

A l'occasion de ce Stilbospore, je crois ne pas devoir passer 



c. MO.YTAGNF. — Crjptcgames nouvelles de France. SSq 

sous silence une observation à laquelle a donné lieu l'examen 
microscopique que j'ai fait des sporidies d'une plante voisine , 
de \ Asterosporium Hoffmanni Kze. Ces sporidies sont en effet 
étoilées comme on ledit, mais les rayons de l'étoile, au nombre 
de trois ou quatre , ne sont pas sur un même plan ainsi qu'on 
pourrait le supposer d'après les descriptions des auteurs et la 
figure qu'en a donnée Hoffmann. Ce sont autant de cônes unis 
par leurs bases et dont les sommets divergent dans tous les 
sens, c'est-à-dire vers différens points d'une sphère et non d'un 
cercle. Je ne saurais mieux les comparer qu'à cet instrument de 
guerre qu'on nomme Chausse-trappe^ et qu'on sème dans les 
lieux où doit passer la cavalerie pour en arrêter la marche. 

EXPLICATION DES FIGURES DE LA PLANCHE l8. 

Fig. I. a. Parmdia Saubinetii de grandeur naturelle, sur un morceau d'écorce d'arbre; /;, 
apothécie et squames du thalle grossis ; c, coupe verticale passant par le milieu d'une apotlircie, 
pour montrer que celle-ci naît de l'hypollialle, au même grossissement que la figure précé- 
dente; d , paraphyses et thèques 1res grossies; e, sporidies libres, encore plus grossies. 

Fig, 2. a, Daltonia Lamyana de grandeur naturelle; h, capsule munie de son opercule et 
de sa gaine, très grossie; c, coiffe; d, feuille caulinaire; e, coupe d'une feuille caulinaire; 
f, feuille périchéliale extérieure; gg, coupes de la même; h , feuille péridiétiale intérieure 
/, une cellule du réseau contenant des grains de chronnile ; /•, séminules très grossies. 

Fig. 3 a, Chondria patentiramea de grandeur naturelle (on n'a représenté qu'une de sos 
plus petites frondes ; b , extrémité d'un rameau grosis; c, gongyles vus à un très fort grossis- 
sement. 

Fig. 4. a, Sphœria parmelioides. a, portion d'une rosette, vue de grandeur naturelle; 
b, coupe longitudinale et verticale d'une lanière ou rayon , laquelle montre la disposition des 
loges à la surface du stroma, grandeur naturelle; c, quelques loges grossies; d, thèques vues 
à uu pouvoir très amplifiant du microscope composé ; elles ressemblent à celles du f'enre 
Diplodia. 

Fig. 5. Sùlbospora batryospora. a, sporidies jeunes, ne différant de celles du S. cheirosporn 
Fr. que parce qu'elles sont cloisonnées, ou comme articulées; b, les mêmes à l'état adulîeet 
parfait. La plante ressemblant à tous les autres Slilbospores , je me suis contenté de donner la 
figure très grossie des spores. 



32 



3îo j. GAY. — Duriœi iter asiuricuni. 



DURIAEI irCK ASTDHICMIM , BOTANICIIM , 
.AN.\U lB35 SISCITTUM, 

Auctore J. Gay. 

[Çontinuatio. ) 

VIII. Vallis Naviegi. 
{Regio alpina) 

Naviei^i convallem ah Austro montes duo contigui terminant, 
inrcquali aitiuidine et forma, quorum alter ad orientem, altei- 
ad occidentcm spectat, neuter vero limitem nivalem assequitur. 

Prior firinioris ubique est structura;, et ad Austrum Boreani- 
quc et occasum abscissus, latere vero orientali in planiticm 
editissimam îongiùsque protcnsam , versus Alpes del Somïcdo 
paululùni demittitur, è cjuà, paucas infra summum dorsum 
hexapodas, Carvallo lorreiitis primnc ,scaturiunt aqunc. Monti 
nomen vernaculum aut nullum aut igtiotum. Mihi , propter 
situm, liions oricntalis dicendus. 

In duplam altitudinem surgit alter, à proximis prorsùs sejunc- 
tus jngis, inque j)yramidem truncatam effiguratus, cujus la- 
tera undique se erigunt abrupta. Ardua est imprimis atque 
aspera, medietas superior, et pétris labentibus impedila, undè 
monsad Boream atque orientem prorsùs impervius est, aditum- 
que omnem, nisi angulo Austro-orientali, eumque difficillimum, 
scandentibus negat. Medio clivo orientali lacum fovet parvum 
(80 circiler hexapodas iougum, iS latum), àquo, inter Boream 
et Eurum , ipso montis angulo, defluit Naviego rivulus. Clivo 
hoccine orientali, paulô infra montis fastigium , die ly'.JuI. 
i835, unicus nivis cumulus snperfait , insequente septimanâ 



j. GAY. — Dariœi lier asturiciiia. 34 « 

evanidus. Mons dicitur/^/to de An-'as^ et faucibus profuiidis à 
monte orientali dininitnr. 

His faucibus summis , ubi regionis alpinae initium]posui , 
insidet viculus heitariegos , à quo ad summum pico de ^^rvas 
properauti horâ unâ cnm diraidià opusesî, monti ver» orien- 
tali horaî partes très quarlîe sufficiunt. Injugi dorso ipso equi- 
tat viculus, utrimque proclivis, ita ut tectonim quorumdam 
aqua pluvialis in Navicgum et Vasconicum sinum, aliorum, per 
Silum et Minium , in Lusitanicum Oceanum defluat. Tuguiiis 
vix viginti et incolis circiter loo constat, pratis piuguibus cir- 
cumdatur, reqiie pecuariâ floret, pessimè cœterùm coUocatur, 
([uô scilicet nec flores coronai ii, ncc olera ulla vivere possunt. 
Nec[ue profectô sedibus humauis à naturà destinatus fuit. 

Quum vero, ab anîiquiore îevo, ex INarceias convalle in vallem 
<^/e/^9f7uiteriusque regnum Legionense, per bas fauces, peditibxis 
ac mulis iter csset, viaque onini tempestate diftlcilis, tcmporc 
brumali, nivibus profundis obruta, admodum periculosa eva- 
deret , in eo toti olim fuerimt ditionis prœfecti , ut in ipsis 
montium jugis vicum coudèrent , quo coeli inclementià oppres- 
sus peregrinator refugium subsidiumque inveniret. Nec operam 
perdiderunt. Ibi enim , eoruraque auspiciis, familicc nonnuUaî, 
exslructis casulis , additoque sacello ( i) , eâ lege consederunt , 
\\l militiâ tributoque qualicunque immunes futuri cssent , et 
iiobilitate insuper donantli (2), si viam omtii lempore apertam 
curarent. Pactum deinceps, usu jani validum, cliartà prooiiâ 
confirmavit , Legionis et Castellai rex , Alplionsus XT, qui ab 
anno i3i2 ad annum i35o regnavit,à cujus splatead liane usque 



(i) l'ropriam tnmen paiocliiam non cfficit, scd ad [larochiain vieilli proximù sul-jccii 
{4ivanas de Arrihd) pertinet. 

( 2 ) Nobilitale fuisse domlos, non à Duriœo, scd ab ill. comité à Tcicno acoejnum refera. 
Duriaeus euim nihil vidit netjîie audivit, undè hocce privilegio (apud Cfîoecos rjelerùm, Astu- 
res Canla!)rosque qiiàm maxime vulgari el Irilo) gaudeie colonos ciederet. Res {amen facil- 
limè eura effugere poluit. Nobilita*; enim non tanlùm honoris causa, sed veliiti jus civilatis et 
servilii feodalis immuuilas, ab llispania; rcgulis dabatur. lltcc ergô sine tilulis et fendis nobi 
lilas, privilegium poliiis quam in nobilium ordinem cooptalio habenda. Sœculo eliam elapso 
paler patri* Carolus III erronés Aegyptios {los Gitanos), iil corrupta; gentis mores corrigeret, 
iuter alia Caslellaiios veleres, et nobilCj^. ceiiseri jussit. 



342 j. OAY. — Duriœi iter asturicwn. 

(liem res firmiter stetir, nec à Codice Gaditano anui i8iu, qiian- 
quàm omnia ai) antiqiiis accepta eversit, abolira fuit. 

Suis igitur privilegiis sjiperbiunt nobiles ruslici , miserri- 
mèque vivunt, quibus Secale, Solannni tuberusum ^ pbaseoii , 
cicera [Garbanzos] diebus testivis solemnia, omniaque ad vic- 
tum necessaria, praeter lac, acre soluto comparanda suiit. Nec 
ulio modo sibi sufficerent, iiisi riieicium transitu aliquid lucri 
conquirerent. Arte etenim mularià sibiiiiet opitulantnr, et ju- 
nieiita iiutriunt, quorum dorso viatores et sarcinas, sive Canicâ 
venientes in vallem del SU, sive e valle del iSV/Cauicam dé- 
portant. 

Per totam Asturiaui, et priccipuè ad Leitariegos , ventoruin 
frigidissirnus Aquilo [ve/il du Nord-E.st ), imbrifer sol us Boreas 
[vent du Nord). Karos tanien nirnbos , raras inibres narrât Dii- 
riiEUs. Nebulae vero densissima; totam regionern circiimjectam 
ferè perpetuo obducunt, quibus medià icslate (inler 1 5'". Julii 
et i5"°. Augusti ) aliquid rernissis, mcolis vix solis claiioris salis 
ad fenisecium conficiendum siiperest. INebulae, ciuterùm, par- 
tim in regiones interiores, indè assidue liiimectalas atque refri- 
geratas , quotidie «lelaljunlur , j^aitua bumo absorbentur, in 
aquas vivas demum reuaturie, quibus purissunis et crystallinis, 
saluberrimisque regio viculo circumjecta impiimis abundat. 
Mirum sanè Aipiiun Asturicijrum, omni arborum vestitu ca- 
rentiun), 4>a(vôf«vov cui tamen procul dubio favet scbisti, niou- 
tibus substrati, texlura mollis atque lameilata. 

Adviculialtitudinem quodatlinet, uihil certum atque comper- 
tum dicendum babeo, (juum observationibus barometricis, qui- 
bus nunc aptissim us, eo tempore quo Asturiam adiit, nondum edoc- 
tus fueratDuriœus. Habita tamen locorum ratione, nonabsum ut 
cretlam vicum Leitariegos bexapodis minimum 700 mare supere- 
minere, quod quidem tantùm ex Brassicâ oleraceâ ibi déficiente, 
et ad vicum Branas de ^rriba, dimidiée leucai itinere subjectum, 
subsistente, quantum ex nivium conditione conjicio. Nives ete- 
nim bibernas, quatuor plenos rnenses ad Leitariei^os tantâque 
copia permanere , ex incolis accepit Duriœus, ut, tuguriis fermé 
sepultis, mutuum iis par cuniculos subnivales > fenestrasve in 
summis tectis apertas , commercium. subindè babetur. Medio 



j. G\Y. — Diiiicei Lier astavicum. 343 

denique Aprili iiivcs pleruiuque resolvunlur , viaque aperitui- , 
j)aiicis tantùrn liùc illiic circa vicuni telictis gloiiieribus. Eodeni 
omiiino anni tempore nives iii Jurœ montibus seciindariis (600- 
700 hexapodalibus) defluere soient, quorum juga tribus lati- 
tudiuis gradibus magis ad septentrionern teuduut. (1) 

Hùc usque ( et summum pico de Tozaquc , vicinum paiisque 
altitudinis montem ) , sub lalitudinis gradu 43% scandit ZiV/m 
arborea^ quœ igitur, iudè à siniis Vascouici orâ, toîam trans- 
versam percurrit Asliuiam, et ultra Secalis omniumque olerum 
lermiiuun progreditur, doiiec ipsam attigerit regionem alpmam, 
ubi tandem subsistit, circa Leitariei^os adbuc frequens , quadri- 
pedalis , et Julio ineuiite florida. 

Iles proteclù mira. Frutex uamque ab orâ maris Medii Gai- 
licà leucas aliquot ad septentrionern j)rocedeus, montibus ab 
ulteriore progressu arceri videlur. Nullibi saltem peragrum,sive 
iluscinonensem , sive Occitanicum , sive Provincialem, supra 
regionem coilinam in conspectum venit. Non ila in Sicilià res 
se babet, ubi, sub lat. 37^.40', clivos Aetneos , initio à mari 
laclo, longiùs sequitur et ad G33 Iiexapodas pervenit (Piiilippi 
in Linn. VII. p. 7G1 ). Insularum Canariensium montes quoque 
scandit, iiempè in Tenerittœ elivo Orotavensi, ioco dicto Monte 
Fenle ^ ad 636 hexapodas (ex ore cl. Berthelot), ubi eumdem 
lei-è, quem in Sicilià, terminum babet, et in Palmà , ad 700 
hexap. (Ikich Physik. Beschr. p. i45j, ubi eamdem prorsùs , 
i,|uam in Asturiâ, allitudinem assequitur. Longé tamen alias in 
Canariis insulis partes agit, ubi, proj)tei- Cancritiopicum propiu- 
quum(lat. 28"-29"), littoris jam nimiùm ferventis impatiens, 200 
bexapodis in Palmâ insulâ (Bucli. 1. c), 333-4t>7 in Teneriffx 
sylvà Agua Garcia (ex ore cl, Berthelot) à proxiino mari distal. 
Hexapodas igitur 3o3 complectitur Ericœ zona Teneriiïensis , 
5oo bexapodas Palmensis , tjuum Asturica ejusdem stirpis zona 
lolum quantum 700 liexapodalem clivum implet. /Vccedit (piùd 
Ericœ in Asturià terminus arboribus caret, jamdudùm plantis 

( I ) Fauces, per quas è Valesià i» Ilalium IraijciUir, iniilto seiiùs, suninuuii scilieet Seni- 
prouiuni (1029 hexap. s. m.) iiittr 20 Maji el x Junii, el Sancti Beruardi liospitiimi (1278 
hexap. s. m.) circa 10 Augiisti,hiheniam vestein exiieie, iii lilleris imper me docuil cl. à Char- 
pentier, doctissirnns geologiis, qui fjdinis Bacliacanis {Salinei de Bex) digtiissiiuè pioeest. 



344 ^' ^AY. — Duriœi itcr asturUwn. 

alpinis favet, et nives in médium usqiie Aprilem retinet, dùm 
Ericfie zona Canariensis , pinetis ingentihus subjecta, tota quanta 
calicla est, ne supernè quidem f ubi inculta) nivem fortuitô lap- 
psam in diem singulam servans. Clima , c;rlerùm, Canariense 
maxime huic stirpi propitium esse censendnm est, tali enim sub 
cœio, zona sciiicet inferiore, in arbores l\oSo pédales, trnn- 
cosque diametri j. -^ pedalis et cu'cuilûs 4-5 pedalis non raro 
excrescit, alio qnovis loco frutex. 

*a(vôfji£vov adhuc magis mirabile j)r;ebent Erica australis et 
Genista tridentata , quarum prior in summo monticido Gra- 
densi Sierra dcL Peral , altéra ad vicimi editum el Piie/o ydin 
antè occurrerat , neutra verô infra Leilariei^os , in Naviegi clivo, 
observata fuerat. Ambœ tamen , supra Leitarirgos, promiscuè 
crescentes, et bipedalis statura^, tota (juanta ujonlis orientaiis 
Jatera occupant, ex adverso quo.pjc, iu monte /^/co de Arvas ^ 
proximè infra lacum, seu médium clivum alpiniun, zonam facile 
agnoscendam, quamvis mnltô angustiorem, efficiunt. Lacus au- 
tem, cui summus mons orientahs allitudine prorsùs par, hexa- 
podis forte loo aut i5o vicum fjeitariegos superat. Quod qui- 
dem fidem ferè excedit. Per Lusitaniam namque, Hispaniam oc- 
cidentalem, oramque Tingitanam late sparsus, ulerque frutex, 
regionem ubique collinam incolit, nionlanamvix tangit, nec uili 
hucusque botanico, prx'ter Duria^um, in regione alpinâ obvcnit. 

Secundam eamque ultimam fruticum ligneonim zonam, in 
Naviegi regione alpinâ, efficiunt Janiperus nana W. et Genista 
obtusiramoa ( nov. sp. ) , quaî quidem in monte orientali , propter 
aititudinem minorem, non occurriuit , \n pico vero de Arvas 
tatam eam regionem occupant, qua^ indè ab orâ Jacûs usqne 
ad fastigium montis porrigitur. Ibi enim primùm (.ccurrunt, 
ubi Erica australis et Genista tridentata crescere desinimt. Sed 
haruni quidem mulîo magis quàm Juniperi et Qenistœ obtusi- 
rameœ in regiorie alpinâ prœsentia, abnormis censenda est. 
Missâ enim G. obtusiratneà ^ quse nova, constat Juniperum in 
Jura, Helvetia* Alpibus et montibus Corsicis easdem ac in Astu- 
rum Alpibus partes agere , vixque ullibi infra aititudinem 85o 
hexapodalem inventum fuisse. In monte yEtnâ alpinâ quoque 
est, nostrécque simiilima , nec satis forte divcrsa , Junip, hernis- 



j. GAY. — Duriœi îter asturicum. 345 

phœiica Près! , qiiippe quœ inter 783 et 1 183 hexap. , supra oni- 
nes arbores, sec! em suam collocavit(Philippi, inLinn.VII.p.'^ôa). 

Has igitur fruticum zonas exhibet alpina Naviegi regio. Seor- 
sim vero enumerandse , qiias hùc illùc disseminalas, iiec grega- 
tim degentes , ligneas eadem regio stirpes offert , nec cum regio- 
nibiis proximè subjectis participât, Vaccinium nempe Ajlyrti//us 
L. , in humidis utriusque montis, regione alpinâ inferiore, non 
rariim,imo in monùs pico de ^ ruas )-egionem alpinam superio- 
rem excurrens; Vaccinium uUginosum L., in monih pico de 
Arvas ^ regione alpinâ superiore , loco singulo , nec alibi occiir- 
rens ; Erica denique Tetralix L., quam, sollicité ([naesitam, in 
Naviegi clivo nuUibi, nisi in palndibus ( Astnrica namque T'e- 
tralix semper paiudosa ) circa et proximè infra lacum jam dic- 
tum , invenit Duriaeus. 

È regione subalpinâ in alpinam inferiorem procedit Sorbus 
Aucuparia y ubi tamen rarissima est , nec unquàm arborescit. 

Montera pico de Ariens scandit quoque , hùc et illùc, ab imis 
montium radicibiis profecta, Quercus Toza, cujus supremae 
arbores, humiles, maximèque retortae , in clivo montis boreali, 
loco a lacii ( clivum orientalem occupante ) saîis remoto , sed 
ejusdem forte altitudinis et ferè inaccesso, consederunt. Eô 
usque processisse arbores (solae quœ regionem alpinam intrârunt) 
non mirum, qiuim Ericain australem et Genistaintridentatam, 
stirpes, ut vuigô saltem credebatur, frigoris multo minus pa- 
tientes, accolas habent, 

Regionis alpinae plantas herbaceas nunc tractaturus, ordine 
topographico rem iterùm adgredior. Ordior à viculo Leitariegos, 
undè ad montera orientalem primùm, deindè ad montera multô 
altiorem d itioremq ne jd/co de Aruas transibo. Quo itinere loca 
difficiliora vicissim subeunda erunt. Ubi enim montium clivi , 
minus abrupti, ovibus et vaccis patent, ibi omnis herba assidue 
depasta atque derasa est, nec plantis liberiùs explicandis ullum, 
nisi locis praecipitibus aut paludosis, refugium relinquitur. 

Prata mûris cincta, inter Brahas de Arriba ot Leitariegos 
multa pinguiaque adesse jam dixi. Proceduntpaulô ultra Leita- 
riegos y summisque laetè vigent terminumquc suum inveniunt 
Cirsiwn\vS\\\ ignotum, inter subalpinas stirpes jam memoralum, 



34^3 J. (iAY. — Duriœi iter asturicuni. 

item Chœrophyllum hirsutuin L., è Cor-tas hùc eveclum, aliic- 
que non paucT, sive è regione snbalpinâ sive ex agro Caniceiisi 
profectœ. Ibi e contrario stationem inferiorem habent Leoii- 
todon squaniosuin Lam. et Meum athatnanticum Jacq., indè in 
siimmnni iisque p'ico de Arvas continuata. Ibi qiioque occur- 
rnnt^ locis inferioribus prorsùs desiderata, ab orà pratorum 
snpremâin montes impendentes breviùsexcurrentia,Z^t>/•o/^/6•um 
aaslnacum Jacq. et Soyera lampsanoides Monn. 

Prata interflnit , suprà inter rupes valdè coarctatus, infrà in 
fauces profundissimas dejectus, iibi v^rô viculum appropinqnat 
humilis alveoque exiguo coiitentiis, JXai^icgo rivnhis, ad cnjus 
oras siibpahidosas Lepidiuni hetcropliyllum benlb. et Salicis 
speciesmibi ignota liospitanlur. 

Viculi tiiguria tegnnt stipula; secalinoî, in conos densissimos 
suminAcjiic arte constrict.T, atque ità (Hsposit;r, ut de sunnno 
tecto in terram ferè propendeant, qua; nisi conlertissimè densis- 
simèque compactée essent , nivium bruinalinni iiigens pondus 
sustinere non valerenl. Pulcberriniè .Tstate ineuntc virent tecta 
haec straininea, et stirpibus pUirimis vestiuntur, inter quas ^^'705- 
lis capillaris , Galeopsis Tetrahity Enicastmni ohlusan^ulurn et 
Scnecio Duriœi. (nov. sp.), quarum secinula et tertia è regione 
inontanà proiiciscuntur , et hic loci terniinuni snperioreni ha- 
bent ; suum vero inferiorem hic nactus est Senecio Duriœi. 

Ad orientera vicuh surgit, arduiis quidem, nulhs tanien gra- 
vioribus impedimentis interceptus, monsorientaUs, eu jus borea- 
lem chvum, miHTGcnistœ tridentatœ etEricœ australis humilern 
silvam serpens, rivulus irrigat. Stirpes buic chvo proprias, très lan- 
tùm enumerat Duriaeus, Poampratensem L. (ahbi non lectam, sed 
locis inferioribus procul dubio prœtervisam), Ltuzulatn lacteain 
Link. et TrifoUuni spadiceum L. (utramque è regione subalpinâ 
superiore evectam, hic loci supremum suum terminum haben- 
tem), Reliquse species ibi et in clivo australi observatae, in monte 
quoque pico de Arvas occuwnnX., multae verô desiderantur, qui- 
bus vicini montis Flora exornatur. 

Montis fastigio parùm subjacet, ab ejus lalere orientali in 
orientera satis longé projecta, angusta atque altissima planities, 
quô pej'venerunt, à Canicâ prot'ecta, briza média \.. et Sedum 



j. GAY. — Duriœi iler asturicum. 347 

brevifolium DC, postremura copiosissimum et multô vegetius 
quàm in locis iiiferioribus. Hùc quoque, è subalpinâ regione , 
scandit Chrysanthemum anomalum Lag. Accedit Eiythroniiun 
Dens-Canis L. (8\ Juiii fructiferum) , in monte vicino perindè 
regioni alpinae inferiori addictum. Paronychia poljgonifolia 
DC, Dianthus n. 876 et Iberis conferta Lag. insuper addendae, 
quae verô in monte pico de Arvas multo altiùs collocantur et ad 
solam regionem alpinam superiorem pertinent, cujusdifferentiae 
ratio in planitie montis orientalis, nuUis altioribus montibus 
proxiniè siibjectâ, sed ipsum montis dorsum efficiente, et ven- 
tis maxime obnoxiâ, ideôque frigidissimâ, quœrenda est. 

Montis fastigium, altae planitieiab occidente parùm superemi- 
nens, constituit scopulus ingens, in conum obtusum effiguratiis, 
rimâque vastâ, 3o ferè pedes profundà, 10 ferè latâ, in duas par- 
tes fatiscens, totiis quantus lapide arenario quartzeo [grès quart- 
zeiix) conslans, ciii plurimi adnascuntur Licbenes (i) : Cetraria 
iristis Fries, Parmelia saxatilis Achar., P. saxatilis (3 omphalo- 
des Fries, P. phy sodés (3 encausta Fries, P. stygia a et j3 lanata 
Fries. P. hœmalommo. Achar., Cladonia gracilis Fries et uncialis 
Hoffm., Lecidea albo-cœridescens Achar., Umbilicaria pustulata 
Hoffm., polyphylla Hoffm., erosa HoHm. {p),velleah spado- 
chroa Fries, et cylindrica Hoffm., quariim postrema, indè à 
Leitariegos , totum montis clivum occupât, reliquae vero omnes 
à monte summo non aut vix desciscunt. 

Lichenibus intermixti vivunt Musci nonnulli frondosi : 
Drjplodon pulwinatusvar. alpestris Brid. , Oncophorus poLycar- 
pos Brid., Polytrichum piïiferum Scbreb., Orthotrichum rupestre 
Schwaegr., Bryum nutans Schreb. et Andreœa Rothii WM. 

Phanerogamae sîirpes ibi quoque, sed paucissimae, occur- 
runt : Airaflexuosa var. nana et brachyphylli (forma singula- 
ris, regionique alpinae propria), Veronica arvensis L. et Sper- 

(1 ) Cryptojjamas stirpes à Diiriaeo in itinere Asturico collectas, prseter Filices à me ela- 
boralas, pierasque ab liisce tabellis exclusas volui, uec uUas admisi, nisi quae in regione alpinâ 
inventae, aliquid lucis ei affere videbatur. 

(2) Tribus bis Umbïlicanis , Parmeliœ stygiœ, Cetrariœ tristi , Dryptodonti pulvinato 
alpestrî, et phanerogamis nonnuUis , ])eipeiàm in Duriîei schedulis locus adsciibitur piierlo 
Je LeitariegoSj qui iocus stalioue eaium stirpium verâ bexapodis loo - i5o inferior est. 
Sphalmn ex libello meo corrigant, qui Uuriaei herbarium sibi comparàrunt. 



348 ?. GAY. — Dujiœi iter aiiuricum. 

gula j)e7itandra I-,. {u\vdqini locis inferioribiis prœtervisa), et 
Sclcranthus a/muush.Çex imà subjectœ coiivallis parte atlvectus). 

Eas igitiir stirpes , i5aJulii, in montis fasligio primùm nul- 
loque labore collegit Duria^us. j\Iox verô, è summo scopulo cir- 
cumspeclans, subjeclaîque fissura? parietem quasi ad perpendi- 
culum abscissuni , projecto capite, curiosiùs perlustrans, orani 
exiguani, exstautem , bumo tenui substratan) animadvertit, 
ubi hcrbulœ qua'dam miselK-r virebant. lias, pronus in ven- 
trem , brachioque extenso carpere tcntabat, longé tamen aberat 
ut consequi posset, pedes cnim 4-5 distai)ant , ncc ad eus ovi- 
bus etiam aut capi is patebat aditus. Derelinquere tamen nolit 
vir strenuus. Locorum pra;cipitia ultrô adoritur, cxiguaniqiie 
projecturam è medio pariete ad scopuli latera pertingentem in- 
greditur, eôque tandem lento gradu titubansque qnô dcstina- 
verat irrepit. Supir barathrum timc siispeiisus, animam reti- 
nens, triabilique saxo raalè innixus, manu trépida omnia, qua» 
contingere valet, colligit. Salvus indè reveititur. Instauratur 
experimentum , codemque evenlu. Collectorum tandem cuniu- 
lum curiosiùs excutienti duœ nov.x exstant Alsine^, quibiissa- 
tis compensatum vitae periculum existnnat. Radiée perenni va- 
lida rupium fissuris inhneret altéra, nec nisi frustalnn evellenda 
est, Spergula rimaram milii dicta, et sub n° 890 evulgata, quam, 
in monte /;/c"o de Arvas desideratam, simili statione muns tpioque 
pico de Cancllas posteà largitus est. Alteram (n° 394), Cerasliuui. 
ex aimuorum grege, inventons uomine^/œ/ nuncupavit amiciss. 
Des Moulins, quam montis pico de Arvas legio alpina superior 
iterùm, sed, prout ipse mons orientalis , parcissimè nec nisi 
fructiferam obtulit , è cujus tamen seminibus, dùm hœc scribo, 
nova jam in Duriœi bortulo proies surrexit. 

Sed de monte orientali satis. Ad montem pico de Arvas nunc 
transeunti et à viculo Leitariegos per latus orientale sursùm 
ad lacum tendenti, iterque plus dimidium jam emenso , duo 
maximae conspiciuntur saxorum contiguœ moles, quas inter 
aperitur hiatus vastus, deorsùm in longitudinem non parùm 
productus.Huujo argilloso mobilique vestiuntur scissurœ latera, 
et ab imo tàm abrupte eriguntur, ut stirpes paucissimas reti- 
nere valeant. Hic tamen invenitur Barbarea prostrata (nov. sp.), 



j. Gw. — Diiriœi iter asturicum. 349 

quam loco consirnili, in faucibus supra Trecaslro, iterùm legit, 
alibi verô nusquàm observavit. Julii die octavà florens, i3â. 
Augusti fructifera occurrebat , ntrobique îàm rara, ut non nisi 
3cgrè specimina /jo cogère potuit. 

Rupes bas contiguas , à dextrâ et sinistrâ scissurae, continuant 
saxa humiliora, in seriem plus minus distinctam ad horizontem 
procurrentia, scbisto densiore quartzi nodulis insperso constan- 
tia , quibus pauci adhœrent Lichenes : Cetraria islandica Achar., 
Peltigera saccata DC, Lecidea candida Achar., Sphœrophoron 
coralloides Pers. Biatora decolorans h Fries et Collema tenax 
Achar. Ibi quoque vivunt, nec infrà inventœ nec suprà, Poa alpina 
L., Festuca rJiœticaSut. (ciijns tamen iinica occurrebat in fauci- 
bus supra Trecastro planta) , Barkhausia albida {Crépis albida 
Vill.), Herniariapyrenaica Gay (quam statim non agnovit, et reli- 
qnis forte clivi alpini partibus neglexit), Potentilla mihi ignota ( i ), 
Alchemilla vulgaris L. ( à me non vis. ) , Lathyrus pratensis L. 
et Sagina apetala L. (haec et prsecedens locis subjectis haud 
dubiè praetervisa). Hùc usque porrô nec ultra ab imâ convalle 
agroque Canicensi scdinàunX. Aspleniwn Piut a-mur aria et Bunium 
denudatum; à regione subalpinâ Poa nemoralis, Acinos alpinus, 
Epilobiam origanifolium et Duriœi ( nov. sp. ) , Arabis alpina 
et Lepidlum alpinuni ; à Leitariegos , imâ scilicet regione al- 
pina , Botrjchium Lunaria S\v. , Veratruni album L. , Erinus 
alpinus (in Naviegi clivo alibi nusquàm visus , undè in Astu- 
riam inferiorem provinciamque Sanîanderensem migratus _, 
Oveti,GegionietSantonse ad murosetsaxa fréquenter occurrit!), 
Qentiana lu^ea. Hieracium muroruni B lanceolatum S alpicoluni 



( I ) ISulli nostratum magis affinis quàm Pi pjrenaicœ Ram. (cum P. grandlflorà neuti- 
quàm confimdeudœ), quâcum indumento, inflorescentià, stioulis, foliis quinatis, calyce ft brac- 
teolis, slylis, receptaculo villosissimo, carpellis laevibiis, nec dorso marginatis, etc. convenit, à quâ 
verô statui'â dimidio feiè altiore, caulibus lectiusciilis, non verè adscendentibus , foliolis 
oblongis, inciso-pinnatifidis, basi va. cuneum longiùs attenuatis, et receptaculo graciliore ma- 
gisque elongato differre videtur. An species propria? Quœstionem arduam , duobus tanliim, 
iisque sine radice , prœsentibiis speciminibus , solvere in praesens non valeo. Hoc lantùm 
monitnm volo, stirpem Asturicam , ob carpella non n.igosa nec dorso marginata à PP. rectd et 
hirtdf ob stylos non capilatos à PP. Salisburgensi et intermedià , denique ob folia quiuata, fo- 
liola magis oblonga magisque incisa , et villos longiorcs, non ità patentes, à P. grandi floid di- 
versis'iimaiîi esse censendani. 



35o j. GAY. — Duriœi iter asturicum. 

Monn., Soyera lampsanoidcs , Gnaphalium sjlvaticum L. ( locis 
siibjectis ^--erisimiliter praetervisum ) , Doronicum austriacum, 
Senecio Duriœi ( nov. sp. ) , Saxifraga hypnoides a gemmifera 
Ser. ( n" 327 ) et Epilohium alpinum L., quœ postremô diclœ , 
1 I numéro, ab imâ regione alpinâ profectae, ad rupes de quibus 
blc sermo est subsistunt, nec ultra procedunt. Stationem è 
contrario ibi obtinent inferiorem et sursùm ad summum usque 
montem excurrunt Aira flexuosa var. nana brachyphylla 
(inter stirpes summi montis orientais jam enumerata) et Al- 
chemilla alpina L. 

Eâdem ferè plagâ, intervallo tamen ad Austrum interjecto 
non mediocri , latere montis inter orientem et Austrum incli- 
nnto, pandunt sese pascua minus salebrosa , ampla satis lenique 
clivo surgentia, quae à Leitarlegos ad montis fastigiumiter pon in- 
commodum aperiuiit. Hùc nec ultra Hieracium Pilosella (à me 
non vis.) et Polygala serpyllacea è Canicâ, Hypericum fimbria- 
tum è regione sulbalpinâ scandunt. Ibi quoque, nec alibi (nisi 
in Gradensibus monticulis) lecta, sed locis subjectis (in Naviegi 
valle) haud dubiè prœtervisa , Carex pilulifera 1-.. Hùc usque 
porrô, nec ultra, Plantago subulata var. (^n" il\i) è summo 
montis dorso descendit. Erythronium praetereà Dens-canis {^\) 
ibi frequentissimum, quod, quamvis in monte orientali altiùs 
collocatum, in regi(me superiore monùs pico de Arvas Dnv'm'O 
nullibi occurrebat. Pascuis denique omnino propria; vidcntur, 
alibi nusquàm in Asturicis alpibus lecttc, Luzula pediformisldi^. 
et Ajuga alpina L. , quae vero ibi rarissimœ sunt , nec nisi pau- 
cissimis speciminibus monstratae. 

Proximè supra geminas saxorum moles , quas Barbareâ proS' 
fr<3/« insignes jam dixi,eisque parallela, occurritoraangustissima, 
<yraminosa et paludosa, ad meridiem impervia {^finissant en cul- 
de-sac ) , septentrionera versus usque ad Naviegi alveum lon- 
«yiusculè protensa, montisque in scalas excisi gradum inferiorem 



( I ) Eius foliis eoque loco crevit, ex Duriaei stirpibus agamis Asiuricis, soia quae Montagneo 
nova visa est , Sclerotium Erjllironii Montagn. ,cujus diagnosin ab auctore communicatam lu- 
benter exscribo : « Sel. innattim, amphigenum, gregarium, elliptico-subrotundum, depressum, 
riio-osum nigritm , intùs albidum , demhm epidermide fol'd secedente utrirtîjue nudum. — Sel. 
varia Pers. affine, nec nisi vegetalione amphigenâ forsàu diversiim. >• 



j. GAY. — Duriœi iter aaturicum. 35 1 

efficiens. Hùc vaccae viculi subjecti fréquentes concurnint, her- 
bamque omnem avide depascunt. Eum igitur locum prorsùs 
derasum invenit , nec ullam ibi intactam stirpem colligere valuit 
Duriœns. Exreliquiis tamen nonnullis explorant! innotueruntPé-- 
dicularis sylvatica L. (alibi non lecta, nec à me visa)^ Saxifraga 
stellaris L. (regionis alpinœ propria, hic loci terminum suum infe- 
riorem habens), et Myosotis stolomfera (nov. species, pcrindè al- 
pina, ibique terminum suum inferiorem habens, cujus planta 
imica, in regionem subalpinam fortuite delapsa, alpinisque multô 
vegetioret stolonibus imprimis luxurians,in faucibus supra Tre- 
castro inventa est). Rupibus quoque oram sursùm munientibus 
appendet Polytrichum alpinum L. ( n° i3i ) , quod, maxime al- 
pinum , terminum quoque ibi obtinet inferiorem. 

Sursùm pergenti permeanda Ericœ australis et Genistœ tri- 
dentatœ zona, quâ Carex leiocarpa (nov. sp. ), latiùs dissemi- 
nata , aliaeque stirpes plures, anguslioribus limifibus circum- 
scriptae, continentur, nec infrà inventœ nec suprà. Zona ferè 
mediâ recurrit (infra Leitariegos, regione subalpinâ, et ad Pena- 
florae rupes, in Asturiâ inferiore, jam lecta), indè in regionem 
alpinam superiorem continuata, Saxifraga umbrosa L. 

Zona nondùra totâ trajectâ, passusque à palude 200 et ultra 
progresse , occurrit alter montis gradus _, praecedenti ampli- 
tudine et directione similis, sed magis paludosus , et aqua- 
rum torpentium Sphagnorumque copia tremulus, quem vacca? 
igitur calcare et perambulare nequeunt. Mediam paludem oc- 
cupât canaliculus aquâ pigrâ repletus , ubi Carex ampullacea 
Good., Sparganium natans L, et Veronica scutellata S latifoiia^ 
locis inferioribus desideratae, pullulant. Inter Sphagna aliœ , ex 
imâ Naviegi convalle profectae, hospitantur stirpes; alise re^io- 
nibus subjectis prœtervisœ, sed è planitie procul dubio advectae, 
Gentiana Pneumonanthe L. (quam posteà in Asturiae inferioris 
ericetis frequentem vidit), Pamassia palustris L. (Gegioni se- 
riùs observata) et Cardamine pratensis L. ; aliae in palude proxi- 
mè subjecJa jam visœ, Myosotis stolonifera (nov. spec.) et Saxi- 
fraga stellaris L. ; aliœ locis subjectis certiùs desiderata^, et in 
Asturiâ alpestres vel omninô alpinae, Carex cespitosaL,., Jimciis 
squarrosus (pari altitudine in monte orientali jam Icctusj, Pin- 



35^ 3. GAY. — Duriœi iter asturicum. 

guiciila grandiflora (qiiœ in monte de Tozaque subalpina est, 
et in Asturiâ inferiore montana), Erica Tetralix L. et Comavum 
palustrelj. (parciùs florens, quam ob causam piiblicum Duna3i 
herbariiim intraie nequivit). Qram palucUssiccam vel minus uli- 
ginosam incolnnt Cerastium triviale^ è Canicà advectiim ; Eu- 
phrasia officinalis L., Vicia sepium (nana), Mœnchïa quatcr- 
nella'Eh.vh. et Erophila vulgaris YiC, locis subjectis omnes prae- 
tervisœ; Vicia pyrenaica Pourr. (^u), quam hic loci non agtjovit, 
ideoque minus justo curarvit Dnrineus; Aconituni ISapellush.^ 
ibi rarissimum, nec alibi iisqiiàm nisi Oveti, in Astiiriâ mferiore, 
obseivatum, à me non visnm ; et ^ngelica pyrenaica Spreng., 
ibi terminuni smim inferiorem habens, et ad lacum proximè sii- 
periorem, nec ultra, excurrens. 

È palude inferiora versus aliquantulùm aqua^, quasi per in- 
cile, defltiit, ad cujus oram, prœter stirpes nonnullas jam enume- 
ratas, veniunt Marchantia comrnutata Lindenb. (n. 66), Orchis 
maculata L. (œslate minium provectâ locis infcrioribus pr;t;ter- 
visa, nec mecum à Duria^o communicata) , eX Saxifraga Clusil 
Gouan. (indè paulo altiùs procedens, infik verô in Naviegi ciivo 
nusquàm observala). 

Exiguo supra paludem intervalle, ubi ora jam sicca, compiu- 
res aquœ frigidissinni' fonticuli scaturiunt, quos, primùm erum- 
pentes, denso Knctoque cespite stipant stirpes du.ne, Bryum latifo- 
liiim Schl. (n. I25),stirps helvetica, maxime alpma, in Asturiaî 
alpibus hoc uno loco inventa, et Larhrea aquatica St. Hil.^ ab 
agro Canicensi hùc nec ultra scandens. Ubi verô aqua, jam mi- 
nus glacialis, apeito cœlo profluit, ambœ statim consistant, nec 
rivulum ampliùs comitantur. 

Eo ferè intervallo, quo duœ paludes à se invicem, passus sci- 
licet 200 et ultià à superiore palude sursùm distat, alpestris jam 
memorata lacuna, gradum montis tertium, eumque in longitu- 
dinem minus patentem, occupans. Medio quidem clivo orienîali 
collocatur, et îotum quantum clivum alpinum in duas cerpias 
dividit partes, lllùc ex imo tendenti, reliqua Ericœ australis 



( I ) Stirpe pyrenaicâ triplo altior et habitii ad V. saùvam proximè accedens, à quâ verô 
calyce et stigmate distinclissima est. 



j. G A Y. — Duriœi iter asturicum. 353 

Genistœque triâentatœ^ jam rarior, mox vero prorsùs evanida 
sylva, transeuncla est, quo itinere stirpes plnres occnrrunt notatu 
clignœ: Jimgermannia connwensTiic^is.. (n.8 1, inNavipgi clivo alibi 
nusquàm lecta, sed liaud dubiè prxter\'is3L) ^ Merendera Biilboco- 
dium (ibi supremum siium terminum habens, à Canicâ ipsoque 
sinus Vasconici littore profecta), Narcissus Bulbocodium L. f^in 
erijetismontis delFresno prope Gradiim,iiti ad 5/amzVasconiae, 
ferè pedalis, hic vero triplo minor et Julio fructifer, suprà nullibi 
nec infrà inventus, sed restate uimiùm provectâ locis subjectis 
procul dubio abolitus, floret enim primo vere), Chenopodium 
Bonus Henricus L. (hîc terminum suum inferiorem habens, et 
pro stirpe alpinâ sumendum, à me non vis.), Bunium denudatum 
var. ramosissima dwaricata (n. 3r8, hîc quoque primùm occur- 
rens, et à vulgari B. denudato, quod ultra primum montis gra- 
dum non procedit , habitu diversissimum), Saxifraga Clusii 
Gouan(hùc ex orâ paludis proximè subjectae,nec ultra scandens, 
in monte pico de Arvas regionis alpinœ inferioris parti superiori 
addicta), Semperuiviim tectorum? L. (Duriaeo alibi frustra quae- 
situm, hîc verô ad rupes satis frequens, rariiis tamen florens, 
cujus ego non nisi folia radicalia in globum collecta! vidi), Are- 
naria ruhra L. (hic primùm occurrens, Canicœ et in totâNaviegi 
convalle desiderata, quamvis Asturiaî inferioris civis, utpotè 
inler Cornellana et Salas jamlecta), et Lepidium heterophylluin 
(è faucibus supra Trecastro, regione subaîpinâ superiore, pro 
fectum , nec ultra procedens). 

Lacus, longiusculus tristisque, nequit obambnlari. In oram 
namque occidenlalem précipites labuntur montis impendentis 
ruinœ, prorsiis imperviae. Ad orientem verô in paludes satis am- 
plas effunditur, ubi stirpes in palude proximè subjectâ repertîc, 
pleraeque recurrunt, nec ultra procedunt. Hîc etiam inter Spha- 
gna degit singulare Polytrlchum perigoniale Mich., seu P. com- 
mune var. perichœtiale Bruch ined. (n. i32), Duriaeo nusquàm 
alibi oblatum. In ipsâ lacunà fluifant Alopccurusfuhus Smith., 
Carex ar?ipullacea Goo^., Sparganium natans L., Potamogeton 
natans L. et Rammculus aquatilis var. , quœ quidem alpinîB 
neutiqum haberi debcnt, sed propter aquarum profundarum 
et quiescenlium penuriam in Asturià occiduâ rarissimœ sunt 

VI. , — BoTA». — Décembre. 23 



354 ^- ^'^^ • — Diiriœi iter asturicuni. 

nec alibi Diiriœo nisi lacunA liAc alpestri, paludeve proximè sub- 
jectâ occurrerunt. In pasciiis siccis lacnnam oingentibus venit 
praetereà Festuca diniascala L. (n. i8i), locis inferioribus pra;- 
tervisa, et ad rupes septentrioni obversas Lycopodium SelagOj 
qiiod ibi rarissimum, nec alibi iisquàm Duriœo occurrebat. 

È lacunâ ad angulum niontis, quà latus orientale cum bo- 
reali committitiir, prœceps decurrit Naviego riviilus, alveo iftx- 
cepttisinitio humili atqiie distentis cruribus comprehenso, mox 
vcrô valdè excavato arctoqiie. Profiinda irnprimis ea p:)rs quar 
ad zonam paliidibiisduabtis, seii primo et secundo montisgradii, 
disterminatam spectat, ubi ripa^ in clivum prrcruptiim schisti- 
que fragmentis horrentem se attollunt, saxisqiie per clivum 
iitrumque devolutis prorsùs obniitur, non anipliùs nisi aqiia- 
rum latitantium murmure cognitus, rivulus. Eum jam Naviegi 
alveum curiosiùs plus semel investigavit Durix-us, et, quamvis 
ovibns ferè ubique inaccessum, 'minime herbosum invenit. Eô 
tamen stirpes noiinulhc , insigniores, lefugium qu.Tsiverunt , 
quaî quidem in clivo dextro , saxis corruentibus magis impedilo, 
frigidissimoque, utpotè ad lîoream con verso, omnes convenè- 
runt : yispidinm Lonrhitis (var. pinnis latioribus, dorso non 
aut vix paleaceis), Laserpittuni aspcrum Crantz, ^4nemone al- 
pina L. et Tlialictrum aquilegifoUum L., species in Asturiâ re- 
gionis alpinaî inferioris propria; , nec in ullo alio monte Duriœo 
in ventre; ^spidium aculeatum Sw. , in monte pico de Aivas 
perindè alpinum et regionis inferioris propiium , sed in summo 
monte pico de Tozaque subalpinum ; FritilLana pyrenœa Glus. 
( Fr. nigra Bot. Mag.), stirps maxime alpina, hîc loci terminum 
suum inferiorem habens, ibi rarior et Julio fructifera ; Di- 
gitalis parviflora et Eryngium Bourgade bîc ut in Nalonis al- 
veo, juxta PenafLoi\ promiscuè viventes, sed locis interjectis 
prorsùs desiderata? î nec suprà inventa;, eo loco rarissinife, non 
nisi paucissima specimina prœbentes. 

Species nonnullœ restant, per regionem alpinam ioferiarem 
latiùs sparsœ, nec unâalterâve statione, quemadmodùm priores, 
contentfe : Aira flexuosa (var. stricta, paniculâ coarctatâ) ; Soli- 
dago Virgaurea (forma alpina humilis ; et Saxifraga granuhita 
^forraa alpina nana uniflora) , inter primum et tertium montis 



KOCH. — Genres Biasolettia et HIadnikia. 365 

gradiim, ad rnpes, non rarae ; Carex leîocarpa{nov. sp.), eâdem 
montis zona, cùm infra lacum tiim in pascuis lateris inter Eii- 
rum et Austrum inclinati frequens , utrobique (ut in montis 
orientalis clivo aiistrali) in Ericœ australis consortio vivens, 
cujus umbrâ allectari videtur. {Contimmbitur.) 



»9^Q-*Éan 



Biasolettia et Hladjvikia, deux nouveaux genres de la famille 
des Ombellifères y par le prof . Kocn. {Flora i836, n" ii, 
page j 6 r . ) 

M. Biasoletto envoya à M. Kocli quatre échantillons d'une 
Ombellifère, dont deux provenaient du Monte-Maggiurc en 
Istrie, les deux autres du Mont Velebt en Dalmatie. Il les rap- 
porta avec doute à XAnthriscusfumarioidcs; mais la plante s'é- 
loignant beaucoup par les caractères du genre .Anthnscus , 
M. Koch y reconnut un nouveau genre auquel il imposa le nom 
de l'auteur des recherches sur les Algues microscopiques, et 
il donna à l'espèce le nom de bulbosa à cause de sa racine bul- 
beuse. Par SQ^viltœ le genre nouveau se rapproche du Chœro- 
phrllum eX du Sphallerocarpus. Les fruits ont en petit l'appa- 
rence de ceux (lu Myrrhis odorata qui cependant jjrésentent 
une structure ton t-à-fait différente. M. Koch fait remarquer qu'en 
général les fruits desOmbellifères ne peuvent être bien examinés 
qu'après avoir été trempés dans l'eau bouillante; ce procédé 
seul permettra d'en étudier avec certitude la. structure inté- 
rieure. Voici les caractères que l'auteur attribue à son i?/a50- 
/é'/Z/a ; « Calycis margo obsoletus. Petala olovata, emarginata 
«< cum lacinula inflexa. Fructus erostrisa latere compressus. Me- 
« ricarpia jugis quinque, argutis, subulatis, a^qualibus, latera- 
« libus. Vallecula? planœ univittafae. Albumen antice sulco pro- 
« fundo exaratum. m 

La plante pousse une tige haute d'un pied, simple, divisée 
à son sommet en deux ou trois rameaux dont chacun porte 
une ombelle; elle est légèrement cannelée, nue, portant à la 
base des poilsraides recourbés; elle est un peu enflée aux arti- 
culations. Les feuilles sont lisses, bipinnées ; les folioles bi-ou 
trifides, à bord un peu rude; leurs lanières sont lancéolées, 
pointues, linéaires aux feuilles supérieures. Les ombelles dépour- 
vues d'un involucre, présentent 9-12 ombellules. Les in volu- 
celles sont ovale-lancéolés, mucronés, lisses même sur le bord, 

î3. 



356 Kocii. — Genres Diasolettia et Hladiiikia. 

toujours dressées. Les pédiccllcs sont, à la maturité du fruit, 
surnionlés d'une couronne desoies blanches, courtes et raides. 
Le fruit est linéaire, de couleur de charbon quand il est inùr. Le 
carpophore est bifide vers le haut. M.Koch ne pense pas que la 
plante soit déjà décrite par quelque auteur. 

L'examen du Hladnikin paslinacifolia'Rcichenh, ("publié dans 
les Centuries de cet auteur) ne présenta point à M. Roch des 
caractères par lesquels il lui fût possible de distinguer celte 
plante d'avec le Falcavia; il croit par conséquent devoir la 
ranger dans ce dernier genre sous le nom de F. latifolia.Ce^cn- 
dant pour ne j)as vouer à l'oubli le nom de Hladnik, qui a bien 
mérité de la science par l'étude des plantes de la Carniole, 
M. Koch propose de donner son nom à une autre plante, à 
XAlhamaiita Golaka de llacquet. Ilost place cette plante parmi 
les X».'g'^/5^/c////2 ,- Reiclien])ach en fait un P/eiirospcrmum; rnsLis 
elle ne sam-ait être conservée dans aucun de ces deux genres et 
pré>ente même un des genres les plus distincts de toute la fa- 
mille. Elle se nipprocha des Archangelicay CnLlimum ^ -^9,^' 
syll'is y Cachîfs , Pran^ns et Magadyris , par sa graine qui n'est 
aucunement adhérente au péricarpe, si ce n'est par l'ombilic. 
Mais elle diffère de tous ces genres par ses graines entièrement 
dépourvues de vittœ (\u'\ n'existent que dans les vallécules du 
péricarpe. En outre tous les genres cités ont des pétales non 
échancrés, à l'exception d\\ Magadyris, qui cependant présente 
d'autres caractères distinctifs. L'auteur expose les raisons qui 
éloignent extérieurciiient son Hladnikia du PLcurospermum, et 
termine en indiquant les caractères génériques de son nouveau 
genre : « Calycis margo quinquedentatus. Petala obcordata 
* cum lacinuia inflexa. Fructus a dorso subcorapressus, ovatus. 
« Pericarpium tenue submembranaceum. Mericarpia jugis 5, 
«argutis^ suhalatis, .xqualibus ; lateralibus marginantibus. 
« ValleculcT plan.ne, tri vitîata; ; vittre pericarpio innatfe nec 
« semini imposita^. Semen nucleum liberum, solu hilo affixum 
« constituens,evittatum, involutum ». 

La plante ne se trouve pas seulement au mont Golak en Car- 
niole, mais encore sur beaucoup d'autres montagnes desenvirons 
-«le fjaybach. 



ï:d. spacw. -— Cinispectus Cistacearum. 35t 

CONSPEGfUS MONOGRAPHIjE CISTACEARUM 

Auctoi-e El) u ARDU Spach. 



Ordinis characteres essentiales. 

Sepala persistentia, aut 5, biseriata, duobus exterioribuv 
aut (hisce] defîcientibus) 3; interiora post antliesin conni- 
ventia. Petala aut 5 (calyce 3-v. 5-sepalo), fugacissima 
(in Hudsoniis tamen subpersistentia), sepalorum respectû 
haiid symmetricè disposita , aut 3 (calyce 5-sepalo) , subper- 
sistentia, cum sepalis interioribus alternantia. Stamina (ca- 
lyce breviora) numéro indefinito (circiter 7-ioo),v. raro 3 
( petalis anteposita ) , aut disco hypogyno cupuliformi, 
aut thecaplîoro inserta ; filamenta filiformia, libéra (nisi 
discum pro androphoro habere velis ) ; antherœ innata 
V. adnatae , dithecse, antrorsiim vel latere déhiscentes ; 
connectivum angustum , ultra thecas haiid productum. 
OvARiUM liberum,aut i-loculare placentis immédiate parie- 
talibus, aut plus minusve complète 3-v. 5- (rare 6-10-) 
loculare , placentis septorum ( ex endocarpio ortorum ) 
margini anteriori adnatis, sibi saepè appositis at nun- 
quàm nisi imâ basi in axin centralem connatis ; ovula ad 
quamvis placentam gemina (funiculis oppositis) v. plura, 
funiculo saepissimè elongato mediante basi affixa, erecta^ 
V. raro inversa, orthotropa! ( speciebus paucis paulo sub 
apice affixa, appendentia , anatropa^ exostomale sub an- 
thesi placentfe adnatoj. Stylus quasi simplex (nonnunquam 
vix ullus), cum ovario haiid continuus (exceptis Uudsoniis) 
in ejusque verticis fovcoîa ad placentas usque procbictA 



358 El). SPA.CH. — Conspectus Cistacearum. 

receptus. Stigmata toticlem ac placentre harumque axi 
respondentia , sœpissimè arctè conniventia marginihusque 
subconnata, raro ex toto libéra. Pericarpium : Capsula locu- 
licida V. raro septif'raga, valvis (placentis isomeris) cymbaî- 
formibus , lœvigatis, esulcis, enerviis, sepalis aut interpo- 
sitis, aut antepositis; placentœ valvarum axi respondentes. 
Semina orthotropa (speciebus paucis anatropa), exaril- 
lata , aptera, saepissimè arrecta, a funiculo decidua. Pe- 
rispermiuni corneum v. ScTpiùs subfarinosum. Enibryo 
intrarius , sfepissimè excentricus , varie curvatus , peri- 
spermio duploquadruplo longior (raro subcentralis, rectus 
V. subrectus, perispermio paulo brevior); radicula adscen- 
dens, elongata ; cotyledonessubfoliaceœ, facie planœ, appo- 
sita^, dorso convexiusculse. 

Folia stipulata v. exstipulata, sparsa v. sœpiùs opposita, 
raro verticillatà , nonnunquàm in ramulis jiinioribus ab- 
breviatis imbricata. Flores sœpissimè horarii, vix odori. 

TRlBUUM,SECTIONUMGENERUiMQUECHARACTERESSYNOPTICI.(i) 

Tribus I. CISTE.E Nob. 

Sepala 3, v. saepiùs 5. Receptaculum planiusculum. Dis- 
cus cnpuliformis stamina excipiens. Petala (raro nulla) 5, 
caducissima, sepalorum respectû exsymmetrica, sub disco 
inserta , aestivatione imbricata et contorta. Stamina nu- 
méro indefinito. Placenta? filiformes V. nerviformes, adnatae. 
Ovula orthotropa v. rarissime anatropa. Stigmata trigona 
et conduplicata, plus minusvè connata, in pileum conni- 
ventia. Capsula 3-v. 5- (raro 6- lo-) valvis; valv?e sepalis 
anteposit?e (diim capsula 5 -valvis in calyce 5- sepalo ), v. 



(i) Exposilio locupletior specierumque descriplio inveniuntur in opère nostro «Histoire 
des Plantes phanérogames ■■ {Suites à Buffon > éd. Roret) , vol. 6. 



ED. sPACH. — Conspectus Cistacearuni. jSc) 

sepalis 3 interioribus interpositœ (diiin capsula 3- valvis). 
Embryo excentricus, nunquiim rectiis. 

Sectio I. FUMANINE.E Nob. 

Staminum séries extima ananthera : filamentis tenerrimis cel- 
luloso-monilifoimibus. Ovula anatropa, ])aul6 infrà apicem 
affixa , funiculo brevi appendentia : priminâ sub anthesi 
ultra endostoma in rostrum productâ, exostomate supero, 
placentae adnato. Semina raphe notata; embryo homotropus, 
subcircinnatus, v. replicatus, gracilis, excentricus. 

FuMANA Dunal. (sub Helianthemo.) 

Sepala 5; a exteriora minuta. Stamina 20-4o; filamenta ca- 
pillaria: sterilia breviora, tenerrima. Ovarium quasi 3-loculare; 
placentae filiformes, 2-v. 4-ovulatae; funiculi brevissimi, sub- 
oppositi. Stylus gracilis, supernè incrassatus, subdeclinatus. 
Capsula cbartacea, quasi 3-locularis, 3-valvis, 6-v. la-sperma. 
Semina madefactione mucosa. — Folia opposita v. sparsa, sti- 
pulata V. exstipulata. Pedicelli infrà-axillares v. suboppositifolii, 
racemosi, unilatérales, post anthesin deflexi v. decurvi. Petala 
crocea v. citrina. 

F. ARABICA Nob. {Cistus Linn.) — Ilelianthemum arabicum Pcis. — H^ 
ibericum Ocsf, ! Cat. Hort. Par. — CUtus ferru^lneiis Lamk. 
F. L^viPES Nob. (Cistus Linn. — Helianthemum Willd.) 
F. vuLGARis Nob. 

— a ; minor. — Cistus Fumana Linn. [Helianthemum Miil.) — Helian.' 

ihemum Fumana et H. procumbens Diin. 

— 3 : major. — Cistus ericoides Cavan. {Helianthemum Dun.) — Cistus 

Fumana A. Desfont. Allant, (excl. syn.) 

F. visciDA Nob. — Helianthemum glutinosum Benth. Cat. Pyrcn. 

— a : ihymifoUa. — Cistus thymifoUus et C. glutinosus Linn. [Helianthe- 

mum Pers. Dun.) — Helianthemum Barrelieri çX H. viride Tcnor. 
— H. juniperiiium. Lag. 

— P: hngi folia. — Cistus. lœvis Cavan. {Helianthemum Pers.) 



36o ED. sPAcu. — Conspectus Clsiacearum. 



Sectio h. CISTINEiE Nob. 

Slamiiia omniafertilia. Ovula arrecta v. rarô inversa, basi aftixa, 
orthotropa : priminâ in rostnim haud prodiictâ, exostomate 
a placenta libero. Semina laphe orbata; embryo antitropus. 

Subdivisio i. HELiAifTUEJMoiDEiE Nob. 

1 nflorescentiœ raccmosœ ; pecUcelli post antliesin sœpissimè de- 
flexi. Folia plerumqiià slipulata. Stylus sœpissimè adscen- 
dens y gracilis , apice inflexas. Endocarpiurn memhranacenm , 
subpellucidum , mœsocarpio jionnisi yalvanini nxi margini- 
busque adhœrens. Emhryo longitudin aliter hiplicaius [di- 
plecolobciis) j V. circuniflexiis y v. sœpiàs orthoploceiis ; coty- 
Ledones oblongœ y v. ellipticœ , v. subrotundœ y perLspermii 
diametro plerumquè subœquilatœ. 

IIeliantiiemum (Tourn.) Nob. 

Sepaîa 5 : 2 exterioribus minulis. Ovarium i-loculare v. in- 
complète 3-loculare; placentœ 3, filiformes (srepè supernè eva- 
nescentes), 2-1 2-v. rarô pluri-ovulataî; funiculi adscendentes v. 
resupinati, demùm inflali. Stylus erectus v. adscendens. Capsula 
cbartacea, subunilocularis, 3-valvis, oligo-v. pleio-sperma. Em- 
hryo orthoploceus. — Pedicelli post anthesin deflexi, v. rarô aut 
erecti, aut adscendentes. Folia stipulata, aut omnia aut saltèm 
pleraque opposita. Petala crocea, v. citrina, v, alba, v. rosea. 

Sectio i- Aphananthemum Nob. 

Stylus rectus, erectus. Stamina 7-1 5, i-seriata, disci margini inserta; anthciae 
obrcniformes v. subrotundae; fîlamenta capillaria, tenerriraa. Hcrbœ annuae. 
Racemi terminales v. oppositifolii, secundi v. subdistichi. Petala minuta , sœpè 
noQDuUa abortientia. 

rt.) Pedicelli fructiferl arrecti^ brèves. Placenlœ mulLiovulatcE} 
funiculi nidulantes. 

H. LEDiFOLiuM Nob. — Cistus Tiiloticus cl C. ledifoUus Lino. •— Helian- 



ED. SPACH. — Consjjectus Cisiacearuni. 36 1 

ihemutn niloticum, H. ledifolium et H. villosum Pcrs. Dun. — H. lasiocar- 
pum Desfont. Hort. Par. 

h.') Pedieelli fructiferl dluaricali p. decUnall , elongatl^ calyce 
arrecto. Placentœ 8 - 12- ouulalœ ; funiculi suboppusiti. 

H. SALiciFOLiuM Nob. (^Cistus Lion.) — Hélianthe nium aalicifolium, H. 
denticulatum cl ff. intermedium Pars. Dun. 

<;,) Pedieelli friictiferi dejlexi^ elongati. Placentœ 6- f . 8 - 
ovulatœ ; funiculi suhopposlti , graciles. 

H. sANGUiNEUM Lagasca. — H. retrofractum Peis. Siebcr. 
H. JSGYPTIACCM Mill, [Clstus Lion.) 

Seclio II. EuiocARPUM Dunal. 

Stylus adscendens. Stainiiia sœpissimè i5-20, i-seriata, disci raargini inserta ; 
anlherae obreniformes, v.subiolundae. Suffrutices. Folia superiora sparsa. Racemi 
secuadi, oppositifolii^ bracteolati . uonnunquàm spiciformes ; pedieelli post an- 
thesiû ponecli v. deflexi. Corolla calyce minor, plerumquè inconspicua. — Pla- 
centae 6-ia-ovulatae ; funiculi opposili. 

H, Lu'Pii Nob. {Cistus Linn.) 

— a : pedicellatum. — H. Lippii Delile ! — H. lavandulcefolium Sieber, 

exsicc. {non Pers.) 

— P: sessiliflorum.-— Cistus sessiUJlorus et C. eliiplicus Desfont. Allant. — 

Hélianthe mum Lippii, H. sessiliflorum et H. ellipticum Pers 

Varietales utraeque foliis angusûs plus rainusve latis, floribus nuac majoribus 
nunc miiioi'ibus , calycibus incanis hii'sulisve capsula nunc brevioribus nunc lon- 
gioribus occurrunt. 

H. KAHiRicuM Delile. 

H. CANARIENSE Pcis.' — Cistus canariensis Jacq. ( Helianthemum Pers. 
Dun.) — H. mucronatum Dunal. — H. confertum Dun. 

Sectio III. EiJHELiANTiiËMUM Dunal. 

Stylus adscendens, apice inflexus. Stamina saepissimè copiosa (20-100), pluri- 
seriata; anthcrae ellipticae v, subrotundo-ellipticae, utrinquè emarginatae. Suffru- 
tices. Folia omuia opposita. Racemi terminales v. axillares (in ramulis subfolio- 
sis) terminalesque, secundi, bracteolati; pedieelli elongati, post anthesio de- 
flexi. Corolla conspicua. Plancenlae 4-i2-(rarissimè 2-) ovulalae (ovulorum nu- 
méro in singulis individuis sœpc variabili); funiculi opposili, deraùm turbinati. 



362 CD. SPACH. — • Conspectus Cistacearum. 

a, ) Race mi tenninales geminl v. terni , axillaresque upposili. 

H. Broussonetii Dunal. 

H. i,AVANDUL«FOLiUM Pcrs. (^Clstus Linn.) — ? H. stœchadifolium Pcrs. 
(oubis haùd visum.) 

b.) Ranii fl)riferi simpUcissinii^ racemo unico terminati. 

il. VARiABiLE Nob. (Euheliant/iema Dunaliana omuia (scilicèt 35) pijetcr 
siipià ci ta ta.) 

A. planifouum: loliis nempc ovatis, v. subrotuucUs^ v. eUii)ticis, v. obloii- 
gis, margine vix aut ne vix revolutis. 

a.) Petalis cilrinis, v. cupreis , v. raro palUdè sulfareis. 

— a : virescens (foliis strigosis, v. hiisutis, v. larô glabresccutibiis). — //«- 

lianllienium grandijloruni De Cand. — Jl. obscurum et H. harba- 
tum Pers. — H. nummularlum Mill. — H. sampsucifolium et 
H. cistifolium Mill. (ex cl. Bentham.) — //. siilphureum Willd. — 
H. tauricum, H. MUleri et //. cupreum Swect. — Cistus echioi- 
dea Lamk. 

— P : discolor (foliis suprà puberulis v. g-labris, viridibus v. virescentibus, 

subtùs lomcntosis v. incano-pubcrulis). — Cistus Helianthemunt 
Linn. (//. vulgare Pcrs.) — Cistus tomentosusSm\\.h.'(^Helianthemum 
Pers.) — Cistus hirsutus Lapeyr. (ex Bealh.) — JH. acuminatum 
Vers, (caljcibus glabriusculis). — //. serpyllifoliuni Mill. — //. 
lucidum Horu. — H. stramineum et H. macranlhum Svveet. 

— If: liololeucum (foliis utiinquè incano-v. albido-tomentosis, v. canescenti- 

bus). — Cistus croceus Desfont. [Helianthemum Pers.) — H. glau- 
cum et H. ovatum Pers. — H. niidicaule Dun. — //. AndersonU 
Sweet. 

b. ) Petalis albis v. roseis. 

— S : mutabile. — Cistus apenninus Linn. Smith, (non Hélianthe mum apen- 

ninum De Cand. Dun.) — H. mutabile {Cistus Jacq.) etH./ostidum 
Pers. — H. roseum De Cand. — H. diversifolium et H. lancenla- 
lum Sweet. 

B. HEVOLUTUM (foliis nempc linearibus, v. oblongo-linearibus, v. lincari- 
lanceolatis, subtùs revolutis.) 

a. ) Petalis albis v. roseis. 

'^ %: glaberrimum (Joli'is gUucis, crassiusculis). — Cistus glaucus Desfont, 
(non Helianthemuni glaucum Pers.) — //. crassifoUum Pers. — Dunal 
(sub scctionc Pseudvcistorutn.) 



EU. SPACH. — Conspectus Cistacearum. 363 

— \: ciliatum {io\m suprà glaucescentibus^ subtîis tomcntosis ; costis calycinis 

setoso-Lispidis). — • Cistus ciliatus De«f. {Helianthemum Pers.) — 
H. asperum Lag. Dun. 

— Ti: calycinum (foliis angustè linearibus, suprà glabris, subtùs tomentosis ; 

calycibus laevigatis, capsulam dimidio superanlibus). — Cistus race-^ 
mosus Linn. — Desfont. ! 

— 6 : polifoUum (hVns ohlongo-linearibus, saepissimè utrinquè incanis y. to- 

mcDtosis; calycibus capsulam superanlibus). — Cistus poUfulius Liun. 

— H. polifvlium el H. apenninum Pers. — H. rhodaulhum Dun. 

— H. canescens Sweet. 

— i : linearifoUum (foliis pleriimquè angustè linearibus, suprà glaucis t. vi- 

ridibus , subtiis incano-tomentosis v. pube minuta canescentibus ; cap- 
sula calycem subajquantfi), — Hélianthe mum puluerulentum De 
Cand. — H. pilosunij II. Uneare , H. strie tum j H. virgatum et 
H. racemosum Pers. — H. violaceum Pers. (calyce laevigalo, atro- 
violaceo). — Hùc v. ad varietatem praecedeutem quoquè spectant r 
H. lanceoLatunij H. variegatum et H. venustum Sweet. 

— k : hispidum. — Helianthemum liispidum Dun. — H. majoranœfo- 

liuTti De Cand. 

b ) Pelalis croceis V. Jlavis. 

— >■: hirtum. — Cistus hirtus Linn. (^Helianthemum Pers.) — H. La-- 

gascœ Dunal. 

— |i. : angastifolium. — Cistus angustifolius Jacq. {Helianthemum Pers.) 

— H. leptophyllum Dun. — Cistus Barrelieri Bo<. Mag. 

Sectio IV. Argyrolepis Nob. 

Stylus adscendens. Slaminag-ia, i-serîata. — Suffrutex, Folia omnia opposita, 
ramuliscalycibusque lepidoto-argentea. Racemi terminales (sœpissimè gemi- 
ni, longe pedunculati), bracteolali, dense multiflori , distichi! ; pedicelli al- 
terni, approximati, post anthesin deflexi. Corolla parva, crocea. Placenta? 4-v, 
6-ovulatae; funiculi oppositi. 

H. SQUAM.MATUM Pcrs. [Cistus Linn. Cavan.) 

Rhodax Nob. 

Sepala 5 : i exteriora minuta. Stamina 20-40 Ovarium infernè 
i-loculare, snpernè subtriloculare; placentœ 3, 2-v. 4-ovulalaB, 
filiformes, supernè evanescentes; funiculi oppositi, capillares, 
resupinati. Stylus filiformis, adscendens, apice inflexus. Capsula 



3G4 ^li' sPA,cn. — Conspcctus Cistacearum. 

(arrecta) testacea, fragilis, subtrilocularis, 3-valvis, sœpissimè 
6-sperma. Ernbryo diplecolobeus. — Folia stipulata v. srcpiùs 
exstipulata, opposita. PedicelU post anthesin deflexi v. divari- 
cati, resnpinati. Petala citrina v. crocea. 

a.) FoUa aut omn'ia,aiit saltèni pleraijue in ferions exstipulata. 

R. MONTANUS. Nob. • 

— a : paniculaius.-— H. marifulium et E. paniculatum De Cand. Dun. — 

— H. rotundijolium Dun. — Cisius nummularius Cavao. Dcsfonl. 

— Cisius cinereus Cavan. (Jielianthemiim Pers.) 

— p: mollis. — Cistus mollis Cavan. (^Helianthemum Pers. Dun.) 

— 7 : canus. — Cisius marifolius, C. anglicus et C.jcanus Linii. — • Cisius 

piloselloides Lapcyr. (^Helianlhemitm Dun.) — Jlelianthemum, vi- 
neale Pers. — H. italicum Dun. (ex parte.) 

— i : virescens. — Cisius œtandicus Linn. [ffelianlhemum De Cand. — 

Dun.) — Cisius alpestris Cranlz. (Helianlliemum Dun.) — H. obo- 
vatum et H. penicillalum Dun. — H» italicum Dun. (ex parte). 

— •:? oligant/ius. — Cisius nummularius AWion. {Helianthemum Dun.) 

Propter ramulos apice i-3-lloros (stylumque subreclum ?) specicm 
distinctam forian sistit. 

B. OR1GAN1FOLIU3 Nob. 

-- «■: glaber. — Cisius dichotomus Cavan. [Hclianlhemum Vers. Dun.) 
•— P : pubescens. — Cisius organifolius Lamk. Cavan. (Helianlhemum Pers. 
Dun.) — Helianthemum marifolium, Salzm. cxsicc. 

6.) Folia pleraque stipulata, 
R. POLYANTHUS Nob. (^Cistus Desfont. — Helianlliemum Pers.) 

TuBERABiA Dunal. (sub Helianthemo.) 

Sepala aut 3 (i-seriata), aut 5 : 2 exterioribus ininulis. 
Stamina 20 vel plura, disci margini inserta. Ovarium incomplète 
3-loculare ; placentas nerviformes, multiovulatœ; fuuiculi nidu- 
lantes, clavati, inflati, conspicuè cellulosi, deflexi. Stylus brevis 
V. brevissimus, reclus, obconiciis. Stigma hemisphœricnm , 
basi subtrilobum. Capsula (arrecta) testacea, incomplète 3-Io- 
cularis, 3-valvis, polysperma. Embryo circiiinflexus. — Folia 



ED. sPACii. — Conspectus Cistacûarum. 36> 

stipiilata V. exstipulata. Pedicelli post anthesiii clivaricati v. de- 
flexi, demùra adscendentes v. suberecti. Pelala citriiia. 

T. ANNUA Nob. — Cistua gultatus Linii. {Helianlhemum Mill. Dup.) — ■ 
Helianthemum plantagine ujn Peis. Dun. — H. eriocaulon, H. inconspicuuniy 
H, punctatum et h. heterodoxum Dun. — H. macrosepal um Salzin. cxsicc. 

— //. hnpleuroides Pers. [Cistus Lamk.) 

T. PERENNI9 Nob. 

— a: melafitomœfolia — Ci.itus Tuberaria Linn. [Helianthemum Mill.) 

— Helianthemum lignosum Sweet. 

— P ; glohulariœfalia. — Cislus globulariœfolius Lanit. [HelianÛiemum 

Pers.) 

Subdivisio 2. Cistoide^e Nob. 

Injlorescènllœ [nonnunquàm simplicissimœ) cymosœ, p. cjmulo- 
sœ, V. corymbosœ^ v. raro umbellalatœ^ rarissime racemosœ, 
sœpé in panicuhim pedunculis ramisue oppositis dispositœ;pe- 
dicelli post anthesin semper calyceque erecti. Foîia opposiia 
(raro sparsa), exstipulata. Stylus sœpissimè reclus j erectus^ph' 
rumquè brevissimus. Capsula 3-^. 5-vah'is ( nonnunquàm 6- 
lO'Valuis) : endocarpio a mœsocarpio haàd soluto. Embryo 
circinnatus , gracilis : cotyledonibus angustis j linearibus , 
apicespirœ centrum occupantibus. 

Halimïum Dunal. (sub Hélianthe mo.) 

Sepala aut 3 reqiialia, conformia, aut 4 v. 5: 1 v. 2 exlerio- 
ribiis miniitissimis. Stamina i5-ioo. Ovarium i-loculare v. in- 
complète 3-loculare (in specie unicâ quasi 5-loculare); placentas 
2V. 4-v. pluri-ovulataî, filiformes; funiciili oppositi v. nidulantes, 
resupinati. Stylus clavatus, brevis. Capsula coriacea t. subco- 
riacea, oligo-v.poly-sperma, sœpissimè subunilocularis, 3-valvis. 

— Pedunculi i-3-flori, in paniculam dispositi, v. ad ramulorum 
apicem fastigiati. Petala albida v. citrina. 

A. CAipsida b - loculuris ^ b - valvis ^ polysperma. Petcda alha. 

H. Clusu Nob. (Cistus Dun.) — Cistus Ubanotis Desfont. ! Ail. (excl. 
S^'noii.) — Cistus Libanotif; : ^ Lamk. 



3G6 FD. SPACH. — Conspectus Cistacearum. 

B. Capsula incornphiè 5-Iocularis , Z-valv'is , ollgospenna {plci- 

centœ in ooario 2-1'. ^-ovulalœ ). Petala alha. 

II. ROSMARiNiFOLiUM Nob. ÇCisius Lihanotis Linn. — Helianthemum W^iWd.) 

— Cistus rosmarinifulius Pourr. (ex cl. Benth.) 

H. XTMBELLATUM Nob. (Cistiis Liun. -^ Helianthemum Mill.) — Cisltis ver- 
ticillalus Brolero (ex cl, Dun.) 

C. Capsula incompleli' "i -lociilaris, polysperina [funiculi in 
ovario in qucîvis placenta subnidulantes ). Pelala citrina 
( sœpissimè siiprà hasin macula alropurpurtd noLala. ) 

H. iiETEROPHYLLUM Nob. — {Cisius ocymoides Lanik. [HelianthemumV ers.) 

— Cistus sampsucifohus Cavan. — Cislus algarvensis Sims. Bot. Mag. [He- 
Uanlhemum Willd) — Ilelianlhemum microphylliim Swect (non Dun.) — 
Helianlhenium rugosum Sweet. (non Dun.) — Helianlhenuim candidum 
Sweet. — Heliantheinum cheiranthoides Swect(non Pcrs.) — ? Helianthemum 
scahrosiim Sweet (non Pcrs.) 

H. ATniPMCiFOiJUM Nob. [Cistus Lair.k. — Helianlhemum Willd.) 
H. 1.EPIDOTUM Nob. — Cislus haliniifûUus Linn. (JJelianlhemum Willd.) — 
HeliantJiemum rr.ullijlorum Salzm. exsicc (var. calycc lanalo-tomentoso.) 

H. LASIANTHUM Nob. 

— a: alyssvides (minus; dilTusum ; foliis adullis subviridibus.) — Helian- 

tliemum alrssoides Vent. (Cislus Laink.) — H. rugosum Dun. — 
H. scabrusum Pers. 

— ^ : formas um (adscendens; foliis adultis viridesccntibns; pedunculis elon- 

gatis, in paniculam foliosam dispositis; floribus maximis.) — Cistus 
formosus Bot. Mag. {Helianlhemum Dun.) 

— "j- : cheiranthoides (elatiùs; suberectum; foliis sacpissiraè utrinquè incano- 

V. albido-tomcntosis ; pedunculis bicvibus , tcrminalibus.) — Cistus 
cheiranthoides j C. involucratus et C. lasianthus Larak. [Helian- 
lhemum Pers.) 

Ladanium Nob. 

Sepala 3 , conformia, subai-qualia, deraiim decidiia. Sîamina 
copiosa. Ovariiim subolobosiim, 5-iogonijm, quasi 5-io-loculare; 
placentœ multiovulatae, anticè trigono-nerviformes, utrinquè in 
cristam margine funiculiferam productae; funiculi directione 
vagi. Stylus obconicus v. cylindraceus, brevissimiis. Capsula 



ED. SPACH. — Conspectus Cistacearunt. Z^-j 

coriacea v. siiblignosa, qiinsi 5-io-loci.'laris, 5-io-valvis, poly- 
sperma. — Pedunculi axillarcs, v. ramulos abbreviatos axillares 
terminantes, i-v. pluri-flori; pedicelli subcorymbosi, v. cymosi, 
V. rarô paniculati, semper erecti. Flores maximi ordinis. Petala 
alba. 

A. Capsula b-locuiarls; placeniœ nonnisi infrà médium cris- 

tatœ : crislis dissepimenlo haud adnalis ,• funicuLi brèves. 

L. LAURiFOLTUM Nob. [Cistus Linn.) — P? Cistus Ledon Lamk> 

B. Capsula 6- lo-locularis ; placenlce a hasl ad apicem crista- 

Ice : crislis dem,iini dissepiniento adnatis; funiculi elongali, 

L. CYPRiuM Nob. — Cistus cyprins Lamk. 

h. oFFiciNARUM Nob. — Cistus ladunifetus Linti. 

Rhodocistus Nob. 

Sepala 5 (demùm decldiia) : 3 interiora conformia, suba^qualia; 
'1 exteriora minuta, recurva. Stamina copiosa. Ovarium incom- 
plète 5-loculare; placentae nerviformes, subarciiatœ, multio- 
vulatœ; funiculi elongati, utrinquè nidulantes, directione vagi. 
.Stylus gracilis, snbdeclinatus, stamina longé superans, basi 
subgeniculatus. Capsula lignosa, polysperma, incomplète 5-lo- 
cularis, ab apice ultra mediùm usquè 5 valvis, basi evalvis. — In- 
florescentiae fastigiatœ v. paniculatae; pedicelli sub anthesi por- 
recti, apice nutantes, flores igitur expansi verticales! Corolla 
purpurea v. rosea, magna. 

R. Berthelotianus Nob. — Cistus vaginatus H. Kew. — C. symphytifo- 
lius Lamk. — p: leucôphyllus. — Cistus candidissimus Dun. Sweel. 

Cistus (Tourn.) Nob. 

Sepala 5 (persistentia): 3 interiora conformia, subœqualia; 
1 exteriora interioribus nunquàm majora, post anthesin imbri- 
cantia. Stamina copiosa. Ovarium quasi 5-loculare (uiiicâ specie 
incomplète 5-loculare); placentae nerviformes, multiovulatae: 
fnniculis utrinquè i-seriatis v. nidulantibus, subhorizontalibus. 
Stylus gracilis v. crassus. Capsula lignosa, quasi 5-locularis, 5-val- 
vis , polysperma. — Inflorcscentia; fastigiatœ v. simplicissimae ; 



368 EU. sPAcn. — Conspcctiis Clstaceanim. 

pedicelli semper arrccti, flores ideoquè expansi borizonlales. 
Corolla purpurea v. rosca. 

ScCtid I. RHODOPSIS Nob. 

Sepala rxlcriora inJcrioribus duplo Lreviora , angusta, siib antbcsi rcciirva. 
Pclata suprà basin macula atrosanguincâ picta. Ovarium globosum, incom- 
plète 5-loculare; fuiiiculi diamctro, loculorum œqullougi, ad qiiamvis pla- 
centam iitrinquc i-scriali. Stylus brcvis, staminibus supcratiis , obconicus , 
reclus. Pileus stigmaticus crassissiraus, basi subquinquelobus. 

C. puRPUREUS Lanik. 

Sectio II. EuciSTUS. Nob. 

Sppala cxteriora intcrioiibns subisoractra v. paulo minora, sub antbcsi patcntia. 
Petala basi flava v. citrina. Ovarium ovoidciim, quasi 5-locularc ; funiculi 
clongati, in qnâvis placenta ulrinqnè nidulantes. Stylus giacilis , stamina snb- 
apquans v. paulô siipcrans, basi siibgcnicul.ilus. Pileus sligmaticus bcniis- 
pbœricus, vix lob tus. 

C. vuLGARis Nob. — C. villosuSj C. crelicus, C. crispas _, (7. albidns cl 
C. incanus Linn. — C. Jielvrrphyllus Desfont. — C- farganicus Ténor. — 
C. criosepalus Vivian. — C. rolundifvlius j C. canescens et C. undulatus 
Sweet. 

SeCtio III. LEDONELLA Nob. 

Sepala extcnora intciioribus angustiora. Petala basi citrina. Ovarium quasi 5- 
loculare, vertice truncatum ; funiculi brèves, ad (juamyis placcntam utrinquè 
i-scriati. Stylus brevissimus, turbinalus, pentagouus. Pileus stigmaticus para- 
bolicus, basi 5-lobus. 

C. PARViFi.onus Nob. — C. cymcsus Dun. Swcct. — C. incanus Sibth. et 
Smith. — C. complicatus et C. parvijlorus Lamk. — ? C. crelicus Sweet. (non 
Linn.) 

Cisiunt sericeum et C. hybridum Vahl. haùd novimus. 

Stephanocarpus Nob. 

Sepala 5: 2 exteriora tnajora, post anthesin imbricantia; 3 in- 
teriora inter se dissimilia fdiia minora, conformia; tertium 
exterioribus simile). Sfainina copiosa. Ovarium qtiasi 5-loculare, 
vertice truncatum; placent.T nerviformes, l\-o\'u\di\ai\ funiculi 



ED. SPACH. — Conspeclus Cistacearum. 869 

suprà placentarum médium affîxi, refracti, oppositi, approxi- 
mati. Stylus clavatus, brevissimus. Capsula cartilaginea, quasi 
5-locularis, apice septifrago-quinquevalvis, cœterùm evalvis.-^ 
Inflorescentia variabilis. Pedicelli semper erecti. Petala alba. 

S. MOKSPELiENSis Nob. [Cislus Linti. — C. florentinus Lamk.) 

Ledonia Nob. 

Sepala 5 : a exteriora majora, post anthesin imbricantia; 3 
interiora inter se dissimilia (dua minora conformia; tertium 
exterioribus simile). Stamina copiosa. Ovarium quasi 5-Ioculare, 
vertice truncatum; placentaî nerviformes, 8- 1 6-ovulatae ; funiculi 
oppositi, approximati. Stylus obconicus v. clavatus, brevissimus. 
Capsula chartacea v. subcoriacea, quasi 5-locularis ; polysperma 
loculicida, 5-valvis. — Pedunculi (sœpè in ramulis axillaribus) 
terminales v. axillares terminalesque, i-5-flori; pedicelli sub 
anthesi demumquè erecti, plerumquè cymosi. Petala alba. 

a.) FunlcuU elongati. Pedicelli prœjloratione cernui. 

L. PEDUNcuLARis Nob. — Cistus salviœfoUus Linn. — ~ Cistus hybridus 
Pourr. — Cistus corbariensis Pers. Sweet. 

L. ropuuroLiA Nob. 

— a : cordifolia. — Cistus popuUfolius Linn. - — C. latifolius , C. aculi- 

folius et C. Cupanianus Sweet. 

— P : longifolia. — Cistus laxus H. Kew. — Sweet. 

h. ) Funiculi breçes. Pedicelli semper erecti. 

L. HETEROPHYLLA Nob. — Clslus longifoHus Lamk. ! — Cistus asperifoUus, 
C. oblongifolius et C. obtusifoUus Swect. 

L. HiRsuTA Nob. {Cistus Lamk.) — Cistus platysepalus et C. psilosepalus 
Sweet. 

Subdivisio III. Hetercmerike.î: Nob. 

Inflorescentïœ \ -florœ , ^. racemosœ , u. cymosœ , u. cymu- 
losœ ( cymulis sœpè in glomerulos dispositis) j pedicelli pos- 
anthesin sœpissimè erecti. Folia sparsa, exstipulata* Stylus 

VI. BoTAN. — Décembre, ii 



3^<j ED. SPATIT. — Conspectiis Cistaccarum. 

brevissimus , reclus. Capsula Z-vaU'is : endocarpio a moB' 
socarpio haiid soluto. Enibryo circinnatus v. circumflexus , 
gracilis : cotyledonibus angasiis y lincaiibus. — Flores sœpè 
aut omnes , aut saltèm plerique apetali , oligandri. 

Crocanthemum Nob. 

Flores omnes ^-peialî. Sepahi 5 : a exteriora minuta. Stamina 
copiosa, pluriseriata. Ovarium i-locularev. subuniloculare; pla- 
centœ 3, filiformes, multiovulatœ; funiculi capillares, elongati, 
suberecti, nidulantes; ovula inversa. Capsula testacea , fragilis, 
i-locularis, 3-valvis, polysperma. Racemi pauciflori, terminales, 
V. pedicelli subsolitarii terminales. Corolla crocea. 

C. CAROLiNiANUM Nob. (Cistus Vcnt.. — Hélianthe m II m Miclix.) 
C. BliAsiLiENSE Nob. (Cisius Lumk. — Helianthemum Pcrs.) 

? Helianthemum polygalcefolium Swcet. 

Hl.ThROMERlS Nob. 

Flores heterogenei : alteri (plerumquè paucissimi, majores, 
in quâvis inflorescentiâ unici, terminales) b'\\clA\, polyandri , 
pleiospori ; alteri (plerumquè copiosissimi , multô minores) 
apetali, sœpissimè triandri , oligospori. Sepala 5. Filamenta ca- 
pillaria; antherœ elliptica? v. obreniformes, innatœ. Ovarium 
i-locularev. incomplète 3-loculare; placentœ 3, i-2-v. 4-v. pluri- 
ovulatœ, supernè evanescentes ; funiculi suberecti, oppositi; 
ovula sœpiùs inversa. Capsula testacea, i-locularis, 3-valvis, 
abortù i-3-sperma, V. rarissime pleiosperma; placenfœ demùm 
liberae. — Pedicelli cymosi, v. subcorymbosi, v. fasciculati. Petala 
(dùm adsint) lutea. 

a.) Flores plerique petaliferi. Ovula arrecta. 
H. MEXiCANA Nob. — Helianthemum glomeratum Lagasca ? 

h. ) Flores plerique apetali. Ovula inversa. 

H. CANADENSis Nob. — Heliaulhemum canaa'ense cl ramïilijliiiutn Michx. 
H. CY>K)5A Nob. - Helianthemum corymbvsum Michx. 



En. sPâCH. — Conspectus Cistacearum. Zni 

H. POLÎFOLIA Nob. in Hook. Bot. Mag. Comp.- H. rosmarinifolium Pursh.V 
(Species a Berlandiero nection a Dinnimoadio iu Mcxicanorum territorio Texas 
lecta.) 

T^NIOSTEMA Nob. 

Flores omnes apetali, oligandri. Sepala 5 : 2 exteriora minuta. 
Stamina 3 (rarissime 4 v. 5); filamenta complanata, lineari-spa- 
thulata; antherce minimae, suborbiculares, adnaîa3. Ovarium 1- 
loculare; dissepimenta 3, rudimentaria; placent?e brevissimœ, 
apice in funiculos 1 capillares divisœ; ovula arrecta. Capsula 
subtestacea, i-locularis, 3-valvis, abortu 3-sperraa. — Pedunculi 
axillares terminalesque, brevissimi, plerumquè fasciculati. 

T. MiCRANTHUM Nob. In Hook. Bot. Mag. Comp. — Lechea mexicana Hort. 
Berol. — Helianthemutn gloineratum Lagasca ? 

Tribus IL LECHIDIEiE Nob. 

Sepala 5(2 exteriora semper minuta). Receptaculurn 
in thecapborum stitipiformem ciim ovarii basi articulatuni 
productum. Disciis nulliis. Petala 3, persistentia v. subper 
sistentia, sepalis interioribiis interposita, stipitis basi v. 
rarissime illius apici inserta , ^estivatione imbricala nec 
tamèn contorta. Stamina stipitis apici inserta, saepissimè 
3 ( petalis anteposita! ), raro (in iisdem individuis)4.-i2. 
Placentse 3: singula? laminam ellipticamv. suborbicularem 
diametro cavitatis ovarii capsulœque œquilatam efforman- 
tes , mediâ lineâ dor.sali dissepimenti margini adnatae , 
seciisbasiny??c/e?yyo.j^mo7Y.yutrinquèadangulumcentralem 
uniovnlifera?. Ovula orthotropa. Stigmata filiformia, dis- 
tincta , plumosa. Capsula 3 - valvis. Embryo rectus v. sub- 



rectus, axiiis. 



Lechea (Linn.) Nob. 



Sepala interiora cymbœformia, ecarinata. Petala stipitis basi 

inserta. Stamina '6-\i (sœpissimè 3). Ovarium quasi 3-loculare'; 

24^ 



3n2 ED. SPACIT, — Conspectus Cistacearum. 

fiiniciiH brèves, adscendentes. Capsula teslacea, subtrilocularis, 
V. demùm subunilocularis, locucido-trivalvis, abortu 3-sperma; 
placentœ fragiles, demùm liberae : siugiilœ semen iiniciim am- 
plectentes, ovulo aborto bine superstite. — Fruticuli. Folia in- 
feriora saepè opposita v. verticillata. Pedicelli racemosi, v. fasci- 
culati, V. irregiilaritèr paniculati, v. siibcymosi. Flores minuti. 

L. Drummoxdii Nob. in Hook. Bot. Mag. Conip. (Spccies nova, floridana.) 
L. viLLOSA Elliot. — L. major. Miclix, 

L. MINOR Pursh. — L. ihymifolia et L. racemulosa Michx. 
L. THESioiDEs Nob. 1. c. ( spccics nova a cl. Drumnioiid in territorio texano 
Iccta.) 

Lechidium Nob. 

Sepala interiora cymbœformia, dorso cristato-carinata. Petala 
stipitis apici inserta. Stamina 3. Ovarium quasi 3-loculare; funi» 
culi brevissimi, adscendentes. Capsula subcartilaginea, quasi 
3-loculans, septifrago-trivalvis, 6-sperma; placentae cartilaginre, 
a septis nunquàm solutœ. — Fruticulus? Folia sparsa. Pedicelli 
laxè racemosi, secundi, domùm refracti. 

L. Drummondh Nob. in Hook. Bot. Mag. Comp. (Spccics nova, Tcxana , a 
Diiiramondio lecta.) 

GENUS ANOMALUM. 
HuDSONiA Linn. 

Sepala 3, œqualia, œslivatione haud contorta. Receptaciilum 
à calyc4s fundo parùm distinctum. Discus hypogynus, minutus, 
cupuliformis. Petala 5, sub disco inserta, subpersistentia. Sta- 
mina 9-20 (saepissimè i2-i5), uniseriata, disci margini inserta, 
marcescentia; filamenta capillaria, anisometra; antherae sub- 
rotundae, emarginatae, innatae. Ovarium oblongum, estipitatum, 
subuniloculare; dissipimenta 3, membranacea, pliisminusvè in- 
completa; placentœ filiformes, suprà basin biovulatae; funiculi 
capillares, oppositi, arcuati, adscendentes; ovula orthotropa! 
arrecta. Stylus cum ovario continuus! filiformis, rectus, apice 
quasi truncatus. Stigmata 3, dentiformia, minutissima. Capsula 



ED. SPACH. — Conspectus Cistacearum. 373 

subtestacea, 3-valvis, i-locularis, oligosperma. Embryo (ex cl. 
Nuttall ) « perispermio corneo immersiis ». — FFUticuli ramosis- 
simi. Folia sparsa, exstipulata, sessilia, acerosa, in ramulis dense 
imbricala. Flores in ramulis gemmiformibus Scepissimè aggregatis 
terminales, solitarii, pedunculati; pedunculi erecti. Calyx Iules- 
cens. CoroUa citrina. 

H. ERICOIDES LinD. 
H. TOMENTOSA Nult. 

H. MONTANA Nuit, (uobis haud nota.) 



GENERUM CLAVIS ANALYTICA. 



Stylus cuin ovario continuus. Stigmata vix coiispicua. Flores ad 
apicera ramulorum gemruifonnium solitaiii.(Sep'»la3^ sequalia, œstiva- 
lione haùd contorta. Petala 5. Stamina g- 20, disco cupulifoirai in- 
serta. Ovarium subuniloculare • placentis 'i-ovulalis, filiformibus). 

HuDSONIA. 

Stylus cum ovario haùd continuus in ejusque vcrticis foveolâ recep- 
tus. Stigmata conspicua. Piamuli floriferi nunquàra gemmiformes. 
\ loflorescentiae saepissimè compositae. . . • 2. 

Filamenta exteriora ananthcra, tenerrima, moniliformia. Ovula sc- 
minaque appendeotia , fnniculo brevi paulô infrà apicera aflixa, ana- 
tropa! raphe notàta; embryo ferè homotropus. (Pedicelli raceraosi, 
post anthesin recurvi V. deflexi) Fumana. 

Filamenta orania antherifera, nunquàm moniliformia. Ovula semi- 
naque orthotropa, arrecta, v. raro inversa, raphe orbata, funiculo sae- 
pissimè elongato basiaffixaj embryo antitropus ....... 3. 

/ Discus cupuliforrais v. urceolaris, stamina excipiens. Petala ( raris- 
sime nulla ) 5 , sub disco inseita, fugacissima, sepalorum respectCi haùd 
symmetricc disposita. Stamina copiosa ( i5- Joo j v. rarô 3- 12. Pla- 
oeutae filiformes v. nerviformes. Embryo nunquâm rectus. (Sepala 3- 5.) 

4. 

Discus nuUus. Petala 3, scpalis intcrioribus interposila, subpersis- 
tentia, thecaphoro stipitiformi inserta. Stamina ibidem inserta , saepis- 
simè 3 (petalis anteposita), v. rar64- 12. Placentae ovarii capsulaeque 
cavilatis diametro subaequilatae ,yûrc/e posteriori ovuliferae. Embryo 
rectus V. subrcctus. (Sepala semper 5 : 2 exterioribus minulis. ) 

^ i5. 

Infloresccntiae racemosœ, saepissimè sccundae. Ovarium i-loculare, 
v. incomplète 3- loculare. Capsula 3- valvis, endocarpio membrana- 
ceo, a raœsocarpio sœpè solulo. Sepala ferè semper 5 : 2 exterioribus 
minutis 5. 

Inflorescenîiae simplicissira», v. cymosae, v. sL'lxoryrabosae, v. pa- 
niculatae, aùt raro umbcUulata: v. glomeruliforuies : pcdicellis post an- 
thesin arrectis. Ovarium saepissimè quasi 3- 5 (raio G- 10-) loculare. 
Sepala 3- 5. (Embryo circinnatus v. circumflcxus,) S. 



374 ED. SPACH. — Conspectus Cistacearum. 

I Racerai dcpauperati. Ovula inversa. Embiyo circinnatus. — Folia 

sparsa , exstipulata Crocantiiemum. 

Racemi saepissimc raultiflori. Ovula arrecta. Embryo haùd circinna- 
tus. — Folia aùt omnia aut sallcra pleraquc (inferiora) opposita, sa;- 
pissiinè stipulata , 6. 

,' Embryo orthoploccus : cotyledonibus ellipticis v. subrotundis, pc- 
\ risperniii diaractro feiè aerjuilalis. Folia stipulata... IIeliantiiemom. 

I Embryo circùmflexus v. diplecolobcus : cotyledonibus oblongo-li- 
nearibus, pcrispcrraii diametro angustioribus. Folia sxpissimc exstipu- 
lata 7. 

Embryo diplecolobcus. Sepala 5. Placentœ 2- v. 4- ovulatae, su- 
pcrnè evanesccntes. Funiculi filiformes. Stylus adscendcns. Folia om- 
nia opposita. Pedicelli dcraùm resupinali, calyccarrecto. . . Rhodax. 

Embryo circîimfloxiis. Sepala 3 v. 5. Placentae raultiovulatae. Fu- 
niculi clavati, cellulosi. Stylus brcvissimus, rcctus, obconicus. Folia 
superiora nonnunquàm sparsa. Pedicelli crecti v. rcsupinati. . . . 

TUBERARIA. 

Sepala aut 3, xqualia, v. subaequalia, conformla, aut 5 : 2 exterio- 
ribus minimis ' 9. 

Sepala 5 : 2 exteriora foliacca , iuterioribus subisomctra saepc([uc 
latiora 11. 

' Sepala semper 5. Flores aut omnes aut saltèm plerique apelali et 
oligaudri, saepissiraè glomerulati. Embryo subcircinnatus . . . 1 4. 

Sepala 3 V. 5 Flores nunquàmnec apetali nec glomerulati, polyan- 
dri. Embryo circinnatus 10. 

Ovnrium 1- locularc v. incomplète 3- loculare (rarissime quasi 5- 
loculare); placenta* filiformes. Stylus brevis. Capsula sa;pissimè 3- 
valvis. Calyx 3- v. 5- sepalus Halimium. 

Ovarium quasi 5- 10- locularc; placenta; utrinquc incristam mar- 
gine funiculifcram producta;. Stylus brevissiraus, crassus. Capsula 5- 
.10- valvis. Calyx 3- sepalus Ladanium. 

Sepala exteriora post authesin imbricantia. Stylus brevissiraus v. 
stamina vix superans, erectus. Capsula quasi (raro incomplète) 5- 
locularis. Pedicelli semper arrecti, flores ideoque sub antlicsi horizon- 

taliter expansi 12. 

1 1 ( Sepala 2 exteriora angusta, post anthesin recurva. Stylus subdecli- 
natus, stamina longé superans. Capsula incomplète 5- locularis , ab 
apice ultra mediùm dehiscens ( loculicida ) , basi evalvis. Pedicelli 
subantbesi porrecti, flores ideoque expansi verticales. CoroUa purpu- 
rea Riiodocistus. 

I Sepala 3 interiora subaequalia, conformia, exterioribus haùd rainora. 

i Stylus brevis v. stamina subaequans. Capsula lignosa (locuhcida). 
Petala purpurea Cistus. 
»^ ; Sepala 3 interiora dissimilia : duobus minoribus aequalibus, tertio 
majori sepalis exterioribus conformi et subisometro. Capsula charla- 
cca V. subcoriacca. Stylus obconicus v. turbinatus, brevtssimus. Petala 
alba i3. 



10 



AUG. DE sAiNT-HiLAiRE. — Sur le Marsilca. 375 

Placcnlœ Ô-iG-ovulat.-B. Capsula ab apice aJ basin loculicido- 

rr } quinqucvalvis Ledonia. 

* Placent* 4- ovulatae : furiiciilis refiaclis. Capsula apice septifrago- 
quiiiquevalvis,infernè evalvis Stephanocarpcs. 

Flores hcterogenci : alteri (pleiumquè copiosissinii ) apelali, saepis- 
simè triaudii;alteri (plerumqiiè paicissirai, majores, longé peduncu- 
lati) pentapetali, polyandri. Filaraenta capillaria. Antlieiae ionatae, 
Placenlaî 2- v. 4- ovulatae ( in floribus petaliferis 6-12- ovulatae ) ; 
ovula saepissirac inversa Heteromeris. 

Flores omnes apetali; triandri. Filamenta lineari-spathulata, com- 
planata. Anlherae adnatse, minimae. Placent» biovulatae; ovula arrecta. 

TjENIOSTEMA. 

Sepala majora ecarinata. Petala stipitis basi inserta. Capsula loculi- 
cido-trivalvis : placentis fragilibus, dcmùm liberis , abortù raonosper- 
mis. Pedicclli sempcr erecti Lechea. 

Sepala majora cristato-carinata. Petala stipitis apici inserta. Capsula 
septifrago-trivalvis ; placentis dispermis, cartilagineis, a disscpiraento 
nunquàm solulis. Pedicclli fructiteri deflexi. . . . Lechidium. 



i4 



i5 



Rapport fait à l'académie des Sciences^ par MM. de Mirbel , 
DuTRociiET et Auguste deSatnt-Hilaire , rapporteur ^ sur un 
Mémoire relatif à la structure et au développement des organes 
générateurs d'une espèce de Marsilea trouvée par M. Esprit 
Fabre dans les environs d'Agde. 

Dans nos marais croît une petite plante dont les tiges ram- 
pent sur la vase, qià se développe comme les Fougères, qui, 
au lieu de fleurs , présente des boulettes semblables à de petits 
pois, et dont les feuilles rappelleraient celles du Trèfle ou de 
rOxalide, si elles n'étaient composées de quatre folioles. C'est 
le Marsilea quadrifolia. Cette plante n'avait point échappé aux 
anciens botanistes. Camérarius l'appelle Lemma palustris al- 
téra y et Caspar Bauliin, Lenticula palustris quadrifolia. Dale- 
champ en publia la figure ; mais , trompé sans doute par les 
fleurs de quelque plante qu'il avait par mégarde recueillie avec 
ses échantillons, il attribua à son Lemma Thcophrasti des fleurs 
blanches et sans saveur. Si celte erreur de Dalechamp ne pré- 
valut point, on tomba dans une autre , en considérant comme 



376 AUG. DE SAIHT-HILAIRE. - SuT Ic MarSllca. 

des fruits les coques ou boulettes que porte la plante dont il 
s'agit. Linné lui donna le nom de Marsilea quadrifolia con- 
servé par tous les botanistes modernes; mais il ne jeta aucune 
lumière sur son organisation, car, suivant lui, les feuilles por- 
tent des fleurs mâles, et les coques sont des péricarpes qui ren- 
ferment des semences. 

11 était réservé à un homme qui commença une révolution 
dans la science, de soulever une partie du voile qui cachait la 
vérité. Parmi le petit nombre d'écrits que publia Bernard de 
Jussieu, il en est un sur le Marsilea appelé par lui Lemma, 
(1740)» que l'on doit peut-être citer comme un modèle, surtout 
pour la clarté de la rédaction, qualité malheureusement trop 
rare. Bernard de Jussieu crut voir dans les coques du Marsilea 
une cloison longitudinale membraneuse et ondée d'où partent, 
selon lui , des cloisons transversales qui diviseraient chaque 
moitié de la coque en sept à huit loges. Chaque loge renferme- 
rait une fleur hermaphrodite, et par conséquent la coque serait 
un calice. Les étamines de ces fleurs sont, dit notre célèbre bo- 
taniste, si petites et en si grand nombre qu'il n'est pas possible 
de les compter; elles ont la forme d'une perle allongée, atla- 
chée au placenta par la pointe, et elles s'ouvrent transversale- 
ment pour répandre des grains sphériques de poussière jaune. 
Les pistils, au nombre de sept à huit par chaque fleur, sont, 
ajoute-t-il, ovoïdes, placés sur le même placenta que les étami- 
nes et entourés par elles; ce sont autant d'embryons de graines 
enveloppés d'une pellicule transparente qui va former sur la télé 
de l'embryon, un stigmate court et obtus. Enfin, pour mieux 
fixer dans la mémoire l'image de ces pistils, Bernard de Jussieu 
les compare à un citron dont l'écorce représenterait la pellicule 
de l'embryon, le mamelon, le stigmate, et la chair l'embryon 
lui-même. 

Les idées de Bernard de Jussieu sur le Marsilea furent adop- 
tées avec éloge par Adanson (1763), et rendues en quelques li- 
gnes (1789) dans le livre immortel du botaniste illustre que 
nous regrettons tous. M. De Candolle (i8o5) s'étendit peu sur 
les caractères du Marsilea; mais il indiqua cette plante comme 
constituant, avec le Pilularia et le Salvinia, une famille natu- 



ADG. DE sAmT-HiLAiRE. — Sur le Marsilea. 877 

relie à laquelle, d'après Roth, il donna le nom de Rhizospermées; 
mais, il faut le dire , l'auteur de cette famille n'est ni Roth , 
ni Batsch qui avait imaginé, en 1802, le nom de Rliizocarpœ ; 
c'est véritablement Bernard de Jussieu lui-même, car ce natu- 
raliste avait fait connaître l'organisation des deux genres Fila- 
lana et Marsilea^ comme il avait indiqué les rapports qu'ils 
ont entre eux , et il faut enfin reconnaître que c'est là con- 
stituer une famille, bien plus qu'imaginer une dénomination 
nouvelle. Brown, aux noms de Rhizocarpœ ou de Rhizospermœ 
substitua (1810) celui de Marsileaceœ ; il fit entrer dans la fa- 
mille le genre Azolla, et émit quelques doutes sur \a nature dei 
parties prises par Bernard de Jussieu pour des pistils et des éta- 
mines: mais il s'en faut pourtant qu'il soit allé aussi loin que 
Necker, qui avait nié l'existence des étamines, des pistils et des 
graines dans le Marsilea^ et n'y avait vu que des corps repro- 
ducteurs. 

Paolo Savi crut avoir mis un terme aux incertitudes des bo- 
tanistes , en annonçant que les ovules et les anthères, isolés les 
uns des autres, du Sahinia natans, ne produisaient jamais de 
nouvelles plantes , tandis que , si on laissait les premiers dans 
l'eau avec les anthères, ils acquéraient la faculté de germer. 
Bientôt cependant les naturalistes durent concevoir de nou- 
veaux doutes; car M. G. L. Diivernoy et W, Bischoff annoncè- 
rent, chacun de leur côté, qu'ils avaient vu les ovaires du Sal- 
vinia germer sans le concours des anthères. Les choses en étaient 
là, lorsque l'un de nos collègues, M. A. Brongniart, publia, dans 
\ç, Dictionnaire classique (1826), son article Marsiléacées ^ dans 
lequel il forme de cette famille deux sections, les Marsiléacées 
proprement dites et les Saluiniées, qui ont été adoptées par 
Lindley (i83o), et dont la dernière est devenue une famille 
dans le Conspectiis regni vegetabilis publié (i835) par M. Mar- 
tius. Cependant on ne pensa point en Italie que la question de 
la fécondation du Sahinia fût décidée sans appel. Pietro Savi, 
frère de Paolo, crut reconnaître, par de nouvelles expériences 
publiées en i83o, que MM. Duvernoy et Bischoff avaient été 
induits en erreur; il vit que lorsqu'au printemps, on met dans 
l'eau des ovules de Sahinia non fécondés, ils s'ouvient en trois 



378 AiJG. DE SAiNT-iiiiAiRK. — Sur Ic Marsilea. 

valves, el émettent une sorte d'expansion herbacée, mais qu*efi- 
suile ils demeurent stationnaires, tandis que les ovules qui ont 
été mêlés avec des anthères ne cessent point de végéter. 

Alors que cette question occupait les savans, un botaniste se 
formait, loin des livres et des maîtres, par la seule force de son 
intelligence. Esprit Fabre, jardinier-maraîcher de la petite ville 
d'Agde, élevé dans une école primaire, plus habitué au patois 
languedocien qu'à la langue française , apprend à observer en 
cultivant ses melons. Entraîné vers l'étude des plantes par un 
penchant irrésistible, il achète la Flore française; ce livre qu'il 
ne comprenait pas, le jette d'abord dans le découragement, mais 
il finit par trioiupher de tous les obstacles, et devient botaniste. 

Dans le pays qu'il habite, il trouve une petite plante qui 
excite son attention , un Marsilea qu'on n'avait point encore 
découvert en France; il le transporte dans son jardin ; il l'étu- 
dié pendant trois ans; sans avoir aucune connaissance des tra- 
vaux de Bernard de Jussieu, de Paolo Savi, de Duvernoy, de 
Bischoff, de l'ietro Savi, il recommence leurs observations, et va 
])lus loin qu'eux Le résultat de ses travaux se trouve consigné 
dans un écrit intitulé : Mémoire sur la structure^ le déi^eloppe- 
ment et les organes générateurs d'une espèce de Marsilea trouvé 
dans les environs d'Agde. Cest sur cet écrit que l'Académie 
nous a chargés, M. de JMirbel, M. Dutrochet et moi de lui faire 
un rapport. 

La plante étudiée par M. Fabre est déjà cultivée au Jardin 
des plantes de Paris sous le nom de Marsilea Fahri ; M. Dunal 
a également consacré ce nom et nous l'admettroiiS ici. 

La tige de cette plante se développe pendant la saison nou- 
velle, et produit les coques dont nous avons parlé. Cependant 
la sécheresse de l'été ou le froid de l'hiver font bientôt tomber 
ses feuilles; la plante meurt (i); mais la nature a déposé dans ses 

(i) si je me bornais à consulter les analogies, il me serait impossible de ne point considérer 

comme vivantes les tiges rampantes du M, Fabri. Voici quel serait à ce sujet le résultat de ses 

observations que je n'ai peut-être pas rendu, dans mon rapport, avec assez de précision. Selon 

ce botaniste, la plante, quoique ses feuilles soient tombées, conserve encore un principe de 

\ie; et, sans être vivace, elle ne meurt réellement qu'au printemps qui suit celui où elle est 

nce, après que les organes floraux ont rempli leurs fonctions. 

Auguste Saiht-Hilaire. 



AUG. DE sAiNT-HiLAiRE. — Sur le Mai silea. 3yç) 

coques ou plutôt dans ses involucres, les germes qui doivent re- 
produire l'espèce, lorsque la chaleur d'un nouveau printemps ra- 
nimera tous les êtres. Alors ses involucres, qui adhèrent dans toute 
leurlongueurà un pédoncule horizontal, et qui contiennent avaHt 
la déhiscence, de petits corps globuleux ou elliptiques, s'ouvrent 
en deux valves. Si Ton détache une de celles-ci, on reconnaît que 
le pédoncule est articulé, et l'on voit qu'à l'intérieur de l'invo- 
lucre, la partie du pédoncule supérieure à l'articulation, a donné 
naissance dans l'involucre même, à des expansions ramifiées qui 
recouvrent l'appareil générateur. Ce sont ces expansions qui, 
dans le Marsilea quadrifolia , ont été considérées comme des 
cloisons par Bernard de Jussieu. Leurs ramifications se subdi- 
visent, et les dernières branches, fort ténues, vont se perdre 
dans des espèces de petits épis. 

De l'involucre ouvert sort un cordon mucilagineux qui est 
courbé en anneau, et qui porte six à dix épis sessiles, ceux dont 
nous avons parlé plus haut. En grandissant , le cordon annu- 
laire entraîne les épis; plus tard, une de ses extrémités se déta- 
che de l'involucre ; il se redresse, et devient un pédoncule à 
extrémité nue, chargé latéralement d'épis sessiles. Si l'on exa- 
mine sa structure interne, on le trouve formé d'un tissu utricu- 
laire extrêmement délicat, très diaphane, gorgé de sucs mu- 
queux , dans les cellules duquel on découvre au microscope 
quelques globules sphériques extrêmement petits. 

Les épis se composent de deux sortes de corps rangés en 
spirale et fort rapprochés , que M. Fabre considère , les uns 
comme des anthères, les autres comme des ovules. 

Les ovules, au nombre de dix à quinze dans chaque épi, sont 
de petits corps terminés à une de leurs extrémités par un étroit 
mamelon jaune entouré d'une sorte de calotte proéminente que 
le mamelon dépasse. La cavité intérieure de ces corps est rem- 
plie d'un liquide dans lequel nagent de nombreux granules. Le 
mamelon terminal est toujours tourné vers les anthères. Celles-^ 
ci sont de petits parallélipipèdes formés d'un sac meuibraneux 
dans lequel se voient des grains de pollen qui, étant écrasés, 
laissent échapper des corpuscules d'une ténuité extrême. Quand 



38o AUG. DE SAiNT-HiLAiRE. — Sur le Marsîlea. 

la fécondation est opérée, les ovules se détachent, tombent au 
fond de l'eau, et la germination s'opère. 

Mais, dira-t-on peut-être , quelle preuve a-t-on pour assurer 
que les corps nommés ici ovules, sont fécondés par ceux que 
l'on appelle anthères? M. Fabre , sans connaître les travaux de 
Paolo et de Pietro Savi , a employé les mêmes moyens qu'eux 
pour connaître la vérité (i). Il a isolé des anthères et des ovules, 
et les uns et les autres sont restés slationnaires, jusqu'au mo- 
ment de la décomposition. Mais, lorsqu'il les a laissés réunis 
dans le même vase, il a vu les anthères se rompre, et les grains 
de pollen se porter autour du mamelon des ovaires; il a vu les 
ovules se détacher pour gagner le fond de l'eau, et enfin il a vu 
naître du mamelon une petite tige qui s'est implantée dans la 
terre par son extrémité. Bientôt un filet capillaire s'est élevé 
de l'origine de la petite tige, filet qui n'est autre chose que le 
pétiole d'un cotylédon ; et successivement ont paru d'autres 
pétioles terminés par deux, trois et enfin quatre folioles. 

Ce n'est pas dans la saison où nous sommes que nous pou- 
vions suivre la série de phénomènes signalés par M. Fabre. Ce- 
pendant nous pouvons dire que l'un de nous a vu le cordon 
annulaire et diaphane qu'a découvert ce botaniste, et qui, par 
une singularité fort remarquable , s'échappe de linvolucre ou- 
vert du Mars'dea Fahri. Au reste l'exactitude des observations 
de M. Fabre a pour garant un homme bien connu par sa saga- 
cité et son esprit philosophique, M. le docteur Dunal, que l'Aca- 
démie compte, depuis long-temps, parmi ses correspondans les 
plus distingués. Esprit Fabre a soumis ses observations à cet ha- 
bile professeur. Celui-ci les a vérifiées, les a rédigées, et y a 
joint quelques considérations qui lui sont propres. 

Nous ne savons si Ton approuvera la comparaison que M. Du- 
nal fait de la fécondation des Marsiléacées avec celle de divers 
animaux aquatiques; mais il sera difficile de ne puint penser,, 

(i) Il est bien vrai que M. Fabre ne savait rien des travaux des deux Savi ; mais le moyen 
dont il a fait usage pour conDaitre la destination des organes Qoraux du M. Fahri, lui avait 
été suggéré par M. de Girard, jeune botaniste plein de talent et de zèle. 

Auguste Saikt-Hilaire. 



A.UG. DE SAiNT-niL(MRE. — Suf le Marsilca. 38 1 

avec lui, que les Marsiléacées, d'après les observations de M. Fa- 
bre, doivent passer parmi les phanérogames. Déjà au reste l'un 
de nous, dans ses Eltmens de botanique et de physiologie végé- 
tale, les avait considérées comme les cryptogames les plus voi- 
sines des phanérogames, et Brown les avait placées entre les 
Lycopodiennes et les Graminées. 

Par tout ce qui précède, on voit que M. Fabre est doué de 
constance et de sagacité; il n'a à sa disposition ni bibliothè- 
que ni herbiers; mais les espèces les plus communes, celles qui 
croissent sous nos pas fourniraient sans doute encore de beaux 
sujets d'étude ; et nous croyons que l'auteur des Observations 
sur le Marsilea pourra rendre des services à la science, en sui- 
vant toutes les phases de la vie de certaines plantes indigè- 
nes , et principalement des espèces aquatiques. Nous pensons 
que l'Académie doit l'y encourager, et nous proposerons d'ad- 
mettre le mémoire qui lui est commun avec M. Dunal , dans le 
Recueil des sa vans étrangers. 



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TA.BLE DES ARTICLES 



CONTETÎUS DANS CE VOLUME. 



ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE VEGETALES. 

Observations sur les Biforincs, organes nouveaux situés entre les vési- 
cules du tissu cellulaire des familles dans un certain nombre d'es|)èces 
végétales appartenant à la famille des Aroïdces, par M. TuKPiN . ... 5 

Observations sur l'ascension de la sève dans une Liane, et description 

d'une nouvelle espè.-,e de Cisszis, par Charles Gaudichaud i38 

Du réveil et du sommeil des plantes , par M, Dutrociiet 177 

Observations sur la propagation des Algues, par J. Agardii 198 

Observatious sur les Diatomées, par M. de Brkcisson i48 

Sur la faculté que possèdent les plantes d'absorber les infusions colorées 

par leurs racines, par J. G Towers 288 

Sur la faculté d'absorption attribuée aux spongiules des racines, par 

M. KMGiir 294 

Rapport fait à l'Académie des Sciences par MM. de Mxrbel, Dutrociiet 
et Auguste de Saint-Hilaire, rapporteur, sur un mémoire iclatif à 
'a structure et au développement des organes générateurs d'une espèce 
de HJarsilea trouvée par M. Esprit Fabre dans les environs d'Agde. 375 

MONOGRAPHIES ET DESCRIPTIONS DE PLANTES. 

Lahiatœ Jierharii Monthretiani , seu Lahiataruni speciex novœ qiias 
inSyriâ et ^.sid-Mincie Collegerunt G. Coquebert de Montbret, et 
AucHEu Eloy. Ex npeciminibus herbarii Monthretiani descripsit 
G. Bentiiam. 37 

Remarques sur les affiuilcs du genre Helt4^ingia et établissement de la 

famille des Helwingiacées , par M. J. Decaisne 65 

Synopsis des Gérardiées, tribu desScropbularinées, par M. G. Bentham. 225 

Organographie des Cistacées, par M. E. Spach . . > . ^ 257 

Conspectus monographiœ Cistacearum, auci. E. Spach 365 

Annotationes hotanicœ ex indice beminum liorti academici Goltin- 

gensis, aioct. Schrader, excerpiœ 98 

Annotationes botanicœ «x indice seminum horti botanici F^ralisla- 

i-'iensis , auct. ^ees ah ^si.SBECK et ScHAVEK, excerptœ lo3 

Annotationes botanicœ e deleclu seminuin horti botanici Hambur- 

gensisyauct. LzuMAsy, excerptœ 107 

Quelques observations relatives aux genres Scilla et Urginea. — Deux 
genres à éta'Dlir dans la familles des Liliacées, et description d'une es- 
pèce nouvelle, par Ad. Steinheil 272 



TABLIÎ DFS ARTICLES. 383 

Observations sur le genre Galiam et quelques genres voisins, pat- 

J. E. Tausch 83 

Recherches sur les caractères des Gagea et sur la place que ce genre doit 

occuper dans les familles naturelles; par M. Berniiaudi 90 

Note sur les Euphoihia platyphyllos L., micranlha Steph., et slricta 

Smith, par M. Hochstetter loS 

Description de XEuphrasia Jaubertiana, nouvelle espèce du sous-genre 

Odoniltes , par A. Boreau 254 

Sur\e Lythriun nummularifolium, i^ar le même. 87 

Note sur deux nouvelles espèces du genre Spitzelia j^avM.. G. H. Schuetz. 296' 

Rhizohothrya, genre de plantes nouveau de la flore d'Allemagne, par 

J. C. Tausch 192 

Siusoletda et Jiladnihia , deux nouveaux genres de la famille des Om- 

bellifcres, par le professeur Kocn 355- 

Extraits de i/o/^/zzca/ ri-^fs/er pour l'année i855 et le mois de janvier 

i836 t52 

Muscoruin cliUensium species nouas descripsit W. P. Schimper ... 1 45 
Champignons d'Italie , principalement les espèces comestibles vénéneuses 

ou suspectes J décrites et accompagnées de planches, par le professeur 

D. ViVIANI 109 

Notice sur quelques cryptogames nouvelles; par J. Desmazières. . . . ui^ 

FLORES ET GEOGRAPHIE BOTANIQUE. 

Flora Japonica ; auct. F. de Siebold et Zuccarini 76 

Flora germanica exsiccata, curante L. Reicheneach . gS 

Plantarum Mongholico-chinensium decas prima ; a«c/o/'e Ae. Bunge . 75 
Notice sur les plantes cryptogames récemment découvertes en France, con- 
tenant aussi l'indication précise des localités de quelques espèces les 

plus rares de la flore française, par C. Montagne 28, 34o 

Zephyritis Taitensis. Enumération des plantes découvertes par les voya- 
geurs dans les îles de la Société ; par J. A. Guillemin 297 

EXTRAITS d'ouvrages GENERAUX ET MELANGES. 

Prodromus systematis universalis naturalis liegni vegetahilis , sive 
Enumeratio contracta ordinum, , generum specierumque planta- 
rum hue usque cognitarum , Juxta methodi naturalis nonnas dl- 
gesta; auct. P. A De Candolle 178 

JUantissa muscorum adjloram pedemontanam j auct. J. de Notaris. . iqi 

Hova gênera ac species plantarum quas in regno chilensi, Peruviano 
et in terra Amazonica, annis 1827 ad l833, legit Ed. Poeppig et 
eu ni St. YrsmsiciiKV.desciipsit iconibusque illustravit 189 

Dutiœi iier asluricum bolanicu/Uj anno iS35 suceptam • auct. i . 

Gay ii3, 129, 2i3, 345 



TA.BLE DES PLANCHES 



«ELATIVES AVX MEMOIRES CONTENUS DANS CE VOLUME. 



Planches i . Anatoniie de la tige souterraine du Caladium esculenlum. 
3. Biforines. Anatomic de la feuille du Caladium esculenlum. 

3. Biforines des feuilles du Caladium esculentum. 

4. Biforines des feuilles du Caladium seguinum. 

5. Biforines des feuilles de plusieurs espèces de Caladium. 

6. Os/ris alba et Osyris quadripartita. 

7. Helu-ùngia r^sciflora. 

8. Pottia macrocarpa. 
g. Neckera chilensis. 

JO. Barbula Jlagellaris. 

11. Pohlia clavata. 

12. Germination des Conferva œrea, Ulva clathrata et Bryopsis Ar- 

busciila. 
i3. Germination du Ceramium rubrum. 
i4. Germination du Chondria pinnatifida. 
i5. Germination àiÇ.%Fucui veaiculosus, Spliacellaria cirrhosa^ GriJ- 

fithsia corallina. 
1 G et 17. Organographie des Cistacées. 
18. Parmelia Saubinetii. Daltonia Lamyana. Chondria patentira- 

mea. Sphceria parmelioides. Slilbospora botryospora. 



FIN DU SIXIEME VOLUME. 



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Bol. Ton,, a. l'I. ,:',. 




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In-i'iii/ihiluui ilii i'Iioiiihhi piniialil'uLi 



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l' iq ■ 4^ - -l-(^ ■ C'i'iijjlhsui rcrajlma . 



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4-'-''l>li<i'riii l'iirincitnnicw . ,>. ,')liU}iisthira licIn/tU'iKii'd ■ 



New York Botanical Garden Librai 





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